Comment dégoûter des fans d’être fan?

Contexte : un groupe phare qui s’est séparé, et dont chaque membre suit depuis une carrière solo.

Phase 1 : organiser une fan-party en marge d’un concert solo du chanteur. Les billets ne se vendent pas bien. Il faut dire que les gens ont gardé dans l’ensemble un souvenir mitigé de la précédente : d’une part le chanteur ne s’y est pas montré, mais ça il fallait s’y attendre. D’autre part, les organisateurs, anglo-saxons, ont une conception toute anglo-saxonne d’une « bonne soirée » : mettre de la musique à fond (celle du groupe, mais pas de bol, elle n’est guère dansante), ce qui empêche les gens de discuter entre eux, alors que justement ils comptaient plutôt que cette « fan-party » soit l’occasion d’échanger sur leur passion et de se rencontrer entre fans de tous les pays. Et puis c’est tout. Ah non, y’avait un stand de nail art customisé dans un coin, et une projection d’un DVD de clips du groupe complété d’anecdotes sur la création des chansons : intéressant, mais malheureusement diffusé en même temps que le DJ s’éclatait à passer d’autres chansons, ce qui gâchait complètement l’effet… Je ne sais pas s’ils ont payé le DJ, mais si oui, c’était une perte d’argent.

cat headbanging

Phase 2 : pour augmenter les ventes, ajouter des activités à la journée de concert dans le cadre de la « fan-journée », incluses dans le billet : une « convention » en journée, avec des Q&A de proches du groupe (un photographe, déjà interviewé deux ans avant pour la sortie de son livre de photos, et le premier manager du groupe – il est encore en vie lui, depuis le temps?). Calme plat au niveau des ventes. Il faut dire aussi que beaucoup de fans du chanteur veulent être devant la scène, et prévoient donc de faire la queue tôt. Et non de se coltiner des questions/réponses en anglais. Que, pour la plupart, ils n’ont pas forcément un niveau d’anglais suffisant pour suivre.

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Phase 3 : prenant conscience du problème (et des ventes sans doute toujours au point mort), les organisateurs de la fan-party incluent une clause : les porteurs du bracelet de la fan-party auront droit à un accès prioritaire à la salle de concert… grillant ceux qui auraient fait la queue dehors donc. Scandale dans le Landerneau fandomique. Le concert est déjà à 60 Euros environ, alors payer 30 Euros de plus pour se taper des conférences de presse de semi-inconnus n’intéresse pas tout le monde. D’autant que, de toute façon, nombre de fans vont sans doute se contenter de récupérer le bracelet magique (pompulilu, pimpilu, pampumpam) pour retourner directement faire la queue devant la salle.

Emi magique

(oh, un vol de pigeons…!)

Phase 4 : ça doit vraiment être Waterloo morne plaine au niveau des ventes de billet de la convention, parce que les organisateurs dégainent une arme lourde : l’un des ex-membres du groupe (pas le chanteur, un autre) sera de la partie! Il donnera un Q&A avec une jeune chanteuse dont il était le coach dans la version locale de The Voice, et dont il est le producteur. Ben oui, faut bien qu’il y trouve un intérêt lui aussi et vienne vendre, à défaut de sa lessive, celle de sa protégée. Mais attention, hein : à la séance de dédicace conjointe qui suivra, il ne signera QUE le CD de la jeune femme. Pas ceux du groupe ni même ceux de sa carrière solo.

Anna

Evidemment, loin de nous l’idée de lui dénier le droit de tourner la page et de séparer son activité passée de sa carrière actuelle.
Je me réserve néanmoins le droit de faire de même, et de me désintéresser totalement de ses activités annexes, y compris en gardant mon argent pour d’autres choses.

J’avais de toute façon déjà décidé de le faire en ce qui concerne ce groupe après le dernier concert. A suivre le déroulement de l’affaire via les amies qui elles, font le déplacement, et les réactions des fans en général, je me dis qu’à ce rythme, la prochaine fan-party sera moins coûteuse à organiser, car ils pourront la tenir dans la chambre d’hôtel de l’organisatrice.
Et vu que l’intérêt des artistes eux-mêmes est plus manifeste pour le portefeuille des fans que pour eux, je me demande si les concerts eux-mêmes ne vont pas pâtir en affluence.

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Parce qu’en tant que fans, on a beau être parfaitement conscient qu’on est des clients et non des amis, comme tout client on apprécie modérément d’être pris pour un pigeon de façon aussi manifeste.

Quand on est client, on en veut pour son argent. Et non payer cher pour s’exposer à tout un tas de désagréments superflus.

Comme le chantait ce grand poète de la chanson française :

« On n’est pas là pour se faire emmerder, on est là pour voir le défilé! ».

Doudou perdu cherche son propriétaire

doudou_gare

C’est un doudou abandonné,
il a donné tout ce qu’il avait,
sûr que le gosse a dû chouiner…
Pour luiiiiii, c’est finiiiiii!
Et il se demande où il est…

(sur un air connu)

Or donc, j’ai trouvé ce petit père raton-laveur près de la Gare de l’Est, mardi 21 octobre.

Faute de retrouver son propriétaire, je le déposerai aux objets trouvés de la Gare dès que j’aurai trouvé où c’est…

Café Musée : café et restaurant du musée Mercedes de Stuttgart

Amateurs de voitures (en particulier de berlines allemandes), d’histoire et/ou d’architecture, le Musée Mercedes, à Stuttgart, a tout ce qu’il faut pour vous plaire. Dantesque, le bâtiment a la structure d’un parking de luxe : à l’arrivée dans le hall gigantesque, on vous remet un audioguide et on vous dirige vers une nacelle qui n’est autre qu’un ascenseur collé au mur, qui vous dépose tout en haut. De là, vous descendez en pente douce une spirale de niveau en niveau, qui parcourt chronologiquement l’histoire automobile (sans oublier les salles rondes sur les côtés du musée trilobe, avec chacun sa petite exposition à thème – les utilitaires, les voitures de stars, etc). CafeMercedes_01   Comme tout grand musée qui se respecte (et vu qu’il faut bien 3h pour tout voir), le Musée Mercedes héberge un Café Bar (ci-dessus) et un restaurant (les trois dernières photos). Je ne sais pas qui est l’architecte décorateur, mais j’ai rarement trouvé un café de musée autant en accord avec son cadre… Déjà, comme vous le voyez ci-dessus, depuis le café, on a encore une belle vue sur quelques modèles de voitures. On y accède par une des dernières pentes (un escalator en l’occurrence) de la visite. CafeMercedes_02 Evidemment, comme tous les cafés de musée, les prix sont plutôt élevés… Ah non tiens? Ah oui j’oubliais : on est en Allemagne, pas en France. On ne prend pas systématiquement le client pour un pigeon. Donc le muffin n’est qu’à 1,80 Eur, la tartelette aux fruits exotiques à 3 Eur, et la part de Sahne Torte (le gros gâteau noir qu’on voit ici, une génoise à la crème tout-chocolat miomissime) à 3,50 Eur. Lire la suite

Cinéma : Dragons vs Dragons 2

Je ne fais pas systématiquement d’articles sur les films que je vais voir, mais avant d’avoir le temps de voir celui-ci, j’ai vu pas mal de critiques de bloggeurs concernant Dragons 2. Les reproches faits étaient, pêle-mêle :

- l’accumulation de clichés
– le recours systématique à des petites blagues au lieu d’un scénario
– le scénario est nul
Avec en bonus « Alors que le premier était super! ».
Et c’est là que j’ai tiqué.

Alors évacuons déjà ce sur quoi tout le monde est d’accord : visuellement, le film est très beau, si on ne se formalise pas du design cartoonesque à textures réalistes des personnages. Les scènes de mer en particulier ont l’air filmées et non recréées sur ordinateur (j’ai d’ailleurs un doute). Les dragons et le rendu des vols sont impressionnants, quoique dans le genre « kiff de ouf que j’aimerais bien vivre et qui te fait sentir le vent dans les cheveux », j’ai trouvé Avatar plus « OH PUTAIN JE VEUX Y ALLER! « . Les petites touches viking des décors sont pas mal aussi, même s’il ne faut pas s’attendre à une quelconque fidélité historique.

Et donc, l’histoire.
Avant même de rentrer dans la salle, je me demandais en quoi le scénario ou son traitement pouvaient bien être plus clichés, plus « petites blagues » que le premier. D’autant que je venais seulement de le voir après l’avoir raté au cinéma, donc son souvenir était frais dans ma mémoire.

On est clairement dans un univers de vikings de fiction, pas seulement à cause de la présence des dragons (ça offusque d’ailleurs certaines personnes parce que non on ne devrait pas appeler ça des vikings car c’est une trahison gnagna. Et des dragons, y’en avait en Scandinavie à l’époque? Non alors… taggle merci). Dans Dragons, c’est un village de gros bourrins bardés d’armes qui ne vivent que pour se battre contre les dragons. On n’est pas vraiment dans la finesse… Dans le deuxième, vu qu’entre-temps ils ont découvert que les dragons n’étaient pas des ennemis à détruire, ils sont un peu plus tolérants et moins caricaturaux. Enfin, un chouïa.

Et l’histoire du premier film, arrêtez-moi si elle vous rappelle quelque chose : un jeune garçon incompris par son père et son entourage parce qu’il est différent (il est sensible, il n’aime pas se battre) se révèle avoir un talent que les autres n’ont pas, et grâce à son courage et son grand cœur, il sauve ses proches, se fait des amis, gagne le coeur de la fille et se rapproche de son père. Le tout en balançant des petites blagues avec un sourire en coin (et, comme c’est un film Dreamworks, avec un sourcil relevé).

Oh ben dites donc, ça va révolutionner le cinéma d’animation tout ça…

Entendons-nous bien : quand j’ai vu Dragons, j’ai trouvé ça bien. J’ai passé un bon moment, mon cerveau premier degré m’a fait rigoler et verser ma larmichette, et le dragon m’a plu. Mais la partie second degré / scribouillard de mon cerveau s’est dit aussi :
– « Quelle originalité, le héros est un gamin sensible et pas populaire. Oooh, il dessine en plus! Un artiste! Ca sent à peine la revanche du dessinateur brimé à l’école, ça ».
– « Ah tiens. Il fait copain-copain avec un dragon. Et pas n’importe quel dragon, hein, un Furie Nocturne, l’un des plus redoutables d’après le guide. Même si dans la pratique, il ressemble plutôt à un gros chaton noir avec des ailes, et il en a le comportement aussi. Bien joué pour que le public s’y attache. »

En résumé, c’est très bien fait, mais rien de neuf sous le soleil. C’est même un catalogue de clichés, où le héros impopulaire (et artiste, très important ça) finit par emballer une nana (attention, la jolie et intelligente, pas le laideron débile), domestiquer le plus puissant et mystérieux des pouvoirs (Harry Potter?) et sauve le monde (enfin, son village, Beurk, c’est un bon début).

Alors j’ai l’impression que les gens qui, sur Twitter entre autres, se sont auto-réconfortés sur le fait que Dragons 2 n’était pas bon, et pas du tout à la hauteur du premier, ont gardé une image sublimée du premier. Parce que même si le scénario n’était pas follement original, il offrait un peu plus de surprises que le premier – ce qui, du reste, n’était pas bien dur.

Lecture : Enfants de la guerre (3e partie) : Naître ennemi, de Fabrice Virgili

L’historien Fabrice Virgili a consacré plusieurs livres à la Seconde Guerre Mondiale, en particulier sous l’angle des femmes dans la guerre. Dans Naître Ennemi, il fait le tour d’un sujet qui en découle : les enfants franco-allemands nés de liaisons durant la guerre. D’un côté de la frontière, sous l’Occupation, les troupes allemandes s’installant pour de longs mois cherchent à nouer des liens. De l’autre, les Français travailleurs volontaires ou réquisitionnés, et même les prisonniers de guerre appelés à travailler aux côtés des Allemandes, les Allemands ayant été enrôlés et envoyés au loin. Sur ceux-là, il y a moins de données chiffrées, car la clandestinité forcée les faisait échapper au recensement.

Naître ennemi de Fabrice Virgili

De part et d’autre, les relations étaient mal vues, voire interdites dans le cas de femmes mariées dont l’époux était sur le front pour défendre le pays, ou dans le cas des prisonniers de guerre. Ou encore, pour les Allemands, si la maîtresse ne répondait pas aux stricts critères d’exigence raciale du Reich. De relations brèves et vénales pour améliorer le quotidien en temps de rationnement, aux histoires d’amour que les amants tenteront d’officialiser jusqu’après la fin du conflit, tous les cas de figure co-existent.

Il n’y a pas qu’une histoire d’enfant franco-allemand. Après la naissance (pour ceux qui n’auront pas été supprimés avant), certains sont adoptés par une tante ou une grand-mère pour que le mari rentrant de guerre ne découvre pas l’infidélité de sa femme. D’autres sont rejetés parce qu’ils font de la mère une fille-mère ou rappellent son « péché » dans une société encore très patriarcale. Si les mères françaises ont été dénoncées pour « collaboration horizontale » et accusées d’aide aux nazis, l’épuration de la Libération les éloigne durablement de leur enfant.

Dans ce climat, très rares sont ceux qui sauront d’emblée que leur père venait de l’autre côté de la frontière, ou l’apprendront dans la cour d’école en se faisant traiter d’enfant de Boche. Les mères leur taisent l’histoire de leur naissance, par peur du jugement, pudeur, déni.

Ce qui ressort notamment de ce livre, c’est que lorsqu’un premier documentaire a abordé le sujet à la télévision (« Enfants de Boche »), ces enfants devenus quinquagénaires se sont enfin sentis autorisés à exister et à raconter leur histoire, à chercher les réponses qu’on leur avait cachées.

Pour cela, ils peuvent maintenant compter sur le concours d’administrations plus habituées et enclines à leur répondre. Et à des associations franco-allemandes, comme l’ANEG (Association Nationale des Enfants de la Guerre) ou Coeurs sans Frontières.

Informations pratiques
Naître ennemi, de Fabrice Virgili
Editions Payot (réédition en Petite Bibliothèque Payot en janvier 2014)

Autres ressources :
« Mon père s’appelait Werner », documentaire audio de Delphine Simon.

« Enfants de Boche », documentaire vidéo de Christophe Weber et d’Olivier Truc.

Propagande en ligne : chacun dans sa bulle

fjva:

Ca fait peur… et c’est pour ça qu’il faut être au courant.

Originally posted on Parler à Gauche:

Cet article est la suite logique de mon précédent billet sur le dispositif vidéo d’Alain Soral. J’y ai détaillé le dispositif vidéo du personnage sur youtube.

Un écureuil mourant devant chez vous peut vous sembler plus intéressant à ce moment précis que des gens qui meurent en afrique.

« Un écureuil mourant devant chez vous peut vous sembler plus intéressant à ce moment précis que des gens qui meurent en Afrique. » – Mark Zuckerberg, fondateur de Facebook

Face aux conspirationnistes et autres soraliens, je vois beaucoup de progressistes qui s’arrachent les cheveux sur l’air suivant : « Comment font-ils pour croire à ces salades ? On peut pourtant trouver toute l’information pour les démentir en deux clics sur Google ! »

Mauvaise nouvelle, c’est faux.

Sur la recherche Google de JohnGwendal engagé à gauche, oui, on trouvera les informations pour le démentir. Sur la recherche google de Bob le soralien, en revanche, on trouvera des informations qui corroborent le discours de la « dissidence ».

Screenshot - il n'y a pas de recherche google standard

Même profil, même lieu, centres d’intérêts différents : google différent.

On appelle…

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Scandinavie à Paris : Käramell, bonbons suédois

On approche d’Halloween et vous êtes à la recherche de friandises originales pour fêter ça? Je sais où vous pourrez trouver un grand choix de bonbons à thème horrifique ou magique, que vous ne trouverez pas ailleurs.

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A deux pas du bar-tabac de la rue des Martyrs immortalisé par François Hadji-Lazaro du groupe Pigalle, une étrange petite boutique colorée a ouvert il y a cinq ans. Si le ä de son nom, Käramell, ne suffisait pas à annoncer la couleur, un drapeau bleu et or la renforce : c’est le drapeau suédois.

Karamell_2

Ici, on trouve tout un tas de confiseries suédoises et scandinaves de manière plus générale. Elles sont souvent plus naturelles et moins sucrées que leurs homologues septentrionales. Ici, il y a un grand choix de réglisses aromatisées caramel, chocolat, des bonbons bizarres garantis de vous valoir un beau succès auprès des bambins (et des adultes au palais sucré), comme les « croquettes de licornes », ou ces variations en rouge et noir qui feront fureur à Halloween.

Karamell_5

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