Et si on inversait les rôles dans la BD?

Attention, je ne parle pas du fait que des femmes (gasp! Choc!) fassent de la BD, ce n’est quand même pas si nouveau…

Non, je voulais parler de deux projets quasi-simultanés et complémentaires nés de part et d’autre de l’Atlantique.

Le premier, à Lyon et sur un Tumblr collectif, Héro(ïne)s, consiste pour des dessinateurs invités, amateurs ou professionnels, à inventer des versions féminines des héros emblématiques de la bande dessinée. Outre le côté amusant, il s’agit de se demander pourquoi tous ces héros, et si peu d’héroïnes? Un exemple ci-dessous.

Héro(ïne)s - Olivia Rameau par Morgane Velten http://morganevelten.ultra-book.com/

Héro(ïne)s – Olivia Rameau par Morgane Velten
http://morganevelten.ultra-book.com/

Il y a même un projet en financement participatif sur Ulule :

http://fr.ulule.com/hero-ine-s/

Aux USA (ou plus généralement dans le marché des comics, à l’intérieur et en dehors des frontières américaines), on fait l’inverse avec The Hawkeye Initiative.

Là, l’idée est de détourner des images de comics où les femmes portent des tenues très légères et sont dessinées dans des poses suggestives (soit disant, d’après leurs défenseurs, cela symbolise leur confiance en elles et leur pouvoir…), pour figurer des super-héros mâles dans le même genre de poses et de costumes.

Un bel exemple ci-dessous :

Hawkeye Initiative - Wolverine

Hawkeye Initiative – Wolverine

(je n’ai pas retrouvé l’auteur du dessin parodique, mais il figure sur le Tumblr donc vous devriez pouvoir y trouver des indices)

L’EP digital de Corson, Loud, est en ligne!

L’album The Rainbow est repoussé au printemps 2015, mais pour faire patienter ses fans de plus en plus nombreux (càd qu’à peu près tous les gens qui ont l’occasion d’écouter ses chansons ou de le voir sur scène deviennent fans…), le chanteur français qui chante à moitié en anglais, Corson, sort un EP digital de 6 titres, dont 3 inédits et demi. Les deux titres déjà disponibles sont Loud, le single actuel, dont le clip est sorti il y a tout juste quelques semaines, et Raise me Up (version franco/anglaise), le single précédent, qui tourne déjà pas mal en radio.

Le « demi » inédit, c’est une version de Raise me Up entièrement en anglais. Les trois inédits sont les chansons suivantes :

3) Forever young

Entièrement en anglais, cette chanson laisse percer des influences de pop eighties. On attendra une éventuelle lyric video pour trancher sur les paroles : ce que j’en comprends me paraît doux amer, hésitant entre optimisme et mélancolie, comme la musique.

(j’ai essayé de transcrire les paroles et de le partager sur le forum).

4) Let it go

A lire le titre, je me demandais si Corson s’était lancé dans la reprise du générique de la Reine des Neiges (ce qui n’aurait pas été une mauvaise nouvelle pour moi, j’éprouve une adoration coupable pour cette chanson, surtout la VO). Mais non. L’introduction par l’orchestre de Budapest m’a ramené instantanément à celle du Bachelorette de Björk, ce qui n’est pas non plus une mauvaise nouvelle. Comme Loud et Raise me up, ce titre débute par un couplet en français, le refrain étant en anglais.
La suite n’est pas aussi intense que Bachelorette (en même temps ce serait dur à égaler), le couplet a plutôt un air de Calogero, d’autant que Corson y chante plus dans les aigus. Mais le mélange pop-rock-lyrique de Corson continue d’emmener son petit monde dans son univers.

5) Made of pain

Tout en anglais, ce titre est sur un registre plus bas et plus sombre que les précédents. Au point qu’initialement, je l’ai pris pour une reprise de Johnny Cash ou autre. Il y a aussi un petit air de Major Tom au début. D’autant qu’en concert, Corson n’hésite pas à se frotter à des « classiques », que ce soit Sunday Bloody Sunday de U2 ou de Nine Inch Nails. Mais Google ne renvoie rien.

Oui je sais, depuis le début de cet article je dégaine de grosses références dans les comparaisons. C’est que depuis la première fois que j’ai entendu sur scène ce chanteur, j’ai l’impression d’avoir découvert un grand ou futur grand. Un chanteur français qui a de la voix et qui sait composer autrement qu’avec deux accords de guitare, forcément, ça sort du lot. Comme de plus, je partage son goût pour les orchestrations… avec orchestre (ou déjà, en concert, avec violoncelle pour changer du classique batterie-guitare), j’ai adhéré tout de suite.

Je me rends compte que la chanson me rappelle quelque chose parce qu’il nous l’avait interprétée le 5 juillet à l’Olympia… Ca explique tout!

Corson sera en concert dès le mois prochain :

14 novembre 2014 : Café de la Danse, Paris
15 novembre 2014 : au Cabaret l’Escale à Migennes (Yonne)
31 janvier 2015 : Salle Cap Caval à Penmarch (Finistère)

Citation de Henry Jenkins (directeur de la section Médias du MIT) sur la fan-fiction

Fan fiction is a way of the culture repairing the damage done in a system where contemporary myths are owned by corporations instead of by the folk.
Henry Jenkins (Director of media studies at MIT)
« La fan-fiction est une façon pour la culture de réparer les dommages faits par un système où les mythes contemporains sont possédés par des corporations et non par le peuple »

Lecture : Enfants de la guerre (4e partie) : Car tu portes mon nom, de Walter et Norbert Lebert

Pour poursuivre ce tour d’horizon, on boucle avec les enfants de bourreaux de l’autre côté de la frontière :
Car tu portes mon nom, Walter et Norbert Lebert. Entretiens avec des enfants de dirigeants nazis, en 1959 et 1999, par un père et fils journalistes.

Car tu portes mon nom

Walter Lebert était journaliste au Bildzeitung, entre autres. Une quinzaine d’années après la guerre, il avait réalisé une série de portraits – entretiens avec une douzaine de fils et filles de dirigeants nazis -. Bambins à l’époque du Reich, ils étaient inconscients pour la plupart des activités de leurs pères devenus tristement célèbres. Hitler était le parrain ou l’oncle affectueux. Walter Lebert voulait savoir comment ils vivaient cet héritage : se sentaient-ils coupables? Aimaient-ils encore ce père, maintenant qu’ils savaient?

Après la mort de W. Lebert, son fils Norbert, journaliste lui aussi, a lu ses portraits. Il est reparti à la recherche de ces personnes, quarante ans après. Avaient-ils réussi à se libérer de l’ombre de leur père? Qu’avaient-ils fait de leur vie : suivi ses traces ou au contraire fui son exemple?

Gudrun Himmler, elle, continue sans doute d’idolâtrer son père, comme quand Lebert père l’avait rencontrée. Elle a refusé toute autre interview depuis. Discrète, elle cache son ascendance, mais soutient Stille Hilfe (« aide discrète »), une association d’aide aux anciens nazis.

Wölf-Rudiger Hess a passé sa vie d’adulte à essayer de faire libérer son père, Rudolf Hess, de la prison de Spandau. Il est convaincu que son père avait raison et que les alliés l’ont assassiné pour l’empêcher de parler. Il l’a essentiellement connu au travers d’une centaine de visites à la prison et d’une lettre tous les 28 jours.

A l’inverse d’eux, l’un des fils de Martin Bormann, nommé comme lui, est devenu missionnaire et a rejeté en bloc l’idéologie, alors qu’il avait été élevé dans le pensionnat national-socialiste Matrei, dans le rejet de la religion. Il a trouvé une certaine paix en séparant, comme il le dit, le père des crimes du père.

Niklas Frank, l’un des fils de Hans Frank, a écrit un livre dans les années 60 pour dire sa haine du père. Cela lui avait valu bien des critiques, car il est entendu qu’on ne doit pas traîner ses parents dans la boue, fussent-ils des meurtriers de masse.

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Comment dégoûter des fans d’être fan?

Contexte : un groupe phare qui s’est séparé, et dont chaque membre suit depuis une carrière solo.

Phase 1 : organiser une fan-party en marge d’un concert solo du chanteur. Les billets ne se vendent pas bien. Il faut dire que les gens ont gardé dans l’ensemble un souvenir mitigé de la précédente : d’une part le chanteur ne s’y est pas montré, mais ça il fallait s’y attendre. D’autre part, les organisateurs, anglo-saxons, ont une conception toute anglo-saxonne d’une « bonne soirée » : mettre de la musique à fond (celle du groupe, mais pas de bol, elle n’est guère dansante), ce qui empêche les gens de discuter entre eux, alors que justement ils comptaient plutôt que cette « fan-party » soit l’occasion d’échanger sur leur passion et de se rencontrer entre fans de tous les pays. Et puis c’est tout. Ah non, y’avait un stand de nail art customisé dans un coin, et une projection d’un DVD de clips du groupe complété d’anecdotes sur la création des chansons : intéressant, mais malheureusement diffusé en même temps que le DJ s’éclatait à passer d’autres chansons, ce qui gâchait complètement l’effet… Je ne sais pas s’ils ont payé le DJ, mais si oui, c’était une perte d’argent.

cat headbanging

Phase 2 : pour augmenter les ventes, ajouter des activités à la journée de concert dans le cadre de la « fan-journée », incluses dans le billet : une « convention » en journée, avec des Q&A de proches du groupe (un photographe, déjà interviewé deux ans avant pour la sortie de son livre de photos, et le premier manager du groupe – il est encore en vie lui, depuis le temps?). Calme plat au niveau des ventes. Il faut dire aussi que beaucoup de fans du chanteur veulent être devant la scène, et prévoient donc de faire la queue tôt. Et non de se coltiner des questions/réponses en anglais. Que, pour la plupart, ils n’ont pas forcément un niveau d’anglais suffisant pour suivre.

lucille-bluth-college-radio-dj

Phase 3 : prenant conscience du problème (et des ventes sans doute toujours au point mort), les organisateurs de la fan-party incluent une clause : les porteurs du bracelet de la fan-party auront droit à un accès prioritaire à la salle de concert… grillant ceux qui auraient fait la queue dehors donc. Scandale dans le Landerneau fandomique. Le concert est déjà à 60 Euros environ, alors payer 30 Euros de plus pour se taper des conférences de presse de semi-inconnus n’intéresse pas tout le monde. D’autant que, de toute façon, nombre de fans vont sans doute se contenter de récupérer le bracelet magique (pompulilu, pimpilu, pampumpam) pour retourner directement faire la queue devant la salle.

Emi magique

(oh, un vol de pigeons…!)

Phase 4 : ça doit vraiment être Waterloo morne plaine au niveau des ventes de billet de la convention, parce que les organisateurs dégainent une arme lourde : l’un des ex-membres du groupe (pas le chanteur, un autre) sera de la partie! Il donnera un Q&A avec une jeune chanteuse dont il était le coach dans la version locale de The Voice, et dont il est le producteur. Ben oui, faut bien qu’il y trouve un intérêt lui aussi et vienne vendre, à défaut de sa lessive, celle de sa protégée. Mais attention, hein : à la séance de dédicace conjointe qui suivra, il ne signera QUE le CD de la jeune femme. Pas ceux du groupe ni même ceux de sa carrière solo.

Anna

Evidemment, loin de nous l’idée de lui dénier le droit de tourner la page et de séparer son activité passée de sa carrière actuelle.
Je me réserve néanmoins le droit de faire de même, et de me désintéresser totalement de ses activités annexes, y compris en gardant mon argent pour d’autres choses.

J’avais de toute façon déjà décidé de le faire en ce qui concerne ce groupe après le dernier concert. A suivre le déroulement de l’affaire via les amies qui elles, font le déplacement, et les réactions des fans en général, je me dis qu’à ce rythme, la prochaine fan-party sera moins coûteuse à organiser, car ils pourront la tenir dans la chambre d’hôtel de l’organisatrice.
Et vu que l’intérêt des artistes eux-mêmes est plus manifeste pour le portefeuille des fans que pour eux, je me demande si les concerts eux-mêmes ne vont pas pâtir en affluence.

NELSON-vi

Parce qu’en tant que fans, on a beau être parfaitement conscient qu’on est des clients et non des amis, comme tout client on apprécie modérément d’être pris pour un pigeon de façon aussi manifeste.

Quand on est client, on en veut pour son argent. Et non payer cher pour s’exposer à tout un tas de désagréments superflus.

Comme le chantait ce grand poète de la chanson française :

« On n’est pas là pour se faire emmerder, on est là pour voir le défilé! ».

Doudou perdu cherche son propriétaire

doudou_gare

C’est un doudou abandonné,
il a donné tout ce qu’il avait,
sûr que le gosse a dû chouiner…
Pour luiiiiii, c’est finiiiiii!
Et il se demande où il est…

(sur un air connu)

Or donc, j’ai trouvé ce petit père raton-laveur près de la Gare de l’Est, mardi 21 octobre.

Faute de retrouver son propriétaire, je le déposerai aux objets trouvés de la Gare dès que j’aurai trouvé où c’est…

Café Musée : café et restaurant du musée Mercedes de Stuttgart

Amateurs de voitures (en particulier de berlines allemandes), d’histoire et/ou d’architecture, le Musée Mercedes, à Stuttgart, a tout ce qu’il faut pour vous plaire. Dantesque, le bâtiment a la structure d’un parking de luxe : à l’arrivée dans le hall gigantesque, on vous remet un audioguide et on vous dirige vers une nacelle qui n’est autre qu’un ascenseur collé au mur, qui vous dépose tout en haut. De là, vous descendez en pente douce une spirale de niveau en niveau, qui parcourt chronologiquement l’histoire automobile (sans oublier les salles rondes sur les côtés du musée trilobe, avec chacun sa petite exposition à thème – les utilitaires, les voitures de stars, etc). CafeMercedes_01   Comme tout grand musée qui se respecte (et vu qu’il faut bien 3h pour tout voir), le Musée Mercedes héberge un Café Bar (ci-dessus) et un restaurant (les trois dernières photos). Je ne sais pas qui est l’architecte décorateur, mais j’ai rarement trouvé un café de musée autant en accord avec son cadre… Déjà, comme vous le voyez ci-dessus, depuis le café, on a encore une belle vue sur quelques modèles de voitures. On y accède par une des dernières pentes (un escalator en l’occurrence) de la visite. CafeMercedes_02 Evidemment, comme tous les cafés de musée, les prix sont plutôt élevés… Ah non tiens? Ah oui j’oubliais : on est en Allemagne, pas en France. On ne prend pas systématiquement le client pour un pigeon. Donc le muffin n’est qu’à 1,80 Eur, la tartelette aux fruits exotiques à 3 Eur, et la part de Sahne Torte (le gros gâteau noir qu’on voit ici, une génoise à la crème tout-chocolat miomissime) à 3,50 Eur. Lire la suite