Café Musée : café et restaurant du musée Mercedes de Stuttgart

Amateurs de voitures (en particulier de berlines allemandes), d’histoire et/ou d’architecture, le Musée Mercedes, à Stuttgart, a tout ce qu’il faut pour vous plaire. Dantesque, le bâtiment a la structure d’un parking de luxe : à l’arrivée dans le hall gigantesque, on vous remet un audioguide et on vous dirige vers une nacelle qui n’est autre qu’un ascenseur collé au mur, qui vous dépose tout en haut. De là, vous descendez en pente douce une spirale de niveau en niveau, qui parcourt chronologiquement l’histoire automobile (sans oublier les salles rondes sur les côtés du musée trilobe, avec chacun sa petite exposition à thème – les utilitaires, les voitures de stars, etc).

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Comme tout grand musée qui se respecte (et vu qu’il faut bien 3h pour tout voir), le Musée Mercedes héberge un Café Bar (ci-dessus) et un restaurant (les trois dernières photos). Je ne sais pas qui est l’architecte décorateur, mais j’ai rarement trouvé un café de musée autant en accord avec son cadre… Déjà, comme vous le voyez ci-dessus, depuis le café, on a encore une belle vue sur quelques modèles de voitures. On y accède par une des dernières pentes (un escalator en l’occurrence) de la visite.

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Evidemment, comme tous les cafés de musée, les prix sont plutôt élevés… Ah non tiens? Ah oui j’oubliais : on est en Allemagne, pas en France. On ne prend pas systématiquement le client pour un pigeon. Donc le muffin n’est qu’à 1,80 Eur, la tartelette aux fruits exotiques à 3 Eur, et la Sahne Torte (une génoise à la crème tout-chocolat miomissime) à 3,50 Eur.

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Cinéma : Dragons (1 et 2)

Je ne fais pas systématiquement d’articles sur les films que je vais voir, mais avant d’avoir le temps de voir celui-ci, j’ai vu pas mal de critiques de bloggeurs concernant Dragons 2. Les reproches faits étaient, pêle-mêle :

- l’accumulation de clichés
– le recours systématique à des petites blagues au lieu d’un scénario
– le scénario est nul
Avec en bonus « Alors que le premier était super! ».
Et c’est là que j’ai tiqué.

Alors évacuons déjà ce sur quoi tout le monde est d’accord : visuellement, le film est très beau, si on ne se formalise pas du design cartoonesque à textures réalistes des personnages. Les scènes de mer en particulier ont l’air filmées et non recréées sur ordinateur (j’ai d’ailleurs un doute). Les dragons et le rendu des vols sont impressionnants, quoique dans le genre « kiff de ouf que j’aimerais bien vivre et qui te fait sentir le vent dans les cheveux », j’ai trouvé Avatar plus « OH PUTAIN JE VEUX Y ALLER! « . Les petites touches viking des décors sont pas mal aussi, même s’il ne faut pas s’attendre à une quelconque fidélité historique.

Et donc, l’histoire.
Avant même de rentrer dans la salle, je me demandais en quoi le scénario ou son traitement pouvaient bien être plus clichés, plus « petites blagues » que le premier. D’autant que je venais seulement de le voir après l’avoir raté au cinéma, donc son souvenir était frais dans ma mémoire.

On est clairement dans un univers de vikings de fiction, pas seulement à cause de la présence des dragons (ça offusque d’ailleurs certaines personnes parce que non on ne devrait pas appeler ça des vikings car c’est une trahison gnagna. Et des dragons, y’en avait en Scandinavie à l’époque? Non alors… taggle merci). Dans Dragons, c’est un village de gros bourrins bardés d’armes qui ne vivent que pour se battre contre les dragons. On n’est pas vraiment dans la finesse… Dans le deuxième, vu qu’entre-temps ils ont découvert que les dragons n’étaient pas des ennemis à détruire, ils sont un peu plus tolérants et moins caricaturaux. Enfin, un chouïa.

Et l’histoire du premier film, arrêtez-moi si elle vous rappelle quelque chose : un jeune garçon incompris par son père et son entourage parce qu’il est différent (il est sensible, il n’aime pas se battre) se révèle avoir un talent que les autres n’ont pas, et grâce à son courage et son grand cœur, il sauve ses proches, se fait des amis, gagne le coeur de la fille et se rapproche de son père. Le tout en balançant des petites blagues avec un sourire en coin (et, comme c’est un film Dreamworks, avec un sourcil relevé).

Oh ben dites donc, ça va révolutionner le cinéma d’animation tout ça…

Entendons-nous bien : quand j’ai vu Dragons, j’ai trouvé ça bien. J’ai passé un bon moment, mon cerveau premier degré m’a fait rigoler et verser ma larmichette, et le dragon m’a plu. Mais la partie second degré / scribouillard de mon cerveau s’est dit aussi :
– « Quelle originalité, le héros est un gamin sensible et pas populaire. Oooh, il dessine en plus! Un artiste! Ca sent à peine la revanche du dessinateur brimé à l’école, ça ».
– « Ah tiens. Il fait copain-copain avec un dragon. Et pas n’importe quel dragon, hein, un Furie Nocturne, l’un des plus redoutables d’après le guide. Même si dans la pratique, il ressemble plutôt à un gros chaton noir avec des ailes, et il en a le comportement aussi. Bien joué pour que le public s’y attache. »

En résumé, c’est très bien fait, mais rien de neuf sous le soleil. C’est même un catalogue de clichés, où le héros impopulaire (et artiste, très important ça) finit par emballer une nana (attention, la jolie et intelligente, pas le laideron débile), domestiquer le plus puissant et mystérieux des pouvoirs (Harry Potter?) et sauve le monde (enfin, son village, Beurk, c’est un bon début).

Alors j’ai l’impression que les gens qui, sur Twitter entre autres, se sont auto-réconfortés sur le fait que Dragons 2 n’était pas bon, et pas du tout à la hauteur du premier, ont gardé une image sublimée du premier. Parce que même si le scénario n’était pas follement original, il offrait un peu plus de surprises que le premier – ce qui, du reste, n’était pas bien dur.

Lecture : Enfants de la guerre (3e partie) : Naître ennemi, de Fabrice Virgili

L’historien Fabrice Virgili a consacré plusieurs livres à la Seconde Guerre Mondiale, en particulier sous l’angle des femmes dans la guerre. Dans Naître Ennemi, il fait le tour d’un sujet qui en découle : les enfants franco-allemands nés de liaisons durant la guerre. D’un côté de la frontière, sous l’Occupation, les troupes allemandes s’installant pour de longs mois cherchent à nouer des liens. De l’autre, les Français travailleurs volontaires ou réquisitionnés, et même les prisonniers de guerre appelés à travailler aux côtés des Allemandes, les Allemands ayant été enrôlés et envoyés au loin. Sur ceux-là, il y a moins de données chiffrées, car la clandestinité forcée les faisait échapper au recensement.

Naître ennemi de Fabrice Virgili

De part et d’autre, les relations étaient mal vues, voire interdites dans le cas de femmes mariées dont l’époux était sur le front pour défendre le pays, ou dans le cas des prisonniers de guerre. Ou encore, pour les Allemands, si la maîtresse ne répondait pas aux stricts critères d’exigence raciale du Reich. De relations brèves et vénales pour améliorer le quotidien en temps de rationnement, aux histoires d’amour que les amants tenteront d’officialiser jusqu’après la fin du conflit, tous les cas de figure co-existent.

Il n’y a pas qu’une histoire d’enfant franco-allemand. Après la naissance (pour ceux qui n’auront pas été supprimés avant), certains sont adoptés par une tante ou une grand-mère pour que le mari rentrant de guerre ne découvre pas l’infidélité de sa femme. D’autres sont rejetés parce qu’ils font de la mère une fille-mère ou rappellent son « péché » dans une société encore très patriarcale. Si les mères françaises ont été dénoncées pour « collaboration horizontale » et accusées d’aide aux nazis, l’épuration de la Libération les éloigne durablement de leur enfant.

Dans ce climat, très rares sont ceux qui sauront d’emblée que leur père venait de l’autre côté de la frontière, ou l’apprendront dans la cour d’école en se faisant traiter d’enfant de Boche. Les mères leur taisent l’histoire de leur naissance, par peur du jugement, pudeur, déni.

Ce qui ressort notamment de ce livre, c’est que lorsqu’un premier documentaire a abordé le sujet à la télévision (« Enfants de Boche »), ces enfants devenus quinquagénaires se sont enfin sentis autorisés à exister et à raconter leur histoire, à chercher les réponses qu’on leur avait cachées.

Pour cela, ils peuvent maintenant compter sur le concours d’administrations plus habituées et enclines à leur répondre. Et à des associations franco-allemandes, comme l’ANEG (Association Nationale des Enfants de la Guerre) ou Coeurs sans Frontières.

Informations pratiques
Naître ennemi, de Fabrice Virgili
Editions Payot (réédition en Petite Bibliothèque Payot en janvier 2014)

Autres ressources :
« Mon père s’appelait Werner », documentaire audio de Delphine Simon.

« Enfants de Boche », documentaire vidéo de Christophe Weber et d’Olivier Truc.

Propagande en ligne : chacun dans sa bulle

fjva:

Ca fait peur… et c’est pour ça qu’il faut être au courant.

Originally posted on Parler à Gauche:

Cet article est la suite logique de mon précédent billet sur le dispositif vidéo d’Alain Soral. J’y ai détaillé le dispositif vidéo du personnage sur youtube.

Un écureuil mourant devant chez vous peut vous sembler plus intéressant à ce moment précis que des gens qui meurent en afrique.

« Un écureuil mourant devant chez vous peut vous sembler plus intéressant à ce moment précis que des gens qui meurent en Afrique. » – Mark Zuckerberg, fondateur de Facebook

Face aux conspirationnistes et autres soraliens, je vois beaucoup de progressistes qui s’arrachent les cheveux sur l’air suivant : « Comment font-ils pour croire à ces salades ? On peut pourtant trouver toute l’information pour les démentir en deux clics sur Google ! »

Mauvaise nouvelle, c’est faux.

Sur la recherche Google de JohnGwendal engagé à gauche, oui, on trouvera les informations pour le démentir. Sur la recherche google de Bob le soralien, en revanche, on trouvera des informations qui corroborent le discours de la « dissidence ».

Screenshot - il n'y a pas de recherche google standard

Même profil, même lieu, centres d’intérêts différents : google différent.

On appelle…

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Scandinavie à Paris : Käramell, bonbons suédois

On approche d’Halloween et vous êtes à la recherche de friandises originales pour fêter ça? Je sais où vous pourrez trouver un grand choix de bonbons à thème horrifique ou magique, que vous ne trouverez pas ailleurs.

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A deux pas du bar-tabac de la rue des Martyrs immortalisé par François Hadji-Lazaro du groupe Pigalle, une étrange petite boutique colorée a ouvert il y a cinq ans. Si le ä de son nom, Käramell, ne suffisait pas à annoncer la couleur, un drapeau bleu et or la renforce : c’est le drapeau suédois.

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Ici, on trouve tout un tas de confiseries suédoises et scandinaves de manière plus générale. Elles sont souvent plus naturelles et moins sucrées que leurs homologues septentrionales. Ici, il y a un grand choix de réglisses aromatisées caramel, chocolat, des bonbons bizarres garantis de vous valoir un beau succès auprès des bambins (et des adultes au palais sucré), comme les « croquettes de licornes », ou ces variations en rouge et noir qui feront fureur à Halloween.

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La nouvelle pub très sexy de Mercedes… et ses suppléments hots

Aaaah, l’Allemagne. On sait qu’ils aiment les voitures. Leurs marques sont synonymes de qualité et de vitesse : Mercedes, Porsche, Audi… (tiens, ça me fait penser que j’ai un post en attente…)

On sait moins que parfois ils sont un peu what the fuck.

En témoigne cette pub mise en ligne par Mercedes il y a 2 semaines pour le tout nouveau… Non, je vous laisse découvrir la pub. Et ses bonus « bondage », « voyeur », et sa version censurée si c’est trop hot pour vous.

Personnellement, j’ai trouvé ça hyper sexy. Et drôle.

Lecture : Enfants de la guerre (2e partie)

(Première partie ici)

Autre document en contrepoint, autre deuxième génération ayant eu du mal à surmonter le poids d’un passé dont ils n’étaient pas responsables : Lebensborn, la fabrique des enfants parfaits, de Boris Thiolay.

Lebensborn de Boris Thiolay

Les Lebensborn, « fontaines de vie », étaient des maternités – pouponnières gérées par une organisation du même nom, créée dans le secret par Himmler dans le but de doter le 3e Reich d’une future armée de soldats aryens. Ces établissements accueillaient donc les femmes de membres de la SS, ainsi que nombre de jeunes femmes non mariées enceintes de soldats allemands, sous réserve qu’elles présentent elles-mêmes assez de caractères aryens.

Le secret les entourant a suscité une image d' »usines à bébés aryens ». A tort ou à raison : le sujet est finalement peu abordé dans les médias. Il n’existe à ma connaissance en français que cette enquête de Boris Thiolay sur le seul Lebensborn installé en France, à Lamorlaye, et celui qui fut en activité en Belgique, au château de Wégimont.

La guerre étant un environnement propice aux rencontres éphémères, l’incertitude de l’avenir pousse les gens à profiter du présent. Et il était recommandé aux soldats nazis de faire un maximum d’enfants (avec des femmes aux gènes « acceptables ») pour propager le sang aryen et renforcer l’Allemagne. L’idée des Lebensborn était entre autres de sauver les enfants de filles-mères qui, sinon, risquaient d’avorter ou d’abandonner leurs enfants. Les Lebensborn les accueillaient, les nourrissaient, et leur permettaient soit de garder l’enfant, soit de le laisser sur place où il pourrait être adopté par une famille aryenne. Ils ont aussi voulu germaniser les enfants jugés acceptables racialement, issus d’unions entre des allemands et des ressortissants de peuples inférieurs mais présentant suffisamment de caractères aryens pour être assimilés – quitte à les enlever à leurs parents pour ce faire…

Par un minutieux travail d’enquête dans les archives de la Croix-Rouge et à la rencontre de certains de ces enfants, l’auteur a reconstitué la fondation et l’histoire de ces deux établissement, ainsi que celle de nombre de la centaine de petits pensionnaires. Le résultat n’a rien à voir avec les objectifs fixés par Himmler à la création du projet, en partie du fait de la tournure prise par la guerre. Durant les derniers mois, les bambins ont été laissés dans un relatif abandon, élevés en groupe. Evacués en Allemagne dans les derniers mois de la guerre, ils ont été retrouvés en état de sous-développement au niveau moteur et du langage notamment.

Rapatriés en fonction du peu d’informations disponibles et suivant la consonance du nom de leur mère, beaucoup ont été accueillis dans des orphelinats français, y compris ceux nés en Belgique. La plupart n’ont jamais revu leurs parents, certains ignorent même encore où ils sont nés. Ils ont reconstruit leurs vies dans des familles d’accueil. Que la vérité de leurs origines soit connue ou pas de leur village d’accueil, beaucoup ont été traités d’enfant de Boche. Et ceux qui ont découvert tardivement une vérité partielle ont eu un choc. Leur père était-il un simple soldat, un membre de la Croix-Rouge, ou un des tueurs de la Waffen SS? Souvent, le mystère demeure et pèse sur eux.

Boris Thiolay, Lebensborn : la fabrique des enfants parfaits : ces Français qui sont nés dans une maternité SS, Éditions Flammarion, 2012

Pour plus de détails : un article du Monde sur le documentaire inspiré par le livre de Boris Thiolay.

(à suivre…)