Carnet de comptoir : amitié toxique

Conversation de café entre deux amies, une jeune l’autre moins.

Alors que jusqu’ici le ton était feutré, la jeune « On dirait que tu me juges parce que je n’aurais pas pris de tes nouvelles, alors qu’on est là, je t’ai appelée. »

La vieille : « Oui ben tu ne t’intéresses pas vraiment aux gens ».

« Attend, et le nombre de fois où je t’ai proposé de sortir? Ne dis pas que je n’ai jamais pris de nouvelles, c’est pas ma faute si tu refusais à chaque fois. »

« Eh ben peut-être que j’aurais préféré sortir! Mais je ne pouvais pas. » Suit une explication indistincte à base de dépression, dont apparemment elle vient seulement de parler à la Jeune ce jour.

miki-chan buh

La Jeune : « Alors ne me reproche pas de ne jamais avoir appelé! Si à chaque fois que je te propose de sortir tu m’envoie balader, au bout d’un moment je me dis que tu n’as pas envie. Et tu ne m’as jamais appelé non plus, alors ne me dis pas que c’est moi qui m’en fiche. »

Vieille : « Tu aurais aimé que je t’appelle? » (d’un ton agressif comme si la réponse négative allait de soi)

Jeune (visiblement bouleversée, en rassemblant ses affaires) : « Oui, c’est ce qui se fait, entre amies! ».

Elle se lève et s’en va, les larmes aux yeux. Syndrome du « Si je reste, je vais balancer des trucs encore plus vaches et je veux ménager la personne ».

Vieille se lève à son tour, en prenant son temps. Aux quelques clients qui ont assisté à la scène, elle adresse un sourire narquois style « Oh la la y a des gens qui réagissent bizarrement » et dit à personne en particulier, d’un air satisfait : « Il y a des choses qui doivent être dites ».

anim_total-bitch

Oui. Il y a des choses que je t’aurais bien dit, en l’occurrence, bien qu’on ne se connaisse pas. Quand on n’a qu’un aperçu de 5 minutes d’une histoire, c’est dur de prendre parti.

Ceci étant dit, je vais le faire quand même, parce que ça me rappelle des choses.

Primo, et info : si quand on t’appelle, tu ne dis rien et tu ne veux voir personne, on ne va pas se pointer chez toi avec du sérum de vérité pour te faire parler. Il y a des gens qui ont besoin d’espace. Et les êtres humains ne sont pas télépathes.

Secundo, c’est vrai qu’avec la vie de tous les jours, le temps passe vite et il est compliqué de rester en contact. Mais si c’est toujours l’autre qui fait la démarche d’appeler, et qu’en plus quand elle le fait tu refuses de la voir, tu es très mal placée pour lui reprocher de ne pas se soucier de toi.

Tertio, des deux, il y en a une qui a l’air de prendre ça plus à coeur que l’autre, et ce n’est pas toi.

Quatro, j’espère pour la jeune qu’elle va arrêter de se fatiguer à essayer d’être ton amie, vu que tu sembles faire partie de cette catégorie de gens qui estiment que tout leur est dû et qu’il faut les entourer de mille attentions, alors qu’eux ne font jamais d’efforts. Casse-toi pauvre conne.

Je regrette un peu de ne pas avoir pu signifier ma compassion à la jeune.

traverser_ocean

Elections, abstentionnisme et psychologie élémentaire

Hier, j’ai voté, fait mes courses, fait diverses corvées ménagères et joué à Pokemon Go et Sailor Moon. Je vous laisse deviner quelle activité m’a paru la plus dénuée de sens.

J’ai voté et je ne vois pas de quoi me vanter. Vu que j’ai aussi peu de foi en les électeurs que les candidats. Donc sauf si Klaatu débarque et réclame le gouvernement de la planète (quoique personnellement, je préfèrerais le Patricien)… le résultat devait forcément me décevoir.

J’ai voté, en traînant les pieds, pour quelqu’un en qui je ne crois pas vraiment mais ce n’est pas bien grave parce que je savais qu’il ne serait pas au second tour. C’est ce qu’on appelle un vote de protestation.

jeremy-irons-patrician

Jeremy Irons incarnait le Patricien dans The Colour of Magic

Je n’ai quasiment pas suivi les médias hier, parce que je savais qu’ils allaient passer la journée à nous soûler de remplissage, n’ayant ni infos ni le droit de donner celles qu’ils ont. Palme du foutage de gueule à cette émission télé du matin où on nous a doctement expliqué que ça ne servait à rien d’essayer d’avoir des infos par les réseaux sociaux (le fameux hashtag #radioLondres de Twitter), parce que « non mais c’est impossible d’avoir des résultats avant la fermeture des bureaux de vote puisqu’aucun bulletin ne sera ouvert avant », et « les sociétés de sondage se sont engagés à ne réaliser aucun sondage de sortie des urnes ». Les sociétés de sondage opérant pour les médias français, non? Pas sûr que les médias étrangers se soucient des petites bizarreries du CSA.

C’est drôle et pathétique, cette tentative des médias officiels français de tenter de décrédibiliser les réseaux sociaux et les médias étrangers qui auraient des infos avant eux. « Mais euh! C’est à nous de l’annoncer euh! Restez sur nos chaînes à écouter nos experts sortis de la naphtaline vous endormir pendant 3h de bouche-trou et de suppositions dignes du Café du Commerce ».

vetinari_port

Vetinari dessiné par Paul Kidby

Sinon aussi, sur les réseaux sociaux, donc, entre deux « a voté » avec photo de l’enveloppe, de la carte d’électeur, voire du bulletin, il y avait tous les appels morigénateurs à ne pas céder au premier tour à la sirène de l’abstentionnisme, qui est bien sûr faire le lit de la bête immonde machin bidule.

Je ne suis pas abstentionniste, mais je les comprends. Ce ne sont pas eux qui nous ont foutu dans la merde où on est. Ce sont les politiciens que vous voulez qu’on cautionne à nouveau en votant pour eux.

Alors le discours « Si vous ne votez pas, vous n’aurez pas le droit de vous plaindre »? Mais voter blanc, C’EST se plaindre. Le fait que le vote blanc ne soit compté que comme une abstention est uniquement une façon pour ces putains de couillons incompétents en col blanc qui tiennent les partis de nier le plus longtemps possible à quel point ils sont peu légitimes. Si vous votez pour eux, vous pouvez fermer vos mouilles, par contre, ça nous fera des vacances.

anim_kaamelott_charmantpetitmonstre_ca me gonfle.gif

J’ai voté presque à toutes les élections depuis que je suis en âge de le faire, mais il me semble qu’il y en a une où j’ai jeté l’éponge. Ca me faisait trop mal aux fesses de perdre une demi-heure de ma journée à faire la queue pour voter dans un scrutin joué d’avance, alors que même si « mon » candidat était élu, ça m’aurait fait suer presque autant que de voir gagner son concurrent, donné largement en tête.

Et à chaque fois, rétrospectivement, j’ai eu l’impression de l’avoir eu dans l’os. Ou autres chose.

Au deuxième tour ici, je vais forcément aller voter, mais croyez-moi : ça me fait mal aux fesses. Parce que le socialiste de droite, je le sens mal (ça me fait toujours bizarre quand ils parlent de lui en le présentant comme étant de gauche. Non mais sérieusement).

anim_keanu_matrix_this cant be_fingers

Mais bon, déjà, si le parti qu’il ne faut pas nommer gagne, ce ne sera pas la faute des gens qui n’ont pas voulu choisir entre la peste brune et le choléra en costard. Ce sera dans l’ordre la faute :

  • des politiques traditionnels qui se sont totalement décrédibilisés à force d’être incapables d’empêcher la situation des classes moyennes et pauvres d’empirer année après année (non qu’ils essaient bien fort, remarquez), ET en piochant dans la caisse de façon tellement éhontée qu’ils sont tout étonnés quand des fois ils se font gauler la main dans la boîte à gâteaux.
  • des gens qui votent pour le dit parti, donc.
  • de ceux qui pourraient voter pour l’autre candidat.

Et méfiez-vous avec les discours moralisateurs : à force de gonfler les gens, vous pourriez motiver des abstentionnistes à aller voter pour le parti que vous conspuez… Ce serait ballot(age).

anim_all-you-fuckers_sandra-bullock-2

10 façons de devenir populaire dans un fandom

Un interlude dans ma série de portraits de fans, pour un article mentionné dans le prochain et qu’il vaut donc mieux poster avant pour que ça ait du sens. (ça c’est de l’organisation!)

  1. Ne lésinez pas sur les démonstrations d’affection sur Internet.

Ca ne vous coûte pas grand-chose d’ajouter un tas de smileys, de petits mots gentils, de « xoxoxo » (xo représente un bisou)à vos messages et d’y citer d’autres fans (name-dropping, version entre fans), mais ça donne le sentiment que vous êtes une personne gentille et sociable qui a plein d’amis. Vous pouvez être le pire connard ou la peste la plus arrogante et la plus égoïste en vrai, ce sera difficile de le prouver à ceux qui ne vous connaissent que par pointillés comme étant si agréable. C’est aussi beaucoup plus facile à simuler en ligne que dans la vraie vie.

Les bisounours

  1. Soyez productif.

Montez des vidéos, des images, dessinez ou écrivez des fan-fictions, et postez-les sur les sites en vue. Vos créations n’ont même pas à être très bonnes (même si ça aide) : quand les fans s’ennuient, ils regardent tout ce qui leur tombe sous la main qui a un rapport avec le fandom. Si vous leur donnez une dose régulière, ça causera l’accoutumance et créera un public. Surtout, cela deviendra quelque chose qu’ils attendent de vous, et c’est là que le pouvoir repose. Evidemment, puisqu’on parle de fandom et d’Internet, le pouvoir en question n’ira pas bien loin, mais c’est une clé pour obtenir des faveurs.

Lire la suite

L’oeil, la paille, la poutre et le mascara 

Je suite retombée sur ce vieil article totalement dénué de données chiffrées utiles du Huffington Post, sur le fait que les gens (hommes et femmes confondus) préfèrent les femmes avec 40% de moins de maquillage qu’ils ne pensent que le reste du monde ne les préfère (si ce n’est pas clair, vous pouvez survoler l’article).
C’est marrant, parce que si je peux ajouter mes propres statistiques au doigt mouillé sur la différence entre les attitudes des gens (et en particulier des hommes) quand je suis maquillée ou quand je ne le suis pas : MOUAHAAHAAHAAAA.
Charlize Theron jadore dior_s

Et pourtant ils l’ont recouverte d’or et photoshoppée

Donc de deux choses l’une :
– quand tu as la plastique de Charlize Théron (ci-dessus), le genre à la silhouette élancée et au visage féminin, de préférence grande, effectivement le maquillage est optionnel parce que de toute façon on va te manger dans la main.
– dans tout autre cas, « moins de maquillage » ne veut pas dire « pas de maquillage ». Ca veut seulement dire de ne pas se maquiller comme une dame de la rue Saint-Denis (avec tout le respect dû à leur profession, car dans leur cas il s’agit d’indiquer qu’elles ne sont pas là pour attendre le bus, puisque le racolage est interdit). Entre les deux, il y a une grosse marge. Une très très grosse marge.
alexandradal_makeup.png

Cette image décrit parfaitement ce que je voulais raconter. Merci Alexandra Dal.

 

Cad que si tu es de sexe féminin et que tu as un physique banal voire moins, tu as plutôt intérêt à être maquillée un minimum pour être bien considérée, du moins au travail ou dans les magasins. J’ai testé pour vous :
– en milieu professionnel burolier, surtout si on ne fait pas son âge, un maquillage (discret) augmente votre crédibilité de 50%, à la louche, au même titre que des vêtements « classe mais sobres » ou l’inverse.
Ce conseil ne s’applique pas forcément si vous êtes visseuse-fraiseuse dans le BTP, ou, à l’inverse, esthéticienne ou hôtesse d’accueil, où il faudra plutôt faire un peu moins discret et naturel, et plus Barbie.
panda mascara
Et le sondage ne doit pas tenir compte du fait que les gens mentent pour éviter de passer pour superficiels. D’où le « moins de maquillage qu’ils ne pensent que les autres gens ,’aiment ça ». Special snowflake syndrome généralisé.
En fait, le maquillage voyant fait partie des « marqueurs » que les hommes (et certaines femmes) traduisent par « sexuellement disponible ». Dans leur cerveau sub-pelvien*, cela correspond à « attirante », puisque le dit cerveau a tendance à filtrer pour exclure les femmes avec qui ils n’ont aucune chance aussi bien que celles avec lesquelles ils craignent de ne pas s’éclater au lit.
Comme le disait un auteur beau gosse à une collègue qui s’étonnait de le voir flirter avec ses fans enamourées de format kawaineko98 ((C) Boulet) : « Si c’est pour baiser avec une frustrée jolie, j’ai ma copine. Les boudins, elles sont tellement contentes que tu peux tout leur faire ». (Grand Prix de l’Elégance au salon Du Sang et des Tripes, festival de littérature horrifique et de la charcuterie de Trifouilly-en-Limousin).
C’est marrant, je me demande d’un seul coup si ma fascination pour les palaces ne date pas d’avant ma traque de Tokio Hotel, finalement…
C’est plutôt, à l’inverse, un marqueur négatif en milieu professionnel (sauf donc pour les péripatéticiennes et actrices de porno). Connoté « pas sérieuse », possiblement fouteuse de merde. Si un patron vous recrute alors que vous êtes en mode cagole, c’est soit que c’est une personne ouverte d’esprit qui a su déceler votre sérieux, soit et plus probablement qu’il compte en profiter.
Alors oui, c’est navrant, ça ne devrait pas être le cas, et dieux merci ça évolue petit à petit et tout le monde ne juge pas là-dessus. Je me borne à vous raconter ce que j’ai observé et que j’ai appris sur le tas. A vous de voir si vous préférez galérer plus au nom de vos principes. Moi j’ai laissé tomber pour un compromis.
*façon polie de dire « quand ils pensent avec leur bite »

J’ai 25 ans, je ne veux pas d’enfants et tout va bien, merci.

Puisque c’est le jour des oeufs… c’est comme si je l’avais écrit ! (Avec moins de grossièretés et un âge différent)

La sociophobe

J’ai 25 ans et je ne veux pas d’enfants. « Toujours pas ? », les gens me demandent avec un air interloqué. Puis, ils ajoutent : « ça viendra », pour me rassurer, mais aussi et surtout pour se rassurer. Rejeter la maternité, c’est violer la norme. Rejeter la maternité, c’est mépriser le bonheur supposé de ceux avec qui nous partageons notre vie quotidienne. Rejeter la maternité, ce n’est pas normal. Ne pas être mère, ne pas le vouloir, est considéré comme une transgression. Et toi, ça va sinon ? Moi ça va très bien, je vous assure. Et même si l’on suppose à celle qui ne veut pas enfanter un passif douloureux ou une défaillance physique, croyez-moi, ça va on ne peut mieux. Ne pas vouloir être mère ne relève pas nécessairement d’un traumatisme ou d’une soif de révolte.  Tout le monde peut s’octroyer le droit de ne pas rendre la vie…

View original post 922 mots de plus

Lundi mon Tag : Quand j’étais ado…

Les fions tombent drus en ce moment, encore plus que le pollen. Et donc June, la petite blagueuse blogueuse, m’a nommée pour ce tag, qui ma foi change un peu. Mais qui m’a fait sentir mon âge. Parce que mon adolescence, elle commence à se faire distante… Et l’on pourra sentir à quelques indices subtils que en fait, elle ne m’a pas laissé tant de souvenirs impérissables…

1) Étant ado, quelle était ta gourmandise préférée ?

Toutes. Comment ça, il faut choisir ? Ah mais les bonbons, c’est le domaine où je suis le moins casse-c… sélective. Mars (les anciens, hein, pas la version dégueu de maintenant), Carambar, Carensac, Werthers, j’aime presque tout. On va dire Milky Way, tiens. C’est malin, j’ai envie d’en manger maintenant…
milky-way-barre-de-chocolat

2) Étant ado, quelle était la série que tu regardais ?

Toutes. Maintenant j’aurais du mal à en citer une dont je comprendrais pourquoi j’y ai passé autant de temps, vu que c’était l’époque de Parker Lewis ne perd jamais et toutes les autres séries pour ados pas forcément inoubliables. Et des grands classiques genre l’Amour du Risque. Ou Amicalement Vôtre.
Pour parler de 3 en particulier : McGyver (aaah, Richard Dean Anderson), V (culte mais kitsch mais culte), et Manimal parce que j’aurais adoré me transformer en faucon ou en panthère moi aussi.
V_diana

3) Quel était le plat que tu mangeais le plus à la cantine ?

Je ne mangeais pas à la cantine (sauf 1 an au primaire dont j’ai gardé pour unique souvenir la connasse de surveillante qui a insisté pour que je mange du fromage). J’ai passé le plus clair de ma jeunesse dans des villes assez grandes pour avoir des collèges/lycées et assez petites pour que je puisse y aller à pied en un quart d’heure. Je ne me souviens d’ailleurs pas du tout de ce que je mangeais le midi… restes? Sandwich maison?

4) Quel était ton style vestimentaire ?

Je copie June : Approximatif ? Ça compte comme réponse ?
Normcore « rien à foutre de la mode » : jean, baskets, pull ou t-shirt.
J’ai arrêté de porter des jupes à l’entrée au collège, on ne peut pas crapahuter avec comme on veut passé un certain âge, ni s’asseoir autrement que de façon compassée et féminine. C’est curieux, la conception socialement acceptée de la féminité, c’est quand même essentiellement des contraintes… Bref.
De toute façon, c’était un collège de province profonde avant qu’Internet n’ait transformé toutes les ados en fans de blogueuses mode, donc on était tous habillés comme des sacs (et chaudement et de façon pratique, surtout : c’était à la montagne). Et heureux de l’être. Bien plus tard, une copine parisienne de mon âge m’a dit « Tu te souviens de l’époque où on portait toutes des foulards dans les cheveux, des leggings et le pull sur l’épaule façon Flashdance? », et là j’ai réalisé que… non, je ne crois pas que ces modes aient pris dans mon collège. Ou alors je l’ai oublié.
beverly hills_mode.jpg

En même temps, même la jeunesse dorée des séries télé s’habillait comme ça.

Image trouvée dans cet intéressant article avec lequel je suis globalement d’accord.

On notera aussi qu’à l’époque, les ados qui passaient à la télé avaient le droit de faire du 38. Voire même du 40. (et la plupart avaient l’âge d’être à la Fac voire d’être agrégés, sur la photo, mais bon…)

5) As-tu été punie au collège où tu étais ?

Individuellement, non. Ma rébellion se manifestait autrement qu’en testant le système scolaire, je n’ai eu ni prof ni surveillant justifiant de mettre le dawa.
Au pire, il y a une prof de français parano qui m’a séparé de ma meilleure amie parce qu’on discutait en cours et qu’elle pensait qu’on se moquait d’elle. Ensemble, non, on avait des sujets de conversations plus passionnants. Une fois séparées et placées à côté de filles quasi inconnues à qui on n’avait rien d’autre à dire que de se plaindre de sa connerie et de sa parano… si.

6) Si tu avais des posters ou affiches dans ta chambre, lesquels étaient ils ?

Essentiellement des posters de A-ha, derrière lesquels on ne voyait plus le papier peint au bout d’un moment  (c’était le but, du reste).
gauss_aha
Avant d’en avoir assez pour ça, ils se sont partagé les murs avec Madonna, Mylène Farmer et Michael Jackson.

7) De quel groupe étais-tu fan ?

A-ha. Je vous en aurais bien fait une tartine, mais ça, c’était avant.
miki-chan buh

8) Quelle boisson buvais-tu le plus souvent aux fêtes organisées ?

Les quoi? Je ne devais pas être invitée. Ni tentée. Et vu ce que je vous ai raconté de mon peu de goût pour l’alcool, la boisson « de fête », c’était le coca les jours de grande chaleur.

9) Où te regroupais tu avec tes copines le samedi après midi ?

Chez l’une ou chez l’autre. Je ne suis pas très « bande », j’ai quasiment toujours eu une copine principale à la fois et guère fréquenté le reste de la classe. Pas de chance : généralement au bout d’un ou deux, ses parents changeaient de région et je devais m’en trouver une autre. Et en général, celles que je trouvais étaient aussi peu portées que moi sur les activités de grand air.

10) Quelle activité extrascolaire faisais-tu ?

Aucune. On ne m’y a pas poussé, je n’ai pas demandé. Je détestais le sport et les activités collectives, alors bon…

11) Comment faisaient les garçons pour aborder les filles ?

Pareil que toutes les autres blogueuses qui ont répondu :  « Y a mon copain, il veut sortir avec toi. « 

12) Quelle émission TV (jeu télévisés) regardais tu le soir à la maison avec tes parents ?

Les Jeux de 20h, 100 Francs dans le nourrain, tout ça.
Jacques-Capelovici-le-fameux-Maitre-Capello
Euh, attendez, en voyant les images et la date, je n’étais pas ado, j’étais enfant. Alors ado… En fait je crois que quand j’ai atteint cet âge, 1) les jeux télé du prime time devenaient un peu trop crétins et 2) Canal + était né. Du coup, pendant longtemps le prime on regardait Canal – à  l’époque où d’une part ce n’était pas devenu une auto-parodie prétentieuse, et ou d’autre part, on avait bien besoin d’un peu de parisianisme, vu qu’on était des citadins paumés dans un océan de province profonde, en manque de stimulation intellectuelle.

13) Quelle étaient les règles strictes de ton lycée ?

Euh… Sachant que s’il était interdit de fumer, les surveillants clopaient avec les élèves au fond du préau hors de vue des profs… ça vous donne une idée.
anim_river blows smoke

14) Raconte nous une anecdote croustillante ou une honte que tu aies vécu pendant ton adolescence.

 Être choisie par le prof de dessin en 6e pour monter sur la table afin qu’il explique les proportions standard du corps humain pour les rudiments de l’anatomie : la tête fait un septième de la hauteur, le bras allongé arrive au milieu de la cuisse, le visage à peu près la longueur de la main, etc. Heureusement, c’était basique et habillé. Mais pour une ado méga-timide en plein début de puberté, voilà l’affiche.
Ah, et le prof d’histoire géo qui un jour en plein cours m’a comparé à une huître, parce que je me renfermais facilement. Et qu’on pouvait lire mes pensées dans mes yeux. Pour voir, j’ai pensé à l’écorcher vif, je ne crois pas qu’il ait lu le détail, il n’a pas fui en courant. C’est dommage, je l’aimais bien, avant ça. Ca doit être peu après, donc, que, alors qu’il nous parlait de la Révolution Russe, « … la religion, l’opium du peuple, comme disait Lénine », j’ai commenté distinctement « Mais il faisait des phrases, lui ». Oui, je suis une huître avec option lance-flammes.
anim_I am fire

Portrait de fan (10) : le narcissique

«  Need that picture of you

It’s so magical

We’d be so fantastical »

Paparazzi – Lady Gaga

Description

Le narcissique est aussi fan de lui-même qu’il l’est de sa prétendue idole, voire plus. Certes, il aime son oeuvre – du moins on l’espère -, mais il cherche surtout à exister à travers l’artiste. Cela prend plusieurs formes. Parfois, il est fan parce qu’il croit avoir certains traits en commun avec lui. On constate par exemple que les artistes « un peu enveloppés » fédèrent beaucoup de gens en surpoids, les geeks admirent les geeks qui réussissent, etc. Quoi de plus compréhensible, quand on se sent sous-représenté dans les médias. Cela réconforte de voir des modèles positifs à son image, et qui sont également appréciés par le public. Et puis, il aura forcément une chose en commun avec l’artiste, puisque rares sont ceux qui ne sont pas égocentriques…

Quelle que soit la raison, le narcissique va d’abord chercher une validation dans le regard de son idole. Bono dit que les fans qui se sentent les plus attirés par les stars sont ceux qui, au fond, sentent qu’ils pourraient eux-mêmes monter sur scène ou être à leur place. Il n’est donc pas surprenant qu’ils emploient les mêmes astuces pour sortir du lot : look extravagant, comportement outrancier, gimmicks. Comme ces fans qui se mettent toujours au même endroit dans la salle, ou ceux qui brandissent toujours le même drapeau. Celle qui arbore un faux tatouage sur son visage à chaque rencontre avec son idole. Se faire remarquer lors d’un concert (d’où la course au premier rang et l’escalade dans les pancartes « choc »), le croiser assez souvent en séances dédicaces ou tapis rouge pour se faire reconnaître.

Autant de moyens de sortir de la masse de visages anonymes, de ne plus être un fan comme tous les autres. Faute d’obtenir cette reconnaissance, ou comme elle atteint rarement un niveau suffisant pour satisfaire son ego, le fan va chercher à susciter l’admiration de ses pairs. Il va pour cela se poser en fan numéro un, celui qui a fait le plus de concerts, qui connaît le mieux la chronologie de sa carrière… Photos de lui et de la star à l’appui. Il y a le petit côté « J’y étais! » du témoin d’un événement historique.

On a tous ce petit travers, sans doute. Car il est difficile de distinguer le légitime plaisir de se remémorer de bons moments de la vantardise mesquine étalée pour susciter la jalousie des autres fans. Où est la limite entre l’envie de communiquer avec l’artiste, en retour de ce qu’il partage par son art, et le besoin parfois maladif d’obtenir son attention et celle des autres fans?

La limite, c’est de ne pas parler plus de soi que de l’artiste sur les forums qui lui sont consacrés. Ceci dit sans viser personne en particulier, bien sûr.

valse-des-pantins-1983-07-g

Archétype

Le personnage de Robert de Niro dans La Valse des Pantins de Martin Scorsese.

Avantage

Il est prêt à investir beaucoup de temps et d’argent en matériel et en voyages pour ramener des histoires exclusives et de meilleures vidéos que les autres.

Dangerosité

Il a d’abord un côté pénible, surtout lorsqu’il oublie même de parler de l’artiste et ramène tout à lui-même avant tout. Il est aussi plus susceptible de mal tourner ou de dramatiser, car du fait de son identification excessive à son idole, tout écart de celle-ci, et toute attaque envers celle-ci, est perçue comme une blessure à son amour-propre.

Le top du top du pire que j’ai rencontré, outre cette peintre qui offrait aux acteurs de Buffy ses toiles les représentant, c’est quand même une fan qui avait commandé le DVD de la tournée d’adieu (… ah, ah) de A-ha (celle de 2010, je précise, vu qu’il y en aura sûrement une autre un jour) sur un site allemand. Apprenant par des amies allemandes qu’elle figurait sur le documentaire du making-of parmi les fans interrogées durant l’attente, elle a demandé partout si quelqu’un pouvait lui ripper la vidéo en question pour la lui envoyer par mail… alors que de toute façon, elle allait recevoir le DVD dès que la Poste aurait fait le chemin de l’Allemagne à son coin de France. 2 jours. Elle a fait suer le monde pour voir sa trombine sur une vidéo officielle 2 jours plus tôt.

Alors les autres, je ne sais pas, mais moi, quand je regarde un live d’un groupe que j’aime, c’est pour regarder le groupe, pas les fans.

Phrase fétiche

« J’y étais, c’était trop bien! »

FB_IMG_1491552859666.jpg

Gourmandise : Salon de thé Senoble

Découverte

senoble_2
J’avais repéré la façade en travaux en fin d’année, et j’avais noté mentalement d’y revenir quand ce serait ouvert, alléchée par mes bons souvenirs des desserts Senoble. J’ai voulu laisser passer le rush de l’ouverture, prévue en janvier. Pour le coup, avec le début des vacances de Pâques et en arrivant entre le déjeuner et le tea time, j’étais au calme. Il paraît, à écouter des habitués, que ça se remplit à partir de 16h le week-end, et clairement il y avait déjà nettement plus de monde à mon départ.

Le lieu

Situé à deux pas du Palais Royal, entre la place de la Victoire et la rue Sainte-Anne et sa ribambelle de restaurants japonais, le premier « flagship store » de la maison française Senoble s’étend sur 2 étages. Il se repère à sa façade bleu roi, emblématique de la marque. Au rez-de-chaussée, une boutique de vente à emporter, avec quelques tables. La salle de restauration principale, plus lumineuse qu’on ne penserait à voir l’étroitesse des rues, est à l’étage. La décoration est cosy et élégante, avec un coin bibliothèque / arty, et des détails amusants comme le papier toile de Jouy (bleu, bien sûr) à l’intérieur des abats-jour. Les fauteuils invitent à la paresse.
Le petit détail qui tue : sur la table, sous cloche, un mini-pot de lait rempli de feuilles de thé parfumé, mignon et odorant à la fois.

Dans l’assiette

La carte propose des menus pour le déjeuner et des formules pour le goûter. Pour le mien, de goûter, j’ai jeté mon dévolu sur le « Crème chou île flottante », une des trois variations de chou proposées par la maison. Un bon choix, car il synthétise en format chou une de leurs spécialités, l’île flottante, avec une crème vanille de Madagascar onctueuse et un coeur de caramel au beurre salé coulant. Miom.
En accompagnement, les théphiles seront ravis de découvrir un choix limité mais alléchant de thés maison, en plus des classiques café, cappuccino etc. J’ai opté pour le bonheur de Sophie : thé vert à la fraise et aux fruits de la passion. Il est servi déjà infusé, et il ne manque qu’un dépose-thé pour arrêter l’infusion (je n’aime pas tellement mettre le sachet dans la soucoupe, je prends des goûts de luxe). Un thé parfumé et fruité sans excès, qui va très bien avec ces pâtisseries.
senoble_8
Sur ma lancée et « il faut bien tester, c’est pour le blog »*, j’ai pris l’éclair au café. J’ai été moins séduite, trop habituée je le crains aux arômes artificiels des éclairs industriels. La version Senoble semble plus naturelle, que ce soit au goût ou à la couleur, et moins grasse.
Au niveau tarif, vous vous doutez au vu des photos que c’est un peu onéreux, mais ça reste dans la ligne des adresses de ce type : pâtisseries de 5,40 Eur à 8,40 Eur.
Pour le déjeuner, les plats et salades sont entre 10 et 20 Eur, les omelettes à partir de 8 Eur. Café gourmand à 9 Eur, thé gourmand à 13 Eur.
Une mention spéciale pour le service, cordial et diligent de l’étage au sous-sol. L’équipe se fera un plaisir de vous conseiller et de vous expliquer les spécialités.
Informations pratiques :
Actualité sur la page Facebook
11 Rue des Petits Champs, 75001 Paris
(M) Pyramides
Horaires :
Lundi – vendredi : 8h-20h
Samedi – dimanche : 10h-20h
Pour le week-end de Pâques, le 16 avril, la maison organise une chasse aux oeufs dans les jardins du Palais Royal. Renseignements et inscriptions sur place et sur leur page Facebook.
*Comment ça, je ne suis pas crédible?

Technologie : trop de progrès tue le progrès 

Je suis passée de OneNote (l’outil de saisie de notes synchronisé multi-plateforme de Windows) à Google Keep (son équivalent Google et j’espère qu’ils touchent des droits d’auteurs) parce que sur Android, le premier gérait mal le mode hors connexion (alors que sur mon Lumia, ça marchait nickel). Or j’écris surtout dans le métro.
Depuis la dernière mise à jour, Google Keep fait pareil. La plupart du temps, au lieu de me restituer mes textes, il m’affiche un écran blanc, incapable de récupérer les textes quand on est dans les tunnels, synchro aléatoire (cad qu’il perd des paragraphes parce qu’il recharge ce qu’il y a en ligne au lieu de conserver le plus récent saisi hors ligne).
GoogleKeepRien
Alors les développeurs à la con: mobilité, ça veut dire gérer aussi quand il n’y a pas de connexion, bordel de merde!
Oui je sais, ça n’arrange pas les Big Brother qui veulent que tout soit sur le Cloud de mes fesses à la merci du premier bidouilleur venu (coucou Apple), ni de ceux qui affichent des pubs pour rentabiliser leur appli. Mais une appli téléphone qui ne peut marcher QUE connectée ne me sert à rien! Vous vivez dans la pampa ou quoi?
fuck multiple
Idem pour les enregistreurs numériques. Sur les magnétoscopes (les jeunes, demandez à vos parents de vous expliquer le concept), on choisissait l’heure de début et de fin d’enregistrement. Les constructeurs ont ajouté de l’intelligence artificielle censée aider dans la programmation.
Donc déjà, il faut attendre que le bouzin se connecte à l’interweb cloudesque pour récupérer les infos des programmes. Ensuite vous sélectionnez celui que vous voulez. Et naïvement, vous vous dites que c’est bon, parce que bon, c’était déjà assez galère de trouver le menu d’enregistrement dans leur interface « intuitive ».
Je m’en sers rarement, mais je me suis souvenu pourquoi la dernière fois que j’ai essayé : avec son intelligence artificielle qui choisit à ta place les heures de début et de fin d’enregistrement, d’après les programmes communiqués par les chaînes, il s’arrête systématiquement avant la fin. Ben oui, l’ordinateur, ça ne prévoit pas de marge d’erreur. Alors que moi, connaissant l’âme humaine et la télé française, je le sais, qu’il ne faut pas se fier aux horaires…
Anna Wintour anim
A force de déléguer des tâches à l’intelligence artificielle, ils ont perdu la leur, on dirait.

Portrait de fan (9) : le stalker / harceleur

« I loved you Slim, we could have been together.

Think about it, you ruined it now »

Stan – Eminem

Description

L’étape ultime de la fan-attitude, quand l’obsession tourne à l’aigre.

Le harceleur est souvent, à l’origine, un fan lambda, bien intentionné. Et puis, sans que l’on puisse forcément définir pourquoi, il glisse peu à peu vers un comportement de plus en plus obsessionnel et possessif. Il estime que la star lui doit quelque chose : plus d’attentions particulières, plus d’interaction avec les fans, ne pas se comporter trop sexuellement… Et comme il n’obtient pas ce qu’il veut, il va de plus en plus loin pour se faire remarquer, fut-ce en mal.

Quand on discute avec des fans qui sont déjà bien engagés sur cette pente glissante, ils ne considèrent pas que leur comportement soit inapproprié. Ils partent du principe que, puisque l’artiste a choisi un métier public, même sa vie privée appartient à ses fans, sans souci pour la santé mentale de leur idole. Eric Cordobesse et Laurent Muldworf soulignent bien dans leur livre « Succès Damné«  les dangers liés à la négation du droit à l’intimité. Ce comportement est d’autant plus fréquent de nos jours, alors que la télé réalité a propulsé sur le devant de la scène des gens qui n’ont rien d’autre à vendre que leur quotidien, et qui le font donc volontiers.

Cela entretient la confusion avec les vrais artistes, qui sont avant tout sur scène pour s’exprimer. La plupart se contenteraient volontiers de créer de loin. Comme le dit Brian Molko de Placebo: « Nous avons aussi besoin d’avoir une vie privée, particulièrement quand on a une vie aussi publique que la nôtre. Alors je demande aux gens de respecter cela, car moi je le ferais pour eux et je le ferais pour n’importe quel artiste que j’admire ». Et s’ils utilisent leur image, ils en font aussi un champ d’expression artistique.

Les harceleurs considèrent que, l’artiste devant sa notoriété à son public, il n’a pas le droit d’exister ou de faire quoi que ce soit qui « trahisse » son public : changer d’image, de style…

anim_eminem_stan

Archétype

L’assassin de John Lennon ne l’a même pas suivi ou harcelé longtemps. La meilleure description du phénomène est donc le personnage Stan de la chanson d’Eminem. « Stan » est d’ailleurs passé dans le langage courant comme un terme décrivant les fans les plus assidus, que ce soit en négatif ou en positif. Si vous n’avez jamais prêté attention aux paroles ou que l’anglais n’est pas votre point fort, je vous recommande fortement de les lire ou leur traduction ici. Je considérais Eminem comme un énième crétin avant, et ça a suffi à me faire changer d’avis sur son potentiel d’auteur et humain.

Avantages

Aucun.

Dangerosité

Maximale.

Phrase fétiche

« C’est grâce à nous si tu es célèbre! »