Lecture : Life, de Keith Richards

Il y a de cela quelques années, j’ai lu avec un grand intérêt la pourtant longue autobiographie de Keith Richards. Je ne vous fais pas l’affront de vous dire qui est Keith Richards? Guitariste des Rolling Stones. Pour les plus jeunes, c’est lui qui joue le père de Jack Sparrow dans Pirates des Caraïbes. Normal, vu que Johnny Depp lui a tout piqué pour créer le look de Jack.

Contrairement à celle de Patti Smith qui m’avait fait l’effet d’un long auto-cirage de pompes très cliché en mode « la Bohème », ou à celle de Françoise Hardy qui était un peu dans le même genre name-dropping « j’ai côtoyé du beau monde, moi », joliment écrite mais un peu creuse, celle de Keith Richards fait moins dans les effets de style, mais raconte en détails sa jeunesse, ses influences musicales et de ses « trucs » de guitariste, et la vie d’une vraie rock star.

keith richards life

Je ne ferais pas un compte-rendu détaillé, mais j’avais pris des notes en lien avec mon étude sur les fans, puisque, pour une fois, j’avais accès à l’opinion depuis l’autre côté de la barrière… Eh bien croyez-le ou pas, j’ai trouvé plus d’humanité dans les récits pragmatiques et sans fard d’un Keith Richards que dans le livre de Pamela des Barres… (je ne garantis pas que ça se passait comme il le raconte, mais il a au moins le mérite de ne pas se la raconter. Il ne faut pas oublier non plus qu’il parle du temps de sa jeunesse, où les groupes n’étaient pas entourés d’autant d’argent et de parasites / d’entourage que maintenant, et où donc, l’intendance n’était pas assurée par des hôtels 5 étoiles. Et où les filles qui n’étaient pas groupies étaient de toute manière confinées à une vie de femme au foyer. Alors entre faire un sandwich à une rock star et se la taper ensuite, ou faire un sandwich à un mari ennuyeux sans avoir d’autre horizon que la machine à laver et le goûter des enfants… autant le faire pour la rock star!).

Ceci fera un bon interlude entre le « portrait de fan » de vendredi dernier et celui de vendredi prochain.

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Si je me souviens de ce concert, c’est surtout parce qu’après on a levé deux nanas. On a passé la nuit dans un parc, sous un de ces abris avec banc et un petit toit. On n’a pas fait grand-chose. Je lui ai caressé un sein, je crois. On s’est surtout serrés et embrassés, les langues comme des anguilles. On est resté là jusqu’au matin, et je me suis dit : « Mon premier plan, et je termine dans les bras d’une fille. Merde alors. Il y a peut-être un truc à creuser ».

 

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Six mois plus tôt, je n’arrivais pas à tirer un coup, j’aurais dû payer pour avoir tout ça, toutes les nanas détournaient la tête en faisant « Ta ta ta », et brusquement elles sont là à te renifler les basques, et tu dis : « La vache, j’ai bien fait de changer d’aftershave, Habit Rouge c’est mille fois mieux qu’Old Spice! » Mais bon, c’est quoi qu’elles veulent, exactement? La gloire? Le fric? Ou bien c’est pour de vrai? Quand tu n’as jamais eu trop de chance avec les belles nanas, tu te méfies, forcément.
Il n’empêche, j’ai été sauvé par des filles plus souvent que par des mecs. Parfois, c’était juste une étreinte, un petit baiser et rien d’autre : tiens-moi chaud pour la nuit, restons juste dans les bras l’un de l’autre, la vie est dure, c’est un sale moment à passer. Et alors je disais : « Mais merde, pourquoi tu t’occupes de moi alors que tu sais que je suis un enfoiré et que je serai parti demain?
– Je sais pas. Sans doute parce que tu en vaux la peine.
– Bon, je vais pas dire non… » J’en ai d’abord fait l’expérience avec les petites nanas du nord de l’Angleterre, pendant cette fameuse première tournée. Après le show, tu finis au pub ou au bar de l’hôtel et puis, sans savoir comment, tu te retrouves dans une chambre avec une fille vraiment adorable qui étudie la sociologie à l’université de Sheffield et qui a résolu d’être vraiment, vraiment gentille avec toi. « Attends, je croyais que tu étais une fille avec du plomb dans la tête. Je joue de la guitare, moi. Je suis dans cette ville que pour une nuit!
– Ouais, mais tu me plais. » Et parfois, se plaire est mieux que s’aimer.

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La force de ces nanas de treize, quatorze, quinze ans lorsqu’elles sont en bande m’a toujours fait peur. Elles ont failli me tuer. Personne ne m’a fait plus craindre pour ma vie que ces adolescentes. Si tu te laissais prendre dans leur déferlement, elles t’étouffaient, te déchiraient en lambeaux… Pas facile de décrire la trouille qu’elles pouvaient te flanquer. Tu aurais été mieux dans une tranchée en première ligne que de te faire emporter par cette marée de désir surchauffé, cette pulsion incompréhensible – même pour elles.

 

p249 (au sujet de Brian Jones)
Il était fasciné par les vedettes, mais seulement parce que c’était des vedettes, pas à cause de ce qu’elles avaient fait. Il était vraiment pénible, une sorte d’appendice en décomposition qu’on trimballait avec nous. Quand vous passez trois cent cinquante jours par an sur la route avec un tel poids mord, ça finit par vous porter sur le système.

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Les groupies, c’était autre chose que les adolescentes délurées ou les nanas qui faisaient la queue pour prendre le thé avec Bill. J’aimerais ici faire l’éloge des groupies : c’était de ravissantes jeunes femmes qui savaient ce qu’elles voulaient et ce qu’il fallait faire pour l’obtenir. Il y avait bien quelques horribles profiteuses, comme ces malades qui collectionnaient les moulages des queues de tous les rockers qu’elles s’étaient envoyés. J’ai toujours refusé, c’était hors de question. Il y avait aussi les rivales des sculpteuses au plâtre, les reines du beurre. Leur dévouement était admirable, mais je n’aimais pas ces pros qui ne s’intéressaient qu’à leurs trophées : « Me suis fait celui-ci, celui-là. » Bill Wyman en sens inverse. Ca ne m’a jamais trop intéressé. Je faisais exprès de *ne pas* les baiser. Je leur demandais de se mettre à poil et je leur disais ensuite : « Ok, merci beaucoup, tu peux partir. » Parce que je savais que je ne serais qu’un coup de plus dans leur tableau de chasse.
Beaucoup de groupies, pourtant, étaient juste de braves filles qui aimaient bien s’occuper de mecs. Très maternantes, en un sens. Et si ça se passait comme ça, pourquoi pas? Pourquoi ne pas se mettre au pieu pour baiser? Mais ce n’était pas l’essentiel. Les groupies étaient des amies et la plupart n’étaient pas vraiment des canons. Elles proposaient un service. Tu arrivais dans une ville, disons Cincinatti ou Cleveland, et il y avait une ou deux filles que tu connaissais, et elles te rendaient visite pour s’assurer que tu était OK, elles s’occupaient de toi, te faisaient à manger, etc. On frappe à la porte, tu regardes dans le judas, et oh, mais c’est Shirley!
Les groupies faisaient partie de la famille, d’un réseau informel. Et ce qui me plaisait beaucoup, c’est qu’il n’y avait ni jalousie ni instinct de possession. En ce temps-là, il y avait une sorte de circuit. Tu jouais à Cincinatti, ensuite il y avait Brownsville, puis Oklahoma City. C’était comme un circuit à étapes, et chaque groupie passait la main à une de ses amies sur la route. Tu arrivais et les secours t’attendaient. « Baby, j’en peu plus! Quatre shows, je suis mort! » C’était comme des infirmières, la Croix-Rouge du rock’n’roll! Elles lavaient ton linge, te faisaient couler un bain et d’autres trucs encore. Et tu leur demandais : « Mais pourquoi tu fais ça pour un guitariste? Il y a des millions de mecs dehors. »

Post-scriptum : GDP, Tokio Hotel et Metallica sont dans un bateau

Un petit post-scriptum à l’attention de ceux qui ont lu mes démêlés d’achat de billet (et ceux qui ont connu les mêmes pour A-ha et d’autres groupes), et à Jean-Stagiaire de Gérard Drouot Productions : la semaine dernière, j’ai commandé des billets à la prévente fans du Worlwired Tour, la prochaine tournée de Metallica. Tu connais Metallica? Un petit groupe de jeunes un peu connu, avec quelques fans.

metallica_tour

C’était la prévente pour une grosse trentaine de dates étalée sur toute l’Europe. Tu sais quoi? Certes, les places en fosse sont parties le temps de cliquer dessus, mais j’ai quand même réussi à avoir des places. En une seule fois. Pas de bug, pas de panier qui se vide tout seul le temps d’arriver au paiement, pas de page qui reste en rade à se charger pendant une heure, pas de places meilleures remises en vente dans la journée parce que toutes les buggées (cad presque toutes) étaient restées coincées dans les tuyaux.

METALLICA, 38 DATES EN MEME TEMPS.

Et toi, tu craches tes tuyaux et tu crashes au moindre concert de Jean Meyrand dans la salle polyvalente de Bidon (233 habitants). Sérieux, achète-toi un serveur ou décide-toi à payer un hébergeur digne de ce nom, ou mieux : change de métier : j’en ai marre de l’amateurisme français.

Portrait de fan (7) : la groupie

« She waits at backstage doors for those who have prestige

who promise fortune and fame, a life that’s so carefree. »

Dirty DianaMichael Jackson

La groupie se rêve compagne, muse et inspiratrice de son idole. Elle idolâtre ses illustres prédécesseurs, celles qui ont partagé la couche des grands (Jimi Hendrix, Jim Morrison…), qui se sont vues immortaliser dans des chansons. Elle aime la musique, c’est vrai, qui représente une bonne part de sa vie, et elle a généralement une bonne culture musicale. Elle aime les concerts, et s’amuser.

Elle aimerait surtout être entretenue dans une vie de bohème luxueuse, qu’elle idéalise complètement, avec une célébrité par procuration, sans avoir pour cela à effectuer le travail de fourmi qui mène à la gloire artistique (parce que le génie, c’est bien connu, c’est 5% d’inspiration et 95% de transpiration).

Malheureusement pour elle, de nos jours, tout artiste un peu connu se voit gratifié d’un entourage qui rend la présence d’une groupie superflue, et de gardes du corps qui font qu’une rencontre par hasard est quasi-impossible. Aussi, il n’y a plus guère de groupies qui « réussissent » en sortant de nulle part. La place est prise par les mannequins, actrices, attachées de presse, maquilleuses et autres jeunes femmes déjà dans le milieu, voire même musiciennes elles-mêmes. Elle sont parfois aussi des groupies, mais elles peuvent, elles, apporter à la fois l’inspiration et quelques connexions au musicien, ainsi qu’un supplément de célébrité grâce à la leur propre. Du fait qu’elles ont déjà une notoriété pré-existante à leur statut de « copine de », elles échappent à l’étiquette de groupie.

Et là vous me demanderez : pourquoi j’ai écrit « la » groupie, pourquoi je n’ai pas mis ce terme au masculin générique comme les autres portraits de fans? C’est parce que les groupies mâles, il y en a peu, ou en tout cas, pas pour les artistes femmes, ainsi que le rapportent la plupart des rockeuses dans cet article de Salon. Par contre, il y en a probablement pour les artistes masculins portés sur la chose. Encore que cet autre article laisse à entendre que la tendance est en train de changer.

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Archétype

Pamela Des Barres, qui a raconté ses exploits de groupie de Frank Zappa, Mick Jagger et autres dans divers livres. Ou Lori Mattix.

Avantages

Passionnée parmi les passionnés, elle fait partie de ceux qui connaissent le mieux la carrière de l’artiste.

Dangerosité

Faible pour les autres fans, si vous ne représentez pas un obstacle sur sa route vers l’Idole. En revanche, la groupie peut être dangereuse pour toutes les femmes qui ont l’occasion de réellement approcher sa cible. Elle est d’une jalousie féroce, et extrêmement possessive envers cette personne qui, la plupart du temps, ne la connaît pas.

Phrase fétiche

« I’m with the band. »

Concert : Tokio Hotel à l’Olympia – Dream Machine

Dream Machine : le nouvel album

Nouveau tournant musical après Kings of Suburbia,  Dream Machine, le nouvel album de Tokio Hotel, est fortement influencé par les 80es, comme le laisse deviner la pochette, elle-même inspirée de Stranger Things, série télévisée diffusée sur Netflix bourrée de références aux films pour ados de ces années-là, des Goonies à Stand by Me (am I being too obvious?).
Bill Kaulitz, le chanteur, se dit obsédé par cette période (je dirais hanté). Ceux qui suivent le groupe savent qu’il est notamment un grand fan de David Bowie, et que ses acolytes ont eux aussi commencé la musique bercés par de « vieux » groupes comme Metallica, Genesis ou autres références inattendues chez des jeunes de cet âge. Alors en écoutant Dream Machine, on pense à la synth pop de Depeche Mode première période, à Bronski Beat (pour les poussées de voix de fausset notamment), à OMD, ou même à Rencontres du 3e Type (logique pour un groupe qui a baptisé ses fans les Aliens et qui se présente sur scène en armure futuriste sur une tour de néons). Voire à Albator.
Mais l’album mélange ces influences à d’autres plus récentes, comme Daft Punk ou the Weeknd.
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Hallo Raumschiffkapitän, le vaisseau-mère est de retour

Le résultat est planant et agréable à l’écoute, plus à mon goût que Kings Of Suburbia où je me serais passé de la moitié des chansons. Mais en ce qui me concerne, il y manque un peu d’intensité (… et de rythmique kitsunesque peut-être) pour que ça passe de « j’aime bien » à « c’est trop bien je vais l’écouter en boucle pendant 2 mois » (ce qui est l’effet que je recherche et trouve généralement avec mes fandoms musicaux). De plus, à force de rappeler des choses (et d’être en anglais), ça devient un peu générique. Il faut dire que les années 80, je les ai vécues, moi…

Dream Machine Tour : sur scène

De ce côté-là, Tokio Hotel reste fidèle à son sens du spectacle. Au niveau mise en scène, c’était comme d’habitude très bien produit, une scène surélevée bizarroïde science-fiction à souhait (mais plus petite qu’au temps de l’Etoile de la Mort du Humanoid City Tour). Tom et Georg y ont passé la moitié du show à jouer essentiellement des claviers, en descendant de temps en temps pour reprendre guitare et basse, respectivement. Gustav était au niveau de la scène et plus sur le devant qu’eux, pour une fois pour un batteur. Il pouvait donc boumtchaquer tout son soûl sans assourdir ses potes. Ceux-ci lui ont quand même tous rendu visite à un moment ou un autre pour de petits boeufs. Il y avait également un bon light show ambiance nightclub / (mais hélas pas top pour les photos).

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Parisienne mais presque : les sports d’hiver (j’aime pas ça)

D’après un sondage rapporté dans les journaux qui s’ennuient entre deux attentats, « Seulement 8% des Français partent aux sports d’hiver ». C’est vrai que c’est étonnant compte tenu de la couverture médiatique accordée au marronnier des départs au ski, des premières neiges, des dernières neiges, de la météo des neiges, des patrons de station de ski qui trouvent à occuper les touristes quand il n’y a que de l’herbe qui poudroie, et que la saison elle est pas terrible, mais qu’elle est pas si mauvaise comparée à il y a 2 ans, et autres lieux communs. A croire que les journalistes de télévision font tous partie des 8%, et s’étonnent donc quand un sondage leur remet sous le nez qu’ils sont une minorité dans ce cas.
Sans doute que les autres :
– n’ont pas assez de congés
et/ou
– n’ont pas assez d’argent
et/ou
– n’ont pas envie d’aller se geler les miches ni de manger de la raclette
anim_anna walks frozen
Du ski, je n’en ai fait qu’une fois : du ski de fond en classe de neige au primaire quand j’habitais dans le massif Central. Je me souviens d’avoir détesté me traîner des ski lourds alors qu’en marchant j’aurais avancé plus vite, et m’être retrouvée les fesses mouillées de neige fondue après une chute de trop. Parce que peut-être qu’Elsa, « the cold never bothered her anyway », mais moi, il me bother vachement beaucoup. J’en ai eu ma claque : j’ai déchaussé, mis les skis sur l’épaule et je suis retournée à la station en laissant mes camarades finir le circuit.
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C’est mon meilleur souvenir d’école : d’abord, me retrouver seule dans la forêt hivernale, à marcher sur de la neige encore intacte. Sentir craquer sous mes grosses bottes de ski les branchettes et la couche de neige givrée, seuls bruits dans le calme de la nature que ne troublaient plus les ordres des profs de gym, ni le blabla des autres élèves. Et une fois rentrée au gîte, les voir tous revenir trempés et fourbus, devant faire la queue pour rendre leur matos. Alors qu’étant arrivée 1h avant le groupe, je n’avais mis que 2mn à rendre mes skis honnis au stand de location… Moi, j’étais déjà en train de boire mon chocolat chaud, à y tremper mes Choco BN réglementaires de collectivité (vous savez, ceux en sachet « individuel » de deux), emmitouflée dans des vêtements secs  et chauds. Le bonheur. J’en souris encore. Ah les cons!
anim_chocolate_Frozen
Je crois que je me suis faite engueuler par le prof quand ils sont revenus (il n’avait pas vu que je partais), mais je ne m’en souviens pas, je ne regrettais pas DU TOUT. Ca a été instructif, notez  : j’ai appris à la fois que je détestais le ski de fond et que des fois, se rebeller et faire ce qu’on voulait, c’était la meilleure chose à faire. Notez bien que je n’ai de toute façon jamais considéré « faire comme les autres » comme une bonne raison de faire quelque chose.
anim_miley cyrus_who you are

Mais?! Je suis d’accord avec Miley Cyrus?! Oo

Depuis que je travaille à Paris, je suis environnée de collègues qui, pour beaucoup, attendent impatience l’hiver pour partir au ski. Et je comprends encore moins : à Paris, on passe son temps entassés à piétiner dans des files d’attente : pourquoi payer un SMIC pour aller faire la même chose dans le froid et la neige ? Oui ok il y a les descentes, mais c’est comme à Disneyland, 1h d’attente pour 5mn de ride. Sauf qu’en plus tu te gèles, la réverbération du soleil sur la neige fait mal aux yeux, et tu paies des prix exorbitants pour des services nuls. Autant rester à Paris. Et aller à Disneyland.
(et sinon, j’ai découvert en cherchant à illustrer cet article qu’il est sorti en 2006 un film d’horreur intitulé Black Sheep, sur un mouton tueur créé par manipulations génétiques.

Une pause douceur : Chibird

Ce n’est pas encore la trève des confiseurs, mais je viens de tomber sur ce Tumblr trop choubidoutrognon plein de conseils positifs pour se remonter le moral, et c’est le genre de choses dont on a toujours besoin (comme les photos de bébés guépard ou de panda roux). Alors je devais partager ASAP (oui j’ai été contaminée par mon travail).

Donc voici Chibird. Petit échantillon ci-dessous. J’ai passé une demi-heure à remonter son Tumblr en sauvegardant plein d’images.

anim_chibird_be kind to yourself

Faites-le!

anim_chibird_thank you for being you

Message d’un fantôme à un autre.

anim_chibird_worrying

C’est très vrai.

anim_chibird_internet friends

Et m**** à ceux qui disent que ça ne compte pas.

Lundi mon tag : Liebster Awards 2017 bis (5e épisode)

June, étant aussi mauvaise joueuse que moi, n’a pas hésité à me renvoyer mon Liebster dans la moule à coup de batte… Bon je ne vous la refais pas, les onze faits sur moi gnagna plus d’idée depuis longtemps. Ah, si, un, qui m’est revenu en croisant Joe Dante à la Cinémathèque :
Il m’arrive de fredonner le chant du Mogwai. Sans raison particulière, j’aime bien, c’est tout. Make of that what you will.
Pour les questions, June m’a piqué les miennes et en a rajouté pour arriver aux 11 règlementaires (parce que moi et les règles, hein… On n’est pas là pour se faire emmerder, on est là pour bloguer et se marrer – à peu près d’après (C) Boris Vian, chanté par Coluche)
Ta réaction face à cette merveilleuse nomination ? Non ne remercie pas  !
anim_johnny blaze passes spirit of vengeance to robbie
Décris le(s) thème(s) de ton blog en 5 mots maximum (pas techniquement une question, ok)
Fandom, humour, culture et confiture.
C’est facile, j’avais pensé la question par rapport à mon dilemme pour décrire le mien sur Facebook.
Ton blog a-t-il un objectif autre qu’être un hobby? Et si oui lequel?
Initialement, c’était pour faire la promotion de mon projet de livre sur les fandoms, partant du constat qu’à l’heure actuelle, comme les maisons de disques, les maisons d’édition publient plus facilement les gens qui ont déjà un public.
Ce projet-là n’a pas trouvé preneur, mais je ne désespère pas de transformer certains textes d’ici en objet publié, un jour.
Inversement, certaines séries d’articles sur le fandom, comme celle sur la figure du fan au cinéma ou la série de portraits du vendredi, sont des recyclages du livre. Quitte à avoir passé des mois à l’écrire, hein…

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Portrait de fan (6) : l’amoureux(se)

« Mais dieu que cette fille a l’air triste, amoureuse d’un égoïste »

La groupie du pianiste – par Michel Berger

Description

C’est le profil auquel on associe généralement le fan : celui qui regarde son idole avec des étoiles dans les yeux et des fourmillements dans le bas-ventre. On l’imagine de sexe féminin, jeune et court vêtue, avec un appareil dentaire et des petits nœuds dans les cheveux, attendant anxieuse à la sortie des concerts de boys bands ou d’un chanteur de charme. Il en existe en réalité dans tous les milieux et tous les secteurs, et des deux sexes. Du jeune homme démodé en costume de tweed qui griffonne fébrilement une lettre à la sortie des artistes d’une célèbre pianiste classique (la précision du portrait vient de ce que je l’ai croisé…), à la plus très jeune fan qui vénère Frank Michael depuis plus de 30 ans.

La libération des mœurs étant passée par là, on peut être à la fois amoureux et groupie, mais ce n’est pas systématique. L’amoureux idéalise particulièrement l’objet de son affection. Il considère qu’outre son talent, c’est la femme ou l’homme parfait, auquel il compare tous les autres. Ceux-ci ont d’autant plus de mal à soutenir la comparaison que, si l’amour est aveugle, il est encore plus facile de fermer les yeux sur les faiblesses humaines d’une idole toujours magnifiée par les projecteurs, le maquillage, les attachés de presse et l’environnement glamour. Même si la presse à scandale se fait un plaisir de dénicher et d’exposer les célébrités dans des poses et des situations du quotidien, qui ne les mettent pas à leur avantage, il est aisé de les éviter, ou de prétendre que cela rend ces personnalités « plus proches de nous ».

Les amoureux des vedettes ne sont pas forcément célibataires pour autant : il n’est nul besoin d’avoir faim pour saliver sur la carte d’un restaurant étoilé, même si on sait qu’on ne peut pas se le payer. On salive d’autant plus qu’on sait qu’on ne pourra pas se le payer, d’ailleurs, ou qu’on doit se contenter d’un cassoulet en boîte à la maison.

Sur Internet, on les reconnaît souvent à leur pseudo, qui accole à leur prénom le nom de famille de leur idole comme un nom de femme mariée (et, pour les jeunes filles, entouré de « guirlandes » de caractères, par exemple ~*~oOo~Marine~Bieber~oOo~*~).

Affiche Elle l'adore

Archétype

Bizarrement, je n’en trouve guère en dehors de ce portrait de Michel Berger. Peut-être le personnage incarné par Sandrine Kiberlain dans Elle L’adore, très bon film de Jeanne Herry, chroniqué ici. Même si son admiration pour le chanteur Vincent Lacroix ne semble pas complètement amoureuse.

Avantages

Toujours positif concernant le fandom, au moins il ne passe pas son temps à le critiquer.

Dangerosité

Très faible, juste une tendance à devenir agaçant à la longue.

Phrase fétiche

« Il est trop beau!!!!! » (l’amoureuse a du mal à se limiter à un seul point d’exclamation)

Joe Dante à la Cinémathèque : Master Class et The Second Civil War

Le réalisateur américain Joe Dante (Gremlins, HurlementsL’Aventure intérieure, Small Soldiers…) était à Paris le premier week-end du mois de mars, pour une double actualité à la Cinémathèque de Paris : d’une part, une rétrospective qui lui est consacrée du 1er mars au 1er avril 2017, et d’autre part, en tant que parrain du 5e Festival International du Film Restauré (#FIFR2017), du premier au 5 mars.
J’avais raté la mise en vente des billets, et la master class du 4 mars était évidemment sold out quand je l’ai vue. J’avais donc prévu à la place un rallye pédestre matinal. A 12h28, alors que je terminais celui-ci sous une pluie battante, je vois que la Cinémathèque vient tout juste de poster sur son compte Twitter la remise en vente de 40 billets pour la master class. Le temps de calculer si j’avais le temps d’aller à la cinémathèque en métro, je commande sur mon smartphone (comment on faisait avant Internet?…), et donc à 14h, je me retrouve salle Henri Langlois, pas maquillée et trempée comme un chat qui a dérapé dans une baignoire. (non, ce n’est pas une photo de moi ci-dessous)
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Joe Dante avait choisi de montrer un téléfilm qu’il a réalisé en 1997 pour la chaîne HBO, The Second Civil War, en préambule à une master class animée par  Jean-François Rauger, avec la traduction simultanée de Pierre Hodgson.
Celle-ci a duré une bonne heure et demi, durant lesquelles on ne s’est pas ennuyé une seconde, Joe Dante étant aussi apte à faire rire et réfléchir son public en vrai que dans ses films.

Le film

the second civil war joe dante

The Second Civil War est, comme beaucoup de films de Joe Dante, un objet étrange qui oscille entre farce et drame. L’histoire se passe dans un futur proche. Les USA font face à plusieurs vagues d’immigration suite à diverses catastrophes écologiques et sanitaires en Chine, au Salvador. Le gouverneur de l’Idaho, Jim Farley (Beau Bridges), élu sur le vote populaire, décide de fermer les frontières de son état pour empêcher une association humanitaire d’y amener des orphelins du Pakistan. Le gouvernement réagit, mené par un président falot qui se laisse guider par un lobbyiste communicant pas toujours de bon conseil (James Coburn). On suit la couverture médiatique qui en est faite (voire aggravée) depuis les studios de NewsNet, une chaîne de télévision. En coulisses, le gouverneur est bien moins intéressé par la seconde guerre de Sécession qu’il est en train de déclencher que par son histoire extra-conjugale qui bat de l’aile : sa maîtresse, Cristina Fernandez, qui représente NewsNet en Idaho, refuse de le revoir, écoeurée par son discours anti-immigrant alors qu’elle-même est mexicaine. Tous les personnages apportent un éclairage différent aux événements. On rit beaucoup, mais de plus en plus jaune, alors que la catastrophe qui se déroule fait écho à ce qui se passe aux USA et en Europe actuellement.
 THE SECOND CIVIL WAR gets a standing ovation at the @cinemathequefr
Le film (et son réalisateur) ont eu droit à une standing ovation, que Joe Dante s’est empressé d’immortaliser pour poster la photo sur son compte Twitter :

Citation du film :

« Americans vote for the sizzle, not the steak » – Les Américains votent pour le grésillement, pas pour le steak.

La master class

joe dante_2

Petit assemblage de mes notes sur cette fort divertissante master class :

Il est issu d’une génération qui a vu beaucoup de films avant d’en faire. Quand il était petit, les vieux films étaient le programme télé le moins cher.

« I loved anything that didn’t have a lot of grown-ups talking ».
J’aimais tout ce qui n’avait pas trop d’adultes en train de parler.

Il aime les dessins animés : quand il était jeune, Disney ressortait ses dessins animés tous les 7 ans pour une nouvelle génération (avant que la télé ne fasse ce travail. Ca et les VHS, Mr Dante).

« I always wanted to be a cartoonist. Then I went to an art school and they got that idea out of me. I was surprised I became a filmmaker ».

Fan de Mad Magazine, il s’est inspiré de leur style de dessins où il se passe plein de choses différentes dans tous les coins.

« A lot of things I loved as a kid that were considered as junk are now mainstream. »
En grandissant, lui et les autres enfants qui aimaient la même chose sont devenus le public principal et les réalisateurs, et ils ont reproduit ce qu’ils aimaient voir : comme les films de super-héros, ou Indiana Jones.

Quand il était à la fac, il vendait des pin’s de Roger Corman et Jean-Luc Godard (avec une guéguerre pour savoir lequel des deux avait fait le plus de films ). Roger Corman est le pape du cinéma de genre à petit budget. Ayant épuisé tous les talents de la côte Ouest, il a recruté sur la côte Est. Des amis de Dant étaient partis de New York pour travailler pour Corman, et Dante les a suivis. Il aimait le cinéma mais ne connaissait rien à la technique, n’avait jamais vu une caméra en vrai.

Il a réalisé pour Corman son premier film, Piranhas. Comme d’autres, il a appris à l’école Corman que la seule chose qui compte, c’est ce qui se passe entre « Action! » et « Coupez! ». Personne ne verra jamais le reste, donc il faut le réduire au minimum.

Est-ce que Corman était aussi radin que le veut sa légende ?

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8 avantages de m’être mise au Pilates

1. J’ai effectivement (bien que progressivement) moins mal au dos, ainsi que me l’avaient prescrit et prédit médecin et ostéopathe.
hamster yeah!

Ca marche!

2. J’ai une bonne excuse pour partir du bureau à heure fixe les jours de cours. « Ah désolée faut que j’y aille, j’ai mon cours de gym! »
3. Ca m’épargne les regards navrés de mes collègues sportifs quand je répondais par la négative quand ils me demandaient si je faisais du sport.
4. Je sais quoi faire pendant les stand-up meetings de la méthode Agile (je révise les exercices de respiration et posture Pilates).
Schtroumpf-grognon_original_backup

mon animal totem

5. J’ai enfin trouvé une utilisation pour la sacoche rigolote achetée en solde sur un coup de tête il y a 2 ans : sac de sport.

6. J’ai pu utiliser la carte cadeau offerte à mon dernier pot de départ (pour acheter des affaires de sport sans avoir trop l’impression d’être un pigeon).
7. Et aussi utiliser le gilet en polaire acheté essentiellement pour me tenir chaud pendant l’attente du concert de TH à Utrecht
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8. Je me sens tendance. Un peu en retard sur les tendances, certes, le Pilates a déjà quelquels années, mais JMEF (variante personnelle de OSEF), je fais ce dont j’ai besoin pour moi, pas pour les autres.