Lecture / comics : The Wicked + the Divine

Je ne lis plus très souvent de comics, mais le pitch de celui-ci et sa chaude recommandation sur la page Facebook de la librairie Bédéciné via un article du cridutroll m’a intriguée. J’avoue, cette histoire de divinités revenant périodiquement sur Terre sous forme d’adolescents ou de jeunes gens charismatiques, pour être adulés 2 ans avant de devoir mourir et repartir pour un cycle, m’a fait songer à River Phoenix. Son image de sensibilité à fleur de peau et ses convictions (humanitaires et végétariennes) font que ses fans sont prompts, sinon à le déifier, du moins à transformer en figure messianique (aidés en cela par ce qui semblait être la volonté première de ses parents).

wicked-divine-1

Laura

Après lecture de ce premier tome traduit en français, néanmoins, c’est moins à lui qu’à mes plus récentes idoles adolescentes que j’ai pensé, en tout cas concernant les réactions des fans tels que dépeints dans le comics.

Citation :
« Nous sommes leur inspiration – autrement dit rien »

L’histoire

Laura, ado métisse londonienne banale (cad avec des cheveux bariolés et qui est en rébellion-mais-pas-trop contre ses darons), sort en douce pour aller assister, maquillée façon glam, à un concert d’Amaterasu, idole pop aussi jeune que son public moyen. Elle s’évanouit en fin d’un set intense passé au premier rang. Elle est réveillée en coulisses par Luci (diminutif de Lucifer bien sûr), autre jeune chanteuse, au look très reminiscent de David Bowie période Thin White Duke. Celle-ci l’emmène à une soirée où se retrouvent Amaterasu et 2 autres membres d’un groupe de 12 jeunes artistes à la mode, qui se fait appeler le Panthéon. Là, une journaliste spécialisée en religions les questionne sur leur prétendue nature divine, et les pouvoirs qu’ils prétendent avoir sans jamais les montrer. Plan comm’ gonflé, ou façon de se cacher en pleine lumière ?

Une tentative d’assassinat vient apporter une démonstration de la réponse…

Luci se retrouve accusée de meurtre, et Laura, seule, essaie de la disculper, en allant enquêter auprès des autres membres du Panthéon.

Ce volume raconte une histoire complète, mais on devine qu’il y a une suite.

wicked-divine-luci

Luci

Mon opinion

Le comics abonde en références à la pop culture, que je vais supposer toutes voulues. J’ai déjà précisé que Luci était fortement inspirée de Bowie, c’est même souligné par la journaliste Cassandra dans le récit. Elle me rappelle aussi beaucoup Desire, de la série de comics de Neil Gaiman « Sandman ». Encore l’histoire d’un groupe d’immortels (les Endless), comics culte des années 90. Dans l’interview de l’auteur qui préface le livre, ils parlent du décès début 2016 de Bowie et de Prince, qui a lui aussi inspiré un des personnages.

Quelqu’un dit d’une des Déesses chanteuses, Tara (« fucking Tara ») qu’on ne sait pas si c’est celle de Buffy contre les vampires. Dans ce premier tome, on ne la rencontre pas, on n’en saura donc rien.

Le dessin, clair et très coloré, évoque autant le Londres des années glam que les comics des années 80. Je pense que j’achèterai aussi la suite, même si, de mon point de vue, le comics manque de personnage attachant (façon polie de dire que la moitié sont des têtes à claques). Ce qui est amusant quand je lis d’autres critiques de lecteurs qui soulignent au contraire qu’enfin dans ce comics ils peuvent s’identifier à tel ou tel personnage. Je dois être trop vieille.

Informations pratiques
Auteur : Kieron Gillen
Dessinateur : Jamie McKelvie
Editeur VF : Glénat
Editeur VO : Image Comics

Quatrain du métro N°52 : Délit d’affluence

Quatrains du métro parisien.

– N°52 : Délit d’affluence

Un trou bas dans la foule du matin me surprend.
Je m’approche : un vieillard, une enceinte, un enfant?
Que nenni : « Ta deuxième vie commence…  » lit la cruche
Qui sur le strapontin, assise fait l’autruche. 

Exposition : Jodorowski’s Dune à la French Paper Gallery

La French Paper Gallery, près du musée des Arts et Métiers est spécialisée dans le « geek art ». A l’occasion de la sortie du DVD du documentaire sur l’adaptation jamais achevée du Dune de Frank Herbert par Alejandro Jodorowski, il était logique qu’ils consacrent une brève (une semaine) exposition à ce monument de la science-fiction.

Au menu : les illustrations et esquisses réalisées par H.R. Giger pour définir les concepts visuels de Giedi Prime, la planète des Harkonnen – ça lui allait bien… et ce n’est pas pour tous les yeux. Les images sont accompagnées d’explications de l’auteur, à la fois sur les circonstances de la création (on sent qu’il a peu apprécié la maigre rétribution au vu du budget colossal prévu pour le film, et le traitement cavalier de son art). Des documents – affiches prévues pour promouvoir le film, etc.

Le gros de l’exposition était consacré à des tableaux et dessins réalisés tout exprès par des illustrateurs contemporains, et qui sont également reproduits dans le livret de l’édition collector du DVD. Je salue l’initiative, mais clairement certains ont été plus inspirés que d’autres. Déjà, et en particulier (mais pas que) chez les français, beaucoup avouent n’avoir jamais lu Dune. Comme ça, cash, sans honte. L’hommage en mode YOLO. Au mieux ils connaissent le film de David Lynch, et au pire ils ont seulement entendu parler du projet de Jodorowski – sans doute parce que celui-ci est aussi scénariste de BD, et parce que Moebius était impliqué dans le projet. Alors pour cirer les pompes de Jodorowski, ça y va, mais pour la pertinence derrière des oeuvres, on y perd… car certains font plus dans l’hommage à Moebius ou à l’Incal.

dune_davis

Reverend Mother Helen Gaïus Mohiam par Guy Davis

Heureusement, il y a aussi ceux qui non seulement ont lu Dune, mais qui ont été autant marqués que moi par cette lecture. Ce qui donne entre autres cette très impressionnante Révérende Mère Helen Gaius Mohiam présentant la Boîte à Paul Atreides, par Guy Davis. Un baron Harkonnen répugnant par Ladrönn. Un ver issant sur fond de désert rougeoyant signé Bill Sienkewicz (que j’avais découvert quand il travaillait chez Marvel, notamment sur les Nouveaux Mutants et Elektra). Une belle affiche de ce qu’aurait pu être le film par Antoine Carrion. Et une évocatrice Sainte Alia du Couteau par David Mack (qui a lui aussi travaillé sur Daredevil chez Marvel, mais dont l’oeuvre phare est plutôt Kabuki), dont j’aurais bien acheté un tirage sauf qu’ils ne vendaient que l’original, à 5000 Eur. Gloups.
Heureusement, comme je n’étais pas la seule à me montrer intéressée, un tirage en édition limitée de print à 35 Eur a été éditée.

dune_mack

Sainte Alia du Couteau par David Mack

De toute façon, si on en est aux opinions hérétiques (de Dune), je fais partie de ceux assez contents que le film ne se soit pas fait. Déjà parce que embaucher Dali comme acteur, à prix d’or de surcroît, méritait au minimum un naufrage. Et j’ai bien décelé des influences du projet sur des oeuvres ultérieures de Jodorowski, mais assez pour préférer qu’il les aient gardées dans ses travaux à lui.

Lundi Mon Tag : Autumn Book Tag

Tiens, encore un tag de June… (alors oui : je les case quand je peux. Du coup on n’est plus vraiment en automne. Encore un peu et je le postais à l’automne d’après. De toute façon, c’était ça ou rompre la trêve des confiseurs…)

TROUVEZ UNE COUVERTURE QUI VOUS FAIT PENSER À L’AUTOMNE.
dragonlance_automneDragons d’un crépuscule d’automne, de Weis et Hickman
Punaise, je n’avais pourtant pas repensé à Dragonlance depuis bien longtemps (enfin, depuis que j’avais posté cet article de blagues vieilles de 15 ans au bas mot…), mais autant pour certaines choses j’ai une imagination débridée, autant pour d’autres, je suis bassement littérale. Et c’est le seul qui m’est venu en tête.
Les 4 tomes principaux de cette série d’heroic fantasy inspirée d’un jeu de rôles, et qui en a inspiré un autre, avaient chacun le nom d’une saison. Pas forcément de rapport avec l’histoire, plutôt avec l’ambiance générale, si je me souviens.

UN LIVRE PARFAIT POUR LIRE AU COIN DU FEU.

unadulterated-cat-pratchett

The Unadulterated Cat, Terry Pratchett.
Parmi les oeuvres les moins connues de Sir Terry, il y a ce petit volume où, en amoureux des chats, il décrypte leurs travers avec l’humour qu’on luit connaît. Ce n’est pas son meilleur travail, mais comme feel-good lecture, des chats par Pratchett… voilà quoi.

UN LIVRE QUE TU UTILISERAIS POUR ALLUMER LE FEU.

the-vampire-armand

The Vampire Armand, d’Anne Rice.

Là encore, je ne l’ai pas relu depuis longtemps (jamais relu du tout, en fait, depuis sa sortie). Mais je me souviens encore distinctement comment, en le finissant, alors que je suis contre la destruction des choses écrites, j’estimais qu’il faudrait n’en garder que 30 pages et arracher tout le reste pour le jeter au feu. C’est l’un des romans qu’a écrit Anne Rice pour expliquer le background  (la « origin story », si c’était des super-héros ) des personnages de sa saga Entretien avec un Vampire. Problème : cet opus ressemble plutôt à une mauvaise fan-fiction vaguement érotique, dont les relations sont  essentiellement de consentement douteux, de surcroît impliquant un mineur (Armand, alias Amadeo, alias Andrei, étant enlevé enfant à sa famille). Si c’était raconté comme un témoignage façon Syndrome de Stockholm, ça aurait pu être intéressant. Mais là, la relation entre Armand et son « initiateur », Marius, vampire de 1500 ans (soit 100 fois plus qu’Armand au moment où il l’achète dans un bordel après qu’il ait été enlevé de sa Russie natale) est présentée comme une grande histoire d’amour. Excusez-moi, j’ai un peu de vomi qui remonte rien que d’en reparler… Et la plupart de ses couillonnes de lectrices en parlaient de la même façon! Ah croyez-moi, E.L. James n’a décidément rien inventé avec ses 50 nuances de daube! (accessoirement, Armand, c’est mon personnage préféré des Chroniques des Vampires. Donc le premier qui y touche se prend un pieu dans la margoulette. Le dernier aussi. Capisce?)

UNE COUVERTURE AVEC DU BRUN COMME COULEUR PRINCIPALE OU DES FEUILLES SUR LA COUVERTURE.
Je n’en sais rien, j’écris ça dans le métro histoire de faire du stock parce que je n’ai plus le temps de bloguer comme je voudrais. Alors je n’ai pas ma bibliothèque sous le coude.

COMME QUAND VOUS GUÉRISSEZ APRÈS UNE LONGUE PÉRIODE PENDANT LAQUELLE VOUS AVEZ ÉTÉ ENRHUMÉ, UN LIVRE QUE VOUS ÉTIEZ CONTENT D’AVOIR FINI.
Je lutte encore avec, le roman Actors Anonymous de James Franco. Oui, l’acteur. C’est un roman, pas une autobiographie (quoique). Il faudra que je fasse un article dessus. Si je le finis. Et que je trouve le temps.

franco-actors-anonymous_

UN FILM QUE VOUS AIMEZ REGARDER ENCORE ET ENCORE QUAND LE FROID REVIENT S’INSTALLER.
Un jour sans fin. Bill Murray, Andie McDowell, scénario et réalisation de Harold Ramis. En plus ça se passe en hiver sous la neige.

groundhog_day

QUELLE SÉRIE DE LIVRES AIMERIEZ-VOUS LIRE CET AUTOMNE ?
Ah ah ah…
J’aimerais déjà bien avoir le temps de finir UN livre, mais entre un boulot à plein temps et le mal de dos associé au fait de bosser sur un ordinateur ET d’essayer d’y tenir un blog sans être envahie de tags, quand je ne suis pas au taf, j’essaie de rester debout et de m’activer (et pour ça, PokemonGo est une bonne motivation).

UN LIVRE QUI VOUS FAIT VOYAGER.
Ben tous ceux que je choisis de lire, c’est un peu le principe des livres, non?
Je ne vais pas lire un livre sur le quotidien d’une consultante informatique qui fait des PowerPoint en mode Agile à longueur de journée, sinon il y aura  un incident voyageur de plus sur ma ligne… Elle est con cette question.

Voilà. J’en profite pour signaler, en suite à la réponse de l’avant-dernière question, qu’il est inutile de me tagger sur d’autres tags de lecteurs : primo je n’ai pas le temps de lire les quelques livres que j’achète encore, secundo ça m’agace de me rappeler que je n’ai pas le temps (même si une autre raison de ne plus lire autant est le manque de motivation parce que peu arrivent à me captiver), et je n’ai vraiment pas besoin de ça pour me mettre de mauvaise humeur, et tertio je n’ai pas non plus le temps d’écrire tous les articles que je veux écrire.

Du coup soyez soulagés, je ne taggerai personne ici non plus. Mais si le tag vous inspire, n’hésitez pas à le piquer.

Quatrain du métro N°51 : Un conseil, deux guerres

Quatrains du métro parisien.

– N°51 : Un conseil, deux guerres

Cinq enfants turbulents font la foire sur le quai.
Le père en rabroue un, la mère veut raisonner :
« Il y a un moment où il faut s’arrêter ».
Peut-être au troisième môme, pour bien les éduquer?…

Exposition : Oscar Wilde, l’Impertinent Absolu au Petit Palais

Attention, derniers jours de l’exposition, qui finit dimanche 15 janvier!
Vue l’affluence, il m’a fallu pas moins de 3 tentatives pour pouvoir voir l’exposition Oscar Wilde sans me geler pendant une heure devant le Petit Palais. Mais même en milieu de semaine (certes entre Noël et le Nouvel An) et à 11h du matin, on se marchait un peu sur les pieds dans l’aile sud du musée. Je pensais pas qu’il drainerait autant de monde dans un musée, d’autant qu’on pouvait se demander comment illustrer une exposition sur un homme de plume.
wilde_sarony
Comme beaucoup, j’ai eu une période d’intérêt pour le dandy (qui n’était pas Anglais mais Irlandais), entamée en lisant Le Portrait de Dorian Gray. Déjà, il s’agissait d’un des premiers « classiques » que je lisais qui ne délaye pas son propos. Les différents sujets abordés (art, morale et beauté) m’intéressaient. Et bien sûr, il y a le style de Wilde, et ses aphorismes brillants qui font encore les beaux jours des éditeurs de papeterie. J’avais même lu, dans la Pléiade, sa lettre De Profundis, écrite depuis la geôle de Reading à son petit Lord Alfred Douglas, qui lui avait valu son séjour en prison.
wilde_night_and_sleep_evelyn-de-morgan

Night and sleep – Evelyn de Morgan

J’avais presque oublié, depuis cette époque, que mon intérêt pour Wilde s’était conjugué à celui pour sa période d’activité artistique en Angleterre. Il a favorisé, par les critiques d’art qui lui ont valu son début de notoriété, l’émergence des Pre-Raphaelite Brothers (PRB), courant que je qualifierais d’avant-coureur de l’Art Nouveau, et pour lequel j’ai eu, aussi, une phase de profond intérêt (avec lecture de différents ouvrages, expositions etc, quoi que, en France, ils aient été longtemps boudés au profit des Impressionnistes, leurs contemporains. Ce n’est pas que le monde de l’Art soit chauvin… mais si). Et donc, je fus ravie, en commençant l’exposition, de découvrir qu’elle s’ouvrait justement sur l’activité de critique d’art d’Oscar Wilde. Avec, outre des articles de sa main et des caricatures de lui, des oeuvres dont il avait fait l’éloge, plus ou moins rattachées à ce courant, et/ou au Symbolisme.

Tel : La mort et le sommeil portant le corps blessé de Sarpédon, de William Blake Richmond. Ou Love and Death, de George Frederic Watts. Ou encore Love and the Maiden, de John Roddam Spencer Stanhope, dont le rendu si particulier est dû à la technique dite tempera. Night and sleep, Evelyn Pickering-De Morgan (nièce de Stanhope).


Je retrouve l’impressionnant portrait d’Ellen Terry en Lady Macbeth, par John Singer Sargent, dont j’avais lu jadis la fascinante histoire : robe cousue d’un millier d’élytres de scarabées, irisées de vert. Il est exposé dans la salle mettant en avant les muses de Wilde, comme Sarah Bernhardt à qui il a écrit un sonnet. Il lui destinait également la pièce de théâtre Salomé, mais celle-ci fut interdite tout de suite. Des fameuses illustrations d’Aubrey Beardsley pour le livret sont visibles un peu plus loin, ainsi qu’une affiche de Jacques Carlu de Geneviève Vix dans le rôle.

wilde_ellen_terry_as_lady_macbeth

Ellen Terry as Lady Macbeth – Sargent

L’exposition rassemble la totalité des photos de Wilde par Napoleon Sarony, les portraits réalisés pour assurer la publicité de la tournée de conférences sur l’art que donna l’écrivain à travers les États-Unis en 1882. Elle est aussi parsemée de ses aphorismes aux murs, tels :

To love oneself is the beginning of a lifelong romance

Les nombreux documents manuscrits n’intéressent pas que les lettrés : durant ma visite, une adolescente s’extasiait à sa mère que Wilde n’a fait qu’une faute de français dans l’une de ses lettres. Francophile, il séjourna plusieurs fois à Paris avant son procès, y fréquentant le milieu intellectuel, d’André Gide à Mallarmé. Il y reviendra après sa libération de prison, y trouvant un relatif anonymat et un soutien qu’il ne pouvait plus espérer en Angleterre. Il mourra à Paris dans la misère, et sera enterré au Père Lachaise.

wilde_john_roddam_spencer_stanhope_-_love_and_the_maiden

Love and the Maiden – Stanhope

Parmi les raretés, très intéressante, une vidéo où Robert Badinter dissèque les démêlés judiciaires de Wilde. D’un côté, il relève le fait que Wilde ait été condamné à 2 ans de prison pour des relations entre adultes consentants, chose pourtant banale à l’époque hommes du monde, et qui n’est plus illégale en France – prouvant la relativité de la loi (l’expo relate d’ailleurs que la loi en question était un ajout récent, en marge d’une loi visant à protéger les femmes souvent victimes d’abus). De l’autre, il explique que le père d’Alfred Douglas lui a tendu un piège en lui adressant à son club un carton le qualifiant de « Oscar Wilde posant au sodomite », et que poussé par Alfred qui espérait voir son père condamné, il est tombé dans ce piège, le procès en diffamation se retournant contre lui. Dénouement qui apparaît a posteriori comme un suicide juridique.

A noter un dispositif original autour de l’exposition, avec, outre un catalogue numérique disponible en plus de l’application (hélas uniquement pour iPhone… je suis sous Android et j’aime l’art, hein), une soirée « Born to be Wilde » qui avait lieu le 9 décembre et invitait les gens à venir en dandy participer à diverses animations, et même un MOOC (cours à distance) sur le site de la Sorbonne. Ah? J’ai raté l’interview de Merlin Holland, le petit-fils d’Oscar Wilde et co-commissaire de l’exposition.

Pour finir, ce dernier aphorisme qui convient bien à ce blog :
We are all in the gutter, but some of us are looking at the stars
Informations pratiques :
Oscar Wilde, l’Impertinent absolu
du 28 septembre 2016 au 15 janvier 2017
Horaires :
Du mardi au dimanche de 10h à 18h
Fermé le lundi et certains jours fériés
Nocturne le vendredi jusqu’à 21h
Le samedi 14 janvier jusqu’à 21h.
Plein tarif : 10 euros
Gratuit jusqu’à 17 ans inclus.
 (c’est amusant : en rédigeant l’article sans doc sous les yeux, j’avais écrit comme titre à l’exposition « L’impénitent absolu » au lieu de l’impertinent… Joli lapsus!)

Exposition : Jade, des Empereurs à l’Art Déco, au musée Guimet

Attention, derniers jours de l’exposition, qui finit le 16 janvier!

Encore une très belle exposition, joliment mise en scène au sous-sol, et consacrée à l’utilisation du jade, particulièrement en Asie (Guimet est le musée national des Arts Asiatiques). Le terme générique de jade recouvre en réalité ce qu’on sait maintenant être plusieurs types de roches dures, dont la jadeite, la trémolite et le kosmochlor (non, les deux dernières ne sont pas des attaques de Goldorak. Mais le premier est bien également un vilain dans Sailor Moon).

Le couloir menant à l’exposition présente des reproductions de gravures détaillant les différentes techniques de travail. Cet aspect m’intriguait, car le jade est toujours difficile à travailler, étant une pierre dure et impossible à tailler en facettes.

guimet_jade_02

Environ la moitié des pièces provient des collections du musée, mais je ne me souvenais pas de les avoir toutes vues avant. Peut-être certaines sont-elles sorties des réserves pour l’occasion. Le vase en forme de citron digité, lui, je m’en rappelais : il intrigue toujours. Les voir rassemblées ici permet de juger de la grande diversité de coloris et de textures du jade, et des nombreux usages qui en ont été faits. L’exposition explique en outre comment les goûts ont changé au fil du temps sur le travail du jade.

guimet_jade_08

Travail de précision…

Beaucoup d’autres oeuvres viennent du Musée National du Palais de Taipei.
D’autres ont été prêtées par le musée des Arts Décoratifs, ou celui de Fontainebleau (celles « récupérées » lors du sac Palais d’été de Pékin en 1860).

guimet_jade_07

En fin de parcours, quelques salles explorent le goût occidental pour ces pierres, des tables royales et impériales aux créations de Cartier réutilisant des miniatures chinoises, en passant par des paravents de Coromandel, dont Coco Chanel raffolait. On y voit notamment, venant des collections patrimoniales de la maison Cartier, des études destinées comme celle d’un briquet, sur lequel est monté une petite statue venue de Chine.

guimet_jade_11_cartier

Dessin de Cartier

Informations pratiques :
Jade, des empereurs à l’Art Déco – musée Guimet
Du 19 octobre 2016 au 16 janvier 2017
Tarif billet jumelé exposition temporaire + collection permanente : 9,50€
6, place d’Iéna- 75116 Paris
Horaires :
Du mercredi au lundi, de 10h à 18h.
Evacuation du 3e et 4e étage à 17h30.
Evacuation générale des salles à 17h45.

Quatrain du métro N°50 : Un Sisyphe

Quatrains du métro parisien.

– N°50 : Un Sisyphe

Insistant, il répète vingt fois la même chose.
Sa mère lassée l’ignore, il ne le comprend pas.
L’enfant a quarante ans et ne grandira pas.
Les parents de ceux-là jamais ne se reposent.

J’ai écrit celui-là, par hasard puisque suite à une scène vue dans le métro, peu ou prou au moment de la Semaine pour l’Emploi des Personnes Handicapées.

J’ai hésité à le poster à cette occasion, mais finalement j’ai été prise par le temps et je n’ai pas pu. Mes pensées à tous les « aidants ».

A-ha épisode 9 : l’intimité à 15 000

Vu que j’ai pas mal d’amis qui sont encore fans de A-ha, difficile de passer à travers la nouvelle : après sa tournée de retour  (pas tout à fait) triomphale dans de grandes salles à guichets (pas du tout) fermés, le groupe norvégien reviendra dès l’été 2017 en Norvège, avec une deuxième partie en Allemagne début 2018.  Cette nouvelle tournée est annoncée comme « acoustique et intimiste », dans un communiqué de presse où le chanteur Morten Harket parle des fans comme le 4e membre du groupe, et se déclare très excité à l’idée de les retrouver.
anim_one big pile of shit

a-ha will make a live acoustic album and concert film from a series of intimate performances to take place between June 26 – June 30, 2017.

The album, DVD and broadcast are scheduled for release in November 2017.

In early 2018, a-ha will take this special acoustic set on the road, giving the fans a new way to experience the music they love. Magne, Morten and Paul will be joined by a handpicked ensemble of musicians to embellish and reinvent the classics, as well as present new material in acoustic arrangements.

Morten is excited about the possibilities: “The band is finally coming together for live acoustic recordings of a wide selection of our songs! As we speak, there is palpable growing excitement about this in the group. We had wonderful moments with the fans during our last tour, and as a fourth member of the band you certainly have had an influence on our commitment to this. I really look forward to it all!”

Anna Wintour anim
A ces mots, je me souviens de ses précédentes déclarations en milieu de tournée sur les dits fans, nettement moins enthousiastes (surtout que franchement, en Europe, il a pas dû voir « des centaines de fans crier » devant son hôtel depuis bien longtemps… une trentaine à la rigueur, d’après mes échos, et encore, quand ils ne sont pas très futés et reviennent à un hôtel « connu » des fans. Sinon, il n’y a personne, ou bien 4-5 fans…). Propos qui ont dû causer bien des remous, car aussitôt suivis d’un démenti sur le site officiel, et de moults rencontres organisées ensuite sur les dates restantes, chose TRES inhabituelle pour ce groupe… Vous parlez d’agitation en mode « damage control » (gestion de crise)…
Sans parler de ses deux compères qui, exceptionnellement, ont posté à l’époque sur leurs comptes Instagram respectifs des photos avec soit le logo de l’hôtel du moment, soit carrément la localisation… eux qui d’habitude étaient fort discrets… je me suis dit que pépère était encore à l’amende, et je n’en ai pas cru un mot. Et puis quand il parle de s’associer à des musiciens triés sur le volet, soit ils gardent ceux des dernières tournées (qui avaient amené pas mal d’énergie aux sets), ce qui n’a rien d’extraordinaire, soit ils en changent, auquel cas ce n’est pas très sympa pour les anciens.
aha-eventim
Mais quand j’ai vu sur Eventim (site allemand de ventes de billets) les dates et salles annoncées, là, c’était clair : ils se foutent vraiment de la gueule du monde. Entre les salles que je connais car les mêmes qu’en 2016 et le nom des autres (des machinchose Arena), ce sont toutes des salles de 15 à 20 000 personnes. Un « concert intimiste et acoustique » dans ces conditions, moi j’appelle surtout ça raboter sur les coûts en prévoyant de ne même pas renouveler le light show (mal fichu) de 2016.
anim_chandler_really
Cerise sur le petit cake : si en 2016, c’était encore et toujours la foire d’empoigne pour avoir de bons billets en gradins (ce ne fut d’ailleurs pas mon cas), et pour être bien placé en fosse au Zénith (pas en Allemagne…), en 2018, il n’y a plus de fosse du tout… et les premiers rangs, voire les premiers blocs comme ici à Francfort, sont des « Golden Circle » à 193,50 Eur… sans package VIP ni photo ni colifichet, non, rien que l’insigne droit de ne pas être au fond de la salle. Et les autres, les pauvres, ou ceux qui ont autre chose à faire de 200 Eur, seront forcément « pas très bien placés ».
goldencircle
Alors bon, je suis outrée pour le principe et pour mes amis. Mais pour moi, ce prix-là, c’est le budget du tiers d’un billet d’avion pour aller voir les Babymetal dans leur pays… ou de leur acheter plein de merchandising. Elles, au moins, elles mouillent la chemise pour mériter le respect de leurs fans.
Kitsune up!
Et le prochain qui me parle de fidélité dans le fandom, je lui dirai que l’amour inconditionnel, c’est surtout la porte ouverte à l’exploitation. En ce qui me concerne, durant la tournée du groupe, pour moi ce sera :
aha_acoustic-evening-with-ma-couette
Ce sera tout aussi mou, mais ça me reviendra moins cher! (et en prime, je m’épargne une crise de nerfs avec la billetterie de Gérard Drouot Productions).

Les 12 articles les plus lus de 2016 : and the winner is

Oui je sais, vous allez me dire que j’ai déjà fait un best of de l’année dernière. Mais il était thématique, et quand j’ai lu celui de ma copinaute June & Cie, son concept de faire la liste des articles qui avaient été le plus lus mois par mois m’a intrigué. J’ai commencé à regarder ce que ça donnait pour Fan Actuel, et les résultats m’ont paru assez intéressants (et surprenants même pour moi!) pour valoir un article. On y va, donc. Principe : je prends l’article le plus lu chaque mois en question *qui ait été publié dans le même mois* (parce que sur mon blog, ce sont parfois, voire souvent, des articles plus anciens qui se retrouvent, par le hasard des recherches Google, les plus lus).

Janvier : La fan-action du moment: pour que Minor Majority passe en tournée en France

Un article sur une fan-action. En fait, c’est quand même étonnant, car même si les fans et leurs activités sont le sujet d’origine du blog, j’en ai dévié entre autres parce que ça ne me semblait pas très fédérateur. Mais parfois, si. Notez que cette fan-action est toujours un peu d’actualité, car si le groupe Minor Majority a bien enchaîné des concerts en 2016 et va continuer en 2017, aucun n’est prévu en France pour l’instant…

MinorMajority

Février : La queue pour le concert de Muse à Bercy 

Ah tiens, encore un article sur la culture fan! (parce que personnellement, je n’y étais pas, à ce concert, j’étais juste passée tenter de dire bonjour à des copines).

muse_02

Mars : Fermeture imminente de la librairie Rackam à Paris

Un article triste, avec une énième fermeture de librairie, spécialisée dans les BDs anciennes. Article qui, depuis, reçoit fréquemment des visites, de gens qui doivent se demander ce qu’elle est devenue.

A noter que sur la 2e place du podium, il y a un autre article qui continue à avoir pas mal de visites : Malbouffe : Knorr, Royco et leurs soupes à l’huile de palme et autres cochonneries

librairie_rackam_1

Avril : Corson + A-ha au Zénith, 1er avril 2016 

Et encore un article de « culture fan », avec cette review du concert du groupe A-ha au Zénith, avec en première partie le chanteur français Corson, devenu familier des fans du groupe depuis ses premières parties de Morten Harket. Article qui fut, pour le coup, de loin le plus vu du mois. Et en médaille d’argent pas loin derrière, un autre article Fandom : Bill is not ok, et sa boîte de billets VIP Treehouse Ticketing non plus.

aha_paris_2016_08

Mai : Post-scriptum : libraire de ma jeunesse

Deuxième article concernant les librairies, avec ce coup de chapeau à la libraire chez qui je me fournissais lors de mes études à Toulouse, Cathy Martin, qui travaille toujours à la librairie Bédéciné – qui existait déjà également à l’époque. Ca me fait plaisir que cet article ait touché un public si large.

Juin : Reportage : Babymetal au Download Festival France

Vainqueur toutes catégories avec plus de 6000 vues en un mois, ce premier article sur, en fait, la 2e performance que j’ai vue de ce groupe qui fut ma découverte et mon principal fandom de l’année, à mon premier festival (je suis un peu festivalphobe…). Assez curieusement, l’article sur le concert de New York, que j’avais posté peu après alors que je l’avais vu avant, faute de temps, a lui rassemblé beaucoup moins de lecteurs. Comme quoi, on a beau se plaindre de l’instantanéité de l’actualité qui pousse les médias à ne traiter l’info que à chaud sans prendre le temps de la réflexion et du recul… c’est aussi la demande du « public ».

En fait, l’article du mois qui a eu le plus de succès après celui-ci, c’est Lettre ouverte à Esprit (la marque), un cri du coeur que je croyais très personnel et qui s’est avéré me valoir même une réponse de la marque. Color me surprised.

babymetal_paris_19

Juillet : Topito des attentats : les 22 phases en cas d’événement terroriste

Un article beaucoup moins drôle fait la « une » de juillet, réaction à l’attentat de Nice, le énième… Il est d’ailleurs assez bas dans la liste derrière plusieurs articles plus anciens, en tête desquels un champion régulier depuis sa parution en février 2016 : On nous prend pour des cons(ommateurs) : le Figolu est mort.

je suis fatigue 400

Août : Comment trouver le compagnon idéal?

Je ne sais pas si c’est le mois d’août, les vacances, le sable chaud pour certains (je ne suis pas partie, perso), mais les articles du mois ont eu peu d’écho, moins que les anciens, et celui qui tire le mieux son épingle du jeu, c’est cette aimable connerie. Je ne vous félicite pas. Non parce que moi, je les écris, mais vous, vous les lisez!

compagnon idealSeptembre : Mode : l’Escapade Lancel pour ses 140 ans

Ah tiens, un intrus, avec cette visite du bus Lancel! Secondé de peu par Tokio Hotel repart en tournée en 2017 : mise en vente des billets lundi 19 septembre – et GDP-bashing.

lancel_17

Octobre : Les putes-à-clic aux bons sentiments

Parfois, je fais dans le didactique, l’humanitaire et le décryptage des réseaux sociaux. Mais franchement, quand je vois ce que les gens « likent » et partagent sur les réseaux sociaux, j’ai envie de leur balancer ce lien à chaque fois. Sauf qu’ils le ne liraient sans doute pas : c’est plus facile de cliquer sur une image d’enfant malade pour se donner bonne conscience, plutôt que de se demander si elle n’a pas été volée à ses parents par la personne qui la poste… Donc franchement, cet article n’a pas été ASSEZ partagé, si vous voulez mon avis…

putaclic_charite_emily-white_3

Novembre : Exposition : Hermès hors les murs – artisans d’art

Décidément, la mode et le luxe, ça plaît… refuge en cas d’anxiété?

Décembre : Babymetal et les Red Hot Chili Peppers à Birmingham

On finit comme on avait commencé : par une histoire de fandom. Comme quoi, mon blog n’usurpe pas son titre, finalement! (malgré la prépondérance du Figolu, qui le dispute au Dieu Renard en terme d’influence…)

Et pour finir, les 12 articles les plus vus sur le blog en 2016, même si pas mal datent de 2015 :

1 – Reportage : Babymetal au Download Festival France
2 – On nous prend pour des cons(ommateurs) : le Figolu est mort
3 – Frozen Free Fall – le jeu sur tablette et smartphones de la Reine des Neiges
4 – A la recherche de la meilleure Sacher Torte de Paris
5 – Adresse : où trouver un onesie / kigurumi Pikachu ou Totoro à Paris?
6 – Nouveau restaurant geek à Paris : l’Odyssey, aka la cantina des accros de Star Wars… et de bonnes galettes
7 – Fermeture imminente de la librairie Rackam à Paris
8 – Une robe d’Elsa, la Reine des Neiges pas chère pour Mardi-Gras
9 – Quatrains du métro parisien – N°6 : Pare-feu d’ambiance
10 – Corson + A-ha au Zénith, 1er avril 2016
11 – Tokio Hotel repart en tournée en 2017 : mise en vente des billets lundi 19 septembre – et GDP-bashing
12 – Un 3e Café des Chats à Paris : le Chat Mallows Café