Cinéma : Maps to the Stars, David Cronenberg

Film : Maps to the Stars, David Cronenberg

Bienvenue à Hollywood, où tout le monde est acteur scénariste, tout le monde a des connexions (réelles ou fantasmées), tout le monde a des secrets inavouables (sauf devant Oprah Winfrey si ça peut booster les ventes). Agatha (Mia Wasikowska), la jeune fille aux cicatrices de brûlures qui se prétend devenue amie avec Carrie Fisher via Twitter. Havana Segrand (Julianne Moore, prix d’interprétation à Cannes pour ce rôle), star sur le déclin hantée par sa mère actrice elle aussi et qui veut désespérément jouer son rôle. Stafford Weiss (John Cusack), son psychothérapeute bouddhiste vapoteur. Benjie (Evan Bird), le fils de celui-ci, star à 13 ans et déjà en désintox. Sa mère Cristina, qui s’occupe de sa carrière d’une main de fer.

David Cronenberg nous convie à un jeu de piste soigneusement écrit, une toile d’araignée où l’on entend souvent parler de Carrie Fischer (fille de Debbie Reynolds et princesse Leia dans la Guerre des Etoiles, entre autres titres de gloire). Outre la référence au lourd héritage quand on est fille de star, comme c’est le cas de Havana Segrand, on peut aussi y voir un hommage à son roman autobiographique satirique, Bons Baisers de Hollywood. En effet, à compter de la parution de ce livre en 1987, Carrie est devenue le porte-parole des bipolaires et drogués d’Hollywood, en faisant un fonds de commerce inépuisable de blagues – parce qu’il vaut mieux en rire qu’en pleurer.

On retrouve les mêmes thèmes dans le film de Cronenberg : drogues, médicaments, maladies mentales, sexe et lubies sont le quotidien de Tinsel Town.
S’y ajoute un mensonge permanent des uns et des autres, dans cet univers où les places sont chères et convoitées par beaucoup. On s’exploite, on se méprise, on profite du malheur des autres, mais en public on se fait la bise et on est tous amis.

En tant que spectateur, on rit un peu, on a envie de distribuer des baffes beaucoup. Et parfois quand même, on est touché par les malheurs de ces pauvres riches qui vivent dans un aquarium à requins king size dont ils ne voudraient sortir pour rien au monde.
Au début, le kaléidoscope est un peu confus, mais peu à peu l’histoire se resserre et tout prend un sens. Pas de pellicule gâchée dans ce film. Si ce n’est peut-être la répétition par plusieurs personnages du « j’écris ton nom, Liberté » de Paul Eluard, sans doute pour renforcer l’effet et parce que c’est l’une des choses qui manque aux personnages, la liberté. Après « Le vent se lève » de Hayao Miyazaki où les personnages reprenaient une phrase d’un poème de Paul Valéry, ça devient cliché.

Il est un peu question de fans, seulement en passant, car si dans l’ensemble on fiche la paix aux célébrités à Hollywood, c’est parce que tout le monde est là pour y faire carrière. Donc plutôt qu’exprimer une admiration béate, les personnages essaient plutôt de se placer. Il est quand même question d’une fan bombardant un acteur de 6000 messages sur Facebook et soudoyant un employé 2000$ pour obtenir… ses déjections. Et Benjie envoie balader deux petites fans à un moment, mais il est désagréable avec tout le monde, alors…

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