Side by Side, documentaire et Q&A avec Keanu Reeves – Champs Elysées Film Festival

J’avais envie de voir ce documentaire de Chris Kenneally depuis que j’en avais entendu parler. Pas parce que c’est Keanu Reeves qui joue les intervieweurs, mais parce que d’une part le sujet (l’évolution du cinéma vers le digital) m’intéresse, et d’autre part la liste des gens interrogés est impressionnante : George Lucas (qui a beaucoup contribué à l’évolution vers le digital), James Cameron, Martin Scorsese, David Lynch, Danny Boyle, Christopher Nolan, David Fincher, Robert Rodrigues, Lars Von Trier, Steven Soderbergh, John Malkovich, Michael Chapman, Vilmos Zsigmond et j’en passe.

Keanu Reeves - 15 juin

Le documentaire :

Très didactique, le documentaire passe en revue les différentes étapes de la fabrication d’un film, en version argentique, et comment et quand le numérique a pris le relais à chaque étape : tournage, développement des rushs (remplacé par le visionnage direct sur le plateau des séquences filmées), montage, effets spéciaux, étalonnage, projection… jusqu’à la conservation. Etape qui est d’ailleurs la plus problématique à l’heure actuelle : stockée dans de bonnes conditions, la pellicule est infiniment plus stable que les supports numériques, qui de plus changent de format tellement souvent que ce sont les moyens de les lire qui font parfois défaut avant même la détérioration du support.

Au début de qualité très inférieure à celle des pellicules à émulsion, les caméras numériques professionnelles sont en train de rapidement monter en définition et en champ chromatique. Moins chères à l’achat et à l’usage que leurs ancêtres à pellicule, plus légères et maniables, plus souples d’utilisation car permettant de filmer 40 minutes d’affilée là où une bobine ne dure que 10 minutes, elles permettent de grandement diminuer les coûts et les délais de tournage.

Ceux qui y perdent le plus sont les directeurs de la photographie, dont certains grands noms sont inteviewés ici. A l’origine, ils étaient les seuls sur le plateau magiciens capables de prévoir, par leur choix du matériel et des éclairages, ce que rendrait l’image finale après développement et projection sur grand écran. Michael Ballhaus, DP sur différents films de Scorsese, est fier de dire que quand ils envoyé les rushes de Gangs of New York à un studio d’étalonnage numérique, il n’y avait rien à faire : l’image enregistrée était déjà telle que la voulait Scorsese… Cela démocratise la possibilité de faire des films, ce qui est bien et permet à des marchés de niches de se développer.

Mais j’ai envie de dire, devant des productions récentes, que ce n’est pas parce qu’on peut tout faire qu’il faut faire n’importe quoi.

Le film parle de tout ça bien mieux que moi, alors reste à espérer que la version longue en 5 DVD que Keanu Reeves et les autres producteurs ont en projet sortira un jour.

En attendant, bonne nouvelle révélée sur le Facebook officiel aujourd’hui : le film devrait être disponible sur iTunes France dès le 16 juin!

Keanu Reeves - 15 juin

Le Q&A :

Il s’est déroulé en deux parties : tout d’abord, la journaliste du festival a posé à Keanu Reeves plusieurs questions sur la genèse du projet et sa réalisation. Dans un deuxième temps, la journaliste a donné la parole au public. Pas de chance, les questions étaient encore plus longues et bizarres que la veille. Encore, la veille, même s’il y avait un préambule personnel, la plupart des gens parlaient du film. Ici, on a eu droit à une qui demandait l’avis de Mr Reeves sur l’influence de la philosophie orientale sur le monde moderne (la tête de l’acteur quand on lui a traduit la question était en soi une réponse éloquente). Là, un réalisateur français demandant s’il avait lu son script et s’il voulait jouer le rôle proposé. Une autre l’invitait à son festival au Brésil. Une 4e, en sus d’au moins le remercier pour le film qui l’éclairait sur son avenir de réalisatrice, semblait tenir à lui présenter ses enfants…

Q&A 1e partie (HQ) :

C’est curieux, cette insistance de certains à vouloir raconter leur vie comme s’ils discutaient à une terrasse de café, ou à utiliser cette occasion pour faire passer des messages. Comme si se faire remarquer trente secondes d’un acteur Canadien donnait plus de valeur à leur vie. Pour certains, on peut mettre ça sur le compte de la maladresse dûe à l’émotion, mais vu que presque toutes les interventions étaient de ce niveau, et hyper intense, c’était agaçant et un peu inquiétant aussi. Si je ne suis pas intéressée quand vous toquez à ma porte et que vous passez par la fenêtre, il y a peu de chances que je vous accueille mieux.

Q&A 2e partie :

Il y avait d’ailleurs eu quelques incidents la veille avec une fan trop entreprenante, et la sécurité avait été renforcée par rapport à la veille. Moralité, Keanu Reeves n’a pas signé autant d’autographes que la veille. Il en a quand même signé quelques-uns en bas de la salle, mais entouré par la sécurité, et près de la porte. Je ne peux pas l’en blâmer… C’est d’autant plus frustrant que le film était réellement passionnant, et aurait mérité des réactions moins désespérément égocentriques.

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