Les coulisses de la Ménagerie du Jardin des Plantes avec la SECAS

Samedi 14 juin avait lieu la visite annuelle de la Ménagerie du Jardin des Plantes, au coeur de Paris à côté de la Gare d’Austerlitz, organisée par la SECAS (Société d’Encouragement pour la Conservation des Animaux Sauvages). Cette association, financée essentiellement par les cotisations de ses adhérents, aide la Ménagerie par diverses participations. Ils ont notamment permis l’an dernier l’achat d’un appareil d’échographie portatif pour le service vétérinaire. Entre autres avantages, l’adhésion à la SECAS permet d’avoir accès gratuitement à la Ménagerie toute l’année.

La salle d'opération.

La salle d’opération.

La visite était guidée et commentée par le Docteur Norin Chaï, vétérinaire en chef de la Ménagerie. Vous l’avez peut-être vu dans la série documentaire L’Arche de Norin sur France 2. Pour une sommité, il mettait les gens à l’aise. Il faut dire que, à l’en croire, certains adhérents de l’association sont là tous les jours, et ces visites annuelles ont lieu depuis plusieurs années. Ca crée une certaine familiarité.

Un lynx en hiver

Je n’y vais quant à moi pas si souvent que ça, faute de temps, mais la Ménagerie fait partie de mes coins de verdure préférés de Paris, car elle combine plusieurs de mes péchés mignons : les animaux (évidemment), l’architecture et la balade au vert. Je sais que les zoos sont critiqués à l’heure actuelle, mais je suis pragmatique : plusieurs espèces sont maintenant éteintes dans la nature et ne survivent plus que dans les parcs animaliers du monde entier. Ce n’est pas une raison pour leur faire un chèque en blanc, mais quand on voit que les animaux semblent en bonne santé et se reproduisent, ma foi, je préfère voir les animaux là que seulement visibles en photo car disparus… Comme c’est le cas pour certains conservés sous forme empaillée à la Galerie de l’Evolution. Avant de supprimer les zoos, il faudrait faire en sorte que le monde permette aux animaux de survivre dans leur habitat naturel, or ce n’est pas le cas.

Ménagerie 1

Au programme cette année, la visite du laboratoire où travaillent les vétérinaires, avec des explications sur leur travail. Ce bâtiment historique est resté « dans son jus » pour l’essentiel, comme vous pouvez le constater. Ce qui veut dire beaucoup, puisque la Ménagerie est l’un des plus vieux zoos d’Europe, créée en 1794. La plupart de ses bâtiments sont d’ailleurs classés, ce qui donne un cachet particulier au zoo, entre les bâtiments Art Deco et ceux plus anciens : les amoureux d’architecture (dont je suis) y trouvent leur compte aussi. Ne pouvant pas réaliser de travaux trop importants du fait du caractère historique des bâtiments, depuis plusieurs années la Ménagerie a préféré envoyer les grands animaux vers des parcs où ils avaient plus de place, pour accueillir à leur place des animaux plus petits, mieux adaptés à la taille des enclos. Ce sont ainsi les pandas roux qui ont pris place dans la fosse aux ours.

Ménagerie 3

Ici, dans le laboratoire, ils ont conservé l’ancienne table de dissection dans ce qui est devenu leur salle de réunion. J’y verrais bien un tournage de film d’horreur… Ce qui ne s’est pas franchement amélioré quand le Dr Chai nous a fait une démonstration de fusil anesthésiant (sur un arbre, pas sur un des visiteurs).

Ménagerie 5

A côté se trouvent des enclos et volières pour animaux en convalescence – dont ce lama, curieux de voir des gens dans cette zone habituellement réservée au personnel. On a ensuite visité le petit « hôpital » pour reptiles convalescents, chauffé et à taux d’humidité constant, où quelques mètres de boas et autres serpents prenaient un repos bien mérité.

Ménagerie 2

La visite s’est poursuivie aux cuisines, où toutes les petites bêtes ne sont pas les bienvenues (témoin le panneau ci-dessous). Là, les soigneurs préparent tous les jours des menus sur mesure pour chaque type d’animal, soigneusement documentés dans un classeur. On ne plaisante pas avec la qualité de la nourriture : tout provient d’achats réalisés sur les mêmes circuits que l’alimentation humaine.

Ménagerie 7

Etape suivante à l’enclos des derniers arrivants de la Ménagerie, les Chats Marsupiaux de Tasmanie. Qui ne sont pas du tout des félins mais des marsupiaux, donc, tachetés. Nocturnes, ils se sont empressés de se cacher, donc pour les voir visez plutôt la fin de journée. Vue leur rapidité, je n’ai pas réussi à en prendre de photos, mais ils ressemblent plutôt à un croisement entre un furet et un gros rat, en plus joli et tacheté, donc.

Ménagerie 6

Passage ensuite devant l’enclos des Gaurs, des bovidés massifs originaires d’Asie, les chouchous du Pr Chai. On a droit à une présentation et des anecdotes sur le voyage d’un Gaur ramené au Cambodge. Suit un détour par l’enclos des Tur (un genre d’antilope), rénové avec la participation du SECAS.

Jusqu’à cette année, la SECAS permettait de parrainer des animaux de la Ménagerie en particulier, avec une petite carte portant le nom et la photo de l’animal. Dorénavant, seul des parrainages d’aninaux dans leur habitat sont possibles. C’est bien pour la conservation des animaux sauvages dans leur environnement, mais moins personnalisé que quand on pouvait parrainer un animal et venir le voir régulièrement. A l’enclos des tortues, une jeune marraine a eu la chance pour cette fois de pouvoir s’approcher de Périclès, son « filleul » (âgé de plus de cent ans…).

Ménagerie 9

On assiste ensuite à une mini-séance de training des pandas roux (les fameux Firefox), qui ne sont d’ailleurs parents ni des pandas, ni des renards… Ce sont de petits mammifères de la famille de l’ours. Tout mignons en apparence, ce sont des vedettes du parc. Le couple résident a donné naissance à deux petites femelles l’an dernier, qu’il est maintenant difficile de discerner de leurs parents tant ils ont grandi. Une jolie réussite. A la belle saison (cad en ce moment), les soigneurs vous proposent une présentation de ces animaux et de leur mode de vie – c’est inclus dans le prix de la visite, voir à l’entrée pour les horaires.

Ménagerie 10

Séance détente pour finir devant la cage des orangs-outans, et présentation de Joey, le grand mâle arrivé il y a quelques mois via un échange entre zoos. L’après-midi se termine devant un petit goûter au QG de la SECAS.

Un grand merci à tout le personnel de la Ménagerie du Jardin des Plantes pour sa disponibilité, et aux membres de la SECAS pour l’organisation de cette visite fort instructive, et rendue de plus très drôle grâce au Docteur Norin Chaï.

Ménagerie 8

Ménagerie du Jardin des Plantes
57 rue Cuvier
75005 Paris