Cinéma : Ne le dis à personne

Après en avoir beaucoup entendu parler, j’ai enfin vu ce film, vecteur du grand retour de François Cluzet à l’écran, du passage à la réalisation de polar de Guillaume Canet, et du renouveau des polars à la française, paraît-il.

Ok.
C’est pas mal filmé, c’est vrai. Sauf la grande scène d’aveu à la fin, où je me suis demandé pourquoi la caméra tremblotait. Après avoir vu Side by Side, je sais que c’est sans doute parce que Canet a tourné avec des caméras numériques, plus légères mais pas stabilisées comme des steadycam. Autant je vois l’intérêt que ça peut avoir pour mettre le spectateur dans la peau du héros lors d’une poursuite, autant en intérieur dans un face à face, je cherche encore.
Répétez après moi : le plan fixe, ce n’est pas sale.
Quand un personnage me révèle enfin les circonvolutions tordues d’un scénario plein de fausses pistes, j’aimerais pouvoir me concentrer sur ce qu’il dit, au lieu de me demander si le cadreur est atteint de la maladie de Parkinson – et si c’est le cas, continuer à l’employer permet-il de remplir le quota de 6% de personnes handicapées, si tant est que ce règlement s’applique aux tournages de film, ce dont je doute.

Et le scénario, donc, en fait des tonnes dans les fausses pistes et les outrances. La « femme de main » qui traque les témoins semble une espionne russe issue d’un James Bond. On se demande si la femme présumée morte de Cluzet avait une double vie à la DST. Et quand à diverses reprises, une personne demandent à une autre, « Mais pourquoi tu ne me l’as pas dit avant? », la réponse qui me vient spontanément est « Parce que le scénariste était bloqué sinon ».

Je dois avoir plus de mal à suspendre mon incrédulité quand le cadre d’un polar est Champigny-sur-Seine plutôt que les bas-fonds de Manhattan.

Vu le succès critique et public, je suppose être la seule que ce genre de choses dérange, mais je fus, du coup, assez peu emballée.