Parisienne mais presque : y’a des matins comme ça

Il pleut.

Je suis réveillée par le bruit d’une pluie lourde et persistante martelant les pavés de la cour et le toit du local à poubelles (qui fait parfois office de salle de shoot non officielle, les vraies ayant été refusées par la mairie, mais passons).

Je me rendors et me réveille sur des rêves désagréables. Je bondis hors du lit, non que je sois matinale ou pleine d’énergie, mais parce que j’ai reçu la veille un avis de passage de la Poste. Miracle de la technologie, celui-ci invite à se connecter sur le site de suivi des colis, afin de choisir soit d’avoir droit à un deuxième passage le lendemain, soit d’aller directement récupérer le colis au bureau de la Poste voisin de son choix. Il est précisé en petits caractères que faute de réponse avant minuit, le colis fera l’objet d’une nouvelle présentation le lendemain.

J’ai réfléchi : ce samedi matin, je n’ai rien de précis à faire, à part aller déposer des engins électroniques à la collecte solidaire précisément organisée par une oeuvre de charité ce matin-là dans mon quartier. J’opte donc pour ne pas répondre, afin d’avoir mon colis livré chez moi le matin.

Et je me lève donc à l’aube (enfin, à 9h), pour éviter à mon facteur la vision de mon pyjama en pilou et de ma tête mal réveillée, la crotte-d’oeil encore accrochée et les cheveux en pétard.

Sur le coup de 11h30, en voyant toujours pas venir le factotum, et la pluie ne faiblissant pas au contraire de ma patience, je me décide à braver les éléments déchaînés afin de libérer un fond de placard de la présence d’un vieux lecteur DVD, dans le respect du recyclage machin-bidule participer au grand mouvement citoyen en allant déposer mon écot écolo.

Engoncée dans mon anorak de compétition, je prends mes clés dans une main et le sac du candidat à la benne dans l’autre. Par acquit de conscience, je regarde le contenu de la boîte à lettres.

avis de passage

Sans surprise, j’y trouve un deuxième avis de passage de la Poste, m’avisant que je pourrai retirer mon colis à leurs bureaux à partir du lundi suivant. Un soupçon d’honnêteté devait encore animer le postier : il n’a pas coché la case « vous étiez absent(e) » dans la rubrique « cet objet n’a pas pu vous être remis pour le motif suivant ». Heureusement pour lui, vu que je l’ai attendu toute la matinée. Il n’a pas non plus osé cocher la case « autre motif » pour y écrire « Pas envie » ou « Il caille, il pleut et je veux rentrer chez moi« .

Grommelant que heureusement que je m’y suis prise un peu en avance pour commander mes cadeaux de Noël, je passe la porte cochère et, mon lourd sac à la main, j’entreprends d’aller déposer mon offrande à la crèche (le point de collecte est situé sur le parvis d’une église). La route est longue et la pente est rude, et l’air humide.

Et la place est vide. Point de camion de collecte, point de bénévole, point même d’affichette annonçant la chose.

Bon, il s’avère que pour la collecte, je m’étais trompée de jour, mais du coup, je pense que je vais retrouver le site web des Encombrants… Et guetter l’arrêt de la pluie.

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