Comment ranger quand on est bordélique et qu’on a le syndrôme du hamster? La Méthode à Gilles (le hamster)

Je fais partie des traumatisés du « faut pas gâcher, y’a des enfants qui meurent de faim dans le monde ». Enfin je préfère ça que d’être accro à la consommation, mais il faut en toute chose mesure garder.

Gilles le Hamster

Gilles le Hamster

Le syndrôme du hamster (ou de l’écureuil)*, c’est cette manie de tout garder « parce que ça peut servir un jour » ou « parce que ça me rappelle des souvenirs » – d’une personne, d’un événement, de belles vacances… J’ai aussi une certaine conscience environnementale qui fait que je n’aime pas jeter des choses qui peuvent encore servir. Ceci est doublé au fait que quand j’étais étudiante, je n’avais pas beaucoup de thunes. Au fil du temps, je les ai surtout dépensées dans mes hobbies du moment. J’ai tendance à avoir PLEIN de hobbies du moment, parce que je m’intéresse à beaucoup de choses. Certains hobbies étant plus ou moins confidentiels, et datant d’avant l’âge du web, j’ai eu du mal à me procurer ces artbooks japonais / VHS d’anime en version anglaise / magazines US sur River Phoenix (si si, à Toulouse à l’époque, j’en ai trouvé d’occasion, vu que son décès datait déjà)/ VHS de « Jamming with Flea »

Or, comme je vous en ai déjà touché deux mots dans un article précédent, du fait de la théorie de l’engagement, plus on a déployé d’efforts pour obtenir quelque chose (plus on s’est engagé donc), et plus on s’y accroche ensuite. Aussi, même l’intérêt passé pour ce sujet, on en garde les souvenirs, ne serait-ce que parce qu’on en a bavé pour les trouver. (enfin dans le cas de River Phoenix, l’intérêt n’est pas passé. C’est juste que comme il est mort depuis plus de 20 ans maintenant, niveau actualités il n’y a pas grand-chose de neuf à en dire ou à cogiter dessus).

anim_hamster

Alors au fil des années, on stocke, on entasse, on empile. A moins d’être Paris Hilton et d’avoir un dressing de la taille de mon appart, arrive le moment où on se dit qu’on n’arrivera jamais à dépiler. Et où on a surtout envie de changer d’air et de regagner un peu d’espace. Ou on découvre l’existence du syndrome de Diogène (le cran au dessus du hamster) et on se dit que bon quand même, il va peut-être falloir prendre des mesures tant qu’il est encore temps…

Là, on peut faire appel à une émission de téléréalité et / ou un coach pour tout virer. Mais si, comme moi, vous êtes territorial(e) et détestez qu’on prenne les décisions à votre place, ça revient à payer quelqu’un qui va tout mettre dans des bennes, pour ensuite le foutre à la porte à coups de pompes dans le train, et récupérer dans la benne tout ce que le malotru y a jeté alors que « MAIS JE VEUX LE GARDER, CA! ».

Non, il faut faire avec son cerveau (de hamster).

Si votre appart' ressemble à ça, il est temps d'agir.

Si votre appart’ ressemble à ça, il est temps d’agir.

Et donc pour ça, on utilise la méthode à Gilles (le hamster).
(référence subtile à la méthode Agile, très à la mode dans le monde du travail (notamment informatique), où on aime bien changer de méthode tous les 10 ans pour faire croire à un progrès en faisant la même chose dans un ordre différent et avec des mots nouveaux. Ca ne marche jamais mieux qu’avant, mais ce n’est pas ça qui empêche les experts de vendre leur expertise très cher. Tant qu’y a des cons qui payent, hein…).

En mode projet, la méthode Agile consiste entre autres à procéder par phases successives en intégrant les changements de besoin exprimés par le client / métier / demandeur (le gars – ou la nana – qui paye), au lieu de faire un énorme plan à l’avance, qui ne sera jamais tenu en raison des imprévus (il y a TOUJOURS des imprévus), et dont le résultat ne conviendra pas au client qui entre-temps a changé d’avis sur ce qu’il voulait.

Appliqué au rangement et au tri du bordel ancestral accumulé chez vous, ça devient la méthode à Gilles :

1) Avancer d’un pas, c’est mieux que rester sur place.

(ou comme dit Audiard « Un con qui marche ira toujours plus loin qu’un intellectuel assis »)

Il ne faut pas se formaliser que tout ne sera pas fait en une seule fois. Si vous partez de loin, ce ne sera de toute façon pas possible. Alors que si vous attendez d’avoir devant vous le laps de temps disponible (suivant vos estimations) pour tout faire en une fois, d’une part vous risquez de ne jamais vous y mettre. Et d’autre part, si enfin vous trouvez un créneau où toutes les conditions sont réunies, vous aurez accumulé 6 mois à 6 ans de bordel en plus…

Non, on TRIE, on ne mange pas on a dit!

Non, on TRIE, on ne mange pas on a dit!

2) Avancer par lots.

Dès que l’occasion se présente, attaquez-vous à un « petit » chantier qui vous paraît à votre portée. Une armoire. Un tiroir. Un placard. Videz tout par terre ou sur une table (parce que statistiquement, les choses les moins utilisées, donc les plus susceptibles d’aller à la benne sans qu’elles vous manquent, sont tout au fond).
Avec des catégories comme suit :
a) à re-ranger là où c’était.
b) à ranger ailleurs, mais qu’est-ce que ça foutait là?!
c) à jeter, c’est sûr, c’est décidé.
d) à vendre / donner / recycler. (c’est parfois dur de trouver où on peut donner ou recycler. Google est votre ami. Au pire, si vous habitez en immeuble, laissez ça près des boîtes aux lettres avec un post-it « servez-vous ». Ou préparez un carton « vide-greniers ». En ville, il y a aussi l’option que j’appelle « recyclage urbain« . Cad : contactez le service local des Encombrants locaux pour planifier un dépôt. Le jour dit, déposez avec un peu d’avance sur le trottoir le lot prévu : une imprimante, deux chaises, une valise et un meuble bas. Repassez une heure plus tard et constatez que votre tas s’est magiquement transformé en : un sommier de clic-clac auquel il manque deux lattes, un écran cathodique hors d’âge, et une valise mais différente…)
e) « objectivement je n’en ai plus l’usage mais sentimentalement j’ai du mal à m’en débarrasser » ou « Ah c’était là, j’avais prévu de m’en servir un jour » ou « si je reperds 5 kilos, je pourrai remettre ce pantalon » : ranger dans un carton « à revoir plus tard ».

3) Avancer par itérations (ça veut dire en recommençant l’étape précédente régulièrement).
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Ca, c’est surtout pour la dernière catégorie mentionnée.
De mon expérience personnelle, la première fois que vous entamerez votre ménage de printemps, ce carton là sera beaucoup plus rempli que celui pour la benne. C’est normal. C’est un peu déprimant sur le moment, parce qu’après un après-midi de tri, vous allez vous retrouver avec un petit sac poubelle à jeter, et votre placard sera à peine moins encombré. Par contre, vous aurez en plus une pile de trucs à donner (à qui et quand on ne sait pas), et surtout un carton « plus tard » bien rempli.
C’est normal. C’est une étape nécessaire pour que votre cerveau de hamster s’habitue à l’idée qu’il faut vous désengager des choses inutiles. Pour l’instant, vous n’en êtes pas persuadé. Il est même probable que dans 6 mois, vous aurez besoin ponctuellement du bitouniot à coulisse que vous avez jeté à votre corps défendant au premier passage. Et vous risquez de vous dire alors « Ah ben zut, je savais bien que ça sert de tout garder! ».
Sauf que, soyez honnêtes, le bitouniot à coulisse, vous aviez oublié que vous l’aviez. Si par miracle vous vous en souveniez, vous ne saviez pas où vous l’avez rangé. Donc le jour où il aurait pu vous servir, vous auriez passé la journée à le chercher en vain, vous auriez fini par croire qu’il avait été jeté depuis, et vous seriez allé en racheter un. Et vous auriez retrouvé le vieux le lendemain en cherchant un vistemboire à piston. Et vous auriez rageusement rangé les deux bitouniots au même endroit (dont un vieux rouillé), pour ne plus vous en servir pendant 15 ans.

Aucun gain, donc.

Mais grâce à la méthode à Gilles, vous avez déjà gagné la place du vieux bitouniot pendant 6 mois. D’autre part, quand vous repasserez sur le carton « à jeter? » pour voir s’il y a du tri à faire dedans, comme le contenu est déjà à moitié sur le départ, vous vous reposerez la question en d’autres termes. Parce que ça fait déjà un an qu’il est dans ce carton sans que vous en ayez eu besoin. Et entre-temps, vous avez commencé à apprécier d’avoir un peu de marge dans vos placards, et d’en voir le fond. Vous verrez que vous trouverez d’autres choses dedans dont vous êtes prêts cette fois à vous séparer.

C’est de la têtologie ((TM)Mémé Ciredutemps).

Ca marche!

Ca marche!

*alors il paraît que le syndrome du hamster est plutôt un truc de boulimique, mais Gilles l’Ecureuil me fait moins rire que Gilles le Hamster, alors merde.
Je garde ma métaphore du hamster.

Un jour prochain, je vous parlerai du syndrome de la tête de pioche.

3 réflexions au sujet de « Comment ranger quand on est bordélique et qu’on a le syndrôme du hamster? La Méthode à Gilles (le hamster) »

  1. j’aime bien aussi la méthode d’une japonaise qui dit qu’on remercie les objets et qu’on les laisse partir vers un autre propriétaire. On ne garde que les objets qui vous apportent de la joie, par exemple un vieux gant pikatchu pour la salle de bain qui ne sert plus MAIS qui vous fait rigoler à chaque fois qu’on le voit = on garde! En gros si un objet ne sert pas à te rendre heureux (vraiment) tu peux le donner.
    J’adore les émissions sur les accumulteurs compulsif le soir tard, ça me motive à ranger. Je range la nuit = donc je suis bien un hamster.

    • Oui, je me souviens que j’avais lu ça sur ton blog, remercier les objets avant de les donner, et je suis d’accord avec le principe. Je ne suis pas pour garder que ce qui est « utile » au sens le plus pragmatique du terme. Quelque chose qui nous rend heureux ou nous amuse, ou nous apaise, c’est tout aussi utile qu’un couteau de cuisine🙂
      HAMSTER POWER!

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