Parisienne mais presque : les platitudes de retour de vacances (2)

« Il faut vraiment être sur place pour ressentir ça »

Une collègue disait ça après être passée par hasard devant le siège de Charlie Hebdo en allant au théâtre. Et aussi, tous les gens qui racontent leurs vacances ou leurs sorties en mettant en avant que tu ouas, ils ont vécu un truc exceptionnel que tu peux pas comprendre, même si tu penses que tu comprends parce que tu imagines, mais il fallait le vivre pour de vrai.

J’espère que quand je raconte mes concerts et autres, ce n’est pas l’impression que ça dégage, parce que si je le mets sur ce blog ou ailleurs, c’est parce que je considère que le web est un buffet : si l’événement t’intéresse, mes récits sont disponibles à la lecture, avec mes impressions en bonus. Mais si ça ne t’intéresse pas, je le comprends tout à fait. Je n’estime pas que ce sont des choses qu’il faut avoir absolument vécu. J’ai trop l’habitude d’avoir des goûts décalés ou minoritaires, et je suis trop consciente que la vie est trop courte pour tout faire, et qu’on ne doit donc pas se faire ch*** à faire lors de nos loisirs des choses qui ne nous intéressent pas.

Alors le trek d’une semaine au Maroc sans se doucher, par 50°C à l’ombre en journée, -10°C sous la tente la nuit, à dormir sur une natte puant la crasse, le chameau et la crasse de chameau, certes ce n’est pas quelque chose qu’on vit tous les jours. Mais si je fais un travail qui n’est pas ma passion, c’est (outre le fait qu’aucune de mes passions ne permet de gagner sa vie) pour dormir avec un toit sur ma tête, du chauffage en hiver et des douches toute l’année. Pas pour payer pour vivre comme un clodo! Je ne sais pas, je dois avoir plus d’imagination que ces vacanciers, je visualise assez bien ce que ça donne, si si… Assez pour ne pas du tout avoir envie de le vivre.

anim_a bear walks into a hooman

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