Jargon : la politique

Avez-vous remarqué que chaque corps de métier a ses codes, et son propre langage souvent incompréhensible au béotien? (quelqu’un qui utilise le mot béotien, par exemple, ça ne signale pas forcément un corps de métier particulier, mais sans doute a minima un lecteur d’Achille Talon).

Afin de guider mes semblables plus jeunes qui n’auraient pas encore appris sur le tas à décrypter ces galimatias abscons (oui j’écoutais Desproges aussi) du style « Darmok et Jalad à Tanagra » (là je préfère vous laisser chercher dans Google si vous ne connaissez pas), j’entame aujourd’hui un petit guide de conversation par domaine.


Premier exemple : la politique

– j’ai confiance en la justice de mon pays : elle protège les puissants, je ne devrais pas être inquiété pour mes fausses factures / la corruption / mes comptes en Suisse. Mes collègues ont bien réussi à s’en sortir, eux!

– ce n’est pas ce qui préoccupe les Français : C’est un sujet gênant où moi ou mon parti sommes en faute, parlons d’autre chose.

– ne faisons pas le jeu de l’extrême-droite : j’ai des électeurs d’origine étrangère, ne parlons pas des sujets qui fâchent.

– je ne suis pas candidat : je suis candidat mais ce n’est pas encore le moment de le dire officiellement.

– je m’engage personnellement : tout élu vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un 300 m2 dans le 16e au prix d’un HLM, sans doute.

– ce que veulent les Français : ce que mes conseillers en communication m’ont dit de dire d’après les derniers sondages.

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2 réflexions au sujet de « Jargon : la politique »

  1. Outre le fait que j’apprécie ce petit lexique satirique, mention spéciale pour le florilège de termes et les références qui vont avec. 😉

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