Cinéma : La valse des Pantins, de Martin Scorsese

Arte diffusait récemment dans son cycle Martin Scorsese un film méconnu, « La valse des pantins », sorti en 1983, un film centré autour d’un fan d’un type assez dangereux.

Robert de Niro y incarne un fan mythomane, qui confond politesse et amitié. Rupert Pupkin, trentenaire célibataire vivant avec sa mère, se voit déjà en haut de l’affiche comme humoriste, dans la lignée de son animateur comique préféré, joué par Jerry Lewis. Il l’attend régulièrement à la sortie de son émission télévisée, le Jerry Langford Show.

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Vous pourrez voir le film sur Arte+7 en streaming jusqu’au 16 novembre à minuit. Si vous comptez le regarder, attendez donc avant de lire la suite de l’article, car j’y raconte tout l’histoire.

Un jour, lors d’une bousculade, il s’interpose entre Jerry et les autres admirateurs, et fait évacuer de sa voiture une fan particulièrement collante. Il s’incruste dans le véhicule le temps d’obtenir de Jerry la promesse que celui-ci écoutera une cassette de ses sketches. Fort de cette réussite, et certain que sa carrière inexistante va enfin décoller grâce à Jerry, il va s’en vanter auprès de Rita (Diahnne Abbott), son béguin de lycée qu’il n’avait jamais eu le courage de courtiser. Le lendemain, au siège de la compagnie qui produit l’émission de Jerry, il déchante. La productrice l’encourage à roder son spectacle prometteur dans de petites scènes avant de revenir le lui proposer. Mais il insiste lourdement pour avoir l’opinion de Jerry en personne.

Il finit par se faire jeter dehors sous les yeux de Masha (Sandra Bernhard), la femme qui s’était introduit dans la voiture de Jerry. Ils se connaissent depuis longtemps, à force de poursuivre le même homme, pour des motifs différents. Masha est persuadée d’avoir une relation avec Jerry, et a même trouvé son numéro de téléphone personnel. Pupkin ne croit guère à ses allégations, mais entretient lui-même une certaine mythomanie.

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Commençant à croire à ses rêves éveillés de proximité avec Jerry, il invite Rita à venir passer le week-end avec lui dans la maison de campagne de Jerry. Il prétend (et semble convaincu) qu’ils ont rendez-vous pour travailler sur des sketches. Connaissant parfaitement les habitudes de son hôte, il sème assez le doute dans l’esprit du majordome pour que celui-ci le laisse entrer. Le domestique appelle néanmoins son employeur pour vérifier, et Jerry arrive pour intimer à Rupert de vider les lieux, au grand embarras de Rita.

Rupert organise alors avec Masha l’enlèvement de Jerry. Non par vengeance ou contre une rançon : il réclame aux producteurs de laisser le Roi de la Comédie (lui) faire son numéro à l’antenne, s’ils veulent retrouver leur vedette en vie… Les producteurs acceptent, et Rupert peut interpréter ses sketches durant quelques minutes. Il fonce ensuite au bar où travaille Rita, afin qu’elle voie la diffusion en différé de son moment de gloire. La police le cueille à cet instant. Jerry, lui, est resté aux mains de Masha qui lui a concocté une soirée romantique. Il parvient néanmoins à lui échapper.

La morale n’est pas sauve pour autant, car le méfait de Rupert lui permet d’obtenir ce qu’il souhaitait : il fait la une des journaux, et signe ensuite un contrat juteux pour publier ses mémoires. Quelques années plus tard, ayant purgé sa peine, il devient animateur télé à son tour. Cette fin peut sembler exagérément cynique de la part de Martin Scorsese, mais quand on voit le parcours de certains comme Christophe Rocancourt, devenu animateur télé après s’être fait connaître comme escroc des stars et avoir fait de la prison, c’était simplement visionnaire…

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6 réflexions au sujet de « Cinéma : La valse des Pantins, de Martin Scorsese »

  1. Martin a ce charme particulier qui me rappelle parfois un peu la grande époque des Tontons Flingueurs et Cie. Non pas par les dialogues bien entendu, mais par cette façon de voir et de décrire des milieux troubles et des loosers embringués dans leurs dérives. Avec ceci de différence, qu’Audiard était cru dans le dialogue, Scorcese est cru dans sa façon de filmer, de raconter.

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