Lecture : Guide de Survie en Territoire Zombie

J’ai beaucoup entendu parler de ce livre, et aussi du film qui en a été tiré. Mais je ne suis guère portée sur les zombies, malgré mon intérêt général pour le fantastique. Contrairement aux vampires, il est très difficile de les trouver glamour. Ce n’est pas le genre d’immortalité dont on peut rêver… Et le côté gore / dégoûtant ne m’attire pas plus que ça non plus. Mais je sais, entre « Orgueil et préjugés et zombies », « The Walking Dead » et la série « iZombie », que les zombies cartonnent.

Outre les « marches zombies », il y a même une application (Zombies, Run!, disponible sur iOs et Android) pour s’entraîner à la course à pied, avec comme motivation des missions et un texte audio vous raconte que vous êtes poursuivis. Apparemment, ça marche du tonnerre…

Néanmoins, ce livre ayant atterri sur ma boîte aux lettres (dans mon immeuble, on y pratique un troc « prend qui veut »), je l’ai lu. Avec intérêt, mais pas forcément pour les raisons voulues par l’auteur, Max Brooks (fils de Mel Brooks).

guide de survie zombie

Avec un sérieux imperturbable, l’auteur raconte point par point et en fonction des situations (en ville, à la campagne, début d’infection zombiesque ou invasion massive…) comment survivre, donc, à une épidémie de zombies. Comme si le cas risquait de se présenter. Avec un avertissement qu’il ne faut surtout pas se fier aux films de zombie comme source d’informations, car ils sont trop romancés et loin de la réalité. Des vrais Zombies. Attention : second degré inside.

Le livre sera peut-être surtout utile aux écrivains et scénaristes qui veulent eux-mêmes écrire des histoires de zombies : il commence par rassembler tout ce qu’on « sait » sur les zombies – en choisissant une des explications abordées dans les médias classiques. Et il fait ensuite l’inventaire de toutes les mesures à prendre pour s’en prémunir, en commençant avant même les premiers signes de danger par s’entraîner, rassembler le matériel nécessaire à la défense (armes, protections, quelles sont les armes les plus adaptées…) et à la survie (vivres, équipement de randonnée…), la préparation du logement, d’un point de repli…

Au début, le décalage est amusant, mais ça devient assez vite répétitif au fur et à mesure qu’il répète toujours un peu les mêmes consignes. Au bout de 4 ou 5 fois, on en a marre de lire « Plus d’une personne croyant pouvoir XXXX a fini dans l’estomac d’un zombie ». En cela, remarquez, il est assez fidèle au genre de manuel « do it yourself » qu’il parodie. les livres de développement personnel délaient généralement sur 300 pages des conseils qui pourraient tenir en 20 (mais ça ne se vendrait pas au même prix).

La partie la plus intéressante, d’un point de vue de lecteur de fantastique, c’est le dernier chapitre, où l’auteur recense les « cas connus et inventoriés » d’invasions zombies, par ordre chronologique. Une mine d’historiettes qui ne demandent qu’à être développées en nouvelles ou en romans, pour qui veut (à moins que ce ne soient déjà des références à des histoires existantes que je n’aurais pas reconnues, mais je ne pense pas).

De ce fait, je ne l’ai pas trouvé aussi drôle que le titre et le concept pouvaient le laisser espérer. J’y ai quand même trouvé un intérêt certain. Passablement cynique.
En effet, l’une des explications fournies par les sociologues et spécialistes de la fiction pour la fascination du public pour les histoires de zombies, c’est que cela renvoie les gens à l’anonymat des grandes villes, à cette foule aveugle des transports en commun et des agglomérations, qu’on peut percevoir comme hostile. Et sans doute, j’imagine, à un vague fantasme, devant cette marée hostile, de pouvoir s’en débarrasser en leur faisant exploser la tête (méthode reconnue comme étant la seule vraiment efficace pour éliminer un zombie). Et à des interrogations sur la fin de la civilisation.

Personnellement, ça ne m’a pas rappelé la « foule aveugle des villes ». Ca m’a rappelé les sans-couilles qui se font de plus en plus nombreux dehors. Des connards agressifs avec un pois chiche en guise de cerveau, qui ne vivent que pour détruire : pas de doute, les zombies sont parmi nous, et c’est contagieux. Il y en a même qui votent. (Pour info : il y a diverses raisons de ne pas voter pour le FN, mais la principale reste quand même qu’ils sont encore plus corrompus et mauvais gestionnaires que les autres partis, cf. les résultats des villes où ils ont été élus… Quant à résoudre les problèmes des gens, n’y comptez pas trop, ce n’est pas à leur programme et ils ne sauraient pas comment s’y prendre. Pour en créer, par contre, je pense qu’ils seront encore « meilleurs » que les partis qu’ils conspuent).

Et pourtant, je l’ai lu avant le 13 novembre 2015. Mais après le 11 janvier 2015. Qui n’était déjà que modérément une surprise, hélas. C’est peut-être pour ça que les histoires de zombies ne m’ont jamais attiré. Parce que dans la vraie vie, on n’a pas de BFG-9000 pour dézinguer les décérébrés. Et que je n’ai pas envie de retrouver dans la fiction le même genre de problématiques dépressives que dans le réel : la vraie vie me suffit, merci.

J’ai donc pris des notes. Tout ça m’a rappellé aussi des récits de survivants de la Seconde Guerre Mondiale. Le livre ayant été écrit par un Américain, les conseils sur la possession et le stockage d’armes lourdes ne seront pas applicables en France. Par contre, le reste, sur comment se barricader, conserver des moyens de communication, la survie en cas de guerre, etc… Je note.

Soigneusement.

Ouais, j’ai décidé de vous flinguer le moral avant les fêtes.

Joyeux Noël!

Guide de Survie en Territoire Zombie, de Max Brooks.
Ed. Livre de Poche. (Corde non fournie)

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