Exposition : Hey! Acte III – Halle Saint-Pierre

Nichée au pied de la butte Montmartre, la Halle Saint Pierre est le musée et le lieu d’exposition incontournable de l’art moderne dans ses tendances les plus populaires, à Paris.

Autant dire que plus bobo, c’est dur à trouver.

Non, ne fuyez pas tout de suite: c’est intéressant quand même.

En ce moment, s’y tient la 3e édition d’une exposition organisée par Hey! , le magazine de l’art moderne et de la pop culture, pour présenter une soixantaine d’artistes de 11 pays différents.

Non, ne fuyez pas tout de suite: c’est une très belle exposition.

Les photos étant interdites dans l’enceinte de l’exposition, j’ai pris note de certains artistes et oeuvres en particulier, et je vous renvoie aux liens ci-dessous.

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Hybridation 

C’est un thème qu’on retrouve chez plusieurs artistes :

Lucy Glendinning réalise des sculptures d’enfants recouverts de plume, que j’ai trouvé plutôt flippantes dans le réalisme des poses, telle ce Pink and fluffy little darling.

Gabriel Grun a peint une « Mère à l’enfant » marsupiale, mi-femme, mi-kangourou hyper réaliste pour son Marsupialia.

Yu-Pei Lian crée des petites sculptures de bébés hybrides, caméléon et armadillo.

Hirotoshi Ito hybride carrément l’humain avec le minéral, dans sa série de pierres fendues d’un grand sourire (avec fermeture éclair). Rassurez-vous, les dents sont en plastique. Flippant quand même.

Japon

Hisashi Tenmyouya a créé un style de peinture qu’il appelle néo nihonga, « nouveau japonais », incorporant les références traditionnelles à des éléments modernes.

De façon similaire, Hiroshi Hirakawa peint des estampes où les ninjas communiquent par téléphone portable, où la baleine avale un couple d’occidentaux obèses en maillot de bain.

Etonnants et sans nom d’auteur : une collection de « Misemono-goya », des toiles peintes qui servaient de publicité aux spectacles de monstres et autres numéros forains extraordinaires.

Éloge du glauque

Les peintures de Camille Rose Garcia, comme sa série « Danse macabre », m’ont rappelé un Tim Burton qui aurait découvert qu’il existe d’autres couleurs que le bleu, le gris et le vert blafard.

Les peintures de Ron English font évoluer des jouets dans des paysages en guerre, dont un Plastozoic temper figurant un bébé Hulk sur champ de jouets en plastique.

Plus amusants, les pirates squelettes sur papier vieilli de Derek Nobbs renvoient également à l’enfance.

pirate by Derek Nobbs.jpg

Thomas Woodruff se revendique du courant Fabuliste, avec ses tableaux de chauve souris fleuries à 4 ailes, très glam.

Benoit Huot a créé une grande saynète macabre avec animaux empaillés et silhouettes aux résilles mantilles espagnoles. J’ai toujours trouvé flippantes les tenues de ce genre, ça ne va pas s’améliorer après cette vision.

Ludovic Levasseur refuse le concept de trash qu’il considère comme de la provocation gratuite. Lui revendique de vivre avec ses  « poupées » faites de plastique, certes, mais aussi de dents, d’os et d’éléments de taxidermie. (attention, ce n’est pas pour les âmes impressionnables)

Je ne sais pas si Gilbert Peyre vise au macabre avec ses automates, mais sa Petite Fille qui racle des pieds sur son lit en appelant sa maman m’a bien mise mal à l’aise, m’évoquant l’Exorciste. Et le coq à moitié dépecé qui bouge dans l’espace voisin n’arrange rien à l’affaire. Ça m’a rappelé une mini-exposition vue à la Cité des Sciences de la Villette durant les fêtes, dont je n’ai pas eu le temps de parler. Un genre de cabinet de curiosités de bestioles animées imaginaires.

Les Ours Ecorchés de Deborah Simon (« flayed bears ») n’effraient pas les enfants, qui sont plutôt fascinés au contraire. Peut-être parce que son travail de reconstitution de vaisseaux sanguins ou de nerfs au crochet sur le tissu est propre et didactique, et distrait du sujet.

Je trouvais que le style de Mark Ryden, aux petites filles livides aux grands yeux dans des paysages d’Alice au Pays des Merveilles sous Prozac, comme dans Grotto of the Old Mass, ou la Queen Bee, ressemblait à celui de Marion Peck, également présentée. Il s’avère que c’est sa femme.

Je me suis demandée s’il s’agissait des peintres de Big Eyes, le film de Tim Burton, mais non (ce sont Margaret et Walter Keane). Ils se sont d’ailleurs exprimé sur le sujet du film et de la part exacte qu’ils attribuent à Walter Keane dans l’oeuvre de Margaret avant son divorce.

Dans une salle du rez-de-chaussée, une vidéo de Mark Ryden tourne en boucle : un genre de clip illustrant différentes reprises d’un air populaire, Daisy – différentes versions dont Nick Cave. La technique mixant dessin, photos et animation rappelle les vidéos de Terry Gilliam pour les Monty Python.

Hervé Bohnert sculpte des bustes de marbre macabres d’après des classiques, et des squelettes en dentelle.

L’art des tranchées est macabre sans forcément le vouloir: il s’agit de briquets et babioles réalisés avec les matériaux disponibles (le plus souvent des restes d’obus et des douilles vides) par les Poilus durant la Drôle de Guerre, ou peu après, quand ils étaient cantonnés près des anciens champs de bataille pour le déminage.

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Le tatouage

Plusieurs artistes tatoueurs et explorateurs du milieu du tatouage sont exposés:

Shawn Barber peint « James Spencer Briggs at work ».

Don Ed Hardy, le célèbre tatoueur dont Christian Audigier avait acheté le catalogue pour imprimer ses motifs sur les vêtements de sa marque Ed Hardy, était aussi un peintre, dont quelques oeuvres sont exposées ici : Mommy; Meet me at the bottom.

Filip Leu est aussi un tatoueur et peintre, dont les peintures ont une tendance Druilletesque.

 

Pop culture

J’ai été étonnée de voir des originaux de Richard Corben, illustrateur et dessinateur de BD bien connu des amateurs de fantastique.

L’affiche de l’exposition reprend la Carmelia de Christopher Conn Askew.

Autres oeuvres en vrac :

Winnie Truong – Fair-feathered friend

Choi Xooang – reflection : des sculptures hyper-réalistes dans le rendu des chairs!

Steven Kenny – the esoteri

Eudes Menichetti – Pa

Claire Partington – girl with silver hands et Conquest

Dado – buffon

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Des couvertures de Hey! dans la librairie

Informations pratiques :
Halle Saint Pierre
2, rue Ronsard – 75018 Paris
M° Anvers, Abbesses

Horaires :
Du lundi au vendredi de 11h à 18h
Samedi de 11h à 19h
Dimanche de 12h à 18h

Désolée de ne pas mettre mes propres photos du lieu en « aperçu », mais j’ai réalisé que depuis peu, WordPress n’affiche plus les grandes versions quand on clique dessus.

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5 réflexions au sujet de « Exposition : Hey! Acte III – Halle Saint-Pierre »

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