Fan-fiction Saint Seiya : Les Racines du Mal

(Où je continue à vider les tiroirs de mon passé de fan.

Où l’on découvre pourquoi je n’ai pas fait une brillante carrière d’auteur de fan-fiction – pas assez de scènes de fesse, pas assez de respect des personnages)

Saint Seiya (Les Chevaliers du Zodiaque) : Les Racines du Mal

Mais au juste, quelles sont donc les raisons qui poussent ces jeunes hommes à risquer leur vie ou plus pour sauver le monde, jour après jour au lieu de vendre du shit ou de jouer à Doom comme tous les jeunes de leur âge?

Nous voilà devant un dojo-officine-façade de secte pouilleux. Sur sa plaque gravée en lettres tournicotées (selon la bonne vieille devise de « plus c’est bidon et mieux c’est présenté »): « Le très sage et très ancien Pi-Yé, Moine Kung-fu Taoiste renommé mondialement, Grand Gourou de la Renaissance Cosmique, carte bleues acceptées. »

C’est dans ce havre de connaissance que nos amis cherchent la réponse à leurs questions existentielles.

Shiryu, sur un divan, l’air complètement névrosé, un bandeau sur les yeux, faisant des nœuds avec ses cheveux, raconte ses souvenirs de guerre : « Shun-Rei se plaint que je ne la regarde plus! C’est parce que je perds tout le temps la vue, il suffit que j’ai un combat, un problème, hop! Je ne peux pas m’empêcher de me crever les yeux pour augmenter mon cosmos… ».

Au centre de la pièce, un vieil asiatique rabougri à mi-chemin entre maître Yoda et un Jacques Vergès rétréci au lavage – de l’imagination, que diable, c’est un gourou ET un escroc, ce qui est presque synonyme – prend des notes en hochant la tête d’un air compréhensif.

Hyôga,sur un autre divan, un verre de cocktail rempli de cubes de glace à la main : « Depuis que ma mère a coulé dans un lac gelé en Sibérie, je passe mon temps sous ou dans la glace. Je vais voir Môman au fond du lac, je fais de la neige partout où je passe, je m’empiffre d’ice-creams… Mes amis ne veulent plus prendre le bateau avec moi depuis qu’ils ont vu Titanic… Même mes ennemis m’enferment systématiquement dans un cercueil de glace… »

Shun, allongé façon « Venus couchée sur le divan », sa chaîne Nébulaire enroulée autour de ses membres et de son corps : « Quand j’essaie de m’en débarrasser, je me prends les pieds dedans et plaf! Je finis emmêlé dans les mailles. C’est terrible, je suis toujours obligé d’appeler mon frère Ikki à l’aide et je sens bien que ça l’énerve, mais plus il est en colère et plus je m’emmêle… Et quand mes ennemis m’attachent, ben en fait… Je crois que j’aime ça. Je suis malade hein? »

Ikki, justement, bras croisés, a l’air de mauvais poil comme d’habitude, et semble mépriser souverainement ses petits camarades, tous en rond sur des divans entourant le vieux Gourou :  » C’est tous des nuls. Pas fichus de se débrouiller sans moi deux secondes. Si j’étais pas là pour leur sauver la mise, ça ferait longtemps qu’ils seraient tous morts et le monde en ruine. »

Seiya, des cernes monstrueuses sous les yeux, donne l’impression de ne pas avoir dormi depuis un an, et fume clope sur clope : « Comprend pas. Toutes les filles sont folles de moi, toutes! La Princesse Saori, Mylène, Shaina, elles me courent toutes après, mais j’arrive jamais à conclure! Pourtant je suis un héros, j’ai des burnes en acier, mais y’a toujours un truc pour m’empêcher de conclure, un cataclysme qui menace le monde, n’importe quoi! Shuis maudit! Dites-moi pourquoi le monde m’en veut, Grand Gourou Pi-Yé?! »

Le gourou se gratte le nez, relit ses notes.

« Les explications de tous vos ennuis résident dans votre karma, mes enfants. Votre existence passée imprime encore sa marque sur vous.

Seiya, dans ta vie précédente, tu étais un boute-en-train (le cheval censé « préparer » les juments à la saillie, pas le rigolo qui fait marrer tout le monde).

Ikki, ta réincarnation présente est le fruit de ton comportement héroïque lors de ta vie passée sous forme de la roue de secours d’une ambulance de la Croix-Rouge. 

Shun, tu dois te défaire des habitudes du rôti qui est en toi et cesser de chercher la ficelle pour te faire saucissonner… )

Hyôga, la réponse à tes angoisses repose en Sibérie… Tiens, j’ai ici la photo du mammouth qui fut ta précédente enveloppe charnelle, et qu’on vient de retrouver congelé dans la banquise là-bas. Va donc aider à le dégager, ça devrait  faire disparaître ta névrose.

Shiryu, alors là, là, je ne sais pas quoi te dire. La taupe qui sommeille en toi refuse de voir la lumière… »

15 réflexions au sujet de « Fan-fiction Saint Seiya : Les Racines du Mal »

  1. Mais j’adore!
    Il y a des auteurs qui ont fait des livres en accumulant tout ça (les phrases répétées comme tu dis) même si, oui, là, faut qu’ils suivent une thérapie mais bon, on s’en fiche, ça nous fait rire!

    • En fait quand je vois ce qui se vend, je me dis que ce n’est pas la peine de viser la qualité dans l’écriture… Par contre je ne suis pas sûre de pouvoir écrire des trucs qui plaisent au plus grand nombre ^^ C’est un talent particulier que tout le londe n’a pas.

      • C’est certain. Je dirais même: pas trop de qualité. Je ne suis pas certaine non plus de savoir écrire ce qui plairait « au plus grand nombre ». Trop pratiqué la vente en librairie pour être idéaliste sur ce point….

        • En fait quand je vois les mètres de linéaire occupés par des YA répétitifs et de la chick lit qui l’est tout autant, j’ai envie d’en écrire en me disant que ça au moins, ça devrait être vite écrit et que ça sera publié (et acheté!) même si c’est mauvais… Le seul problème c’est que du coup la motivation pour se mettre à la rédaction, elle… manque! 😉

          • Tu rejoins mes propres conclusions. J’ai essayé d’écrire de la chick lit mais comme je n’aime vraiment pas ça, je suis restée bloquée en cours de route. Côté YA, ça va mieux mais je ne suis pas sûre de pouvoir pondre des platitudes à longueur de pages (en fait, pas du tout). Et quand j’essaie, je trouve ça atroce…

            • Après tu n’es pas obligée de tirer à la ligne si tu trouves ça long? On n’est pas obligés de faire nul *exprès* 😉 De la YA et de la chick lit pas mauvaise, il y en a aussi, et elle ne se vend pas plus mal que celle écrite avec les pieds 🙂
              C’est connu que même si des histoires se ressemblent, ce qui fait la différence c’est le traitement…
              Mais bon, comme toi, j’ai beau me dire ça, ce n’est pas pour autant que ça parvient à me faire asseoir devant l’ordi pour écrire ça. Je préfère écrire mes articles de blog, au moins ça m’amuse 🙂

              • Non, faire « nul » exprès, ce n’est certainement pas une obligation. J’aime continuer à écrire mes histoires et je dois dire que j’ai laissé tomber l’idée de les faire éditer pour l’instant. J’en ai en stock, pourtant – de la YA, aussi. Mais bon….prendre du plaisir à ce que je fais me paraît le + important aussi

                • J’aimerais bien être éditée, mais mon premier essai en ce sens n’a pas été concluant (en même temps ce n’était pas de la fiction, le créneau était donc encore plus limité). Comme mon temps libre est limité, et que je ne suis pas sûre du potentiel « grand public » de mes histoires (et que je suis sûre à l’inverse que les gros éditeurs en ce moment vont à la facilité…), j’assouvis mon envie d’écriture sur le blog. D’où les tartines 😉
                  L’avantage aussi, c’est que ça permet d’engager des échanges avec des gens 🙂

                  • Mon 1er essai n’a pas été concluant non plus (en même temps, il remonte à pas mal d’années et …je dois dire que le texte était bancal). Ensuite, il y a de + en + de possibilités pour se faire éditer mais si c’est pour faire son truc sur amazon et devoir le promouvoir toute seule….je ne suis pas certaine de mon envie

                    • Idem! On peut très bien effectivement s’auto-éditer sur Amazon ou ebook sans problème, maintenant, mais comme pour l’édition ça implique un réseau pour se faire connaître. Déjà que les gros éditeurs ne le font plus guère, c’est décourageant.

                    • Disons qu’on a parfois des retours immédiats sur ce qu’on écrit. Alors que quand on se lance dans l’écriture d’un roman… C’est long avant de pouvoir avoir un retour! Faut vraiment avoir la foi! ^^

                    • C’est vrai. Je sais que lorsque je mets en ligne la suite d’un texte (sur mon vieux blog qui sert toujours) , j’ai des gens qui me disent ce qui va bien ou ce qui cloche (quand je n’ai pas oublié un mot à la relecture, une spécialité…). Donc, bonus!

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