Lecture : Charlie et la chocolaterie, par Roald Dahl  (Challenge des 100 livres)

3e livre du challenge des 100 livres.

Je me suis rendu compte en cherchant quel livre lire pour continuer ce challenge qu’en ce moment, je suis à la fois déprimée et hypocondriaque. Aussi, je n’ai aucune envie de lire des trucs tristes (même si ce sont des chefs d’oeuvres) à base de drames et de morts. Ça va singulièrement raccourcir la liste des livres de ce challenge que je compte lire, et au diable ma culture littéraire et les best-sellers « qu’il faut avoir lus ».

Donc, j’ai opté pour un classique jeunesse, d’autant que je n’avais jamais lu de Roald Dahl. Je sais, ça peut paraître surprenant, vu qu’il est un classique dans les pays anglophones depuis des lustres (je n’ai pas réussi à caser nonobstant, je compense).

Mais à l’époque de mon enfance, il me semble qu’il était encore confidentiel dans notre contrée (non, je ne suis pas contemporaine de la Comtesse de Ségur, bande de chenapans!). Depuis, entre la mondialisation de la culture et l’adaptation en film de plusieurs de ses films, comme Mathilda ou Charlie et la Chocolaterie, il est devenu une valeur sûre de la littérature jeunesse ici aussi.

challenge_charlie chocolaterie

Charlie Bucket est un jeune garçon qui vit avec ses parents et ses quatre grands-parents dans une petite maison. Ils sont pauvres, au point que Charlie ne peut manger de chocolat qu’une fois par an, une petite barre qui est son unique cadeau d’anniversaire. Ils deviennent encore plus pauvres quand Mrs perd son travail de visseur de tubes de dentifrice. Un jour, le mystérieux Willy Wonka, patron de la chocolaterie devant laquelle Charlie passe tous les jours, lance un concours: les 5 enfants qui trouveront les 5 tickets d’or dans ses barres de chocolat auront droit à une visite guidée de l’usine. Avec sa pauvre barre par an, Charlie a peu de chance de gagner, et pourtant…

Mon avis

Disons le clairement: j’aurais sans doute plus apprécié ce livre si je l’avais lu à 10 ans. Et encore. La morale assénée à coup de gourdin, j’ai toujours trouvé ça lourd. Là, les quatre premiers enfants à gagner ont chacun un gros défaut: l’une est gâtée pourrie par ses riches parents, l’autre mange trop et est aussi pourri par sa mère qui lui passe tout, la troisième mâche son chewing-gum à longueur de journée (le même depuis 3 mois, beurk), et le dernier regarde trop la télé et les histoires de gangster. Qu’on leur coupe la tête! (pardon, je me suis trompée de classique)

Évidemment, comme ce sont des têtes à claques, ils sont punis de leur désobéissance, alors que le pauvre et méritant Charlie est récompensé. Ok. Super. Non mais c’est bien comme message pour les enfants, ça leur donne de l’espoir.

Pour être honnête, je n’ai pas l’impression que beaucoup aient lu ou cru Roald Dahl, parce que je croise plus de Veruca Salt ou de goinfres figuratifs qui veulent tout, tout de suite, pour rien, dans la génération qui a grandi avec lui. Mais il faut dire que le monde réel a tendance à récompenser les escrocs et les égocentriques sans scrupules plus que les gens vertueux qui respectent les règles. C’est dur de garder un sens moral dans ces conditions.

Certes, il y a de la fantaisie et de l’inventivité dans le récit, on sent que c’est la même culture qui a donné naissance à J.K. Rowling et sa bièraubeurre (il y a d’ailleurs une friandise à la bière parmi les inventions que concocte Willy Wonka. Comme quoi, les Anglais et la bière, ce n’est pas qu’un cliché).

Les dessins (dont celle de la couverture) sont celles de Quentin Blake, qui accompagnaient les éditions originales, apparemment. C’est étonnant, parce que… ce n’est pas non plus ma tasse de thé. On dirait du Sempé en moins expressif.

Etat du challenge : 22/100

(pour l’instant j’en suis à un par mois… sans compter les autres lectures. Je serais ma foi déjà satisfaite si je garde ce rythme sur le reste de l’année).

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16 réflexions au sujet de « Lecture : Charlie et la chocolaterie, par Roald Dahl  (Challenge des 100 livres) »

  1. ahah mon article sur charlie et la chocolaterie arrive bientôt hehe, je n’ai pas ressenti la même chose que toi, j’ai trouvé l’histoire plutôt mignonne 🙂 Malgré l’esprit enfantin et la morale « assénée à coup de gourdin » 😉

  2. Je l’ai lu quand j’avais à peu près 10 ans (bah, non, c’était pas confidentiel et pourtant, je frôle mon demi-siècle^^) et oui, j’avais vraiment kiffé. J’ai même enchaîné les Roal Dahl à l’époque (James et la Grosse Pêche, etc…).Les bibliothécaires me voyaient venir …..

    • Ah. Ben je crois que je n’ai jamais été très intéressée par les classiques jeunesse. Surtout anglais (à par le Club des Cinq, si on peut appeler ça des classiques). Alors je n’ai sans doute pas beaucoup cherché.
      En fait, je crois que j’ai directement sauté de la Bibliothèque Rose et Verte à la science fiction pour ado/adulte.

  3. Haha que tu m’as fait rire ! Je crois qu’on a tous retenu ici « la morale assénée à coup de gourdin ». Perfect !
    L’ayant lu vers 10-11 ans, j’avais bien aimé, quoique je trouvais Willy Wonka pas très sympa en fait. Il me reste quand même un sentiment de mal à l’aise quand j’y repense : je n’aurais jamais pu finir le « jeu », étant très gourmande, j’aurais fini comme Bouboule dans le tuyau de chocolat. Ça fait de moi quelqu’un de méchant ?

    • Willy Wonka n’est pas sympa, il est creepy. Et à l’exception de Veruca qui est vraiment destinée à devenir une psychopathe tellement elle est gâtée pourrie, les défauts des autres seraient assez bénins s’ils n’étaient pas en plus mal élevés et désobéissants.
      Je crois que j’ai du mal avec le mélange particulier de réalisme (la pauvreté des Bucket) et de portnawak de ce genre de livres. Ou des mioches sont envoyés dans des tuyaux où ils sont triturés comme du chocolat fondu ou étirés, mais c’est pas grave. J’imagine qu’il faut le lire comme si c’était un Tex Avery, mais j’ai du mal. Et puis je n’aime aucun des personnages.

  4. Charlie et la Chocolaterie est un de mes livres de chevets depuis mes 8 ans. J’ai du le lire 4/5 fois déjà. Et oui je crois que la morale n’est pas à prendre trop au sérieux. C’est un livre qui m’a totalement absorbée la première fois que je l’ai lu, comme si finalement tout était possible du moment qu’on pouvait l’imaginer. Je le vois comme un grand message d’espoir pour les enfants 🙂 Les histoires de Roald Dahl partent souvent d’un héros très malheureux qui a pourtant d’énormes qualités (que les autres ne voient pas) et qui finit par triompher malgré tout.

    • C’est un livre pour enfants, je ne peux pas lui en vouloir de ne pas me plaire, je ne suis pas le public. 🙂 C’est sûr que pour un enfant, ça doit être un message d’espoir, mais moi je ne peux plus y croire.

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