Un long week-end à Düsseldorf (4) : art moderne au K20 et croisière sur le Rhin

O joie, il y a navette gratuite qui conduit du K21 au K20 : une grosse berline Mercedes, car c’est la firme automobile qui sponsorise ce service. C’est ma foi bien confortable…

Au musée K20 (un des deux bâtiments du Kunstsammlung Nordrhein-Westfalen, musée d’art moderne consacré au 20e siècle), même motif, même déception pour le restaurant Lieshout, fermé pour travaux ou je ne sais quoi. Au moins l’autre café, le Klee’s, y était ouvert, mais j’y avais « dunché » (déjeuné si tard que c’était presque un dîner) la veille à 17h donc bof.

Dusseldorf_K20_3

Sauf qu’en plus, à part quelques salles des « highlights of the 20th Century », l’essentiel de la surface était phagocytée par les derniers jours d’une énorme exposition sur Joan Miró. On y voyait notamment moult de ses livres d’art en collaboration avec l’intelligentsia parisienne de l’époque (Prévert etc). Par exemple, ce « cadavre exquis » de René Char et Miró :

Extrême braise du ciel et première ardeur du jour, elle reste sertie dans l’aurore et chante la terre agitée, Carillon maître de son haleine et libre de sa route. 

Ou celui-ci, de Miro et Shuzo Takiguchi :

Les couilles d’un bossu tirées par les moustaches d’une fourmi chinoise qui attendait que le facteur lui apporte un plumeau pour le planter sur sa tête le jour du mariage de la soeur jumelle avec le dieu de la tempête.

Quand j’étais au lycée, le 1% culturel se composait d’une reproduction d’une frise de Miro sur un mur. J’ai ri pendant deux ans (j’ai déménagé ensuite), à chaque fois que je passais devant, que le peintre méritait bien son nom (je crois qu’en face il y avait Guernica. J’aurais dû comprendre dès cette époque que les Espagnols et moi, ça ne serait jamais le grand amour). Depuis, j’ai pris goût à l’art, j’ai appris, affiné mes goûts… Mais je reste sur ma première opinion de cuistre le concernant : les peintures de Miro me font penser aux Shadoks.

miro_shadok

Avec une nette préférence pour les Shadoks à cause de leurs textes, qui pour être légèrement loufoques, ont un sens sous-jacent. Alors que les textes surréalistes, euh… En fait ce qu’on produit sous l’effet de la drogue, c’est un peu comme les pets : on devrait le garder pour soi. Ca ressemble un peu à mes récits de rêves, c’est décousu et ce n’est drôle que pour moi. Je ne peux pas m’empêcher de penser que la seule chose qui donne sa valeur à ces textes, c’est le nom en bas de page. De ce fait, ce que j’ai trouvé de plus intéressant dans l’expo, c’était la reconstitution de sa bibliothèque avec les objets d’art qui la décoraient.

De la collection permanente, il n’y avait que deux grandes salles ouvertes, avec quelques chefs d’oeuvres certes, mais ça faisait un peu léger pour un billet combiné à 14 eur (avec réduction!). Parmi les « temps forts du 20e siècle », j’ai noté ces trois tranches de Bacon :

Dusseldorf_K20_2
(c’est un triple autoportrait de Francis Bacon – le jeune. Non parce qu’il y aussi eu un philosophe du même nom au XVIe siècle. Là on parle du peintre du XXe, donc).

J’ai bien aimé le bâtiment de l’extérieur, ceci dit, et notamment l’éclairage de ce bassin (photo non retouchée) :

Dusseldorf_K20_1

Quand je sors, c’est encore une fois la fermeture des musées. Pour occuper ma soirée, je me dirige à nouveau vers le Rhin : je ne me lasse pas de voir le soleil s’y coucher. J’ai mangé tard, je n’ai pas assez faim pour retourner dans un restaurant, et je vois que le bateau de la KD est à quai. La KD Rhine Cruise est une des compagnies qui opèrent des croisières le long du Rhin. J’avais déjà utilisé leurs services lors de ma première expédition au bord du Rhin, et j’avais repéré le kiosque vendant les billets à Düsseldorf. Coup de chance : la dernière croisière est sur le point de partir. J’ai juste le temps d’y acheter mon billet (9,80 Eur) avant de courir embarquer. Je m’attable et me fais servir un très dispensable et pas terrible chocolat chaud, qui ne le reste pas longtemps dans l’air frisquet du crépuscule. Mais au moins, la lumière rasante rend bien sur les bâtiments qui bordent Grand-père le Rhin! En une heure, le bateau commence par descendre le cours d’eau vers le port de plaisance, et le quartier moderne avec ses Danseuses (3 bâtiments penchés de couleurs et matières différentes) de Frank Gehry (architecte également de la fondation Vuitton et de la Cinémathèque de Paris). Puis il fait demi-tour et remonte vers l’amont, presque jusqu’à l’aéroport de Düsseldorf. Pas la peine d’aller sur des îles lointaines pour avoir un joli coucher de soleil sur palmier!

(je mets plus de photos sur Facebook, comme d’habitude)

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