La Méthode à Gilles (le hamster) : faites du ménage dans votre vie (2) : les gens

Même au niveau social, j’ai fait du tri. Mon dieu quelle horreur, quel monstre je suis!

Mais c’est un truc dont on se rend compte avec le temps… quand on est jeune, on veut souvent s’entendre avec tout le monde ou en tout cas ne se fâcher avec personne. Ou quand on est un peu isolé, on n’ose pas couper les quelques liens qu’on a. Et puis au bout d’un moment, on réalise que certains liens sont en fait des entraves de toute façon.

En arrivant à Paris, par exemple, où je ne connaissais pas grand-monde, j’ai fait des efforts pour « socialiser » avec les collègues, lier connaissance via des activités (sportive, artistique…), garder le contact avec des gens qui eux ne faisaient pas l’effort inverse… Sans grand succès. C’est quand j’en ai eu marre et que j’ai tranché dans le lard de ce genre d’efforts que je me suis fait, par hasard ou par le biais de centres d’intérêt communs et non forcés, de nouveaux amis avec qui j’ai plus envie de passer du temps qu’avec les anciennes connaissances. Ne serait-ce que parce qu’on a plus de goûts en commun et que donc la conversation coule de source. Priorisation.

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Vous savez le plus drôle? Depuis que j’ai arrêté de me forcer à sociabiliser au bureau quand je n’avais pas envie, faute d’atomes crochus avec les collègues du moment, je suis beaucoup mieux perçue au niveau relationnel. Evidemment, je ne les snobbe pas carrément. Je suis toujours cordiale (et comme j’ai toujours le syndrôme de Bacri, je force un peu pour que ça se voit). Je vais à l’occasion déjeuner ou prendre le café avec eux. Mais pas tout le temps. Ca me laisse plus de temps au bureau pour travailler (ce qui me permet surtout de ne pas rester trop tard le soir), et à la pause déjeuner pour lire, ou pour faire des courses que je n’ai donc pas à faire le soir ou le week-end. Et du coup, le reste du temps, je suis plus disponible, physiquement et mentalement, que ce soit pour eux ou pour les gens dont je recherche la compagnie.

Comme le dit un panneau trouvé sur le web : « Je ne suis pas asociale, je suis sélectivement sociable ». Etat d’esprit qui n’est pas rare chez les gens qui dépassent la trentaine ou un peu plus, je cite ce passage souvent attribué à tort à Meryl Streep :

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Ce n’est pas qu’on en veuille aux gens qui n’ont pas les mêmes valeurs ou centres d’intérêt, ni qu’on s’estime supérieur. C’est juste qu’on n’a pas envie de perdre du temps à se les colleter si on peut faire autrement. Avant de crier au scandale, dites-vous bien que selon toute probabilité, si je m’ennuie avec des gens et qu’on a du mal à alimenter la conversation, il est fort probable qu’eux aussi s’ennuient en ma compagnie, et que donc je leur rends service en la leur épargnant (c’est sans doute d’ailleurs pour ça que je suis mieux perçue quand je garde mes distances). Je n’ai certes pas la prétention de penser que je les prive de quelque chose en les évitant…

Dans les fandoms, c’est pareil. Fut un temps, je me lançais joyeusement dans les meetings et autres rencontres de fans, pour échanger « en vrai » avec des gens qui partageaient ma passion. Je ne le regrette pas, j’ai rencontré des tas de gens très sympas, dont certains sont devenus des amis. Mais j’en ai aussi rencontré beaucoup avec qui je n’ai aucun atome crochu, voire des dont je préfère éviter autant que possible la compagnie. Du coup maintenant, je ne cours pas les événements sans savoir un minimum qui il y aura dedans. En partant du principe que s’il y en a au moins quelques uns que j’aime bien, même si les autres ne tapent sur le système, je ferai avec.

Et ce d’autant plus que mes fandoms actuels ne m’inspirent pas énormément d’enthousiasme de toute façon donc je n’ai pas super envie d’en parler plus qu’en râlant ici ou ailleurs… Et je n’ai pas forcément envie d’infliger ça aux fans. (oui non mais râler sur le blog, ça ne compte pas : je ne force personne à le lire! 😛 )

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De toute façon, il y a aussi un critère qui compte pour ce genre de rencontres : est-ce que le programme a l’air de pouvoir me plaire indépendamment de l’assistance? (cad lieu, activités, où on dort et comment, etc?).

D’une part, parce que comme ça, même s’il y a des gens que j’évite, au moins je n’aurais pas complètement perdu mon temps. J’ai passé quelques journées de meeting à côtoyer des fans dont un(e) que je ne pouvais pas pifrer, mais en m’amusant et en n’en gardant que de bons souvenirs. Déjà parce qu’il y en avait suffisamment d’autres avec qui je pouvais discuter, et ensuite parce qu’on n’a pas fait que parler de notre groupe fétiche assis le cul sur une chaise. (tip : je ne me force pas à dire plus que « bonjour au revoir » à quelqu’un que je ne peux pas pifrer. Mais si on est en groupe et qu’on ne me cherche pas de noise, je ne cherche pas la bagarre non plus. On n’est pas des sauvages).

D’autre part, parce que par définition, il y a plus de chances qu’on ait des goûts en commun (outre le fandom qu’on a en commun) si on est intéressés par le même « programme » de meeting.

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17 réflexions au sujet de « La Méthode à Gilles (le hamster) : faites du ménage dans votre vie (2) : les gens »

  1. Même si mener les choses de cette façon n’est pas forcément facile à faire avec diplomatie, je suis globalement d’accord avec ton propos. L’honnêteté vaut toujours mieux que de finir par paraître snob, condescendant ou hypocrite. Et cela évite de criser en étant débordé par trop de gens en faisant passer à la trappe ceux qui sont importants mais trop gentils pour se plaindre ou s’en offusquer. Mais comme dans toute chose, tout est une question de mesure et de savoir-faire…

    • Ah évidemment, je ne dis pas qu’il faut envoyer paître les gens!
      Il n’y a pas de jugement de valeur, juste un constat qu’on ne peut pas s’entendre avec tout le monde, que le temps est limité, et que tant qu’à faire, autant consacrer ce temps aux gens qui nous sont les plus proches et avec qui on s’entend le mieux… Vu qu’en général c’est réciproque! Et l’inverse aussi, cad que si on doit se forcer voire mentir pour discuter avec certains, il y a des chances qu’eux-mêmes ne trouvent pas grand intérêt à notre compagnie.

  2. Pour ma part au boulot je lit, mais se sont les autres qui veulent sociabiliser en me sortant de ma lecture … On fait comment dans ces cas là ? xd

    • Ca fait partie des cas dont je parle. Il faut juste trouver une façon polie de laisser entendre que tu as besoin de calme à ta pause pour en profiter pleinement, ou autre excuse de ce genre… qui ne sous-entende pas que les autres sont un problème 🙂

      • J’ai trouvé la parade je me met au fond incruster dans les poufs dont personne ne sait se relever du coup je suis toute seule ahah

  3. J’adhère…pour la simple raison que j’ai le syndrôme inverse (si tu as un nom pour ça, je suis preneuse): je suis souriante et incapable de masquer mon apparence sociable (je suis relativement sociable) donc les gens ont tendance à penser que je la « gentille  » de service (et par le passé, à sérieusement me casser….oups…à envahir min espace vital). Je n’ai jamais travaillé dans un environnement de type « bureau » mais le milieu professionnel reste le même partot.(et les collègues peuvent être de sérieux emmerdeurs, pour certains).
    Donc ,avec l’âge, j’ai appris à mettre de la distance (et ne pas perdre mon temps/mon énergie avec des personnes qui n’ont rien en commun avec moi – ce qui doit, comme tu l’as dit, les ennuyer certainement aussi)

    • Ah oui, il y a ça aussi: quand on est trop accueillant, on attire d’autant plus les boulets et les parasites (cf mon article sur les Parisiens qui font la gueuele dans Paris parce que sinon on est d’autant plus harcelé par les démarcheurs en tout genre). Mais heureusement, avec le temps on arrive à moins se faire phagocyter…

      • Oui, j’ai fait la gueule dans Paris – sauf aux gens qui me demandaient des infos (les touristes perdus, par ex.)
        Je dois ajouter qu’en plus, j’ai toujours eu des jobs en contact avec le public (et ça continue), donc, oui, je dois être sociale. Mais il y a des limites

  4. Que ça fait du bien de lire des choses comme ça !
    Faire le ménage dans ses relations, je trouve que c’est une nécessité pour sa propre survie.
    Merci pour cette communion d’avis qui me rassure.

      • lorsque je parle de « nos amours » j’emploie un mot générique désignant toutes les personnes que j’ai croisé me semblant dignes d’assez d’intérêts pour que je les inscrivent dans mes agendas … et qui quelques jours, semaines, mois, année … se sont révélées indignent -au moins a mes yeux- de la confiance que je leurs avaient accordé.
        En resumé : nombre de personnes soutiennent qu’il n’y a que quelques ami-e-s vrai-e-s se comptant sur les doigts d’une main durant une vie et que les autres son des connaissances plus ou moins proches un moment de notre vie.

  5. Je partage en grande partie ta vision des choses. J’ai horreur de me forcer et en plus ça se voit quand je le fais. Et donc c’est pire. J’ai souvent entendu dire que j’étais quelqu’un qu’on devait apprivoiser, dans le sens qu’au premier abord, je n’étais pas forcément facile d’accès (je dois cultiver un air mystérieux sans m’en rendre compte). Ça permet en tout cas de faire un tri involontaire mais utile quand les gens qui veulent vraiment te connaître ne se laissent pas décourager la première fois. Et souvent ce sont des gens qui deviennent après des amis.

    • Oh, je me reconnais bien dans ce que tu décris! Ce n’est pas se donner un air mystérieux que de ne pas avoir envie de raconter toute sa vie à la première personne venue. Surtout que des fois ça joue des tours. Et puis zut, on n’est pas meilleurs amis à la première rencontre… 😉 Donc oui, il faut du temps pour nous apprivoiser. Comme dit le Renard au Petit Prince à ce sujet « c’est le temps que tu donnes à ta rose qui la rend unique au monde ».

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