Nostalgeek : une nouvelle de science-fiction perdue…

Dans ma jeunesse, j’ai lu énormément de science-fiction. Une courte nouvelle en particulier me revient en mémoire. Pas de la science-fiction à gros budget à coups de vaisseaux spatiaux et d’aliens gluants, c’était une histoire purement humaine, mais qui nécessitait un cadre SF pour fonctionner.

Une petite colonie humaine s’est installée sur une planète lointaine au climat particulier : une épaisse couverture nuageuse et pluvieuse dissimule en permanence le ciel aux colons. Un phénomène météorologique fait que celle-ci se dissipe en moyenne une fois tous les 7-8 ans. Ce sera cet après-midi. A l’école, la plupart des bambins étaient trop petits pour s’en souvenir. Comme souvent à cet âge, ils rivalisent d’inventions et de « Mon père, il dit que… » pour expliquer à quoi ça ressemble, le soleil. L’une d’entre eux est arrivée avec ses parents il y a seulement deux ou trois ans, et se souvient donc très bien, avec regret, de la sensation du soleil sur sa peau. Comme c’est l’âge bête, ses camarades s’offusquent de ce qu’elle en sait plus qu’eux, l’interprètent comme de la vantardise (excuse bien pratique pour justifier leur cruauté dûe à leur orgueil mal placé), et la querelle de cour d’école dégénère, ils l’enferment dans un placard.
La maîtresse n’a rien vu, elle rassemble les élèves dans la cour pour le grand événement : la pluie s’arrête, les nuages s’écartent… le ciel apparaît et au milieu le soleil, qui est bien comme l’a dit le nouveau, jaune, chaud et tellement agréable.
Ca dure le temps d’une éclipse, et puis les nuages reconquièrent les cieux. C’est reparti pour sept ans de pluie et de grisaille.

Et c’est seulement à ce moment que les gamins, coupables, se souviennent de leur camarade, qu’ils retrouvent en larmes au fond du placard sombre, privée de soleil.

Je me demande bien pourquoi je repense à cette histoire dont j’ai oublié l’auteur.

*regarde par la fenêtre*

Ah si, ça me revient.

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(une recherche dans Google m’apprend qu’il s’agit d’une nouvelle de Ray Bradbury, « Et l’été ne dura qu’un jour », disponible dans « L’heure H et autres nouvelles »

8 réflexions au sujet de « Nostalgeek : une nouvelle de science-fiction perdue… »

    • Oui, je pense qu’hélas elle m’avait marqué entre autres parce que j’imaginais très bien des enfants se comporter ainsi… et « punir » pour rien une camarade.

      • Les nouvelles de Bradbury m’ont souvent fait cet effet. Je ne sais pas si c’est parce que je les ai lues assez jeune (comme toi, apparemment), ou parce qu’elles sont vraiment percutantes, ou pour les 2 raisons mêlées….

        • Les deux je pense. Le thème de celle-ci est tout simple, mais je ne me souviens d’aucun autre qui traite de la même chose… et humainement, ça parle à tout le monde! On a tous vu ou subi la cruauté des enfants.

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