Reportage: mon premier Download Festival

Je l’ai toujours dit (enfin, depuis que je l’ai compris) : les fandoms, c’est entre autres une manière de s’ouvrir à des choses qu’on n’a encore jamais fait, et qu’on ne ferait peut-être pas sans cette occasion. Voyager, rencontrer des gens d’autres milieux, d’autres pays…

Ainsi, je m’étais toujours dit que les festivals, ce n’était pas mon truc: déjà parce que j’aime très peu de groupes, j’ai tendance à m’ennuyer au bout de 2 chansons quand je ne connais pas (et quand ce n’est pas le cas, j’ajoute tout de suite le groupe à ma playlist pour creuser car justement c’est assez rare pour que je ne fasse pas la fine bouche pour de vulgaires question de snobisme. Ce fut le cas pour Babymetal).

Alors rester debout des heures à me tartiner des groupes que au mieux je supporte, pour ne pas être trop mal placé pour celui que je veux voir, bof… Et l’ambiance « camping, bière et sandwich », ce n’est pas trop mon truc non plus.

Mais vu que c’était la seule occasion de voir Babymetal en France cette année, me voilà partie pour assister au premier Download Festival français. Annoncé comme un festival « dédié à toutes les formes de rock », mais quand même sacrément orienté metal, quand on voit le line-up : Anthrax, Iron Maiden, Megadeth, Rammstein, pour ne parler que des plus connus. Autre raison pour moi d’y retourner à deux fois (ou trois) avant de prendre mon billet.

Non que je nourrisse une peur irraisonnée de la population. J’ai plutôt un bon a priori sur les métalleux, au contraire. Tous ceux que je connais sont sympas, civilisés, et de bonne compagnie. L’un des deux collègues que j’ai eus qui jouaient carrément dans des groupes est même dans le top 5 des personnes les plus gentilles que j’ai connues (au sens noble du terme. J’emploie rarement « gentil » dans le sens péjoratif, sauf à l’oral où on peut bien marquer la nuance. C’est une qualité que, étant très cynique, je respecte trop pour galvauder son nom). Alors qu’il jouait dans un groupe de Black Metal aux titres horrifiques comme « Orgasme putride » (je vous jure que je n’invente rien. S’il se reconnaît, total respect, mec!). Comme quoi.

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Mais déjà, mes oreilles sensibles souffrent avec le volume sonore de certains concerts pop-rock. Alors du heavy metal, sonorisé pour du plein air…

Et puis, les métalleux sont majoritairement des hommes, même s’il y a aussi à la louche 20-30% de femmes dans le public que j’ai vu au festival. Ce genre attire notablement les Européens du Nord, en prime. Ce qui, combiné, signifie une taille moyenne supérieure à celle du public, mettons, de Tokio Hotel… Autant dire que mes chances d’y voir quelque chose en fosse-pelouse diminuent d’autant. Et pour rester debout dans la gadoue à Longchamp tout un après-midi, hors de question de mettre les bottes à talons compensées.

Enfin, dans les concerts de A-ha ou de James Marsters, on ne peut pas dire que j’ai subi beaucoup de pogo ou de wall of death… C’est pas compliqué, jusqu’à ce week-end, le seul pogoteur que j’avais vu, c’était à un concert de Placebo, et Brian Molko l’a fait sortir par la sécurité au bout de 5mn. A mon grand soulagement.

Mais bon, dans l’idée d’y assister depuis la terrasse VIP promise, j’y suis allée.

Je monte dans la ligne 1 du métro, direction Porte Maillot. Il y a plein de gars (et une nana) avec des tshirts metal autour de moi. Je pense qu’on va au même endroit. Ça me fait plutôt sourire vu que je n’ai pas l’habitude. Ah. Ça cause sur Babymetal. D’un ton dubitatif. « Ça me fait marrer sur 2-3 chansons mais bon… »

J’en connais qui seront vite convertis par le Dieu Renard. Je referme mon imper sur mon T-shirt Babymetal. Je préfère écouter ce qu’ils racontent sans me trahir, ça m’amuse de savoir ce qui se dit sur mes choupettes. Plus tard, j’entends d’autres festivaliers qualifier l’autre groupe nippon, One OK Rock, de « groupe à bière. Y a les groupes à pogo, les groupes à slam, et puis y a les groupes durant lesquels tu vas chercher les bières. »

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Shinedown

La navette est juste à la sortie du métro. Avec mon ticket, je rentre par derrière la scène 3 juste au moment où des trombes d’eau s’abattent sur l’hippodrome. Ça me permet de voir les 10 dernières minutes du premier groupe, Shinedown, des américains sympathiques. Ils ont leurs fans, car ça chante un peu en fosse. Je ne suis pas là pour bouder, alors même si je ne connais pas, je suis le mouvement quand le chanteur tatoué ordonne « Raise your hand! Make a fist… Punch! ». Bon, vu que je ne connais pas les paroles, je ne sais pas trop à quoi j’ai levé mon poing, mais c’était pour participer…

La pluie cesse, leur set aussi. Je traverse le champ devant la scène principale pour reconnaître le terrain. La pauvre estrade qui fait office de terrasse VIP, à sa gauche, ne me fait pas grande impression. Je regarde le début d’Apocalyptica, des Finlandais chevelus à violoncelles, sur la scène principale. Curieux. Au bout de 2 chansons, comme ça manque de voix à mon goût, je pars continuer ma reconnaissance, histoire d’avoir tout repéré bien avant le set des filles (prévu pour 18h, j’ai le temps donc). J’ai parcouru la moitié du terrain quand j’entends qu’il y a un chanteur sur le 3e morceau. C’est malin! Je me rappelle à ce moment avoir lu un article sur eux expliquant qu’ils ont embauché un chanteur pour se renouveler.

Tant pis, je continue. Je passe 5 minutes à admirer les jolies guitares au stand Fender (je ne sais pas jouer, mais j’aime les beaux objets). Je repère le stand des objets trouvés (où je ramènerai plus tard des lunettes de soleil), de nourriture… Et de merchandising, mais de Babymetal, ils n’ont que deux T-shirts , dont le modèle que j’ai sur le dos. J’arrive à la scène 2, où se prépare déjà le groupe qui l’inaugure ce jour-là.

Je me demandais comment ça allait se passer quand un groupe commence à jouer sur la Stage 2 quand le précédent n’a pas encore fini sur la Main Stage. Ben quand Mass Hysteria commence à jouer, aucun souci, on n’entend plus rien d’Apocalyptica… C’est un groupe français engagé, à tous les sens du terme, dont le chanteur remercie plusieurs fois le public d’être venu nombreux alors qu’il n’est que 15h et que la plupart viennent sans doute seulement de se lever. Le fait est qu’il y a du peuple pour les voir, et qu’ils ne sont pas venus en touristes pour la plupart. Ca bouge, ça scande, ça profite. Ils seront au Hellfest la semaine prochaine, au passage.

Comme prévu, même si la musique en elle-même est bien, c’est quand même un peu sonore pour mes oreilles, alors après quelques morceaux, je m’éloigne derechef, direction la scène 3. Tant qu’à être là, j’ai décidé de jeter un oeil (et une oreille) à chaque groupe. Ne voyez dans le nombre de photos pour chaque groupe aucun favoritisme : j’ai essayé de prendre des photos de tout le monde, mais pour certains le résultat était meilleur que d’autre.

Je jette donc un oeil à Arcane Roots, des Britanniques ma foi plus rock que métal. C’est pas mal, je reste un peu dans le coin. Puis en relisant le descriptif de mon pass VIP de la mort qui tue, il est question de bar réservé, d’animations et autres joyeusetés. Hm, pas vu. Ah, et j’ai ma conso gratuite, aussi, et il se fait soif. Donc je pars à la recherche de l’espace VIP, que j’avais raté, l’entrée étant coincée entre l’estrade et la buvette tout public. Derrière, après avoir montré patte blanche et bracelet jaune, il y a un genre de village de vacances avec des tentes (en cas de pluie sans doute, pas du luxe vue la météo), des fauteuils-palettes et des chaises longues. Quand on parle carré VIP et consos gratuites, on s’imagine tout de suite les robes en lamé, la coke et la débauche. Je confirme, c’était FUCKING METAL :

Ouais, en VIP, on avait carrément droit à des paquets de Monster Munch gratis! (le Nestea, c’était ma conso gratuite. Je leur ai pas coûté cher. Rappelez-vous, je n’aime pas l’alcool. Raison de plus de se sentir un peu décalé dans un festival, d’ailleurs). Alors pour info, à part moi et quelques personnes désoeuvrées, j’ai surtout vu quelques familles avec enfants, dans le secteur. Sans doute avaient-ils pris des packs VIP pour les protéger et pouvoir les reposer.

J’essaie de sommeiller dans une chaise longue pendant le set de Saxon, en me disant que c’est un peu la honte (et difficile : ils jouent sur la scène principale, juste à côté, et ils jouent FORT). Ah non mais en fait, la moitié des festivaliers font une sieste au soleil qui finit par pointer… Non mais c’était bien, en plus. Bonne ambiance, chanteur bien présent avec un look de Lucius Malfoy 30 ans après, ça gère la fougère. Mais je m’économisais afin d’être en forme pour supporter la fosse après eux. J’achète quelques vivres à la maison Poulé et je pars profiter des dernières minutes de Saxon, histoire surtout de me placer devant la scène à la fin de leur set, pour y attendre mes pupuces. Cf récit précédent.

Le set écourté de Babymetal étant passé, me voilà un peu désoeuvrée et essorée par les efforts faits pour ne pas être écrabouillée par la foule d’adorateurs. J’avais prévu d’aller voir Twin Atlantic, qui sur le papier étaient censés faire du rock donc censément plus accessible à mes oreilles peu habituées. Mais j’ai grave la flemme. Je erre sur la pelouse, je retourne chercher une boisson, et à mi-chemin j’entends le gros son d’Amon Amarth, qui joue en même temps que les Twin Atlantic mais sur la scène 2. D’ici, on n’entend qu’eux. Ils projettent un viking barbare sur le fond de la scène. Je me sens un peu obligée d’aller voir de plus près, ce sont des Suédois et j’ai généralement une affinité avec les peuples du Nord et leur musique. Alors peut-être, mais faudra que je teste sur CD avec un niveau sonore moins élevé, parce que là, même avec les Acoufun que j’ai dû racheter parce que j’ai paumé les miens sur la pelouse, ça me décolle les tympans à 100 m. Donc je ne m’approche pas trop pour les photos. Mais je souris à la corne dans laquelle boit le chanteur chevelu.

Au bout de quelques minutes, mes oreilles crient pitié, et sentant revenir mes acouphènes, je m’éloigne prudemment. J’arrive trop tard pour voir les Twin Atlantic, mais je tombe sur un groupe de Japonais qui debriefent, me semble-t-il, le set des Babymetal. L’un d’eux voit mon T-shirt Babymetal, ainsi que mon éventail nippon sur lequel est marqué en japonais Ai Shiteru, souvenir de Japan Expo distribué par les Dempagumi Inc. Il me salue en anglais et signale à ses camarades en japonais que eh, y’a une fan française avec un éventail rigolo. Je lui explique d’où vient l’éventail, il me dit ce que veut dire le signe (mais je le savais : « je t’aime ». J’avais même échangé contre un autre pour en avoir un qui serait plus neutre qu’un aux couleurs des Dempagumi). Je reconnais les deux gars qui étaient devant moi, qui me saluent aussi, et l’un des deux me file des autocollants faits maison du groupe. Cool! Je discute 10 mn avec l’anglophone, lui demandant si les concerts sont aussi agités au Japon, car j’avais un peu peur qu’ils nous aient trouvés pas très civilisés… Il me répond que c’est pire, et qu’il y reste toujours au fond de la salle. Il m’incite à aller voir les filles au Tokyo Dome, où ce sera des places assises. On échange nos impressions du concert, nos souvenirs du précédent, et puis je prends congé, bien contente de pouvoir creuser dans mes souvenirs de japanim pour les saluer d’un Arigatou pour les remercier d’avoir tous été si sympas.

La navette RATP est tout aussi rapide et efficace qu’à l’aller, ça mérite d’être signalé. Et je n’ai rencontré aucun des problèmes de Cashless etc que j’avais suivi via réseaux sociaux la veille. Bons souvenirs, donc, de ce festival. Des festivaliers… festifs, détendus, une ambiance cool, des gens variés, et même quelques minutes de soleil… Si Babymetal avait joué l’heure prévue, ça aurait été parfait.

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16 réflexions au sujet de « Reportage: mon premier Download Festival »

  1. Super compte-rendu. Merci beaucoup !

    Et pour parler un peu d’Amon Amarth, ils sont vraiment dans l’ambiance vikings mais pas que. D’ailleurs le nom de leur groupe c’est la traduction en Sindarin de Mount Doom (même si tu n’es pas la plus grande fan de Lord of the Rings, ça doit te parler quand même). La plupart de leurs albums ont surtout pour thème la mythologie nordique, le meilleur à mon sens étant Twilight of the Thunder God qui raconte principalement l’épopée de Thor. (L’album suivant c’est sur Surtur et ça continue donc l’histoire du Ragnarok telle que décrite dans la mythologie.)
    Cela dit, c’est du Death Metal donc pour le coup, les paroles sont franchement sanglantes (ils ont même une chanson s’intitulant Bloodshed sur l’album Versus the World). Et en début d’année ils sont sortis un nouvel album (dont tu as probablement entendu la version live sur ce festival quand tu les as vus) mais je ne l’ai pas encore écouté donc je ne sais pas ce qu’il vaut.
    Bref, Amon Amarth c’est génial et si tu veux des recommandations, n’hésite pas. 😀

    • Pour les paroles je me doute : à un moment le chanteur a annoncé la chanson « Destroyer of the Worlds ». C’était quand j’étais au milieu du champ, à mi-chemin de l’autre groupe, et je l’ai entendu directement… ^^
      Mais bon, pour le coup ils ne seront pas en tête de ma liste de groupes à creuser…

      • C’est « Destroyer of the Universe » et c’est justement rapport à Surtur (sur l’album Surtur Rising qui prend la suite de Twilight of the Thunder God). Enfin si ça ne t’intéresse pas plus que ça, je vais pas partir sur un gros pavé sur le sujet. 😉
        (J’avoue, j’ai tendance à partir très vite dans un discours passionné quand on me lance sur des groupes comme ça alors quand j’ai lu ton intention de tester le groupe de ton côté plutôt qu’en festival, j’ai eu un peu de mal à me retenir. ^^’ )

  2. J’aime ton compte-rendu à la fois complet et pragmatique. Et je loue tes efforts et ton ouverture d’esprit. Non que je n’aime pas le métal hein. Bien au contraire. Mais j’ai aussi une certaine sensibilité sonore qui me fait douter de ma capacité à supporter un concert… Alors que le Hellfest me fait rêver parfois… Bon après trooooop de gens, beaucoup trop pour moi !XD

    • Disons que même avec des bouchons d’oreille, je ne restais pas près de la scène pour les mastodontes genre Amon Amarth ou Saxon, qui je pense avaient leur propre sono en plus de celle prévue. Ca décollait la pulpe du fond même à distance… ^^
      Mais sinon, ma foi, ne connaissant pas les groupes et guère le courant musical, je ne peux pas entrer dans le détail des concerts. Alors je reste au ras des pâquerettes 😄 C’est l’art ou la cuistre version auditive 😉

  3. Sympa ce compte-rendu !
    Belle expérience, même si la pluie en festival c’est jamais top (m’enfin c’est soit pluie et gadoue, soit nuages de poussière et insolation).
    Je ne suis pas un expert pointilleux du métal, mais tu risques de te faire taper sur les doigts pour placer Iron-Maiden entre Anthrax et Rammstein ^^

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