Un (3e) grand week-end à Strasbourg : culture, thé et Pokémons

C’était mon 3e séjour dans la (deuxième) capitale européenne. Aussi j’avais déjà « fait » les classiques: vieille ville, Homme de Fer, parc zoologique, croisière sur les canaux, quartier impérial européen, et même escapade à Kehl. Et concert de Tokio Hotel au Zénith, mais ceci est une autre histoire. Ce préambule afin d’expliquer pourquoi je ne parlerai pas ici de ces classiques.

Où se cultiver en voyant de belles choses à Strasbourg?

Musée d’art Moderne et Contemporain de Strasbourg (MAMCS)

Près de la gare, en bordure de l’Ill, ce musée récent est déjà une belle oeuvre architecturale, colorée et aérée. Je l’avais en fait déjà visité il y a quelques années, mais j’en ai refait le tour avec plaisir quand je m’y suis repliée pour déjeuner un dimanche d’été. Ils ont notamment d’étranges mais belles statues de bois de Carabin, de superbes marqueteries de Spindler, des Impressionnistes même si je n’en raffole pas, et autres oeuvres de qualité. Et des choses plus modernes un peu ouate de phoque, mais il en faut pour tous les goûts… L’exposition temporaire « Le Cabinet des Merveilles » sur les 15 ans d’acquisition des musées de la ville, a quelques jolis pièces, dont un don d’une Mademoiselle installée aux USA qui légua à sa mort sa collection à la ville.

Palais Rohan

Il faisait un temps splendide pour visiter les trois musées qu’abrite le palais Rohan (il tombait des trombes d’eau et il régnait une température automnale). Je ne sais pas comment j’ai fait pour le rater à mes visites précédentes : il trône, énorme, sur le côté de la cathédrale, en plein centre ville historique.

Palais Rohan => Musée des Beaux Arts

Il compte essentiellement en ses murs des tableaux jusqu’au XIXe siècle, les plus modernes étant, eux, exposés au Musée d’art Moderne et Contemporain de Strasbourg (MAMCS). Je suis généralement moins sensible aux peintures qu’aux sculptures, mais ils ont de belles pièces. J’ai été étonnée de trouver un petit tableau de Dante Gabriel Rossetti, Jeanne d’arc embrassant l’épée – que Wikipédia pourtant localise au MAMCS. Il voisine Une Vierge Consolatrice de William Bouguereau. Une Vénus et l’Amour d’un peintre anonyme m’a aussi tapé dans l’oeil. De même qu’un Corrège : Judith, malgré son petit format et son manque de luminosité (besoin d’un peu d’allègement du vernis?). J’ai été épatée par leur jolie collection de bronzes de Barye (maître de la sculpture animalière. C’est pas compliqué, dans ce domaine il y a deux noms à connaître: si c’est réaliste avec du mouvement, de la tension et la plupart du temps un combat, c’est Barye. Si c’est plus stylisé, c’est Pompon – exemple: l’ours blanc devant le musée d’Orsay). Et un joli Carpeaux. Comme tous les Carpeaux, du reste.

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Une exposition temporaire, Ferveurs Baroques, rendait hommage à deux collectionneurs, Othon Kaufmann et François Schlageter, ayant légué une bonne partie de leur collection aux musées de Strasbourg et du Louvre. Ils avaient bon goût, et des moyens.

Palais Rohan => Musée des Arts Décoratifs

Ce musée commence par une suite de magnifiques pièces d’apparat, reconstituées dans la mesure du possible comme au temps où le palais Rohan était la demeure du prince-évêque de Strasbourg. La chambre dite « du roi » a même eu l’honneur d’accueillir Louis XV ainsi que Marie-Antoinette (pas en même temps, bien sûr).
Les autres salles présentent différents types d’objets où s’exerce le talent des artisans artistes. En particulier, un mécanisme d’horloge astronomique occupe la moitié d’une pièce remplie de beaux objets d’horlogerie. Je suis moins sensible aux céramiques anciennes, mais les salles sont belles.

Malheureusement, l’absence de panels descriptifs, un plan/guide pas à jour et confus perturbent le visiteur et l’empêchent de profiter pleinement de la beauté des lieux et des pièces exposées (notamment, les entresols avec les jouets de Tomi Ungerer sont fermés, mais ce n’est pas indiqué. On s’en rend compte quand on cherche le passage qui y mène, en vain, et qu’on demande aux gardiens où il est).
Ce serait pas mal que le conservateur se souvienne que le musée est fait entre autres pour que les visiteurs découvrent des choses, et qu’il ne s’agit pas de sa collection personnelle.

Palais Rohan => Musée Archéologique

Là je fatiguais un peu, et puis des musées archéologiques j’en ai vu plusieurs. Ce qui m’a marqué dans celui-ci, en sous-sol, c’est que pour illustrer de quels animaux venaient les os exposés, les conservateurs avaient mis des animaux en plastique. Des reconstitutions de logement romain, de légionnaire romain et de tombes amusent les enfants. L’exposition sur Brumath est en fait en grande partie répartie dans la permanente, à repérer par des affichettes de la statue de chien trouvée dans cette ville antique. Deux autres salles expliquent la découverte et les fouilles de la ville, et présentent d’autres pièces, dont le chien. Ce que j’ai préféré, c’est d’explorer de ce fait les sous-sols du palais.

Chaque musée peut prendre une heure à visiter, et le personnel est aimable dans l’ensemble.

Bonus : Eglise protestante Saint Pierre le Jeune de Strasbourg

Si vous allez au cat café Cat and Cake, dont j’ai chroniqué ma visite ici, profitez-en pour visiter, au bout de la rue Thomann, la très jolie et très originale église protestante Saint Pierre le Jeune. Outre ses peintures murales, qui nécessitent une restauration (cf appel à dons ici, pour compléter les financements de la région), un bel orgue et de curieux anges suspendus, elle a aussi un charmant petit cloître qui respire la sérénité.

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Où faire une pause gourmande à Strasbourg?

Il n’y a pas de café ni de restauration dans le musée, aussi je suis retournée rue de la Râpe où j’avais repéré quelques vitrines sympathiques. Malheureusement, Au Fond du Jardin, salon de thé jouant la carte du British (et kitschissime à souhait), nécessite de réserver une semaine à l’avance. Je me suis donc rabattue, sans déplaisir, sur le Café Suisse voisin, dans lequel on entre via l’Hôtel Suisse, auquel il appartient. C’est très cosy, en boiseries avec coussins et napperons.

Je vais arrêter de tester systématiquement les pâtisseries pour mes articles, ce n’est pas bon pour la ligne. En plus, il n’y avait que des tartes, ainsi que des gâteaux au chocolat de chez Christophe Felder et Camille Lesecq (pâtisserie Oppé, à Mutzig), qui semblaient assez caloriques. Évitant le brownie allongé, j’ai choisi ce gâteau de mousse chocolat au lait, praliné et noisettes, bon, mais pas très léger. Le thé vert, un Sencha de la maison Plaisir de Thé, était brûlant (pas la température adaptée pour ce genre de thé), mais bon. A noter que Christophe Felder donne parfois des cours de pâtisserie dans l’hôtel.

Prix : le thé : 3,70 Eur. La pâtisserie : 4,60 Eur.

Où chasser des Pokémon à Strasbourg?

Lisant les conseils des dresseurs sur le groupe Facebook, j’ai écumé le quartier de l’Université, en vain (enfin presque: j’ai conquis une arène où, vu l’éloignement du centre et la période de vacances scolaires, mon vaillant combattant a tenu le coup plusieurs heures). Point de Pikachu au parc de Contades (par contre, en chemin, petit nid de Minidraco en bord de l’Ill près de l’Église Réformée Saint Pierre / hôtel Régent.). Au final, LE spot de la ville semble être le Musée d’art Moderne et Contemporain de Strasbourg cité plus haut, près de la Petite France (et de la gare, et donc de mon hôtel). On y trouve essentiellement des Pokémon d’eau, qu’on pourrait pêcher à l’épuisette vues les quantités : Magicarpe, Poissirène, Ptitard, Stari, Psykokwak… Et comme il y a souvent beaucoup de joueurs, il y a aussi souvent beaucoup de leurres lancés qui attirent les bestioles. Par contre, de ce fait, inutile de compter conserver l’arène plus de 5 minutes…

La chasse est aussi fructueuse dans la Petite France elle-même, et en plus la balade est jolie. Je n’aurais pas vu qu’on pouvait visiter le barrage de Vauban sans ça.
Plus dans le centre historique, vers l’Homme de Fer, j’ai attrapé 2 Mimes et 2 Magnéti (les noms de Pokémon prennent-ils la marque du pluriel?), espèces que je n’avais pas vues jusque-là.

 

4 réflexions au sujet de « Un (3e) grand week-end à Strasbourg : culture, thé et Pokémons »

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