Exposition : l’Ecran Japonais à la Cinémathèque Française

Cette exposition se trouve dans la galerie des Donateurs, au dernier étage de la Cinémathèque. Elle tient donc dans l’unique salle de cette galerie, et ne prendra pas plus d’une heure à visiter. En contrepartie, elle est visible avec un billet standard pour le musée (5 euros) et les photos sont autorisées. Respectant l’objectif de la galerie des Donateurs, l’exposition est en partie un hommage à deux donatrices qui ont beaucoup contribué à faire connaître le cinéma japonais en France, et à enrichir le fonds documentaire de la Cinémathèque : madame Kawakita et Hiroko Govaers.

Cinémathèque : l'écran Japonais

Sont présentés photos de tournage, affiches, quelques costumes dont deux beaux kimonos, et des dessins préparatoires de décor. Je découvre que beaucoup de réalisateurs font des croquis de leurs personnages et des costumes souhaités. Quelques extraits de classiques de Yasujiro Ozu, Nagisa Oshima, Kenzo Mizoguchi (Contes des Chrysanthèmes tardifs) sont projetés sur un mur. Les plus inattendus sont des documents sur les échanges entre Henri Langlois et des réalisateurs japonais, qui mettent en lumière comment celui-ci a oeuvré afin de faire connaître leurs oeuvres. Autre preuve de cette confiance : les lettres des représentants légaux de ces réalisateurs réclamant la restitution des dépôts prêtés une fois qu’Henri Langlois n’était plus à la tête de la Cinémathèque.

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L’exposition fait la part belle aux classiques, mais n’oublie pas le cinéma de genre, avec des affiches de films de monstres, de longs métrages d’animation (des studios Ghibli ou l’étonnant Belladonna) et de films-ovnis comme l’empereur Tomato Ketchup. Malgré les bonnes intentions manifestes, le résultat est un peu brouillon et peu didactique. Il ressemble plus à un catalogue désordonné de ce que possède la Cinémathèque sur le sujet qu’à une présentation en règle du cinéma nippon. Un peu dommage, d’autant que d’après le livre d’Or, beaucoup de scolaires la visitent. Le bon point, c’est que l’absence d’informations sur les films m’a fait noter plusieurs titres afin de me renseigner sur eux.

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Informations pratiques :
Cinémathèque de Paris
51 Rue de Bercy, 75012 Paris
(M) ligne 6 et 14, station Bercy.
Exposition L’Ecran Japonais
Du 14 septembre 2016 au 25 juin 2017
Tarif plein : 5 Eur.
Entrée libre le premier dimanche du mois

Quatrain du métro N°53 : Le blues de la note

Quatrains du métro parisien.

– N°53 : Le blues de la note

Ecouteurs sur la tête, elle marque le tempo,
Ignorant le jeune couple qui trouve ça rigolo.
Encore heureux qu’ils peuvent s’amuser de si peu :
Une vie sans le comprendre, ça doit être ennuyeux.

Café Musée : Café Atmosphères, Cité des Sciences de la Villette

On ne va pas se mentir : les amateurs de gastronomie ne feront pas un détour pour manger ici pour la finesse des mets. Ni pour le service façon cafétéria, tu prends ton plateau et tu paies à la caisse.
Néanmoins, pour une pause avant, après ou au milieu d’une visite de la Cité des Sciences, ou d’une chasse au Pokemon dans le parc de la Villette (excellent spot de Paris, avis aux dresseurs, et en prime la balade est jolie), ça dépanne.
D’autant qu’au niveau des prix, ça reste raisonnable (pour Paris) avec des salades autour de 8 eur, sandwichs entre 4 et 8 Eur, crêpes à 3,50 ou 3,80, café à 2 Eur, desserts entre 2 et 5 euros.
On ne peut pas en dire autant des autres restaurants / lieux de fooding qu’on trouve au parc, comme le Café My Boat où, si tu ne veux qu’une boisson, tu es prié de venir te servir au bar avant de retourner tenter de te trouver une place en terrasse, sur une table à desservir toi-même, à 4 eur le thé quelconque dans un gobelet en carton.
Pour en revenir au Café Atmosphères, la décoration est sympathique, dans l’esprit de découverte et de pédagogie de la Cité des Sciences, avec des tables à géométrie variable pour accueillir voyageurs solo, familles ou groupes. L’entrée présente les salades et autres snacks à emporter, ainsi qu’un grand choix de friandises, clientèle familiale oblige…

Il y a également sur place un Burger King, un snack au niveau 1 appelé Biosphère, et un restaurant plus traditionnel appelé Rest’O, mais que je n’ai pas encore eu l’occasion de tester (d’autant qu’il était en travaux en septembre).

Informations pratiques
Café Atmosphères
Cité des Sciences et de l’Industrie – Niveau O
30, avenue Corentin-Cariou – 75019 Paris.
Ouvert de 9h30 à 17h30

Lecture / comics : The Wicked + the Divine

Je ne lis plus très souvent de comics, mais le pitch de celui-ci et sa chaude recommandation sur la page Facebook de la librairie Bédéciné via un article du cridutroll m’a intriguée. J’avoue, cette histoire de divinités revenant périodiquement sur Terre sous forme d’adolescents ou de jeunes gens charismatiques, pour être adulés 2 ans avant de devoir mourir et repartir pour un cycle, m’a fait songer à River Phoenix. Son image de sensibilité à fleur de peau et ses convictions (humanitaires et végétariennes) font que ses fans sont prompts, sinon à le déifier, du moins à transformer en figure messianique (aidés en cela par ce qui semblait être la volonté première de ses parents).

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Laura

Après lecture de ce premier tome traduit en français, néanmoins, c’est moins à lui qu’à mes plus récentes idoles adolescentes que j’ai pensé, en tout cas concernant les réactions des fans tels que dépeints dans le comics.

Citation :
« Nous sommes leur inspiration – autrement dit rien »

L’histoire

Laura, ado métisse londonienne banale (cad avec des cheveux bariolés et qui est en rébellion-mais-pas-trop contre ses darons), sort en douce pour aller assister, maquillée façon glam, à un concert d’Amaterasu, idole pop aussi jeune que son public moyen. Elle s’évanouit en fin d’un set intense passé au premier rang. Elle est réveillée en coulisses par Luci (diminutif de Lucifer bien sûr), autre jeune chanteuse, au look très reminiscent de David Bowie période Thin White Duke. Celle-ci l’emmène à une soirée où se retrouvent Amaterasu et 2 autres membres d’un groupe de 12 jeunes artistes à la mode, qui se fait appeler le Panthéon. Là, une journaliste spécialisée en religions les questionne sur leur prétendue nature divine, et les pouvoirs qu’ils prétendent avoir sans jamais les montrer. Plan comm’ gonflé, ou façon de se cacher en pleine lumière ?

Une tentative d’assassinat vient apporter une démonstration de la réponse…

Luci se retrouve accusée de meurtre, et Laura, seule, essaie de la disculper, en allant enquêter auprès des autres membres du Panthéon.

Ce volume raconte une histoire complète, mais on devine qu’il y a une suite.

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Luci

Mon opinion

Le comics abonde en références à la pop culture, que je vais supposer toutes voulues. J’ai déjà précisé que Luci était fortement inspirée de Bowie, c’est même souligné par la journaliste Cassandra dans le récit. Elle me rappelle aussi beaucoup Desire, de la série de comics de Neil Gaiman « Sandman ». Encore l’histoire d’un groupe d’immortels (les Endless), comics culte des années 90. Dans l’interview de l’auteur qui préface le livre, ils parlent du décès début 2016 de Bowie et de Prince, qui a lui aussi inspiré un des personnages.

Quelqu’un dit d’une des Déesses chanteuses, Tara (« fucking Tara ») qu’on ne sait pas si c’est celle de Buffy contre les vampires. Dans ce premier tome, on ne la rencontre pas, on n’en saura donc rien.

Le dessin, clair et très coloré, évoque autant le Londres des années glam que les comics des années 80. Je pense que j’achèterai aussi la suite, même si, de mon point de vue, le comics manque de personnage attachant (façon polie de dire que la moitié sont des têtes à claques). Ce qui est amusant quand je lis d’autres critiques de lecteurs qui soulignent au contraire qu’enfin dans ce comics ils peuvent s’identifier à tel ou tel personnage. Je dois être trop vieille.

Informations pratiques
Auteur : Kieron Gillen
Dessinateur : Jamie McKelvie
Editeur VF : Glénat
Editeur VO : Image Comics

Quatrain du métro N°52 : Délit d’affluence

Quatrains du métro parisien.

– N°52 : Délit d’affluence

Un trou bas dans la foule du matin me surprend.
Je m’approche : un vieillard, une enceinte, un enfant?
Que nenni : « Ta deuxième vie commence…  » lit la cruche
Qui sur le strapontin, assise fait l’autruche. 

Exposition : Jodorowski’s Dune à la French Paper Gallery

La French Paper Gallery, près du musée des Arts et Métiers est spécialisée dans le « geek art ». A l’occasion de la sortie du DVD du documentaire sur l’adaptation jamais achevée du Dune de Frank Herbert par Alejandro Jodorowski, il était logique qu’ils consacrent une brève (une semaine) exposition à ce monument de la science-fiction.

Au menu : les illustrations et esquisses réalisées par H.R. Giger pour définir les concepts visuels de Giedi Prime, la planète des Harkonnen – ça lui allait bien… et ce n’est pas pour tous les yeux. Les images sont accompagnées d’explications de l’auteur, à la fois sur les circonstances de la création (on sent qu’il a peu apprécié la maigre rétribution au vu du budget colossal prévu pour le film, et le traitement cavalier de son art). Des documents – affiches prévues pour promouvoir le film, etc.

Le gros de l’exposition était consacré à des tableaux et dessins réalisés tout exprès par des illustrateurs contemporains, et qui sont également reproduits dans le livret de l’édition collector du DVD. Je salue l’initiative, mais clairement certains ont été plus inspirés que d’autres. Déjà, et en particulier (mais pas que) chez les français, beaucoup avouent n’avoir jamais lu Dune. Comme ça, cash, sans honte. L’hommage en mode YOLO. Au mieux ils connaissent le film de David Lynch, et au pire ils ont seulement entendu parler du projet de Jodorowski – sans doute parce que celui-ci est aussi scénariste de BD, et parce que Moebius était impliqué dans le projet. Alors pour cirer les pompes de Jodorowski, ça y va, mais pour la pertinence derrière des oeuvres, on y perd… car certains font plus dans l’hommage à Moebius ou à l’Incal.

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Reverend Mother Helen Gaïus Mohiam par Guy Davis

Heureusement, il y a aussi ceux qui non seulement ont lu Dune, mais qui ont été autant marqués que moi par cette lecture. Ce qui donne entre autres cette très impressionnante Révérende Mère Helen Gaius Mohiam présentant la Boîte à Paul Atreides, par Guy Davis. Un baron Harkonnen répugnant par Ladrönn. Un ver issant sur fond de désert rougeoyant signé Bill Sienkewicz (que j’avais découvert quand il travaillait chez Marvel, notamment sur les Nouveaux Mutants et Elektra). Une belle affiche de ce qu’aurait pu être le film par Antoine Carrion. Et une évocatrice Sainte Alia du Couteau par David Mack (qui a lui aussi travaillé sur Daredevil chez Marvel, mais dont l’oeuvre phare est plutôt Kabuki), dont j’aurais bien acheté un tirage sauf qu’ils ne vendaient que l’original, à 5000 Eur. Gloups.
Heureusement, comme je n’étais pas la seule à me montrer intéressée, un tirage en édition limitée de print à 35 Eur a été éditée.

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Sainte Alia du Couteau par David Mack

De toute façon, si on en est aux opinions hérétiques (de Dune), je fais partie de ceux assez contents que le film ne se soit pas fait. Déjà parce que embaucher Dali comme acteur, à prix d’or de surcroît, méritait au minimum un naufrage. Et j’ai bien décelé des influences du projet sur des oeuvres ultérieures de Jodorowski, mais assez pour préférer qu’il les aient gardées dans ses travaux à lui.

Lundi Mon Tag : Autumn Book Tag

Tiens, encore un tag de June… (alors oui : je les case quand je peux. Du coup on n’est plus vraiment en automne. Encore un peu et je le postais à l’automne d’après. De toute façon, c’était ça ou rompre la trêve des confiseurs…)

TROUVEZ UNE COUVERTURE QUI VOUS FAIT PENSER À L’AUTOMNE.
dragonlance_automneDragons d’un crépuscule d’automne, de Weis et Hickman
Punaise, je n’avais pourtant pas repensé à Dragonlance depuis bien longtemps (enfin, depuis que j’avais posté cet article de blagues vieilles de 15 ans au bas mot…), mais autant pour certaines choses j’ai une imagination débridée, autant pour d’autres, je suis bassement littérale. Et c’est le seul qui m’est venu en tête.
Les 4 tomes principaux de cette série d’heroic fantasy inspirée d’un jeu de rôles, et qui en a inspiré un autre, avaient chacun le nom d’une saison. Pas forcément de rapport avec l’histoire, plutôt avec l’ambiance générale, si je me souviens.

UN LIVRE PARFAIT POUR LIRE AU COIN DU FEU.

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The Unadulterated Cat, Terry Pratchett.
Parmi les oeuvres les moins connues de Sir Terry, il y a ce petit volume où, en amoureux des chats, il décrypte leurs travers avec l’humour qu’on luit connaît. Ce n’est pas son meilleur travail, mais comme feel-good lecture, des chats par Pratchett… voilà quoi.

UN LIVRE QUE TU UTILISERAIS POUR ALLUMER LE FEU.

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The Vampire Armand, d’Anne Rice.

Là encore, je ne l’ai pas relu depuis longtemps (jamais relu du tout, en fait, depuis sa sortie). Mais je me souviens encore distinctement comment, en le finissant, alors que je suis contre la destruction des choses écrites, j’estimais qu’il faudrait n’en garder que 30 pages et arracher tout le reste pour le jeter au feu. C’est l’un des romans qu’a écrit Anne Rice pour expliquer le background  (la « origin story », si c’était des super-héros ) des personnages de sa saga Entretien avec un Vampire. Problème : cet opus ressemble plutôt à une mauvaise fan-fiction vaguement érotique, dont les relations sont  essentiellement de consentement douteux, de surcroît impliquant un mineur (Armand, alias Amadeo, alias Andrei, étant enlevé enfant à sa famille). Si c’était raconté comme un témoignage façon Syndrome de Stockholm, ça aurait pu être intéressant. Mais là, la relation entre Armand et son « initiateur », Marius, vampire de 1500 ans (soit 100 fois plus qu’Armand au moment où il l’achète dans un bordel après qu’il ait été enlevé de sa Russie natale) est présentée comme une grande histoire d’amour. Excusez-moi, j’ai un peu de vomi qui remonte rien que d’en reparler… Et la plupart de ses couillonnes de lectrices en parlaient de la même façon! Ah croyez-moi, E.L. James n’a décidément rien inventé avec ses 50 nuances de daube! (accessoirement, Armand, c’est mon personnage préféré des Chroniques des Vampires. Donc le premier qui y touche se prend un pieu dans la margoulette. Le dernier aussi. Capisce?)

UNE COUVERTURE AVEC DU BRUN COMME COULEUR PRINCIPALE OU DES FEUILLES SUR LA COUVERTURE.
Je n’en sais rien, j’écris ça dans le métro histoire de faire du stock parce que je n’ai plus le temps de bloguer comme je voudrais. Alors je n’ai pas ma bibliothèque sous le coude.

COMME QUAND VOUS GUÉRISSEZ APRÈS UNE LONGUE PÉRIODE PENDANT LAQUELLE VOUS AVEZ ÉTÉ ENRHUMÉ, UN LIVRE QUE VOUS ÉTIEZ CONTENT D’AVOIR FINI.
Je lutte encore avec, le roman Actors Anonymous de James Franco. Oui, l’acteur. C’est un roman, pas une autobiographie (quoique). Il faudra que je fasse un article dessus. Si je le finis. Et que je trouve le temps.

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UN FILM QUE VOUS AIMEZ REGARDER ENCORE ET ENCORE QUAND LE FROID REVIENT S’INSTALLER.
Un jour sans fin. Bill Murray, Andie McDowell, scénario et réalisation de Harold Ramis. En plus ça se passe en hiver sous la neige.

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QUELLE SÉRIE DE LIVRES AIMERIEZ-VOUS LIRE CET AUTOMNE ?
Ah ah ah…
J’aimerais déjà bien avoir le temps de finir UN livre, mais entre un boulot à plein temps et le mal de dos associé au fait de bosser sur un ordinateur ET d’essayer d’y tenir un blog sans être envahie de tags, quand je ne suis pas au taf, j’essaie de rester debout et de m’activer (et pour ça, PokemonGo est une bonne motivation).

UN LIVRE QUI VOUS FAIT VOYAGER.
Ben tous ceux que je choisis de lire, c’est un peu le principe des livres, non?
Je ne vais pas lire un livre sur le quotidien d’une consultante informatique qui fait des PowerPoint en mode Agile à longueur de journée, sinon il y aura  un incident voyageur de plus sur ma ligne… Elle est con cette question.

Voilà. J’en profite pour signaler, en suite à la réponse de l’avant-dernière question, qu’il est inutile de me tagger sur d’autres tags de lecteurs : primo je n’ai pas le temps de lire les quelques livres que j’achète encore, secundo ça m’agace de me rappeler que je n’ai pas le temps (même si une autre raison de ne plus lire autant est le manque de motivation parce que peu arrivent à me captiver), et je n’ai vraiment pas besoin de ça pour me mettre de mauvaise humeur, et tertio je n’ai pas non plus le temps d’écrire tous les articles que je veux écrire.

Du coup soyez soulagés, je ne taggerai personne ici non plus. Mais si le tag vous inspire, n’hésitez pas à le piquer.

Quatrain du métro N°51 : Un conseil, deux guerres

Quatrains du métro parisien.

– N°51 : Un conseil, deux guerres

Cinq enfants turbulents font la foire sur le quai.
Le père en rabroue un, la mère veut raisonner :
« Il y a un moment où il faut s’arrêter ».
Peut-être au troisième môme, pour bien les éduquer?…

Exposition : Oscar Wilde, l’Impertinent Absolu au Petit Palais

Attention, derniers jours de l’exposition, qui finit dimanche 15 janvier!
Vue l’affluence, il m’a fallu pas moins de 3 tentatives pour pouvoir voir l’exposition Oscar Wilde sans me geler pendant une heure devant le Petit Palais. Mais même en milieu de semaine (certes entre Noël et le Nouvel An) et à 11h du matin, on se marchait un peu sur les pieds dans l’aile sud du musée. Je pensais pas qu’il drainerait autant de monde dans un musée, d’autant qu’on pouvait se demander comment illustrer une exposition sur un homme de plume.
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Comme beaucoup, j’ai eu une période d’intérêt pour le dandy (qui n’était pas Anglais mais Irlandais), entamée en lisant Le Portrait de Dorian Gray. Déjà, il s’agissait d’un des premiers « classiques » que je lisais qui ne délaye pas son propos. Les différents sujets abordés (art, morale et beauté) m’intéressaient. Et bien sûr, il y a le style de Wilde, et ses aphorismes brillants qui font encore les beaux jours des éditeurs de papeterie. J’avais même lu, dans la Pléiade, sa lettre De Profundis, écrite depuis la geôle de Reading à son petit Lord Alfred Douglas, qui lui avait valu son séjour en prison.
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Night and sleep – Evelyn de Morgan

J’avais presque oublié, depuis cette époque, que mon intérêt pour Wilde s’était conjugué à celui pour sa période d’activité artistique en Angleterre. Il a favorisé, par les critiques d’art qui lui ont valu son début de notoriété, l’émergence des Pre-Raphaelite Brothers (PRB), courant que je qualifierais d’avant-coureur de l’Art Nouveau, et pour lequel j’ai eu, aussi, une phase de profond intérêt (avec lecture de différents ouvrages, expositions etc, quoi que, en France, ils aient été longtemps boudés au profit des Impressionnistes, leurs contemporains. Ce n’est pas que le monde de l’Art soit chauvin… mais si). Et donc, je fus ravie, en commençant l’exposition, de découvrir qu’elle s’ouvrait justement sur l’activité de critique d’art d’Oscar Wilde. Avec, outre des articles de sa main et des caricatures de lui, des oeuvres dont il avait fait l’éloge, plus ou moins rattachées à ce courant, et/ou au Symbolisme.

Tel : La mort et le sommeil portant le corps blessé de Sarpédon, de William Blake Richmond. Ou Love and Death, de George Frederic Watts. Ou encore Love and the Maiden, de John Roddam Spencer Stanhope, dont le rendu si particulier est dû à la technique dite tempera. Night and sleep, Evelyn Pickering-De Morgan (nièce de Stanhope).


Je retrouve l’impressionnant portrait d’Ellen Terry en Lady Macbeth, par John Singer Sargent, dont j’avais lu jadis la fascinante histoire : robe cousue d’un millier d’élytres de scarabées, irisées de vert. Il est exposé dans la salle mettant en avant les muses de Wilde, comme Sarah Bernhardt à qui il a écrit un sonnet. Il lui destinait également la pièce de théâtre Salomé, mais celle-ci fut interdite tout de suite. Des fameuses illustrations d’Aubrey Beardsley pour le livret sont visibles un peu plus loin, ainsi qu’une affiche de Jacques Carlu de Geneviève Vix dans le rôle.

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Ellen Terry as Lady Macbeth – Sargent

L’exposition rassemble la totalité des photos de Wilde par Napoleon Sarony, les portraits réalisés pour assurer la publicité de la tournée de conférences sur l’art que donna l’écrivain à travers les États-Unis en 1882. Elle est aussi parsemée de ses aphorismes aux murs, tels :

To love oneself is the beginning of a lifelong romance

Les nombreux documents manuscrits n’intéressent pas que les lettrés : durant ma visite, une adolescente s’extasiait à sa mère que Wilde n’a fait qu’une faute de français dans l’une de ses lettres. Francophile, il séjourna plusieurs fois à Paris avant son procès, y fréquentant le milieu intellectuel, d’André Gide à Mallarmé. Il y reviendra après sa libération de prison, y trouvant un relatif anonymat et un soutien qu’il ne pouvait plus espérer en Angleterre. Il mourra à Paris dans la misère, et sera enterré au Père Lachaise.

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Love and the Maiden – Stanhope

Parmi les raretés, très intéressante, une vidéo où Robert Badinter dissèque les démêlés judiciaires de Wilde. D’un côté, il relève le fait que Wilde ait été condamné à 2 ans de prison pour des relations entre adultes consentants, chose pourtant banale à l’époque hommes du monde, et qui n’est plus illégale en France – prouvant la relativité de la loi (l’expo relate d’ailleurs que la loi en question était un ajout récent, en marge d’une loi visant à protéger les femmes souvent victimes d’abus). De l’autre, il explique que le père d’Alfred Douglas lui a tendu un piège en lui adressant à son club un carton le qualifiant de « Oscar Wilde posant au sodomite », et que poussé par Alfred qui espérait voir son père condamné, il est tombé dans ce piège, le procès en diffamation se retournant contre lui. Dénouement qui apparaît a posteriori comme un suicide juridique.

A noter un dispositif original autour de l’exposition, avec, outre un catalogue numérique disponible en plus de l’application (hélas uniquement pour iPhone… je suis sous Android et j’aime l’art, hein), une soirée « Born to be Wilde » qui avait lieu le 9 décembre et invitait les gens à venir en dandy participer à diverses animations, et même un MOOC (cours à distance) sur le site de la Sorbonne. Ah? J’ai raté l’interview de Merlin Holland, le petit-fils d’Oscar Wilde et co-commissaire de l’exposition.

Pour finir, ce dernier aphorisme qui convient bien à ce blog :
We are all in the gutter, but some of us are looking at the stars
Informations pratiques :
Oscar Wilde, l’Impertinent absolu
du 28 septembre 2016 au 15 janvier 2017
Horaires :
Du mardi au dimanche de 10h à 18h
Fermé le lundi et certains jours fériés
Nocturne le vendredi jusqu’à 21h
Le samedi 14 janvier jusqu’à 21h.
Plein tarif : 10 euros
Gratuit jusqu’à 17 ans inclus.
 (c’est amusant : en rédigeant l’article sans doc sous les yeux, j’avais écrit comme titre à l’exposition « L’impénitent absolu » au lieu de l’impertinent… Joli lapsus!)

Exposition : Jade, des Empereurs à l’Art Déco, au musée Guimet

Attention, derniers jours de l’exposition, qui finit le 16 janvier!

Encore une très belle exposition, joliment mise en scène au sous-sol, et consacrée à l’utilisation du jade, particulièrement en Asie (Guimet est le musée national des Arts Asiatiques). Le terme générique de jade recouvre en réalité ce qu’on sait maintenant être plusieurs types de roches dures, dont la jadeite, la trémolite et le kosmochlor (non, les deux dernières ne sont pas des attaques de Goldorak. Mais le premier est bien également un vilain dans Sailor Moon).

Le couloir menant à l’exposition présente des reproductions de gravures détaillant les différentes techniques de travail. Cet aspect m’intriguait, car le jade est toujours difficile à travailler, étant une pierre dure et impossible à tailler en facettes.

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Environ la moitié des pièces provient des collections du musée, mais je ne me souvenais pas de les avoir toutes vues avant. Peut-être certaines sont-elles sorties des réserves pour l’occasion. Le vase en forme de citron digité, lui, je m’en rappelais : il intrigue toujours. Les voir rassemblées ici permet de juger de la grande diversité de coloris et de textures du jade, et des nombreux usages qui en ont été faits. L’exposition explique en outre comment les goûts ont changé au fil du temps sur le travail du jade.

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Travail de précision…

Beaucoup d’autres oeuvres viennent du Musée National du Palais de Taipei.
D’autres ont été prêtées par le musée des Arts Décoratifs, ou celui de Fontainebleau (celles « récupérées » lors du sac Palais d’été de Pékin en 1860).

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En fin de parcours, quelques salles explorent le goût occidental pour ces pierres, des tables royales et impériales aux créations de Cartier réutilisant des miniatures chinoises, en passant par des paravents de Coromandel, dont Coco Chanel raffolait. On y voit notamment, venant des collections patrimoniales de la maison Cartier, des études destinées comme celle d’un briquet, sur lequel est monté une petite statue venue de Chine.

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Dessin de Cartier

Informations pratiques :
Jade, des empereurs à l’Art Déco – musée Guimet
Du 19 octobre 2016 au 16 janvier 2017
Tarif billet jumelé exposition temporaire + collection permanente : 9,50€
6, place d’Iéna- 75116 Paris
Horaires :
Du mercredi au lundi, de 10h à 18h.
Evacuation du 3e et 4e étage à 17h30.
Evacuation générale des salles à 17h45.