Exposition: Gaston Lagaffe à la BPI (Bibliothèque du centre Georges Pompidou)

Je ne connaissais la BPI que par ses files d’attente interminables quand je passais derrière le centre Georges Pompidou le samedi au gré de mes balades parisiennes. Aussi j’hésitais à planifier une visite de cette exposition. Mais le hasard y a guidé mes pas un soir, et comme la BPI est ouverte jusqu’à 22h, et qu’il n’y avait pas d’attente dehors, je suis entrée.

L’exposition

L’exposition se trouve au niveau 2 au milieu de la bibliothèque, et là une dizaine de personnes piétinait pour accéder à l’espace consacré au héros flegmatique de Franquin.

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 On y découvre sa genèse, avec son apparition muette en plusieurs fois dans les pages du magazine jeunesse Spirou : devant la porte de la rédaction, à l’entrée, puis envahissant les espaces laissés libres par la mise en page. Au fil des numéros, Franquin affine le personnage, qui perd de sa raideur pour adopter sa silhouette en S caractéristique.
L’exposition fourmille d’anecdotes et de documents sur la rédaction du journal Spirou à l’époque. Ainsi, Gaston a hérité de ce prénom parce que c’était celui d’un ami de Yvan Delporte, le rédacteur en chef, qui trouvait qu’il lui ressemblait. De Maesmaker, l’homme d’affaires obsédé par la signature de ses contrats toujours empêchée par une catastrophe signée Lagaffe, tire son nom du père du 2e dessinateur. Car, je l’ignorais tant leurs styles sont semblables, mais n’ayant pas le temps de dessiner à la fois Spirou, Lagaffe et ses autres oeuvres, Franquin avait fait appel à Jidéhem, de son vrai nom Jean de Maesmaker, pour dessiner une partie des Gaston, lui conservant la partie scénario. Jidéhem explique que pour distinguer les planches au moment de la répartition des royalties, ils se basaient sur les phylactères (les textes des bulles, quoi), Franquin traçant les siens à la plume et Jidéhem avec un outil (dont j’ai oublié le nom…) qui rend une largeur fixe.
La dernière zone permet de (re)découvrir d’autres oeuvres de Franquin, notamment une planche glaçante pour Amnesty International (ci-dessus). Et le courrier émouvant de Yvan Delporte à Dupuis lui annonçant qu’il renonce à poursuivre le Trombone Illustré…

Quelques citations

Un adulte, c’est peut-être un enfant qui a mal tourné.
Si j’avais commencé ma carrière à Paris, je pense que les choses auraient été très différentes. En évoluant dans un environnement plus engagé, j’aurais probablement dessiné un autre genre de séries. Là-bas, vous pouvez faire rire les gens, tout en faisant passer un message. Pour ma part, j’ai souvent pensé que j’étais prédestiné à faire de mignons petits dessins inoffensifs, légers, superficiels…
 (Idées Noires, éditions Rombaldi, 1988)
Souvent, l’humour est une fuite et les humoristes sont des gens sinistres qui se soignent sans le savoir par le rire. Comment voulez-vous échapper à l’actualité qui vous matraque les horreurs du monde? L’être humain est le seul être totalement nuisible de la planète, vraiment! Alors, comment vous abstraire de ça? Les gens totalement heureux sont des égoïstes profonds.

(L’illustré, 1988)

 

Informations pratiques

Gaston Lagaffe à la BPI (Bibliothèque Publique d’Informations du centre Georges Pompidou)
Du 7 décembre 2016 au 10 avril 2017
Centre Pompidou, 19 Rue Beaubourg, Niveau 2
75004 Paris
Entrée libre pendant les horaires d’ouverture de la Bibliothèque
Accès par la Bpi rue Beaubourg

Lundi, mercredi, jeudi et vendredi : 12h – 22h
Samedi, dimanche et jours fériés : 11h – 22h
Fermeture le mardi

Entrée par le Centre Pompidou (chenille, niveau 2) avec le billet du jour « Musée et expositions » (les laissez-passer du Centre Pompidou ne donnent pas accès à l’exposition les dimanches et jours fériés).

En raison de la forte affluence le week-end, le musée recommande d’éviter de visiter l’exposition le dimanche.

 

Portrait de fan (3) : le militant

« Si j’existe, c’est d’être fan »

Fan – Pascal Obispo

Description

Le militant ne se contente pas d’aimer son sujet de prédilection, il veut également convaincre le reste du monde que cet amour devrait être universellement partagé. Pour cela, il utilise tous les moyens de communication à sa disposition. Dans les temps anciens, cela se limitait à la création de fan-club, de street team (littéralement « équipe de rue », des fans qui s’organisent en petits groupes pour faire la promotion de leurs idole), la distribution de flyers (prospectus publicitaires), et éventuellement à des campagnes d’appels auprès des médias officiels – radios, magazines, télévision. De nos jours, tout cela peut s’organiser à grande échelle sur Internet, par l’intermédiaire de forums, conduisant à des fan-actions internationales (envoi de cartes postales à des chaînes de télévision pour protester contre l’arrêt de séries comme Star Trek ou Firefly).

Parfois, cette activité s’explique par un espoir d’attirer l’attention voire la gratitude du sujet, et peut-être d’obtenir ainsi des passe-droits (accès à des concerts, des soirées, bref être plus qu’un fan). Cela répond aussi au besoin de s’engager pour une cause, même si celle-ci ne semble pas bien noble à un œil extérieur. Comme je l’ai souvent lu, « les vrais héros, ce ne sont pas les chanteurs / acteurs » ce sont les héros du quotidien, pompiers, médecins etc qui sauvent des vies ». Certes. Mais les artistes et sportifs jouent un rôle primordial sur le moral, et diminuent le stress. Donc d’une certaine façon, ils augmentent la qualité de la vie – à commencer par la leur, avec leurs royalties.

Même s’il peut se cacher des motifs égoïstes derrière cet engagement (comme tout autre), qu’on ne s’y trompe pas : rares sont les gens qui ont assez de temps et d’énergie à perdre pour se dédier à ce point à leur sujet sans en être réellement passionné. Depuis que les maisons de disques ont renoncé à investir dans la publicité sauf pour les produits déjà vendeurs, elles utilisent ces réseaux en les mobilisant par des concours pour leur faire répandre la bonne parole et des bannières de publicité sur le web.

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Archétype

Chris Cole dans le film Rock Star. (film qui, au passage, est sans prétention mais assez sympa. Plus de détails en fin de cet article)

Avantages

Il fait vivre le fandom même en période de faible actualité, en créant des événements et en canalisant les énergies vives de personnes d’horizons divers

Dangerosité

Il peut finir par se retourner contre le sujet, si les avantages en retour ne sont pas à la hauteur de ceux attendus. Ce qui est rarement le cas.

Phrase fétiche

« Il faut absolument que tu lises ça! »

Gourmandise : Pâtisserie Tomo – dorayaki et wagashi

Cette nouvelle pâtisserie japonaise récemment ouverte est victime de son succès : le samedi après-midi à l’heure du  goû-thé, il y a foule. Et le service est vite débordé.
Les thés sont peu nombreux à la carte, mais de qualité, de la maison Jugetsudo. Parmi eux, le Genmaicha qui a mes faveurs – et qui se trouve être le moins cher de ceux proposés, même s’il reste à un tarif élevé.
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Ils proposent également plusieurs variantes de chocolat chaud, dont j’avoue que l’odeur flottant dans l’air était appétissante.
 Ce jour-là, je n’ai pas testé les wagashi, mais ma voisine japonaise m’a dit qu’ils étaient très bons, et préparés par un chef japonais. La pâtisserie Tomo est la seule sur Paris en dehors de Toraya (chroniquée ici) à proposer des wagashi, mais elle préfère Tomo car elle trouve que Toraya a des tarifs trop élevés et une ambiance trop compassée.
Personnellement, j’avais opté pour une variation franco-japonaise de dorayaki, la basilique citronnée : une « crêpe » en dessous, une montagne de crème au citron dessus, surmontée d’une micro-crêpe signature. Très bonne, mélange équilibré de sucré et d’acide.
La décoration des deux salles est sobre, même si l’effet de peinture « jetée » au mur ne rend probablement pas l’effet qui était souhaité (personnellement j’ai mis 5 minutes à réaliser que ça devait être fait exprès et non une absence de rafraîchissement des murs avant ouverture de l’établissement).
Informations pratiques :
Pâtisserie Tomo
Horaires : de 12h à 19h du mardi au dimanche
11, rue Chabanais 75002 Paris
romain.gaia@patisserietomo.fr

Lecture : Actors Anonymous, de James Franco

Acteur, réalisateur, monteur, poète et écrivain, James Franco semble avoir décidé de pousser à l’extrême le cliché de l’acteur multi-casquettes. Tiens, je ne crois pas qu’il se soit essayé à la musique?

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L’auteur

Pour être tout à fait honnête, loin de faire partie de ses fans, je le trouve plutôt agaçant. Mais nous avons un point commun : il fait partie des quelques personnes encore plus obsédées que moi par River Phoenix. Quand il a tourné avec Gus Van Sant, il lui a demandé de visionner les rushs de My Own Private Idaho. En discutant avec lui, il a obtenu son accord pour tirer de ces heures de pellicule, non utilisées dans le film, deux longs métrages expérimentaux, dont l’un entièrement centré sur le personnage de River, Mike, et qu’il a baptisé My Own Private River (récemment projeté à la Cinémathèque de Paris dans le cadre de l’exposition Gus Van Sant, et avant ça, seulement montré dans diverses expositions. Des fans avaient lancé une pétition pour demander la sortie en DVD/Bluray, avant de découvrir que GVS y était opposé, et James Franco aussi). Il lui a aussi consacré un texte dans son recueil de poésies, « Directing Herbert White ». Et lorsque 2 auteurs demandent à des écrivains (dont lui, allez savoir ce qu’il fait là-dedans) de leur raconter leur premier « celebrity crush » (béguin pour une célébrité? Pas terrible comme traduction), c’est évidemment de River qu’il choisit de parler. Ce serait limite inquiétant s’il n’était pas mort.

Aussi, quand j’ai vu qu’il avait sorti un roman traitant des acteurs, je me doutais qu’il y mentionnerait River. Je ne me trompais pas : il y a carrément 4 poèmes parlant de lui dans un chapitre dédié. Cinq pages. Ça, c’est fait (je ne m’aventurerai pas à les commenter).

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Le roman

Le texte est bizarre : au lieu d’un roman classique, il s’agit d’un puzzle présenté sous la forme d’un guide de principes pour les apprentis acteurs, pour survivre à la machine à broyer les egos. Le narrateur évoque en seconde intention la volonté de partager avec le grand public ce qu’il a appris de la réalité des coulisses de Hollywood. Les chapitres portent chacun en titre un des principes édictés au début, qui dérivent apparemment de ceux des Alcooliques Anonymes. Ces chapitres racontent, souvent à la première personne, différents personnages et leurs histoires : une starlette, un acteur à succès, un loser en cure de désintoxication alcoolique…

La narration joue en permanence avec les a prioris du lecteur, qui peut y déceler, à tort ou à raison, des échos directs de la vie et la voix de Franco. A ce titre, les fragments sur l’acteur à succès qui profite de sa célébrité pour se trouver une (jeune) fan dans chaque -port- ville laissent songeur, quand on a eu vent de quelques rumeurs / débordements le concernant via la presse.

Il essaie de dégonfler les mythes autour de la machine à rêves d’Hollywood, et peut-être son propre melon. Le résultat est souvent glauque, parfois trash. Mais sans doute plus réaliste que les biographies aseptisées. Pour moi qui n’ait jamais trop fantasmé sur le quotidien des staaaars, rien de surprenant, sauf peut-être la mentalité de certains personnages. On pourra s’amuser à essayer de deviner si ses histoires sont celles de personnes réelles, et si oui qui. Mais sans être dans le milieu, je doute qu’on trouve ces clés de lecture là.

En conclusion

Un étrange objet littéraire, pas inintéressant, mais surtout pour qui s’intéresse à la psyché des gens de cinéma.

Informations pratiques :
Actors Anonymous
Auteur : James Franco
Editeur : Little A / New Harvest; Faber & Faber
(pas de version française pour l’instant)

Crowdfunding : Kirby & Me, un livre hommage à Jack Kirby

Vous n’avez plus que 10 jours pour acquérir, via participation à son financement participatif sur Ulule, le bel ouvrage concocté par deux fans de comics et de Jack Kirby en particulier : Kirby & Me.

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Il a créé ou co-créé nombre de personnages emblématiques de Marvel, comme les Avengers, les premiers X-Men, les 4 Fantastiques et bien d’autres. Précurseur, son style dynamique a marqué tous ses successeurs. Aujourd’hui, auteurs et dessinateurs lui rendent hommage dans un artbook qui rassemblera témoignages, analyses, illustrations originales de fans-artistes et bien d’autres choses (cf la description et la liste d’une partie des contributeurs sur la page Ulule ou la page Facebook). Pour que tous les fans puissent en profiter, le livre sera édité dans une version bilingue français-anglais.

Par ailleurs, les éventuels bénéfices du projet iront à l’association américaine Hero Initiative, bien connue des amateurs car elle vient en aide aux artistes dans le besoin. Ceux-ci sont généralement des indépendants sans protection sociale ou presque, ce qui aux USA revient à une faillite au moindre pépin de santé. Outre le soutien monétaire, par leur réseau ils aident aussi auteurs et dessinateurs dans le besoin à trouver des contrats afin de revenir dans le circuit. Si vous allez sur leur page, vous verrez que même de grands noms très connus du public ont failli finir à la rue sans leur aide.

Si vous ne pouvez ou voulez pas l’acheter, n’hésitez pas à soutenir quand même le projet, en partageant les liens sur les réseaux sociaux ou en en parlant autour de vous. Surtout à vos amis fans de comics et de beaux livres!

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Portrait de fan (2) : l’analyste

« I’ve analyzed anything, everything that you do

I’m physically, mentally over-obsessed with you »

Screamin’ – Tokio Hotel

Description

L’analyste est une sous-catégorie du collectionneur-archiviste. Non seulement il veut connaître tout ce qu’a fait son idole, et tout ce qui a été dit et écrit sur elle, mais il voudrait aussi connaître tous les rouages de sa personnalité et de son processus de création. Pour cela, il dissèque à outrance le moindre événement a priori insignifiant, pour en tirer toutes les hypothèses possibles. Il peut disserter pendant trois jours sur les interprétations à donner à un changement d’adjectif dans les paroles d’une chanson lors de son interprétation en concert (alors que l’explication la plus probable est un trou de mémoire ponctuel).

S’il a un minimum de recul, il conclura qu’on ne peut de toute façon pas statuer sans connaître la personne. Ca ne l’empêchera pas de continuer à cogiter à voix haute et de faire part de ses théories de spécialiste à qui veut l’entendre.

Chez les auteurs de fan-fictions, cela se traduit par des envolées psycho-philosophiques sur le pourquoi du comment de chaque détail d’une vidéo, et une tendance à transformer un commentaire fait en passant en trait de caractère marqué. Ainsi, le musicien qu’on voit se plaindre une fois de la saleté des coulisses se verra taxé d’être un maniaque de la propreté, phobique des germes. Un personnage de fiction qui saute négligemment une barrière dans un épisode devient un gymnaste accompli à qui on prête un passé de sportif de haut niveau, ou des prouesses hors du commun dans les fan-fictions et même les discussions.

C’est que la nature a horreur du vide, et quand les gens s’ennuient et qu’ils n’ont pas d’autre sujet de cogitation à portée de neurone, leur cerveau s’occupe comme il peut avec ce qu’on lui fournit. Pour certains ce sera les péripéties de la télé-réalité du moment, pour d’autres la politique, d’autres encore deviner les gagnants du quinté. Pour les fans, c’est leur sujet habituel.

Oui, c’est ce que je fais en rédigeant ce livre sur les fans, aussi. C’est vous dire si je sais de quoi je parle.

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Archétype

Tout auteur de biographie d’artiste, ou le personnage de Gros Bill dans le roman Big Fan de Fabrice Colin. (… cela dit cette série s’annonce mal côté illustration : c’est dingue comme les archétypes de fans dans la fiction sont, physiquement, réduits à beaucoup moins de morphotypes que de profils psychologiques…).

Avantages

Dans la somme de leurs hypothèses, il s’en trouvera forcément une qui tombe juste. Et puis ils arrivent à trouver de quoi alimenter les communautés de fans même quand il ne se passe rien. L’oisiveté… ‘fin bref.

Dangerosité

A part surcharger les serveurs des forums et les neurones de ceux qui veulent juste se distraire par leurs messages de dix paragraphes, pas énorme. La parade : la formule d’usage sur les forums anglophones : tl;dr (« too long, didn’t read » – trop long, je n’ai pas lu).

Phrase fétiche

« Je pense que ce qu’il a voulu dire… »

Parisienne mais presque : 10 raisons de vouloir quitter Paris

1) Marre des transports en commun.

Malgré les voies de bus et malgré les travaux permanents sur les lignes de RER et métro (les travaux Castor sur la ligne C ont commencé avant mon arrivée à Paris, ils durent encore… Ceux de la ligne A, bloquée un mois entier par an sur tout le tronçon intra-muros de Paris, est bien parti pour faire pareil), les temps et conditions de transports ne font qu’empirer d’année en année.

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Les lignes perturbées pour travaux sont marquées d’un panneau jaune

2) Marre des cinglés à tous les coins de rue.

Gna gna tolérance machin bidule. Ouais. Personnellement, si je n’avais pas peur de rallonger mon temps de trajet et de finir en taule, il y a longtemps que j’en aurais poussé plusieurs sous les roues du métro. D’autant plus qu’à chaque fois que je suis sur un quai et que j’entends un énième siphonné, je crains qu’il ne fasse subir ce sort à un passager.

3) Marre d’être prise pour un pigeon.

Des burgers à 15 Eur, des bagels idem, des « concept food » type éclair salé au prix du caviar (je vous rappelle qu’à la base, tous ces trucs sont DES PUTAINS DE SANDWICHS DEGUISES)… des brunchs à 40 Eur où on te vend l’omelette et le croissant surgelé au prix d’un repas entrée-bavette-dessert de très bonne qualité. Tout un tas de formules attrape-pigeons, et d’autres qui ne marchent que parce que la clientèle est captive (ex : la Défense).

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4) Marre des « incivilités ».

Marre des incivils, surtout. Là encore, si ce n’était pas illégal, il y a longtemps que j’aurais sorti le BFG-9000 pour régler le problème de surpopulation de la région francilienne…

5) Marre de faire la queue.

Pour entrer dans le métro, tu fais la queue.
Pour faire tes courses au supermarché, tu fais la queue.
Pour visiter une exposition, tu fais la queue.
Pour acheter un sandwich, tu fais la queue.
Des fois, pour entrer dans un restaurant ou un magasin, tu fais la queue… (mais là, c’est sans moi).

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6) Marre des employeurs qui délocalisent leurs bureaux tous les 2 ans.

Et s’éloignent de plus en plus du centre de Paris. Pour dépenser moins mais sans penser que la qualité du travail va s’en ressentir si les salariés ont 1h de trajet en plus dans les wagons à bestiaux de la RATP, nos chers décideurs déplacent leurs sièges de plus en plus loin : avant c’était à la Défense, maintenant ça devient Charenton, Villejuif, Saint-Quentin-en-Yvelines, Melun…

7) Marre du bruit.

Open space, transports en commun, commerces, voitures, gens qui écoutent fort de la musique de merde (c’est toujours de la musique de merde)… Je me définissais comme foncièrement citadine, mais après plus de 15 ans ici, je sature.

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9) Marre des gens qui demandent de l’argent.

Pour eux-mêmes, pour des oeuvres de charité, pour ceci, cela… Si avec tous les impôts que je paie, il n’y a pas assez de services publics pour vous entretenir, allez demander de l’argent aux députés et aux ministres, pas à moi! Si je me tartine les transports et 40h de boulot par semaine, c’est pas pour sauver le monde : c’est pour me payer un toit et remplir mon assiette. D’ailleurs vu tout ce qui précède, vous devez bien vous douter que je préfère encore faire des dons pour aider les animaux que les humains.

10) Marre des gens.

Il y a trop de gens au mètre carré dans cette ville. Vous me direz que c’est le propre des capitales, mais après avoir voyagé, je réalise que non : Paris est particulièrement dense. Berlin et Londres sont plus étalées et donc paraissent peu habitées par comparaison. Ici, le seul moyen d’être tranquille est de monter en gamme et d’aller dans des endroits un peu chic (et pas trop branchouille, car le branchouille attire la foule, et le braillard qui aime attirer l’attention et écouter de la musique fort). Le luxe, c’est l’espace, il paraît. Et le calme.

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Babymetal : l’intimité à cinq (plus trois. Voire plus sept)

En début d’année, je consacrais mon premier coup de gueule fandomesque au groupe norvégien A-ha, dans un article intitulé l’intimité à 15 000. Cela suivait l’annonce d’une tournée annoncée comme « intimiste », dans les mêmes salles de concert type Bercy que l’an dernier.
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Après un décompte sur le site du fanclub officiel de Babymetal (géré par Amuse, la société qui s’occupe du groupe), mon nouveau fandom a annoncé un événement bien différent : The Five. Le fanclub (bien qu’il soit marqué dans l’inscription que ce n’en est pas un) porte un nom : The One, et c’est aussi le nom donné aux fans élus par le Dieu Renard*.
Et donc, après les concerts à la billetterie exclusivement réservée aux The One, le site a appelé le 23 janvier à se manifester (veuillez excusez l’étrangeté du langage : c’est traduit en anglais depuis le japonais par Google Chrome), pour ceux qui voudraient faire partie des « Cinq Elus » qui pourront assister à un événement spécial le 1er avril prochain, jour du Renard (ne cherchez pas, c’est une autre invention de Koba-Metal, la tête pensante derrière le groupe) :
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Appelés : des The One « prêts à recevoir une révélation particulière du Dieu Renard ». Rien que ça. Comme souvent pour les « special events » réservés aux fans, on ne sait pas trop ce qu’il y a derrière. Mais on peut subodorer que les 5 heureux élus seront les premiers spectateurs du Blu-Ray « Live at Tokyo Dome », leur dernier show événementiel dans la mythique salle de Tokyo, rempli comme un oeuf deux soirs de suite, pour une Black Night et une Red Night. Voire même, rêvons un peu, qu’ils auront à écouter un ou plusieurs titres du prochain album. Peut-être même en audience (showcase) privatif (d’où le 5 + 3, voire 7 si le Kami Band est présent).**
Conditions : outre l’affiliation à la secte au fanclub, pouvoir être à Tokyo le 1er avril. Triste. Ce n’est pas mon cas, donc je n’ai pas postulé. En même temps, j’ai peur que la Révélation du Dieu Renard ne perde un peu de son sens quand on ne comprend pas le japonais couramment. Le fait que la partie The One du site officiel ne soit pas disponible que dans cette langue, et les bribes d’anglais assez répétitives des petiotes sur scène laissent peu augurer de la capacité de l’équipe à assurer la traduction. Or de ma jeunesse mangaphile, j’ai conservé quelques bribes fort utiles pour retenir un peu les paroles de Megitsune, mais ça ne va pas plus loin.
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Je n’ai rien compris à ces dernières phrases non plus. C’est très mystérieux, parfois, de suivre un fandom dans une langue qu’on ne comprend pas…
*Cad ceux qui ont suivi la procédure d’inscription, consistant à acheter sur leur site, A!Smart, l’objet de merchandising indiqué pour l’année. L’an dernier, c’était une serviette. L’année d’avant, un genre de cape courte à capuche.
Pour 2017, c’est The Big Tee, un t-shirt XXXXL qui arrive aux cuisses d’un gars lambda, et qui sur mon format crevette, tient de la tunique rituelle. Si on pratique des sacrifices humains aux événements The One, ça ne fera pas de tache… bref.
Hm? Ah oui, j’oubliais de dire que cette année, comme ils ont simplifié la procédure et qu’on peut enfin commander sur A!Smart sans se créer un compte sur un site qui fait les intermédiaires, je me suis inscrite. Je suis donc officiellement un renard. Kitsune! \m/
**Le « code » des idols limite les interactions directes hors scène avec le public. Comme les jeunes membres de Babymetal y sont encore soumises, a priori, et en dépit du pouvoir donné par le Dieu Renard, il est peu probable qu’il y ait également une rencontre avec le groupe, avec photo et dédicace, comme c’est le cas pour d’autres artistes. Mais bon, c’est le jeu avec ce type de groupe. Et ça tombe bien, car à ce stade ça m’est relativement égal. D’autant que à part « Mouzikku de arigatou gozaimashita », je n’ai pas grand-chose à leur dire, aux pioupioutes.

Portrait de fan (1) : Le collectionneur

« Every breath you take, every move you make

Every bond you break, every step you take

I’ll be watching you »

Every breath you take – Police

Description

Plutôt masculin, mais pas exclusivement, sa caricature la plus connue est le geek fan de comics ou de science-fiction. Celui qui chaque semaine dépense une fortune pour acheter toutes les nouvelles sorties, fouiner sur les sites d’enchères, les salons et les boutiques spécialisées à la recherche des incunables, raretés oubliées, éditions limitées avec sérigraphie métallisée et signée de l’auteur. Et qui surtout, surtout, ne sort jamais une figurine de sa boîte ou une édition limitée de son film plastique! (elle y perd de sa valeur). Celui qui fait le désespoir de ses petits neveux parce qu’il a plus de jouets qu’eux, mais qu’il leur interdit de les sortir de la vitrine. Ou qui ne lit ses bandes dessinées qu’entrouvertes, pour ne pas plier la tranche.

C’est l’instinct du chasseur reconverti à la vie moderne, où il ne sert plus guère dans sa forme initiale. On guette, on est à l’affût sur Internet, dans les vide-greniers… qui ne sont pas fréquentés que par des fans de quelque chose de précis, loin de là.

On peut aussi cataloguer dans cette catégorie les archivistes, mémoires vivantes du fandom, qui ont tout lu, tout écouté sur le sujet, et qui surtout, se souviennent de tout. Ceux-là, parfois, mettent en ligne leurs informations, voire leurs fichiers (audio, vidéos, bootlegs…) sous forme de site web ou de base de données. Travail ardu et ingrat d’encyclopédiste, qui peut faire sourire pour un sujet considéré comme futile. Mais qui s’avère ô combien utile aux fans moins acharnés, quand ils cherchent une information précise.

Si vous souhaitez vous faire une place dans un fandom et que vous estimez ne pas être assez bon orateur pour être remarqué sur les forums, ne pas avoir le talent requis pour écrire des fan-fictions ou dessiner des fan-arts, mais que vous êtes passionné et que vous avez du temps et le sens de l’organisation, c’est le créneau qu’il vous faut.

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Archétype

le vendeur de comics dans les Simpsons, le collectionneur de jouets de Toy Story 2

Avantages

véritable encyclopédie vivante du fandom, il peut dire quel jour est sorti au Pérou le maxi-45 tours du 3e single du groupe, ou chez quel éditeur trouver le tirage de tête de votre BD préférée. Il fait aussi fonctionner presque à lui seul les réseaux de distribution spécialisés, permettant de conserver une diversité de titres et d’artistes en soutenant les œuvres encore inconnues du grand public.

Dangerosité

faible, sauf si vous manipulez sans précaution sa figurine collector de Boba Fett, ou éventuellement si vous possédez chez vous la pièce manquante de sa collection.

Phrase fétiche

« Tu ne te rends pas compte, c’est collector! »

Post-scriptum : la Sacher Torte du Kaffeehaus

Ca faisait un moment que je voulais faire des articles « post-scriptum » en particulier sur les lieux gourmands. Parce que la tendance hipster à ne parler que du dernier spot ouvert, eh bien, tout le monde le fait (dont beaucoup invités et donc chouchoutés et encouragés à ne dire que du bien pour être invités aux futurs happenings), et peu reviennent voir 3 ou 6 mois après ce que ça donne.

C’est donc pour la science et l’actualisation de mon blog pour vous, lecteurs gourmands, que je suis retournée, deux ans après, voir si la Sacher Torte du Kaffeehaus était toujours aussi bonne. (Comment ça, je ne suis pas crédible ?)

Oui, bon, j’ai groupé avec un tour au marché de Noël de l’Eglise Suédoise, puisque je vais rarement dans ce quartier. D’où le cheval et les confitures miniatures sur la photo.

Entre temps, j’ai un peu amélioré ma connaissance des thés, et j’ai cette fois noté que les leurs venaient de Kusmi Tea. J’ai choisi un Darjeeling vert bio pour ne pas surcharger mon foie en prévision de la Sacher Torte.

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Précaution inutile : celle-ci était à la fois moins copieuse et moins dense que dans mon souvenir, et le fin lit de biscuit plus craquant. Peut-être à cause de critiques comme celle-ci sur TripAdvisor.

Mais l’intérêt de la Sacher Torte, c’est justement l’impression de manger 50 nuances de chocolat ! Et c’est d’ailleurs le souvenir que je conserve de celle mangée au Café Sacher de Vienne. Pff. Tant pis. Il faudra que j’aille voir si le Stube aussi a changé sa recette, vu qu’ils postaient récemment qu’ils ont été choisis comme fournisseurs de ce gâteau par l’ambassade d’Autriche.

Kaffeehaus : 11 Rue Poncelet, 75017 Paris