Concert : Tokio Hotel à l’Olympia – Dream Machine

Dream Machine : le nouvel album

Nouveau tournant musical après Kings of Suburbia,  Dream Machine, le nouvel album de Tokio Hotel, est fortement influencé par les 80es, comme le laisse deviner la pochette, elle-même inspirée de Stranger Things, série télévisée diffusée sur Netflix bourrée de références aux films pour ados de ces années-là, des Goonies à Stand by Me (am I being too obvious?).
Bill Kaulitz, le chanteur, se dit obsédé par cette période (je dirais hanté). Ceux qui suivent le groupe savent qu’il est notamment un grand fan de David Bowie, et que ses acolytes ont eux aussi commencé la musique bercés par de « vieux » groupes comme Metallica, Genesis ou autres références inattendues chez des jeunes de cet âge. Alors en écoutant Dream Machine, on pense à la synth pop de Depeche Mode première période, à Bronski Beat (pour les poussées de voix de fausset notamment), à OMD, ou même à Rencontres du 3e Type (logique pour un groupe qui a baptisé ses fans les Aliens et qui se présente sur scène en armure futuriste sur une tour de néons). Voire à Albator.
Mais l’album mélange ces influences à d’autres plus récentes, comme Daft Punk ou the Weeknd.
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Hallo Raumschiffkapitän, le vaisseau-mère est de retour

Le résultat est planant et agréable à l’écoute, plus à mon goût que Kings Of Suburbia où je me serais passé de la moitié des chansons. Mais en ce qui me concerne, il y manque un peu d’intensité (… et de rythmique kitsunesque peut-être) pour que ça passe de « j’aime bien » à « c’est trop bien je vais l’écouter en boucle pendant 2 mois » (ce qui est l’effet que je recherche et trouve généralement avec mes fandoms musicaux). De plus, à force de rappeler des choses (et d’être en anglais), ça devient un peu générique. Il faut dire que les années 80, je les ai vécues, moi…

Dream Machine Tour : sur scène

De ce côté-là, Tokio Hotel reste fidèle à son sens du spectacle. Au niveau mise en scène, c’était comme d’habitude très bien produit, une scène surélevée bizarroïde science-fiction à souhait (mais plus petite qu’au temps de l’Etoile de la Mort du Humanoid City Tour). Tom et Georg y ont passé la moitié du show à jouer essentiellement des claviers, en descendant de temps en temps pour reprendre guitare et basse, respectivement. Gustav était au niveau de la scène et plus sur le devant qu’eux, pour une fois pour un batteur. Il pouvait donc boumtchaquer tout son soûl sans assourdir ses potes. Ceux-ci lui ont quand même tous rendu visite à un moment ou un autre pour de petits boeufs. Il y avait également un bon light show ambiance nightclub / (mais hélas pas top pour les photos).

Comme la setlist faisait la part belle au nouvel album (8 chansons sur 18), lui-même assez homogène, les séquences du concert étaient surtout rythmées par les changement de costume de Bill. Après avoir, en 2015 au Trianon pour la tournée Feel It All, incarné le grand prêtre des Cités D’Or, un héros de Tron, le Vampire Lestat et je ne sais plus quoi, cette année Bill a été Daft Punk Sardaukar, El Torero à paillettes et petit top transparent, l’empereur à épaulettes d’acier et le poisson d’argent (ou la truite des sables, pour rester dans une thématique Dune). Il a aussi un peu costumé ses acolytes, mais comme la température est montée assez vite, ils ont laissé tomber les masques au bout de la 2e chanson, et ont fini en T-shirt (cf les vidéos). Comme je le disais, l’avantage des concerts de Tokio Hotel, c’est que même si la musique sort de tes goûts, il y a du spectacle et tu sais où va l’argent de ton billet. Et ils essaient toujours de se renouveler. Comme avec, à la fin de Darkside of the Sun, un duo de percussions entre Tom et Gustav :
Parenthèse de calme et de nostalgie à la moitié du show, avec une reprise acoustique de Black, version anglaise de l’unique chanson de l’album Zimmer 483 (leur 2e) qui figure sur la setlist. Comme d’habitude et comme c’est la France, la salle chante plus en allemand qu’en anglais, mais contrairement à 2015 où nous avions réussi à lui faire nous concéder un refrain de Rette Mich au lieu de Rescue Me, cette fois il a tenu bon. Moi-même, je n’aurais sans doute pas appris (voire écouté…) la chanson si je n’avais pas, en 2008, assisté à quelques concerts du groupe aux USA, où ils chantaient quasiment toujours dans cette langue. En partie, d’ailleurs, parce que j’avais appris qu’ils avaient réintégré dans la setlist de l’époque cette chanson que je voulais entendre en live. J’ai donc chanté en anglais, en souvenir de ce concert de San Francisco où le Bill de 19 ans aux cheveux teints en noir avait chanté à 10m de moi « There is no turning back », assis au bord de la scène. Trop de feels, tout ça, danke für die Erinnerung.
J’ai quand même eu quelques moments de WTF durant le concert, notamment pour le morceau où les VIP (les fans ayant payé les packs à 1000 euros) montent sur scène avec le groupe. Car en choisissant pour cela le premier single de l’album Humanoid, Automatic, Bill se retrouve à leur chanter « There’s no reaaal love in you ». Et je n’ai pas pu m’empêcher de me demander si c’était voulu, ou juste parce qu’ils pensaient que c’était un titre assez connu en anglais et assez vieux pour que les fans puissent chanter avec Bill. (c’était un peu raté). Faites-leur carrément chanter « Dogs unleashed » la prochaine fois, hein XD. Le doute sera levé. Et le son avait quelques ratés, ce que je mettrai sur le compte de l’Olympia, qui ne m’a jamais particulièrement convaincu de ce côté…
J’avais trouvé sur Twitter la setlist d’un des concerts, histoire de ne rien rater (vu que je n’allais voir, cette fois, qu’un concert de la tournée), sans percuter qu’elle mentionnait Durch Den Monsun et non sa version anglaise Monsoon (sans doute un concert en Allemagne car celle d’Amsterdam indique effectivement Monsoon). Du coup, quand Bill a commencé à chanter en allemand, de surprise je lui aurais roulé une pelle (et même aux autres, tiens. GROUP HUG TIME). Ce qui l’aurait traumatisé à vie et empêché de recommencer, donc heureusement que j’étais en gradins et trop haut pour sauter. Cette seule et unique chanson « d’avant » chantée en allemand a surtout mis en avant la différence flagrante que cela fait pour moi, émotionnellement et musicalement, entre « C’est pas mal » et « RAH REFAITES MOI TOUT UN CONCERT COMME CA BORDEL! ».
Mais de toute façon, la première intervention parlée de Bill m’avait éclairé d’emblée sur le fait qu’on allait être en décalage : il a demandé où en était le taux d’ébriété de la salle, et a dit que d’ici la fin du show, il voulait que tout le monde soit en sueur et fin soûl. Ce n’est pas la première fois que j’entends un musicien dire un truc pareil en concert, et à chaque fois je me demande si c’est pour gonfler les ventes de boissons de la salle pour pouvoir y jouer de nouveau, ou juste la tendance naturelle des musiciens à l’alcoolisme (je prépare un dossier). Dans tous les cas, je ne me suis pas sentie concernée (et je n’ai pas encore pu écrire l’article où j’explique que moi et le sport et la danse, hein…). Ce qui peut résumer une bonne partie de mon sentiment durant ce concert. Ce n’est pas eux, c’est juste qu’on n’est plus en phase.

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Notez bien qu’outre que c’est de leur âge, ils ont sans doute raison de virer à ça, en plus : ils n’ont jamais eu autant de bonnes critiques (et déjà, que des journalistes musicaux daignent parler d’eux pour autre chose qu’une blague méprisante, c’est une belle évolution). Il y a plus de gars dans le public. Il faut dire que maintenant, ils peuvent ressembler à Bill, alors qu’avant pas vraiment. Et apparemment beaucoup ont besoin de s’identifier pour aimer un groupe. Comme quoi, pour être pris au sérieux dans la musique, il faut parler biture, drogue et sexe, même si au passage le vocabulaire se réduit à 500 mots. Pas la peine de se demander pourquoi tous les artistes devenus célèbres jeunes passent par une phase « tro rebelz je joue un junky qui se prostitue » ou « je fais de la balançoire nue sur une boule de démolition », chose que je trouve cliché au possible et sans grand intérêt : c’est parce que le public et/ou les médias ont effectivement besoin de ça pour réaliser que les gens évoluent.
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Bill mouille sa chemise (cotte de maille)

Pour finir sur quelques bonnes notes, d’abord au niveau fans, comme je n’étais pas dans la fosse, je n’ai rencontré que des gens charmants, de bonne composition, polis et tout. Oui, ça m’a un peu surpris. Ensuite, vous remarquerez que si les packs VIP sont chers, ceux qui ont payé pour monter sur scène lors d’une chanson sont chouchoutés par Bill (et certaines en profitent un peu). Ce qui est représentatif du gars et de son rapport au public : on peut dire ce qu’on veut, il est né pour être sur le devant de la scène. Bill-chouquette était trop content que toute la salle chante Durch Den Monsun en allemand (même si sur Black ça l’avait un peu soûlé qu’elle chante plutôt Schwarz). ON A EU DROIT A UNE CHANSON EN ALLEMAND SANS DEVOIR FAIRE PRESSION.
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Et un lancer de confettis (blancs). Les « 3 autres gars » nous ont salué « comme avant » après le départ de la diva, à la fin du concert. Et on a même eu droit à une petite hola de Gustav (autre tradition Tokio Hotelesque mais qu’il ne fait pas à tous les coups, alors quand il le fait c’est cadeau. Bon, on a distinctement gueulé Gustav Gustav à leur retour pour le rappel, alors quand même). Et Tom a fait semblant de pousser Georg dans la fosse :

Bonus track : l’avant-concert

En début d’après-midi, je suis allée à l’Olympia, prise d’une envie soudaine d’un pack soundcheck s’il en était resté. J’ai voulu retirer mes billets, c’était à partir de 18h30. J’ai attendu à la sortie des Artistes et devant la salle qu’arrive le groupe et les mecs qui organisent les packs VIP.
Commentaire de burolier du quartier passant devant les 10 fans qui attendent à l’entrée des Artistes : « Après elles auront des places de merde ».
La « beauté » des packs VIP, c’est que sans, tu as forcément des places de merde vu que tu entres dans la salle après ceux qui en ont (cad au bas mot 150 personnes). Alors laisse-les décider de ce qu’elles font de leur temps. Tu passes bien le tien à remplir des Powerpoint et des rapports d’activité.
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Et moi je fais des camemberts dans Excel

Scène de rue : une trentenaire en jean, bottes de cheval et veste pied de poule qui regarde de travers une mère et sa fille en redingoth (comme une redigote, mais plus gothique qu’historique).
10 mn avant l’appel théorique des 1ers packs, ne voyant rien venir, et en ayant marre de me geler debout pour des gens qui répondent pas à leurs mails / Twitter (là je parle des organisateurs des packs, pas du groupe), je me suis barrée. J’ai un petit regret quand même. J’aurais voulu écouter Black en petit comité. Une autre fois. Même en anglais. Mais ce ne serait pas très raisonnable, parce que ce que je voudrais vraiment, ce n’est pas tant un 2e concert de Tokio Hotel qu’un 2e concert du Zimmer 483 Tour. Et ça, ce n’est pas possible.
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14 réflexions au sujet de « Concert : Tokio Hotel à l’Olympia – Dream Machine »

  1. Ooooh Tokio Hotel!!! Ca fait un bail que je n’avais pas entendu parler d’eux! Ils ont bien grandi 🙂
    Par contre c’est vrai que leur style changé/évolué…

    • Je n’ai pas réellement prévu d’en faire un article, vu que c’est décousu. C’est plus une private joke quand des artistes que je suis (ou que des amis suivent et dont je vois donc les publications sur FB par exemple) disent postent des trucs en rapport avec l’alcool. C’est souvent. Ca me soûle, sans vouloir faire de jeu de mots. (je suis comme Mr Jourdain, j’en fais sans faire exprès…).

  2. « sex and drugs and rock’n’roll » chantait Ian Dury. Si on fait entrer « alcool » dans la partie « drugs », je crois qu’on a tout et qu’on a fait le tour des sujets principaux/ des paroles aussi dans la pop/rock.
    Me sens plus du tout concernée non plus…

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