Voyage : un week-end à Birmingham : un grand cri d’amour

Depuis des vacances ratées à Berlin parce que je n’avais pas du tout préparé le voyage et que, ne sachant pas quoi visiter, j’avais marché des heures dans des quartiers moches, je m’organise toujours un programme avant de partir quelque part. Pour voir les incontournables centres d’intérêt touristiques, certes, mais parfois aussi pour leur préférer des lieux plus confidentiels mais plus conformes à mes centres d’intérêt.

Par exemple, en 3 (très) courts séjours à Amsterdam, je n’ai toujours pas mis les pieds chez Mme Tussaud, parce que non seulement ces fausses célébrités ne m’attirent pas, mais en plus les simulacres d’humain me mettent mal à l’aise. Par contre, le Cat Cabinet, obscure curiosité citée en fin de liste des guides papier, quand elle l’est (un petit musée sur les chats et leurs représentations dans la culture de l’Egypte ancienne à nous jours), a fait partie du programme de ma première visite (au détriment du musée Van Gogh : je ne suis pas fan et il y en a plein à Orsay…).

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Birmingham, la ville où il n’y a rien à voir?…

Donc pour Birmingham, deuxième ville la plus peuplée d’Angleterre après Londres, j’ai cherché un guide du style « Un Grand Week-end à… » (mes préférés), ou assimilé. Rien. J’avais déjà réservé mes billets d’avion et de concert pour voir les Red Hot Chili Peppers et les Babymetal là-bas, je n’allais pas passer 3 jours à buller dans un pub ou un salon de thé, tout de même?

J’ai vérifié sur Internet, aucun guide papier de la ville. J’ai feuilleté ceux de l’Angleterre, dont le Guide Vert Michelin que je possède (un peu écorné par mes pérégrinations Buffyesques). Il m’arrive pour les petites localités de simplement photocopier les quelques pages les concernant, au moins ça me fournit le plan. L’un des guides expédiait en une page les « 3 villes des Midlands », Birmingham, Coventry et une autre, en disant que les Anglais eux-mêmes les décrivaient comme « grises et brumeuses ». Et les autres ne faisaient guère mieux. Idem pour l’Anglais à qui j’ai demandé, qui m’a dit ne jamais y avoir mis les pieds, qu’il n’y avait rien à y voir et que c’était une ville pour le tourisme shopping.

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Jolie dame égyptienne

… M’enfin? Une ville aussi grande et ancienne ne peut pas être à ce point dénuée d’intérêt ! Un peu d’égards !

Heureusement, de nos jours, il y a Internet, et toutes les villes ont un site. Sur celui de l’office du tourisme, je découvre que la ville est riche de plusieurs musées, dont le principal, le Birmingham Museum and Art Gallery, s’enorgueillit d’une des plus riches collections d’oeuvres Pre-Raphaelites d’Europe – un de mes styles préférés en art. *yeux qui brillent* Merci, ô dieu Renard, de guider mes pas vers ce lieu!

D’autres sites touristiques sont éparpillés assez loin du centre ville, ce qui ne m’arrange guère pour cette fois : les concerts commencent tôt, et il me faut bien compter une heure au total pour retourner en train à l’aéroport puis, de là, à la Genting Arena après un passage par l’hôtel.

Dans le centre de Birmingham, j’ai néanmoins trouvé de quoi m’occuper joyeusement pendant 3 jours :

Le Birmingham Museum and Art Gallery

Chroniqué en détail ici sur le blog, avec son café et son restaurant de style Edouardien.

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Une verrière splendide qui vaut le détour

La cathédrale Saint Philip

Etrangement petite car lorsqu’elle a été « promue » depuis un statut d’église, lorsque Birmingham est devenue un évêché en 1905, le nouvel évêque, voulant consacrer les ressources de l’Eglise à aider la population, a estimé inutile de faire construire une grande cathédrale et a préféré conserver l’église d’origine. Vous, je ne sais pas, mais moi, j’en suis restée bouche bée en lisant cette histoire. Mais la notoriété de celle-ci ne vient pas de cet intéressante anecdote, mais des vitraux, dessinés par Edward Burne-Jones, un des maîtres du courant Pre-Raphaelite. Il avait tellement aimé le résultat du premier qu’on lui avait commandé qu’il a proposé de dessiner celui du mur opposé et ceux des côtés. Heureusement, démontés au début de la Seconde Guerre Mondiale et mis en sécurité, ils n’ont pas été atteints par les bombardements allemands qui avaient endommagé la cathédrale.

Des studios de la BBC

Ils se visitent, mais hélas pas aux horaires où j’étais en ville. Idem pour les enregistrements d’émission. Je me suis donc contentée du Visitor Centre de la chaîne, gratuit, qui occupe bien 20 mn à admirer plusieurs masques en latex d’extra-terrestres de Dr Who, d’un robot-tueur au batteur à oeufs (un Dalek), des costumes de quelques séries historiques en vogue et du Danse avec les stars local, des souvenirs de grands classiques de la chaîne (inconnus de moi pour la plupart… Quoique depuis, j’ai vu sur Arte quelques épisodes de Peaky Blinders, la série chroniquant les gangsters de la région entre les deux guerres, avec le glaçant Cillian Murphy dans le rôle principal). Et qui permet de se photographier à côté du Tardis! (à roulettes. On sait enfin comment il se déplace!)

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Des canaux

En traversant la Mailbox, le très posh centre commercial où se trouve la BBC, on débouche sur une agréable zone de balade le long de canaux, bordés de bâtiments en briques rouges. Héritage de la Révolution Industrielle, ils s’étendent sur plus de distance que ceux de Venise. Récemment rénovés et « gentrifiés » comme de nombreux quartiers de docks, de Londres à Oslo en passant par Paris, ils permettent de flâner jusqu’au Sealife Centre, ou au Symphony Hall, ou simplement de profiter de la quiétude du bord de l’eau pour dîner dans l’un des nombreux restaurants (plutôt bobos…) qui les bordent, en particulier dans la zone de Brindley Place. Au lieu des gondoles, on y trouve des péniches, dont certaines proposent restauration, balades ou commerce de produits artisanaux. Et bien sûr des pubs et autres lieux propices à la vie nocturne. J’en ai dispersé les photogéniques clichés dans l’article.

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Un marché de Noël allemand

Si si, je vous jure. Moi la germanophile, j’ai trouvé le moyen d’aller voir des concerts en décembre en Angleterre dans une ville qui vend alors de la bratwurst par demi-mètre et des petites maisons en bois traditionnelles. Un pur hasard. La ville est jumelée avec Francfort, et c’était justement le 50e anniversaire de ce partenariat, mais le marché de Noël allemand a lieu tous les ans. Ce qui explique que, allant de la gare à la mairie, je sois tombée sur des petits chalets qui témoignent plus de la culture germanique des marchés de Noël que nos ersatz parisiens made in China. (Quoique pour être tout à fait honnête, dans la plupart des stands, les vendeurs ne parlaient pas allemand mais d’autres sabirs de l’Est. Mais c’était déjà mieux que des vendeurs de spinners…) Les maisons miniatures m’ont rappelé celles visibles dans le tome La Frontière de la Vie de Yoko Tsuno. Il faut dire que si Anglais et Allemands s’accordent sur une chose, c’est sur l’amour de la bière, de la saucisse et des gâteaux moelleux.

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Une architecture variée

Le centre de la ville est un curieux mélange de bâtiments anciens datant pour la plupart de la Révolution Industrielle, et d’autres bien modernes, la plupart de bureaux, grands hôtels et centres commerciaux. Beaucoup d’entreprises fuyant les loyers exorbitants de Londres y ont leur siège ou de grands buildings. La ville est en plein chantier, et les architectes s’en donnent à coeur joie. Témoin, parmi les bâtiments publics, la récente Bibliothèque Municipale (ci-dessous, le bâtiment qui semble construit en Lego géants jaunes et gris…). Le résultat n’est pas toujours heureux, mais il y en a pour tous les goûts. Et pour avoir visité Francfort, j’atteste qu’elles ne sont pas jumelles pour rien : elles partagent ce mélange de buildings modernes cossus et de bâtiments plus anciens. Normal : les deux ont été partiellement démolies par les bombardements lors de la Seconde Guerre Mondiale. Alors certes, du coup, la ville n’est ni charmante, ni pittoresque, ni à proprement parler belle… Elle est disparate. Au moins, on fait de jolies trouvailles par surprise!

Le patrimoine musical

Une autre chose sur laquelle Anglais et Allemands s’accordent, c’est la musique. Birmingham est réputée pour sa salle de concert philharmonique, mais je n’ai fait que passer devant. La ville est aussi, entre autres, le berceau du heavy metal, grâce au groupe Black Sabbath qui y a fait ses premières armes, suivi de bien d’autres  (Chad Smith leur a d’ailleurs rendu hommage à la fin du 2e concert des Red Hot Chili Peppers). Un gars du cru y a même organisé des visites thématiques de la ville pour fans de metal et/ou de Black Sabbath, mais hélas son blog et son compte Twitter semblent peu actifs. L’exposition que le très distingué BMAG a consacrée au groupe est également terminée depuis longtemps.

Comme l’indique cet article de Time Out, sur les 7 lieux du patrimoine musical pop-rock-metal de la ville, la plupart ont été démolis et remplacés par des parkings et des buildings. En dépit d’un projet de reconversion en musée de la musique, non retenu par les vendeurs, ce sera sans doute bientôt le cas du dernier, pourtant peut-être l’un des plus importants. The Crown Pub, fermé depuis 2015 et vendu à un consortium taiwanais, est, d’après la légende, l’endroit où Black Sabbath a débuté sur scène, quand l’endroit s’appelait encore the Blues House. Et Led Zeppelin (dont la moitié des membres sont des « brummies ») y aurait donné un de ses premiers concerts.

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Et aussi :

– des galeries commerciales chic et charme comme à Paris, comme la Great Western Arcade, planquée près d’un immense et rutilant gratte-ciel bleu.

– où l’on trouve comme ici un Victorian Restaurant, qui serait un piège à touristes, si ceux-ci représentaient une clientèle suffisante à Birmingham. Mais ce n’est pas le cas, alors c’est un restau familial à la décoration surannée qui ferait bondir d’indignation Gordon Ramsay, aux plats traditionnels faits maison (ou alors c’est très bien imité), dont une apple pie bien chaude, et aux tarifs modiques, essentiellement fréquenté par des Anglais d’un certain âge. Rien d’exceptionnel mais typiquement anglais. Pour tous ceux qui veulent se sentir projetés dans un épisode de Barnaby

– à côté de l’aéroport et de la Genting Arena se trouve un centre d’exposition, qui accueillait ce week-end là Insomnia 59 : la 59e édition du plus grand festival de gaming de Grande-Bretagne, avec un camping indoor (faut dire, le camping « outdoor », à Birmingham en décembre…). Et qui m’a permis de comprendre mes difficultés à trouver une chambre d’hôtel.

– une grande boutique Forbidden Planet, paradis des geeks (pas très loin de la dite galerie commerciale de ).

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Si j’étais restée plus longtemps, j’aurais aussi pu visiter, plus loin du centre ville :

– le Barber Institute of Fine Arts, à Edgbaston : mon principal regret, au vu de sa description, et apparemment proche de plusieurs musées universitaires sur les minéraux etc.

– le quartier des joailliers et son musée.

– le Thinktank, que j’imagine similaire à la Cité des Sciences de la Villette, ou au Palais de la Découverte.

– le Sealife, sans doute identique à celui d’Oberhausen où j’avais vu Paul le Poulpe  (non, je n’ai pas d’autographe), cad dans mon souvenir, quand même cher payé pour une visite d’environ 1h.

Sarehole Mill, moulin censé avoir inspiré Tolkien pour décrire le pays des Hobbits – il a vécu dans la région.

– un circuit pour visiter les anciens quartiers d’ouvriers.

Il y a également une maison de l’époque Tudor : le Blakesley Hall, et un manoir d’architecture Jacobéenne, Aston Hall. Mais c’est là qu’on voit que Birmingham n’a pas l’habitude des touristes : c’est seulement ouvert quelques jours en semaine, à des horaires dignes d’un bureau de poste de grande banlieue, et peu desservis par les transports en commun. Tant pis. Ça avait l’air intéressant.

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Un pub du bord des canaux

Aux alentours

Si vous séjournez dans le coin suffisamment longtemps, en 1h de train vous pouvez aussi aller à Coventry, qui recèle quelques bâtiments historiques, notamment la statue de Lady Godiva. Non, pas l’inventeuse du chocolat. Allez donc lire la légende qui raconte comment elle a aidé son peuple en traversant la ville nue sur un cheval.

Ce qui m’a le plus marqué de la ville, néanmoins, quand j’y suis passée il y a une diz… douzaine d’années dans mes pérégrinations Buffyesques, c’est sa cathédrale aux trois-quarts détruite par les bombardements, et laissée en l’état pour le souvenir (à l’instar de l’Eglise du Souvenir à Berlin). Sans toit, elle est impressionnante.

Non loin également, Stratford upon Avon, la ville de Shakespeare, qui a bien capitalisé sur ce titre de gloire et ressemble à un Disneyland du barde : chaumières, parterres de fleurs et autres paysages anglais de cartes postales vous y tendent les bras.

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Virgin Trains offre à boire aux chiens

Le mot de la fin : thank you brummies!

Je n’ai pas eu que des bonnes expériences en Angleterre, et en particulier avec les Anglais. Que ce soit à Londres ou ailleurs, ils rivalisent souvent dans le service exécrable avec leurs équivalents parisiens.

Mais à Birmingham, que ce soit l’air des Midlands ou la période des fêtes, je l’ignore, mais je n’ai qu’à louer l’amabilité et la serviabilité de tous ceux que j’ai croisé (et pas que mes comparses kitsune : les fans de Babymetal sont toujours plutôt cools). Musées, commerces, voisins de concert, ….. Jusqu’au personnel de Flybe qui m’a laissé embarquer avec le sourire mon bagage cabine (format Air France) qui dépassait de quelques centimètres de leur gabarit, et à celui de la sécurité à l’aéroport, ou bien le vendeur qui m’a conseillé de plutôt acheter la plaquette de chocolat que les 3 barres parce que c’était moins cher (alors que je suis encore fait carotter par mon primeur parisien la semaine dernière).

Bref : Birmingham vaut bien une messe un week-end, et les Brummies (ses habitants) sont bien aimables. Si vous avez l’occasion d’y aller, n’hésitez pas davantage !

NDLA : cet article n’est pas sponsorisé, malgré les apparences. C’est le contraste entre attentes (faibles) et réalité (bien sympa) qui m’a frappé, je pense.

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Comment y aller

En avion :

Arrivée à l’aéroport Birmingham International. Des vols directs et pas très chers sont assurés plusieurs fois par jour par, notamment, Air France et Flybe (cette compagnie étant low cost, attention aux frais additionnels comme les bagages en soute). Plusieurs hôtels sont à côté de l’aéroport, si vous comptez surtout assister à un événement près de la Genting Arena. Une navette gratuite automatique vous conduit en 5mn à la gare nommée, de façon originale, Birmingham Int’l. Des liaisons en train jusqu’au centre ville y sont assurées toutes les 20 mn par British Midlands et Virgin Trains (préférez les billets « all lines » qui vous permettront de prendre l’une ou l’autre). Les billets jour ou aller-retour ont un coût modique (5£ environ si vous évitez les heures de pointes, cad le matin en semaine avant 9h).

En train :

Des liaisons directes régulières sont assurées depuis Londres et les autres grandes villes du pays plusieurs fois par jour, la ville étant un centre d’affaires important.

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4 réflexions au sujet de « Voyage : un week-end à Birmingham : un grand cri d’amour »

  1. Je vois que tu as autant de retard que moi sur la publication de certains articles. Le récit de mon trip à Cologne en décembre 2016 attend toujours.dans mes cartons…
    Ca donne envie de dépasser Londres et d’explorer un peu plus l’Angleterre.

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