Carnet de comptoir : dans Ressources Humaines, il y a… sour?

De toute évidence, ce midi, les gens à la table voisine font partie d’un service des Ressources Humaines.

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D’abord, ils se plaignent d’une de leurs collègues qui va faire une formation en sophrologie, 2 jours par semaine, deux semaines par mois. Et qui a priori est déjà aux 4/5e. Ce qui les embête, c’est qu’elle n’a pas l’air bien fixée sur son projet (profil « papillon » qui a déjà pris récemment une année de disponibilité pour formation universitaire), que la formation a l’air un peu insuffisante. Accessoirement, elle fait une montagne d’un rien, donc devenir sophrologue pour aider les gens, ça ne paraît pas être dans ses cordes : il faudrait déjà qu’elle s’aide elle-même. En plus, au début ils se disaient qu’elle ne serait pas disponible 4 jours par mois (en plus des 4 de son 4/5e), mais ça passe. Sauf qu’elle veut plus, en tout cas elle se plaint, car elle aura du travail perso à faire à la maison (« ben oui c’est donc à la maison », sous-entendu pas au travail), et un mémoire à préparer (ben oui c’était prévu dès le départ, hein, fallait y réfléchir en t’engageant).

Bon. Soit. Ca s’entend.

Le profil papillon-boulet, j’en ai croisé assez pour savoir que comme collègues, c’est la plaie parce qu’ils ne font pas grand-chose, pas très bien et qu’ils font surtout perdre du temps à tout le monde. Et dans le fandom, ce sont aussi des crampons

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Sauf que 10 mn après, ils parlent d’une autre salariée qui a fait une formation de yoga (en dehors de ses heures de travail, elle : la moitié des gens à table n’étaient pas au courant et n’avaient pas remarqué qu’elle l’avait faite), et que là à la rentrée, elle ouvre son studio de yoga pour donner des cours à son compte le soir, tout en gardant son activité salariée. Eh ben là, ils critiquent encore en disant que « il y en a qui sont pas fatigués après leur journée de travail, alors que toi tu rentres tu es lessivé ».

Alors il faut savoir : les gens qui disent qu’ils vont avoir du mal à assurer le surcroît d’activité demandé par leur projet perso en dehors du travail, on les critique, et ceux qui arrivent à mener les deux de front sans que ça se soit vu (parce qu’a priori personne n’a remis en cause la qualité de son travail), on les critique aussi?

Et sinon, c’était le déjeuner à thème « langue de pute » ou c’est toujours comme ça dans les RH?…

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7 réflexions au sujet de « Carnet de comptoir : dans Ressources Humaines, il y a… sour? »

  1. Je dirai que c’est toujours comme ça avec un groupe d’humains. Pour ce qui est des RH, après 17 ans dedans et une démission salutaire, oui en effet, on parle « boulot », rarement de manière positive, parce que probablement ce ne sont pas des jobs vraiment exaltant ou épanouissant, et que beaucoup de collègues jalousent en quelque sorte des profils parfois surprenant qu’elles voient passer entre leurs mains. Mais je pense que tous les jobs du tertiaire engendrent ce mode de pensée.

    • J’avoue que quand ils ont abordé le côté « il y en a qui sont pas fatigués après leur journée de travail, alors que toi tu rentres tu es lessivé », j’avais envie de leur répondre « Désolée que tu aies une vie de merde mais tu pourrais peut-être essayer d’y changer quelque chose si tu t’y ennuies tellement que tu viens râler sur ceux qui prennent leur vie en main? ». Parce que d’expérience, faire autre chose après le boulot, si ce n’est pas dans le même domaine, ça peut se faire, parce que ce ne sont pas les mêmes neurones qui travaillent. Et quand on est motivé, ça passe. Bon, peut-être pas non plus avec 3h de sommeil par nuit pendant 1 an… mais pour bosser sur un vrai projet de vie c’est autrement motiver que faire ses 40h pour payer ses impôts…

      • Depuis ma démission, j’en croise beaucoup moins de ces gens fatigués dès le matin au réveil, mais en même temps je peux comprendre l’acceptation d’une routine de toute une vie – après tout, il m’aura fallu 17 ans pour cesser de me convaincre chaque matin de préférer la « sécurité » d’un job d’Etat. C’est le danger de nos sociétés occidentales qui se disent démocratiques, et qui laissent le libéralisme nous endormir dans de jolis cocons de confort et de besoins artificiels. En parallèle, on te matraque 24/24 qu’il ne faut croire en rien, ne faire confiance à personne, surtout pas à soi-même, alors la routine, pour toute la vie, ça rassure, et tant pis si tu es sous perfusion jusqu’à ta mort. Je me suis pas mal demandé si je ne devais pas écrire un beaucoup sur cette expérience de vie, mais non, c’est le quotidien d’une majorité de gens, ils et elles se sentiraient menacé, et sous la menace, un occidental se braque, et oublie.

        • Je connais plusieurs personnes qui ont sauté le pas de troquer la sécurité pour le job « passion » ou le cumul d’activités moins rémunérateur mais plus dans leurs goûts. Personnellement, je ne les envie pas plus, parce qu’il y a autant de contraintes que dans les jobs routiniers. Je préfère avoir un travail qui outre qu’il me met à l’abri financièrement, me laisse des vacances et du temps libre pour en profiter. Ce qui est rarement le cas des boulots créatifs. Evidemment on est tous différents, mais vu mon tempérament anxieux et ma tendance à changer de goûts tous les 15j, devoir gagner ma vie dans un autre domaine serait encore plus contraignant.

          • Par contre je ne me vois pas critiquer les gens qui soient le font, soient arrivent à combiner les deux! Au moins ils essaient de faire ce qui leur convient pour être heureux, au lieu de se contenter de faire « comme tout le monde » sans se poser de questions…

  2. Cela me rappelle un après midi avec ma mère est ces copines du 3 em age , au bout d’un moment , agacé, je leurs ai dit que c’était pas bon d’être absent dans leurs groupes . Les mouches se sont mises à faire du vol plané. C’est pareil dans tout les groupes, Il faut juste ne pas y participer, voir leurs ouvrir les yeux.

    • Pas tous les groupes heureusement. C’est possible de parler d’autre chose que de ragots, ou de parler des gens sans que ce soit pour critiquer systématiquement. J’essaie d’éviter ces gens… Tu as bien fait de leur faire la remarque!

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