Transports en commun : les deux glands

Je suis dans le bus en train de farmer mes matchs de Captain Tsubasa Dream Team pour le dernier challenge en date. Comme je passe déjà trop de temps avec les écouteurs sur les oreilles au boulot pour bloquer le bruit de l’open space, je ne les ai pas mis. Je subis donc la conversation des deux gars installés sur la banquette juste derrière moi, discutant de leur travail, à base apparemment de transactions immobilières. Ca cause « commercial », cad vulgaire à base de « bat les couilles » et de rengorgement de coq de bureau sur les victoires en réunion. Et fort, parce qu’ils se sont installés avec un siège vide entre eux, sans doute atteints d’hypersensibilité gonadique comme le connard moyen.

Ils se moquent aussi de quelqu’un qu’ils connaissent de longue date, en mode « on va construire 3 blocs devant chez lui et lui pourrir la vue, il va rien comprendre ».

Ca gesticule et parle fort, ça joue les divas, les ténors de la bêtise…

Et là, la conversation dévie sur les mangas, car la cible de leurs moqueries en écrit, ce qu’ils trouvent hilarants pour une raison qui m’échappe. Enfin non : vu tout ce qui a précédé, ils semblent très fiers de gagner de l’argent. Ok. Tant mieux pour vous. C’est vrai qu’il vaut mieux être riche et en bonne santé que pauvre et malade, mais… rien dans leur conversation n’indique que leur cible est malheureux de son activité. Ou qu’il n’en vit pas. Il ne fait pas qu’en lire ou en regarder, déjà.

Ca ne les empêche pas de passer un moment à rigoler des mangas de leur jeunesse, Dragon Ball, Nicky Larson… Et Olive et Tom.

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Ah ben je l’attendais celle-là. Je le prends un peu pour moi, parce que d’où ils sont, il est tout de même probable qu’ils voient l’écran de mon téléphone, où Tsubasa galope depuis 20 minutes, où Mark Landers marque des patates papinesques et autres exploits aisément reconnaissables. Et ce n’est pas la première fois que des individus de ce style commentent bruyamment mon occupation du moment dans les transports en commun (parfois plus directement. C’est dingue ces gens qui ne se sentent exister qu’en essayant de rabaisser les autres).

Et ça déblatère sur le fait que le ballon se transforme en aigle (non, c’est une métaphore visuelle de vitesse, n’exagérons rien), en crêpe tout aplatie, que c’est pas du vrai foot (c’est pas faux : le vrai foot, 95% du temps c’est répétitif et ennuyeux).

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« Mais en vrai je suis sûr que t’as pas raté un épisode »
« Ouais c’est vrai, ça, Dragon Ball Z… Et Sailor Moon aussi ».

Alors là, j’avoue, petite surprise. Notez bien qu’à la dédicace de Marco Albieri à Mangarake en décembre, il y avait surtout des mecs parmi les gens qui sont allés se faire signer une petite sailor en jupette.

Nonobstant, je reste zen. Parce que vous voyez, non seulement j’ai pris le bus au lieu du métro pour avoir de la connexion pour farmer mes matchs de foot de Japonais en short en rentrant du travail, mais en plus je multitask : *sous* le téléphone, j’ai la Go Plus connectée à Pokemon Go qui me permet en cliquant dessus d’attraper des Pokemons, de tourner des Pokestops et de compter des kilomètres pour incuber mes oeufs.

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Et j’ai aussi un boulot qui me permet de m’acheter le téléphone, la Go Plus, et dont les jeux vidéos me permettent d’évacuer le stress. Notamment celui de supporter la promiscuité avec un prochain dont les conversations me soûlent même quand je n’en suis pas destinataire, parce que je ne peux pas faire autrement que de l’entendre parce qu’ils se croient intéressants.

Et qu’une scolarité à voir mes goûts dénigrés m’a appris que le mieux à faire face à des commentaires de ce genre est de les ignorer, vu que ça se veut provocateur.
*soupir*
Mais ça reste fatigant.

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