Insécurité routière, vélo et lois débiles

J’ai appris au détour de Twitter que parfois les cyclistes avaient le droit de brûler certains feux rouges. Évidemment, personne n’a pensé à prévenir les piétons ni ne s’est inquiété de comment ceux-ci pouvaient savoir s’ils devaient s’attendre à se faire rouler dessus ou pas…

Quand j’ai passé mon permis, l’accent était mis sur le fait que la sécurité, c’était l’anticipation. (ex : un de mes moniteurs m’a dit que si j’avais devant moi une voiture toute beugnée immatriculée en banlieue, il valait mieux garder une distance parce qu’ils n’étaient pas assurés et se fichaient d’un gnon de plus sur leur carrosserie. Et au cas où vous voudriez savoir, le moniteur n’était pas gaulois).

L’anticipation se fait notamment sur la base du code de la route et de son respect. Le feu n’est visible que des voitures et des cyclistes, impossible pour le piéton de prévoir.

Bref, encore une réforme complètement débile et dangereuse, mise en place pour faire plaisir aux cyclistes parisiens, pensée par des GROS BLAIREAUX QUI NE VOIENT PAS PLUS LOIN QUE LE BOUT DE LEUR IDÉOLOGIE. J’en ai marre que les lois soient écrites par des débiles… et après on voudrait que je fasse confiance aux gens qui dirigent ce pays.

Promis, si un jour je vois passer un texte de loi ou une mesure, une seule, qui a l’air d’avoir été réfléchie en tenant compte des conséquences et de la vraie vie, j’y songerai. A mon avis ce n’est pas près d’arriver.

Frozen II : Le retour de la Reine

A la base, j’étais allée voir la Reine des Neiges (le premier film) parce que les graphismes promotionnels me plaisaient. J’aime bien Disney mais sans excès (si ce n’est que depuis, ils ont racheté peu ou prou toutes les franchises de mon adolescence, avec des résultats divers). Je ne m’attendais pas à en ressortir autant emballée et bouleversée. C’est qu’au fil des années, il devient difficile d’être surpris ou autant enthousiaste que quand on est enfant ou adolescent.

Elsa est entrée avec fracas dans le top 10 de mes personnages préférés toutes catégories confondues, pour plusieurs raisons :

  • les références nordiques me rappelaient de récents voyages en Norvège et en Suède (avant que ces souvenirs ne soient un peu ternis par la débâcle A-ha…), ainsi que de plus lointains souvenirs de fiction (les guerriers divins d’Asgard, entre autres).
  • les chansons sont hyper cathartiques à chanter (un jour, je ferai un pot de départ en mettant Let It Go en musique de fond…).
(paroles non contractuelles)
  • j’adore les personnages dotés de pouvoirs surpuissants, et Frozen est, en quelque sorte, la meilleure adaptation à l’écran de l’histoire du Dark Phoenix des X-Men, mais en version glace et princesse Disney. Pardon, la seule reine Disney qui soit une héroïne.
  • ce n’est pas un hasard si je parle des X-men : le thème principal du film, c’est la différence, dont les mutants étaient une métaphore et Elsa une autre. Ce qui en a fait une icône gay, alors que n’importe qui ne se sentant pas comme les autres peut se reconnaître dans son personnage. Même si, malheureusement, je ne peux pas tuer des gens avec des icebergs. Juste les assassiner verbalement.
  • l’histoire faisait plein d’échos à celle de ma Mary Sue préférée (vocabulaire de fandom : une Mary Sue est un personnage fictif qui représente l’auteur, inséré dans des fan-fictions. Terme généralement péjoratif car le « cas » qui lui a donné son nom était un personnage pas intéressant, présenté comme parfait et devenant grosso modo sans raison le personnage central de l’univers, celui de Star Trek en l’occurrence. Personnellement, j’utilise ce terme pour tous les « moi fantasmé » qu’on peut s’inventer, que l’on rédige leurs aventures ou qu’elles restent dans nos têtes).
  • le film m’avait même donné l’envie de recommencer à écrire une fan-fiction, mais je n’ai pas eu le temps.
Nouveaux looks pour une nouvelle vie

Or doncques, après avoir soûlé tous mes proches et mes voisins à chanter Let it Go pendant 6 ans, y compris à pleins poumons lors du light show de Disneyland sous le regard perplexe d’une gamine, m’être tartiné Cendrillon le film en salles rien que pour voir le court métrage Frozen qui le précédait, et avoir suivi la montée de la hype de la suite via les extraits diffusés sur le compte Twitter officiel du 2e film, je ne pouvais manquer d’aller voir la suite des aventures d’Elsa et de sa frangine Anna. Non sans craindre une déception.

Que nenni ! La suite a frappé aussi fort que l’original, en allant un peu plus loin dans les thématiques initiales d’acceptation de sa différence et de développement personnel. Et en intégrant de nouveaux thèmes qui me parlent particulièrement en ce moment :

  • le temps qui passe sans qu’on ne puisse le retenir
  • le deuil
  • la recherche des origines
Arendelle s’agrandit…

Le pitch : Elsa est reine depuis 3 ans et quelques mois (on est passé de l’été à l’automne). La vie se déroule paisiblement dans une Arendelle ouverte sur le monde. Depuis quelques temps, Elsa entend une voix mystérieuse qui l’appelle, semblant venir du nord. Elle craint aussi la montée en puissance de ses pouvoirs de glace. Anna lui rappelle une histoire que leurs parents leur avaient raconté : leur grand-père, le père du roi Agnarr, avait fait construire un barrage loin au nord du royaume en cadeau pour les Northuldra, la population locale, connue pour ses liens avec la nature et les 4 esprits élémentaires (air, feu, terre, eau). Mais au moment de signer le traité de paix, les Northuldra avaient attaqué la délégation. Agnar s’en était sorti sans savoir comment, alors que son père et une bonne partie de la délégation restaient introuvables, morts ou prisonniers du nord du pays, bloqué depuis lors par un brouillard magique infranchissable.

Lors d’une scène spectaculaire au son de la chanson Into the Unknown (Dans un autre monde, en VF), Elsa réveille les 4 esprits des éléments. Ils semblent ensuite attaquer Arendelle, et la population doit se réfugier sur les falaises. Elsa décide d’aller au nord chercher des réponses. Anna lui impose de l’accompagner (dans une scène très drôle où elle soutient que sans pouvoir, elle a déjà sauvé Elsa), avec Kristoff, Olaf et Sven…

Des décors somptueux

J’ai particulièrement apprécié qu’ils étoffent les scènes d’enfance d’Elsa et Anna, pour retrouver leur complicité des jours heureux- elles sont trop choupinettes les frangines. J’aime aussi beaucoup les personnages de leurs parents. Même s’ils ont mal géré les pouvoirs d’Elsa faute de trop savoir comment l’en protéger, ils ont au moins fait ce qu’ils ont pu avec amour (et on comprend mieux avec ce parcours pourquoi ils n’ont pas été trop effrayés par ses dons).

Par contre, il m’a fallu voir des vidéos de fans sur Youtube pour comprendre enfin pourquoi ils avaient cru que ce serait une bonne idée de couper Elsa de tout contact après l’entrevue avec le roi des Trolls : étant habituée aux personnages surpuissants qui perdent le contrôle de leurs pouvoirs (Phoenix, la sorcière rouge, etc), pour moi c’était évident que quand le roi des Trolls a dit à Elsa « La peur sera ton ennemie », il parlait de sa peur à elle. Mais en fait les parents l’ont interprété comme le fait qu’elle serait menacée si la population apprenait qu’elle avait des pouvoirs. Au passage, les problèmes d’Elsa en saison 1 sont aussi une bonne métaphore des crises d’angoisse.

Les scènes coupées entre les deux futurs roi et reine (ci-dessous, qu’il me semble pourtant avoir vu au cinéma, mais qui ne figurent pas dans le DVD) nous en disent un peu plus sur eux, mais pas encore assez à mon goût.

Le film se situe en automne, symbolisé notamment par des momiji (érables au feuillage rougi par l’automne), visuel très japonais qui souligne bien le message du temps qui passe et de ce qu’on perd.

Le scénario s’éloigne du trope du royaume de conte de fées où tout le monde est beau et gentil. Le royaume nordique d’Arendelle devient un peu plus qu’un beau décor- même si apparemment sa population doit être équivalente en nombre à celle de Lancre, pour tenir grosso modo dans la petite bourgade qu’est la capitale… plus quelques bûcherons.

Kristoff a un rôle secondaire, en dehors d’un numéro de chant qui fait surtout rire les gens ayant connu les slows des années 80-90, mais quand il intervient, c’est pour confirmer qu’un tailleur de glace pragmatique vaut mieux qu’un prince charmant pour une princesse aussi active et déterminée qu’Anna.

Toutes les références à la rivière Ahtohallan, y compris dans la berceuse. Mais ça c’est perso.

Bruni, la salamandre

Les nouveaux costumes (il y en a plein) sont très beaux, et, ô joie, les tenues de voyage des deux princesses sont pratiques. En plus d’être belles. Il y a enfin des gens intelligents aux manettes. D’autant que, les graphismes par ordinateur ayant fait d’énormes progrès, ce sont de vrais costume designers qui s’y attellent désormais, pour des tenues dont on « sent » le poids des tissus, lourds ou légers, les ourlets, la texture. Je ne suis pas très portée sur les cosplays, mais j’ai envie de collectionner toutes les tenues d’Elsa. Ci-dessous un article qui leur donne la parole.

Anna, Elsa and the Costume Designers Who Create Their Looks – The New York Times (nytimes.com)

Et bien évidemment, visuellement on en prend plein les yeux, et les chansons restent bien en tête. Into the Unknown bien sûr, mise en avant car sans doute révélant moins de choses que Show Yourself, qui vient plus tard dans l’histoire. Et la berceuse de leur mère Iduna. On a aussi droit à 2 nouvelles versions du chant polyphonique traditionnel Sami qui ouvrait le premier film, et, sous le nom de Northuldra, à un peu plus de connaissance de leur culture.

Avec mon oeil cynique, j’ai aussi remarqué que Disney avait tenu compte des critiques des SJW sur le premier film concernant son casting « trop blanc », en ajoutant le lieutenant Mathias. Son personnage est plutôt réussi, alors ça va, mais je n’ai pas pu m’empêcher de noter aussi que bon, ok, ajouter un noir à Arendelle avec un poste de gradé pour faire plaisir aux partisans des quotas, ils veulent bien, mais que par contre, ils lui ont collé une ébauche de liaison avec la seule autre non-blanche d’Arendelle. Parce que faut pas pousser mémé dans les orties, les relations inter-raciales aux USA ça a encore du mal à passer.

MÉGA

SPOILER

CI-DESSOUS

Elsa et le Nokk

La cerise sur le gâteau, c’était le message de la chanson Show Yourself, malheureusement essentiellement perdu dans la VF. Elsa passe l’essentiel du film à courir après la mystérieuse voix qui pourrait lui révéler pourquoi elle a ses pouvoirs, espérant un peu qu’elle vienne de quelqu’un comme elle, comme elle le chante dans « Into the Unknown » : « or are you someone out there who’s a little bit like me, who knows deep down I’m not where I’m meant to be ». La différence, c’est toujours difficile, même quand on a trouvé des gens qui vous acceptent avec.

Au final, il s’avère que la voix est un écho de celle de sa mère quand celle-ci avait appelé à l’aide les esprits élémentaires (et notamment Gale, l’esprit du vent) pour sauver Agnarr lors de la bataille entre les soldats d’Arendelle et les Northuldra. Elle voit apparaître sa mère (comme le dit la berceuse d’Iduna au début, « Where the northwind meets the sea, there’s a mother full of memory« ) qui lui dit avec amour « Montre-toi, assume ton pouvoir. Évolue en quelque chose de nouveau. Tu es celle que tu as attendu toute ta vie ». Bref, pas la peine de chercher en quelqu’un d’autre l’absolution pour ta différence, assume toi. Surtout que bon, Elsa, ta différence elle est hypra cool, tu es l’élément qui fait la jonction entre les esprits et les humains, et tu es canon, tout le monde est tombé raide dingue de ton nouveau look cheveux détachés. Bisous.

De façon amusante, le début de la chanson décrit assez bien mon état d’esprit en regardant Frozen : l’impression de rentrer à la maison, en quelque sorte, et de retrouver une vieille amie que je ne connaissais pas avant le 1er film. C’est un peu l’effet qu’a Star Wars sur moi en général. Ça ne m’arrive plus si souvent, et c’est pour ça que j’ai autant accroché.

Bref : je n’ai pas fini de vous soûler avec ça. Et j’aimerais bien une prequel sur les parents, même s’il semble, d’après les références en ligne sur les romans autour du film, que l’histoire officielle développée est qu’Iduna n’avait pas révélé à Agnarr qu’elle était une Northuldra, ni que c’était elle qui l’avait sauvé. Ce que je trouve étrange, parce que dans le film, quand Agnarr commence à parler de la Forêt Enchantée, ils échangent un regard comme si cela les concernait au premier chef tous les deux. Et accessoirement parce que vu qu’il semble y avoir 300 habitants à Arendelle, difficile de cacher ça.

Le blues du musicien arrivé

Vous avez peut-être remarqué que nombre d’artistes à succès connaissent des passages à vide, voire perdent carrément l’inspiration ou ce qui faisait leur charme indéfinissable auprès du public. L’une des raisons se trouve sans doute dans les effets secondaires du succès : gloire, argent et cour de cireurs de pompes. Non que j’accorde du crédit au cliché de l’artiste maudit, non on n’est pas forcément plus talentueux quand on est malheureux. Mais le succès, notamment en musique, c’est en partie une question de toucher son public, d’arriver à toucher à l’universel via ses paroles… Alors que si on les laissait faire sans filtre, une star qui écrirait sur son quotidien, ça donnerait ça (à imaginer sur une rythmique de blues très classique) :

(du dum du du dum, bo bom bo bom)
Le voiturier a rayé ma Porsche hier soir (du dum, du dum)
Alors j’ai dû sortir ma vieille Jaguar (du dum, du dum)
Son châssis surbaissé se mange les trottoirs (du dum, du dum)
Ritz et Carlton fermés, où je vais aller au bar? (du dum, du dum)
(Refrain : )
Seuuuûl dans ma chambre, loin de la foule en chaleur
Je pense aux orphelins de guerre dans leur malheur
Putain de conflit qui m’a pris ma place au 20 heures…
J’ai pas trouvé de groupie pour mon coup du soir
Il faut être prudent et choisir une bonne poire
Elles n’hésitent plus à te traîner à la barre
Si tu leur laisses un polichinelle dans le tiroir…

C’est nettement moins « relatable » pour le vulgum pecus, pas sûr qu’il en vende des millions…

Sinon on peut faire la version hôtelière de « J’aurais voulu être un artiste », dans le même genre de problème de riches.

J’aurais voulu être à l’Ibis
Au lieu de ça je suis au Carlton
Je suis emmerdé par le service
Toujours entouré de vingt personnes

(ayant grandi dans un milieu plutôt petit bourgeois de première génération à s’être extraite d’un milieu prolétaire, j’ai découvert sur le tard le monde du luxe. Et autant j’ai adoré le service aux petits oignons d’hôtels 5 étoiles comme le Sers ou le Park Hyatt, autant le serveur qui vient te remplir ta tasse de thé toutes les 5 minutes au Plaza Athénée, j’ai trouvé ça un poil envahissant. Je ne suis pas encore grabataire, je peux me servir moi-même, si je laisse du thé dans la théière c’est pour qu’il reste chaud pendant que je déguste ma religieuse à 14 Eur, et j’aimerais bien papoter avec ma copine tranquille sans être interrompue à tout bout de champ, merci!)

Je suis disponible comme parolière comique, j’adorerais toucher des sous de la SACEM.

3e vente aux enchères « Goldorak » (et autres) dimanche 25 avril

La maison de ventes Cornette de Saint Cyr organise dimanche 25 avril une 3e, je crois, vente de cellulos et autres originaux de dessins animés japonais « Génération Goldorak« . La vente se tiendra à Bruxelles et en ligne – vous pouvez déjà consulter le catalogue et même poser des enchères. Si vous avez un PEL à liquider… sur les 2 premières, les prix ont grimpé très haut d’après les gens qui ont leurs réseaux pour acheter directement au Japon ou entre collectionneurs. Quelques centaines d’euros en général, à quoi s’ajoutent les frais de ventes, et, dans ce cas, de transport, car la vente a lieu à Bruxelles.

Encore de très belles pièces notamment du film Black Jack d’Osamu Tezuka (jamais vu, mais les cellulos sont superbes), une grosse brouette de Dragon Ball et ses dérivés, des Saint Seiya (dont Asgard), du City Hunter (pas mal), 2 cellulos pas dégueulasses de Akira (Tetsuo en l’occurrence), un cellulo du Memories du même Otomo avec son certificat d’authenticité signé du maître, du Capitaine Flam, du Albator, du Goldorak donc, et noyés au milieu, quelques cellulos plus rares me semble de Gigi, un de Creamy, un de Lady Oscar (personnage secondaire mal labellé sur le catalogue), et même des Cités d’Or dites donc…

Flashback : Tokio Hotel à Paris Bercy – 14 avril 2010

Je ne sais pas vous, mais les concerts me manquent. Et chaque 14 avril, je repense à celui-là en particulier, il y a maintenant 11 ans. C’était le tout dernier concert de la tournée Humanoid City du groupe allemand Tokio Hotel. On ne le savait pas encore, eux non plus sans doute, mais c’était la dernière fois qu’on les voyait en tournée en Europe avant un long hiatus, le déménagement aux USA de la moitié du groupe (les jumeaux), le passage aux albums tout en anglais (hélas) et une grosse chute de notoriété qui fait qu’ils n’ont plus jamais rempli de salles aussi grandes.

Ce dont ils ne se plaignent pas forcément : durant le confinement, Bill Kaulitz s’est occupé en écrivant une autobiographie intitulée « Career Suicide », en allemand donc je ne sais pas trop ce qu’il y raconte, mais quelque chose me dit que leur long break qui a correspondu de facto à un suicide professionnel était le seul moyen qu’ils ont trouvé d’éviter le suicide tout court. Enfin, suicide professionnel, n’exagérons rien : ils tournent encore, mais à plus petite échelle, et ont changé de maison de disque, quittant Universal (je ne sais pas si c’était de leur fait… m’enfin bon débarras, vu le peu de promo que leur faisait la dite maison), pour revenir à Sony, qui avait eu la mauvaise idée de les virer avec d’autres groupes débutants avant qu’ils ne deviennent célèbres. D’après le compte Instagram de Georg Listing (le bassiste), ça doit mieux se passer : pour son anniversaire ils lui ont offert une PS5 et il a fait une story « à la meilleure maison de disque du monde ».

Tokio Hotel – Komm – Paris – la dernière fois qu’on voyait l’ouverture de concert avec l’Etoile Noire qui s’ouvre…

14 avril 2010, donc. J’étais à l’époque en plein milieu de ma fanitude Tokio Hotelesque, que j’ai déjà raconté sur ce blog. Commencée en blague devant ce groupe de mioches qui m’avait rapidement bluffé par son professionnalisme dépassant celui de pas mal de musiciens plus vieux, son enthousiasme de jeunes chiots, et la combinaison de pop rock péchu et de la langue allemande dont j’adore les sonorités. Ce concert à Paris, c’était le 5e pour moi de la tournée. A la base je n’en avais prévu « que » 3, en France, et puis j’en avais ajouté 2 sur un coup de tête à l’approche des dates. NO. REGRET. Quelques jours avant ce concert, j’avais dérapé sous la douche et je m’étais pété 2 côtes contre le rebord de la baignoire, mais heureusement, c’était des « petites » fractures, donc j’ai quand même pu aller dans la fosse. Mais j’ai évité la foule des premiers rangs (c’était le premier Bercy qu’ils n’avaient pas pu remplir, du reste), restant à côté de la console son au milieu, avec une copine. Ce qui m’a donné l’occasion de dire bonjour à leur ancien manager David. Avant qu’une furie ne lui gueule dessus et ne ruine le moment. *roll eyes* Heureusement, elle n’a soit pas reconnu, soit pas vu qu’avec David, à l’abri avec les techniciens, il y avait leur meilleur ami et leur beau-père. Donc ils ont pu mater le concert tranquilles (mais un peu sur leurs gardes quand même).

Tokio Hotel – Humanoid – Paris – l’interlude acoustique de la tournée, toujours étonnant

Tokio Hotel a toujours eu mauvaise réputation en France (comme en Allemagne du reste), à cause de leur jeune âge et du look androgyne de leur chanteur. Pas assez snobs, mon fils. Pourtant, ils ont toujours assuré sur scène. A la mesure de leur âge, certes, ce ne sont peut-être pas des Mozart. Mais ce sont des pros, et qui ont toujours eu à coeur d’offrir de vrais spectacles à leurs fans. Même maintenant qu’ils tournent dans des salles plus petites, style Trianon ou Olympia, ils ont toujours une scène et des lumières chiadées, un thème directeur, une setlist variée et bien construite, Bill a des costumes… créatifs même si pas toujours à mon goût. Bref, on sait où passe l’argent. Ce n’est pas au goût de tout le monde, mais on peut a minima apprécier le travail bien fait. Et pendant 1h30 à 2h, on est ailleurs, avec eux. Entre aliens (le nom donné à leurs fans à l’époque où c’est devenu la mode pour les artistes de les distinguer ainsi. Remarquez bien qu’on m’appelait l’extra-terrestre à l’école, alors il y a comme une continuité qui m’a amusée…).

Tokio Hotel – thank you speech and Geisterfahrer – Paris – Ah, cette chanson, je l’aime d’amour… Je ne pensais pas l’entendre en acoustique, mais elle rend bien…

Le petit discours de remerciement ci-dessus, un classique en concert, était d’ailleurs plus long que sur les concerts précédents de la tournée (comme quoi ça peut servir à ça d’en faire plusieurs… On voit ce qui s’éloigne de la routine). Bill a même remercié l’équipe qui avait conçu et monté la scène, ce qui, pour le coup, est quelque chose que j’avais rarement entendu. En général ça se borne à citer les musiciens sur scène et éventuellement le producteur. Même Tom, son jumeau et guitariste, avait l’air ému.

… Rétrospectivement, je me demande s’il ne savait pas, lui, que c’était plus qu’une tournée qui se terminait, mais la page la plus spectaculaire de leur carrière qui se tournait. Allez savoir. C’était aussi leur dernier concert majoritairement en allemand avant un bon bout de temps (j’ai plus ou moins arrêté de suivre le groupe, mais il me semble que leur seul concert en allemand depuis, c’était lors d’un de leurs « camps d’été » hors de prix. Rien que ça m’avait presque donné envie d’y aller, mais le camping, moi…). Le public français leur avait fait un tel accueil glacial quand ils avaient essayé d’y chanter en anglais à la tournée précédente qu’ils avait pris l’habitude de nous faire la même setlist que dans les pays germanophones. Une exception. Les autres pays avaient droit aux versions anglaises dès qu’ils ont fait des albums en 2 versions (allemand et anglais). *soupir* C’était le bon temps.

Tokio Hotel – Traumer – Paris – il manque le umlaut sur le a, c’est Träumer (rêveur), mais je n’étais pas sûre que Youtube gère bien les accents.

J’allais écrire que j’adore cette chanson, mais en fait, si j’étais autant fan d’eux à l’époque, c’est que quasiment toutes les chansons de leurs 3 premiers albums me faisaient dire « Oh elle est géniale celle-ci! » et me file encore des frissons de joie quand je les entends maintenant. Et dire qu’il y a des andouilles qui pensent que les fans de ces groupes ne sont pas là pour la musique… Ca a TOUT à voir avec la musique et comment elle nous fait vibrer. Que les musiciens soient mignons ou pas. Même si 80% du public de l’époque c’était des filles entre 12 et 20 ans. Ca aide, d’expérience, d’avoir un truc pas trop moche à regarder sur scène. Mais s’il n’y a rien qui passe par les oreilles, on ne vient pas à un concert, on se contente de se palucher sur un magazine, si vous me passez l’expression.

Puisqu’on en est là, un autre des reproches faits à Tokio Hotel, c’était qu’ils soient un groupe fait par le marketing. C’est faux, ils ont juste réussi à se faire connaître très jeunes par un groupe de producteurs qui les a aidés à se professionnaliser avant de démarcher les maisons de disques (d’où le contrat avec Universal alors qu’ils n’avaient que 15 ans, après un 1er contrat avec Sony). Et ensuite, ce sont des monomaniaques : le bon vieux rock des familles avec des power songs, ce n’était pas vraiment la tendance de leur âge quand ils percé, mais c’était leurs références (80es), digérées et modernisées. Sans doute que leur maison de disque aurait préféré leur faire faire de la tectonik ou je ne sais quelle ânerie éphémère, mais eux ils ont grandi avec Metallica, David Bowie, et Rammstein, si j’en juge à leurs effets de scène. Maintenant avec l’âge, ils se sont mis à l’électro de boîte de nuit, c’est pas du tout mon style mais ma foi, je ne peux pas les forcer à faire la même musique 40 ans non plus.

Tokio Hotel – Sonnensystem – Paris – je sais pas où ils avaient péché l’inspiration spatiale de cet album par contre mais c’est pas graaaave…. ça change un peu

Et puis la sincérité, ça se ressent. Enfin non : c’est vrai qu’à moi ça m’a toujours paru évident parce que j’ai un bullshitometer redoutablement sensible, qui fait que je suis incapable de regarder un homme ou une femme politique en vidéo sans vouloir lui balancer des tomates. Mais j’ai aussi fini par comprendre que ce n’était pas le cas de tout le monde. Donc pour les gens dont l’empathie est défaillante : croyez-moi juste sur parole, la sincérité, quand on n’est pas handicapé de ce côté, ça se sent, surtout en musique. Et eux ils sont faits pour ce boulot. De toute façon, vu les cagettes de critiques qu’ils se sont pris pendant 5 ans, il fallait qu’ils soient convaincus pour continuer dans cette voie.

Et je leur en sais gré. L’abandon de l’allemand, ça m’a fait mal au coeur, mais je pense que ça ne correspond pas seulement à une nécessité économique, mais aussi à une rupture avec leur pays parce que c’est là que des fans (enfin si on peut appeler ça des fans… des tarées obsessionnelles) leur ont rendu la vie impossible en allant jusqu’à les cambrioler.

Le petit duo piano – voix des jumeaux, ci-dessous, c’est quand même pas le truc le plus évident qu’on attend… Et puis comme on dit, quand tu fais guitare-voix ou piano-voix, sans les fioritures de production, tu sais si la chanson tient la route ou pas.

Weit Weg von hier durch Raum und Zeit zoom dich zu mir

Tokio Hotel – Zoom – Paris

Petite vidéo non musicale de Tom, Georg et Gustav (le batteur) qui disent au revoir :

Tom, Georg and Gus say goodbye to Tokio Hotel Humanoid City Tour

Tokio Hotel – Für Immer Jetzt – Paris

Et on arrive à la dernière chanson, du dernier concert, de la dernière tournée en allemand avant le long hiatus et le changement complet du groupe… Ce ne serait plus jamais tout à fait pareil, mais c’était une magnifique soirée.

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