Financement participatif : Heinrich König, né en 1886 à Weimar en Allemagne

Une fois n’est pas coutume, je partage le financement participatif d’un projet historique :

HK Destins / Schicksale

Une enquête historico-photographique par Arno Gisinger et Pierre Rabardel

Je l’ai découvert via l’appel sur Facebook de la fille de Pierre Rabardel, lui-même petit-fils de Heinrich König, dont ce livre illustré de photos originales doit retracer le parcours atypique.

« Le destin de HK traverse les événements majeurs des relations franco-allemandes au siècle dernier. Mobilisé en aout 1914 dans l’infanterie du deuxième Reich, grièvement blessé dès l’automne 1914, HK devient militant syndical dans les mines de la Ruhr puis, dans les années 1920, élu socialiste à Weitmar, Bochum et Münster.

En mars 1933, alors que Hitler obtient les pleins pouvoirs et ouvre le camp de concentration de Dachau, Heinrich König fuit avec sa famille en Sarre d’où il devra de nouveau s’enfuir vers la France en janvier 1935 pour échapper à la réunification de ce territoire avec l’Allemagne nazie.

Déchu de sa nationalité allemande, résistant, HK est arrêté par la police de sûreté française en janvier 1943. Aussitôt livré à la Gestapo, il est déporté en Allemagne, où il trouve la mort sous la torture à Bochum, sa ville natale, en mai 1943.

Après la guerre, HK est déclaré mort pour la France, reconnu résistant, et nommé sergent de l’armée française à titre posthume »

Un itinéraire engagé, et un projet familial qui tombe à un moment où mémoire et transmission me parlent. C’est toujours important de conserver ce type d’histoire qui permettent de revisiter la grande histoire à hauteur d’homme (ou de femme), et de le faire tant qu’il reste encore des traces.

Mais ce projet ne relevant pas de pop culture manque de relais, aussi je vous serais reconnaissante de le partager même si vous ne participez pas, afin qu’il trouve son public. Merci 🙂

PS : des participations importantes dans la dernière ligne droite ont permis d’atteindre l’objectif des 9000 Euros. Merci pour eux 🙂

Journaliste, c’est un métier (feat. Keanu Reeves)

Il y a quelques années, j’avais acheté Libération parce qu’ils consacraient leur Portrait à Keanu Reeves, à qui je voue un intérêt poli. (c’est crédible ?) Quand je l’ai lu, je me suis demandé s’il y avait vraiment des gens payés pour écrire ce genre de papier, ou s’ils avaient envoyé la stagiaire. De 3e, la stagiaire, hein.

Décomplexée, la journaliste de Libération, pour faire originale, n’hésite pas à révéler à quel point elle s’attend à un traitement de faveur du fait de son statut (« l’absence de flagornerie de celui qui n’a pas à séduire jusqu’à la stagiaire »), et qui se voit opposer un silence de taiseux. Etant donné que les x interviews et le Q&A que j’ai vues m’ont montré un Keanu, pas volubile mais très coopératif, force m’est de suggérer à cette dame qu’elle obtiendrait sans doute de meilleurs résultats si elle posait des questions moins crétines et convenues. Et en rapport avec le film, accessoirement.

D’autant plus que j’ai assisté au festival des Champs-Elysées aux deux séances de film + questions / réponses données par Keanu Reeves, notamment pour voir le Documentaire Side by Side, pour lequel Keanu est allé interviewer de grands noms du cinéma et de moins connus, de réalisateurs comme David Lynch et James Cameron, à des directeurs de la photographie et des monteurs, pour retracer quels changements l’arrivée du numérique amène au cinéma. Quand on s’intéresse un tant soit peu au 7e Art, c’est absolument passionnant. Que la « journaliste » ci-dessus le mentionne à peine dans l’interview, ça veut dire qu’elle s’en fiche complètement. Ce qui est étonnant, quand on se retrouve chargé d’aller interviewer un acteur. Franchement, même à Gala on doit faire des papiers plus pertinents…

DVD : Metallica S&M

Il y a un mois, j’ai commandé un DVD sur le site de Metallica (ils ont décidé de se passer d’intermédiaire, ils ont plus de stock que les marchands en ligne) pour accompagner mon télétravail. Mais le colis est bloqué au centre de tri d’USPS à l’aéroport de Chicago depuis un mois.

Heureusement, samedi j’ai trouvé ça à Bookoff, pour un prix dérisoire.

Metallica S&M, non, pas pour sadomaso, mais Symphony and Metallica. C’est un live de Metallica avec un orchestre symphonique, dites donc. Moi qui adore les orchestrations symphoniques mais qui m’ennuie un peu avec le vrai classique, ça tombait bien. Ça date de 1999, autrement dit Metallica jeune. Enfin quasiment. La dernière apparition de leur ancien batteur, déjà (avant Kirk Hammett).

Ils s’amusent bien tous (y compris les musiciens classiques pour qui c’est une récréation) : « Our parents are very proud ». Les arrangements symphoniques sont du chef d’orchestre, Michael Kamen, qui a le premier proposé l’idée au groupe, plusieurs années auparavant. Et l’orchestre est celui de San Francisco, qui, comme le dit le chanteur, « had the balls to come up here with us ». Ça dépote tout en étant plus… Calme ? Non, mais moins bruhtaaal que d’habitude.

Michael Kamen, chef d’orchestre métal

Étonnamment, il y a zéro espace de sécurité entre la fosse et le bord de la scène, qui est haut d’1m20 à vue de nez. Les spectateurs pourraient cirer les pompes de James Hetfield tellement ils sont près. Ah, c’est parce que c’était assis à la base, mais ils se sont levés, et y a pas un mec de la sécu. Il est vrai que 1) si t’es là c’est que tu es fan et 2) vu le gabarit de Hetfield, il pourrait régler son compte lui-même à un éventuel nuisible.

Quatre des chansons sont en multi-angle, où on peut choisir la caméra qu’on veut regarder. Vu que l’option est tombée en désuétude (ce qui est fort dommage : pour un concert, c’est top, de pouvoir suivre un musicien au choix, ou le grand angle, plutôt qu’être tributaire des choix du monteur), c’est un peu galère à trouver sur un lecteur moderne. Mais bien cool.

En fait, la moitié du groupe est différente de la formation que j’ai vu à Bercy : le bassiste aussi a changé depuis. L’image n’est pas de très bonne qualité sur ma télé (meilleure quand même que les photos que j’en ai faites avec le portable, je n’ai pas de lecteur sur mon ordi…), bien que le concert ait fait l’objet d’une sortie en salles de cinéma à l’époque. Et en fait je soupçonne que je trouve le son en dessous de ce que j’attendais parce que ces temps ci, j’ai pas mal passé sur le même lecteur le DVD du concert symphonique de Sting à Berlin. Qui date de 11 ans après et était enregistré avec le Royal Philharmonic Orchestra (anglais donc).

Post-scriptum : concert de Matsuzaki Nao et son compte Twitter

Dans mon précédent article, je faisais l’éloge de la chanson qui clôt les documentaires 72 Heures de la chaîne NHK World (l’équivalent nippon de TV5, cad une chaîne représentant le pays à l’étranger. Les programmes sont diffusés en anglais et non en japonais), une ballade nostalgique de Matsuzaki Nao, intitulée « Kawaberi no ie », la maison près de la rivière.

En l’écoutant sur Youtube, le célèbre site m’a suggéré un petit concert accoustique de la dame de 2014. Sympa! Sur la chaîne Hakoniwamarking :

Et elle a un compte twitter : @naonks

Et un site web : https://matsuzakinao.com/

Ce qui permet de voir qu’elle est encore en activité. Elle y a récemment posté un lien vers une autre performance disponible sur YouTube, enregistrée en concert en janvier dernier, avec son groupe Shika no Ichizoku :

Cerise sur le petit cake, on peut même acheter un peu de sa musique en ligne (Amazon, Spotify…). Apparemment, Kawaberi no Ie est son tube, la chanson qui est reprise à chaque fois. Mais le reste est agréable à écouter aussi. Merci NHK World.

La jolie chanson de générique des documentaires 72 heures de NHK World

Je regarde beaucoup NHK World depuis que j’ai réalisé que ça faisait partie de mon package du câble. C’est souvent zen, sans doute sponsorisé par l’office du tourisme nippon vu le nombre de clichés débités au kilomètre, mais on découvre aussi, dans les divers programmes de reportages bienveillants et sans habillage tape à l’œil (… à part l’ancienne émission kawaii, mais ça fait longtemps que je ne l’ai pas vue), le quotidien de japonais lambda. The Professionals, en particulier, c’est 1h pour montrer tous les aspects du travail d’un professionnel. Parfois un éminent docteur ou un inventeur, un artisan héritier de 5 générations, mais pas toujours.

Le lac Ashi à Hakone

Je me souviens d’un numéro récent, tourné pendant la pandémie, sur un « simple » chauffeur de bus de la région de Hakone, Omori Toru, qui déplorait que la ligne soit désertée faute de touristes étrangers (le Japon a plus ou moins complètement fermé ses frontières aux étrangers depuis le début de la pandémie). Il avait passé une bonne partie de sa vie à assurer ce service essentiel de conduire des gens d’un endroit à un autre, des habitants du coin sans voiture aux touristes, et c’était touchant de voir à quel point ça lui manquait. D’autant plus touchant que si ça se fait, j’ai fait partie de ses passagers : j’ai passé 3 jours et 2 nuits à Hakone lors de mon 2e séjour au Japon, pour une pause au vert au milieu de mon séjour à Tokyo, dans l’espoir de voir le Mont Fuji (en vain. Mais c’était une chouette escapade quand même, ça change des grandes villes). Et ne conduisant pas, j’ai beaucoup utilisé les bus de ce coin (ainsi que le téléphérique, le bateau pirate, etc).

Le lac vu à travers le grand Torii

Une autre émission proche des gens est 72 Hours, qui comme son nom l’indique, passe 3 jours entiers à un endroit pour documenter les gens qui y passent (résumé en 1h). Un petit konbini (supérette) dans une petite ville en bordure de route. Un bateau faisant la liaison entre les 2 grandes îles de Honshû et Hokkaido. Un bassin de pêche aux poissons rouges. L’itinéraire d’une bibliothèque ambulante dans une région rurale. Tout un tas de petites rencontres touchantes.

Le volcan d’Owakudani, à voir si vous passez dans la région de Hakone

On sait qu’il est temps de quitter cette parenthèse de Japon si banalement humain, pourtant si différent de la France, quand retentissent les premières notes d’une douce chanson, toujours la même, qui évoque la mélancolie, la fin de l’été peut-être. Seul le nom de la chanteuse, Matsuzaki Nao, est indiqué dans les crédits de fin d’émission. J’ai fini par trouver également le titre : Kawaberi no ie. Sans googler, je dirais que ça veut dire la maison au bord de la rivière, mais je peux me tromper. Je comprends juste un mot par ci par là, larme, souvenir… Mais à chaque fois, ça me serre un peu le cœur. Retournons au bord du lac Ashi… (le gars qui a fait la vidéo ci dessous l’a illustré avec des images de Manchester et Salford, rien à voir, mais au moins c’est la bonne chanson).