River Phoenix, la vérité un jour?

On ne s’attend pas à voir beaucoup d’actualité sur un acteur mort depuis plus de 20 ans. Et pourtant ça arrive.

Certes, un an après avoir sorti son album inspiré de lui, la plus âgée des soeurs de River, Rain Phoenix, continue son podcast musical engagé, Launchleft, où elle interviewe des artistes établis qui lancent des artistes moins connus. Elle a fait sur Instagram un appel à témoignage pour les 30 ans de My Own Private Idaho (en septembre prochain), un film culte de la filmographie de River, demandant aux gens de témoigner si et comment le film les avait aidés à faire leur coming out, ou s’ils ont une autre connexion au film. Ils vont également vendre des cartes postales en édition limitée sur leur boutique en ligne, au bénéfice d’une association LGBT.

Ils se sont aussi associés pour le mois avec le River Phoenix Center for Peacebuilding, l’association montée par sa mère en Floride.

Mais il n’y a pas si longtemps, j’ai découvert le compte Facebook de William Richert, un réalisateur est l’auteur de A Night in the Life of Jimmy Reardon, un des premiers films où River avait la vedette, à 16 ans, et que River a ensuite convaincu de jouer le rôle du « protecteur / souteneur » de la bande de jeunes prostitués mâles dans My Own Private Idaho. Il y milite d’une part pour les droits des auteurs à Hollywood, et d’autre part pour faire entendre sa vérité au sujet de River, à savoir des informations assemblées par divers témoignages de proches, dont Samantha Mathis, qui était la petite amie de River à l’époque. C’est long et si vous lisez l’anglais, tout est détaillé ici avec également les informations fournies par le rapport d’autopsie (disponible en ligne, si vous voulez vérifier…);

En résumé, bien que la mort de River ait été présentée en général comme un malheureux accident de junkie, son autopsie ne révèle aucun signe de consommation régulière et assidue de drogue. Ce qui vient plutôt à l’appui des témoignages disant qu’il était un consommateur occasionnel, et de celui de son dernier réalisateur, George Sluizer, qui était persuadé que River était clean sur le tournage de Dark Blood (au fin fond du désert près de Salt Lake City). Et que contrairement à ce qui a été raconté à l’époque, il ne s’est pas fait un shoot au Viper Room, mais a consommé le contenu non identifié d’un gobelet en carton filé par un guitariste de ses amis avec le commentaire « Prend ça, tu vas te sentir d’enfer ». Ce qui n’est quand même pas exactement la même chose.

La dernière séance photo, par Michael Tighe

Là où ça devient encore plus glauque, c’est que le musicien en question, John Frusciante, aurait menacé de le tuer quelques semaines plus tôt quand River l’avait forcé à aller en cure de désintoxication. Et que l’enquête sur la mort de River aurait été arrêtée à la demande sa mère, Heart Phoenix. On se demande bien pourquoi. On se demande si ça a un rapport avec le fait que leur avocat est le même que celui des Red Hot Chili Peppers, dont John Frusciante était le guitariste à l’époque. Il a d’ailleurs quitté le groupe peu après (il n’était de toute façon pas en état de jouer pendant plusieurs années ensuite), y est revenu, en est reparti (pour les mêmes raisons)… Et pour être tout à fait honnête, je n’étais pas mécontente que lorsque j’ai enfin saisi l’occasion d’aller voir le groupe, à Birmingham (en partie pour voir les Babymetal en première partie), il était remplacé par le jeune et talentueux Josh Klinghoffer.

Bref… je ne dis pas que c’était un ange. Mais juste que l’image qu’il s’est colletée pendant 20 ans est tout aussi fausse que les étiquettes portées de son vivant.

Cinéma : Kaamelott Premier Volet

La partie sans spoiler

Le lendemain de la validation de mon pass sanitaire, j’ai posé mon après-midi pour aller voir Kaamelott le film. Préambule : j’aime beaucoup Kaamelott, je regarde volontiers les rediffusions, mais peut-être pas au point de me définir comme fan, comparé à ceux que je croise. Donc ce film, je l’attendais, certes, mais plus patiemment que ceux là.

Notre bon pas roi

Ressenti initial : moyens démesurés, images magnifiques (mais je regrette les steadycam…), décors grandioses (on voit que les moyens ne sont pas les mêmes), costumes extravagants (limite trop. Je sais qu’on n’est pas forcément sur du réalisme, mais des guerriers avec des tenues dans lesquelles ils ont du mal à bouger, ça fait un peu tiquer), belle musique, qui rappelle celle de John Williams, et sur la toute fin, la BO de Dune par Toto. C’est un festival, voire une avalanche, et clairement on en prend plein les mirettes et les oreilles. ). Beau cameo de Sting, qui en impose (mais il n’a pas dû pratiquer le français depuis un moment), bon film, mais des petits « mais »…

On est content de retrouver les personnages qu’on a suivis si longtemps… Mais la mayonnaise a du mal à prendre.

Ça fait assez bizarre de retrouver les personnages et les vannes de la série dans des décors réels variés, avec des costumes extravagants.

Malgré 2h de film, un peu de mal aussi à faire exister tous les personnages (en dehors d’Arthur évidemment). Si vous avez des préférés, vous aurez du bol s’ils sont à l’écran plus de 2 mn. je pense que le film pâtit un peu d’un mal récurrent des comédies françaises : l’accumulation de personnages soit pour le plaisir (du réalisateur /scénariste) de jouer avec tel ou tel acteur, soit pour des raisons marketing (mais là j’en doute…).

Passe encore pour Clovis Cornillac et Guillaume Galliene, dont le rôle est nécessaire à l’intrigue, au moins. Mais entre le fait de caser tous ses enfants (hors celui né durant la post prod) et les gags annexes, il y en a, on se je vraiment à quoi ils servent. C’est un équilibre compliqué à trouver d’élargir un univers pour qu’il sorte du cadre de la télé (et qu’on ait bien l’impression qu’il y ait une population, notamment qui souffre du joug de Lancelot) sans qu’on y perde en cohérence de la narration.

Et idem un équilibre compliqué entre un narratif tragique (c’est pas spoiler, c’est dans la bande annonce : Lancelot gouverne Kaamelott en tyran) et des scènes de l’humour habituel de la série. Mais sans le poin poin pour changer d’épisode, je trouve ça un peu rude des fois…

Attention spoilers

En discutant à la sortie avec l’ouvreuse qui me demandait mon avis (je pense que c’est encore une personne qui a mal vécu le chômage partiel et la désocialisation de la pandémie), j’en suis venue à réaliser que… Je ne comprends pas l’intérêt des flash backs.

Je pense que le film serait plus clair et mieux sans. On le sait qu’Arthur n’aime pas l’injustice, on le sait qu’il aime les jolies brunes. Ça nuit à la narration sans ajouter grand chose (à part un rôle pour un des gamins d’Astier).

Quelqu’un sur le Neurchi de Kaamelott a partagé cette intéressante interview du Bulletin, où Alexandre Astier explique qu’il a voulu révéler qu’Arthur portait le poids d’avoir tué quelqu’un et abandonné son premier amour, et que ça expliquait sa réticence à tuer et son refus de l’esclavage. Alors je suis passée complètement à côté, d’une part parce que je n’avais pas compris que Shedda était une esclave (je pensais que c’était la fille de Furadja), et que en contexte, je suis peut être psychopathe, mais un élève légionnaire qui tue quelqu’un qui a blessé quelqu’un qu’il aime, je ne vois pas le traumatisme. Mais bon, j’avoue que je me sentais très peu intéressée par les états d’âme d’un Arthur ado ENCORE amoureux (et pourtant j’avais adoré l’arc avec Aconia, mais là j’overdose).

L’interview explique aussi les 3 jeunes pignoufs qui rejoignent la résistance, sauf que personnellement, je les classe dans les personnages qui rajoutent inutilement du fouillis à l’histoire. Avec la sœur de Leodagan.

La scène du Robobrol, outre un énième personnage pochette surprise, est interminable. Seul la dernière action la sauve, à mon goût, mais j’aurais nettement préféré voir plus 3mn de plus d’une autre scène. J’aurais aussi préféré voir moins de conneries de Perceval et Karadoc, ce qui m’étonne vu que dans la série j’aime beaucoup, mais là j’avais juste envie que Merlin leur claque la gueule. Ou n’importe qui d’autre. J’ai perdu énormément de patience vis-à-vis des boulets quand la situation est critique…

Mais bon, personnellement je suis d’avis que non seulement Peter Jackson a bien fait de ne pas mettre Tom Bombadil dans les films du Seigneur des Anneaux, mais aussi que les romans bénéficieraient nettement d’un élagage de ce passage, de celui sur l’herbe à pipe et du retour des Hobbits à la Comté quand ils retrouvent Saroumane…

Heureusement, il y a la belle évolution de Guenièvre, celle de Merlin (en voilà un qui a la chance que, même s’il a peu de temps à l’écran, ça sert le personnage ET l’intrigue), la nouvelle table ronde (le concept, parce que la présentation des pseudo chevaliers était pas mal lourdingue), le duc d’Aquitaine (un peu Deus ex Machina mais ça passe). Les Saxons sont bien. Étonnamment, car je n’aurais pas parié une cacahouète dessus, les Burgondes ne sont pas là que pour le fan service (très bonne idée, peut être la meilleure de tout le film). Comme quoi, il est possible de reprendre des personnages qui n’étaient que comiques pour les intégrer à l’histoire autrement que pour un gag dispensable.

J’y ai aussi trouvé, dès le début, une grosse influence Star Wars. Dans l’ouverture avec le résumé de la situation, pas mal de scènes, la mise en scène, la musique, et puis l’histoire (abattre un roi/empereur malfaisant). Le point culminant étant le combat entre Arthur et Lancelot, qui m’a semblé calqué sur celui de Luke contre Darth Vader dans le Retour du Jedi. Sans parler du costume de Lancelot qui le fait ressembler à Vader sans casque.

En bonus, l’interview Topito d’Anne Girouard avec Alexandre Astier et François Rollin, où d’une part, on voit qu’Astier ne considère pas Guenièvre comme idiote (c’était pas évident dans la série… Du moins les premières saisons). Et où on découvre que François Rollin ne savait pas qui était Sting…