Cinéma : Kaamelott Premier Volet

La partie sans spoiler

Le lendemain de la validation de mon pass sanitaire, j’ai posé mon après-midi pour aller voir Kaamelott le film. Préambule : j’aime beaucoup Kaamelott, je regarde volontiers les rediffusions, mais peut-être pas au point de me définir comme fan, comparé à ceux que je croise. Donc ce film, je l’attendais, certes, mais plus patiemment que ceux là.

Notre bon pas roi

Ressenti initial : moyens démesurés, images magnifiques (mais je regrette les steadycam…), décors grandioses (on voit que les moyens ne sont pas les mêmes), costumes extravagants (limite trop. Je sais qu’on n’est pas forcément sur du réalisme, mais des guerriers avec des tenues dans lesquelles ils ont du mal à bouger, ça fait un peu tiquer), belle musique, qui rappelle celle de John Williams, et sur la toute fin, la BO de Dune par Toto. C’est un festival, voire une avalanche, et clairement on en prend plein les mirettes et les oreilles. ). Beau cameo de Sting, qui en impose (mais il n’a pas dû pratiquer le français depuis un moment), bon film, mais des petits « mais »…

On est content de retrouver les personnages qu’on a suivis si longtemps… Mais la mayonnaise a du mal à prendre.

Ça fait assez bizarre de retrouver les personnages et les vannes de la série dans des décors réels variés, avec des costumes extravagants.

Malgré 2h de film, un peu de mal aussi à faire exister tous les personnages (en dehors d’Arthur évidemment). Si vous avez des préférés, vous aurez du bol s’ils sont à l’écran plus de 2 mn. je pense que le film pâtit un peu d’un mal récurrent des comédies françaises : l’accumulation de personnages soit pour le plaisir (du réalisateur /scénariste) de jouer avec tel ou tel acteur, soit pour des raisons marketing (mais là j’en doute…).

Passe encore pour Clovis Cornillac et Guillaume Galliene, dont le rôle est nécessaire à l’intrigue, au moins. Mais entre le fait de caser tous ses enfants (hors celui né durant la post prod) et les gags annexes, il y en a, on se je vraiment à quoi ils servent. C’est un équilibre compliqué à trouver d’élargir un univers pour qu’il sorte du cadre de la télé (et qu’on ait bien l’impression qu’il y ait une population, notamment qui souffre du joug de Lancelot) sans qu’on y perde en cohérence de la narration.

Et idem un équilibre compliqué entre un narratif tragique (c’est pas spoiler, c’est dans la bande annonce : Lancelot gouverne Kaamelott en tyran) et des scènes de l’humour habituel de la série. Mais sans le poin poin pour changer d’épisode, je trouve ça un peu rude des fois…

Attention spoilers

En discutant à la sortie avec l’ouvreuse qui me demandait mon avis (je pense que c’est encore une personne qui a mal vécu le chômage partiel et la désocialisation de la pandémie), j’en suis venue à réaliser que… Je ne comprends pas l’intérêt des flash backs.

Je pense que le film serait plus clair et mieux sans. On le sait qu’Arthur n’aime pas l’injustice, on le sait qu’il aime les jolies brunes. Ça nuit à la narration sans ajouter grand chose (à part un rôle pour un des gamins d’Astier).

Quelqu’un sur le Neurchi de Kaamelott a partagé cette intéressante interview du Bulletin, où Alexandre Astier explique qu’il a voulu révéler qu’Arthur portait le poids d’avoir tué quelqu’un et abandonné son premier amour, et que ça expliquait sa réticence à tuer et son refus de l’esclavage. Alors je suis passée complètement à côté, d’une part parce que je n’avais pas compris que Shedda était une esclave (je pensais que c’était la fille de Furadja), et que en contexte, je suis peut être psychopathe, mais un élève légionnaire qui tue quelqu’un qui a blessé quelqu’un qu’il aime, je ne vois pas le traumatisme. Mais bon, j’avoue que je me sentais très peu intéressée par les états d’âme d’un Arthur ado ENCORE amoureux (et pourtant j’avais adoré l’arc avec Aconia, mais là j’overdose).

L’interview explique aussi les 3 jeunes pignoufs qui rejoignent la résistance, sauf que personnellement, je les classe dans les personnages qui rajoutent inutilement du fouillis à l’histoire. Avec la sœur de Leodagan.

La scène du Robobrol, outre un énième personnage pochette surprise, est interminable. Seul la dernière action la sauve, à mon goût, mais j’aurais nettement préféré voir plus 3mn de plus d’une autre scène. J’aurais aussi préféré voir moins de conneries de Perceval et Karadoc, ce qui m’étonne vu que dans la série j’aime beaucoup, mais là j’avais juste envie que Merlin leur claque la gueule. Ou n’importe qui d’autre. J’ai perdu énormément de patience vis-à-vis des boulets quand la situation est critique…

Mais bon, personnellement je suis d’avis que non seulement Peter Jackson a bien fait de ne pas mettre Tom Bombadil dans les films du Seigneur des Anneaux, mais aussi que les romans bénéficieraient nettement d’un élagage de ce passage, de celui sur l’herbe à pipe et du retour des Hobbits à la Comté quand ils retrouvent Saroumane…

Heureusement, il y a la belle évolution de Guenièvre, celle de Merlin (en voilà un qui a la chance que, même s’il a peu de temps à l’écran, ça sert le personnage ET l’intrigue), la nouvelle table ronde (le concept, parce que la présentation des pseudo chevaliers était pas mal lourdingue), le duc d’Aquitaine (un peu Deus ex Machina mais ça passe). Les Saxons sont bien. Étonnamment, car je n’aurais pas parié une cacahouète dessus, les Burgondes ne sont pas là que pour le fan service (très bonne idée, peut être la meilleure de tout le film). Comme quoi, il est possible de reprendre des personnages qui n’étaient que comiques pour les intégrer à l’histoire autrement que pour un gag dispensable.

J’y ai aussi trouvé, dès le début, une grosse influence Star Wars. Dans l’ouverture avec le résumé de la situation, pas mal de scènes, la mise en scène, la musique, et puis l’histoire (abattre un roi/empereur malfaisant). Le point culminant étant le combat entre Arthur et Lancelot, qui m’a semblé calqué sur celui de Luke contre Darth Vader dans le Retour du Jedi. Sans parler du costume de Lancelot qui le fait ressembler à Vader sans casque.

En bonus, l’interview Topito d’Anne Girouard avec Alexandre Astier et François Rollin, où d’une part, on voit qu’Astier ne considère pas Guenièvre comme idiote (c’était pas évident dans la série… Du moins les premières saisons). Et où on découvre que François Rollin ne savait pas qui était Sting…

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s