Librairie – salon de thé l’Encre et la Boussole – la Tremblade, Charente-Maritime 

La librairie – Salon de Thé

Il est des initiatives à saluer, surtout quand elles combinent culture et confiture – enfin, thé, déjà. C’est le cas de cette librairie – salon de thé qui a ouvert il y a un an presque jour pour jour, à la Tremblade, petite ville de Charente-Maritime à une bonne heure de la Rochelle et 20 minutes de Royan. La ville est peut-être plus connue pour sa station balnéaire, Ronce-les-Bains. Et je vous évoquais l’an dernier son marché aux poissons à l’ancienne.
Mais le centre reste également vivant grâce à des initiatives comme celle de Stéphanie Charles, qui a monté ici un lieu d’échanges et de cultures au pluriel, à l’emplacement de l’ancienne maison de la presse.
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Au menu :
– un fonds généraliste de 3000 livres dans tous les domaines : romans, vie pratique, développement personnel, jeunesse, BD. Les touristes et retraités anglais pourront même trouver un petit rayon de romans en anglais. Et bien sûr une part belle est réservée aux livres historiques et aux guides touristiques de la région.
– un rayon papeterie / loisirs créatifs avec notamment de jolis petits carnets originaux, créations de Gwenaelle Trolez.
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– la librairie a récemment complété son offre culturelle d’une sélection de CD.
– un espace salon de thé au fond de la boutique (et quelques places en terrasse aux beaux jours), avec un choix certes restreint mais de qualité de thés noirs, verts, blancs, rouges, parfumés ou pas.
N’ayant pas le temps de tester sur place, j’ai quand même craqué pour un sachet du mélange thé vert-blanc violette framboise, car c’est par un semblable thé en version glacée que j’ai commencé à aimer le thé. Il paraît qu’il y a également des pâtisseries maisons, mais là encore je n’ai pas eu le temps de tester. Si j’avais autant de maestria théphilé que mes consoeurs de l’Instant Thé, je vous en parlerais plus en détail. En tant que petit scarabée, je me bornerais à vous dire qu’il est excellent et qu’on sent bien les framboises (entières) et les violettes. Et on peut même en faire du thé glacé en le faisant simplement infuser une vingtaine de minutes à température ambiante avant de le mettre au frigo!
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La libraire organise de nombreuses animations : dédicaces d’auteurs, expositions de dessins ou de photos, ateliers d’écriture…
La librairie est ouverte en semaine du mardi au samedi, et également, de mai à septembre, le dimanche de 10h30 à 13h. C’est en bordure du marché, donc idéal pour compléter ses courses avec la nourriture de l’esprit.

Et avant de quitter la Tremblade

Cerise sur le petit cake, juste à côté, une pâtisserie chocolaterie a récemment ouvert, Une Affaire de Goût. Ils font des forêts noires plutôt légères et très bien équilibrées en goût (ce qui est assez compliqué à faire, vous en conviendrez, et signe d’un pâtissier qui connaît son travail), de très bonnes plaquettes de chocolat, et j’y retournerai sans faute à ma prochaine visite dans la région pour tester le reste.
Note : l’article n’est pas un partenariat, je n’ose toujours pas dire aux gens que je tiens un blog ni que je vais peut-être écrire sur leur boutique. Ca m’évite la pression, vu que parfois je mets des mois à écrire mes chroniques, et je teste en conditions réelles l’accueil du client lambda, comme ça.
Informations pratiques
Librairie – salon de thé l’Encre et la Boussole
3 rue de la Seudre
17 390 LA TREMBLADE (Charente-Maritime, à 15-20mn de Royan)
Tél 05 46 38 58 30
Horaires :
Du mardi au vendredi de 9 h 30 à 12 h 30 et de 14 h 30 à 19 h
(18 h 30 le jeudi) . Le samedi de 9 h 30 à 12 h 30 et de 15 h à 19 h.
En mai et juin, ouvert également le dimanche et les jours fériés de 10 h à 12 h 30 (pour les grands week-end fériés).
En juillet et août, du lundi au samedi de 9 h 30 à 13 h et de 15 h à 19 h. Le dimanche de 10 h à 13 h.

Champs Elysées Film Festival 2017 : les courts-métrages US

 C’est au cinéma Le Lincoln que j’ai assisté à la 1e projection des courts métrages américains du Champs Elysées Film Festival 2017. Pour sa 6e édition, ce festival reste abordable pour le grand public, qui peut y voir en avant-première des films français et américains indépendants.
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Enfin un bulletin de vote alléchant!

Les courts-métrages

The Robbery 
Une jeune droguée fumeuse de crack passe une très mauvaise journée. On louche du côté de Tarantino (ce qui venant de moi n’est pas un compliment : les personnages bêtes et méchants, je n’aime pas perdre du temps à les regarder). Malgré le pitch et l’hyper glauquitude, c’est pourtant plutôt drôle. Âmes sensibles s’abstenir.
The Rabbit Hunt
Comme son nom l’indique, on suit une chasse au lapin, qui fuient un champ de maïs en cours de moisson. Une famille de noirs américains les attendent en lisière du champ, armés de bâton.
… Mais encore? Apparemment ce n’est pas une fiction mais un documentaire.
C’est à peu près aussi glauque que le précédent, l’humour en moins.
Casa de mi Madre
Court minimaliste entre une femme d’âge moyen et un gamin de Cuba, dans ce que j’aurais appelé les favelas sauf que ça ne se passe pas à Rio. Le film a été écrit et tourné en très peu de temps à Cuba, lors d’un stage avec le réalisateur Abbas Kiarostami, d’après un « prompt » de celui-ci. Chaque stagiaire devait ensuite broder autour du prompt reçu, la pitcher à Mr Kiarostami et tourner son histoire avec les moyens du bord. Au final, ça raconte bien quelque chose en peu de moyens, même si je me serais passée des plans floutés / défloutés et que l’ambiance met mal à l’aise (mais peut-être seulement moi, parce que j’ai du mal avec les gens mentalement instables…).
Antartica
Une femme mariée asthmatique en voyage se laisse tenter par une aventure d’un soir. L’actrice, Lorraine Farris Sage, est très vraie. Un film d’atmosphère avec de belles images, qui change de ton brutalement au twist final.
Même si j’ai eu du mal à ne rire en pensant à la Cité de la Peur quand ils regardent un documentaire sur l’accouplement des phoques en prenant un verre. So cliché.
Les dialogues moyens n’étaient pas aidés par des sous-tires en français à une faute par ligne (au moins).
Game
Un nouveau un peu frêle débarque dans un lycée pour les qualifications de l’équipe de basket-ball. Il est bon, motivé, mais il a un problème – en dehors du meneur de l’année d’avant qui voit d’un sale oeil la concurrence.
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Black Holes
Cet unique court-métrage d’animation de la sélection est l’histoire déjantée du premier vol habité vers Mars, avec la sélection de Dave et d’un melon, réincarnation d’un créateur de mode. C’est complètement barré, parfois limite graveleux (un autre personnage principal est le Dr Finger, proctologue de son état, qui fait subir des… tests à Dave), et truffé de références à 2001, l’Odyssée de l’Espace.
Projeté à Sundance, c’est un aperçu (« pas tout à fait un pilote » dixit les producteurs lors du Q&A suivant la projection) de la série en 10 épisodes que prévoient de faire les créateurs.
Across My Land
Un père et son fils adolescent vont la nuit, armés, patrouiller en voiture le long de la frontière des États-Unis avec le Mexique, pendant que la mère et la petite fille restent à la maison. Une famille sans histoire, qui récite le bénédicité et apprend à son fils à remonter un fusil d’assaut.
Jolies images du sud des USA (et la présence de Summer Phoenix dans le rôle de la mère). Fait écho sans doute involontairement à The Rabbit Hunt, sauf qu’ici ce ne sont pas des lapins qui sont pourchassés.
Fanny Pack
Une jeune fille de bonne famille américaine, d’origine Indienne, part à New York où elle doit exposer des photos et ainsi lancer sa carrière d’artiste. Son père, équipé de son sac banane, la suit jusqu’à l’aéroport pour la convaincre de reprendre ses études de médecine.
Ce film de fin d’études est drôle et mené tambour battant (l’idéal pour une comédie). On ne se rend pas compte des difficultés à filmer dans l’aéroport qu’a racontées Uttera Singh, la réalisatrice et actrice principale.
Homing In
Dans une banlieue tranquille et anonyme, une femme range sa maisonnée comme tous les soirs. L’homme qui gare sa voiture et qu’elle trouve dans le salon n’est pas son mari.
Film minimaliste dans ce qui se passe mais très tendu, images très construites.
Grace Period
En hiver à New York, une femme peine à élever seule ses 4 enfants. Son grand fils tente de l’aider, mais pas de façon légale.
5e film de la sélection sur les classes défavorisées. Plus 2 sur les classes moyennes / aisées mais qui sont des thrillers glaçants. Il faut avoir un bon moral pour être cinéphile!

Le Q&A

Après la projection a eu lieu un Q&A car 7 sur 10 des réalisateurs étaient présents. Celui de The Rabbit Hunt, absent, sera présent à la 2e projection mardi 20 (demain) à 14h au cinéma le Lincoln. Les intervenantes du festival ont souligné que c’était exceptionnel, car le festival n’a pas les moyens de les faire venir.
Je n’ai pas retenu les noms et identités de tout le monde, désolée, surtout celle qui n’a finalement pas eu la parole ou celui pour qui je n’ai pas réussi à faire le lien avec un film (apparemment il était au même stage avec Abbas Kiarostami que Frank Mosley).
Du coup, c’était un peu court car tout le monde n’avait pas le temps de parler. On aura appris les anecdotes semées plus haut, et aussi que :
Jeannie Donohoe a eu beaucoup de mal à trouver l’interprète de son court métrage, que la directrice de casting a finalement trouvé dans un supermarché. Que le film n’est pas tiré d’une histoire vraie mais inspirée de plusieurs choses qu’elle a vues ou vécues.
Black Holes est un film américain car conçu, écrit et réalisé entièrement à L.A., mais par des Français.
Parker Hill a été inspirée par des photos de maison de Todd Hido, et de la saturation des couleurs de Todd Haynes.
Que tourner à New York en plein hiver, ce n’est pas facile non plus (Simon Hacker).
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Votez à votre tour

8 de ces 10 courts-métrages sont visibles jusqu’au 22 juin sur le site d’Universciné .
(Les courts The Robbery et Across My Land manquent à l’appel, les réalisateurs n’ayant pas souhaité participer au prix du public UniversCiné).
Sur ce site, où vous pouvez également participer au vote du public, comme nous l’avons fait vendredi soir en salle (enfin, si le formulaire est réparé).

Lecture / portrait de fan : Prince – fragments d’un discours de fan, de Fanny Capel

Un voyage en train m’a enfin fourni le temps de lire ce document paru en février dernier aux éditions Le Rouergue, collection La Brune. Je l’ai découvert par hasard en musardant à la belle librairie MK2 du bassin de la Villette (de l’intérêt des vraies librairies IRL, qui ne mettent pas que les Marc Lévy en présentoir. Je n’ai rien contre Marc Lévy, mais quand il sort un livre, on le sait).
Le thème, forcément, a capté mon attention. Et le feuilleter m’a convaincu de l’acheter.
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Fanny Capel, l’auteur, est professeur de lettres, mariée, installée… Impossible a priori de deviner son autre vie, les 25 ans passés à suivre l’actualité de Prince. En particulier les quelques années de passion adolescente qui l’ont emmenée, elle et ses 2 meilleures amies, âgées de 20 ans alors, au club mythique du Love Symbol à Minneapolis, le Glam Slam Club. Ce qui, en août 1994, pour des jeunes filles tout juste sorties de l’adolescence et sans Internet, relevait encore plus de l’exploit que de nos jours. Un voyage qu’elle raconte en fin de livre, l’apogée de sa vie de fan. De sa vie tout court ? Elle se pose la question.
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Ne trouvant – comme moi * – aucun récit de ce que ça représente d’être fan, en dehors de caricatures tournées en dérision, elle voulait en témoigner de l’intérieur. Elle avait commencé à rédiger en ce sens ces « chroniques des années pourpre », il y a 3 ans, alors qu’elle sentait les souvenirs s’estomper. La mort de Prince en avril 2016 a complété le récit, y apportant à la fois une conclusion et l’éclairage d’une nouvelle vie « sans ».
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Fanny Capel ne voulait pas parler que de son expérience, mais plus universellement du statut de fan. Elle a complété ses souvenirs et ses notes de l’époque de témoignages de ses semblables. Faute de notes, j’ai photographié plein de passages où je me suis reconnue, ou bien où j’ai reconnu amies et connaissances de fandoms. Les voyages, les péripéties, les délires en groupe incompréhensibles aux « autres », les rituels de file d’attente des concerts… Cet univers parallèle qui embellit et enrichit toujours notre quotidien quand on entend une chanson familière, qu’on tombe au détour d’un zapping sur le visage qui nous fait sourire…
La rencontre tant espérée qui tourne au souvenir cuisant parce que dans des circonstances imprévues et défavorables, comme celle racontée page 73… (big up, inconnue de la Fnac qui s’était habillée relâche pour ne voir « que » les Revolution au lendemain d’un concert, le cheveu et l’oeil en vrac, et s’est retrouvée dans cet état face à un Prince venu dédicacer avec ses sbires… moi aussi, plusieurs fois j’ai croisé mes chouchous alors que j’étais en mode « off ».)
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Sur d’autres points, par contre, je me sentais en dissonance, moi la fan infidèle par excellence, en lisant ces souvenirs de presque 30 ans d’admiration ininterrompue.
L’artiste dont je suis « fan » depuis le plus longtemps sans interruption était mort avant que je ne découvre son existence. Difficile de faire des folies dans ces circonstances, et peu d’actualité à suivre. Et je n’ai cédé aux sirènes du portnawak (et eu les moyens de le faire) du type « je saute dans l’avion pour voir des gens qui ignorent que j’existe » qu’adulte. Ca n’a pas la même intensité qu’à 15-18 ans.
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Quoique, quand je pense à certaines de mes copines qui ont attendu encore plus longtemps que moi pour réaliser leur rêve, et à leurs réactions quand elles ont réussi… peut-être pas tant que ça. Peut-être que le facteur discriminant est seulement mon côté girouette, qui fait qu’ayant connu l’hystérie fanesque pour plus d’un groupe ou d’un artiste, j’ai du mal à ne pas relativiser les émotions qu’ils procurent. Surtout quand le premier fandom pour lequel j’ai fait les 400 coups a tourné en eau de boudin.
Ou juste le fait que je sois trop cynique, trop méfiante, trop parano, trop allergique à l’embrigadement pour hystériser devant un être humain. Même si j’ai buggé devant le minois de princesse égyptienne de Bill Kaulitz en 2009 parce qu’il était beaucoup trop belle pour être humain.
Oui j’ai encore les larmes aux yeux quand j’entends une version live de An Deiner Seite (ich bin da), mais je sais que c’est « juste » une conjonction : parce que c’était eux, parce que c’était moi, parce que c’était ce que mon cerveau avait besoin d’entendre à l’époque. Et pas une exception intrinsèque dûe à l’epoustouflifiance du phénomène ou des personnes.
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Et puis si, oui, certains souvenirs se renforcent parce qu’on les partage, je suis trop indépendante, -trop asociale-, trop habituée à ne pas attendre de complice. Sinon on ne fait jamais rien ou pas la moitié de ce qu’on voudrait… Donc une partie de mes souvenirs de fans, je les ai bâtis seule, ou avec des fans rencontrés sur place, pas forcément revus ensuite. Fanny Capel parle beaucoup de ses 2 complices de l’époque, qui ont partagé quasiment tous ses délires.
Mais en fin de livre, elle souligne que, maintenant que chacune a fait sa vie où Prince, par la force des choses, n’occupe plus que la portion congrue avant même son décès, elles se revoient très occasionnellement pour prendre des nouvelles, mais la réalité actuelle lui semble bien terne en comparaison de ses « années pourpres ».
Mais quand même, ce que raconte Fanny Capel dans une plume lyrique, qu’on ait été team Michael ou team Prince, ça rappelle des souvenirs.

Informations pratiques :
Prince, fragments d’un discours de fan
de Fanny Capel
Editions la Brune au Rouergue
Parution mars 2017

* quoique j’en ai trouvé quelques uns. Je vous ferai un article de la bibliographie qui a soutenu mon écriture d’un livre sur l’univers des fans. 

Auto-édition en questions (1) : Fred Marty (Sherona, les chroniques de Gabriel)

J’entame ce que j’espère être une série d’interviews d’auteurs qui ont choisi l’auto-édition. A tout seigneur tout honneur, puisque c’est en lisant les avancées des différentes phases d’écriture de Fred Marty sur Twitter que m’est venue l’idée de recueillir et partager les expériences de ces auteurs dans la jungle périlleuse de l’auto-édition. Il a gentiment accepté de répondre à mes (nombreuses) questions.

Et ça tombe d’autant mieux que j’ai tellement tardé à mettre en forme et publier cet article, que cette semaine sortait son nouveau roman, le tome 2 des Chroniques de Gabriel. On va dire que c’était fait exprès.

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L’AUTEUR

1) Peux-tu te présenter en tant qu’auteur?

Auteur de 40 ans, j’ai été biberonné très tôt aux littératures de l’imaginaire en commençant par le jeu de rôle et les livres dont vous êtes le héros. Je m’y suis mis dès mes 8 ans et j’y joue encore aujourd’hui. J’ai été très majoritairement Maître de Jeu (Œil Noir, Terres de Légende, Donjons & Dragons, INS/MV*…) donc je crée des histoires depuis très longtemps, sous une forme interactive où il est surtout important de savoir rester cohérent quelles que soient les idées tordues des joueurs.
Cela conditionne aujourd’hui ma manière d’écrire des romans où je définis les personnages, l’endroit où je veux les amener, mais où je me laisse porter sur le chemin à parcourir en les « écoutant ». Du coup, je me vois presque plus comme un scénariste que comme un romancier
😉

En parallèle du JDR, j’ai énormément lu de Fantasy qui reste mon registre préféré. Les auteurs marquants pour moi sont David Eddings (la Belgariade et la Mallorée), Margareth Weis & Tracy Hickman (DragonLance, le cycle des portes de la Mort), Terry Pratchett et Neil Gaiman. De grands récits d’aventure aux personnages forts et nombreux, je suis fasciné par les groupes de personnages et les possibilités sans fin qui surviennent en les laissant interagir entre eux.

2) Publies-tu sous ton vrai nom?

J’ai longuement hésité parce que je voulais publier sous mon vrai nom à la base, mais j’ai choisi un pseudo. C’est pour faire une séparation entre ma vie pro d’informaticien et ma vie d’écrivain (où est aussi mon compte Twitter perso).

C’est assez facile de me reconnaître, pour ceux qui me connaissent IRL, le seul objectif est de dire :

* recherche Google sur mon vrai nom => résultats Viadeo, LinkedIn, informatique

* recherche sur mon nom de plume => mon site web, Babelio et les chroniques des blogueuses sur mes livres (modulo les homonymes, je n’avais pas vérifié au préalable :p)

3) As-tu aussi été édité dans le circuit traditionnel?

Non et je n’ai pas essayé avant ces romans en fait. J’ai eu beaucoup de mal à virer tous les blocages qui m’empêchaient d’écrire mon premier roman et je craignais beaucoup de perdre la main sur mon projet en le soumettant à des maisons d’édition. Déjà, parce que le délai de réponse est très important, très souvent négatif, et j’aurai eu l’impression de ne pas être allé au bout de mon idée.

Du coup, j’avais choisi l’auto-édition très tôt pendant l’écriture. A force de parler sur Twitter, j’ai appris beaucoup de choses sur le monde du livre qui me conforte dans l’idée de me faire mes expériences et de m’aguerrir tout seul en premier lieu. Un peu comme une recherche d’emploi informatique : j’avais un CV vierge, sans expérience, ni formation. Envoyer des candidatures spontanées à Microsoft / Google / Apple, c’est mignon, mais ça a très peu de chances de marcher(et on est hyper nombreux à le faire).

Pas la peine de s’illusionner à cause du mec sur 10 000 qui y arrive. Donc, je me crée mes expériences pro tout seul 😉 Comme ça, je sais ce dont je suis capable sur la conception d’un livre (écriture, correction, couverture, mise en page, impression, diffusion, marketing, etc…). Je connais mes capacités propres et je sais aussi où il est préférable de rémunérer un pro. J’apprécierai d’autant plus le service pro d’une maison d’édition que je sais ce que je peux faire seul. Après tout, je paye ce service cher en réduisant fortement mes droits d’auteur. Il faut que la relation pro soit équilibrée et saine, ni moi qui supplie d’être édité, ni qui fais ma diva en réclamant les à valoir de JK Rowling 😉

Mon objectif est d’être hybride, avec des titres en auto-édité et des titres en maison d’édition. Par exemple, j’ai écrit un livre dont vous êtes le héros qui a été soumis à une maison qui en cherchait spécifiquement. Si je file ma métaphore de la recherche d’emploi, je réponds à une annonce, je ne fais pas une candidature spontanée. C’est très différent dans l’approche.

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L’art, les artistes et leur public

J’ignore si le strip ci-dessous, du très drôle Raphaël Beuchot (dont je lis toujours avec plaisir les strips sur twitter, sur le monde la musique, en particulier) a été rédigé juste pour faire sourire. C’est en tout cas l’effet qu’il a d’abord eu sur moi, suivi d’une réflexion. Les réactions sont exagérées, mais elles sont assez naturelles.

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Ne le prenez pas mal, amis artistes, mais dans l’ensemble, on s’en fout de vous. En tant que personnes, je veux dire. D’ailleurs, n’est-ce pas une de vos revendications, en général? Des bons, du moins? Qu’on s’intéresse à votre art mais pas à votre vie privée?

Et ma foi, quand c’est le cas, ça se traduit ainsi.

On a beau l’enseigner, le réduire en formules mathématiques (nombre d’or et harmoniques), la perception de l’art reste elle essentiellement émotionnelle. On « accroche » ou pas à une oeuvre en fonction de son vécu personnel, de ce qu’on a envie de voir ou d’écouter, de l’écho que ça trouve en nous. Certes, la façon dont c’est fait, le style, les arrangements, les couleurs, l’écriture… ça compte aussi. Mais ça aussi, c’est normalement influencé par le fond. Si vous écrivez exactement la même chanson pour raconter l’enfer de la dépendance et les premiers mots de votre bébé, à moins de le faire exprès à titre expérimental, c’est que vous êtes très limité, techniquement.

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Il a le mérite de l’honnêteté

Par suite, il est normal que les gens qui ont adoré la veine sombre d’un artiste ne trouvent pas tous leur compte dans un virage à 90° vers des comptines pour enfant. Sans doute pas au point de souhaiter que l’artiste retombe en dépression, ok. Ça, c’est égoïste. Mais en se détournant de l’artiste en n’achetant plus sa musique, ça, c’est logique.

Dans 99,999% des cas, on ne vous connaît pas personnellement et on ne vous connaîtra jamais. Vous pouvez être la personne la plus délicieuse ou un sombre connard, ça peut certes transparaître dans votre art, mais pas forcément. Donc ce qui reste, c’est l’art.

Po-Pompidou par Andy Warhol

Alors oui, souvent on s’attache, ou on croit s’attacher, en gardant plus ou moins conscience de ne pas réellement savoir à qui on s’attache. Mais en même temps ce n’est pas bien grave vu qu’il y a peu de chances que la personne en question, si elle trahit votre confiance (sans le savoir elle aussi) se barre avec vos gosses ou votre compte en banque. Ca prête donc peu à conséquence.

Plus je prends de l’âge et moins je comprends la notion de « loyauté » à l’artiste brandie en étendard par certains (et, quand je lis le strip, peut-être même attendue par certains artistes. N’est-ce pas, monsieur « fair weather friend »?…).

Bon, pour tempérer ce propos, je concluerai en disant que le meilleur des concerts de Placebo que j’ai vus était, a contrario, celui de leur retour pour Battle for the Sun, après avoir viré le batteur, mais avec un Brian Molko apaisé et aussi radieux qu’on peut l’imaginer (c’est à dire à peu près comme un corbeau sous acide : ça reste du Placebo, mais plein d’énergie). Comme quoi. (c’était pas celui-là, de concert, d’ailleurs, c’était la Musicale de Canal Plus à l’Olympia, mais je n’en ai pas de bonne photo. Je pensais qu’il interdisait encore les appareils photos et je n’avais sur moi que mon regretté Nokia Xpress Music 5800).

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Lecture : Collaboration Horizontale

Collaboration Horizontale. C’est l’expression employée après guerre pour désigner les liaisons entre soldats allemands et femmes françaises. Comme si entretenir une relation sentimentale ou charnelle avec l’ennemi équivalait à une trahison au même titre que travailler pour lui.
Pourtant, comme aurait dit Arletty à qui on demandait des comptes sur sa liaison avec un bel officier teuton, « Mon coeur est français mais mon cul est international ».
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Le roman graphique du même nom, sorti chez Delcourt, raconte l’histoire des habitants d’un immeuble parisien pendant l’Occupation. Enfin, majoritairement des habitantes : la plupart des hommes français sont au front ou prisonniers, comme Raymond, le mari de Rose. Ne restent que les infirmes, comme Camille, ancien soldat qui a perdu la vue au combat, les enfants, comme Lucien le fils de Rose, et quelques privilégiés comme Léon, le mari de Judith, policier.
Pour les femmes, il faut continuer à subsister, à travailler, à vivre. Et parfois, l’amour survient alors qu’on ne l’attend pas. Pour Rose, l’infirmière, c’est en essayant de détourner l’attention de Mark de la famille juive qui se cache dans le grenier. Ce jeune officier allemand a choisi le renseignement pour éviter de tuer des gens, et a réussi, au moins, à éviter de se laisser gagner par la haine présente dans sa famille.
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On suit aussi les histoires des autres personnages féminins : Andrée la concierge aux idées d son époque, Henriette, la vieille dame qui voit tout, Joséphine, la jolie blonde qui chante dans un cabaret et fait des ménages pour Henriette, Simone, la fille d’Andrée à la coupe garçonne, Judith, la mère au foyer, Sarah la juive qui se cache avec son fils dans le grenier, avec la complicité de toutes les autres…
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C’est par le Facebook de la librairie La Dimension Fantastique que j’ai appris la sortie de cette BD, car ils organisaient une dédicace en présence des deux auteurs à cette occasion (oui je suis très en retard pour l’article…).
J’ai plusieurs fois parlé ici de mes lectures sur la période et cet aspect en particulier, les enfants de la guerre en particulier, et les couples, pour la plupart éphémères, de la guerre. J’ai donc sauté sur l’occasion.
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Navie, la scénariste, n’est pas que la co-présentatrice de L’Émifion (Madmoizelle.com sur Youtube) avec la déjantée Sophie-Marie Larrouy. Elle a un doctorat en Histoire, spécialisée sur le Fascisme. Son mémoire de dernière année portait sur la collaboration horizontale. C’est au détour d’une conversation avec son éditrice sur son parcours que celle-ci lui a suggéré d’écrire sur le sujet. Carole Maurel, la dessinatrice, faisait partie des illustrateurs qui lui ont été suggérés par la maison d’édition, et elle a tout de suite adhéré à son style, alors que le grand succès de Carole, L’Apocalypse selon Magda, n’était pas encore sorti.
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Bien que les dessins semblent faits à l’aquarelle, ils ont pour l’essentiel été réalisés sur ordinateur. Les textures créées par Carole Maurel permettent de restituer un « grain » qui nous renvoie bien à l’époque. En résumé, un roman graphique qui résume toute une époque et plusieurs portraits, de femmes surtout, d’hommes aussi.

Qu’est-ce que la rock’n’roll attitude pour moi?

Bonne question, que Bee Bop a posé sur son blog. J’y ai répondu là-bas, et comme ça m’a donné l’occasion d’aborder des sujets que je voulais évoquer ici, j’en fais un article – en plus étendu et en ayant corrigé mes fautes de frappe. N’hésitez pas à aller voir les définitions des autres blogueurs et de Bee Bop elle-même, ça vaut son pesant de cacahuètes!
Tout le monde semble avoir sa définition de ce qui est rock’n’roll, et je suis rarement d’accord avec. Par exemple, quand un critique musical parle d’un groupe qui fait du rock « bien sale comme on l’aime ». Parce que si par là il entend 3 accords joués très fort mais pas très bien avec une sono approximative qui délivre une bouillie assourdissante « mais c’est sincère », euh bof. Musicalement, pour moi, le rock c’est ce qui est à base de basse batterie guitare épicétou.
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Au niveau lifestyle, je ne suis pas sûre non plus de me sentir concernée. Si je m’habille de préférence en jean noir et t-shirt de groupe pour les concerts, c’est un peu pour faire couleur locale et un peu parce que si je ne mets pas mes t-shirts Babymetal à des concerts, ce n’est pas au travail que je pourrai le faire.
J’ai eu plus d’une fois des commentaires de gens me disant qu’à me voir, on n’imaginait pas que j’écoutais ce que j’écoute. Oui. Je n’ai ni piercing ni tatouage (cf mon article j’aime pas ça – pour moi, vous faites ce que voulez c’est pas mes oignons), je ne m’habille pas non plus gothique – même si une collègue me trouvait un air parce que, à l’époque, j’avais les cheveux teints en noir et je m’habillais souvent en noir. Mais c’est parce que je n’aime pas le criard en vêtements, j’ai la flemme de galérer pour assortir mes vêtements le matin, et le noir pour le boulot, ça fait tout de suite sérieux. Et ça va avec tout. (Maintenant je mets plus de gris, pour éviter le côté croque-mort. Et brouiller les pistes).
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Comets 2008 : prix de la plus belle meuf de la soirée (et la seule avec un pénis)

Je n’ai jamais considéré que le look devait forcément refléter tous mes goûts, musicaux ou autres. Pour diverses raisons :
– ce n’est pas parce que je trouve intéressant que Bill Kaulitz, par exemple (ci-dessus dans sa phase princesse), reprenne l’héritage des stars du glam rock et se soit créé des identités visuelles successives que j’ai envie de lui ressembler pour autant. Il faut différencier costumes de scène / look destiné à un métier d’image et habits de tous les jours.
– le look, c’est assez accessoire (ah ah) pour moi. J’étais normcore avant l’heure. Si je m’y suis mise un peu c’est dans la mesure où ça me facilite la vie, pas pour me la compliquer.
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Je n’en suis quand même pas à ce point (ni si riche)

– justement, j’ai souvent des goûts inhabituels et je connais les préjugés des gens. Je ne vois pas l’intérêt d’afficher tous mes goûts à la Terre entière, surtout si ça peut me pénaliser. Pour vivre heureux, vivons cachés.
– j’aime souvent en même temps beaucoup de choses différentes, alors si je devais porter une combinaison de tous mes goûts du moment, ce serait sans doute hideux. Et même si on s’habille pour soi et pas pour les autres, j’aime autant ne pas me faire saigner les yeux dans le miroir.
natalie franz_be someone
Si je peux revendiquer un aspect de rock’n’roll attitude, c’est de ne pas tenter de suivre une voie autre que la mienne. Ne pas se laisser enfermer dans des conventions, que ce soit celles des bcbg non rockeux ou celles du rock’n’roll, celles des « mundanes » ou celles des geeks.
La rock’n’roll attitude, c’est ça : sois qui tu veux être, quoi que les autres attendent de toi ou te disent. Que ce soit un rebelz en uniforme d’anticonformiste, un créatif en Vans, une jeune fille sage en jupe plissée ou une cougar en cuir, si ça t’amuse. Tant que c’est réellement ton choix, tes goûts, pas ce qui t’es dicté.
Bref, c’est faire comme cette vieille dame croisée dans la rue : respect madame!
mamie rock cheveux bleus

la vieillesse aux cheveux d’argent… oups?

Post-scriptum : documentaire sur les forteresses de l’Atlantique à voir en replay

RMC Découverte a diffusé récemment un passionnant documentaire sur les forteresses de l’Atlantique voulues par Hitler, qui sont restées des poches d’occupation Allemande durant plusieurs mois après le débarquement. Parmi elles, Royan, la Rochelle, Saint-Nazaire…

J’en avais parlé à l’occasion de la lecture du livre consacré à deux acteurs de cette occupation : le capitaine de frégate Hubert Meyer de la marine française et l’amiral Ernst Schirlitz, de la marine allemande, en charge de la poche de la Rochelle.

Vous pouvez voir ce documentaire jusqu’au samedi 27 mai en replay sur le site de la chaîne. Olivier Lebleu et Robert Kalbach, co-auteurs du livre, font d’ailleurs partie des spécialistes interrogés dans ce documentaire, qui donne aussi la parole à des témoins, membres des FFI ou « empochés » à l’époque.

meyer schirlitz

Crowdfunding : Love U Hiroshima, un court-métrage avec Alban Lenoir – derniers jours!

Pour les fans d’Alban Lenoir (Kaamelott, Hero Corp, Lazy Company), ce court métrage  de Jules-César Bréchet dont il sera la vedette vient d’atteindre son objectif sur Ulule. Il a même été désigné ce 11 mai projet du jour par le site de financement participatif! Joli petit coup

hiroshima_poster

Mais il a besoin de tous les coups de pouce dans le sprint final pour se donner un peu de marge pour le tournage. Fin du crowdfunding après demain!

Avec à signaler, outre les contreparties classiques (remerciements, téléchargement du film…), d’autres plus originales voire déjantées : écrire une réplique dans le film pour le perroquet Kikko, ou repartir avec une Nissan Almera 5 portes.

Tous les détails sur le site du projet sur Ulule. Vous pouvez notamment y visionner les 6 épisodes de « En attendant Hiroshima », la mini-série tournée pour animer le projet, où Alban, le réalisateur, Christophe Fluder, le perroquet et d’autres vous en diront plus.

Exposition : Kimono, au bonheur des dames, au Musée Guimet

Il ne vous reste plus que quelques jours, jusqu’au 22 mai, pour aller voir l’exposition Kimono, au bonheur des dames au Musée Guimet. Elle bénéficie d’un prêt exceptionnel de la collection Matsuzakaya, l’équivalent japonais du Bon Marché, fabrique de kimonos depuis 1611, qui a rassemblé et conservé depuis 1913 nombre de kimonos anciens, catalogues de motifs et designs.

L’exposition explique la fabrication d’un kimono (à base de 7 bandes de tissu de même largeur, non redécoupés ensuite), et les façons de réaliser les motifs : teinture à la cire, broderie. On évolue à travers les différents styles au fil des années et suivant les catégories sociales – femmes de guerrier, de marchand, de la noblesse.

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En fin d’exposition, une salle expose des réinterprétations modernes de kimonos par de grands couturiers occidentaux (Jean-Paul Gaultier, Franck Sorbier, John Galliano…) ou japonais (Junko KoshinoKenzo Takada, Yohji Yamamoto…). Et revient aussi sur le Japonisme, courant de la fin du 19e siècle qui a vu le kimono, comme d’autres pans de la culture japonaise, inspirer la communauté artistique française – au moment où le Japon, lui, se détournait de ce vêtement traditionnel ressenti comme un vestige du passé.

Plus de photos sur la page Facebook du blog. Sans descriptions parce que ce fichu bouzin les a perdues, et bugge quand j’essaie de les remettre.

Informations pratiques :
Musée Guimet : Kimono, au bonheur des dames
Du 22 février au 22 mai 2017
Horaires :
Du mercredi au lundi, de 10h à 18h.
Tarif plein : 9,50 Eur pour le billet jumelé collections permanentes + expositions temporaires