Exposition: Gaston Lagaffe à la BPI (Bibliothèque du centre Georges Pompidou)

Je ne connaissais la BPI que par ses files d’attente interminables quand je passais derrière le centre Georges Pompidou le samedi au gré de mes balades parisiennes. Aussi j’hésitais à planifier une visite de cette exposition. Mais le hasard y a guidé mes pas un soir, et comme la BPI est ouverte jusqu’à 22h, et qu’il n’y avait pas d’attente dehors, je suis entrée.

L’exposition

L’exposition se trouve au niveau 2 au milieu de la bibliothèque, et là une dizaine de personnes piétinait pour accéder à l’espace consacré au héros flegmatique de Franquin.

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 On y découvre sa genèse, avec son apparition muette en plusieurs fois dans les pages du magazine jeunesse Spirou : devant la porte de la rédaction, à l’entrée, puis envahissant les espaces laissés libres par la mise en page. Au fil des numéros, Franquin affine le personnage, qui perd de sa raideur pour adopter sa silhouette en S caractéristique.
L’exposition fourmille d’anecdotes et de documents sur la rédaction du journal Spirou à l’époque. Ainsi, Gaston a hérité de ce prénom parce que c’était celui d’un ami de Yvan Delporte, le rédacteur en chef, qui trouvait qu’il lui ressemblait. De Maesmaker, l’homme d’affaires obsédé par la signature de ses contrats toujours empêchée par une catastrophe signée Lagaffe, tire son nom du père du 2e dessinateur. Car, je l’ignorais tant leurs styles sont semblables, mais n’ayant pas le temps de dessiner à la fois Spirou, Lagaffe et ses autres oeuvres, Franquin avait fait appel à Jidéhem, de son vrai nom Jean de Maesmaker, pour dessiner une partie des Gaston, lui conservant la partie scénario. Jidéhem explique que pour distinguer les planches au moment de la répartition des royalties, ils se basaient sur les phylactères (les textes des bulles, quoi), Franquin traçant les siens à la plume et Jidéhem avec un outil (dont j’ai oublié le nom…) qui rend une largeur fixe.
La dernière zone permet de (re)découvrir d’autres oeuvres de Franquin, notamment une planche glaçante pour Amnesty International (ci-dessus). Et le courrier émouvant de Yvan Delporte à Dupuis lui annonçant qu’il renonce à poursuivre le Trombone Illustré…

Quelques citations

Un adulte, c’est peut-être un enfant qui a mal tourné.
Si j’avais commencé ma carrière à Paris, je pense que les choses auraient été très différentes. En évoluant dans un environnement plus engagé, j’aurais probablement dessiné un autre genre de séries. Là-bas, vous pouvez faire rire les gens, tout en faisant passer un message. Pour ma part, j’ai souvent pensé que j’étais prédestiné à faire de mignons petits dessins inoffensifs, légers, superficiels…
(Idées Noires, éditions Rombaldi, 1988)
Souvent, l’humour est une fuite et les humoristes sont des gens sinistres qui se soignent sans le savoir par le rire. Comment voulez-vous échapper à l’actualité qui vous matraque les horreurs du monde? L’être humain est le seul être totalement nuisible de la planète, vraiment! Alors, comment vous abstraire de ça? Les gens totalement heureux sont des égoïstes profonds.

(L’illustré, 1988)

Informations pratiques

Gaston Lagaffe à la BPI (Bibliothèque Publique d’Informations du centre Georges Pompidou)
Du 7 décembre 2016 au 10 avril 2017
Centre Pompidou, 19 Rue Beaubourg, Niveau 2
75004 Paris
Entrée libre pendant les horaires d’ouverture de la Bibliothèque
Accès par la Bpi rue Beaubourg

Lundi, mercredi, jeudi et vendredi : 12h – 22h
Samedi, dimanche et jours fériés : 11h – 22h
Fermeture le mardi

Entrée par le Centre Pompidou (chenille, niveau 2) avec le billet du jour « Musée et expositions » (les laissez-passer du Centre Pompidou ne donnent pas accès à l’exposition les dimanches et jours fériés).

En raison de la forte affluence le week-end, le musée recommande d’éviter de visiter l’exposition le dimanche.

 

Lecture : Actors Anonymous, de James Franco

Acteur, réalisateur, monteur, poète et écrivain, James Franco semble avoir décidé de pousser à l’extrême le cliché de l’acteur multi-casquettes. Tiens, je ne crois pas qu’il se soit essayé à la musique?

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L’auteur

Pour être tout à fait honnête, loin de faire partie de ses fans, je le trouve plutôt agaçant. Mais nous avons un point commun : il fait partie des quelques personnes encore plus obsédées que moi par River Phoenix. Quand il a tourné avec Gus Van Sant, il lui a demandé de visionner les rushs de My Own Private Idaho. En discutant avec lui, il a obtenu son accord pour tirer de ces heures de pellicule, non utilisées dans le film, deux longs métrages expérimentaux, dont l’un entièrement centré sur le personnage de River, Mike, et qu’il a baptisé My Own Private River (récemment projeté à la Cinémathèque de Paris dans le cadre de l’exposition Gus Van Sant, et avant ça, seulement montré dans diverses expositions. Des fans avaient lancé une pétition pour demander la sortie en DVD/Bluray, avant de découvrir que GVS y était opposé, et James Franco aussi). Il lui a aussi consacré un texte dans son recueil de poésies, « Directing Herbert White ». Et lorsque 2 auteurs demandent à des écrivains (dont lui, allez savoir ce qu’il fait là-dedans) de leur raconter leur premier « celebrity crush » (béguin pour une célébrité? Pas terrible comme traduction), c’est évidemment de River qu’il choisit de parler. Ce serait limite inquiétant s’il n’était pas mort.

Aussi, quand j’ai vu qu’il avait sorti un roman traitant des acteurs, je me doutais qu’il y mentionnerait River. Je ne me trompais pas : il y a carrément 4 poèmes parlant de lui dans un chapitre dédié. Cinq pages. Ça, c’est fait (je ne m’aventurerai pas à les commenter).

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Le roman

Le texte est bizarre : au lieu d’un roman classique, il s’agit d’un puzzle présenté sous la forme d’un guide de principes pour les apprentis acteurs, pour survivre à la machine à broyer les egos. Le narrateur évoque en seconde intention la volonté de partager avec le grand public ce qu’il a appris de la réalité des coulisses de Hollywood. Les chapitres portent chacun en titre un des principes édictés au début, qui dérivent apparemment de ceux des Alcooliques Anonymes. Ces chapitres racontent, souvent à la première personne, différents personnages et leurs histoires : une starlette, un acteur à succès, un loser en cure de désintoxication alcoolique…

La narration joue en permanence avec les a prioris du lecteur, qui peut y déceler, à tort ou à raison, des échos directs de la vie et la voix de Franco. A ce titre, les fragments sur l’acteur à succès qui profite de sa célébrité pour se trouver une (jeune) fan dans chaque -port- ville laissent songeur, quand on a eu vent de quelques rumeurs / débordements le concernant via la presse.

Il essaie de dégonfler les mythes autour de la machine à rêves d’Hollywood, et peut-être son propre melon. Le résultat est souvent glauque, parfois trash. Mais sans doute plus réaliste que les biographies aseptisées. Pour moi qui n’ait jamais trop fantasmé sur le quotidien des staaaars, rien de surprenant, sauf peut-être la mentalité de certains personnages. On pourra s’amuser à essayer de deviner si ses histoires sont celles de personnes réelles, et si oui qui. Mais sans être dans le milieu, je doute qu’on trouve ces clés de lecture là.

En conclusion

Un étrange objet littéraire, pas inintéressant, mais surtout pour qui s’intéresse à la psyché des gens de cinéma.

Informations pratiques :
Actors Anonymous
Auteur : James Franco
Editeur : Little A / New Harvest; Faber & Faber
(pas de version française pour l’instant)

Crowdfunding : Kirby & Me, un livre hommage à Jack Kirby

Vous n’avez plus que 10 jours pour acquérir, via participation à son financement participatif sur Ulule, le bel ouvrage concocté par deux fans de comics et de Jack Kirby en particulier : Kirby & Me.

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Il a créé ou co-créé nombre de personnages emblématiques de Marvel, comme les Avengers, les premiers X-Men, les 4 Fantastiques et bien d’autres. Précurseur, son style dynamique a marqué tous ses successeurs. Aujourd’hui, auteurs et dessinateurs lui rendent hommage dans un artbook qui rassemblera témoignages, analyses, illustrations originales de fans-artistes et bien d’autres choses (cf la description et la liste d’une partie des contributeurs sur la page Ulule ou la page Facebook). Pour que tous les fans puissent en profiter, le livre sera édité dans une version bilingue français-anglais.

Par ailleurs, les éventuels bénéfices du projet iront à l’association américaine Hero Initiative, bien connue des amateurs car elle vient en aide aux artistes dans le besoin. Ceux-ci sont généralement des indépendants sans protection sociale ou presque, ce qui aux USA revient à une faillite au moindre pépin de santé. Outre le soutien monétaire, par leur réseau ils aident aussi auteurs et dessinateurs dans le besoin à trouver des contrats afin de revenir dans le circuit. Si vous allez sur leur page, vous verrez que même de grands noms très connus du public ont failli finir à la rue sans leur aide.

Si vous ne pouvez ou voulez pas l’acheter, n’hésitez pas à soutenir quand même le projet, en partageant les liens sur les réseaux sociaux ou en en parlant autour de vous. Surtout à vos amis fans de comics et de beaux livres!

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Babymetal : l’intimité à cinq (plus trois. Voire plus sept)

En début d’année, je consacrais mon premier coup de gueule fandomesque au groupe norvégien A-ha, dans un article intitulé l’intimité à 15 000. Cela suivait l’annonce d’une tournée annoncée comme « intimiste », dans les mêmes salles de concert type Bercy que l’an dernier.
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Après un décompte sur le site du fanclub officiel de Babymetal (géré par Amuse, la société qui s’occupe du groupe), mon nouveau fandom a annoncé un événement bien différent : The Five. Le fanclub (bien qu’il soit marqué dans l’inscription que ce n’en est pas un) porte un nom : The One, et c’est aussi le nom donné aux fans élus par le Dieu Renard*.
Et donc, après les concerts à la billetterie exclusivement réservée aux The One, le site a appelé le 23 janvier à se manifester (veuillez excusez l’étrangeté du langage : c’est traduit en anglais depuis le japonais par Google Chrome), pour ceux qui voudraient faire partie des « Cinq Elus » qui pourront assister à un événement spécial le 1er avril prochain, jour du Renard (ne cherchez pas, c’est une autre invention de Koba-Metal, la tête pensante derrière le groupe) :
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Appelés : des The One « prêts à recevoir une révélation particulière du Dieu Renard ». Rien que ça. Comme souvent pour les « special events » réservés aux fans, on ne sait pas trop ce qu’il y a derrière. Mais on peut subodorer que les 5 heureux élus seront les premiers spectateurs du Blu-Ray « Live at Tokyo Dome », leur dernier show événementiel dans la mythique salle de Tokyo, rempli comme un oeuf deux soirs de suite, pour une Black Night et une Red Night. Voire même, rêvons un peu, qu’ils auront à écouter un ou plusieurs titres du prochain album. Peut-être même en audience (showcase) privatif (d’où le 5 + 3, voire 7 si le Kami Band est présent).**
Conditions : outre l’affiliation à la secte au fanclub, pouvoir être à Tokyo le 1er avril. Triste. Ce n’est pas mon cas, donc je n’ai pas postulé. En même temps, j’ai peur que la Révélation du Dieu Renard ne perde un peu de son sens quand on ne comprend pas le japonais couramment. Le fait que la partie The One du site officiel ne soit pas disponible que dans cette langue, et les bribes d’anglais assez répétitives des petiotes sur scène laissent peu augurer de la capacité de l’équipe à assurer la traduction. Or de ma jeunesse mangaphile, j’ai conservé quelques bribes fort utiles pour retenir un peu les paroles de Megitsune, mais ça ne va pas plus loin.
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Je n’ai rien compris à ces dernières phrases non plus. C’est très mystérieux, parfois, de suivre un fandom dans une langue qu’on ne comprend pas…
*Cad ceux qui ont suivi la procédure d’inscription, consistant à acheter sur leur site, A!Smart, l’objet de merchandising indiqué pour l’année. L’an dernier, c’était une serviette. L’année d’avant, un genre de cape courte à capuche.
Pour 2017, c’est The Big Tee, un t-shirt XXXXL qui arrive aux cuisses d’un gars lambda, et qui sur mon format crevette, tient de la tunique rituelle. Si on pratique des sacrifices humains aux événements The One, ça ne fera pas de tache… bref.
Hm? Ah oui, j’oubliais de dire que cette année, comme ils ont simplifié la procédure et qu’on peut enfin commander sur A!Smart sans se créer un compte sur un site qui fait les intermédiaires, je me suis inscrite. Je suis donc officiellement un renard. Kitsune! \m/
**Le « code » des idols limite les interactions directes hors scène avec le public. Comme les jeunes membres de Babymetal y sont encore soumises, a priori, et en dépit du pouvoir donné par le Dieu Renard, il est peu probable qu’il y ait également une rencontre avec le groupe, avec photo et dédicace, comme c’est le cas pour d’autres artistes. Mais bon, c’est le jeu avec ce type de groupe. Et ça tombe bien, car à ce stade ça m’est relativement égal. D’autant que à part « Mouzikku de arigatou gozaimashita », je n’ai pas grand-chose à leur dire, aux pioupioutes.

Mode : en attendant la Saint Valentin

Esprit, je t’ai déjà dit ce que je pensais de toi, et ma foi, depuis, comme tu l’avais annoncé, tu sembles effectivement redresser un peu la barre dans l’esprit (justement). Foin des slogans pour pétasse bêtasse « Too pretty to work », on essaie de se détacher de la concurrence qui occupe déjà le créneau « Be stupid ».

Nonobstant, et bien que je soutienne à 100% l’idée de briser ce cliché qu’il faut absolument être la moitié d’un couple pour exister, en particulier à l’approche de la Saint Valentin, quand j’ai vu ce T-shirt :

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Je n’ai pas pu m’empêcher de compléter la phrase mentalement. Puis avec mes petits doigts dans pas-Photoshop. Pour ajouter deux lignes.

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C’était trop tentant.

Parce que les vêtements à message, c’est bien, mais à lectures multiples, c’est encore mieux.

Throwback Thursday Livresque #17 : un livre invisible (dont on ne parle pas assez)

Le Throwback Thursday Livresque est un rendez-vous littéraire organisé par BettieRose Books and Pin-up. Vous pouvez retrouver tous les liens des participant(e)s sur son blog. Chaque semaine, un thème est associé et le principe est de parler d’une lecture en rapport avec ce thème, un livre qui n’est pas dans l’actualité mais dont vous aviez envie de parler.

Comme Lost in Chapter 13 la semaine dernière, il s’agit cette semaine de ma première participation à ce rendez-vous. N’étant pas bloggueuse littéraire, je n’ai pas prévu de le faire régulièrement, mais en voyant le thème de cette semaine, c’était l’argument idéal pour rédiger un article qui me trottait en tête depuis un moment.

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Le livre : Mauvais génie, de Marianne Denicourt et Judith Perrignon

Ce tout petit volume, co-écrit par l’actrice Marianne Denicourt et la journaliste Judith Perrignon est idéal dans la catégorie du livre invisible, parce qu’en essayant de trouver plus d’informations pour écrire dessus, a posteriori, j’ai eu bien du mal à en trouver. Peu de critiques littéraires ou d’articles, et encore moins qui aient eu la curiosité de se renseigner auprès des auteurs, en dehors de celui-ci.

Désintérêt pour ce qui apparaît dans certaines critiques comme moins un objet littéraire qu’une vengeance qui aurait dû rester privée? Ou copinage qui leur fait garder le silence pour ne pas froisser le sujet du récit?

Si je me souviens bien, c’est l’un des rares livres pour lesquels je m’étais fendu d’un commentaire sur la Fnac, qui fut curieusement supprimé (ou jamais validé). Pourquoi, mystère.

Heureusement, Wikipédia en fait une petite mention dans la page de l’actrice, dans une rubrique « Polémique » :

Alertée par Juliette Binoche et estimant que Rois et Reine d’Arnaud Desplechin, son compagnon au début des années 1990, s’inspire largement de sa vie, Marianne Denicourt publie, en 2005, Mauvais génie, un livre coécrit avec la journaliste Judith Perrignon dans lequel elle lui reproche d’avoir exploité des éléments douloureux de sa vie privée et de leur vie commune. Elle le poursuit ensuite en justice, en 2006, lui réclamant 200 000 euros de dommages-intérêts, mais elle est déboutée le 3 avril 2006 par le tribunal. Celui-ci estime que l’œuvre de Desplechin, même si elle s’inspire largement de la personnalité et de l’histoire de Marianne Denicourt, voire de ses proches, constitue une œuvre de fiction non réductible à ces faits réels sans qu’il y ait « atteinte à la vie privée ». Par ailleurs, Marianne Denicourt n’est pas condamnée en retour, à la suite de la plainte du producteur, par le même tribunal qui considère que cette dernière a pu « souff[rir] de voir ces événements douloureux de sa vie privée utilisés par son ancien compagnon ».

L’histoire

Arnold Duplancher est un réalisateur adulé du microcosme parisien. Certes, ses films ne remplissent pas forcément les salles, mais en revanche, les critiques de cinéma lui réservent toujours un accueil de choix. Et quand un critique à un festival ne semble pas aimer son film, il fait l’objet d’une « explication » sur ce qu’il n’a pas compris de la grandeur du film en question, assiégé au bar du Martinez par Arnold et son producteur jusqu’à ce qu’il se soit rangé à leur avis.

Cela ne suffit pas à guérir les multiples névroses d’Arnold, et il vit notamment dans la paranoïa de la vengeance de plusieurs de ses anciens proches. Ils ont tous le même reproche à lui faire : les avoir manipulé et avoir pillé leur histoire personnelle pour en nourrir ses films. La dernière en date, c’est une ex-compagne, qui reconnaît dans son dernier scénario la mort tragique et accidentelle du père de son enfant, alors qu’elle était enceinte, et la maladie et la mort de son propre père. Elle n’est d’ailleurs pas la seule à y voir une ressemblance, puisque c’est par une amie actrice qui l’avait remarqué qu’elle a eu accès au script.

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Mon avis

J’ai lu ce roman quelques années après avoir assisté à une avant-première d’un autre film d’Arnaud Desplechin, « Esther Kahn », en présence du réalisateur, ainsi que je le raconte ici. Ni le film (dont la version souffrait de longueurs prétentieuses dont certaines n’avaient pas été coupées de la version courte), ni le réalisateur ne m’avaient fait grande impression. Aussi j’étais curieuse de lire enfin un témoignage qui changerait du monde merveilleux des bisounours du cinéma français où tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, et surtout tu ne dis pas de mal des gens qui ont la cote auprès d’une certaine presse, sinon tu ne bosses plus jamais…

Je n’ai pas été déçue : le portrait est acerbe, drôle, et dresse un étonnant profil psychologique pathologique de créateur persuadé que son art l’autorise à tout. Je me suis étonnée que certains tombent à bras raccourcis sur Marianne Denicourt pour cela, puisque le personnage de créateur torturé est un poncif, et que Woody Allen en a fait la moitié de sa filmographie avec un grand succès auprès du même public germano-pratin. « Arnold Duplancher » n’est pas le seul à en prendre pour son grade, d’ailleurs : ce qui est montré en filigrane, c’est aussi tout le système de renvois d’ascenseurs de ce monde fermé, qui fait que quoi qu’il fasse, il n’est jamais réellement contredit parce qu’il sait quels fils tirer. Ce qui l’entretient dans ses manipulations perverses du malheur des autres.

Contrairement à certains critiques, je n’ai pas trouvé que cela manquait de style. C’est bref, certes, mais mordant, enlevé, et cela a au moins le mérite de lever un coin de voile sur un univers d’initiés. Et je comprends et partage son sentiment cathartique. Quand à savoir si c’est mesquin ou pas : elle a fait exactement la même chose qu’Arnaud Desplechin : transformer une histoire vraie en personnages de fiction. Si elle a déformé la réalité, je doute que ce soit plus que lui, et son livre est drôle et instructif, deux qualités qui font défaut au peu que j’ai vu des films de Desplechin (j’ai tenu la moitié d’un autre, si je me souviens). Je ne vois pas au nom de quoi elle aurait moins que lui le droit de le faire.

Comme le dit Marianne à la fin de l’article cité plus haut,

Peu importe que Mauvais génie soit lu ou non, qu’il incite à aller voir le film ou pas : je devais l’écrire pour les cinq personnes qu’Arnaud Desplechin a fait souffrir à dessein. Ce n’est pas un livre contre lui, c’est un livre “pour”. Pour résister et mettre en lumière un certain processus de création.

Pour finir, à un moment le personnage de Marianne, dans le livre, se demande si, finalement, « Arnold » ne l’a courtisée que parce qu’il avait entendu parler de son histoire et voulait en savoir plus pour se nourrir de cette douleur. Elle répond peut-être à une question que je me posais depuis longtemps : comment et pourquoi diable Desplechin avait-il choisi Summer Phoenix comme héroïne de son film? Elle n’avait eu que des rôles mineurs, ou secondaires dans des films obscurs. Il prétendait en interview l’avoir vu dans un film jamais sorti ici et très confidentiellement aux USA. Je soupçonnais qu’il voulait capitaliser sur son nom, mais après la lecture du roman, je me demande s’il n’espérait pas aussi tirer de la collaboration une nouvelle victime pour sa manie de s’inspirer des malheurs des autres.

Exposition : l’Ecran Japonais à la Cinémathèque Française

Cette exposition se trouve dans la galerie des Donateurs, au dernier étage de la Cinémathèque. Elle tient donc dans l’unique salle de cette galerie, et ne prendra pas plus d’une heure à visiter. En contrepartie, elle est visible avec un billet standard pour le musée (5 euros) et les photos sont autorisées. Respectant l’objectif de la galerie des Donateurs, l’exposition est en partie un hommage à deux donatrices qui ont beaucoup contribué à faire connaître le cinéma japonais en France, et à enrichir le fonds documentaire de la Cinémathèque : madame Kawakita et Hiroko Govaers.

Cinémathèque : l'écran Japonais

Sont présentés photos de tournage, affiches, quelques costumes dont deux beaux kimonos, et des dessins préparatoires de décor. Je découvre que beaucoup de réalisateurs font des croquis de leurs personnages et des costumes souhaités. Quelques extraits de classiques de Yasujiro Ozu, Nagisa Oshima, Kenzo Mizoguchi (Contes des Chrysanthèmes tardifs) sont projetés sur un mur. Les plus inattendus sont des documents sur les échanges entre Henri Langlois et des réalisateurs japonais, qui mettent en lumière comment celui-ci a oeuvré afin de faire connaître leurs oeuvres. Autre preuve de cette confiance : les lettres des représentants légaux de ces réalisateurs réclamant la restitution des dépôts prêtés une fois qu’Henri Langlois n’était plus à la tête de la Cinémathèque.

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L’exposition fait la part belle aux classiques, mais n’oublie pas le cinéma de genre, avec des affiches de films de monstres, de longs métrages d’animation (des studios Ghibli ou l’étonnant Belladonna) et de films-ovnis comme l’empereur Tomato Ketchup. Malgré les bonnes intentions manifestes, le résultat est un peu brouillon et peu didactique. Il ressemble plus à un catalogue désordonné de ce que possède la Cinémathèque sur le sujet qu’à une présentation en règle du cinéma nippon. Un peu dommage, d’autant que d’après le livre d’Or, beaucoup de scolaires la visitent. Le bon point, c’est que l’absence d’informations sur les films m’a fait noter plusieurs titres afin de me renseigner sur eux.

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Informations pratiques :
Cinémathèque de Paris
51 Rue de Bercy, 75012 Paris
(M) ligne 6 et 14, station Bercy.
Exposition L’Ecran Japonais
Du 14 septembre 2016 au 25 juin 2017
Tarif plein : 5 Eur.
Entrée libre le premier dimanche du mois

Lecture / comics : The Wicked + the Divine

Je ne lis plus très souvent de comics, mais le pitch de celui-ci et sa chaude recommandation sur la page Facebook de la librairie Bédéciné via un article du cridutroll m’a intriguée. J’avoue, cette histoire de divinités revenant périodiquement sur Terre sous forme d’adolescents ou de jeunes gens charismatiques, pour être adulés 2 ans avant de devoir mourir et repartir pour un cycle, m’a fait songer à River Phoenix. Son image de sensibilité à fleur de peau et ses convictions (humanitaires et végétariennes) font que ses fans sont prompts, sinon à le déifier, du moins à transformer en figure messianique (aidés en cela par ce qui semblait être la volonté première de ses parents).

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Laura

Après lecture de ce premier tome traduit en français, néanmoins, c’est moins à lui qu’à mes plus récentes idoles adolescentes que j’ai pensé, en tout cas concernant les réactions des fans tels que dépeints dans le comics.

Citation :
« Nous sommes leur inspiration – autrement dit rien »

L’histoire

Laura, ado métisse londonienne banale (cad avec des cheveux bariolés et qui est en rébellion-mais-pas-trop contre ses darons), sort en douce pour aller assister, maquillée façon glam, à un concert d’Amaterasu, idole pop aussi jeune que son public moyen. Elle s’évanouit en fin d’un set intense passé au premier rang. Elle est réveillée en coulisses par Luci (diminutif de Lucifer bien sûr), autre jeune chanteuse, au look très reminiscent de David Bowie période Thin White Duke. Celle-ci l’emmène à une soirée où se retrouvent Amaterasu et 2 autres membres d’un groupe de 12 jeunes artistes à la mode, qui se fait appeler le Panthéon. Là, une journaliste spécialisée en religions les questionne sur leur prétendue nature divine, et les pouvoirs qu’ils prétendent avoir sans jamais les montrer. Plan comm’ gonflé, ou façon de se cacher en pleine lumière ?

Une tentative d’assassinat vient apporter une démonstration de la réponse…

Luci se retrouve accusée de meurtre, et Laura, seule, essaie de la disculper, en allant enquêter auprès des autres membres du Panthéon.

Ce volume raconte une histoire complète, mais on devine qu’il y a une suite.

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Luci

Mon opinion

Le comics abonde en références à la pop culture, que je vais supposer toutes voulues. J’ai déjà précisé que Luci était fortement inspirée de Bowie, c’est même souligné par la journaliste Cassandra dans le récit. Elle me rappelle aussi beaucoup Desire, de la série de comics de Neil Gaiman « Sandman ». Encore l’histoire d’un groupe d’immortels (les Endless), comics culte des années 90. Dans l’interview de l’auteur qui préface le livre, ils parlent du décès début 2016 de Bowie et de Prince, qui a lui aussi inspiré un des personnages.

Quelqu’un dit d’une des Déesses chanteuses, Tara (« fucking Tara ») qu’on ne sait pas si c’est celle de Buffy contre les vampires. Dans ce premier tome, on ne la rencontre pas, on n’en saura donc rien.

Le dessin, clair et très coloré, évoque autant le Londres des années glam que les comics des années 80. Je pense que j’achèterai aussi la suite, même si, de mon point de vue, le comics manque de personnage attachant (façon polie de dire que la moitié sont des têtes à claques). Ce qui est amusant quand je lis d’autres critiques de lecteurs qui soulignent au contraire qu’enfin dans ce comics ils peuvent s’identifier à tel ou tel personnage. Je dois être trop vieille.

Informations pratiques
Auteur : Kieron Gillen
Dessinateur : Jamie McKelvie
Editeur VF : Glénat
Editeur VO : Image Comics

Exposition : Jodorowski’s Dune à la French Paper Gallery

La French Paper Gallery, près du musée des Arts et Métiers est spécialisée dans le « geek art ». A l’occasion de la sortie du DVD du documentaire sur l’adaptation jamais achevée du Dune de Frank Herbert par Alejandro Jodorowski, il était logique qu’ils consacrent une brève (une semaine) exposition à ce monument de la science-fiction.

Au menu : les illustrations et esquisses réalisées par H.R. Giger pour définir les concepts visuels de Giedi Prime, la planète des Harkonnen – ça lui allait bien… et ce n’est pas pour tous les yeux. Les images sont accompagnées d’explications de l’auteur, à la fois sur les circonstances de la création (on sent qu’il a peu apprécié la maigre rétribution au vu du budget colossal prévu pour le film, et le traitement cavalier de son art). Des documents – affiches prévues pour promouvoir le film, etc.

Le gros de l’exposition était consacré à des tableaux et dessins réalisés tout exprès par des illustrateurs contemporains, et qui sont également reproduits dans le livret de l’édition collector du DVD. Je salue l’initiative, mais clairement certains ont été plus inspirés que d’autres. Déjà, et en particulier (mais pas que) chez les français, beaucoup avouent n’avoir jamais lu Dune. Comme ça, cash, sans honte. L’hommage en mode YOLO. Au mieux ils connaissent le film de David Lynch, et au pire ils ont seulement entendu parler du projet de Jodorowski – sans doute parce que celui-ci est aussi scénariste de BD, et parce que Moebius était impliqué dans le projet. Alors pour cirer les pompes de Jodorowski, ça y va, mais pour la pertinence derrière des oeuvres, on y perd… car certains font plus dans l’hommage à Moebius ou à l’Incal.

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Reverend Mother Helen Gaïus Mohiam par Guy Davis

Heureusement, il y a aussi ceux qui non seulement ont lu Dune, mais qui ont été autant marqués que moi par cette lecture. Ce qui donne entre autres cette très impressionnante Révérende Mère Helen Gaius Mohiam présentant la Boîte à Paul Atreides, par Guy Davis. Un baron Harkonnen répugnant par Ladrönn. Un ver issant sur fond de désert rougeoyant signé Bill Sienkewicz (que j’avais découvert quand il travaillait chez Marvel, notamment sur les Nouveaux Mutants et Elektra). Une belle affiche de ce qu’aurait pu être le film par Antoine Carrion. Et une évocatrice Sainte Alia du Couteau par David Mack (qui a lui aussi travaillé sur Daredevil chez Marvel, mais dont l’oeuvre phare est plutôt Kabuki), dont j’aurais bien acheté un tirage sauf qu’ils ne vendaient que l’original, à 5000 Eur. Gloups.
Heureusement, comme je n’étais pas la seule à me montrer intéressée, un tirage en édition limitée de print à 35 Eur a été éditée.

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Sainte Alia du Couteau par David Mack

De toute façon, si on en est aux opinions hérétiques (de Dune), je fais partie de ceux assez contents que le film ne se soit pas fait. Déjà parce que embaucher Dali comme acteur, à prix d’or de surcroît, méritait au minimum un naufrage. Et j’ai bien décelé des influences du projet sur des oeuvres ultérieures de Jodorowski, mais assez pour préférer qu’il les aient gardées dans ses travaux à lui.

Lundi Mon Tag : Autumn Book Tag

Tiens, encore un tag de June… (alors oui : je les case quand je peux. Du coup on n’est plus vraiment en automne. Encore un peu et je le postais à l’automne d’après. De toute façon, c’était ça ou rompre la trêve des confiseurs…)

TROUVEZ UNE COUVERTURE QUI VOUS FAIT PENSER À L’AUTOMNE.
dragonlance_automneDragons d’un crépuscule d’automne, de Weis et Hickman
Punaise, je n’avais pourtant pas repensé à Dragonlance depuis bien longtemps (enfin, depuis que j’avais posté cet article de blagues vieilles de 15 ans au bas mot…), mais autant pour certaines choses j’ai une imagination débridée, autant pour d’autres, je suis bassement littérale. Et c’est le seul qui m’est venu en tête.
Les 4 tomes principaux de cette série d’heroic fantasy inspirée d’un jeu de rôles, et qui en a inspiré un autre, avaient chacun le nom d’une saison. Pas forcément de rapport avec l’histoire, plutôt avec l’ambiance générale, si je me souviens.

UN LIVRE PARFAIT POUR LIRE AU COIN DU FEU.

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The Unadulterated Cat, Terry Pratchett.
Parmi les oeuvres les moins connues de Sir Terry, il y a ce petit volume où, en amoureux des chats, il décrypte leurs travers avec l’humour qu’on luit connaît. Ce n’est pas son meilleur travail, mais comme feel-good lecture, des chats par Pratchett… voilà quoi.

UN LIVRE QUE TU UTILISERAIS POUR ALLUMER LE FEU.

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The Vampire Armand, d’Anne Rice.

Là encore, je ne l’ai pas relu depuis longtemps (jamais relu du tout, en fait, depuis sa sortie). Mais je me souviens encore distinctement comment, en le finissant, alors que je suis contre la destruction des choses écrites, j’estimais qu’il faudrait n’en garder que 30 pages et arracher tout le reste pour le jeter au feu. C’est l’un des romans qu’a écrit Anne Rice pour expliquer le background  (la « origin story », si c’était des super-héros ) des personnages de sa saga Entretien avec un Vampire. Problème : cet opus ressemble plutôt à une mauvaise fan-fiction vaguement érotique, dont les relations sont  essentiellement de consentement douteux, de surcroît impliquant un mineur (Armand, alias Amadeo, alias Andrei, étant enlevé enfant à sa famille). Si c’était raconté comme un témoignage façon Syndrome de Stockholm, ça aurait pu être intéressant. Mais là, la relation entre Armand et son « initiateur », Marius, vampire de 1500 ans (soit 100 fois plus qu’Armand au moment où il l’achète dans un bordel après qu’il ait été enlevé de sa Russie natale) est présentée comme une grande histoire d’amour. Excusez-moi, j’ai un peu de vomi qui remonte rien que d’en reparler… Et la plupart de ses couillonnes de lectrices en parlaient de la même façon! Ah croyez-moi, E.L. James n’a décidément rien inventé avec ses 50 nuances de daube! (accessoirement, Armand, c’est mon personnage préféré des Chroniques des Vampires. Donc le premier qui y touche se prend un pieu dans la margoulette. Le dernier aussi. Capisce?)

UNE COUVERTURE AVEC DU BRUN COMME COULEUR PRINCIPALE OU DES FEUILLES SUR LA COUVERTURE.
Je n’en sais rien, j’écris ça dans le métro histoire de faire du stock parce que je n’ai plus le temps de bloguer comme je voudrais. Alors je n’ai pas ma bibliothèque sous le coude.

COMME QUAND VOUS GUÉRISSEZ APRÈS UNE LONGUE PÉRIODE PENDANT LAQUELLE VOUS AVEZ ÉTÉ ENRHUMÉ, UN LIVRE QUE VOUS ÉTIEZ CONTENT D’AVOIR FINI.
Je lutte encore avec, le roman Actors Anonymous de James Franco. Oui, l’acteur. C’est un roman, pas une autobiographie (quoique). Il faudra que je fasse un article dessus. Si je le finis. Et que je trouve le temps.

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UN FILM QUE VOUS AIMEZ REGARDER ENCORE ET ENCORE QUAND LE FROID REVIENT S’INSTALLER.
Un jour sans fin. Bill Murray, Andie McDowell, scénario et réalisation de Harold Ramis. En plus ça se passe en hiver sous la neige.

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QUELLE SÉRIE DE LIVRES AIMERIEZ-VOUS LIRE CET AUTOMNE ?
Ah ah ah…
J’aimerais déjà bien avoir le temps de finir UN livre, mais entre un boulot à plein temps et le mal de dos associé au fait de bosser sur un ordinateur ET d’essayer d’y tenir un blog sans être envahie de tags, quand je ne suis pas au taf, j’essaie de rester debout et de m’activer (et pour ça, PokemonGo est une bonne motivation).

UN LIVRE QUI VOUS FAIT VOYAGER.
Ben tous ceux que je choisis de lire, c’est un peu le principe des livres, non?
Je ne vais pas lire un livre sur le quotidien d’une consultante informatique qui fait des PowerPoint en mode Agile à longueur de journée, sinon il y aura  un incident voyageur de plus sur ma ligne… Elle est con cette question.

Voilà. J’en profite pour signaler, en suite à la réponse de l’avant-dernière question, qu’il est inutile de me tagger sur d’autres tags de lecteurs : primo je n’ai pas le temps de lire les quelques livres que j’achète encore, secundo ça m’agace de me rappeler que je n’ai pas le temps (même si une autre raison de ne plus lire autant est le manque de motivation parce que peu arrivent à me captiver), et je n’ai vraiment pas besoin de ça pour me mettre de mauvaise humeur, et tertio je n’ai pas non plus le temps d’écrire tous les articles que je veux écrire.

Du coup soyez soulagés, je ne taggerai personne ici non plus. Mais si le tag vous inspire, n’hésitez pas à le piquer.