L’oeil, la paille, la poutre et le mascara 

Je suite retombée sur ce vieil article totalement dénué de données chiffrées utiles du Huffington Post, sur le fait que les gens (hommes et femmes confondus) préfèrent les femmes avec 40% de moins de maquillage qu’ils ne pensent que le reste du monde ne les préfère (si ce n’est pas clair, vous pouvez survoler l’article).
C’est marrant, parce que si je peux ajouter mes propres statistiques au doigt mouillé sur la différence entre les attitudes des gens (et en particulier des hommes) quand je suis maquillée ou quand je ne le suis pas : MOUAHAAHAAHAAAA.
Charlize Theron jadore dior_s

Et pourtant ils l’ont recouverte d’or et photoshoppée

Donc de deux choses l’une :
– quand tu as la plastique de Charlize Théron (ci-dessus), le genre à la silhouette élancée et au visage féminin, de préférence grande, effectivement le maquillage est optionnel parce que de toute façon on va te manger dans la main.
– dans tout autre cas, « moins de maquillage » ne veut pas dire « pas de maquillage ». Ca veut seulement dire de ne pas se maquiller comme une dame de la rue Saint-Denis (avec tout le respect dû à leur profession, car dans leur cas il s’agit d’indiquer qu’elles ne sont pas là pour attendre le bus, puisque le racolage est interdit). Entre les deux, il y a une grosse marge. Une très très grosse marge.
alexandradal_makeup.png

Cette image décrit parfaitement ce que je voulais raconter. Merci Alexandra Dal.

 

Cad que si tu es de sexe féminin et que tu as un physique banal voire moins, tu as plutôt intérêt à être maquillée un minimum pour être bien considérée, du moins au travail ou dans les magasins. J’ai testé pour vous :
– en milieu professionnel burolier, surtout si on ne fait pas son âge, un maquillage (discret) augmente votre crédibilité de 50%, à la louche, au même titre que des vêtements « classe mais sobres » ou l’inverse.
Ce conseil ne s’applique pas forcément si vous êtes visseuse-fraiseuse dans le BTP, ou, à l’inverse, esthéticienne ou hôtesse d’accueil, où il faudra plutôt faire un peu moins discret et naturel, et plus Barbie.
panda mascara
Et le sondage ne doit pas tenir compte du fait que les gens mentent pour éviter de passer pour superficiels. D’où le « moins de maquillage qu’ils ne pensent que les autres gens ,’aiment ça ». Special snowflake syndrome généralisé.
En fait, le maquillage voyant fait partie des « marqueurs » que les hommes (et certaines femmes) traduisent par « sexuellement disponible ». Dans leur cerveau sub-pelvien*, cela correspond à « attirante », puisque le dit cerveau a tendance à filtrer pour exclure les femmes avec qui ils n’ont aucune chance aussi bien que celles avec lesquelles ils craignent de ne pas s’éclater au lit.
Comme le disait un auteur beau gosse à une collègue qui s’étonnait de le voir flirter avec ses fans enamourées de format kawaineko98 ((C) Boulet) : « Si c’est pour baiser avec une frustrée jolie, j’ai ma copine. Les boudins, elles sont tellement contentes que tu peux tout leur faire ». (Grand Prix de l’Elégance au salon Du Sang et des Tripes, festival de littérature horrifique et de la charcuterie de Trifouilly-en-Limousin).
C’est marrant, je me demande d’un seul coup si ma fascination pour les palaces ne date pas d’avant ma traque de Tokio Hotel, finalement…
C’est plutôt, à l’inverse, un marqueur négatif en milieu professionnel (sauf donc pour les péripatéticiennes et actrices de porno). Connoté « pas sérieuse », possiblement fouteuse de merde. Si un patron vous recrute alors que vous êtes en mode cagole, c’est soit que c’est une personne ouverte d’esprit qui a su déceler votre sérieux, soit et plus probablement qu’il compte en profiter.
Alors oui, c’est navrant, ça ne devrait pas être le cas, et dieux merci ça évolue petit à petit et tout le monde ne juge pas là-dessus. Je me borne à vous raconter ce que j’ai observé et que j’ai appris sur le tas. A vous de voir si vous préférez galérer plus au nom de vos principes. Moi j’ai laissé tomber pour un compromis.
*façon polie de dire « quand ils pensent avec leur bite »

Parisienne mais presque : les émissions de déco, j’aime ça (en général)

Je n’aime pas la télé-réalité du style Les Anges ou Secret Story, parce que la débilité humaine me donne assez d’envies de meurtres dans le métro pour que je ne veuille pas consacrer une seconde de plus à des neuneus en mal d’attention.

Par contre, j’aime bien celles de décoration ou d’immobilier (Enfin, j’évite le Tous Ensemble de la Une, trop copié sur le modèle américain larmoyant, il ne faut pas pousser). Déjà, ça éduque l’oeil au potentiel de logements mal décorés, ça donne une idée de ce qui est possible en travaux, des prix du marché et des marges de négociations. Enfin, ça reste de la télévision, donc du spectacle, donc à prendre avec des pincettes. Et puis c’est un des rares types de programme télé qui ne donne pas trop envie de se suicider. Sauf quand ils présentent un logement parisien format clapier nécessitant un emprunt sur 20 ans et qu’ils disent que c’est une super affaire.

immobilier

Mais parfois, les deux (débilité et immobilier) se rejoignent.

C’est la pensée qui m’est venue en regardant cet « épisode » de D&COValérie Damidot venait en aide à une famille qui avait acheté une ruine, pardon, une longère de 130m2 en pleine campagne, sous prétexte d’avoir de la place et un terrain pour leurs 4 enfants, sans avoir l’argent pour faire les travaux qui s’imposaient.

Alors certes, à la base, les amis devaient les aider à faire les travaux. Sauf que, ô surprise, au bout d’un moment, ils ont dû en avoir marre de passer leurs week-ends à faire des travaux pour quelqu’un d’autre. D’autant qu’il s’était avéré que la charpente du plancher médian était pourrie, et la refaire dépassait les compétences de Bob le bricoleur du dimanche. J’oubliais de préciser : les joyeux parents qui voulaient donner une belle vie près de la nature à leurs enfants, ils ont choisi un bled où il fait un froid sibérien. Du coup, ruine sans isolation qui prend l’humidité dans une région glaciale => factures de chauffage exorbitantes rien que pour avoir 17°C dans 1 ou 2 pièces => plus de sous pour payer des travaux. Ils s’entassaient donc dans deux pièces, parce que c’était tout ce qu’ils arrivaient à chauffer, vu qu’il manquait carrément des murs.

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Vu tout le boulot qu’il y avait pour rendre ce tas de briques vivable, ils auraient eu presque aussi vite fait de faire une nouvelle maison. L’équipe de D&CO a d’ailleurs tout cassé pour faire un plan de sol qui soit celui d’une maison, pas d’une grange avec 2 pièces et un grenier. Ils ont percé le toit et les murs pour faire des fenêtres (ben oui, une longère, c’est un habitat paysan conçu avant le double-vitrage pour conserver la chaleur dans la mesure du possible avec de la pierre, donc avec le moins d’ouvertures possibles).

Mais surtout, on est censé être désolés pour la famille. Ils ont l’air gentils, mais il faut arrêter d’être bêtes, aussi. Pourquoi acheter un truc aussi énorme? Personnellement, j’aurais opté pour « plus petit et plus dans nos moyens », et habitable au moment de l’achat. Enfin déjà, ce n’était peut-être pas une bonne idée de faire 4 enfants avec un seul salaire insuffisant pour les élever dans de bonnes conditions.

Quant à l’après D&CO, je ne suis pas convaincue : quand la porte automatique de la salle de bain high tech tombera en panne, il faudra qu’ils prennent un crédit pour la remplacer. A moins qu’on ne leur coupe l’électricité d’ici là, parce que les factures vont être salées, avec 130m2 à chauffer (dont un salon-cathédrale sur 2 étages) et éclairer, le home cinéma de la salle de jeux des mioches, etc… Eh, vous auriez peut-être dû penser à leur aménager une partie séparée à louer histoire de payer les charges.

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Ca va être pratique à chauffer, ça…

 

A l’inverse sur le spectre immobilier, il y a la Maison France 5, plus bobo boubourge, vu qu’ils ne paient pas les travaux mais uniquement les architectes d’intérieur. Je ne critique pas : je regarde les deux. Mais comme ce sont donc des spectateurs qui ont un peu de moyens qui font appel à eux, ce sont parfois des clients avec des « first world problems«  (cherchez en donc des exemples sur Google si vous ne connaissez pas le principe). Par exemple « Roxana », qui vit dans un grand appartement récemment aménagé par un architecte d’intérieur. Elle a contacté l’émission pour que leurs architectes résolvent son problème : elle trouve « que son espace à vivre manque de chaleur ».

C’est vrai. Pourtant, l’architecte d’intérieur a suivi à la lettre tous les codes à la mode : tons taupe, chocolat et je ne sais quels autres termes pour dire « un genre de beige marron passe-partout », banquette qui fait rangement, séparation en verrière façon atelier avec la cuisine ouverte… Je n’ai pas retrouvé de photo de l’émission, imaginez ça en plus tassé.

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Le salon de Roxana était plus petit

Mon diagnostic (gratuit), c’est que tu as trop de place, pas assez de meubles, tous bas, et rien sur les murs, et c’est trop bien rangé et trop calqué sur les modes du moment. Du coup on dirait un showroom Roche-bobois. Laisse donc un peu de bazar s’installer, un magazine ou un livre traîner, un peu de personnalisation (si tant est que tu aies une personnalité, bien sûr…), tu verras, tout de suite, ton 5 pièces deviendra plus cosy et ressemblera plus à un endroit où on vit vraiment.

Oh tiens, en cherchant à illustrer cet article, je comprends maintenant pourquoi je trouvais toujours les décos de Mélanie Trinkwell dans l’émission laides et kitsch (je ne dois pas être la seule : elle n’a fait qu’une saison) : elle travaillait avec Maisons du Monde :

deco cloche

 

Pokemetal : Pokemon rencontre Babymetal

Pour le Fox Day, cad aujourd’hui premier jour du mois d’avril, Niantic s’est associé à Amuse, la société qui produit Babymetal, pour introduire dans Pokemon Go 4 nouveaux Pokemons spéciaux :
Hedoba, le renard adepte de heavy metal, et ses évolutions. Tout comme Evoli ou Debugant, il a plusieurs évolutions possibles : Moametaru, Yuimetaru et Sumetaru. Ces trois pokemons humanoïdes sont évidemment inspirées des 3 chanteuses de Babymetal.
Les 4 sont double type :
– Hedoba le renard est de type feu (comme Goupix) / acier (forcément).
– Moametaru, Yuimetaru et Sumetaru sont de type acier / fée.
Hedobanga
Pokemon Renard
Type : acier
Attaques :
– Head banging (normal)
– Fox horns (psy)
Hedobanga, comme Evoli, possède trois formes différentes d’évolution : Moametaru, Yuimetaru et Sumetaru. Il possède aussi la particularité de changer de type lorsqu’il évolue, passant de Pokemon Renard à Pokemon Humanoïde. Ses trois formes évoluées ont en commun une attaque de type psy, le Scream. En revanche, chacune a une attaque spéciale différente, de type Fée.Moametaru
Pokemon Humanoïde
Type : acier / fée

Attaques :
– Scream (psy)
– Kitsune stare (fée)Yuimetaru
Pokemon Humanoïde
Type : acier / fée

Attaques :
– Scream (psy)
– Kitsune smile (fée)Sumetaru
Pokemon Humanoïde
Type : acier / fée

Attaques :
– Scream (psy)
– The One (fée)
Quand et comment les trouver ? Only the Fox God Knows!

P.S. : Hausse du prix du mètre en Norvège (les billets « or » en concert).

Aujourd’hui sont mis en vente les billets pour les concerts « acoustiques intimistes en salles de 20 000 personnes » en Norvège de la nouvelle tournée de A-ha. Je suis mauvaise langue : le Spektrum  d’Oslo n’a qu’une capacité de 9 700 places. Mais c’est la même salle où ils avaient fait leur concert d’adieu devenu 4 concerts d’adieu, en 2010, alors pour l’originalité et la particulière intimité, on repassera.
aha 2018 spektrum
Comme d’autres avant eux, le groupe norvégien s’est mis à la vente de billets « 1e catégorie », à savoir les 3 premiers rangs. Prix : 2060 couronnes, soit 225 eur environ. Prix des 4e rangs et suivant : 780 couronnes, soit un gros tiers.
Je savais que la vie était chère en Norvège, mais je ne me doutais pas que le mètre même-pas-carré y était si onéreux! 150 eur du mètre, ça ne donne pas envie.
A ce prix, j’espère que les promoteurs auront au moins la délicatesse de prévoir le coussin : les acheteurs risquent d’avoir mal aux fesses. Je sais que les implants capillaires coûtent cher, mais le chanteur n’y recourt même pas, alors quelle est leur excuse ? Pour le même prix, Tokio Hotel a au moins la décence de proposer un meet and greet avec session de questions/réponses, une photo avec le groupe et quelques autres trucs.
tokiohotel_treehouse pack vip 2017

Tiens, j’ai oublié le plus cher

Heureusement, à ce tarif, ils ont la bonté de faire grâce des frais de dossier. Vous savez, les frais de dossier des e-billets que vous devrez imprimer vous-même sur votre imprimante d’après le mail qu’ils vous enverront? C’est formidable, le spectacle, c’est comme la politique : moins ils en foutent lourd et plus ils vous font payer.
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(C’est certes triste de « perdre » ou plutôt quitter un fandom, mais parfois, comme là, on est plutôt content de l’avoir fait. On s’épargne des crises de nerf et on arrive à s’amuser de ce type d’abus).

Lecture : Life, de Keith Richards

Il y a de cela quelques années, j’ai lu avec un grand intérêt la pourtant longue autobiographie de Keith Richards. Je ne vous fais pas l’affront de vous dire qui est Keith Richards? Guitariste des Rolling Stones. Pour les plus jeunes, c’est lui qui joue le père de Jack Sparrow dans Pirates des Caraïbes. Normal, vu que Johnny Depp lui a tout piqué pour créer le look de Jack.

Contrairement à celle de Patti Smith qui m’avait fait l’effet d’un long auto-cirage de pompes très cliché en mode « la Bohème », ou à celle de Françoise Hardy qui était un peu dans le même genre name-dropping « j’ai côtoyé du beau monde, moi », joliment écrite mais un peu creuse, celle de Keith Richards fait moins dans les effets de style, mais raconte en détails sa jeunesse, ses influences musicales et de ses « trucs » de guitariste, et la vie d’une vraie rock star.

keith richards life

Je ne ferais pas un compte-rendu détaillé, mais j’avais pris des notes en lien avec mon étude sur les fans, puisque, pour une fois, j’avais accès à l’opinion depuis l’autre côté de la barrière… Eh bien croyez-le ou pas, j’ai trouvé plus d’humanité dans les récits pragmatiques et sans fard d’un Keith Richards que dans le livre de Pamela des Barres… (je ne garantis pas que ça se passait comme il le raconte, mais il a au moins le mérite de ne pas se la raconter. Il ne faut pas oublier non plus qu’il parle du temps de sa jeunesse, où les groupes n’étaient pas entourés d’autant d’argent et de parasites / d’entourage que maintenant, et où donc, l’intendance n’était pas assurée par des hôtels 5 étoiles. Et où les filles qui n’étaient pas groupies étaient de toute manière confinées à une vie de femme au foyer. Alors entre faire un sandwich à une rock star et se la taper ensuite, ou faire un sandwich à un mari ennuyeux sans avoir d’autre horizon que la machine à laver et le goûter des enfants… autant le faire pour la rock star!).

Ceci fera un bon interlude entre le « portrait de fan » de vendredi dernier et celui de vendredi prochain.

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Si je me souviens de ce concert, c’est surtout parce qu’après on a levé deux nanas. On a passé la nuit dans un parc, sous un de ces abris avec banc et un petit toit. On n’a pas fait grand-chose. Je lui ai caressé un sein, je crois. On s’est surtout serrés et embrassés, les langues comme des anguilles. On est resté là jusqu’au matin, et je me suis dit : « Mon premier plan, et je termine dans les bras d’une fille. Merde alors. Il y a peut-être un truc à creuser ».

 

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Six mois plus tôt, je n’arrivais pas à tirer un coup, j’aurais dû payer pour avoir tout ça, toutes les nanas détournaient la tête en faisant « Ta ta ta », et brusquement elles sont là à te renifler les basques, et tu dis : « La vache, j’ai bien fait de changer d’aftershave, Habit Rouge c’est mille fois mieux qu’Old Spice! » Mais bon, c’est quoi qu’elles veulent, exactement? La gloire? Le fric? Ou bien c’est pour de vrai? Quand tu n’as jamais eu trop de chance avec les belles nanas, tu te méfies, forcément.
Il n’empêche, j’ai été sauvé par des filles plus souvent que par des mecs. Parfois, c’était juste une étreinte, un petit baiser et rien d’autre : tiens-moi chaud pour la nuit, restons juste dans les bras l’un de l’autre, la vie est dure, c’est un sale moment à passer. Et alors je disais : « Mais merde, pourquoi tu t’occupes de moi alors que tu sais que je suis un enfoiré et que je serai parti demain?
– Je sais pas. Sans doute parce que tu en vaux la peine.
– Bon, je vais pas dire non… » J’en ai d’abord fait l’expérience avec les petites nanas du nord de l’Angleterre, pendant cette fameuse première tournée. Après le show, tu finis au pub ou au bar de l’hôtel et puis, sans savoir comment, tu te retrouves dans une chambre avec une fille vraiment adorable qui étudie la sociologie à l’université de Sheffield et qui a résolu d’être vraiment, vraiment gentille avec toi. « Attends, je croyais que tu étais une fille avec du plomb dans la tête. Je joue de la guitare, moi. Je suis dans cette ville que pour une nuit!
– Ouais, mais tu me plais. » Et parfois, se plaire est mieux que s’aimer.

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p186
La force de ces nanas de treize, quatorze, quinze ans lorsqu’elles sont en bande m’a toujours fait peur. Elles ont failli me tuer. Personne ne m’a fait plus craindre pour ma vie que ces adolescentes. Si tu te laissais prendre dans leur déferlement, elles t’étouffaient, te déchiraient en lambeaux… Pas facile de décrire la trouille qu’elles pouvaient te flanquer. Tu aurais été mieux dans une tranchée en première ligne que de te faire emporter par cette marée de désir surchauffé, cette pulsion incompréhensible – même pour elles.

 

p249 (au sujet de Brian Jones)
Il était fasciné par les vedettes, mais seulement parce que c’était des vedettes, pas à cause de ce qu’elles avaient fait. Il était vraiment pénible, une sorte d’appendice en décomposition qu’on trimballait avec nous. Quand vous passez trois cent cinquante jours par an sur la route avec un tel poids mord, ça finit par vous porter sur le système.

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p457
Les groupies, c’était autre chose que les adolescentes délurées ou les nanas qui faisaient la queue pour prendre le thé avec Bill. J’aimerais ici faire l’éloge des groupies : c’était de ravissantes jeunes femmes qui savaient ce qu’elles voulaient et ce qu’il fallait faire pour l’obtenir. Il y avait bien quelques horribles profiteuses, comme ces malades qui collectionnaient les moulages des queues de tous les rockers qu’elles s’étaient envoyés. J’ai toujours refusé, c’était hors de question. Il y avait aussi les rivales des sculpteuses au plâtre, les reines du beurre. Leur dévouement était admirable, mais je n’aimais pas ces pros qui ne s’intéressaient qu’à leurs trophées : « Me suis fait celui-ci, celui-là. » Bill Wyman en sens inverse. Ca ne m’a jamais trop intéressé. Je faisais exprès de *ne pas* les baiser. Je leur demandais de se mettre à poil et je leur disais ensuite : « Ok, merci beaucoup, tu peux partir. » Parce que je savais que je ne serais qu’un coup de plus dans leur tableau de chasse.
Beaucoup de groupies, pourtant, étaient juste de braves filles qui aimaient bien s’occuper de mecs. Très maternantes, en un sens. Et si ça se passait comme ça, pourquoi pas? Pourquoi ne pas se mettre au pieu pour baiser? Mais ce n’était pas l’essentiel. Les groupies étaient des amies et la plupart n’étaient pas vraiment des canons. Elles proposaient un service. Tu arrivais dans une ville, disons Cincinatti ou Cleveland, et il y avait une ou deux filles que tu connaissais, et elles te rendaient visite pour s’assurer que tu était OK, elles s’occupaient de toi, te faisaient à manger, etc. On frappe à la porte, tu regardes dans le judas, et oh, mais c’est Shirley!
Les groupies faisaient partie de la famille, d’un réseau informel. Et ce qui me plaisait beaucoup, c’est qu’il n’y avait ni jalousie ni instinct de possession. En ce temps-là, il y avait une sorte de circuit. Tu jouais à Cincinatti, ensuite il y avait Brownsville, puis Oklahoma City. C’était comme un circuit à étapes, et chaque groupie passait la main à une de ses amies sur la route. Tu arrivais et les secours t’attendaient. « Baby, j’en peu plus! Quatre shows, je suis mort! » C’était comme des infirmières, la Croix-Rouge du rock’n’roll! Elles lavaient ton linge, te faisaient couler un bain et d’autres trucs encore. Et tu leur demandais : « Mais pourquoi tu fais ça pour un guitariste? Il y a des millions de mecs dehors. »

Concert : Tokio Hotel à l’Olympia – Dream Machine

Dream Machine : le nouvel album

Nouveau tournant musical après Kings of Suburbia,  Dream Machine, le nouvel album de Tokio Hotel, est fortement influencé par les 80es, comme le laisse deviner la pochette, elle-même inspirée de Stranger Things, série télévisée diffusée sur Netflix bourrée de références aux films pour ados de ces années-là, des Goonies à Stand by Me (am I being too obvious?).
Bill Kaulitz, le chanteur, se dit obsédé par cette période (je dirais hanté). Ceux qui suivent le groupe savent qu’il est notamment un grand fan de David Bowie, et que ses acolytes ont eux aussi commencé la musique bercés par de « vieux » groupes comme Metallica, Genesis ou autres références inattendues chez des jeunes de cet âge. Alors en écoutant Dream Machine, on pense à la synth pop de Depeche Mode première période, à Bronski Beat (pour les poussées de voix de fausset notamment), à OMD, ou même à Rencontres du 3e Type (logique pour un groupe qui a baptisé ses fans les Aliens et qui se présente sur scène en armure futuriste sur une tour de néons). Voire à Albator.
Mais l’album mélange ces influences à d’autres plus récentes, comme Daft Punk ou the Weeknd.
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Hallo Raumschiffkapitän, le vaisseau-mère est de retour

Le résultat est planant et agréable à l’écoute, plus à mon goût que Kings Of Suburbia où je me serais passé de la moitié des chansons. Mais en ce qui me concerne, il y manque un peu d’intensité (… et de rythmique kitsunesque peut-être) pour que ça passe de « j’aime bien » à « c’est trop bien je vais l’écouter en boucle pendant 2 mois » (ce qui est l’effet que je recherche et trouve généralement avec mes fandoms musicaux). De plus, à force de rappeler des choses (et d’être en anglais), ça devient un peu générique. Il faut dire que les années 80, je les ai vécues, moi…

Dream Machine Tour : sur scène

De ce côté-là, Tokio Hotel reste fidèle à son sens du spectacle. Au niveau mise en scène, c’était comme d’habitude très bien produit, une scène surélevée bizarroïde science-fiction à souhait (mais plus petite qu’au temps de l’Etoile de la Mort du Humanoid City Tour). Tom et Georg y ont passé la moitié du show à jouer essentiellement des claviers, en descendant de temps en temps pour reprendre guitare et basse, respectivement. Gustav était au niveau de la scène et plus sur le devant qu’eux, pour une fois pour un batteur. Il pouvait donc boumtchaquer tout son soûl sans assourdir ses potes. Ceux-ci lui ont quand même tous rendu visite à un moment ou un autre pour de petits boeufs. Il y avait également un bon light show ambiance nightclub / (mais hélas pas top pour les photos).

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Une pause douceur : Chibird

Ce n’est pas encore la trève des confiseurs, mais je viens de tomber sur ce Tumblr trop choubidoutrognon plein de conseils positifs pour se remonter le moral, et c’est le genre de choses dont on a toujours besoin (comme les photos de bébés guépard ou de panda roux). Alors je devais partager ASAP (oui j’ai été contaminée par mon travail).

Donc voici Chibird. Petit échantillon ci-dessous. J’ai passé une demi-heure à remonter son Tumblr en sauvegardant plein d’images.

anim_chibird_be kind to yourself

Faites-le!

anim_chibird_thank you for being you

Message d’un fantôme à un autre.

anim_chibird_worrying

C’est très vrai.

anim_chibird_internet friends

Et m**** à ceux qui disent que ça ne compte pas.

Portrait de fan (5) : le professionnel

« J’aurais voulu être un artiste

Pour avoir le monde à refaire

Pour pouvoir être un anarchiste

Et vivre comme un millionnaire »

J’aurais voulu être un artiste (Blues du businessman) – Luc Plamondon et Michel Berger

Description

C’est le rêve de beaucoup (et peut-être plus encore de leurs conjoints) : le fan qui réussit à vivre de sa passion, au lieu de dépenser tout son salaire en produits dérivés. Ils ne sont pas nombreux, mais ils existent.

Certains écrivent des livres ou deviennent journalistes, en élargissant le spectre de leur passion à des sujets voisins afin de pouvoir en vivre. La plupart des chroniqueurs de cinéma et de musique sont avant tout des fans. Cameron Crowe, journaliste à Rolling Stone, s’est inspiré de sa propre histoire de tout jeune fan de rock devenu pigiste au culot sur la tournée d’un groupe, pour écrire le scénario du film Presque Célèbre.

D’autres ouvrent un magasin ou tiennent un petit musée consacré à leur idole. On citera par exemple Elvis My Happiness, le fan-club ayant pignon sur rue avec une boutique (9 Rue Notre Dame des Victoires, dans le 2e arrondissement de Paris) entièrement dédiée au King. Cette communauté de fans organise également des voyages aux USA permettant notamment d’aller visiter Memphis, Graceland et autres lieux cultes de l’histoire d’Elvis Presley. On trouve également le gérant de Lucky Records, une boutique consacrée à Madonna, qui avec le temps a étendu son domaine à tout ce qui est albums collectors et artistes des années 70, 80 et actuelles. Il édite aussi le magazine du même nom, sur les mêmes sujets.

Dans les années 90, le marché du manga et de l’animation japonaise en France s’est développé essentiellement sous l’impulsion de passionnés, comme Dominique Véret, à l’origine de la boutique puis de la maison d’édition Tonkam (rachetée depuis par Delcourt). Anime Land, actuellement le magazine référence d’animation japonaise en France, a commencé comme simple fanzine photocopié en noir et blanc. Certains des contributeurs actuels font partie de l’équipe d’origine, à commencer par le rédacteur en chef.

Evidemment, il faut pour cela non seulement une énorme dose de passion, de bonnes qualités de gestion, mais aussi que cette passion soit partagée par assez de monde pour que le marché en soit rentable.

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Almost Famous

Archétype

Ceux cités en exemple.

Avantages

En tant que professionnel : il connaît bien son sujet (on aimerait pouvoir en dire autant de tous les vendeurs et journalistes). En tant que fan : il a de meilleurs accès que le fan lambda.

Dangerosité

Nulle.

Phrase fétiche

« J’ai là une pièce rare. »

Throwback Thursday Livresque : Musique

Je reprends aujourd’hui le Throwback Thursday Livresque de Betty Rose Books en raison du thème : Musique!

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Car j’ai sous le coude plusieurs vieux romans (c’est le concept du TBT Livresque) ayant rapport avec ce thème, dont c’est l’occasion de parler faute de temps pour m’étendre dessus.

Pour commencer : Masquarade, de Terry Pratchett

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Le maître a consacré un tome du Disque-Monde aux péripéties d’Agnès Crettine, jeune fille charpentée un peu enrobée dotée d’un physique de chanteuse d’opéra (« elle a de beaux cheveux »), qui, ça tombe bien, décide d’aller tenter sa chance à la capitale Ankh-Morpork dans cette carrière, vu qu’outre le physique, elle a de la voix. Pour deux ou plus, même. Il faut dire, ça aide peut-être, qu’Agnès a également quelques talents en friche de sorcellerie, et que c’est précisément parce qu’elle refuse de suivre l’enseignement des vieilles cinglées sorcières de Lancre (vu leur caractère, c’est compréhensible) qu’elle a fui à Ankh-Morpork.

Las, bien qu’elle ait des tonnes de talent, plus que bien d’autres avant elle, c’est à la nunuche Christine qu’est confié le premier rôle, car elle a « du sharisme ». Comprenez : elle est blonde, svelte, jolie, et c’est étonnant qu’elle ait si peu de voix vu la caisse de résonance que devrait fournir le vide de sa boîte crânienne… En plus, elle a un riche protecteur, qui a insisté pour qu’elle ait le rôle. Comble de l’insulte : même le Fantôme qui hante les coulisses de l’Opéra nuitamment se pique de lui donner des leçons de chant pour qu’elle puisse tenir le rôle… Même après avoir découvert que, dans un ressort de scénario digne d’un vaudeville, Christine et Agnès avaient échangé leurs chambres, et que c’est donc à Agnès que, dans le noir, il prodiguait ses leçons de chant.

Ce qui n’empêchera pas Agnès de se battre pour élucider un autre mystère : les meurtres en série qui endeuillent la préparation de l’Opéra. The Show Must Go On, ok, mais quand même!

Citations : 

Et puis elle était aussi suffisamment snob pour confondre grossièreté avec bonne éducation. De la même manière que les très riches ne peuvent jamais être fous (ils sont excentriques), ils ne peuvent pas non plus être grossiers (ils sont francs et directs).

 

Pour vous situer la mentalité d’Henri Judicier, sachez que si on lui avait donné un ouvrage intitulé Comment se cultiver en cinq minutes, il l’aurait lu chronomètre en main. Ce qui l’empêchait de progresser davantage dans la vie, c’était son sens aigu de sa propre ignorance, un handicap dont souffrent trop peu de gens.

En bonus : la trilogie des Harpistes, par Anne McCaffrey

Le chant du dragon 
La chanteuse-dragon de Pern
Les Tambours de Pern

Cette trilogie se voulait une déclinaison Young Adult des romans d’Anne McCaffrey sur l’univers de Pern, planète périodiquement ravagée par les Fils, des organismes dévoreurs de chair qui tombent du ciel. Seul façon de combattre les Fils : les Dragons cracheurs de feu chimique, menés par les Chevaliers-Dragons avec qui ils ont noué un lien télépathique (oui, Avatar n’a rien inventé…). Les deux premiers tomes racontent l’histoire de Menolly, l’une des filles d’un seigneur de Fort maritime (genre de chef de clan). Elle était l’apprentie du Harpiste du fort (à la fois musicien et garant des traditions orales, seul moyen de conserver les connaissances dans ce monde mis à mal par les Fils). Mais celui-ci est mort, son successeur n’arrive pas, et son père, très traditionnaliste, considère que la musique n’est pas affaire de femme. Elle s’enfuit et vit bien des aventures avant d’être accueillie chez les Harpistes par Maître Robinton.

Le dernier tome met en avant Piemur, garçon espiègle et débrouillard, qui se retrouve perdu quand à la mue, il perd sa voix d’or. Devenu apprenti chez les tambours, il fera bien plus. Ces 3 tomes sont étroitement liés à l’intrigue principale de Pern, et sont un hommage à la musique. Vous trouverez une chronique plus détaillée sur le blog de Sipho.

On peut y ajouter Le Maître Harpiste, autre volume consacré à la vie de Robinton, personnage important dans la série principale, inspiré d’un proche d’Anne McCaffrey.

D’autant plus un Throwback Thursday que ces 3 romans ne semblent plus édités en Français!

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Exposition: Gaston Lagaffe à la BPI (Bibliothèque du centre Georges Pompidou)

Je ne connaissais la BPI que par ses files d’attente interminables quand je passais derrière le centre Georges Pompidou le samedi au gré de mes balades parisiennes. Aussi j’hésitais à planifier une visite de cette exposition. Mais le hasard y a guidé mes pas un soir, et comme la BPI est ouverte jusqu’à 22h, et qu’il n’y avait pas d’attente dehors, je suis entrée.

L’exposition

L’exposition se trouve au niveau 2 au milieu de la bibliothèque, et là une dizaine de personnes piétinait pour accéder à l’espace consacré au héros flegmatique de Franquin.

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 On y découvre sa genèse, avec son apparition muette en plusieurs fois dans les pages du magazine jeunesse Spirou : devant la porte de la rédaction, à l’entrée, puis envahissant les espaces laissés libres par la mise en page. Au fil des numéros, Franquin affine le personnage, qui perd de sa raideur pour adopter sa silhouette en S caractéristique.
L’exposition fourmille d’anecdotes et de documents sur la rédaction du journal Spirou à l’époque. Ainsi, Gaston a hérité de ce prénom parce que c’était celui d’un ami de Yvan Delporte, le rédacteur en chef, qui trouvait qu’il lui ressemblait. De Maesmaker, l’homme d’affaires obsédé par la signature de ses contrats toujours empêchée par une catastrophe signée Lagaffe, tire son nom du père du 2e dessinateur. Car, je l’ignorais tant leurs styles sont semblables, mais n’ayant pas le temps de dessiner à la fois Spirou, Lagaffe et ses autres oeuvres, Franquin avait fait appel à Jidéhem, de son vrai nom Jean de Maesmaker, pour dessiner une partie des Gaston, lui conservant la partie scénario. Jidéhem explique que pour distinguer les planches au moment de la répartition des royalties, ils se basaient sur les phylactères (les textes des bulles, quoi), Franquin traçant les siens à la plume et Jidéhem avec un outil (dont j’ai oublié le nom…) qui rend une largeur fixe.
La dernière zone permet de (re)découvrir d’autres oeuvres de Franquin, notamment une planche glaçante pour Amnesty International (ci-dessus). Et le courrier émouvant de Yvan Delporte à Dupuis lui annonçant qu’il renonce à poursuivre le Trombone Illustré…

Quelques citations

Un adulte, c’est peut-être un enfant qui a mal tourné.
Si j’avais commencé ma carrière à Paris, je pense que les choses auraient été très différentes. En évoluant dans un environnement plus engagé, j’aurais probablement dessiné un autre genre de séries. Là-bas, vous pouvez faire rire les gens, tout en faisant passer un message. Pour ma part, j’ai souvent pensé que j’étais prédestiné à faire de mignons petits dessins inoffensifs, légers, superficiels…
 (Idées Noires, éditions Rombaldi, 1988)
Souvent, l’humour est une fuite et les humoristes sont des gens sinistres qui se soignent sans le savoir par le rire. Comment voulez-vous échapper à l’actualité qui vous matraque les horreurs du monde? L’être humain est le seul être totalement nuisible de la planète, vraiment! Alors, comment vous abstraire de ça? Les gens totalement heureux sont des égoïstes profonds.

(L’illustré, 1988)

 

Informations pratiques

Gaston Lagaffe à la BPI (Bibliothèque Publique d’Informations du centre Georges Pompidou)
Du 7 décembre 2016 au 10 avril 2017
Centre Pompidou, 19 Rue Beaubourg, Niveau 2
75004 Paris
Entrée libre pendant les horaires d’ouverture de la Bibliothèque
Accès par la Bpi rue Beaubourg

Lundi, mercredi, jeudi et vendredi : 12h – 22h
Samedi, dimanche et jours fériés : 11h – 22h
Fermeture le mardi

Entrée par le Centre Pompidou (chenille, niveau 2) avec le billet du jour « Musée et expositions » (les laissez-passer du Centre Pompidou ne donnent pas accès à l’exposition les dimanches et jours fériés).

En raison de la forte affluence le week-end, le musée recommande d’éviter de visiter l’exposition le dimanche.