May the Fourth (be with you)

A propos of nothing

Aujourd’hui on est le 4 mai et c’est l’occasion d’enfin trouver le moyen de faire cette image qui me trotte en tête depuis un moment. Toute ressemblance avec une situation du monde réel existant ou ayant existé serait modérément fortuite.

The Dark Side is quicker, easier, more seductive…

Where do I sign in?

Frozen II : Le retour de la Reine

A la base, j’étais allée voir la Reine des Neiges (le premier film) parce que les graphismes promotionnels me plaisaient. J’aime bien Disney mais sans excès (si ce n’est que depuis, ils ont racheté peu ou prou toutes les franchises de mon adolescence, avec des résultats divers). Je ne m’attendais pas à en ressortir autant emballée et bouleversée. C’est qu’au fil des années, il devient difficile d’être surpris ou autant enthousiaste que quand on est enfant ou adolescent.

Elsa est entrée avec fracas dans le top 10 de mes personnages préférés toutes catégories confondues, pour plusieurs raisons :

  • les références nordiques me rappelaient de récents voyages en Norvège et en Suède (avant que ces souvenirs ne soient un peu ternis par la débâcle A-ha…), ainsi que de plus lointains souvenirs de fiction (les guerriers divins d’Asgard, entre autres).
  • les chansons sont hyper cathartiques à chanter (un jour, je ferai un pot de départ en mettant Let It Go en musique de fond…).
(paroles non contractuelles)
  • j’adore les personnages dotés de pouvoirs surpuissants, et Frozen est, en quelque sorte, la meilleure adaptation à l’écran de l’histoire du Dark Phoenix des X-Men, mais en version glace et princesse Disney. Pardon, la seule reine Disney qui soit une héroïne.
  • ce n’est pas un hasard si je parle des X-men : le thème principal du film, c’est la différence, dont les mutants étaient une métaphore et Elsa une autre. Ce qui en a fait une icône gay, alors que n’importe qui ne se sentant pas comme les autres peut se reconnaître dans son personnage. Même si, malheureusement, je ne peux pas tuer des gens avec des icebergs. Juste les assassiner verbalement.
  • l’histoire faisait plein d’échos à celle de ma Mary Sue préférée (vocabulaire de fandom : une Mary Sue est un personnage fictif qui représente l’auteur, inséré dans des fan-fictions. Terme généralement péjoratif car le « cas » qui lui a donné son nom était un personnage pas intéressant, présenté comme parfait et devenant grosso modo sans raison le personnage central de l’univers, celui de Star Trek en l’occurrence. Personnellement, j’utilise ce terme pour tous les « moi fantasmé » qu’on peut s’inventer, que l’on rédige leurs aventures ou qu’elles restent dans nos têtes).
  • le film m’avait même donné l’envie de recommencer à écrire une fan-fiction, mais je n’ai pas eu le temps.
Nouveaux looks pour une nouvelle vie

Or doncques, après avoir soûlé tous mes proches et mes voisins à chanter Let it Go pendant 6 ans, y compris à pleins poumons lors du light show de Disneyland sous le regard perplexe d’une gamine, m’être tartiné Cendrillon le film en salles rien que pour voir le court métrage Frozen qui le précédait, et avoir suivi la montée de la hype de la suite via les extraits diffusés sur le compte Twitter officiel du 2e film, je ne pouvais manquer d’aller voir la suite des aventures d’Elsa et de sa frangine Anna. Non sans craindre une déception.

Que nenni ! La suite a frappé aussi fort que l’original, en allant un peu plus loin dans les thématiques initiales d’acceptation de sa différence et de développement personnel. Et en intégrant de nouveaux thèmes qui me parlent particulièrement en ce moment :

  • le temps qui passe sans qu’on ne puisse le retenir
  • le deuil
  • la recherche des origines
Arendelle s’agrandit…

Le pitch : Elsa est reine depuis 3 ans et quelques mois (on est passé de l’été à l’automne). La vie se déroule paisiblement dans une Arendelle ouverte sur le monde. Depuis quelques temps, Elsa entend une voix mystérieuse qui l’appelle, semblant venir du nord. Elle craint aussi la montée en puissance de ses pouvoirs de glace. Anna lui rappelle une histoire que leurs parents leur avaient raconté : leur grand-père, le père du roi Agnarr, avait fait construire un barrage loin au nord du royaume en cadeau pour les Northuldra, la population locale, connue pour ses liens avec la nature et les 4 esprits élémentaires (air, feu, terre, eau). Mais au moment de signer le traité de paix, les Northuldra avaient attaqué la délégation. Agnar s’en était sorti sans savoir comment, alors que son père et une bonne partie de la délégation restaient introuvables, morts ou prisonniers du nord du pays, bloqué depuis lors par un brouillard magique infranchissable.

Lors d’une scène spectaculaire au son de la chanson Into the Unknown (Dans un autre monde, en VF), Elsa réveille les 4 esprits des éléments. Ils semblent ensuite attaquer Arendelle, et la population doit se réfugier sur les falaises. Elsa décide d’aller au nord chercher des réponses. Anna lui impose de l’accompagner (dans une scène très drôle où elle soutient que sans pouvoir, elle a déjà sauvé Elsa), avec Kristoff, Olaf et Sven…

Des décors somptueux

J’ai particulièrement apprécié qu’ils étoffent les scènes d’enfance d’Elsa et Anna, pour retrouver leur complicité des jours heureux- elles sont trop choupinettes les frangines. J’aime aussi beaucoup les personnages de leurs parents. Même s’ils ont mal géré les pouvoirs d’Elsa faute de trop savoir comment l’en protéger, ils ont au moins fait ce qu’ils ont pu avec amour (et on comprend mieux avec ce parcours pourquoi ils n’ont pas été trop effrayés par ses dons).

Par contre, il m’a fallu voir des vidéos de fans sur Youtube pour comprendre enfin pourquoi ils avaient cru que ce serait une bonne idée de couper Elsa de tout contact après l’entrevue avec le roi des Trolls : étant habituée aux personnages surpuissants qui perdent le contrôle de leurs pouvoirs (Phoenix, la sorcière rouge, etc), pour moi c’était évident que quand le roi des Trolls a dit à Elsa « La peur sera ton ennemie », il parlait de sa peur à elle. Mais en fait les parents l’ont interprété comme le fait qu’elle serait menacée si la population apprenait qu’elle avait des pouvoirs. Au passage, les problèmes d’Elsa en saison 1 sont aussi une bonne métaphore des crises d’angoisse.

Les scènes coupées entre les deux futurs roi et reine (ci-dessous, qu’il me semble pourtant avoir vu au cinéma, mais qui ne figurent pas dans le DVD) nous en disent un peu plus sur eux, mais pas encore assez à mon goût.

Le film se situe en automne, symbolisé notamment par des momiji (érables au feuillage rougi par l’automne), visuel très japonais qui souligne bien le message du temps qui passe et de ce qu’on perd.

Le scénario s’éloigne du trope du royaume de conte de fées où tout le monde est beau et gentil. Le royaume nordique d’Arendelle devient un peu plus qu’un beau décor- même si apparemment sa population doit être équivalente en nombre à celle de Lancre, pour tenir grosso modo dans la petite bourgade qu’est la capitale… plus quelques bûcherons.

Kristoff a un rôle secondaire, en dehors d’un numéro de chant qui fait surtout rire les gens ayant connu les slows des années 80-90, mais quand il intervient, c’est pour confirmer qu’un tailleur de glace pragmatique vaut mieux qu’un prince charmant pour une princesse aussi active et déterminée qu’Anna.

Toutes les références à la rivière Ahtohallan, y compris dans la berceuse. Mais ça c’est perso.

Bruni, la salamandre

Les nouveaux costumes (il y en a plein) sont très beaux, et, ô joie, les tenues de voyage des deux princesses sont pratiques. En plus d’être belles. Il y a enfin des gens intelligents aux manettes. D’autant que, les graphismes par ordinateur ayant fait d’énormes progrès, ce sont de vrais costume designers qui s’y attellent désormais, pour des tenues dont on « sent » le poids des tissus, lourds ou légers, les ourlets, la texture. Je ne suis pas très portée sur les cosplays, mais j’ai envie de collectionner toutes les tenues d’Elsa. Ci-dessous un article qui leur donne la parole.

Anna, Elsa and the Costume Designers Who Create Their Looks – The New York Times (nytimes.com)

Et bien évidemment, visuellement on en prend plein les yeux, et les chansons restent bien en tête. Into the Unknown bien sûr, mise en avant car sans doute révélant moins de choses que Show Yourself, qui vient plus tard dans l’histoire. Et la berceuse de leur mère Iduna. On a aussi droit à 2 nouvelles versions du chant polyphonique traditionnel Sami qui ouvrait le premier film, et, sous le nom de Northuldra, à un peu plus de connaissance de leur culture.

Avec mon oeil cynique, j’ai aussi remarqué que Disney avait tenu compte des critiques des SJW sur le premier film concernant son casting « trop blanc », en ajoutant le lieutenant Mathias. Son personnage est plutôt réussi, alors ça va, mais je n’ai pas pu m’empêcher de noter aussi que bon, ok, ajouter un noir à Arendelle avec un poste de gradé pour faire plaisir aux partisans des quotas, ils veulent bien, mais que par contre, ils lui ont collé une ébauche de liaison avec la seule autre non-blanche d’Arendelle. Parce que faut pas pousser mémé dans les orties, les relations inter-raciales aux USA ça a encore du mal à passer.

MÉGA

SPOILER

CI-DESSOUS

Elsa et le Nokk

La cerise sur le gâteau, c’était le message de la chanson Show Yourself, malheureusement essentiellement perdu dans la VF. Elsa passe l’essentiel du film à courir après la mystérieuse voix qui pourrait lui révéler pourquoi elle a ses pouvoirs, espérant un peu qu’elle vienne de quelqu’un comme elle, comme elle le chante dans « Into the Unknown » : « or are you someone out there who’s a little bit like me, who knows deep down I’m not where I’m meant to be ». La différence, c’est toujours difficile, même quand on a trouvé des gens qui vous acceptent avec.

Au final, il s’avère que la voix est un écho de celle de sa mère quand celle-ci avait appelé à l’aide les esprits élémentaires (et notamment Gale, l’esprit du vent) pour sauver Agnarr lors de la bataille entre les soldats d’Arendelle et les Northuldra. Elle voit apparaître sa mère (comme le dit la berceuse d’Iduna au début, « Where the northwind meets the sea, there’s a mother full of memory« ) qui lui dit avec amour « Montre-toi, assume ton pouvoir. Évolue en quelque chose de nouveau. Tu es celle que tu as attendu toute ta vie ». Bref, pas la peine de chercher en quelqu’un d’autre l’absolution pour ta différence, assume toi. Surtout que bon, Elsa, ta différence elle est hypra cool, tu es l’élément qui fait la jonction entre les esprits et les humains, et tu es canon, tout le monde est tombé raide dingue de ton nouveau look cheveux détachés. Bisous.

De façon amusante, le début de la chanson décrit assez bien mon état d’esprit en regardant Frozen : l’impression de rentrer à la maison, en quelque sorte, et de retrouver une vieille amie que je ne connaissais pas avant le 1er film. C’est un peu l’effet qu’a Star Wars sur moi en général. Ça ne m’arrive plus si souvent, et c’est pour ça que j’ai autant accroché.

Bref : je n’ai pas fini de vous soûler avec ça. Et j’aimerais bien une prequel sur les parents, même s’il semble, d’après les références en ligne sur les romans autour du film, que l’histoire officielle développée est qu’Iduna n’avait pas révélé à Agnarr qu’elle était une Northuldra, ni que c’était elle qui l’avait sauvé. Ce que je trouve étrange, parce que dans le film, quand Agnarr commence à parler de la Forêt Enchantée, ils échangent un regard comme si cela les concernait au premier chef tous les deux. Et accessoirement parce que vu qu’il semble y avoir 300 habitants à Arendelle, difficile de cacher ça.

Le blues du musicien arrivé

Vous avez peut-être remarqué que nombre d’artistes à succès connaissent des passages à vide, voire perdent carrément l’inspiration ou ce qui faisait leur charme indéfinissable auprès du public. L’une des raisons se trouve sans doute dans les effets secondaires du succès : gloire, argent et cour de cireurs de pompes. Non que j’accorde du crédit au cliché de l’artiste maudit, non on n’est pas forcément plus talentueux quand on est malheureux. Mais le succès, notamment en musique, c’est en partie une question de toucher son public, d’arriver à toucher à l’universel via ses paroles… Alors que si on les laissait faire sans filtre, une star qui écrirait sur son quotidien, ça donnerait ça (à imaginer sur une rythmique de blues très classique) :

(du dum du du dum, bo bom bo bom)
Le voiturier a rayé ma Porsche hier soir (du dum, du dum)
Alors j’ai dû sortir ma vieille Jaguar (du dum, du dum)
Son châssis surbaissé se mange les trottoirs (du dum, du dum)
Ritz et Carlton fermés, où je vais aller au bar? (du dum, du dum)
(Refrain : )
Seuuuûl dans ma chambre, loin de la foule en chaleur
Je pense aux orphelins de guerre dans leur malheur
Putain de conflit qui m’a pris ma place au 20 heures…
J’ai pas trouvé de groupie pour mon coup du soir
Il faut être prudent et choisir une bonne poire
Elles n’hésitent plus à te traîner à la barre
Si tu leur laisses un polichinelle dans le tiroir…

C’est nettement moins « relatable » pour le vulgum pecus, pas sûr qu’il en vende des millions…

Sinon on peut faire la version hôtelière de « J’aurais voulu être un artiste », dans le même genre de problème de riches.

J’aurais voulu être à l’Ibis
Au lieu de ça je suis au Carlton
Je suis emmerdé par le service
Toujours entouré de vingt personnes

(ayant grandi dans un milieu plutôt petit bourgeois de première génération à s’être extraite d’un milieu prolétaire, j’ai découvert sur le tard le monde du luxe. Et autant j’ai adoré le service aux petits oignons d’hôtels 5 étoiles comme le Sers ou le Park Hyatt, autant le serveur qui vient te remplir ta tasse de thé toutes les 5 minutes au Plaza Athénée, j’ai trouvé ça un poil envahissant. Je ne suis pas encore grabataire, je peux me servir moi-même, si je laisse du thé dans la théière c’est pour qu’il reste chaud pendant que je déguste ma religieuse à 14 Eur, et j’aimerais bien papoter avec ma copine tranquille sans être interrompue à tout bout de champ, merci!)

Je suis disponible comme parolière comique, j’adorerais toucher des sous de la SACEM.

3e vente aux enchères « Goldorak » (et autres) dimanche 25 avril

La maison de ventes Cornette de Saint Cyr organise dimanche 25 avril une 3e, je crois, vente de cellulos et autres originaux de dessins animés japonais « Génération Goldorak« . La vente se tiendra à Bruxelles et en ligne – vous pouvez déjà consulter le catalogue et même poser des enchères. Si vous avez un PEL à liquider… sur les 2 premières, les prix ont grimpé très haut d’après les gens qui ont leurs réseaux pour acheter directement au Japon ou entre collectionneurs. Quelques centaines d’euros en général, à quoi s’ajoutent les frais de ventes, et, dans ce cas, de transport, car la vente a lieu à Bruxelles.

Encore de très belles pièces notamment du film Black Jack d’Osamu Tezuka (jamais vu, mais les cellulos sont superbes), une grosse brouette de Dragon Ball et ses dérivés, des Saint Seiya (dont Asgard), du City Hunter (pas mal), 2 cellulos pas dégueulasses de Akira (Tetsuo en l’occurrence), un cellulo du Memories du même Otomo avec son certificat d’authenticité signé du maître, du Capitaine Flam, du Albator, du Goldorak donc, et noyés au milieu, quelques cellulos plus rares me semble de Gigi, un de Creamy, un de Lady Oscar (personnage secondaire mal labellé sur le catalogue), et même des Cités d’Or dites donc…

Flashback : Tokio Hotel à Paris Bercy – 14 avril 2010

Je ne sais pas vous, mais les concerts me manquent. Et chaque 14 avril, je repense à celui-là en particulier, il y a maintenant 11 ans. C’était le tout dernier concert de la tournée Humanoid City du groupe allemand Tokio Hotel. On ne le savait pas encore, eux non plus sans doute, mais c’était la dernière fois qu’on les voyait en tournée en Europe avant un long hiatus, le déménagement aux USA de la moitié du groupe (les jumeaux), le passage aux albums tout en anglais (hélas) et une grosse chute de notoriété qui fait qu’ils n’ont plus jamais rempli de salles aussi grandes.

Ce dont ils ne se plaignent pas forcément : durant le confinement, Bill Kaulitz s’est occupé en écrivant une autobiographie intitulée « Career Suicide », en allemand donc je ne sais pas trop ce qu’il y raconte, mais quelque chose me dit que leur long break qui a correspondu de facto à un suicide professionnel était le seul moyen qu’ils ont trouvé d’éviter le suicide tout court. Enfin, suicide professionnel, n’exagérons rien : ils tournent encore, mais à plus petite échelle, et ont changé de maison de disque, quittant Universal (je ne sais pas si c’était de leur fait… m’enfin bon débarras, vu le peu de promo que leur faisait la dite maison), pour revenir à Sony, qui avait eu la mauvaise idée de les virer avec d’autres groupes débutants avant qu’ils ne deviennent célèbres. D’après le compte Instagram de Georg Listing (le bassiste), ça doit mieux se passer : pour son anniversaire ils lui ont offert une PS5 et il a fait une story « à la meilleure maison de disque du monde ».

Tokio Hotel – Komm – Paris – la dernière fois qu’on voyait l’ouverture de concert avec l’Etoile Noire qui s’ouvre…

14 avril 2010, donc. J’étais à l’époque en plein milieu de ma fanitude Tokio Hotelesque, que j’ai déjà raconté sur ce blog. Commencée en blague devant ce groupe de mioches qui m’avait rapidement bluffé par son professionnalisme dépassant celui de pas mal de musiciens plus vieux, son enthousiasme de jeunes chiots, et la combinaison de pop rock péchu et de la langue allemande dont j’adore les sonorités. Ce concert à Paris, c’était le 5e pour moi de la tournée. A la base je n’en avais prévu « que » 3, en France, et puis j’en avais ajouté 2 sur un coup de tête à l’approche des dates. NO. REGRET. Quelques jours avant ce concert, j’avais dérapé sous la douche et je m’étais pété 2 côtes contre le rebord de la baignoire, mais heureusement, c’était des « petites » fractures, donc j’ai quand même pu aller dans la fosse. Mais j’ai évité la foule des premiers rangs (c’était le premier Bercy qu’ils n’avaient pas pu remplir, du reste), restant à côté de la console son au milieu, avec une copine. Ce qui m’a donné l’occasion de dire bonjour à leur ancien manager David. Avant qu’une furie ne lui gueule dessus et ne ruine le moment. *roll eyes* Heureusement, elle n’a soit pas reconnu, soit pas vu qu’avec David, à l’abri avec les techniciens, il y avait leur meilleur ami et leur beau-père. Donc ils ont pu mater le concert tranquilles (mais un peu sur leurs gardes quand même).

Tokio Hotel – Humanoid – Paris – l’interlude acoustique de la tournée, toujours étonnant

Tokio Hotel a toujours eu mauvaise réputation en France (comme en Allemagne du reste), à cause de leur jeune âge et du look androgyne de leur chanteur. Pas assez snobs, mon fils. Pourtant, ils ont toujours assuré sur scène. A la mesure de leur âge, certes, ce ne sont peut-être pas des Mozart. Mais ce sont des pros, et qui ont toujours eu à coeur d’offrir de vrais spectacles à leurs fans. Même maintenant qu’ils tournent dans des salles plus petites, style Trianon ou Olympia, ils ont toujours une scène et des lumières chiadées, un thème directeur, une setlist variée et bien construite, Bill a des costumes… créatifs même si pas toujours à mon goût. Bref, on sait où passe l’argent. Ce n’est pas au goût de tout le monde, mais on peut a minima apprécier le travail bien fait. Et pendant 1h30 à 2h, on est ailleurs, avec eux. Entre aliens (le nom donné à leurs fans à l’époque où c’est devenu la mode pour les artistes de les distinguer ainsi. Remarquez bien qu’on m’appelait l’extra-terrestre à l’école, alors il y a comme une continuité qui m’a amusée…).

Tokio Hotel – thank you speech and Geisterfahrer – Paris – Ah, cette chanson, je l’aime d’amour… Je ne pensais pas l’entendre en acoustique, mais elle rend bien…

Le petit discours de remerciement ci-dessus, un classique en concert, était d’ailleurs plus long que sur les concerts précédents de la tournée (comme quoi ça peut servir à ça d’en faire plusieurs… On voit ce qui s’éloigne de la routine). Bill a même remercié l’équipe qui avait conçu et monté la scène, ce qui, pour le coup, est quelque chose que j’avais rarement entendu. En général ça se borne à citer les musiciens sur scène et éventuellement le producteur. Même Tom, son jumeau et guitariste, avait l’air ému.

… Rétrospectivement, je me demande s’il ne savait pas, lui, que c’était plus qu’une tournée qui se terminait, mais la page la plus spectaculaire de leur carrière qui se tournait. Allez savoir. C’était aussi leur dernier concert majoritairement en allemand avant un bon bout de temps (j’ai plus ou moins arrêté de suivre le groupe, mais il me semble que leur seul concert en allemand depuis, c’était lors d’un de leurs « camps d’été » hors de prix. Rien que ça m’avait presque donné envie d’y aller, mais le camping, moi…). Le public français leur avait fait un tel accueil glacial quand ils avaient essayé d’y chanter en anglais à la tournée précédente qu’ils avait pris l’habitude de nous faire la même setlist que dans les pays germanophones. Une exception. Les autres pays avaient droit aux versions anglaises dès qu’ils ont fait des albums en 2 versions (allemand et anglais). *soupir* C’était le bon temps.

Tokio Hotel – Traumer – Paris – il manque le umlaut sur le a, c’est Träumer (rêveur), mais je n’étais pas sûre que Youtube gère bien les accents.

J’allais écrire que j’adore cette chanson, mais en fait, si j’étais autant fan d’eux à l’époque, c’est que quasiment toutes les chansons de leurs 3 premiers albums me faisaient dire « Oh elle est géniale celle-ci! » et me file encore des frissons de joie quand je les entends maintenant. Et dire qu’il y a des andouilles qui pensent que les fans de ces groupes ne sont pas là pour la musique… Ca a TOUT à voir avec la musique et comment elle nous fait vibrer. Que les musiciens soient mignons ou pas. Même si 80% du public de l’époque c’était des filles entre 12 et 20 ans. Ca aide, d’expérience, d’avoir un truc pas trop moche à regarder sur scène. Mais s’il n’y a rien qui passe par les oreilles, on ne vient pas à un concert, on se contente de se palucher sur un magazine, si vous me passez l’expression.

Puisqu’on en est là, un autre des reproches faits à Tokio Hotel, c’était qu’ils soient un groupe fait par le marketing. C’est faux, ils ont juste réussi à se faire connaître très jeunes par un groupe de producteurs qui les a aidés à se professionnaliser avant de démarcher les maisons de disques (d’où le contrat avec Universal alors qu’ils n’avaient que 15 ans, après un 1er contrat avec Sony). Et ensuite, ce sont des monomaniaques : le bon vieux rock des familles avec des power songs, ce n’était pas vraiment la tendance de leur âge quand ils percé, mais c’était leurs références (80es), digérées et modernisées. Sans doute que leur maison de disque aurait préféré leur faire faire de la tectonik ou je ne sais quelle ânerie éphémère, mais eux ils ont grandi avec Metallica, David Bowie, et Rammstein, si j’en juge à leurs effets de scène. Maintenant avec l’âge, ils se sont mis à l’électro de boîte de nuit, c’est pas du tout mon style mais ma foi, je ne peux pas les forcer à faire la même musique 40 ans non plus.

Tokio Hotel – Sonnensystem – Paris – je sais pas où ils avaient péché l’inspiration spatiale de cet album par contre mais c’est pas graaaave…. ça change un peu

Et puis la sincérité, ça se ressent. Enfin non : c’est vrai qu’à moi ça m’a toujours paru évident parce que j’ai un bullshitometer redoutablement sensible, qui fait que je suis incapable de regarder un homme ou une femme politique en vidéo sans vouloir lui balancer des tomates. Mais j’ai aussi fini par comprendre que ce n’était pas le cas de tout le monde. Donc pour les gens dont l’empathie est défaillante : croyez-moi juste sur parole, la sincérité, quand on n’est pas handicapé de ce côté, ça se sent, surtout en musique. Et eux ils sont faits pour ce boulot. De toute façon, vu les cagettes de critiques qu’ils se sont pris pendant 5 ans, il fallait qu’ils soient convaincus pour continuer dans cette voie.

Et je leur en sais gré. L’abandon de l’allemand, ça m’a fait mal au coeur, mais je pense que ça ne correspond pas seulement à une nécessité économique, mais aussi à une rupture avec leur pays parce que c’est là que des fans (enfin si on peut appeler ça des fans… des tarées obsessionnelles) leur ont rendu la vie impossible en allant jusqu’à les cambrioler.

Le petit duo piano – voix des jumeaux, ci-dessous, c’est quand même pas le truc le plus évident qu’on attend… Et puis comme on dit, quand tu fais guitare-voix ou piano-voix, sans les fioritures de production, tu sais si la chanson tient la route ou pas.

Weit Weg von hier durch Raum und Zeit zoom dich zu mir

Tokio Hotel – Zoom – Paris

Petite vidéo non musicale de Tom, Georg et Gustav (le batteur) qui disent au revoir :

Tom, Georg and Gus say goodbye to Tokio Hotel Humanoid City Tour

Tokio Hotel – Für Immer Jetzt – Paris

Et on arrive à la dernière chanson, du dernier concert, de la dernière tournée en allemand avant le long hiatus et le changement complet du groupe… Ce ne serait plus jamais tout à fait pareil, mais c’était une magnifique soirée.

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Jeu mobile : Aggretsuko the short timer strikes back

La routine métro boulot dodo vous manque ?
L’open space vous manque ? (je n’aurais pas cru écrire ça un jour mais au bout d’un an de confinement, presque…)
Le Japon vous manque ?

Alors le jeu sur mobile Aggretsuko the Short Timer strikes back est ce qu’il vous faut.
Aggretsuko, si vous n’avez jamais vu la série de mini épisodes sur Netflix, c’est le dernier personnage en date issu de la firme Sanrio, spécialiste des bestioles kawaii anthropomorphiques depuis Hello Kitty. Ciblant un public plus moderne et peut être un poil plus âgé, Retsuko est une jeune panda roux de 25 ans qui travaille dans une grande firme où elle est brimée par des petits chefs de mauvaise foi. Au début, elle a peu de vie sociale et peu d’amis au bureau, et son seul exutoire est de chanter du karaoke… Du heavy metal! Et quand elle s’énerve ainsi, elle se transforme (mentalement, hein…) en Aggretsuko (aggressive Retsuko). J’ai craqué pour le personnage dès que je l’ai découvert, avec un fort soupçon qu’il était un peu inspiré des Babymetal.

Le pitch du jeu, c’est que le boss a décidé de procéder à des aménagements de l’immeuble pour améliorer l’environnement de travail des salariés, et faute d’embaucher quelqu’un pour le faire, il confie le boulot à Retsuko.

En réalité, il y a très peu de liberté dans l’aménagement en question : le jeu est un casse briques façon Candy Crush, avec son lot de combinaisons pour détruire plus de têtes/pions. En fonction de votre score, vous pouvez gagner de une à trois étoiles par niveau. Et ce sont ces étoiles qui permettent de monter les différentes parties de décoration d’un niveau, sans pouvoir les choisir ni même choisir leur ordre.

Vous n’avez guère que le choix des personnages (avec chacun sa capacité spéciale) à utiliser pour jouer, débloqués ou achetés au fur et à mesure des niveaux. Et de quels niveaux acheter pour monter votre immeuble, avec les pièces d’or gagnées elles aussi au fil des niveaux.

Un peu chère la barrière…

J’ai commencé classiquement, avec un lobby (hall d’entrée), un niveau de type cafétéria, parce que c’est la première chose que je cherche quand j’arrive dans une nouvelle boîte. Un niveau de bureaux paysagers (les maudits open space), un d’archives, un 2e espace détente avec le vestiaire et des distributeurs… un immeuble de bureaux type, en plutôt joli.

C’est là, j’avoue, que j’ai un peu craqué. Pour les suivants, j’ai squeee-é en payant (enfin pas du vrai argent) pour des niveaux seulement présents de façon temporaire, mais qui me rappelaient le Japon (d’autant plus que l’immeuble en verre dans le fond, je le voyais depuis ma 1e chambre d’hôtel à Tokyo…) :

  • le konbini, ces supérettes ouvertes plus ou moins H24, qu’on trouve à tous les coins de rue et jusque DANS les hôtels parfois (ça m’a bien dépanné plus d’une fois, car ils vendent entre autres des snacks divers à un prix dérisoire. Parfait pour le touriste jetlaggé qui n’a pas assez faim pour se trouver un restau, ou quand ce n’est pas l’heure, mais qui veut quand même grignoter un morceau).
  • le fan meeting d’idols (car Retsuko intègre un de ces groupes musicaux), qui me rappelle les concerts de Babymetal avec leur fosse bien organisée et leur rayons de produits dérivés.
  • le onsen (source chaude), gros cliché nippon.
  • et dans un tout autre genre, celui que je viens de commencer, c’est… Winter Ball, le bal d’hiver, une patinoire à décor très… Reine des Neiges, forcément j’ai craqué.

Bref.

A noter si vous y jouez : samedi 27 février, on pourra exceptionnellement acquérir les anciens niveaux « à thème » temporaire.

Comme tous ces types de jeux, c’est facilement addictif, je trouve les niveaux pas mal fichus et de difficulté variable, il y a de la variété mais on reste rarement bloqué longtemps. Des challenges temporaires ajoutent constamment du piment. N’oubliez pas de tirer vos tickets de gacha au fur et à mesure (invocations de personnages), car sinon vous n’avez pas accès à l’option pour acheter des invocations avec des pièces d’or.

J’ai mis un moment à comprendre que combiner 4 têtes permettait de créer une bombe qui cible les objectifs, bien pratique. Et ça m’a changé les idées pendant une année quasi sans bureaux, sans collègues sauf par Zoom, sans voyage…

La drogue c’est mal

Un artiste partage une vidéo d’un autre artiste expliquant ses coûts pour répondre aux gens qui trouvent ses prix trop élevés. Douchebag arty vient répondre que le copyright est un concept bourgeois in French in ze text.

A force d’être contredite par des gens moins perchés, elle finit par avouer qu’elle essaie de justifier un commentaire débile qu’elle a fait pendant qu’elle était shootée.

D’un côté ça me rassurerait vaguement de penser que tous les gens qui écrivent des conneries sur le web le font sous l’effet de la drogue. D’un autre, je pense que les fabricants devraient mettre des détecteurs pour empêcher les gens de poster bourrés/drogués, ça nous ferait des vacances.

Manga feel good : Family Compo

Régulièrement, j’essaie de désencombrer mon appartement parisien surchargé. Cette fois, j’ai exhumé les 14 tomes de Family Compo de leur 3e rangée d’étagère en me disant que je ne les avais pas relus depuis longtemps, et qu’ils faisaient un bon candidat à la revente (14 tomes d’un coup, ça en fait de la place). J’ai ouvert le premier tome pour évaluer si ça me manquerait ou pas. 14 tomes de relecture plus tard, je les ai remis à leur place : ce n’est peut-être pas un chef d’œuvre, mais c’est très joliment dessiné, et comme lecture feel good en temps de crise comme en ce moment, ça fait le boulot. L’histoire est un mélange réussi un tiers humour, un tiers fan service (que même en tant que membre de la gent féminine, je ne désapprouve pas : il y a aussi quelques beaux mecs) et un tiers message optimiste d’affirmation de sa différence (pas que pour les minorités sexuelles).

2 couvertures

L’histoire

Déjà orphelin de mère depuis tout petit, Masahiko vient de perdre son père juste avant de rentrer à l’université. Le voilà contraint de troquer ses projets d’études contre l’obligation de trouver du travail pour subvenir à ses besoins. Mais sa tante Yukari Wakanae, qu’il n’avait jamais rencontré, toque à sa porte et propose de l’héberger. Surpris, Masahiko refuse d’abord : il se souvient vaguement que sa mère avait un jeune frère, avec qui elle avait rompu les ponts, et qui serait donc le mari de Yukari. Pourquoi cette rupture ? Mystère, mais cela inquiète Masahiko. Serait-ce une famille de yakuza ?

En essayant de retrouver la maison de la famille, il tombe sur Shion, une jolie jeune fille au tempérament bien trempé… Qui s’avère être sa cousine, la fille du couple. Il rencontre donc son oncle Sora Wakanae, dessinateur de manga, et reste à dîner. La famille l’accueille tellement chaleureusement que Masahiko, dont le père était souvent retenu par son travail, fond à l’idée de revivre enfin dans un cocon familial, et accepte de séjourner chez eux quelque temps. Mais à cause de Shion, il ne met pas longtemps à découvrir le pot-aux-roses : si les Wakanae semblent être la famille idéale, c’est à un léger détail près : Yukari est en fait le frère de la mère de Masahiko, et Sora est la mère de Shion… Mais les 2 ont échangé leur identité il y a bien longtemps, vivant travestis.

Quant à Shion, peut-être à cause de cela, elle a grandi en pensant qu’on pouvait choisir d’être fille ou garçon, et a alterné durant son enfance. Et toutes les assistantes de maître Sora s’avèrent avoir été initialement des hommes. D’abord choqué, Masahiko décide de rester, essentiellement parce qu’il n’a pas envie de faire de la peine à Yukari en rejetant sa proposition.

La révélation du 1er tome

Bien que le thème principal soit donc l’identité sexuelle et ses différentes variantes, ce manga ne plaira sans doute pas aux plus « woke » des lecteurs. Déjà, il date de 1999, avant que les USA n’aient envahi le monde de leurs conceptions issues d’une société où les problématiques de sexe sont loin d’être celles du reste du monde (un pays où c’est un problème pour une petite fille de porter les cheveux courts parce que ce n’est pas féminin…).

Ensuite, Tsukasa Hojo, plus connu en tant qu’auteur de City Hunter et Cats’ Eyes, signe ici un manga essentiellement comique. Certes, il le fait gentiment : les Wakanae sont vraiment une famille idéale, on les aime instantanément, et on s’attache à tous les personnages, des assistantes loufoques au chef mafieux, monsieur Tatsumi. Mais ce n’est en rien une étude de genres (ah ah, jeu de mots). Hojo n’a pas passé un doctorat en sociologie avant de l’écrire (ce qui semble être un pré-requis pour ne pas se faire insulter quand on aborde le sujet). Il semble que sa seule documentation ait été une visite dans un bar gay pour découvrir l’ambiance. Il confond allègrement transgenre, travesti et autres variations de l’identité sexuelle – peut-être que la langue japonaise manquait aussi de mots en 1999 pour nuancer le propos. Et pourtant au final, il a reçu des témoignages de lecteurs se retrouvant dans les conflits de ses personnages, comme un homme marié et père de famille qui se travestit mais doit cacher sa double vie à son épouse.

Au fil des tomes, Masahiko verra son oncle Sora affronter les préjugés de son père. Il nouera aussi une relation avec Yoko, une ex-camarade de lycée, qui se demande s’il est réellement attiré par elle.

Les Wakanae habillés selon leur sexe…

Le plus gênant et daté (ou hélas trop fréquent dans les mangas), pour moi, c’est le traitement parfois léger du consentement, à tous les étages. Déjà, Masahiko est forcé par le club de cinéma de sa fac à se travestir en fille pour jouer dans leurs films. Un peu trop poire, Masahiko se retrouve régulièrement embringué dans ce genre de marché de dupes. Il est tellement « mignonne » à l’écran que ça déclenche une foule de quiproquos et de coups de foudre, le plus important étant monsieur Tatsumi, un chef yakuza, qui s’entiche de Masami, le nom donné à Masahiko comme « actrice ». Apprenant la vérité, il essaiera plusieurs stratagèmes pour amener Masahiko à révéler son côté féminin (inexistant), dans l’espoir qu’il devienne un jour une vraie femme.

Curieusement, d’ailleurs, la vertu des personnages féminins est mieux préservée que celle des personnages masculins- dont plusieurs sont des pervers, mais pas forcément ceux qu’on pourrait croire au début. 2 ou 3 fois, des hommes qui avaient prévu d’abuser de filles (en les soûlant, généralement) se retrouvent pris à leur propre piège par des travestis et/ou transsexuels… Et c’est traité à la blague. Mais c’est très moyen.

Si ce que vous cherchez, ce n’est pas un pamphlet en ligne avec le parti, mais un manga drôle, émouvant, bien dessiné, avec une galerie de personnages hauts en couleurs et sortant de l’ordinaire, alors jetez-y un oeil. J’y ai re-découvert le talent de Tsukasa Hojo pour créer des personnages foncièrement humains et attachants. Ce qui devient rare dans mes lectures plus récentes.

Buffy : Once More with Feeling : Rave in Peace

Dans une tentative de désencombrement, je me suis enfin décidée à revendre mes DVD de Buffy. Mais avant, il y a un seul épisode que j’ai voulu revoir : l’épisode musical Once More With Feeling (saison 6, épisode 7).

Et plus j’y repensais, plus les chansons (dont j’avais jadis le CD) me revenaient en tête. J’en suis la première surprise, vue l’allergie que j’ai développée envers Joss Whedon (le créateur du show) pour la façon dont il a abandonné la série, pour les saisons 6 et 7, aux mains de Marti Noxon, qui l’a complètement sabordée de ses névroses. Vous me direz, la plupart des auteurs écrivent autour de leurs névroses, mais les bons le font en évitant les métaphores lourdingues, et en respectant les personnages au lieu de les bousiller.

Soit dit en passant, pour me remettre en tête le contexte, j’ai regardé seulement 2 épisodes avant celui-ci, et pour le reste, la lecture des résumés sur Wiki m’a rappelé pourquoi les saisons 6 et 7 m’ont fait passer le goût de Buffy.

D’ailleurs, je vous déconseille de les regarder si vous avez le moral dans les chaussettes. Entre Buffy en pleine dépression post-résurrection, abandonnée par Giles (l’acteur Anthony Stewart Head voulait retourner en Angleterre, si je me souviens), obligée de bosser dans un fast-food pour conserver un toit à sa soeur Dawn (leur mère est morte dans la saison 5), alors qu’aucun des autres habitants de la maison (Willow et Tara) ne songe à ramener des sous… Willow qui sombre dans une addiction à la magie (traitée à la truelle)… Et la menace fil rouge de la saison, ce sont les 3 geeks crétins.

Mais passons. L’épisode musical, lui, permet aux personnages de révéler leurs profondes blessures, dans un florilège de styles divers, et même si les talents de chanteur des acteurs varient, le résultat global n’a pas trop vieilli.

Par contre, il vaut mieux regarder la VO et éviter de lire les sous-titres des chansons, qui sont… Maïgod. Mais quelle idée. Je sais que c’est compliqué de trouver des rimes, mais tout de même… « Allons affronter ces galopins »? Pour rimer avec les lapins d’Anya ?

Cela m’a aussi rappelé que j’avais écrit une autre parodie (en plus de celles des chansons de James Marsters déjà recyclées sur ce blog), sur la musique du numéro de Spike, « Rest in Peace », adapté au contexte d’une fan en convention (ça a 18 ans, hein. Mais je suis assez contente du push-up).

Rave in Peace

I grew bored
So many years ago
You can make me feel
Like it isn’t so
And why you come to conventions
I think I finally know
Mmm, mmmm

You flirt
Enjoying the whole game
And you can’t be the one you are
You know they want some more
Playing with a thousand girls
It doesn’t make it real

That’s great —
But I don’t wanna play
‘Cause being with you touches me
More than I can say
And since I’m only game to you
I’m saying stay away
And let me rave in peace

Let me rave in peace
Let me get some sleep
Let me take my love and bury it
In a hole six-foot deep
My Buffy tapes are all worn
But I can’t find my sweet release
So let me rave in peace

You know
You got a thousand slaves
And you just love to let them hope
That you might misbehave
But ’till you do, I’m telling you
Stop blocking my brainwaves
And let me rave in peace

I know I should go
But I follow you
Like a fan possessed
There’s a push-up here
Beneath my breast
And I go to cons
Each time you’re a guest
If my bank could speak
It would sure protest
But I can see
You’re unimpressed
So leave me be

Let me rave in peace
Let me get some sleep
Let me take my love and bury it
In a hole six-foot deep
My Buffy tapes are all worn
But I can’t find my sweet release
Let me rave in peace

Why won’t you let me rave in peace?

Nostalgeek / Comics : Les Nouveaux Mutants 

A l’occasion de la sortie mercredi dernier (repoussée depuis 2 ans…) du film qui en est inspiré, petite présentation des Nouveaux Mutants, série de comics Marvel qui fut parmi mes préférées. Je signale que leurs premières aventures sont ressorties récemment en intégrale en VF, alors si ma chronique vous rend curieux, n’hésitez pas à la commander à votre libraire préféré : c’est du bon.

New mutants recueil

Le comics

Les New Mutants sont une équipe d’adolescents mutants (étonnant non?) que le professeur Xavier accepte de prendre dans son école alors qu’il est en plein deuil des X-Men, alors portés disparus. Initialement, ils ne sont pas destinés à combattre les super-vilains, contrairement à leurs aînés. D’autant que Xavier est traumatisé par ce qu’il pense être la mort de ses protégés. Mais il accepte de les accueillir, car ils ont tous besoin d’un refuge et d’apprendre à contrôler leurs pouvoirs. Et son manoir est le meilleur endroit pour ça.

Shan Coy Manh (Karma) est une boat people vietnamienne de 19 ans (la série date du début des années 80). Elle s’occupe de ses jeunes frère et soeur, leurs parents s’étant fait tuer durant le voyage pour rejoindre les USA. Elle peut prendre possession d’un esprit et ainsi contrôler le corps de son hôte. Xavier l’engage comme adjointe pour l’aider à gérer l’école, ce qui lui permet de suivre son enseignement tout en gagnant sa vie.

Danielle Moonstar (Mirage) est une jeune Cheyenne de 16 ans, fille d’un ancien soldat ayant combattu aux côtés de Xavier, et orpheline. Son grand-père est tué par les sbires de Pierce, peu après avoir contacté Xavier pour qu’il prenne en charge Dani. Elle a le pouvoir de projeter des images des peurs ou des désirs des gens. Mais comme elle le contrôle mal, cela lui a causé des problèmes et elle avait fui la ville. Elle est également capable de communiquer mentalement avec certains animaux, ce qui se révèle bien pratique pour contacter Rahne quand celle-ci est sous sa forme lupine ou sous l’intermédiaire.

Roberto da Costa (Solar) est un Brésilien métis de 15 ans, fils d’un riche homme d’affaires. Il peut métaboliser l’énergie solaire en force surhumaine. Quand ses pouvoirs se manifestent en plein match de football, il est kidnappé avec sa petite amie Juliana par les hommes de Pierce. Moira, Shan et Danielle vont à son secours, mais Juliana se fait tuer durant l’opération.

New Mutants, des ados quasi comme les autres

De gauche à droite : Shan, Dani, Roberto et Rahne

Rahne Sinclair (Wofsbane) est une orpheline écossaise de 13 ans. Moira McTaggert, experte en génétique es-mutants et amie proche de Xavier, la sauve d’une foule qui tentait de la lyncher sur son domaine, en Ecosse, après qu’elle se soit transformée en loup devant eux. Moira l’emmène à l’école de Jeunes Surdoués de Xavier, autant pour qu’elle apprenne à maîtriser ses pouvoirs que pour la mettre à l’abri du pasteur Craig. Il a élevé Rahne dans des croyances très strictes et est persuadé que sa transformation est l’oeuvre du diable. Rahne peut se transformer en louve, ainsi qu’en une étape intermédiaire où elle peut parler mais bénéficie des sens accrus du loup.

Sam Guthrie (Rocket / Cannonball en VO) est un garçon de 18 ans du Kentucky dont le père mineur vient de mourir de la silicose. Devenu chef de famille, il le remplace. A son premier jour dans la mine, il est pris dans un éboulement. Le stress déclenche son pouvoir pour la première fois : il est propulsé comme une fusée à travers la montagne (quand il entre en mode « propulsion », cela enclenche aussi un genre d’invulnérabilité temporaire. Pratique pour ne pas finir en tache de sang sur le mur…). Pierce, un cyborg ancien membre du Club des Damnés qui veut exterminer les mutants, le recrute comme homme de main. Il est au Brésil avec lui quand Pierce kidnappe la petite amie de Roberto pour l’atteindre, et cela achève d’ouvrir ses yeux sur la nature criminelle de son patron. Il se retourne contre lui, et plus tard, Xavier lui propose de rejoindre l’école.

L’équipe est ainsi au complet, unie aussi par l’envie de se venger de Pierce.

new_mutants_assemble

Plus tard, ils accueilleront dans leurs rangs Illyana Raspoutine (Magik), la petite soeur de Colossus (j’ai déjà parlé d’elle dans un article précédent). Celle-ci était revenue adolescente et sorcière des Limbes, la dimension du sorcier Belasco, où le temps s’écoule différemment. Ayant besoin de son âme pure d’enfant, il en avait fait son élève pour la pervertir peu à peu. Son pouvoir de mutante consiste à se téléporter via des disques s’ouvrant sur les Limbes – ce qui l’oblige à y faire escale à chaque utilisation.

Au détour d’aventures en Amazonie dans une cité romaine perdue (oui c’était très varié, leurs aventures… assez « pulp »), ils recruteront également Amara Aquila (Magma), fille de patricien, capable de contrôler la lave. Intelligente, elle s’adaptera rapidement au monde moderne.

Un autre membre leur tombera du ciel : Warlock, un extra-terrestre techno-organique métamorphe (en clair, un tas de métal vivant qui peut prendre la forme qu’il veut). Également un mutant, puisque dans son espèce, le fils doit tuer le père pour obtenir le droit de survivre en atteignant la majorité. Or Warlock a préféré fuir sa planète plutôt que le faire.

Il fera équipe avec Doug Ramsey, dont l’unique pouvoir est… de comprendre toutes les langues. Ce qui en fait un petit génie de l’informatique, mais passait inaperçu, et ne sert à rien au combat. Mais il rejoindra néanmoins l’équipe sous le nom de Cypher, après avoir été réveillé en pleine nuit par nos ados pour apprendre qu’il était un mutant, qu’eux aussi, et qu’ils avaient besoin de lui pour traduire ce que racontait un extra-terrestre tombé du ciel.

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L’équipe au complet à l’époque d’Arthur Adams

L’esprit de la série

Les Nouveaux Mutants, à plusieurs titres, c’est la relève des X-Men de l’époque. Déjà, le scénariste Chris Claremont avait, avec Dave Cockrum, remplacé l’équipe d’origine assez uniforme d’adolescents Américains malléables par un panel d’adultes aux personnalités bien affirmées et aux origines variées : un Russe (Colossus), un Allemand (Diablo), un Canadien (Wolverine), un « Native American » (John Proudstar alias Thunderbird), une déesse africaine (Storm), et un Irlandais (Banshee). C’était l’équivalent comics de l’équipage de Star Trek. Un mélange qui ferait plaisir aux SJW d’aujourd’hui, sauf qu’ils hurleraient sans doute aux clichés (c’était dans les années 70, à l’époque c’était un progrès).

Bien que les Nouveaux Mutants soient censés n’être à l’école de Xavier que pour apprendre à utiliser leurs pouvoirs et y être protégés des dangers de l’extérieur, et non pour combattre les super-vilains, ce sera évidemment souvent leur lot. Quand ils font le mur, ce n’est pas pour aller à une soirée, mais pour secourir un ami dans le pétrin – parfois avec le soutien de Kitty Pryde, qui a leur âge mais fait partie de l’équipe des X-Men, et est la meilleure amie d’Illyana.

Plusieurs crossover les verront travailler avec les X-Men. L’un d’eux, dessiné par Arthur Adams, les amènera à Asgard, le royaume des dieux Vikings. Après avoir été séparés dans l’espace et le temps, ils en reviendront tous transformés, notamment Dani qui y devient une Valkyrie, et pourra désormais voir la Mort venir chercher les mourants.

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Illyana dessinée par Bill Sienkewicz

Un ennemi récurrent sera la Reine Blanche du Club des Damnés, Emma Frost. A cette époque, elle n’a pas encore rejoint les X-Men, loin s’en faut. Elle dirige l’équivalent de l’école du professeur Xavier, un campus beaucoup plus grand, privé et très chic, ouvert aux non-Mutants, mais qui abrite une section secrète pour les « surdoués », les Hellions. Ceux-ci s’opposeront plusieurs fois aux Nouveaux Mutants, mais collaboreront aussi à l’occasion. D’autant que des affinités inter-groupe se créent : entre Amara et Empath, un Hellion manipulateur d’émotions, gosse de riche arrogant. Ou entre Rahne et Catseye, une mutante-féline plus animale qu’elle.

Après le départ de Bob McLeod, l’illustrateur, et l’arrivée de Bill Sienkewicz avec son style très particulier, la série prendra un tour plus sombre, les adolescents affrontant chacun à son tour ses démons intérieurs… ou extérieurs.

Le film

Apparemment, c’est plutôt cette époque qui a inspiré Josh Boone, le réalisateur de l’adaptation en film. On le présente dans la presse comme plutôt un film d’horreur intimiste qu’un film de super-héros. C’est ballot, moi les films d’horreur plein d’ados, c’est pas trop ma tasse de thé. Je ne l’ai pas vu, n’étant pas motivée par l’idée d’aller m’enfermer 2h avec un masque pour voir un film que le studio sort de toute évidence sans y croire, avec des affiches très laides. Comme pour dire « Allez hop, on le sort maintenant en pleine crise de COVID, avec un peu de chance, les gens qui s’ennuient iront, et si ça se plante, on dira que c’est la faute au virus. »

Si vous y allez, n’hésitez pas à me donner votre avis en commentaire.

P. S. : le magazine Vulture a sorti un long article en anglais tentant d’explorer la genèse du film.

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Non mais ça donne pas envie…