Les fans au cinéma (5) : Perfect Blue, de Satoshi Kon

Suite et fin du dossier. Les articles précédents :

Les fans au cinéma (1) : fans dangereux

Les fans au cinéma (2) : fans salvateurs

Les fans au cinéma (3) : fans obsessionnels

Les fans au cinéma (4) : être fan comme une école de vie

A l’origine, je voulais parler de ce film dans le 3e article de la série, sur les fans obsessionnels, mais il mérite un article à part.

« Perfect Blue », de Satoshi Kon, est un film d’animation japonaise dépeignant la difficile reconversion d’une idol en actrice, au grand dam de ses fans. Mima, l’héroïne, est membre des Chams, des idols japonaises : un groupe de trois jeunes filles chantant de la pop acidulée, vêtues de costumes rose bonbon et aux chorégraphies gentillettes. Mima a été approchée pour un petit rôle, et son producteur y voit pour elle l’opportunité de s’ouvrir une nouvelle carrière avant que le succès des Chams ne s’étiole. Ce qui, d’après lui, ne tardera pas à arriver, les groupes d’idols étant par nature éphémères.

perfect_blue_screenshot_2

Malgré ce qu’on pourrait penser, leur public n’est pas composé d’enfants ou d’adolescentes, mais plutôt de salary men et d’étudiants. Outre la production musicale et visuelle hyper travaillée, les chorégraphies réglées au cordeau et le marketing impeccable, ils apprécient chez les idols le côté femme-enfant de lolitas aux costumes suggestifs, mais pas outrageusement sexys – là où les jeunes chanteuses américaines laissent peu de place à l’imagination…

Lire la suite

Nostalgeek : Héroïne de ma jeunesse : Phenicia (Goldorak)

Bien qu’appartenant à la génération Casimir et ayant encore en tête le générique de l’Ile Aux Enfants, je ne me souviens pas bien des émissions pour la jeunesse, jusqu’à l’arrivée de Goldorak sur les écrans. C’est un peu comme Mr Jourdain avec la prose, ou moi avec la musique des groupes d’Europe du Nord : j’ai aimé les dessins animés japonais avant de savoir que c’en était.

Goldorak, donc, au milieu des niaiseries pour bambins à base de gloubiboulga et des dessins animés américains très manichéens, a ouvert mes jeunes années sur les aventures extra-terrestres, la défense de la planète bleue si chère au cœur d’Actarus, et des conflits un peu moins édulcorés que Thierry la Fronde (et encore, c’était plutôt bien, Thierry la Fronde).

goldorak_ep50_Phenicia_2

Cerise sur le petit cake: l’arrivée au casting, dans l’épisode 49, de Phenicia. Au début, le seul personnage féminin du côté des gentils est Venusia, la fille de Rigel, le propriétaire du ranch du Bouleau Blanc. C’est la voisine qui ne pense pas grand-chose du garçon de ferme, fils du professeur Procyon, mais qui finit par soupçonner qu’il cache quelque chose. Elle découvre rapidement qu’il est un prince venu de l’espace, et que loin d’être seulement le hippie rêveur qui passe son temps libre à gratter de la guitare sous un arbre, il combat en fait les forces extra-terrestres qui ont ravagé sa planète et conduit à trouver refuge sur Terre. Elle en tombe donc amoureuse. Suite à une attaque qui conduit Actarus à lui faire une transfusion de son sang extra-terrestre, elle se joindra à lui et à Alcor pour combattre Vega, en pilotant son propre vaisseau, le Venusiak. Sympa, mais sans plus.

Lire la suite

Freaky Friday : Robotech / Macross

Quand June a lancé le concept de Freaky Friday, à savoir des articles sur des souvenirs musicaux traumatisants ou honteux de notre jeunesse, ma première idée a été pour les bandes originales de ce dessin animé : Robotech alias plus ou moins Macross.

Minitokyo.Macross.579765

Oh, le dessin de Haruhiko Mikimoto qui illustrait mon premier numéro d’Anime Land!

Les? Oui, au pluriel. Parce qu’à l’époque, dans les années 80, les Américains ont vendu sous le nom de Robotech ce qui était en fait la compilation de 3 séries japonaises distinctes : Super Dimensional Fortress Macross, Super Dimensional Fortress Southern Cross et Genesis Climber Mospeada. Ceci avait pour but d’atteindre les environ 80 épisodes nécessaire pour pouvoir vendre la série en syndication, cad la revente en « pack » pour les réseaux de chaînes locales aux USA. Ils préfèrent des séries longues pour pouvoir faire des rediffusions quotidiennes sans retomber sur les mêmes épisodes au bout de deux mois. Pour unifier un peu ces séries qui avaient uniquement en commun une histoire mêlant robots géants, invasion extra -terrestre et chanson, ils ont créé de toutes pièces une bande-son plutôt rock. Celle-ci a nettement contribué au succès de la série aux USA (où des fans se mobilisent encore pour en faire un film) et en Europe.

Lire la suite

Fêtons Noël avec le Tag Disney

Dans un esprit de fêtes et la trêve de confiseurs, j’ai conservé pour le 24 décembre ce tag qui ne surprendra guère ceux qui me connaissent (parce que je les ai soulés avec le sujet depuis le 8 décembre 2013).
Tant qu’à faire, j’ai corrigé les fautes de celui où je l’avais trouvé.

1♡ QUEL EST TON FILM DISNEY FAVORI ?

La Reine des Neiges.

Frozen-Elsa

2♡ QUELLE SCÈNE D’UN DES FILMS AURAIS-TU VOULU VIVRE ?

Quand Peter Pan permet aux enfants de s’envoler grâce à la poussière de fée de Clochette.

Ou ça (oui, je suis légèrement mégalomaniaque) :

anim_elsa castle

Lire la suite

Calendrier de l’Avent des idées cadeaux pour Noël N°23

La batterie de la Reine des Neiges.

avent_frozen drumkit

A offrir à la petite fille dont les parents ont donné à votre fils une épée laser qui fait pioupiou, il y a quelques mois…
Parce que c’est bien connu, la reine Elsa dans son palais d’Arendelle adore faire des solos de batterie. Elle va monter un groupe de métal, Frozen on the Rock, avec Sven le renne à la basse et Chamallow à la guitare.

Non mais bon c’est pas grave, hein, au moins c’est un cadeau pas sexiste : les petites filles AUSSI ont le droit de s’initier à la batterie. Et les garçons ont le droit de le faire sur une batterie Reine des Neiges.

Fender a bien sorti des guitares Hello Kitty (des vraies hein, pas des jouets, mais des Stratocaster – modèle assez réputé chez les musiciens. Elles sont même pas mal notées sur le site en lien).

Ne pas confondre : escalator et Skeletor

NPC_escalator skeletoy

Ne pas confondre : Escalator et Skeletor.

Déjà, si vous essayer de monter sur le second, il risque de vous arriver des bricoles. Y’en a qui ont essayé, ils ont eu des problèmes.

(fan-art de Skeletor par Nightwing1975, chouette pseudo au passage)

Post-scriptum : un costume d’Elsa pas cher pour Halloween

La marque suédoise à petits prix H&M récidive, et donc moi aussi, pour mettre à jour mon article de janvier dernier une robe d’Elsa pour Mardi Gras. Votre fille est toujours aussi accro à la Reine des Neiges? Vous avez acheté la robe bleue « princesse » H&M en janvier (ou pas)? Cette année, H&M propose ce qu’ils avaient oublié : la cape!

frozen_hm_2015_a

En version bleue taille unique à 12,99 Eur, ou en version blanche à flocons vendue hélas uniquement avec la robe assortie (qui a grosso modo la coupe de celle d’Elsa, mais pas la couleur pour éviter le procès), pour 29,99 Eur. Les capes sont retenues par un velcro au cou, pratique et sécurisé pour les petites princesses turbulentes ou maladroites : attaché et détaché en une seconde et sans risque d’étranglement.

frozen_hm_2015_b

Il existe également une version dorée avec capuche, pour 9,99 Eur (je pensais que c’était inspiré de Cinderella, mais non. Je ne dois pas connaître la référence). Il y a aussi toujours des produits dérivés officiels Disney, comme une tresse blond platine Elsa qui tient avec un élastique.

frozen_hm_2015_c

Les garçons ne sont pas en reste, et quand je vois ça je me dis que j’aimerais bien être un petit garçon : le sweat à capuche Batman! Avec des « crètes » sur les bras et des oreilles pointues sur la capuche.

frozen_hm_2015_d

Tant que j’y suis dans les Elsateries, j’en profite pour signaler que les oeufs en chocolat Zaini sont à nouveau de sortie eux aussi, avec quelques nouvelles surprises Frozen, et toujours les petites figurines. C’est moche de me faire ça alors que j’avais décidé de ne plus acheter de friandises tant que je n’aurais pas fini celles que j’ai ramenées de mes précédents voyages… J’ai passé des heures à en chercher l’hiver dernier pour trouver des Elsa – que j’ai fini par avoir respectivement via des copines et sur Leboncoin. Là mon bataillon de Chamallow s’agrandit encore…

oeufs frozen le retour

Frozen Free Fall – le jeu sur tablette et smartphones de la Reine des Neiges

Hourra, j’arrive à l’été! Non, je ne pars pas en vacances sous les tropiques… J’ai fini les 285 niveaux de base du jeu Frozen Free Fall sur mon téléphone (les niveaux hiver). Et j’ai donc enfin débloqué les niveaux d’été, présentés par un Olaf rigolard (mais qui rigole moins quand j’échoue sur le niveau).

Frozen le jeu : Elsa enfant

Sous le regard navré, voire réprobateur de mes voisins de métro, et l’oeil perplexe des gamines quand je vais manger au McDo (ne me jugez pas : le choix de cantines est peu engageant là où je travaille).

Oui, je suis une adulte responsable (quasiment), avec un travail sérieux, et malgré cela, ou à cause de cela, je joue au jeu de la Reine des Neiges sur mon téléphone. (non, pas au non officiel où on fait une césarienne magique à Anna…). J’aime les petits jeux de casse-tête, mais je trouve les graphismes des saynètes scénarisées de Candy Crush Saga laids. Je leur ai tout de suite préféré les légumes colorés et souriants de Farm Heroes Saga, autre succès de l’éditeur, King.

Frozen le jeu : Anna enfant
Lire la suite

Nostalgeek (3) : les geeks contre-attaquent

Paradoxalement, c’est quand ce qu’on a appelé brièvement la japanimation s’est vue censurée et attaquée de toute part que les amateurs ont commencé à vouloir la défendre, et à se fournir directement à la source pour éviter les intermédiaires indélicats. Les plus âgés, fortunés et/ou débrouillards des fans se sont donc lancés à la découverte des mangas en version originale, soit en allant les acheter sur place au Japon, soit en passant par les librairies spécialisées. A Paris, il y avait déjà une librairie japonaise pour les expatriés et les touristes en vadrouille, Junkudo, rue des Pyramides. Les non-japonais purent y faire leurs premières emplettes. Il y avait également Tonkam, qui avant de devenir un éditeur, était une librairie de manga rue Keller (devenue, depuis, la rue des fanas du cosplay).

Certes, il fallait se mettre à l’étude de la langue japonaise pour espérer comprendre un minimum ce qui se passait, mais même ceux qui n’avaient pas accès à des cours de japonais dans leurs lycées et universités s’y sont mis, un dictionnaire dans une main et un décrypteur de kanjis – les idéogrammes – dans l’autre. Imaginez, on n’avait pas encore Google Translate ni les sites de traduction / scanlation à l’époque. Ni de moyen de trouver de l’aide facilement sur Internet en contactant des Japonais ou des gens comprenant la langue via email.

Oui, je faisais des jaquettes à la mimine pour mes VHS pirates...

Oui, je faisais des jaquettes à la mimine pour mes VHS pirates…

Mais on se débrouillait quand même… plus ou moins bien. Il y a d’ailleurs des mangas que j’ai préférés avant de pouvoir lire la version française, qui ne permettait plus de se faire d’illusions sur la niaiserie des dialogues. Parfois, l’histoire qu’on s’inventait d’après les jolies images était mieux que la vraie.

Assez vite, des boutiques de comics ou de bande dessinées franco-belges se diversifièrent pour capter ce nouveau public – parfois le même. Mais pas toutes, car certains puristes voyaient d’un très mauvais oeil ces bandes dessinées de petit format, même pas en couleur, produites en grande quantité en feuilleton (en moyenne 15 à 20 pages par mois, comme les comics, là où la moyenne de production franco-belge était plutôt d’un album de 60 pages par an pour les auteurs prolifiques), au graphisme souvent confus et très éloigné de la ligne claire. A tel point que lors des premiers Comics Expo, il fallait séparer la partie BD du reste, les vendeurs de BD refusant de se mélanger au monde manga… (bien mal leur en a pris : il y avait nettement plus de monde et de transactions côté manga que dans leurs allées poussiéreuses).
Lire la suite