Le fan-service du jour : Mark Hamill dans le Star Tours

Des fois, être fan, c’est décevant, parce que les stars ne sont que des êtres humains.

Et puis des fois, être fan, c’est du bonheur, parce que les êtres humains même célèbres peuvent faire des trucs sympas. (Même si parfois en service commandé. Et puis il y a la manière)

C’est le cas de Mark Hamill (si vous ne savez pas qui c’est => dehors), qui a fait hier une petite surprise aux passagers du Star Tours de Disneyland en Californie, à Anaheim (en banlieue de L.A.). Vidéo ici par un membre du personnel Disney :

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J’adore les geeks en hyperventilation XD

J’en profite pour vous recommander le compte Twitter de Mark, @HamillHimself  , qui a un sens de l’humour fort divertissant. Et en plus il aime les chiens. Pour le nom du compte, il a pris celui-ci parce que le nom MarkHamill était déjà pris par un fan…

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Des raisons d’être fan de River Phoenix 

Parfois, on me demande pourquoi je suis fan de River Phoenix.
(Par commodité de conversation, je ne re-discuterai pas ici l’inadéquation du terme « fan ». Disons qu’il occupe plus souvent mes pensées que l’humain lambda)
Parfois, étant, par nature, cynique et allergique au concept d’idolâtrie, je me le demande aussi.

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C’est qu’on n’a pas grand-chose en commun :
– il était humaniste; j’aimerais l’être mais je n’ai aucune confiance en l’être humain donc dans les faits… je suis plutôt misanthrope.
– il était végan; j’aime trop la viande et pas assez les alternatives pour m’en passer.
– on le vendait comme un boy scout new age; cette philosophie me fait plutôt rire quand ses tenants actuels ne m’horripilent pas.
– les collègues de ses frère et soeurs en activité dans le monde du spectacle ont plutôt tendance à me faire lever les yeux au ciel, quand je les croise sur les réseaux sociaux. (Ses frère et soeurs eux-mêmes, ça va. Certes ce sont d’incurables « artistes bohèmes multi-projets », mais ils agissent plus qu’ils ne prêchent. Rain chante dans les hôpitaux. Liberty a fondé une société pour commercialiser des matériaux de construction sains, après avoir perdu un bébé intoxiqué par sa maison. Faute de retrouver des rôles après ses 3 grossesses, Summer alterne les projets, pas toujours dans les médias : boutique de fripes revisitées, décoration d’intérieur… et quand elle parle, elle est terre à terre).

Je n’ai donc pas l’impression qu’on s’entendrait si bien que ça s’il était en vie et qu’on se rencontrait. Quoique, c’est là que je découvre ce commentaire de Gus Van Sant, réalisateur de My Own Private Idaho…

He’d get into shouting matches with people, where they were both screaming `You fucking moron!’ but he’d end up liking them. He liked people who didn’t let him get away with things. »
– Gus Van Sant on River Phoenix

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Fous-toi de ma gueule…

Je ne suis même pas hyper fan de la plupart de ses films. Notez bien que Kirk Douglas s’estimait très chanceux de pouvoir dire qu’environ un quart de ses films était bon. Ca relativise la réussite d’une carrière d’acteur.

Sur les 14 qu’a tourné River, je dirais que 2 sont populaires à juste titre (Stand By Me et Indiana Jones 3), et ont une chance de passer l’épreuve du temps. 3-4 sont connus dans certains cercles où ils conservent une certaine aura (Mosquito Coast, My Own Private Idaho, Running on Empty, I love you to death…). Les autres sont rarement diffusés et deviennent de plus en plus durs à trouver. Quoique certains connaissent une renaissance tardive à l’occasion d’une sortie de Director’s Cut (Jimmy Reardon). Certains sont méconnus alors qu’ils sont pas mal du tout, mais traitent de sujets pas très porteurs en France (The Thing Called Love, Dogfight). Ou ne refont parler d’eux que quand leur réalisateur décède, comme ce fut le cas récemment pour Silent Tongue, écrit et réalisé par le talentueux Sam Shepard

Mais je ne passe pas mon temps à les regarder en boucle. En même temps, j’avais adoré Titanic à sa sortie et je ne l’ai jamais revu en entier. Le film que j’ai vu le plus de fois, c’est Terminator 2, et plus parce que je reste scotchée devant l’écran à chaque rediff que pour l’avoir cherché exprès.

river phoenix polaroid by gus van sant

River Phoenix polaroid by Gus Van Sant

Heureusement, il y a des fans plus dévoués que moi. En l’occurrence, la personne qui tient l’Instagram river.phoenix7. Ou celles derrière les Tumblr Riverphoenixislove et A boy named River Phoenix.

Les trois postent régulièrement, et inlassablement, photos et documents sur River, accompagnés d’extraits d’interviews, de lui ou de ceux qui l’ont côtoyé. Petite sélection ci-dessous, tirées du premier compte.

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Et là, force est de constater que je me souviens. Ce n’est pas seulement le joli minois, c’est le fait que les yeux ne mentent pas : ça cogitait dur derrière. Surtout en mettant en perspective le fait qu’il tenait ces propos dans les années 80-90, à 20 ans. A une époque pas très aware encore, ayant pour l’essentiel oublié les aspirations hippie et pas encore découvert celles des hipsters.

Et puis l’empathie démontrée par les témoignages, soulignée par tous (y compris dans les paroles de quelques chansons des Red Hot Chili Peppers). C’est, bizarrement, un feel good fandom de lire ça… Malgré l’aspect nostalgique. Et je découvre encore des choses, en plus de tout ce que j’ai déjà appris à travers lui.

« Les ombres auxquelles on pense encore dans le monde des vivants, celles dont on honore la mémoire et sur lesquelles on pleure, sont lumineuses. Elles avancent vers le néant imperceptiblement. Les autres, les morts oubliés, se ternissent et glissent à toute allure vers le centre de la spirale. » La porte des Enfers – Laurent Gaudé

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just as long as you stand, stand by me…

Aparté

Il paraît qu’une récente émission télé sur le surnaturel prétend avoir trouvé au Viper Room (le club appartenant à l’époque à Johnny Depp, dans lequel il a consommé le cocktail mortel) le fantôme de River. Qui aurait été coincé là depuis 24 ans, inconscient qu’il était mort, et qu’ils ont pu le libérer en lui expliquant et en déposant une guitare. Chouette fanfic, mecs! Mélo et tout, j’ignorais qu’on pouvait les commercialiser. Vous auriez dû en faire un épisode de The Ghost Whisperer, si la série existait encore.

Je ne m’inquiète pas trop pour le fantôme de River. J’ai l’impression qu’il sait très bien où il est (et dans quel état), qu’il voyage pas mal (l’avantage d’être un fantôme, c’est qu’on peut traverser l’Atlantique avec un bilan carbone nul. Il faut juste trouver des ancres par-ci par-là pour se repérer et ne pas dériver. *), et qu’il n’est pas pressé de partir (même si je ne suis pas bien sûre de pourquoi. Peut-être qu’il attend que ceux auxquels il tient soient eux aussi de l’autre côté. Ca m’arrange, personnellement. *poke*).

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Bon anniversaire.

*NDLR : Je vous ai déjà raconté mon rêve de quand j’étais morte? Il date de 20 ans au bas mot, mais je m’en souviens très bien : je me faisais exploser, et après je réalisais que j’étais devenue un fantôme. Si je ne me concentrais pas, j’avais tendance à me « diluer », et la lumière du jour accélérait le phénomène. Par contre, je pouvais flotter au-dessus du sol, moins bien au-dessus de l’eau, et je décidais d’aller en Floride voir comment allait la famille de River… Bon, après ça devient moins « cohérent » : je me perdais en y allant (pas facile de s’orienter en plein océan) et j’arrivais à Londres dans un hôtel pour fantômes, où je tombais sur Josiane Balasko. Ce qui n’avait pas grand sens dans le contexte (je n’avais jamais mis les pieds à Londres et je n’avais pas de raison particulière de penser à Balasko). Jusqu’au jour où j’ai, de fait, rencontré Josiane Balasko au festival du cinéma d’Utrecht, à la projection de Dark Blood, parce que son mari, George Aguilar, avait joué un indien Navajo dans le film – détail que j’ai appris ce jour-là. D’après Wiki d’ailleurs, ils ne se connaissaient pas à l’époque.

*musique de X-Files*

Champs Elysées Film Festival 2017 : les courts-métrages US

 C’est au cinéma Le Lincoln que j’ai assisté à la 1e projection des courts métrages américains du Champs Elysées Film Festival 2017. Pour sa 6e édition, ce festival reste abordable pour le grand public, qui peut y voir en avant-première des films français et américains indépendants.
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Enfin un bulletin de vote alléchant!

Les courts-métrages

The Robbery 
Une jeune droguée fumeuse de crack passe une très mauvaise journée. On louche du côté de Tarantino (ce qui venant de moi n’est pas un compliment : les personnages bêtes et méchants, je n’aime pas perdre du temps à les regarder). Malgré le pitch et l’hyper glauquitude, c’est pourtant plutôt drôle. Âmes sensibles s’abstenir.
The Rabbit Hunt
Comme son nom l’indique, on suit une chasse au lapin, qui fuient un champ de maïs en cours de moisson. Une famille de noirs américains les attendent en lisière du champ, armés de bâton.
… Mais encore? Apparemment ce n’est pas une fiction mais un documentaire.
C’est à peu près aussi glauque que le précédent, l’humour en moins.
Casa de mi Madre
Court minimaliste entre une femme d’âge moyen et un gamin de Cuba, dans ce que j’aurais appelé les favelas sauf que ça ne se passe pas à Rio. Le film a été écrit et tourné en très peu de temps à Cuba, lors d’un stage avec le réalisateur Abbas Kiarostami, d’après un « prompt » de celui-ci. Chaque stagiaire devait ensuite broder autour du prompt reçu, la pitcher à Mr Kiarostami et tourner son histoire avec les moyens du bord. Au final, ça raconte bien quelque chose en peu de moyens, même si je me serais passée des plans floutés / défloutés et que l’ambiance met mal à l’aise (mais peut-être seulement moi, parce que j’ai du mal avec les gens mentalement instables…).
Antartica
Une femme mariée asthmatique en voyage se laisse tenter par une aventure d’un soir. L’actrice, Lorraine Farris Sage, est très vraie. Un film d’atmosphère avec de belles images, qui change de ton brutalement au twist final.
Même si j’ai eu du mal à ne rire en pensant à la Cité de la Peur quand ils regardent un documentaire sur l’accouplement des phoques en prenant un verre. So cliché.
Les dialogues moyens n’étaient pas aidés par des sous-tires en français à une faute par ligne (au moins).
Game
Un nouveau un peu frêle débarque dans un lycée pour les qualifications de l’équipe de basket-ball. Il est bon, motivé, mais il a un problème – en dehors du meneur de l’année d’avant qui voit d’un sale oeil la concurrence.
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Black Holes
Cet unique court-métrage d’animation de la sélection est l’histoire déjantée du premier vol habité vers Mars, avec la sélection de Dave et d’un melon, réincarnation d’un créateur de mode. C’est complètement barré, parfois limite graveleux (un autre personnage principal est le Dr Finger, proctologue de son état, qui fait subir des… tests à Dave), et truffé de références à 2001, l’Odyssée de l’Espace.
Projeté à Sundance, c’est un aperçu (« pas tout à fait un pilote » dixit les producteurs lors du Q&A suivant la projection) de la série en 10 épisodes que prévoient de faire les créateurs.
Across My Land
Un père et son fils adolescent vont la nuit, armés, patrouiller en voiture le long de la frontière des États-Unis avec le Mexique, pendant que la mère et la petite fille restent à la maison. Une famille sans histoire, qui récite le bénédicité et apprend à son fils à remonter un fusil d’assaut.
Jolies images du sud des USA (et la présence de Summer Phoenix dans le rôle de la mère). Fait écho sans doute involontairement à The Rabbit Hunt, sauf qu’ici ce ne sont pas des lapins qui sont pourchassés.
Fanny Pack
Une jeune fille de bonne famille américaine, d’origine Indienne, part à New York où elle doit exposer des photos et ainsi lancer sa carrière d’artiste. Son père, équipé de son sac banane, la suit jusqu’à l’aéroport pour la convaincre de reprendre ses études de médecine.
Ce film de fin d’études est drôle et mené tambour battant (l’idéal pour une comédie). On ne se rend pas compte des difficultés à filmer dans l’aéroport qu’a racontées Uttera Singh, la réalisatrice et actrice principale.
Homing In
Dans une banlieue tranquille et anonyme, une femme range sa maisonnée comme tous les soirs. L’homme qui gare sa voiture et qu’elle trouve dans le salon n’est pas son mari.
Film minimaliste dans ce qui se passe mais très tendu, images très construites.
Grace Period
En hiver à New York, une femme peine à élever seule ses 4 enfants. Son grand fils tente de l’aider, mais pas de façon légale.
5e film de la sélection sur les classes défavorisées. Plus 2 sur les classes moyennes / aisées mais qui sont des thrillers glaçants. Il faut avoir un bon moral pour être cinéphile!

Le Q&A

Après la projection a eu lieu un Q&A car 7 sur 10 des réalisateurs étaient présents. Celui de The Rabbit Hunt, absent, sera présent à la 2e projection mardi 20 (demain) à 14h au cinéma le Lincoln. Les intervenantes du festival ont souligné que c’était exceptionnel, car le festival n’a pas les moyens de les faire venir.
Je n’ai pas retenu les noms et identités de tout le monde, désolée, surtout celle qui n’a finalement pas eu la parole ou celui pour qui je n’ai pas réussi à faire le lien avec un film (apparemment il était au même stage avec Abbas Kiarostami que Frank Mosley).
Du coup, c’était un peu court car tout le monde n’avait pas le temps de parler. On aura appris les anecdotes semées plus haut, et aussi que :
Jeannie Donohoe a eu beaucoup de mal à trouver l’interprète de son court métrage, que la directrice de casting a finalement trouvé dans un supermarché. Que le film n’est pas tiré d’une histoire vraie mais inspirée de plusieurs choses qu’elle a vues ou vécues.
Black Holes est un film américain car conçu, écrit et réalisé entièrement à L.A., mais par des Français.
Parker Hill a été inspirée par des photos de maison de Todd Hido, et de la saturation des couleurs de Todd Haynes.
Que tourner à New York en plein hiver, ce n’est pas facile non plus (Simon Hacker).
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Votez à votre tour

8 de ces 10 courts-métrages sont visibles jusqu’au 22 juin sur le site d’Universciné .
(Les courts The Robbery et Across My Land manquent à l’appel, les réalisateurs n’ayant pas souhaité participer au prix du public UniversCiné).
Sur ce site, où vous pouvez également participer au vote du public, comme nous l’avons fait vendredi soir en salle (enfin, si le formulaire est réparé).

Crowdfunding : Love U Hiroshima, un court-métrage avec Alban Lenoir – derniers jours!

Pour les fans d’Alban Lenoir (Kaamelott, Hero Corp, Lazy Company), ce court métrage  de Jules-César Bréchet dont il sera la vedette vient d’atteindre son objectif sur Ulule. Il a même été désigné ce 11 mai projet du jour par le site de financement participatif! Joli petit coup

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Mais il a besoin de tous les coups de pouce dans le sprint final pour se donner un peu de marge pour le tournage. Fin du crowdfunding après demain!

Avec à signaler, outre les contreparties classiques (remerciements, téléchargement du film…), d’autres plus originales voire déjantées : écrire une réplique dans le film pour le perroquet Kikko, ou repartir avec une Nissan Almera 5 portes.

Tous les détails sur le site du projet sur Ulule. Vous pouvez notamment y visionner les 6 épisodes de « En attendant Hiroshima », la mini-série tournée pour animer le projet, où Alban, le réalisateur, Christophe Fluder, le perroquet et d’autres vous en diront plus.

Lecture : Actors Anonymous, de James Franco

Acteur, réalisateur, monteur, poète et écrivain, James Franco semble avoir décidé de pousser à l’extrême le cliché de l’acteur multi-casquettes. Tiens, je ne crois pas qu’il se soit essayé à la musique?

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L’auteur

Pour être tout à fait honnête, loin de faire partie de ses fans, je le trouve plutôt agaçant. Mais nous avons un point commun : il fait partie des quelques personnes encore plus obsédées que moi par River Phoenix. Quand il a tourné avec Gus Van Sant, il lui a demandé de visionner les rushs de My Own Private Idaho. En discutant avec lui, il a obtenu son accord pour tirer de ces heures de pellicule, non utilisées dans le film, deux longs métrages expérimentaux, dont l’un entièrement centré sur le personnage de River, Mike, et qu’il a baptisé My Own Private River (récemment projeté à la Cinémathèque de Paris dans le cadre de l’exposition Gus Van Sant, et avant ça, seulement montré dans diverses expositions. Des fans avaient lancé une pétition pour demander la sortie en DVD/Bluray, avant de découvrir que GVS y était opposé, et James Franco aussi). Il lui a aussi consacré un texte dans son recueil de poésies, « Directing Herbert White ». Et lorsque 2 auteurs demandent à des écrivains (dont lui, allez savoir ce qu’il fait là-dedans) de leur raconter leur premier « celebrity crush » (béguin pour une célébrité? Pas terrible comme traduction), c’est évidemment de River qu’il choisit de parler. Ce serait limite inquiétant s’il n’était pas mort.

Aussi, quand j’ai vu qu’il avait sorti un roman traitant des acteurs, je me doutais qu’il y mentionnerait River. Je ne me trompais pas : il y a carrément 4 poèmes parlant de lui dans un chapitre dédié. Cinq pages. Ça, c’est fait (je ne m’aventurerai pas à les commenter).

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Le roman

Le texte est bizarre : au lieu d’un roman classique, il s’agit d’un puzzle présenté sous la forme d’un guide de principes pour les apprentis acteurs, pour survivre à la machine à broyer les egos. Le narrateur évoque en seconde intention la volonté de partager avec le grand public ce qu’il a appris de la réalité des coulisses de Hollywood. Les chapitres portent chacun en titre un des principes édictés au début, qui dérivent apparemment de ceux des Alcooliques Anonymes. Ces chapitres racontent, souvent à la première personne, différents personnages et leurs histoires : une starlette, un acteur à succès, un loser en cure de désintoxication alcoolique…

La narration joue en permanence avec les a prioris du lecteur, qui peut y déceler, à tort ou à raison, des échos directs de la vie et la voix de Franco. A ce titre, les fragments sur l’acteur à succès qui profite de sa célébrité pour se trouver une (jeune) fan dans chaque -port- ville laissent songeur, quand on a eu vent de quelques rumeurs / débordements le concernant via la presse.

Il essaie de dégonfler les mythes autour de la machine à rêves d’Hollywood, et peut-être son propre melon. Le résultat est souvent glauque, parfois trash. Mais sans doute plus réaliste que les biographies aseptisées. Pour moi qui n’ait jamais trop fantasmé sur le quotidien des staaaars, rien de surprenant, sauf peut-être la mentalité de certains personnages. On pourra s’amuser à essayer de deviner si ses histoires sont celles de personnes réelles, et si oui qui. Mais sans être dans le milieu, je doute qu’on trouve ces clés de lecture là.

En conclusion

Un étrange objet littéraire, pas inintéressant, mais surtout pour qui s’intéresse à la psyché des gens de cinéma.

Informations pratiques :
Actors Anonymous
Auteur : James Franco
Editeur : Little A / New Harvest; Faber & Faber
(pas de version française pour l’instant)

Exposition : l’Ecran Japonais à la Cinémathèque Française

Cette exposition se trouve dans la galerie des Donateurs, au dernier étage de la Cinémathèque. Elle tient donc dans l’unique salle de cette galerie, et ne prendra pas plus d’une heure à visiter. En contrepartie, elle est visible avec un billet standard pour le musée (5 euros) et les photos sont autorisées. Respectant l’objectif de la galerie des Donateurs, l’exposition est en partie un hommage à deux donatrices qui ont beaucoup contribué à faire connaître le cinéma japonais en France, et à enrichir le fonds documentaire de la Cinémathèque : madame Kawakita et Hiroko Govaers.

Cinémathèque : l'écran Japonais

Sont présentés photos de tournage, affiches, quelques costumes dont deux beaux kimonos, et des dessins préparatoires de décor. Je découvre que beaucoup de réalisateurs font des croquis de leurs personnages et des costumes souhaités. Quelques extraits de classiques de Yasujiro Ozu, Nagisa Oshima, Kenzo Mizoguchi (Contes des Chrysanthèmes tardifs) sont projetés sur un mur. Les plus inattendus sont des documents sur les échanges entre Henri Langlois et des réalisateurs japonais, qui mettent en lumière comment celui-ci a oeuvré afin de faire connaître leurs oeuvres. Autre preuve de cette confiance : les lettres des représentants légaux de ces réalisateurs réclamant la restitution des dépôts prêtés une fois qu’Henri Langlois n’était plus à la tête de la Cinémathèque.

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L’exposition fait la part belle aux classiques, mais n’oublie pas le cinéma de genre, avec des affiches de films de monstres, de longs métrages d’animation (des studios Ghibli ou l’étonnant Belladonna) et de films-ovnis comme l’empereur Tomato Ketchup. Malgré les bonnes intentions manifestes, le résultat est un peu brouillon et peu didactique. Il ressemble plus à un catalogue désordonné de ce que possède la Cinémathèque sur le sujet qu’à une présentation en règle du cinéma nippon. Un peu dommage, d’autant que d’après le livre d’Or, beaucoup de scolaires la visitent. Le bon point, c’est que l’absence d’informations sur les films m’a fait noter plusieurs titres afin de me renseigner sur eux.

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Informations pratiques :
Cinémathèque de Paris
51 Rue de Bercy, 75012 Paris
(M) ligne 6 et 14, station Bercy.
Exposition L’Ecran Japonais
Du 14 septembre 2016 au 25 juin 2017
Tarif plein : 5 Eur.
Entrée libre le premier dimanche du mois

Mon logo phénix par le Tanuki

En cette année 2016 morose, je me suis offert un petit plaisir pour mon anniversaire : un logo personnalisé. Comme j’aimais bien son renard stylisé, dont je lui avais déjà commandé une version en transfert pour T-shirt et une autre pour coque de portable, j’ai donc demandé au Tanuki si elle pouvait me concocter un dessin de phénix dans le même genre.

Très réactive, elle m’a fait quelques propositions, et après quelques échanges et affinages du cahier des charges via MP sur Twitter (« plus rapace que féerique », éventuellement avec des flammes), elle a réalisé ceci :

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Vu que je n’avais pas trop réfléchi à l’usage que j’en ferai (et que j’avais la flemme de refaire l’habillage de mon blog), j’ai traîné plusieurs semaines voire mois avant d’enfin m’en servir. Mais pour clore cette année sur une note plus positive qu’elle n’a commencé (ce ne sera pas bien dur…), je me décide.

Pourquoi le Phénix? Inconstante comme je le suis dans mes goûts, c’est un peu le fil rouge qui me suit depuis très longtemps.
Entre les comics, avec les deux incarnations de Phoenix dans les X-Men:

Dark Phoenix by Gabriele Dell'Otto

Les dessins animés nippons, avec entre autres Ikki dans Saint Seiya :

saint seiya old

Le cinéma avec River Phoenix :

Arte magazine hebdo - River Phoenix

Et puis c’est un symbole à la fois d’espoir et, souvent, de pouvoir. Pour une control freak comme moi dont, tout bien pesé, le seul vrai rêve serait d’avoir des pouvoirs surnaturels de l’ampleur de ceux du personnage éponyme de comics… ça reste.

Mes aventures de fan : River Phoenix

Ainsi que je l’ai raconté dans l’article sur sa soeur Summer, j’ai découvert l’existence de River Phoenix à l’annonce de sa mort. Aussi je n’ai évidemment pas pu le rencontrer. Notez bien qu’encore à ce jour, une partie de moi est intimement persuadée que si on s’était rencontrés, on ne se serait pas entendus du tout, donc je ne sais pas si je dois le regretter. Et même s’il avait vécu, les probabilités qu’on se serait croisé pour autre chose qu’un échange de 10 mots comme avec Keanu Reeves sont infinitésimales.

Par contre, depuis son décès, pour quelqu’un que je n’ai jamais rencontré, il s’invite régulièrement dans ma vie. Non que je m’en plaigne. Je suis un peu hantée. Mais dans le bon sens du terme. Enfin, de mon point de vue. Il n’a pas l’air de s’en plaindre non plus. Il faut croire qu’il a plus d’humour qu’on ne le pense habituellement.

Petit best of. Avec une bande-son (en cliquant sur les titres des « chapitres »). Oui, j’invente l’article avec bande originale. Parce qu’outre son métier d’acteur, River était aussi (et surtout, si on parle de passion) musicien.

1. Allow me to introduce myself, I am a man of wealth and taste

(vous ne l’attendiez pas, celle-là, je suis sûre…)

Donc, j’ai découvert River à l’annonce de sa mort, qui m’a inspiré un commentaire fort peu charitable alors que je révisais mes cours de fac en écoutant la radio. Pourquoi je me souviens encore distinctement de ce moment, alors que toute la période « fac » de ma vie se résume à peau de chagrin dans ma mémoire, c’est un mystère.

C’est une amie qui m’a reparlé de lui quelques mois plus tard, avec à l’appui une coupure de journal télé sur du mauvais papier, en me disant que, s’il n’était pas mort, il aurait été pas mal pour interpréter un personnage de vampire qui m’avait tapé dans l’oeil dans un roman. J’ai regardé la photo, où il ne ressemble pas à grand-chose (oui, un point commun des objets de mon attention artistique est leur sens du style très, très personnel…) et probablement dit « Ah oui? Peut-être ». Pas le coup de foudre, donc.

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Le fait qu’il soit mort jeune, et d’une overdose, ne le gratifiait pas à mes yeux d’une aura romantique. C’était plutôt un handicap. Un gros. Mais cela faisait un moment que je passais en revue jeunes acteurs, chanteurs et mannequins à la recherche d’une tête pour dessiner le dit personnage, et aucun ne trouvait grâce à mes yeux. Pas assez beau, pas assez jeune, trop articifiel, et surtout l’air trop superficiel pour incarner un immortel ayant vécu des choses que peu de mortels traversent. Lui, il était jeune, il était beau, il sentait bon le sable chaud dégageait un truc particulier. Comme j’avais Internet à la fac, j’ai cherché davantage d’informations sur lui – autres photos, filmo, etc. A l’époque, le web balbutiait, on ne pouvait pas télécharger 15 films rares et les PDF de toutes les biographies piratées. On mettait déjà 5 mn à charger une pauvre photo scannée en définition toute pourrie.

Mais il y avait un site, notamment, qui hébergeait des articles de magazines. Les articles d’avant sa mort, décrivant un jeune homme brillant, idéaliste et anti-drogue, semblaient en contradiction avec les circonstances de sa mort. Ca m’intriguait. Comme je suis d’un tempérament de tête chercheuse qui aime bien comprendre, j’ai continué à creuser. Jusqu’à tomber sur un très long article biographique en anglais, qui m’a inspiré des sentiments contradictoires. Notamment le malaise de voir autant de choses privées pas forcément glorieuses déballées ainsi, l’interrogation de me demander si elles étaient vraies, comment je pourrais le savoir un jour puisque je n’avais pas de source proche de lui – et que de toute façon il semblait avoir assez bien réussi à dissimuler ses vies parallèles à ses proches.

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En contrepoint, une espèce d’angoisse qui m’est tombée dessus comme le parpaing de la réalité sur la tartelette aux fraises de mes illusions – mais ne semblait pas mienne. Sentiment très bizarre. Dissonance cognitive ou dissociation. Un genre de « Choquée? Tu vas laisser tomber? » cynique et désespéré à la fois.

Je n’ai pas laissé tomber.

Il m’a fallu un moment pour digérer, mais c’est depuis cet instant que je suis hantée.

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Cinéma : Le Chasseur et la Reine des Glaces

L’histoire

Avant l’histoire de Blanche-Neige, les personnages ont vécu d’autres choses. On découvre ici Freya, la soeur de Ravenna la méchante reine sorcière, et les origines du Chasseur (Eric). On découvre aussi sa femme Sara (jouée par Jessica Chastain). Je n’en dirai pas plus pour ne pas déflorer l’intrigue.

Je n’avais pas été transcendée par Blanche-Neige et le Chasseur, première tentative de moderniser les contes de fées en retrouvant la sauvagerie des originaux. La faute à un scénario accumulant les invraisemblances et les effets de manches inutiles, et à des images certes léchées, mais abusant des filtres jusqu’à l’overdose. Et à un sentiment diffus que le film avait pour objectif de faire oublier la réputation (totalement justifiée) de sexisme des versions animées pour enfants de Disney (également producteur de toute la série des Maléfique, Cinderella etc).

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Et donc, vous demandez-vous, pourquoi payer 7,20 eur pour voir la suite alors que Kristen Stewart n’a même pas voulu jouer dedans? (ou coûtait trop cher, je ne sais pas). (oui j’aime bien Kristen Stewart, bien que j’ai eu bien du mal à supporter le peu que j’ai vu de Twilight quand c’est passé à la télé. Ne confondons jamais le message et le messager).

Il y a à cela 4 raisons:

Charlize Théron. J’aime encore plus Charlize Théron que Kstew.

– de jolis visuels – comme le premier.

– il a plu tout le week-end.

– la bande annonce promettait une Reine des Neiges avec un gros budget d’effets spéciaux. Étant une grande fan d’Elsa (j’ai même recommencé à regarder Once Upon a Time le temps de son featuring dans la série), j’étais curieuse de voir comment ils avaient interprété le concept. Je suis consciente que ce n’est pas censé être le même personnages du tout, mais visuellement, il y a quand même une grosse inspiration – jusqu’au fard à paupières violet…

Mon avis

De ce point de vue, je n’ai pas été déçue.

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Cinéma : The September Issue 

The September Issue, c’est le numéro de septembre, le plus important de l’année pour le magazine Vogue : celui qui va décider des tendances de l’année, pour les femmes américaines (1 sur 10 lit ce numéro) mais aussi pour le reste du monde. Si Vogue US promeut que cet hiver, la veste est de retour, elle sera de retour.

En 2006, Le Diable s’habille en Prada nous faisait détester Miranda Priestly, largement inspirée d’Anna Wintour, rédactrice en chef du Vogue US depuis 1988. Le film avec Meryl Streep est adapté du roman éponyme écrit par Lauren Weisberger, qui fut l’assistante d’Anna Wintour. Elle nie que ce soit un roman à clé sur cette expérience, mais sa Miranda a beaucoup de points communs avec l’image que se font les gens d’Anna Wintour.

En 2009, ce documentaire de R. J. Cutler nous la fait aimer.

the september issue

Anna Wintour a de nombreux surnoms, et la plupart mettent en avant son emprise sur le monde de la mode, qui s’étend bien au-delà de son magazine. Dans ce documentaire et ses suppléments, on la voit conseiller un jeune créateur comme consultant à une marque de prêt-à-porter espagnole qui en cherchait un. Des gens de l’Oréal viennent la prier de demander à des créateurs de créer une robe portant le même nom que leur futur nouveau rouge à lèvres. Ou mieux, lors de la réunion des annonceurs au Ritz de Paris, le PDG de la chaîne de grands magasins Neiman Marcus lui demande de parler aux créateurs de leurs délais d’approvisionnement (et de fabrication) trop longs, qui font qu’ils n’ont pas les vêtements en magasin au moment où Vogue en fait la publicité. Elle en sourit, arguant qu’elle ne peut pas conduire les camions, mais le message passe. Elle et son staff préparent aussi le programme de leurs articles sur les candidats à la présidentielle américaine, et s’ils se demandent s’ils pourront être accusés de favoritisme, le fait est que le poids du magazine le rend influent.

Anna Wintour a aussi une réputation de froideur et de ne jamais sourire. Pourtant, dans ce documentaire, elle sourit souvent, se montre encourageante auprès de jeunes créateurs (qui sont très nerveux en sa présence). Elle se confie aussi un peu. Son père était un journaliste britannique connu et respecté. Ses frères et soeurs travaillent dans le droit ou l’humanitaire, et elle dit qu’ils doivent trouver son travail futile. Sa fille a elle aussi choisi le droit au lieu de suivre ses traces, ce qu’elle semble regretter.

Anna Wintour anim

Bien sûr, le film ne cache pas qu’elle a effectivement le dernier mot sur ce que contient le magazine, sabrant dans les résultats des coûteuses séances photos si elle ne trouve pas l’ensemble cohérent. Ses décisions semblent arbitraires à ses collaborateurs, et elle ne mâche pas ses mots.

Le documentaire nous montre d’ailleurs aussi le travail de ses collaborateurs, parmi lesquels André Leon Talley, rédacteur extravagant à la personnalité aussi king size que le physique (il doit faire pas loin de 2m et n’a pas la taille mannequin), et surtout la talentueuse Grace Coddington, ex-mannequin, qui conçoit la plupart des photoshoots de Vogue depuis une vingtaine d’années. Un motif récurrent du documentaire est l’élimination progressive par Anna Wintour des clichés préférés de Grace de la maquette du numéro de septembre. Quand on voit les clichés refusés, d’ailleurs, on a envie de demander à un éditeur de les publier dans un beau livre…

Dans les suppléments, le réalisateur confesse qu’il ne fait pas partie du monde de la mode mais que c’était un avantage, car il a pu faire le portrait d’enjeux réels sans être ébloui par la gloire de tel ou tel. Pour lui, ce documentaire est avant tout un film sur le travail, et sur la relation entre Anna Wintour et Grace Coddington. C’est une bonne description. Même si vous ne raffolez pas de la mode, vous apprendrez des choses en regardant ce documentaire. Et si vous vous y intéressez un tant soit peu, vous serez ravi d’y voir créateurs et rédacteurs en coulisses.

Petit bémol: les sous-titres parfois approximatifs dans les suppléments. Karl Lagerfeld dit à Anna qu’il faudrait ouvrir une boutique spéciale pour éviter aux gens qui paient le prix fort croisent ceux achètent en soldes, et que les soldes c’est dégradant. Toute la tirade traduit »sales » par ventes au lieu de soldes…