Exposition : Jodorowski’s Dune à la French Paper Gallery

La French Paper Gallery, près du musée des Arts et Métiers est spécialisée dans le « geek art ». A l’occasion de la sortie du DVD du documentaire sur l’adaptation jamais achevée du Dune de Frank Herbert par Alejandro Jodorowski, il était logique qu’ils consacrent une brève (une semaine) exposition à ce monument de la science-fiction.

Au menu : les illustrations et esquisses réalisées par H.R. Giger pour définir les concepts visuels de Giedi Prime, la planète des Harkonnen – ça lui allait bien… et ce n’est pas pour tous les yeux. Les images sont accompagnées d’explications de l’auteur, à la fois sur les circonstances de la création (on sent qu’il a peu apprécié la maigre rétribution au vu du budget colossal prévu pour le film, et le traitement cavalier de son art). Des documents – affiches prévues pour promouvoir le film, etc.

Le gros de l’exposition était consacré à des tableaux et dessins réalisés tout exprès par des illustrateurs contemporains, et qui sont également reproduits dans le livret de l’édition collector du DVD. Je salue l’initiative, mais clairement certains ont été plus inspirés que d’autres. Déjà, et en particulier (mais pas que) chez les français, beaucoup avouent n’avoir jamais lu Dune. Comme ça, cash, sans honte. L’hommage en mode YOLO. Au mieux ils connaissent le film de David Lynch, et au pire ils ont seulement entendu parler du projet de Jodorowski – sans doute parce que celui-ci est aussi scénariste de BD, et parce que Moebius était impliqué dans le projet. Alors pour cirer les pompes de Jodorowski, ça y va, mais pour la pertinence derrière des oeuvres, on y perd… car certains font plus dans l’hommage à Moebius ou à l’Incal.

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Reverend Mother Helen Gaïus Mohiam par Guy Davis

Heureusement, il y a aussi ceux qui non seulement ont lu Dune, mais qui ont été autant marqués que moi par cette lecture. Ce qui donne entre autres cette très impressionnante Révérende Mère Helen Gaius Mohiam présentant la Boîte à Paul Atreides, par Guy Davis. Un baron Harkonnen répugnant par Ladrönn. Un ver issant sur fond de désert rougeoyant signé Bill Sienkewicz (que j’avais découvert quand il travaillait chez Marvel, notamment sur les Nouveaux Mutants et Elektra). Une belle affiche de ce qu’aurait pu être le film par Antoine Carrion. Et une évocatrice Sainte Alia du Couteau par David Mack (qui a lui aussi travaillé sur Daredevil chez Marvel, mais dont l’oeuvre phare est plutôt Kabuki), dont j’aurais bien acheté un tirage sauf qu’ils ne vendaient que l’original, à 5000 Eur. Gloups.
Heureusement, comme je n’étais pas la seule à me montrer intéressée, un tirage en édition limitée de print à 35 Eur a été éditée.

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Sainte Alia du Couteau par David Mack

De toute façon, si on en est aux opinions hérétiques (de Dune), je fais partie de ceux assez contents que le film ne se soit pas fait. Déjà parce que embaucher Dali comme acteur, à prix d’or de surcroît, méritait au minimum un naufrage. Et j’ai bien décelé des influences du projet sur des oeuvres ultérieures de Jodorowski, mais assez pour préférer qu’il les aient gardées dans ses travaux à lui.

Vendrediff de l’Avent

Vendrediff, ce sont les rediff du vendredi. Parce que c’est la fin de l’année, l’heure est aux rétrospectives et aux courses aux cadeaux. Et autant vous renvoyer vers les articles que vous avez peut-être raté.

Ici en particulier, plutôt que me répéter en me créant un marronnier, j’avais l’an dernier floodé mes lecteurs doublé mes articles habituels d’un « calendrier de l’Avent des idées de cadeaux« . La plupart sont encore valables, en tout cas dans les thèmes :

Geek geek2

avent_sw_coloriage

(vus cette année dans les livres de coloriage pour adultes : Harry Potter / Les Animaux Fantastiques – chez WH Smith notamment -, et le disque-monde de Terry Pratchett illustré par Paul Kidby, aux toujours excellentes éditions l’Atalante)

Cocooning Cocooning2 Cocooning3 (vue que cette année encore, les marques redoublent d’idées)

BD (pour les fans de chat); BD2 (pour les stagiaires exploités); BD3 (pour tout ceux qui veulent comprendre pourquoi il y a des stagiaires exploités)

yatuu

Papetophile

Arts créatifs

Pour avoir des cadeaux vraiment personnalisés, rien de tel que les artisans qu’on peut maintenant contacter en ligne! Pour parler de deux personnes dont j’ai vu et apprécié le travail :

Le Tanuki, qui réalise des étoles, trousses, cartes postales d’inspiration japonaises, ainsi que des stickers à motif geek. Le plus? Elle peut aussi décliner les motifs suivant vos lubies. Par exemple, à ma demande, elle a adapté son motif de kitsune (le renard magique japonais, également emblème de Babymetal) en transfert pour T-shirt pailleté flashy (ma photo est pourrie, mais c’est juste la photo :o) :

kitsune tanuki tshirt

Ou en sticker pour téléphone :

tanuki_carte_portable

Elle m’a aussi créé un fort joli logo, que, grande procrastinatrice devant l’éternelle (Bastet?), je n’ai pas encore pris le temps de mettre en ligne pour customiser mon blog… Oups! ^^ Vous le découvrirez donc un autre jour (parce que bon, il mérite bien un article pour lui tout seul!). N’hésitez donc pas à la contacter directement.

Dans un style différent, Croc’Odile Créations fabrique à la main des sacs à main en skaï, avec une grande variété. Et comme le Tanuki, elle peut adapter ses créations à vos souhaits de couleurs, matières, motifs… Découvrez ses créations sur sa page Facebook, ou dans les marchés créatifs en région parisienne où elle est de plus en plus présente.

crocodile_sac papillon

Sac et pochette Papillon

Bonnes oeuvres

Après le Galactic Pingouin de l’an dernier, la peluche de cette année vendue par Sephora au profit de l’association Toutes à l’école est Mister Carotte. Et si vous voulez faire une double bonne action, après l’avoir acheté, offrez-le donc par exemple à l’association Main dans la Main, qui oeuvre à améliorer le quotidien des enfants hospitalisés.

Exposition Didier Graffet: Effluvium par Daniel Maghen – Espace Commines

J’ai découvert le travail de Didier Graffet en couverture de l’excellente série de romans de la Compagnie Noire par Glen Cook, aux éditions l’Atalante (excellentes aussi). Je fais partie des 12 personnes en France imperméable à Games of Thrones, mais apparemment c’est aussi lui qui illustre leur édition française. Je ne sais plus comment j’ai appris que cette brève  exposition aurait lieu, sans doute via une des librairies fantastiques que je suis sur les réseaux sociaux. Mais c’était une bonne occasion de voir des originaux.

Didier Graffet excelle dans le steampunk (genre réinventant le passé récent si la science avait favorisé la vapeur au lieu de l’électricité), ayant manifestement un goût prononcé pour les navires (volants), les grosses machineries et l’architecture 1900. Son sens du détail y fait merveille, rendant crédible des scènes fantastiques d’affrontements quasi-mythologiques. La  plupart des tableaux exposés sont des acryliques sur bois. En vrai et en grand format, c’est encore plus bluffant qu’en reproduction.

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(D’habitude je ne mets pas de gros tag moche en travers de mes photos, juste un petit en marge, mais là j’ai un peu peur que l’artiste ne se fasse piquer ses oeuvres. Parce que même en petit format, elles dépotent. Donc j’ai pris les devants).

Sont aussi exposées 3 maquettes, dont une du Nautilus du Capitaine Nemo, où le socle est lui aussi une oeuvre d’art. Une voiture volante et une grosse loco victorienne, ainsi que leurs plans, complétaient l’îlot central.

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Mais j’avoue avoir craqué pour la dernière pièce, un peu cachée sous la galerie, Troie, qui n’est pas une peinture mais un vitrail peint rétro-éclairé (co-réalisé avec la vitrailliste Emmanuelle Andrieux Lefèvre). Jugez ci-dessous. Elle évoque plus l’Art Nouveau, pour le coup. Je peux lancer un financement participatif pour me le faire offrir? 6 000 Eur, pas chère l’applique murale.

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L’exposition ne durait que jusqu’au 6 novembre, mais une partie tableaux (hors ceux vendus, et faute de place, sans doute pas tous en même temps) seront exposés à la galerie Daniel Maghen du 9 au 26 novembre. Les prix vont de 5 000 Euros pour les « petits » (qui font déjà 2-3 feuilles A4) à 30 000 Euros pour les plus grands (100x130cm). Il n’y a pas de catalogue : après celui de l’exposition précédente il y a 2 ans (De Vapeur et d’Acier), la galerie Daniel Maghen a préféré plancher sur un artbook qui devrait sortir en 2017. En revanche, il y a des affiches cartonnées à 20 Eur (deux modèles), et un carton d’invitation très beau.

Pour ceux qui l’ignorent, la galerie Daniel Maghen s’est spécialisée dans la vente et l’exposition d’artistes issus de la bande dessinée et de l’illustration. Il y a fort fort longtemps, j’avais acquis une très jolie fée de Béatrice Tillier en lithographie, signée en leurs locaux.

Informations pratiques :
Exposition Didier Graffet du 9 au 26 novembre
Galerie Daniel Maghen
47 quai des Grands Augustins (M) Saint-Michel
Du Mardi au Samedi de 10h30 à 19h00

 

Concours Philippe Ebly : les résultats

Ta-daaa! Il est l’heure d’annoncer les gagnants de mon concours Nostalgeek pour faire gagner des tomes des séries de science-fiction pour ado de Philippe Ebly, devenues introuvables après avoir bercé les enfances de beaucoup. C’est un peu l’Ecole des Fans : vu qu’il y avait autant de participants que de romans à gagner, plutôt que de tirer au sort j’ai essayé de contenter tout le monde au mieux.

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Et les grands vainqueurs sont donc :

Les Conquérants de l’Impossible :

– L’éclair qui effaçait tout => Thierry Joffredo

– La grande peur de l’an 2117 => LadyButterfly

– L’ordinateur qui semait le désordre => Kik des Lectures de Kik

Les Évadés du Temps

– Volontaires pour l’inconnu=> Véro

– Objectif: nulle part => Mayia

 

Merci de m’envoyer vos coordonnées par MP sur Twitter ou Facebook, car apparemment l’adresse email que j’ai fournie a un « petit problème » (merci Orange…).

(en rappelant bien votre pseudo, pour ceux qui en ont un)

Ecole des fans

Concours Nostalgeek : la science-fiction YA de Philippe Ebly

Je combine cet épisode de Nostalgeek avec la 3e édition de l’opération : « Le 1er septembre, j’achète un livre de SFFFH francophone (3ème édition) » .

1er-septembre-2016

Je suppose qu’on est de nombreux lecteurs à avoir grandi avec la Bibliothèque Rose puis la Bibliothèque Verte des éditions Hachette. Avec les aventures de Oui-Oui, pour les débuts de lecture, puis Fantômette*, le Club des 5 (Michel Pagel en a même écrit une suite glaçante publiée cette année, « Le Club »), Langelot l’espion au visage trompeur de chérubin…

Étant depuis toujours plus attirée par les histoires extraordinaires que celles censées me rappeler mon quotidien **, j’ai vite découvert les séries de fantastique et de science-fiction jeunesse d’un auteur belge, Philippe Ebly.

J’en suivais deux en particulier :

Les Conquérants de l’Impossible

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Serge, le blond, fils d’un scientifique dont un ami qui  les héberge découvre par hasard un moyen de voyager dans le temps. Son premier voyage, involontaire, en Rome Antique, était comme une balade dans un volume de « La vie quotidienne au temps […] » insérez ici l’époque choisie.

On le découvre flanqué de Xolotl, un jeune Indien du Mexique adopté par son père. Dans un autre roman, ils ramènent du Moyen Âge Thibaut, fils de châtelain – qui est « ramené » du passé en quelque sorte par décongélation de l’azote liquide dans lequel il était tombé. Hibernatus en jeune.

Tardivement, Serge et sa bande rencontrent dans le futur la jolie Souhi, voyageuse temporelle également, mais venue d’un lointain futur. Les circonstances l’empêchent de rentrer chez elle, et plutôt que de rester à l’époque où ils se rencontrent, qui est en pleine régression barbare, elle rentre avec eux à notre époque. Elle rejoint l’équipe de voyageurs, se révélant un allié de choix, à l’instar de Laureline dans las aventures de Valérian.

Une touche de féminité bienvenue, parce que rétrospectivement, c’est vrai que ces romans laissaient peu de place aux personnages féminins… On en croisait bien quelques uns, plutôt positifs, mais jusqu’à Souhi, c’était des personnages secondaires.

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Post-scriptum : libraire de ma jeunesse

Je vous parlais brièvement mardi de la libraire qui tenait la librairie spécialisée dans le fantastique que je fréquentais ado à Toulouse, Ailleurs. On n’était pas très proches (je me suis arrangée mais je suis plutôt ours quand je ne suis pas hamster…), mais j’appréciais sa boutique, le fait qu’elle essaie de mettre en avant ses coups de coeurs, de personnaliser ses conseils. Le genre de libraire qui vous donne envie d’aller acheter en librairie. C’est bien après, en y repensant, que j’ai découvert son nom, Cathy Martin, en voyant qu’en 2011, elle avait eu les honneurs du dossier Libraire du site Actusf. Vous pouvez donc lire sa très instructive et drôle interview sur son métier ici :

http://www.actusf.com/spip/Dossier-Libraire-Album-a-Toulouse.html

Bonne nouvelle (?) : cela fait longtemps que je n’ai plus l’occasion de retourner à Toulouse, mais si j’ai bien compris, ce n’est plus Album qui est à la barre, et la librairie Bédéciné a retrouvé son nom et son enseigne.

Et Cathy y officie encore, si j’en crois le blog de la librairie :

Avec le dernier Roman du Disque-Monde, Du Bonus chez Bédéciné

Bon, moi je faisais partie des clients anonymes, n’étant guère causante à l’époque, mais je voulais lui tirer mon chapeau ainsi qu’à l’équipe de Bédéciné (que je fréquentais aussi). Gràce à eux, le paysage culturel Toulousain est resté fantastique.

Tant que je suis dans les considérations sur les métiers du livre :

Non à la précarité des correcteurs dans l’édition : signez la pétition sur http://correcteurs-wesign.it/fr via @wesignit

Nostalgeek : fan de Star Wars, certes, mais lequel? (2)

(première partie ici)

J’ai aussi lu quelques uns des romans de l’Univers Étendu, pas beaucoup, mais ceux qu’il fallait, si je puis dire: essentiellement la trilogie Thrawn, écrits par Timothy Zahn (récemment rééditée en un volume, et qui avaient fait l’objet d’une belle adaptation en BD dessinée par le français Olivier Vatinen, dessinateur d’Aquablue). Ces romans ont été, durant presque 20 ans, la suite officielle des films. Jusqu’à ce que Lucas vende son oeuvre et son âme à Disney. Elle met en scène nos héros peu après la chute de l’Empire, dans les années frustrantes où les combattants de la liberté essaient de mettre en place une Nouvelle République en lieu et place de la dictature.

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L’empire étant vaste, il reste des poches de résistance contre la Nouvelle République, des armadas entières même, et la plus dangereuse est commandée par le Grand Amiral Thrawn. Un méchant éminemment réussi, autrement plus original et intéressant que le Voldemort du pauvre du Réveil de la Force. Un Amiral intelligent, qui par exemple, étudie la culture des peuples pour les vaincre. Un Machiavel à la peau bleue. Un équivalent galactique du Patricien d’Ankh-Morpork, le tyran du Disque-Monde inventé par Terry Pratchett. Franchement, il avait autrement plus de panache et exsudait une menace bien plus glaçante que Kylo « Biactol » Ren ou que son maître.

Il est à noter que cette série de romans amenait également à Luke une compagne à sa hauteur, en la personne de Mara Jade, dite la Main de l’Empereur. Une jeune femme formée à l’usage du Côté Obscur de la Force, qui exécutait des tâches (et des gens) pour le compte de l’Empereur de façon secrète. Jusqu’à ce que Luke Skywalker retourne Dath Vader contre l’Empereur et qu’elle perde ainsi son mentor. Elle s’était reconvertie dans la contrebande, où ses talents de combattante étaient bien utiles. Après des débuts houleux, elle et Luke ont formé un couple solide.

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Mara Jade par Carlos Ezquerra

L’annonce que la nouvelle suite officielle ne suivrait pas les livres a entraîné une vague de protestations, notamment parce qu’elle renvoyait au néant Mara Jade, devenu un personnage fétiche pour beaucoup, aussi importante que ceux des films (pour vous dire : même moi je l’aimais bien, malgré mon gros béguin pour Luke à l’époque où j’ai lu la trilogie – il y a prescription, j’étais jeune).

C’est peut-être pour ça que je trouve Rey un peu fade.

Heureusement, malgré la sortie du nouvel opus filmé, la trilogie Thrawn est récemment ressortie en un seul gros volume chez Pocket dans la collection « Star Wars – Légendes – L’intégrale ».
L’intégrale, Tomes 7-9 : La croisade noire du Jedi fou

Le comics dont est tiré le dessin ci-dessus est également paru en français aux éditions Delcourt, dans la collection Légendes : le côté obscur (tome 6).

Une bonne occasion pour vous de découvrir des personnages devenus quasiment aussi importants, pour les fans de l’univers étendu, que ceux de trilogie d’origine.

Pour en savoir plus sur l’Univers Etendu des romans, dont je ne sais finalement pas grand-chose d’autre, je vous renvoie au dossier très complet que mon confrère Lost in Chapter 13 lui a consacré :

L’Univers Etendu de Star Wars, 1e partie 

L’Univers Etendu de Star Wars, 2e partie

Nostalgeek : fan de Star Wars, certes, mais lequel? (1)

On peut dire que je suis fan de Star Wars. Enfin, moi, je le dis volontiers. La définition de fan étant hautement volatile, cela dit, je ne suis pas sûre que tout le monde serait d’accord.

A y réfléchir, comme je l’ai fait lors de la sortie des précédents films de la Guerre des Étoiles (la deuxième trilogie), pourquoi suis-je si attachée à cet univers? Certes, j’ai adoré le Retour du Jedi, le premier que j’ai vu au cinéma, à l’époque de sa sortie. J’avais même l’album Panini (je l’ai toujours, en fait). Ensuite, j’ai vu la première trilogie plusieurs fois, au gré surtout de ses passages à la télé et de mes VHS enregistrées à ces occasions. Mais je ne suis pas vraiment portée à visionner un film de moi-même tous les deux mois.

star wars panini

Maisooooon! Bon, il a un peu vécu…

J’ai deux trois babioles de merchandising, rien de cher ni d’encombrant. J’ai jeté il n’y a pas si longtemps deux jouets de l’époque, un A-wing et un X-Wing auquel manquaient les canons. Que je gardais par pur atavisme de hamster qui ne jette rien, et fidélité dérisoire envers un fandom qui ne m’occupait pourtant pas tant que ça. Et en me disant que ça serait peut-être « collectible » un jour, mais pour ça, il aurait fallu ne jamais y avoir joué, ne pas avoir perdu les stickers et les parties amovibles. J’ai aussi un beau livre de l’art officiel de l’Attaque des Clones, cadeau de pot de départ de mes collègues d’une année – gentille attention personnalisée (et pourtant, j’essaie de ne pas trop étaler ma geekitude au bureau car elle m’a joué des tours, mais… des fois, ça se voit quand même).

En fait, une bonne partie de mon attachement est imputable aux comics que j’ai commencé à lire à peu près à la même époque. Lug, la maison d’édition lyonnaise qui publiait en France les titres phares de Marvel, publiait également leur série sur Star Wars, dans le mensuel Titans. C’était une série officielle, tamponnée du sceau de Lucasfilm, même si depuis Lucasfilm l’a désavouée et exclue du canon, comme tout le reste de « l’univers étendu ».

boite comics

Curieusement, j’ai vérifié : mon premier numéro de Titans date de quelques mois avant la sortie en France du Retour du Jedi. Je ne me souviens pas si je connaissais les films avant. La science-fiction, ce n’était pas très à la mode en ce temps-là, et on n’en voyait guère à la télévision à part dans l’émission des frères Bogdanov. J’aimais ça, mais je trouvais essentiellement mes « doses » à la bibliothèque, ou dans les séries télés et dessins animés qui s’y rattachaient (Goldorak, Albator, San Ku Kai, Cosmos 1999, la Twilight Zone…).

Mais je sais que le fait d’avoir une dose mensuelle de Star Wars a forcément contribué à ce que je m’attache à cet univers et à ces personnages. Les films n’avaient eu que 3 fois deux heures pour les développer. Ce n’est pas beaucoup pour un univers entier. Les comics leur donnaient plus de temps pour évoluer, interagir, étoffer le long travail de la Rébellion pour trouver des alliés ou lutter contre les plans de l’Empire. Même si leur amitié était déjà tangible dans les films, elle est renforcée dans leurs aventures racontées en comics.

 

Il y a de grandes ellipses temporelles dans les films, dont on n’est pas forcément conscient faute de panneaux indiquant l’année ou la durée écoulée. Après la bataille de Hoth et avec leur hyper-propulsion en panne, Han Solo et Leia mettent un certain temps à rejoindre la Cité des Nuages de Lando Calrissian sur Bespine. Temps durant lequel Luke suit l’entraînement de maître Yoda. Entre la fin de l’Empire Contre-Attaque et le début du Retour du Jedi, on ne sait pas combien de temps Leia et ses amis ont cherché Solo. D’après la chronologie officielle, il s’est passé 4 ans entre la destruction de la première Etoile Noire et la fin du Retour du Jedi. Dans le comics, il y a eu trois ans d’épisodes mensuels. Certes, pas en temps réel, mais on voit bien que le Luke du début du Retour du Jedi est plus posé et plus avancé dans sa formation que le jeune homme encore impulsif du deuxième opus (outre le fait que les acteurs ont tous vieilli de 3 ans). Trois ans durant lesquels Luke, Leia, Chewbacca et Lando se relaient pour suivre différentes pistes, quand la lutte contre l’Empire leur en laisse le loisir.

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Lumiya, un Nagai et un rebelle. Source : Star Wars Wikia http://starwars.wikia.com/

Les comics aussi ont créé leur comptant de personnages attachants ou passionnants. Parmi eux, une petite amie pour Luke, Shira Brie, une pilote rebelle sympathique… Jusqu’à ce que Luke la descende par erreur, au cours d’un combat spatial opposant des rebelles dans des chasseurs impériaux volés à des vrais. Jugé, Luke cherchera à comprendre pourquoi la Force l’avait incité à tirer, et découvrira qu’elle était une espionne de l’Empire chargée de l’abattre ou de le discréditer. Sauvée de justesse par l’Empire, Shira reviendra bien plus tard dans la série, après le Retour du Jedi, sous les traits de Lumiya, cyborg haineuse reprochant à Luke la perte de son humanité. Car pour la sauver, Darth Vader l’a transformée à son image, et son corps est à moitié robotique.

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Source : Star Wars Wikia http://starwars.wikia.com/wiki/Dani

Il faut croire que les Skywalker et vauriens s’attirent, car une autre jeune femme tourne régulièrement autour de Luke : Dani, membre d’un groupe de trois contrebandiers plus ou moins amis et rivaux de Han Solo, avec l’humain Rik Duel et un cousin de Greedo. Dani est une Zeltronne, et ces humanoïdes à la peau rouge ou rosée sont des hédonistes, empathiques, qui de surcroît peuvent dégager des phéromones pour augmenter leur pouvoir de séduction. Leia elle-même eu quelques démêlés amusants avec des Zeltrons mâles, car il semble que quelque chose chez les Skywalker les attire particulièrement. Néanmoins, c’est vers Kiro, un jeune humanoïde amphibie à la peau jaune qui rejoint l’Alliance après que sa planète ait été attaquée par l’Empire, que Dani se tourne finalement. Leur liaison tournera malheureusement court quand Kiro sera porté disparu après une bataille – qui marqua aussi le dernier épisode de la série paru en France, hélas. (j’aimais bien Kiro, il était choupi dans son genre).

Donc quand les poinpoins de la musique de John Williams résonnent, ce ne sont pas seulement les images des 3x2h des films qui me reviennent en tête, mais aussi ces heures de lecture dans l’univers étendu du comics Marvel, avec tous ces personnages auxquels je m’étais attachée, y compris ceux qui n’existaient pas dans les films…

Pourquoi Terry Pratchett était un génie de l’écriture

Il y a un an, Sir Terry Pratchett rejoignait la Mort.

J’ai été étonnée que son décès fasse l’objet de mentions aux journaux télévisés, mais on le devait essentiellement au « buzz » sur Internet que cela a suscité, en particulier à l’étranger. D’habitude, je déplore cette nouvelle manie des médias nationaux et généralistes de faire un gros titre de l’actualité de la dernière vidéo virale du cochon qui danse ou de la mamie qui fait du deltaplane. Mais là, je m’en suis réjouie.

Les romans de Terry Pratchett faisaient partie des best-sellers, en France comme dans beaucoup de pays, même s’ils étaient confinés au style fantastique, traditionnellement méprisé dans notre pays. La situation a un peu changé avec le succès des films du Seigneur des Anneaux, mais on est encore loin d’espérer voir un auteur de fantastique recevoir le Goncourt.

Et pourtant.

Terry-Pratchett

La grande oeuvre de Terry Pratchett, c’est sa (longue) série du Disque-Monde. Des romans indépendants les uns des autres, quoique certains se suivent, et suivent des personnages récurrents. Leur point commun est de se dérouler dans le décor fantastique du Disque-Monde, qui est, comme son nom l’indique, non une planète sphérique, mais un monde plat. Un disque de roche gigantesque, posé sur le dos de quatre éléphants monumentaux, eux-mêmes se tenant debout sur le dos d’une tortue cosmique (nommée A’Tuin).

Ah, je sens que j’en ai déjà perdu quelques-uns, qui se disent « C’est quoi cette ânerie? ».
C’est un postulat de départ. Un peu loufoque, je vous l’accorde. Quelque part dans les dizaines de milliers de page de l’oeuvre, l’existence du Disque-Monde est justifiée par le fait que « même les courbes de probabilité doivent se finir quelque part ».

Sir Terry Pratchett était sujet britannique. Si l’humour parfois non-sensique n’est pas votre tasse de thé, ses romans ne le seront sans doute pas. C’est dommage.

Parce que sous les histoires d’éléphants planétaires, de lumière lente poisseuse (à cause du champ magique très puissant du Disque-Monde, qui la ralentit), de 8e couleur (l’octarine, couleur de la magie) et de Bagage caractériel qui se déplace tout seul sur une centaine de petites jambes, peu d’auteurs ont aussi bien disséqué le monde moderne (ou pas si moderne), et la nature humaine dans son ensemble. Le tout avec humour et avec style, avec un cynisme pourtant teinté d’espoir en l’humanité (et la trollité, et la nanité, et même la gobelinité…).

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Cinéma : Star Wars : le Réveil de la Force

J’ai attendu un mois pour en parler, afin de pouvoir me lâcher sur les spoilers.

Donc ALERTE, SPOILERS CI-DESSOUS.

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Étant une fan de la Guerre des Étoiles, j’attendais ce nouvel opus. Étant une fan déçue par la trilogie de prequels, je ne l’attendais pas avec une impatience démesurée. Chat échaudé craint l’eau froide (chat craint l’eau, de toute façon, il est idiot ce proverbe). Je n’avais pas guetté les infos filtrant sur le making off.

En 1999, quand la Menace Fantôme était sortie, j’étais allée le voir à Londres, où il sortait le 14 juillet (!) alors que la France devait attendre le 13 octobre pour le voir. In English, à l’Odeon de Leicester Square. Parce qu’il était hors de question d’attendre alors que ça passait si près, et que je me fasse spoiler avant de le voir (oui, j’étais déjà pas mal active sur Internet à l’époque, et sur des sites anglophones).

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Je ne regrette pas l’expédition, c’était mon deuxième voyage à Londres et j’en ai bien profité par ailleurs (un petit tour au British Museum, etc). Le film, lui, m’avait moins emballé que prévu. J’en garde surtout le souvenir que les considérations du blocus économique du début du film, in English in the text, c’était un peu ardu. Que les prix des billets de cinéma à Londres étaient prohibitifs. Et que les Anglais sont bruyants et font tomber du popcorn partout.

Ici, loin de réserver mon billet 2 mois à l’avance, et parce que je n’avais pas non plus envie de faire la queue des heures, j’ai attendu mes congés de Noël pour aller le voir en semaine, en journée, plusieurs jours après la sortie. La salle était bondée quand même. Et ce qui me motivait le plus à y aller, c’était de revoir la vieille équipe – Luke, Leia, Han, et même la carpette ambulante (mais je suis partiale aux acteurs qu’on voit. Les robots et les wookies, on pourrait mettre n’importe qui dedans, alors ce n’est pas pareil).

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