Idée cadeau (3) : les romans des auteurs auto-édités interviewés sur le blog

Je continue mes suggestions d’idées cadeaux avec l’évocation des sujets traités sur le blog cette année. J’ai particulièrement apprécié de pouvoir interviewer des auteurs s’étant lancés dans l’auto-édition, afin de partager leur expérience riche en enseignements : sur tous les aspects que doit prendre en charge l’auteur dans cette aventure, mais aussi sur leurs méthodes d’écriture, leurs influences.

Je ne dis pas ça parce que c’est publié sur mon blog, mais je suis super fière de ces articles 😉 (et je le dis sans m’en attribuer le mérite vu que ce sont leurs réponses qui en font l’intérêt).

En suivant les liens suivants, vous pouvez donc découvrir ces auteurs et leurs oeuvres. Allez donc voir si certaines feraient de bons cadeaux sous le sapin! (la plupart sont disponibles à la fois en format papier et électronique)

Therianthropia - mini-aventure

Fred Marty : Sherona, les chroniques de Gabriel : aventures fantastiques de héros au sortir de l’adolescence, teintées de légendes basques, soit dans notre monde, soit dans un monde fantastique
Megane Lopez : la benjamine a déjà écrit et auto-publié deux romans, l’un de fantastique urbain et l’autre d’aventures en Laponie.
Jeff Benoit : nouvelles fantastiques en auto-édition et également chez les Editions Secrètes
J.L. Treuveur : l’univers fantastique de Theriantropia, plein de dryades et autres créatures féériques, décliné en romans et en mini-aventure jeunesse
Olivier Saraja : nouvelles et novelas de science-fiction, anticipation et aventures occultes

 

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Lecture / portrait de fan : Crush (recueil par Cathy Alter et Dave Singleton)

Vous vous souvenez peut-être de Actors Anonymous,  ce roman fragmentaire de James Franco, dans la critique de laquelle je vous avais signalé qu’il était encore plus obsédé que moi par River Phoenix?

C’est grâce à lui que j’ai découvert l’existence de cet autre livre, Crush (le titre complet est Crush : Writers Reflect on Love, Longing, and the Lasting Power of Their First Celebrity Crush). Comme il est consacré aux béguins (la traduction de « crush ») de jeunesse de célébrités pour d’autres célébrités, je l’ai commandé. Je savais qu’il apporterait de l’eau au moulin du blog, aussi.

crush_james franco

Heureusement, parce qu’au final, la contribution de James Franco ne fait que 4 pages, dont un poème déjà publié dans son recueil Directing Herbert White. Pour raconter comment découvrir Stand By Me lui a à la fois fait admirer River Phoenix et donné envie de devenir comme lui.

Les autres témoignages couvrent un large  spectre de ces béguins fictifs : premières émotions érotiques plus ou moins définies, identification, admiration…

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Pour certains, comme Shane Harris, préférer Luke Skywalker à Han Solo en voyant la Guerre des Etoiles a été un des premiers signes de sa différence – et de son attirance pour les hommes. Pour d’autres, une façon d’explorer premiers sentiments et premières pulsions sans risquer grand chose, alors que les garçons « de la vraie vie » qui les entouraient n’étaient pas aussi recommandables (comme les voisins de 15 et 17 ans qui demandaient à Nicola Yoon et sa soeur de soulever leurs T-shirts… alors qu’elles avaient 10 et 7 ans).

Ce livre est surtout l’occasion de voir que, célèbre ou pas, c’est une étape de développement peu discutée, souvent moquée mais pourtant très partagée dans le secret des « petits coeurs mous » des enfants, pré-ados et ados. Et que devenus adultes, en regardant en arrière, ils trouvent en certains de ces « crush » les germes de bien d’autres choses. Comme, par exemple, ce qui est décrit ci-dessous en préambule à la section où l’on trouve le texte sur River.

crush1

Bon, dans mon cas ça n’a pas lancé une carrière… mais il m’a quand même fait faire du chemin.

On est le 31 octobre. 24e anniversaire.

Auto-édition en questions (4) : J.L. Treuveur (Theriantropia)

On se retrouve avec déjà le 4e rendez-vous mensuel d’interviews sur l’auto-édition. Aujourd’hui, c’est au tour de J.L. Treuveur, auteur de la saga de fantasy Theriantropia.

Encore une démarche différente des précédents, avec la construction de tout un univers dans une saga déclinée en 5 tomes principaux, et en « mini-aventures » (parution du 1er tome pour enfant dans le courant du mois), accompagné d’illustration et même de playlists pour l’ambiance sonore. Et une distribution essentiellement sous forme papier et non numérique, ce qu’on pourrait penser rare de nos jours. Mais qui rejoint, dans son optique de trouver son public lors de salons, celle de Fred Marty.

Si je dois trouver un point commun aux 4 auteurs déjà interrogés, c’est qu’ils donnent raison à l’adage comme quoi le principal secret, pour écrire, c’est… de s’y mettre! Non que cela suffise, mais c’est le premier pas indispensable. Car avoir des idées est moins facile qu’arriver au bout de leur concrétisation sur le papier, et il faut de la rigueur et de la persévérance pour obtenir un résultat, la somme de travail étant considérable.

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L’AUTEUR

1) Peux-tu te présenter en tant qu’auteur?

Je m’appelle Jessica. Je suis auteur indépendante de la saga Fantasy Thérianthropia.

2) Publies-tu sous ton vrai nom? (tu n’es pas obligée de donner le vrai si c’est le cas 😉 )

Je publie effectivement sous mon vrai nom, puisque je me nomme Jessica Treuveur. Le pseudonyme J.L. Treuveur est un hommage à mon arrière-grand-père Maurice Liesta que je n’ai guère vraiment connu (puisqu’il est décédé lorsque j’avais trois ans), mais qui a laissé en moi la passion de l’écriture. Il écrivait des poèmes et des romances d’une plume délicate et talentueuse ; des manuscrits non édités que je conserve précieusement. Et ma volonté à réaliser mon rêve d’enfant est une pensée profonde pour lui.

3) As-tu aussi été éditée dans le circuit traditionnel?

Avant de me lancer dans l’édition indépendante, j’ai envoyé quelques manuscrits de mon premier tome de Thérianthropia à de grandes maisons d’édition comme Albin Michel, Gallimard, Acte Sud ou Bragelonne. Mais j’ai rapidement compris que ce n’était qu’une perte de temps lorsque j’ai reçu ma première réponse d’Albin Michel qui expliquait que j’avais un talent certain pour l’écriture, mais que le « genre » de mon œuvre n’était pas ce qu’il recherchait. J’ai donc décidé de créer ma chance comme j’avais créé mon « genre » littéraire, car il s’avère effectivement que Thérianthropia n’est pas une fantasy traditionnelle et qu’elle a son propre style. Un style éclectique et psychologique ; particularité qui joue aujourd’hui à mon avantage puisque mon public est très général, Thérianthropia arrivant à séduire même des non-adeptes du genre fantasy.

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Lecture : les stars – Edgar Morin

Mes fandoms m’auront fait faire des tas de choses improbables. Et mon livre sur le phénomène des fandoms aussi. Notamment, lire un essai d’Edgar Morin. Le sociologue et philosophe. Tellement connu que même moi j’en avais entendu parler, alors que très franchement, moi et les sciences humaines…

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C’est en fait un essai sur les stars, et non sur les fans. Le livre date un peu, il traite surtout des stars de cinéma « construites » par les studios de la grande époque d’Hollywood, alors que maintenant on qualifie de star tout neuneu ayant démontré sa bêtise à l’écran. Celles-là, on les « consomme » à un tel rythme qu’à peine fabriqués ils sont prêts à jeter.

Seuls durent ceux qui ont un minimum de talent artistique, et surtout les pieds sur terre, et qui ne se laissent pas trop modeler par les studios.

Néanmoins, on y trouve une intéressante réflexion sur ce qui fait les stars, leur aura, comment c’est utilisé ou fabriqué, ce qu’on projette sur eux, et notre rapport à eux.

Citations

Le fan veut tout savoir, cad posséder, manipuler et digérer mentalement l’image totale de l’idole. La connaissance est ici moyen d’appropriation magique. Elle ne tend pas à constituer un savoir analytique ou synthétique de là star, mais à happer potins, échos, indiscrétions dans une délectable inglutition.

Oui enfin ça sonne un peu condescendant quand même. On entend le « contrairement à nous qui sommes des lettrés… » non dit…

Niaiserie sans doute! Niaiserie dont se détourne le grave regard du sociologue, et voilà pourquoi l’on n’ose étudier les stars. Mais nos savants manquent de sérieux en refusant de traiter sérieusement la niaiserie… La niaiserie est aussi ce qu’il y a de profond en l’homme. Derrière le star system, il n’y a pas seulement la « stupidité » des fans, l’absence d’invention des cinéastes, les combinaisons commerciales des producteurs. Il y a le coeur du monde. Il y a l’amour, autre niaiserie, autre humanité profonde…

Ah tiens? Il remonte dans mon estime.

Ici le rôle de la star est « psychosique » : elle polarise et fixe des obsessions.

Noooon, on ne peut pas vraiment dire ça…

… Oui, bon, one point pour le philosophe…

Auto-édition en questions (3) : Jeff Benoit (Baâl, la Caisse, Edition Secrète…)

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L’AUTEUR

1) Peux-tu te présenter en tant qu’auteur?

Bonjour,

Je m’appelle Jeff Benoit, auteur normand de 43 ans essayant d’œuvrer dans la veine fantastique. J’écris tous les jours de 8 heures à 17 heures… Enfin, dans mes rêves les plus fous… En ce moment, c’est plutôt quand j’ai le temps, entre le temps que je consacre avec plaisir à ma famille, mon métier (je suis chef d’équipe en sécurité incendie dans l’hôpital de ma ville), le golf, la lecture, le visionnage de films/séries en tout genre.

2) Publies-tu sous ton vrai nom? (tu n’es pas obligé de donner le vrai si c’est le cas ;))

Je publie sous mon surnom, mon nom complet étant Jean-François BENOIT.

(NDLR : sur Kobo, cherchez JF Benoit)

3) As-tu aussi été édité dans le circuit traditionnel?

Tout à fait. Deux de mes nouvelles ont été sélectionnées pour figurer dans deux recueils de nouvelles des Editions Secrètes : les recueils « Horrible Monde » et « Edition secrète », disponibles à peu près partout en numérique (Amazon, Kobo,…).

4) Si oui, en quoi est-ce différent d’après ton expérience?

Dans le circuit traditionnel, vous n’avez pas à vous soucier de la correction, la mise en page, la couverture, étant donné que l’éditeur gère tout ça. Pour mes deux nouvelles publiées traditionnellement, je n’ai fait que de la promotion sur les réseaux sociaux.

En autoédition, c’est tout le contraire. Il faut tout gérer : la correction, la couverture, la création de la couverture, du livre électronique, de l’impression à la demande, de la promotion, de la vente,… C’est chronophage, fatiguant, stressant. Il faut être solide pour mener un projet à bien par ce biais.

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LES OEUVRES

1) Quelles sont tes œuvres auto-éditées ?

J’ai auto-éditées deux nouvelles : « La caisse » et « Bâal », deux récits fantastiques.

2) Pour quelles raisons avoir choisi l’autoédition?

J’ai choisi l’autoédition pour de mauvaises raisons : j’étais trop pressé de publier quelque chose, trop en recherche de reconnaissance. Je me suis trop bercé d’illusions. Et quand j’ai vu la somme de travail à abattre, j’ai bâclé le travail… Résultat : très peu de ventes, voire pas du tout, des textes qui ne me plaisent pas, mais que je ne renie pas pour autant. Ils font partie de ma vie d’auteur.

3) Dans quelle(s) catégorie(s) tu les situes? (fantastique, science-fiction, polar, romance…)

« La caisse » est  une nouvelle dans le genre fantastique. Quant à « Bâal », c’est plutôt un thriller.

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Auto-édition en questions (2) : Megane Lopez (Comme un battement de coeur, Le voyage des élus)

On se retrouve pour le 2e opus de ce rendez-vous qui doit devenir mensuel. Aujourd’hui, c’est une jeune auteur de 23 ans, Megane Lopez, qui a répondu à mes questions sur son expérience de l’auto-édition.

Et là je me demande : mais qu’ai-je fait de ma vie? (j’ai « un peu plus » de 23 ans on va dire, et toujours rien de publié… même pas auto-édité).

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L’AUTEUR

1) Peux-tu te présenter en tant qu’auteur?

Bonjour, je m’appelle Megane Lopez, j’ai vingt-trois ans et j’aime écriture plus que tout au monde, c’est ma passion.

2) Publies-tu sous ton vrai nom? (tu n’es pas obligée de donner le vrai si c’est le cas)

Je publie effectivement sous mon vrai nom mais j’emploie également un nom de plume, Sam Olzy, pour certains de mes livres.

3) As-tu aussi été éditée dans le circuit traditionnel?

Non je n’ai pas été éditée.

 

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Luah, la mascotte du blog de Megane

LES OEUVRES

1) Quelles sont tes œuvres auto-éditées?

J’ai publié deux œuvres en auto-édition :

Comme un battement de cœur

Voici le synopsis : Lena se rend à une fête dans un entrepôt de la ville. Le lendemain matin, son appartement est occupé par une jeune fille qui lui ressemble étrangement. Cette mauvaise surprise devient un véritable cauchemar lorsque plus personne ne la reconnaît. Entre réalité et fiction, son esprit va devoir repousser les limites de l’entendement. Parviendra-t-elle à lever le voile sur ce mystère ?

Le voyage des élus : sous les étoiles de Laponie

Voici le synopsis : Dans la province de Laponie, Elléa, une petite fille du peuple sàmi admire les aurores boréales avec son ami Nils, un renne un peu particulier. Guidés par les forces et les esprits mystiques de la nature, ils vont connaître ensemble la plus grande aventure de leur vie. Elle leur permettra d’atteindre le village du Père Noël et de percer les mystères des terres sacrées. Leur voyage extraordinaire va les mener au-delà de leur imagination et bien plus encore…

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Lecture : HHhH de Laurent Binet (ou : Je n’aurai jamais le Prix Goncourt)

Je n’aurai jamais le Prix Goncourt.

Je n’y comptais pas d’ailleurs. Mais je me suis fait cette réflexion en lisant un best-seller de ces dernières années, HHhH de Laurent Binet. HHhH, en allemand « le cerveau de Himmler s’appelle Heydrich », raconte la genèse de l’attentat à Prague contre celui dont c’était le surnom, Reinhard Heydrich, chef de la Gestapo, des services secrets et du RSHA. Le cumul des mandats ne l’effrayant pas, il était alors en poste de « Protecteur adjoint du Reich en Bohême-Moravie », titre que l’Histoire a moins retenu que son surnom de Bourreau de Prague. Laurent Binet s’attache à raconter le parcours des deux soldats tchèque et slovaque qui ont mené l’opération, autant que celui de Heydrich. Chronique d’une histoire vraie, roman de guerre et d’espionnage autant qu’historique, le récit ne peut que pousser à tourner les pages. Et de ce côté, il remplit son contrat.

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L’originalité du roman, qui a fait une part de son succès sans doute, est le parti pris de l’auteur de partager son cheminement dans l’écriture de ce roman. En particulier, il revient souvent sur son refus de trop romancer, justement, pour ne pas trahir la gravité du sujet, et la mémoire des protagonistes qui ont risqué leur vie pour abattre l’un des pires dignitaires nazis.

En quatrième de couverture, cela promettait d’être intéressant. Au fil des pages, ça l’est beaucoup moins. Qu’il raconte ses promenades dans sa ville adorée de Prague avec sa très jolie petite amie tchèque, ce qui lui permet de récolter une abondante documentation, ça sonne un peu comme une justification, mais soit. On a ainsi une visibilité sur ce dont il est sûr ou ce qu’il est contraint d’inventer.

Mais les digressions se font de plus en plus agaçantes à mesure qu’on se rapproche de l’instant crucial et qu’il s’éloigne du sujet du livre. A quoi sert le passage où il parle de sa lecture du Jan Zizka de George Sand, si ce n’est à se vanter de l’avoir lu, comme un élève de terminale qui cherche à caser un maximum de citations dans sa dissertation? Les tensions de son couple avec Natacha (sa petite amie d’après, pas la Tchèque) ont-elles réellement leur place dans le récit? Surtout que le sujet principal de son histoire, je vous le rappelle, n’est pas une bluette à la Amélie Poulain : on passe en revue une série d’exactions dont Heydrich est coupable, directement ou en les ayant dirigées à distance.

La tirade nombriliste suivant le discours de Heydrich contre le corps enseignant tchèque, pour justifier de prolonger la fermeture des universités, en est un bel exemple. Le discours est typique des exhortations nazies à se méfier des opposants intellectuels et à favoriser la rééducation par l’exercice physique – un grand classique des dictatures, certes. Il faut des soldats et donc du muscle pour mener des guerres et étouffer les résistances.

De là à conclure que le sport est « quand même une belle saloperie fasciste », même moi qui suis fâchée avec l’exercice physique, je n’aurais pas osé. Et puis l’ode à l’Education Nationale… ça va les chevilles? Heureusement que tout le livre repose sur la tentative de rester humble pour raconter de tels actes!

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A la rubrique du devoir d’école, on sent aussi le poids de l’auto-justification que non, ce n’est pas par sympathie envers le nazisme qu’il écrit ce livre (contrairement à ce qu’auraient pu penser les libraires chez qui il commandait de la documentation sur la période). Pour preuve, il insiste plusieurs fois sur le fait que Heydrich a beau être blond aux yeux bleus comme un bon Aryen, il n’est pas très beau, il a même un visage chevalin. En clair, c’est un vilain méchant pas beau.

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Librairie – salon de thé l’Encre et la Boussole – la Tremblade, Charente-Maritime 

La librairie – Salon de Thé

Il est des initiatives à saluer, surtout quand elles combinent culture et confiture – enfin, thé, déjà. C’est le cas de cette librairie – salon de thé qui a ouvert il y a un an presque jour pour jour, à la Tremblade, petite ville de Charente-Maritime à une bonne heure de la Rochelle et 20 minutes de Royan. La ville est peut-être plus connue pour sa station balnéaire, Ronce-les-Bains. Et je vous évoquais l’an dernier son marché aux poissons à l’ancienne.
Mais le centre reste également vivant grâce à des initiatives comme celle de Stéphanie Charles, qui a monté ici un lieu d’échanges et de cultures au pluriel, à l’emplacement de l’ancienne maison de la presse.
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Au menu :
– un fonds généraliste de 3000 livres dans tous les domaines : romans, vie pratique, développement personnel, jeunesse, BD. Les touristes et retraités anglais pourront même trouver un petit rayon de romans en anglais. Et bien sûr une part belle est réservée aux livres historiques et aux guides touristiques de la région.
– un rayon papeterie / loisirs créatifs avec notamment de jolis petits carnets originaux, créations de Gwenaelle Trolez.
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– la librairie a récemment complété son offre culturelle d’une sélection de CD.
– un espace salon de thé au fond de la boutique (et quelques places en terrasse aux beaux jours), avec un choix certes restreint mais de qualité de thés noirs, verts, blancs, rouges, parfumés ou pas.
N’ayant pas le temps de tester sur place, j’ai quand même craqué pour un sachet du mélange thé vert-blanc violette framboise, car c’est par un semblable thé en version glacée que j’ai commencé à aimer le thé. Il paraît qu’il y a également des pâtisseries maisons, mais là encore je n’ai pas eu le temps de tester. Si j’avais autant de maestria théphilé que mes consoeurs de l’Instant Thé, je vous en parlerais plus en détail. En tant que petit scarabée, je me bornerais à vous dire qu’il est excellent et qu’on sent bien les framboises (entières) et les violettes. Et on peut même en faire du thé glacé en le faisant simplement infuser une vingtaine de minutes à température ambiante avant de le mettre au frigo!
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La libraire organise de nombreuses animations : dédicaces d’auteurs, expositions de dessins ou de photos, ateliers d’écriture…
La librairie est ouverte en semaine du mardi au samedi, et également, de mai à septembre, le dimanche de 10h30 à 13h. C’est en bordure du marché, donc idéal pour compléter ses courses avec la nourriture de l’esprit.

Et avant de quitter la Tremblade

Cerise sur le petit cake, juste à côté, une pâtisserie chocolaterie a récemment ouvert, Une Affaire de Goût. Ils font des forêts noires plutôt légères et très bien équilibrées en goût (ce qui est assez compliqué à faire, vous en conviendrez, et signe d’un pâtissier qui connaît son travail), de très bonnes plaquettes de chocolat, et j’y retournerai sans faute à ma prochaine visite dans la région pour tester le reste.
Note : l’article n’est pas un partenariat, je n’ose toujours pas dire aux gens que je tiens un blog ni que je vais peut-être écrire sur leur boutique. Ca m’évite la pression, vu que parfois je mets des mois à écrire mes chroniques, et je teste en conditions réelles l’accueil du client lambda, comme ça.
Informations pratiques
Librairie – salon de thé l’Encre et la Boussole
3 rue de la Seudre
17 390 LA TREMBLADE (Charente-Maritime, à 15-20mn de Royan)
Tél 05 46 38 58 30
Horaires :
Du mardi au vendredi de 9 h 30 à 12 h 30 et de 14 h 30 à 19 h
(18 h 30 le jeudi) . Le samedi de 9 h 30 à 12 h 30 et de 15 h à 19 h.
En mai et juin, ouvert également le dimanche et les jours fériés de 10 h à 12 h 30 (pour les grands week-end fériés).
En juillet et août, du lundi au samedi de 9 h 30 à 13 h et de 15 h à 19 h. Le dimanche de 10 h à 13 h.

Lecture / portrait de fan : Prince – fragments d’un discours de fan, de Fanny Capel

Un voyage en train m’a enfin fourni le temps de lire ce document paru en février dernier aux éditions Le Rouergue, collection La Brune. Je l’ai découvert par hasard en musardant à la belle librairie MK2 du bassin de la Villette (de l’intérêt des vraies librairies IRL, qui ne mettent pas que les Marc Lévy en présentoir. Je n’ai rien contre Marc Lévy, mais quand il sort un livre, on le sait).
Le thème, forcément, a capté mon attention. Et le feuilleter m’a convaincu de l’acheter.
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Fanny Capel, l’auteur, est professeur de lettres, mariée, installée… Impossible a priori de deviner son autre vie, les 25 ans passés à suivre l’actualité de Prince. En particulier les quelques années de passion adolescente qui l’ont emmenée, elle et ses 2 meilleures amies, âgées de 20 ans alors, au club mythique du Love Symbol à Minneapolis, le Glam Slam Club. Ce qui, en août 1994, pour des jeunes filles tout juste sorties de l’adolescence et sans Internet, relevait encore plus de l’exploit que de nos jours. Un voyage qu’elle raconte en fin de livre, l’apogée de sa vie de fan. De sa vie tout court ? Elle se pose la question.
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Ne trouvant – comme moi * – aucun récit de ce que ça représente d’être fan, en dehors de caricatures tournées en dérision, elle voulait en témoigner de l’intérieur. Elle avait commencé à rédiger en ce sens ces « chroniques des années pourpre », il y a 3 ans, alors qu’elle sentait les souvenirs s’estomper. La mort de Prince en avril 2016 a complété le récit, y apportant à la fois une conclusion et l’éclairage d’une nouvelle vie « sans ».
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Fanny Capel ne voulait pas parler que de son expérience, mais plus universellement du statut de fan. Elle a complété ses souvenirs et ses notes de l’époque de témoignages de ses semblables. Faute de notes, j’ai photographié plein de passages où je me suis reconnue, ou bien où j’ai reconnu amies et connaissances de fandoms. Les voyages, les péripéties, les délires en groupe incompréhensibles aux « autres », les rituels de file d’attente des concerts… Cet univers parallèle qui embellit et enrichit toujours notre quotidien quand on entend une chanson familière, qu’on tombe au détour d’un zapping sur le visage qui nous fait sourire…
La rencontre tant espérée qui tourne au souvenir cuisant parce que dans des circonstances imprévues et défavorables, comme celle racontée page 73… (big up, inconnue de la Fnac qui s’était habillée relâche pour ne voir « que » les Revolution au lendemain d’un concert, le cheveu et l’oeil en vrac, et s’est retrouvée dans cet état face à un Prince venu dédicacer avec ses sbires… moi aussi, plusieurs fois j’ai croisé mes chouchous alors que j’étais en mode « off ».)
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Sur d’autres points, par contre, je me sentais en dissonance, moi la fan infidèle par excellence, en lisant ces souvenirs de presque 30 ans d’admiration ininterrompue.
L’artiste dont je suis « fan » depuis le plus longtemps sans interruption était mort avant que je ne découvre son existence. Difficile de faire des folies dans ces circonstances, et peu d’actualité à suivre. Et je n’ai cédé aux sirènes du portnawak (et eu les moyens de le faire) du type « je saute dans l’avion pour voir des gens qui ignorent que j’existe » qu’adulte. Ca n’a pas la même intensité qu’à 15-18 ans.
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Quoique, quand je pense à certaines de mes copines qui ont attendu encore plus longtemps que moi pour réaliser leur rêve, et à leurs réactions quand elles ont réussi… peut-être pas tant que ça. Peut-être que le facteur discriminant est seulement mon côté girouette, qui fait qu’ayant connu l’hystérie fanesque pour plus d’un groupe ou d’un artiste, j’ai du mal à ne pas relativiser les émotions qu’ils procurent. Surtout quand le premier fandom pour lequel j’ai fait les 400 coups a tourné en eau de boudin.
Ou juste le fait que je sois trop cynique, trop méfiante, trop parano, trop allergique à l’embrigadement pour hystériser devant un être humain. Même si j’ai buggé devant le minois de princesse égyptienne de Bill Kaulitz en 2009 parce qu’il était beaucoup trop belle pour être humain.
Oui j’ai encore les larmes aux yeux quand j’entends une version live de An Deiner Seite (ich bin da), mais je sais que c’est « juste » une conjonction : parce que c’était eux, parce que c’était moi, parce que c’était ce que mon cerveau avait besoin d’entendre à l’époque. Et pas une exception intrinsèque dûe à l’epoustouflifiance du phénomène ou des personnes.
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Et puis si, oui, certains souvenirs se renforcent parce qu’on les partage, je suis trop indépendante, -trop asociale-, trop habituée à ne pas attendre de complice. Sinon on ne fait jamais rien ou pas la moitié de ce qu’on voudrait… Donc une partie de mes souvenirs de fans, je les ai bâtis seule, ou avec des fans rencontrés sur place, pas forcément revus ensuite. Fanny Capel parle beaucoup de ses 2 complices de l’époque, qui ont partagé quasiment tous ses délires.
Mais en fin de livre, elle souligne que, maintenant que chacune a fait sa vie où Prince, par la force des choses, n’occupe plus que la portion congrue avant même son décès, elles se revoient très occasionnellement pour prendre des nouvelles, mais la réalité actuelle lui semble bien terne en comparaison de ses « années pourpres ».
Mais quand même, ce que raconte Fanny Capel dans une plume lyrique, qu’on ait été team Michael ou team Prince, ça rappelle des souvenirs.

Informations pratiques :
Prince, fragments d’un discours de fan
de Fanny Capel
Editions la Brune au Rouergue
Parution mars 2017

* quoique j’en ai trouvé quelques uns. Je vous ferai un article de la bibliographie qui a soutenu mon écriture d’un livre sur l’univers des fans. 

Auto-édition en questions (1) : Fred Marty (Sherona, les chroniques de Gabriel)

J’entame ce que j’espère être une série d’interviews d’auteurs qui ont choisi l’auto-édition. A tout seigneur tout honneur, puisque c’est en lisant les avancées des différentes phases d’écriture de Fred Marty sur Twitter que m’est venue l’idée de recueillir et partager les expériences de ces auteurs dans la jungle périlleuse de l’auto-édition. Il a gentiment accepté de répondre à mes (nombreuses) questions.

Et ça tombe d’autant mieux que j’ai tellement tardé à mettre en forme et publier cet article, que cette semaine sortait son nouveau roman, le tome 2 des Chroniques de Gabriel. On va dire que c’était fait exprès.

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L’AUTEUR

1) Peux-tu te présenter en tant qu’auteur?

Auteur de 40 ans, j’ai été biberonné très tôt aux littératures de l’imaginaire en commençant par le jeu de rôle et les livres dont vous êtes le héros. Je m’y suis mis dès mes 8 ans et j’y joue encore aujourd’hui. J’ai été très majoritairement Maître de Jeu (Œil Noir, Terres de Légende, Donjons & Dragons, INS/MV*…) donc je crée des histoires depuis très longtemps, sous une forme interactive où il est surtout important de savoir rester cohérent quelles que soient les idées tordues des joueurs.
Cela conditionne aujourd’hui ma manière d’écrire des romans où je définis les personnages, l’endroit où je veux les amener, mais où je me laisse porter sur le chemin à parcourir en les « écoutant ». Du coup, je me vois presque plus comme un scénariste que comme un romancier
😉

En parallèle du JDR, j’ai énormément lu de Fantasy qui reste mon registre préféré. Les auteurs marquants pour moi sont David Eddings (la Belgariade et la Mallorée), Margareth Weis & Tracy Hickman (DragonLance, le cycle des portes de la Mort), Terry Pratchett et Neil Gaiman. De grands récits d’aventure aux personnages forts et nombreux, je suis fasciné par les groupes de personnages et les possibilités sans fin qui surviennent en les laissant interagir entre eux.

2) Publies-tu sous ton vrai nom?

J’ai longuement hésité parce que je voulais publier sous mon vrai nom à la base, mais j’ai choisi un pseudo. C’est pour faire une séparation entre ma vie pro d’informaticien et ma vie d’écrivain (où est aussi mon compte Twitter perso).

C’est assez facile de me reconnaître, pour ceux qui me connaissent IRL, le seul objectif est de dire :

* recherche Google sur mon vrai nom => résultats Viadeo, LinkedIn, informatique

* recherche sur mon nom de plume => mon site web, Babelio et les chroniques des blogueuses sur mes livres (modulo les homonymes, je n’avais pas vérifié au préalable :p)

3) As-tu aussi été édité dans le circuit traditionnel?

Non et je n’ai pas essayé avant ces romans en fait. J’ai eu beaucoup de mal à virer tous les blocages qui m’empêchaient d’écrire mon premier roman et je craignais beaucoup de perdre la main sur mon projet en le soumettant à des maisons d’édition. Déjà, parce que le délai de réponse est très important, très souvent négatif, et j’aurai eu l’impression de ne pas être allé au bout de mon idée.

Du coup, j’avais choisi l’auto-édition très tôt pendant l’écriture. A force de parler sur Twitter, j’ai appris beaucoup de choses sur le monde du livre qui me conforte dans l’idée de me faire mes expériences et de m’aguerrir tout seul en premier lieu. Un peu comme une recherche d’emploi informatique : j’avais un CV vierge, sans expérience, ni formation. Envoyer des candidatures spontanées à Microsoft / Google / Apple, c’est mignon, mais ça a très peu de chances de marcher(et on est hyper nombreux à le faire).

Pas la peine de s’illusionner à cause du mec sur 10 000 qui y arrive. Donc, je me crée mes expériences pro tout seul 😉 Comme ça, je sais ce dont je suis capable sur la conception d’un livre (écriture, correction, couverture, mise en page, impression, diffusion, marketing, etc…). Je connais mes capacités propres et je sais aussi où il est préférable de rémunérer un pro. J’apprécierai d’autant plus le service pro d’une maison d’édition que je sais ce que je peux faire seul. Après tout, je paye ce service cher en réduisant fortement mes droits d’auteur. Il faut que la relation pro soit équilibrée et saine, ni moi qui supplie d’être édité, ni qui fais ma diva en réclamant les à valoir de JK Rowling 😉

Mon objectif est d’être hybride, avec des titres en auto-édité et des titres en maison d’édition. Par exemple, j’ai écrit un livre dont vous êtes le héros qui a été soumis à une maison qui en cherchait spécifiquement. Si je file ma métaphore de la recherche d’emploi, je réponds à une annonce, je ne fais pas une candidature spontanée. C’est très différent dans l’approche.

Fred_Marty

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