Le blues du musicien arrivé

Vous avez peut-être remarqué que nombre d’artistes à succès connaissent des passages à vide, voire perdent carrément l’inspiration ou ce qui faisait leur charme indéfinissable auprès du public. L’une des raisons se trouve sans doute dans les effets secondaires du succès : gloire, argent et cour de cireurs de pompes. Non que j’accorde du crédit au cliché de l’artiste maudit, non on n’est pas forcément plus talentueux quand on est malheureux. Mais le succès, notamment en musique, c’est en partie une question de toucher son public, d’arriver à toucher à l’universel via ses paroles… Alors que si on les laissait faire sans filtre, une star qui écrirait sur son quotidien, ça donnerait ça (à imaginer sur une rythmique de blues très classique) :

(du dum du du dum, bo bom bo bom)
Le voiturier a rayé ma Porsche hier soir (du dum, du dum)
Alors j’ai dû sortir ma vieille Jaguar (du dum, du dum)
Son châssis surbaissé se mange les trottoirs (du dum, du dum)
Ritz et Carlton fermés, où je vais aller au bar? (du dum, du dum)
(Refrain : )
Seuuuûl dans ma chambre, loin de la foule en chaleur
Je pense aux orphelins de guerre dans leur malheur
Putain de conflit qui m’a pris ma place au 20 heures…
J’ai pas trouvé de groupie pour mon coup du soir
Il faut être prudent et choisir une bonne poire
Elles n’hésitent plus à te traîner à la barre
Si tu leur laisses un polichinelle dans le tiroir…

C’est nettement moins « relatable » pour le vulgum pecus, pas sûr qu’il en vende des millions…

Sinon on peut faire la version hôtelière de « J’aurais voulu être un artiste », dans le même genre de problème de riches.

J’aurais voulu être à l’Ibis
Au lieu de ça je suis au Carlton
Je suis emmerdé par le service
Toujours entouré de vingt personnes

(ayant grandi dans un milieu plutôt petit bourgeois de première génération à s’être extraite d’un milieu prolétaire, j’ai découvert sur le tard le monde du luxe. Et autant j’ai adoré le service aux petits oignons d’hôtels 5 étoiles comme le Sers ou le Park Hyatt, autant le serveur qui vient te remplir ta tasse de thé toutes les 5 minutes au Plaza Athénée, j’ai trouvé ça un poil envahissant. Je ne suis pas encore grabataire, je peux me servir moi-même, si je laisse du thé dans la théière c’est pour qu’il reste chaud pendant que je déguste ma religieuse à 14 Eur, et j’aimerais bien papoter avec ma copine tranquille sans être interrompue à tout bout de champ, merci!)

Je suis disponible comme parolière comique, j’adorerais toucher des sous de la SACEM.

Flashback : Tokio Hotel à Paris Bercy – 14 avril 2010

Je ne sais pas vous, mais les concerts me manquent. Et chaque 14 avril, je repense à celui-là en particulier, il y a maintenant 11 ans. C’était le tout dernier concert de la tournée Humanoid City du groupe allemand Tokio Hotel. On ne le savait pas encore, eux non plus sans doute, mais c’était la dernière fois qu’on les voyait en tournée en Europe avant un long hiatus, le déménagement aux USA de la moitié du groupe (les jumeaux), le passage aux albums tout en anglais (hélas) et une grosse chute de notoriété qui fait qu’ils n’ont plus jamais rempli de salles aussi grandes.

Ce dont ils ne se plaignent pas forcément : durant le confinement, Bill Kaulitz s’est occupé en écrivant une autobiographie intitulée « Career Suicide », en allemand donc je ne sais pas trop ce qu’il y raconte, mais quelque chose me dit que leur long break qui a correspondu de facto à un suicide professionnel était le seul moyen qu’ils ont trouvé d’éviter le suicide tout court. Enfin, suicide professionnel, n’exagérons rien : ils tournent encore, mais à plus petite échelle, et ont changé de maison de disque, quittant Universal (je ne sais pas si c’était de leur fait… m’enfin bon débarras, vu le peu de promo que leur faisait la dite maison), pour revenir à Sony, qui avait eu la mauvaise idée de les virer avec d’autres groupes débutants avant qu’ils ne deviennent célèbres. D’après le compte Instagram de Georg Listing (le bassiste), ça doit mieux se passer : pour son anniversaire ils lui ont offert une PS5 et il a fait une story « à la meilleure maison de disque du monde ».

Tokio Hotel – Komm – Paris – la dernière fois qu’on voyait l’ouverture de concert avec l’Etoile Noire qui s’ouvre…

14 avril 2010, donc. J’étais à l’époque en plein milieu de ma fanitude Tokio Hotelesque, que j’ai déjà raconté sur ce blog. Commencée en blague devant ce groupe de mioches qui m’avait rapidement bluffé par son professionnalisme dépassant celui de pas mal de musiciens plus vieux, son enthousiasme de jeunes chiots, et la combinaison de pop rock péchu et de la langue allemande dont j’adore les sonorités. Ce concert à Paris, c’était le 5e pour moi de la tournée. A la base je n’en avais prévu « que » 3, en France, et puis j’en avais ajouté 2 sur un coup de tête à l’approche des dates. NO. REGRET. Quelques jours avant ce concert, j’avais dérapé sous la douche et je m’étais pété 2 côtes contre le rebord de la baignoire, mais heureusement, c’était des « petites » fractures, donc j’ai quand même pu aller dans la fosse. Mais j’ai évité la foule des premiers rangs (c’était le premier Bercy qu’ils n’avaient pas pu remplir, du reste), restant à côté de la console son au milieu, avec une copine. Ce qui m’a donné l’occasion de dire bonjour à leur ancien manager David. Avant qu’une furie ne lui gueule dessus et ne ruine le moment. *roll eyes* Heureusement, elle n’a soit pas reconnu, soit pas vu qu’avec David, à l’abri avec les techniciens, il y avait leur meilleur ami et leur beau-père. Donc ils ont pu mater le concert tranquilles (mais un peu sur leurs gardes quand même).

Tokio Hotel – Humanoid – Paris – l’interlude acoustique de la tournée, toujours étonnant

Tokio Hotel a toujours eu mauvaise réputation en France (comme en Allemagne du reste), à cause de leur jeune âge et du look androgyne de leur chanteur. Pas assez snobs, mon fils. Pourtant, ils ont toujours assuré sur scène. A la mesure de leur âge, certes, ce ne sont peut-être pas des Mozart. Mais ce sont des pros, et qui ont toujours eu à coeur d’offrir de vrais spectacles à leurs fans. Même maintenant qu’ils tournent dans des salles plus petites, style Trianon ou Olympia, ils ont toujours une scène et des lumières chiadées, un thème directeur, une setlist variée et bien construite, Bill a des costumes… créatifs même si pas toujours à mon goût. Bref, on sait où passe l’argent. Ce n’est pas au goût de tout le monde, mais on peut a minima apprécier le travail bien fait. Et pendant 1h30 à 2h, on est ailleurs, avec eux. Entre aliens (le nom donné à leurs fans à l’époque où c’est devenu la mode pour les artistes de les distinguer ainsi. Remarquez bien qu’on m’appelait l’extra-terrestre à l’école, alors il y a comme une continuité qui m’a amusée…).

Tokio Hotel – thank you speech and Geisterfahrer – Paris – Ah, cette chanson, je l’aime d’amour… Je ne pensais pas l’entendre en acoustique, mais elle rend bien…

Le petit discours de remerciement ci-dessus, un classique en concert, était d’ailleurs plus long que sur les concerts précédents de la tournée (comme quoi ça peut servir à ça d’en faire plusieurs… On voit ce qui s’éloigne de la routine). Bill a même remercié l’équipe qui avait conçu et monté la scène, ce qui, pour le coup, est quelque chose que j’avais rarement entendu. En général ça se borne à citer les musiciens sur scène et éventuellement le producteur. Même Tom, son jumeau et guitariste, avait l’air ému.

… Rétrospectivement, je me demande s’il ne savait pas, lui, que c’était plus qu’une tournée qui se terminait, mais la page la plus spectaculaire de leur carrière qui se tournait. Allez savoir. C’était aussi leur dernier concert majoritairement en allemand avant un bon bout de temps (j’ai plus ou moins arrêté de suivre le groupe, mais il me semble que leur seul concert en allemand depuis, c’était lors d’un de leurs « camps d’été » hors de prix. Rien que ça m’avait presque donné envie d’y aller, mais le camping, moi…). Le public français leur avait fait un tel accueil glacial quand ils avaient essayé d’y chanter en anglais à la tournée précédente qu’ils avait pris l’habitude de nous faire la même setlist que dans les pays germanophones. Une exception. Les autres pays avaient droit aux versions anglaises dès qu’ils ont fait des albums en 2 versions (allemand et anglais). *soupir* C’était le bon temps.

Tokio Hotel – Traumer – Paris – il manque le umlaut sur le a, c’est Träumer (rêveur), mais je n’étais pas sûre que Youtube gère bien les accents.

J’allais écrire que j’adore cette chanson, mais en fait, si j’étais autant fan d’eux à l’époque, c’est que quasiment toutes les chansons de leurs 3 premiers albums me faisaient dire « Oh elle est géniale celle-ci! » et me file encore des frissons de joie quand je les entends maintenant. Et dire qu’il y a des andouilles qui pensent que les fans de ces groupes ne sont pas là pour la musique… Ca a TOUT à voir avec la musique et comment elle nous fait vibrer. Que les musiciens soient mignons ou pas. Même si 80% du public de l’époque c’était des filles entre 12 et 20 ans. Ca aide, d’expérience, d’avoir un truc pas trop moche à regarder sur scène. Mais s’il n’y a rien qui passe par les oreilles, on ne vient pas à un concert, on se contente de se palucher sur un magazine, si vous me passez l’expression.

Puisqu’on en est là, un autre des reproches faits à Tokio Hotel, c’était qu’ils soient un groupe fait par le marketing. C’est faux, ils ont juste réussi à se faire connaître très jeunes par un groupe de producteurs qui les a aidés à se professionnaliser avant de démarcher les maisons de disques (d’où le contrat avec Universal alors qu’ils n’avaient que 15 ans, après un 1er contrat avec Sony). Et ensuite, ce sont des monomaniaques : le bon vieux rock des familles avec des power songs, ce n’était pas vraiment la tendance de leur âge quand ils percé, mais c’était leurs références (80es), digérées et modernisées. Sans doute que leur maison de disque aurait préféré leur faire faire de la tectonik ou je ne sais quelle ânerie éphémère, mais eux ils ont grandi avec Metallica, David Bowie, et Rammstein, si j’en juge à leurs effets de scène. Maintenant avec l’âge, ils se sont mis à l’électro de boîte de nuit, c’est pas du tout mon style mais ma foi, je ne peux pas les forcer à faire la même musique 40 ans non plus.

Tokio Hotel – Sonnensystem – Paris – je sais pas où ils avaient péché l’inspiration spatiale de cet album par contre mais c’est pas graaaave…. ça change un peu

Et puis la sincérité, ça se ressent. Enfin non : c’est vrai qu’à moi ça m’a toujours paru évident parce que j’ai un bullshitometer redoutablement sensible, qui fait que je suis incapable de regarder un homme ou une femme politique en vidéo sans vouloir lui balancer des tomates. Mais j’ai aussi fini par comprendre que ce n’était pas le cas de tout le monde. Donc pour les gens dont l’empathie est défaillante : croyez-moi juste sur parole, la sincérité, quand on n’est pas handicapé de ce côté, ça se sent, surtout en musique. Et eux ils sont faits pour ce boulot. De toute façon, vu les cagettes de critiques qu’ils se sont pris pendant 5 ans, il fallait qu’ils soient convaincus pour continuer dans cette voie.

Et je leur en sais gré. L’abandon de l’allemand, ça m’a fait mal au coeur, mais je pense que ça ne correspond pas seulement à une nécessité économique, mais aussi à une rupture avec leur pays parce que c’est là que des fans (enfin si on peut appeler ça des fans… des tarées obsessionnelles) leur ont rendu la vie impossible en allant jusqu’à les cambrioler.

Le petit duo piano – voix des jumeaux, ci-dessous, c’est quand même pas le truc le plus évident qu’on attend… Et puis comme on dit, quand tu fais guitare-voix ou piano-voix, sans les fioritures de production, tu sais si la chanson tient la route ou pas.

Weit Weg von hier durch Raum und Zeit zoom dich zu mir

Tokio Hotel – Zoom – Paris

Petite vidéo non musicale de Tom, Georg et Gustav (le batteur) qui disent au revoir :

Tom, Georg and Gus say goodbye to Tokio Hotel Humanoid City Tour

Tokio Hotel – Für Immer Jetzt – Paris

Et on arrive à la dernière chanson, du dernier concert, de la dernière tournée en allemand avant le long hiatus et le changement complet du groupe… Ce ne serait plus jamais tout à fait pareil, mais c’était une magnifique soirée.

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Babymetal in Utrecht (+Dream State)

Last week, Babymetal was touring in Europe again after a too long hiatus.

So after my New York experience and the Download Festival France near Paris in 2016, followed by their opening number for the Red Hot Chili Peppers in Birmingham (two nights in a row) in december of the same year, and the shows in Osaka in october 2017 (no picture), I went to Utrecht to see their two shows there. After all, Utrecht is becoming a lucky place for me.

The best way to enjoy a show is to see it twice : once in the pit near the front row, and once from a balcony. Utrecht turned out perfect for this, thanks to the VIP passes on the first day.

Things you live from the second row central :

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– being told « beware » and hold the eclipse-adorned curtain as the roadies bind it to the rigging system

– wondering if it’s Su-Metal standing in front of you for the opening, under the mask (hard to say with the make-up and without seeing the ears)

– seeing the Kami’s faces under the hoods before they take them off

– marvel at Su-Metal commanding moves

– laugh when Moametal pulls her tongue out

– and when Moa makes a face at Su when they exchange places during Road of Resistance

– admire the amazing details of the costumes

– being pushed around when the crowd moshes

– hearing the crowd sing along most of Akatsuki and Megitsune 

– being head kicked by slammers who can’t hold their feet

– see Moa give back a smile to fan C1 at the front row and see him gush

– steal pics with a mere smartphone with ok results because you don’t even need to zoom

– feeling like you’re going through a washing machine cycle, ending up sore (sore sore sore sore!) and drenched.

Things you live from the balcony :

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– start the show a bit rested because you sat during the queue and before it started

– you can actually read the text from the opening on the curtain

– appreciate the choregraphy ensemble

– hear the music better

– jump and dance around without being moshed

Changes happened since the 2017 shows :
– The Kami band (backup musicians) now has proper costumes (since the Hiroshima shows in December), instead of the ragged white ghost-like robes.
– Yui was not there, and nobody knows if it’s only part of the new lore about the Chosen Seven not all appearing at the same time, or some other reason. Instead, the stage is occupied by two female dancers with costumes similar to Moametal, but without microphone. Her absence was still blatant in GJ! (normally performed by Yui and Moa, and there only by Moa with the dancers) and in Gimme Chocolate since they used to alternate, while Moa has to sing and dance both parts.
– the ladies (they’re no longer little girls, as Moa and Yui both turned 18 and graduated from high school) have new costumes too. No more red, no more frills, no more pigtails : all in black leather-like with gold linings, and head-dresses, making them look more like warriors of the Dark Side of the Metal Resistance. The new dancers choreography also look more martial.
– the new songs each have a different flair. Distortion (released as a single) is very fast metal with no backup singing, few singing actually. The one dubbed Elevator Girl by the fans is more idol pop-ish and very catchy. Tattoo, a Su-Metal solo, is more usual Japanese metal rock.

Opening band : Dream State

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Both days, Babymetal was preceded by UK band Dream State. They play progressive metal rock and are fronted by a vocalist who more than compensates her short size (I’m the same so hey!) with energy and a great voice. She even dared to surf on the crowd even though most people weren’t there for them (though on the first day, a girl at the barrier seemed to know their songs and to really be into them). They received a positive welcome from the audience.

I think they had some aftershows for fans, but I didn’t hear when or where.

Definitely worth checking their music and their shows if they play near you!

Only the Fox God knows news – Mai 2018

Nouvelle chanson, nouveau clip

Lundi, la chaîne officielle sur Youtube du groupe Babymetal nous a balancé sans guère prévenir (à part via des images cryptiques sur Instagram) une nouvelle chanson avec un clip dantesque, Distorsion :

Alors ce n’est pas très clair. Il y a effectivement 7 créatures aux masques et costumes fantasmagoriques (on dirait qu’ils ont dévalisé le musée Galliera et celui du quai Branly), dotés de super-pouvoirs, affrontent de gigantesques monstres de pierre dans un décor post-apocalyptique (Neo-Tokyo?), sous une éclipse sanguinolente.

Le tout avec un son qui vire par moments au thrash metal. On entend encore Su-Metal, mais pas Moa et Yui. Ben alors? Bon, on s’y fait finalement peu à peu… Mais c’est destroy. Ca va être bizarre, la tournée qui s’annonce, si elle est dans ce style… Et où sont les petites?! (bon elles ont a priori eu leur bac, certes, donc elles ne sont plus si petites et elles étaient occupées. Mais rassurez-nous, les Babymetal sont bien encore 3?)

Nouveau line-up?

On n’a pas été franchement rassurés sur ce point avec, hier, à Kansas City, le premier concert de la tournée mondiale (enfin, cinq-sixpaysales…) de Babymetal. En effet, s’ils ont bien trouvé un remplaçant pour Mikio Fujioka, le guitariste décédé en janvier, Yuimetal n’était pas sur scène. Et contrairement aux concerts d’Hiroshima en décembre dernier où elle a été annoncée malade le matin même et où clairement, d’après la mise en scène, ce n’était pas prévu, ici cela semblait intentionnel : en effet, il y avait deux danseuses non identifiées derrière Su-Metal, les 3 nouvelles chansons sont des solos de Su-Metal, et Moametal a changé de coupe, abandonnant les couettes enfantines pour une queue de cheval comme Su.

Je mentirais en disant que ce type de manoeuvre typiquement idol et sans communication me réjouit… D’autant qu’avec la totale absence d’explication sur le sujet, on ne sait pas si le line-up d’hier soir sera celui de toute la tournée. En tout cas, clairement, les 7 « Chosen one » annoncés dans la prophétie du mois dernier ne sont pas les Kamis. Les deux nouvelles danseuses doivent en faire partie. Mais quid du reste?

Goodies renard

L’objet vulpomorphe du mois, c’est ce culbuto renard de la marque Kid O, découvert à la boutique du Palais de Tokyo :

renard culbuto.jpg

Qui m’inspire à peu près la même perplexité que les décisions du management d’Amuse et leur comm’…

Only the Fox God knows news – avril

World tour 2018

Je me rends compte qu’à part en passant dans les petits bonheurs, je n’ai pas dit que Babymetal avait annoncé sa tournée 2018. Certes il y a moins de dates que l’an dernier, mais ce sont des concerts solos et non des premières parties. A priori, l’absence de concerts avant mai s’explique par le fait que les deux benjamines, Yui et Moa, passent l’équivalent de leur bac en ce moment (ou c’est peut-être déjà fait : l’année scolaire commence en avril au Japon). Et que comme on ne badine pas avec l’éducation au Japon, les révisions l’emportent sur la carrière musicale.

Babymetal_worldtour_2018

Nouveauté dans les dates annoncées : il y aura une première partie! Je m’en serais passée, à dire vrai. Enfin j’ai écouté un titre de Dream State, je n’ai rien contre, mais à de rares exceptions près, j’ai besoin de déjà connaître les titres pour ressentir autre chose à un concert que « … c’est bruyant quand même », donc… Je subodore qu’on n’y a échappé jusqu’ici qu’en raison du jeune âge des filles, et des législations sur les horaires de travail des mineurs. Au demeurant, c’était sans doute pour la même raison qu’on avait rarement des premières parties aux concerts de Tokio Hotel, et pour ne rien vous cacher, ça m’arrangeait plutôt.

Par ailleurs, on a eu droit à une vidéo officielle qui nous annonce le 7e épisode de la Metal Resistance.

Il reprend la prophétie du Chosen One (Su-Metal? Babymetal en entier? Koba-Metal qui a pris le melon) qui est la lumière qui nous guidera à travers la musique vers la lumière. Suit une partie encore plus cryptique sur la partie « lumineuse » des 3 esprits qu’on connaît déjà, et l’arrivée de 7 esprits « sombres » pour une nouvelle ère. On se pose moult questions dans le fandom, est-ce que Babymetal va faire comme AKB48 (ultra-célèbre groupe d’idols) et se doter d’un groupe spin-off de 7 autres chanteuses issues elles aussi de Sakura Gakuin? Ou bien est-ce que le groupe titre va s’agrandir pour passer de 3 à 7 chanteuses? Est-ce qu’on compte les 4 Kamis dans le lot?

Bref, on n’en sait rien, j’ai envie de dire qu’on verra bien en juin…

Goodies renard

fox_carnet bamble wood WH Smith.jpg

La librairie anglaise à Paris WH Smith distribue (au sens de « vend », hein, ce n’est pas cadeau) ces choupinous carnets à motif renard, un motif évidemment très apprécié en Angleterre, terre de chasse à courre. Oui c’est un peu paradoxal…

Freaky Friday / Nostalgeek : mélodies de ma jeunesse 

Nouvelle participation au concept de Freaky Friday de ma copinaute June.
Aujourd’hui, on ne chante pas, on siffle et on meumeume. Il y a des airs sans paroles qui, à force de répétition et / ou d’intérêt, vous restent dans la tête à perpétuité.
Au détour de la rédaction d’un peu palpitant compte rendu de comité de pilotage, vous vous surprenez à le fredonner, et vous vous demandez « Mais d’où ça sort cette vieillerie, pourquoi j’ai ça en tête? ».
Allez savoir : envie d’évasion, neurones qui s’ennuient, cerveau qui a décidé de vous auto-pourrir (et de vous coller la honte), ou, très couramment dans mon cas, association de sons.
Par ordre d’apparition sur l’écran noir de vos pauses goûters :
wattoowattoo08.jpg
Wattoo Wattoo
Sifflotez ces petites notes à n’importe qui ayant grandi en France dans les années 80, et il vous regardera comme si vous étiez dérangé ou en plein burn-out cela lui évoquera sans doute cet étrange dessin animé sans paroles où un oiseau sans pattes appelait par ce biais ses confrères. On ne se souvient plus trop du reste – il s’agissait de résoudre divers problèmes écologiques. Mais le petit air nous hante encore (rassurez-moi et dites moi que je ne suis pas la seule…).
L’ocarina de Stellie dans Albator
Bizarrement, j’ai dû recourir à Google pour retrouver le nom du personnage qui jouait cet air dans la série animée nippone du pirate de l’espace, alors que je me souvenais de l’air. Mais d’elle, guère. J’avais un très vague souvenir d’une petite fille triste, mais impossible de me rappeler son lien avec Albator (c’est la fille de son meilleur ami et de la femme pirate Esmeralda, dont les deux parents sont morts en demandant qu’elle soit élevée sur Terre. Du coup elle grandit dans un orphelinat, seule, avec des visites occasionnelles d’Albator qui ne veut pas l’emmener de peur qu’elle ne soit en danger. Alors qu’elle est régulièrement la cible de ses ennemis. Tu m’étonnes qu’elle soit triste). Par contre, c’est là que j’avais appris le mot ocarina, que je n’aurais peut-être jamais entendu sinon.

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Thémis et Noumaïos.

L’air de flûte de Thémis dans Ulysse 31
Aaah, Ulysse 31, mélange parfait de mythologie et de space opéra. Une fois n’est pas coutume, j’aimais bien Thémis, le personnage de petite fille ajouté pour l’identification des tites gnenfants. Parce qu’elle avait la peau bleue, des yeux de chat, des oreilles pointues, des pouvoirs psychiques et un grand frère canon. Et qu’elle roxxait du poney, sauvant Télémaque, Ulysse et toute la troupe régulièrement par sa sagesse (elle porte le nom de la déesse grecque de la justice), sa débrouillardise et ses pouvoirs. Et donc, elle jouait aussi de la flûte, rien de spectaculaire mais un petit air entêtant que j’ai bien des fois reproduit sur la flûte réglementaire de l’éducation nationale.
J’en profite pour vous infliger partager avec vous ce monument que, pour le coup, j’avais oublié : la chanson sur Thémis qui se trouvait sur le 33 Tours de la bande originale.
Le chant du Mogwaï dans Gremlins
J’aime bien chanter des trucs d’une voix bizarre, alors le petit vibrato aigu de Gizmo, le Mogwaï, dans Gremlins*, je l’ai fredonné plus d’une fois. Il eût d’ailleurs été préférable pour mon entourage qu’il soit plus long, pour éviter la lassitude.
*Rappel de vocabulaire : le Gremlin, c’est le nom de la forme « maléfique » du Mogwaï, après qu’il ait mangé après minuit.

Only the Fox God Knows news (4) : on connaît l’objet The One 2018

Only the Fox God Knows News, c’est un rendez-vous (presque) mensuel pour parler de l’actu et des projets de Babymetal, et, comme on est un peu en manque, du merchandising à l’effigie du renard sans lien avec Babymetal.

Février 2018

En dehors de quelques festivals, pas beaucoup d’annonces sur le programme officiel de 2018 de nos métalleuses en jupette pour l’instant.
Il est vrai que l’essentiel de la communication du mois de janvier a concerné le décès accidentel du « petit Kami » Mikio Fujioka, et les divers hommages émouvants de ceux qui l’ont côtoyé, dont de longues évocations de ses collègues du Kami Band, et de petits tweets de Chad Smith et d’autres. Pas de quoi se réjouir.

bm_mikio fujioka_trick disk

A ce propos, pour soutenir sa veuve indirectement, plusieurs solutions :
– le EP du Kari Band, le groupe constitué de 3 membres du Kami Band, disponible sur iTunes.
– ‎son album « Trick Disk » va également faire l’objet d’une réédition qu’on peut commander sur CDJapan. Il est aussi sur iTunes.

Pour une fois qu’on peut acheter des trucs officiels relatifs à Babymetal (même si de loin) sans enrichir les escrocs d’UPS…

En parlant d’eux, une annonce officielle est quand même tombée le 31 janvier, sous forme d’un email envoyé aux The One et repris en tweet.

Je vous livre une partie de la traduction de Google, étant toujours incapable de lire le japonais moi-même :

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Daniel Balavoine, 31 ans déjà

Alors que depuis quelques années, nos stars des années 80 (adieu France Gall) et avant, voire après (pensées pour Mikio Fujioka), tombent dru, nous rappelant amèrement le temps qui passe et notre propre mortalité, je me souviens du premier artiste que j’ai « perdu ».
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C’était au matin du 15 janvier 1986, au milieu des informations oubliées depuis, qu’on apprend qu’un accident d’hélicoptère a endeuillé le rallye Paris-Dakar – qui, à l’époque, reliait encore ces deux villes. 5 victimes sont à déplorer : Thierry Sabine, l’organisateur du rallye, Nathalie Odent, journaliste, François-Xavier Bagnoud, le pilote, et Jean-Paul le Fur, technicien radio. Et enfin le chanteur Daniel Balavoine.
Je ne suis pas un héros (écrite pour Johnny Hallyday)
« Pour mourir célèbre il ne faut rien emporter
que ce que les autres n’ont pas voulu garder »
C’était sa 3e participation au rallye Paris-Dakar. La première, en simple concurrent, lui ayant fait découvrir la misère de certaines régions traversées par le rallye, il y était revenu pour conjuguer la course à un engagement humanitaire, en tant qu’ambassadeur de l’association des Paris du Cœur, co-fondée avec Thierry Sabine. L’idée était de fonder une organisation qui utiliserait la logistique du Paris-Dakar pour acheminer le matériel destiné aux populations, histoire que ce rallye ne soit pas qu’un rêve d’aventure pour occidentaux. Ca s’est perdu depuis. L’accident, resté inexpliqué, aura brisé ses projets musicaux en plein élan, à l’âge de 33 ans.
Vivre ou survivre
A l’époque, Balavoine fait partie des artistes français qui sont régulièrement dans le Top 50 (alors sur Canal + en clair), avec Jean-Jacques Goldman, Johnny Hallyday et quelques autres. Il s’est fait connaître par le succès simultané de la comédie musicale française Starmania où il interprète Johnny Rockfort, et de son 3e album Le Chanteur. La chanson éponyme – ci-dessous – est encore, de nos jours, un modèle d’ironie sur le parcours type du chanteur à succès. Je vous invite à bien écouter les paroles, c’est un monument, tout y passe : travers des artistes, du public et des médias, résumés en 3mn59.
Les nouvelles de l’école, diront que j’suis pédé
Que mes yeux puent l’alcool, que j’fais bien d’arrêter
Il est aussi connu pour avoir osé reprocher son manque de propositions pour la jeunesse à François Mitterrand qui n’était pas encore président mais déjà premier secrétaire du Parti Socialiste, lors d’un débat télévisé dont on diffuse encore régulièrement cet extrait. On sent le léger ébahissement des présents en mode « Mais il se prend pour qui, celui-là ? ». (et la gêne qu’il aborde un tas de sujets effectivement glissés sous le tapis par la presse). Pour les plus jeunes, ça paraîtra banal, mais à l’époque, sans réseaux sociaux, il était peu courant que les gens des hautes sphères doivent faire face à de la contradiction, en dehors des débats entre adversaires politiques. Le pire étant qu’en dehors de ça, la situation qu’il déplore ne s’est pas beaucoup améliorée depuis…
Starmania : S.O.S. d’un Terrien en détresse
Il a été parmi les premiers à mobiliser les artistes français de l’époque pour des oeuvres humanitaires, co-organisant le premier concert solidaire « Chanteurs Sans Frontières » avec Michel Berger, France Gall, Jean-Jacques Goldman et Renaud. Coluche a concrétisé son idée de banque alimentaire sous la forme des Restos du coeur.
Ce sont ses chansons traitant de sujets de société qui ont vraiment emporté l’adhésion populaire, comme Mon fils, ma bataille sur les querelles de garde d’enfant lors des divorces. Suivront des textes sur la tolérance, la condition des femmes, la torture…
J’étais moins cynique à l’époque, mais déjà trop pour que ce soit le coeur de mon intérêt pour lui. Encore que son investissement semblait sincère et personnel. Il ne se contentait pas de faire la morale aux gens depuis son exil fiscal, il donnait de sa personne.
L’Aziza, un des rares titres à avoir bénéficié d’un vrai clip 
Personnellement, j’accrochais surtout à ses chansons, mâtinées de pop rock aux arrangements sophistiqués, et dont les paroles avaient le bon mélange de musicalité et de sens pour plaire à mes oreilles pourtant difficiles (je trouve 90% des paroliers français insupportables). Il y a aussi l’urgence et l’amplitude dans sa voix haut perchée, qui les rend aussi cathartiques à chanter que la pop rock scandinave que j’écoute à l’époque.
En prime, ses nombreuses références au désert, aux héros qui n’en sont pas et autres me faisaient penser à Dune, l’un de mes fandoms/idées fixes du moment.
Tous les cris les S.O.S. 
Contre le passé y’a rien à faire
Il faudrait changer les héros
Dans un monde où le plus beau reste à faire
Après l’inévitable pic des ventes suivant sa mort, son répertoire a plus ou moins disparu des radars pendant les années 90 et 2000, il me semble (en même temps, je n’écoute plus guère la radio depuis que j’ai fini mes études, cad il y a un moment…). Années plus cyniques peut-être, et puis trop dur à chanter considérant sa tessiture particulière.
Jusqu’à ce que la vague de nostalgie des années 80 et des reprises tous azimuts pousse une maison de disques à faire enregistrer un album hommage à une nouvelle génération d’artistes. Argh. Il y a néanmoins des exceptions, comme Marina Kaye, toujours bluffante de maturité et de talent, qui reprend la version anglaise de Tous les cris les S.O.S. :

Vous je ne sais pas, mais à moi ça m’a fait du bien de me replonger dans sa discographie pour cet article. Et ça m’a collé le bourdon aussi. Au moins il nous reste les albums, qui n’ont pas trop vieilli parce qu’il innovait à l’époque.

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Cette photo n’est pourtant pas si vieille 😦

R.I.P. Mikio Fujioka, guitariste de Babymetal, aka le « petit dieu » du Kami Band

Je change la programmation du blog pour laisser la place à un hommage que j’aurais préféré ne pas avoir l’occasion de faire. Hier est arrivée la nouvelle du décès accidentel de Mikio Fujioka, plus connu des fans de Babymetal sous le nom du « Petit Dieu » (Small God / Kogami) de la guitare du Kami Band, le groupe qui accompagne Babymetal sur scène pour leur fournir l’orchestration depuis 2013. On le connaissait également sous son pseudo Twitter, Mikio158cm, car il plaisantait couramment sur sa petite taille, qui le rendait facilement reconnaissable, notamment dans les vidéos.

Ici en bas de la vidéo, qui est celle de la traditionnelle intro qui permet à chaque Kami de faire un petit solo et une démonstration de ses talents devant le public conquis.

Plus de détails sur son parcours avec et sans Babymetal sur le site de référence Babymetal Newswire. Car outre ses prestations en toge blanche et sous le maquillage blanc et noir des Kamis, Mikio a participé à plusieurs groupes, dont le Kari Band formé en 2016 avec 2 de ses compères du Kami Band, Takayoshi Ohmura et Boh, et donnait des séminaires de guitare. Sa marque fétiche et partenaire était ESP, il a d’ailleurs collaboré à la création de la ESP « Spéciale Babymetal ».

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Mikio Fujioka sans maquillage de Kami

Il laisse derrière lui deux petites filles, dont il parlait souvent sur Twitter, et une épouse, qui a mis un petit mot sur Twitter pour confirmer la triste nouvelle et remercier les fans de leur soutien.

Sa bonne humeur et son talent nous manqueront. Petite galerie de photos de Mikio prises aux concerts auxquels j’ai assisté.

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Only the Fox God Knows news (3) : Babymetal, Legend S – Baptism XX

Samedi et dimanche dernier – ce week-end donc – se sont tenus à Hiroshima deux concerts de Babymetal exceptionnels à plus d’un titre, Legend S – Baptism XX.

Comme je n’y étais pas, les photos illustrant cet article viennent de cet article sur Barks Japan. Les spoilers viennent d’un peu toutes les sources de fans ayant partagé des petits trésors photos et vidéos pris à l’arrache.

  • Primo, ils ont été annoncés comme étant les derniers du Metal Resistance Episode V – avant, peut-être, un nouvel album? Ou un changement de ton?
  • Secundo, l’oracle des concerts précédents avait promis l’avènement d’une nouvelle déesse. Ceci va sans doute de pair avec la date et le lieu choisis pour ces concerts de fin d’année : en effet, Hiroshima est la ville de naissance de Suzuka Nakamoto, la chanteuse principale – et l’aînée du groupe. Et le 20 décembre prochain, elle fêtera ses 20 printemps, l’âge de la majorité au Japon (même si en 2015, le gouvernement a abaissé l’âge du droit de vote à 18 ans).

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Et de fait elle est entrée sur scène ainsi…

  • Tertio, mais ça ce n’était pas prévu : Yuimetal (alias Yui Mizuno) était souffrante, et le médecin a recommandé qu’elle ne monte pas sur scène. Après réflexion, les concerts ont été maintenus, mais sans elle, ainsi que cela avait été annoncé le matin même du premier concert. Dommage pour Yuichoupette, on espère qu’elle se remet bien. C’est donc à deux que Su-Metal et Moametal ont interprété la setlist. Ca déséquilibrait sans doute un peu les chorégraphies, conçues pour que Yui et Moa agissent en miroir autour de Su. Mais le plus étrange, c’est qu’ils ont conservé sur la setlist les chansons normalement interprétées par Yui et Moa en duo (sans Su, donc), comme « 4 no uta » ou « GJ! ». Moa, d’après les vidéos et les commentaires, s’est donnée à 200% et était plus en confiance le 2e soir, mais bon, même si ça lui donne l’occasion de prouver qu’elle peut se produire en solo, ça reste compliqué. Les morceaux de Black Babymetal (le duo Yui-Moa) sont très physiques, et très rapides au niveau chant aussi. Alors chanter seule les lignes de deux personnes, c’est un peu ardu…

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La reine Su, devenue Déesse Su

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