Le Petit Bonheur Hebdomadaire #9

Ce rendez-vous est une excellente idée de Pause Earl Grey. Comme son nom l’indique, ça consiste à raconter un petit bonheur arrivé dans la semaine.

En rentrant de ma pause déjeuner, je vois un beau chien dans un magasin (pas une animalerie, un opticien), qui regarde passer les gens. Je m’arrête pour la regarder en retour, la patronne me fait signe d’entrer, croyant que je voulais savoir si c’était ouvert. En fait non, j’étais étonnée de voir un chien de ce gabarit (berger allemand à poils longs) dans un magasin. Je la complimente sur la beauté de son chien qui en fait est une chienne. On échange quelques mots aimables. Et là, la chienne ramasse son doudou par terre et me l’amène pour avoir un câlin 😍😊

En fait, les chiens, c’est trop sympa, on ne les mérite pas…

chien doudou

(c’est pas ce chien, mais c’est un autre chien avec un doudou, qui, lui, ne voulait pas me le filer. Quand je vous dis que ça sert de prendre tout et n’importe quoi en photo…).

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Capsules de Japon : (4) les chats

Je savais que les Japonais adoraient les chats, mais j’ignorais qu’on en trouvait des vrais à tous les coins de rue ou presque. Et comme les gens ne les maltraitent pas, ils sont rarement farouches. Pas toujours d’humeur à se faire grattouiller, mais ça, c’est les chats…

Il y a aussi beaucoup de chats des rues, pas tous bien nourris. Dans les parcs et sanctuaires, en revanche, j’ai croisé plus d’un petit vieux nourrissant discrètement chats, pigeons, etc. Et même, sur le Chemin des Philosophes, à Kyoto, une petite carriole suspendue servant de dodo aux chats errants, avec à côté écuelles, brosses et tout le nécessaire pour les nourrir sans salir le lieu.

capsules_chat_himeji

Ce spécimen particulièrement affable déambulait dans le parc du château Himeji (plus connu pour sa blancheur immaculée et son surnom de Château Héron). Lui et tous ses petits camarades avaient, pour la plupart, la même découpe dans l’oreille. Je suppose que les gens qui s’en occupent pratiquent le même signe de reconnaissance qu’aux USA, à savoir que les chats errants sont capturés, stérilisés, et ainsi marqués. De sorte qu’il est facile de reconnaître quels sont les chats stérilisés qu’on peut laisser déambuler sans risque de prolifération.

Aventures animalières (6) : souris de bureau

Un cri ameute tout le monde dans un bureau : une collègue y est pas loin d’illustrer le cliché de la fille juchée sur une chaise par crainte d’une souris. Elle a toujours les pieds par terre, mais n’ose plus s’asseoir et fouille des yeux les recoins de la pièce.

On cherche avec elle, et moi d’autant plus qu’ils parlent de tuer le petit animal s’ils le trouvent. J’espère lui mettre la main dessus la première pour la capturer, et aller la lâcher dans le parc voisin.

Mais de muridé, point. J’avise un trou dans le faux plancher, destiné à camoufler le réseau de câbles irriguant les ordinateurs en courant et en octets. Je suggère qu’elle a dû s’enfuir par là. Dans une autre société, j’ai déjà retrouvé un bout de pain grignoté dans mon caisson fermé, dont le seul orifice faisait 1cm de large. Ce ne serait pas étonnant.

souris

Et puis, prise d’un soupçon, et sans attirer l’attention de mes collègues, je regarde derrière un de ces calendriers de bureau king size en carton, posé par terre contre un mur. Une souris minuscule, qui a tout du grain de raisin velu (taille et format boule), frétille nerveusement du museau dans le petit espace. Elle doit faire 1cm de diamètre toute mouillée, et elle n’en mène pas large. C’est ça le monstre qui panique ma collègue? Ca doit être un souriceau, je n’ai jamais vu de souris aussi petite (et pourtant à Paris on en croise souvent, notamment dans le métro).

Je remets le calendrier en place délicatement et prie pour que la bestiole ait la sagesse d’attendre avant d’en sortir. C’est la fin de la journée, un vendredi… si elle se tient à carreau une heure, elle verra le week-end. Je rajoute pour mes collègues une couche de « Non mais t’inquiètes pas, avec tout le bruit qu’on a fait, elle doit être loin déjà ! ». Et je m’en vais.

anim_sunglasses_horation caine_cool

Le Petit Bonheur Hebdomadaire #2

Ce rendez-vous est une excellente idée de Pause Earl Grey. Comme son nom l’indique, ça consiste à raconter un petit bonheur arrivé dans la semaine.

En allant au boulot un jour de cette semaine, j’ai pris 2mn pour taper une arène Pokemon. Bien m’en a pris, car une jeune femme est arrivée avec sa chienne dans l’espoir manifeste que celle-ci profite des 3 arbres pour se soulager. La chienne n’avait pas l’air de se décider, et je n’ai pas pu résister à faire un petit claquement de langue à son intention. Signal quasi universel pour les chiens que youhou, un humain s’intéresse à eux de façon amicale. Bonne pâte, la chienne est venue voir s’il y avait une grattouille à gratter. Et comment !

*grattouille tapote flatte gagate*

anim_dog grat grat

c’est pas ce chien. c’est pas mon gif.

Un petit échange avec la maîtresse histoire de m’excuser d’accaparer son velu compagnon. Et la chienne de revenir vers moi quémander supplément de câlins et de se coller contre mes jambes (oui alors en relations humaines, je ne suis pas très douée. Par contre, pour la grattouille de chien et de chat, j’ai niveau expert. Faut avouer qu’y a peut-être un domaine qui me motive plus que l’autre).

Miracle, enfin une journée qui commence bien ! 😍

Aventures animalières (5) : les canards

Dans le square Jean XXIII (23 pour ceux qui ont raté les cours de chiffres romains à l’école), derrière la cathédrale Notre-Dame, grouillent les touristes. Il est plus rare d’y croiser des canards, la Seine étant bien loin en contrebas du mur à pic. Pourtant, ce jour-là, un couple de colverts (un mâle, une femelle) est perché sur le muret. Et n’en bouge pas quand je m’approche. Obstinément, ils tendent le cou vers la haie de buissons qui borde le mur.

canards_02

Mais il est lui aussi trop bas. Ils me regardent. Je les regarde. Je m’approche encore et regarde vers où ils tendent leurs bec. Ah oui tiens, y a un genre de tranche de cake en suspens sur le buisson. Je pose mon sac, je tends le bras et j’arrive à l’attraper. Inutile de préciser que les canards m’observent encore plus attentivement qu’avant. Je me demande bien si le cake en question est bon pour eux, mais il fait encore froid, on est hiver, alors un peu de gras, hein…

Je découpe la tranche en portions et les envoie sur le muret, chacun son bout (depuis ma mission près du lac-à-canards, je suis experte en lancer de nourriture aux oiseaux). Ils mangent, avides. Puis recommencent à pointer le bec un peu plus loin.

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Ah ben en fait, il y a plusieurs morceaux de cake, oui. Ramasse, découpe, lance. Ramasse, découpe, lance. Ramasse, découpe, lance. C’est bon, c’est fini? La cane tend le cou vers un nouveau point du buisson. Ok, encore. J’y passe un certain temps. C’est zen.

Il y a une étrange satisfaction à interagir avec ces animaux « pas tout à fait sauvages mais presque ». Ok, on n’est pas de la même espèce, mais on a quasiment réussi à communiquer. J’ai compris qu’ils voulaient un truc. Ils ont compris que je n’étais pas une menace. Ils se sont bien adaptés. Ou je suis bien dressée 😛

Bon par contre, il faudra qu’ils apprennent à dire merci. Ou même coincoin, je prendrais aussi. Je veux dire, les chats et les chiens, s’ils vocalisent, c’est parce qu’ils ont remarqué qu’on ne comprenait que ça.

canards_04

Après avoir mangé, elle a posé.

Journée du Panda Roux

Non, ce n’est pas une connerie.

Enfin si, mais elle n’est pas de moi, pour une fois, et elle est officielle : le 3e samedi de septembre, c’est la Journée Internationale du Panda Roux (alias International Red Panda Day). L’occasion d’informer et de rassembler des fonds pour la sauvegarde de ce mignon petit animal, mascotte de bien des zoos pour sa bouille adorable.

anim_red panda in snow

Alors on est d’accord, c’est chou, mais c’est pas très fute-fute comme animal, de toute évidence. Et leur habitat rétrécit du fait des activités humaines. Il est donc plus que temps de s’occuper de sauvegarder cette source de gifs rigolos et de photos awwwtropmimi.

Sanrio, la marque derrière Hello Kitty, a lancé en novembre 2016 un nouveau personnage, Aggretsuko (diminutif de « agressive Retsuko »), une jeune panda roux (… rousse?) employée de bureau dans une de ces entreprises déshumanisantes. Si elle supporte vaillamment petites brimades, travail répétitif et métro-boulot-dodo, elle relâche la pression le soir en buvant au karaoke, en chantant du métal en mode berserk. Même le New York Times lui a consacré un article. Personnellement, j’y vois un hommage-pompage de Babymetal en remplaçant le renard par une bestiole qui ressemble (par contre, faut pas rêver, Sanrio ne reverse rien à la protection du panda roux si vous achetez du merchandising kawaii de la bestiole).

Aggretsuko

Sur Paris, si vous voulez en voir, ne vous déplacez donc pas au Zoo ex-de Vincennes devenu parc Zoologique, car les deux pandas roux francilien sont à la Ménagerie du Jardin des Plantes. Vous pouvez assister à une petite présentation par les soigneurs de la Ménagerie tous les samedis (horaires sur le site), et en ce samedi, il y a diverses animations prévues.

J’en profite pour vous indiquer le seul compte Instagram entièrement dédié au panda roux que j’ai trouvé (ce qui est un scandale, il y a un créneau à prendre si vous avez un peu de temps et l’envie de monter un Instagram à visée monétaire) : carsontheredpanda . Il est tenu par une jeune femme qui fréquente assidûment le Woodland Park Zoo de Seattle, où séjourne un panda roux nommé Carson. Le même contenu est également posté sur Facebook. Bon, rien ne vous oblige par contre à lire les textes niais pleins de conseils de vie façon Paulo Coelho…

Aventures animalières (4) : la carpe et le planqué

Un jour comme les autres, je vais déjeuner dans un restaurant japonais. On m’installe à côté de l’aquarium où s’ébattent divers poissons, dont une carpe colossale et bosselée. Je gigote l’index devant elle pour la (ou me) distraire. Surprise : elle semble remarquer mon manège et suivre le doigt.

Non parce que d’habitude, le poisson en aquarium, d’un point de vue interactivité, ça se situe entre le lézard et le caillou. Il voit sans doute qu’on bouge, mais tant qu’on ne met pas la main dans l’eau, il ne se sent pas très concerné.

carpe_1

Celle-là, si. Quand je lève mon appareil photo pour l’immortaliser, elle s’ébroue vigoureusement, causant des vagues dans l’aquarium. Je suis même perturbée par son attention exagérée. Est-ce que les carpes deviennent plus intelligentes avec l’âge ?

Je regarde les autres poissons. Le Gobi gobe, sur le fond sableux, comme tous les gobis. Un poisson orange stationne obstinément entre le gros caillou poreux et la vitre. Quand je fais le ver du doigt près de lui, il ne réagit guère. Je m’en amuse et imagine qu’il se protège de Grosse Carpe. On imagine des motivations à des bestioles dotées de trois neurones.

carpe_2

Un peu plus tard, Grosse Carpe revient m’observer. Petit Orange en profite pour faire de même, en restant un peu en retrait et en dessous d’elle. Il fait bien : quand elle le voit, elle se tourne pour essayer de le mordre. Plus agile, il lui échappe et recule jusqu’à la sécurité de son petit espace entre le caillou et la vitre.

J’ai l’impression d’assister à un remake de Jurassic Park quand le tyrannosaure essaie de croquer Lex et Tim dans la voiture. En sous-marin.

En fait, je crois que la captivité dans un aquarium devenu trop petit a rendu cette carpe psychopathe…

Aventures animalières (3) : le lancer de canetons

Il y a quelques années, je travaillais près d’un lac artificiel. Il y avait aussi un bassin près d’un immeuble de bureau. Il se déversait dans une rigole qui faisait le tour du bassin et se déversait dans une canalisation sous la route… destination inconnue. Sans doute le bassin de l’autre côté, en contrebas.

sursat canard

Aux beaux jours (et aux mauvais aussi), j’observais la faune sauvage (ou presque), à savoir essentiellement les canards. Et quelques mouettes, et occasionnellement un pélican. J’avais remarqué que, alors que toutes autres canes avaient donné naissance à leurs couvées sur le lac artificiel en contrebas, une originale avait élu domicile dans le bassin du haut. Des petits avaient éclos et s’ébattaient comme tous les canetons à la surface du plan d’eau.

Un bel été, en allant déjeuner, je remarquais que la couvée entière de canetons « pédalait » énergiquement dans 10 cm d’eau dans la rigole, pour lutter contre le courant qui les entraînait vers l’inconnu. La mère avait dû les faire « descendre » dans la rigole pour aller dans un bassin de l’autre côté de la route, sans réaliser que pour ça ils allaient devoir passer dans la canalisation (sans savoir si c’était possible, d’ailleurs). Y avait-il une grille, un obstacle, un passage entièrement submergé dans les tuyaux?

canetons

C’était beaucoup plus haut

Moralité, ils essayaient de remonter le courant pour remonter dans le bassin du haut. Mais vu qu’ils n’avaient pas encore de plumes et que c’était un muret à pic haut de 60 ou 80 cm, ils étaient bloqués. La mère, près d’eux, cancanait à tout va en essayant de les aider, mais faute de main ou d’échelle, elle ne pouvait pas faire grand-chose.

Coin coin coin, coin coin coincoin!

J’ai donc enlevé mes sandales pour patauger dans la rigole et aller servir d’ascenseur à caneton. Un à un, je les ai « ramassés » en cueillant de l’eau en même temps dans mes mains en coupe, pour éviter de les toucher directement, et je les ai projetés vers l’avant dans le bassin à 1 ou 2 m du bord, pour éviter qu’ils ne retombent aussi sec (… ou mouillés) dans la rigole, emportés par le courant.

Des gens ont essayé de m’aider avec une planche (instant « Mais non je m’en tire très bien, vous allez leur péter les pattes avec votre planche! » – l’enfer est pavé de bonnes intention), compliquant un peu le peu le processus, surtout parce que c’était embarrassant : j’aurais préféré que personne ne me voie faire.

anim_kitten surrounded by ducklings

Barrez-vous, cons de miiiimeuuuuh!

La mère canard a bien essayé un peu de m’empêcher d’approcher, mais dès que j’ai été trop près, elle s’est envolée pour aller sur le bassin. Elle surveillait de loin… et elle accueillait ses canetons au fur et à mesure qu’ils la rejoignaient. Une fois qu’ils l’ont tous rejoint, elle s’est éloignée avec eux à sa suite (apparemment, les canards savent compter jusqu’à « ça c’est mon dernier bébé »).

Et c’était alors que je jouais à lance-caneton, pieds nus dans l’eau vaseuse, que mon chef est passé pour aller déjeuner au centre commercial voisin et m’a salué. VDM.
Deux jours plus tard, les ouvriers du chantier voisin m’ont interpellé avec bonhomie « C’est vous qui avez sauvé les canetons? C’était vachement gentil de votre part ».
Je n’avais pas vu qu’ils avaient observé mon manège.

Hashtag « les 100 fois où je me suis pris la honte avec mes penchants de Saint François d’Assise ».

anim Les canetons, c'est mignon

Aventures animalières (2) : harcèlement de rue en 5 actes

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Toute ressemblance avec des personnes réelles existant ou ayant existé n’est hélas pas du tout une coïncidence. Enfin, quand je dis « personne »… la méthode étant à la portée du pigeon, je m’avance un peu.

A chaque fois que je vois que je vois un gars rouler des mécaniques, je pense à la parade du pigeon, qui gonfle le torse (et les plumes).

Aventures animalières (1) : Ouvre moi la porte, toi qui as la clé

Occupés sur Twitter à pépier, les clients ne voient pas le moineau prisonnier du café. Obstiné, il volète vers la porte d’entrée. Bien fermée. Pas d’arrivant en vue. D’un coup d’aile il retourne à la porte du fond.  Il y a peu de clients et encore moins s’en vont. 

moineau starbucks

Occupée à épier le petit agité, je ne vois pas ma boisson arriver. Le barista m’appelle. Je pose mon plateau sur la table qui jouxte la sortie. Le moineau me voyant s’enfuit. Depuis la porte d’entrée, il m’épie. J’ouvre en grand la porte du fond et pépie. L’oiseau bondit et me file sous le nez, droit vers la liberté. Pas si bête la cervelle de moineau.

Je referme et m’assieds, évitant le regard de clients étonnés.

Un petit pas pour moi, un peu d’hygiène en plus, un prisonnier en moins.