6 façons dont Twitter nous casse les burnes

6) « Machin et Bidule ont aimé »

Qu’est-ce que tu veux que ça me foute? S’ils ont vraiment aimé et qu’ils veulent le partager, ils ont le bouton Retweet, ça sert à ça. C’est pas la peine de fournir 2 boutons si c’est pour que tu en fasses la même chose, gros débilos.m

5) Pendant votre absence

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Le seul qui pourrait éventuellement être utile, quand on est abonné à beaucoup de monde et/ou qu’on n’a pas pu lire son fil pendant longtemps. Sauf que Twitter détermine leur pertinence sur des critères de popularité, et non d’intérêt de ta part. Donc généralement, ce sont des tweets du dernier buzz du moment dont j’avais déjà entendu parler à la machine à café, voire au journal télévisé qui maintenant a sa rubrique « Le hamster qui pète fait le buzz sur Internet », ou autre ânerie sans intérêt.

4) La demande d’informations personnelles

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Non merci. Ceux qui doivent savoir, savent. Et je sais très bien que ce que tu veux vraiment, c’est compléter le profil que tu vends à tout un tas de boîtes de publicité.

3) Les tweets sponsorisés

Dont personne n’a, très franchement, rien à carrer, sauf les 69 Community Managers du groupe HSBC dans le monde, et leurs 24 bots de retweet de tout qui cite leur marque.

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Bon, je le savais, quand un service est gratuit, le produit c’est l’utilisateur…

2) Personnes que vous pourriez connaître

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Mais ta gueule, Big Brother! D’abord, c’est rarement le cas des personnes suggérées, dont je ne sais pourquoi ils apparaissent. Je suppose que tu as recyclé l’algorithme anciennement utilisé pour suggérer de nouveaux comptes sous le nom « Vous pourriez aimer ». Ce qui n’était pas le cas non plus. Je suis assez grande pour chercher moi-même qui je veux suivre. Et surtout SI j’ai du temps à consacrer à allonger encore ma TL…

1) Au cas où vous l’auriez manqué

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Je ne les aurais pas manqué si tu continuais à faire ce pour quoi je me suis inscrite sur Twitter : m’afficher ce que postent les gens que j’ai choisi de suivre, dans l’ordre chronologique inverse, sans mettre en avant ceux les plus likés (ce qui signifie juste qu’ils sont postés par des gens qui ont plus de followers, pas qu’ils sont plus intéressants dans l’absolu, et encore moins relativement à mes goûts), ceux payés et ceux dont ton algorithme de pompom girl estime qu’ils devraient me plaire, en m’empêchant de garder la main sur ce que je vais voir.

Alors je sais, ton but, c’est que je passe de plus en plus de temps à te consulter. Mais tu sais quoi, espèce de pute-à-clics? Tes méthodes ont exactement l’effet inverse : elles me donnent envie de te chercher un remplaçant, et de virer ou masquer de ma liste de plus en plus de gens, vu que c’est le seul moyen de voir encore ceux que je ne veux pas rater.

P.S. : ton grand frère Facebook a exactement les mêmes défauts. Mais en plus il le planque.

Elections, abstentionnisme et psychologie élémentaire

Hier, j’ai voté, fait mes courses, fait diverses corvées ménagères et joué à Pokemon Go et Sailor Moon. Je vous laisse deviner quelle activité m’a paru la plus dénuée de sens.

J’ai voté et je ne vois pas de quoi me vanter. Vu que j’ai aussi peu de foi en les électeurs que les candidats. Donc sauf si Klaatu débarque et réclame le gouvernement de la planète (quoique personnellement, je préfèrerais le Patricien)… le résultat devait forcément me décevoir.

J’ai voté, en traînant les pieds, pour quelqu’un en qui je ne crois pas vraiment mais ce n’est pas bien grave parce que je savais qu’il ne serait pas au second tour. C’est ce qu’on appelle un vote de protestation.

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Jeremy Irons incarnait le Patricien dans The Colour of Magic

Je n’ai quasiment pas suivi les médias hier, parce que je savais qu’ils allaient passer la journée à nous soûler de remplissage, n’ayant ni infos ni le droit de donner celles qu’ils ont. Palme du foutage de gueule à cette émission télé du matin où on nous a doctement expliqué que ça ne servait à rien d’essayer d’avoir des infos par les réseaux sociaux (le fameux hashtag #radioLondres de Twitter), parce que « non mais c’est impossible d’avoir des résultats avant la fermeture des bureaux de vote puisqu’aucun bulletin ne sera ouvert avant », et « les sociétés de sondage se sont engagés à ne réaliser aucun sondage de sortie des urnes ». Les sociétés de sondage opérant pour les médias français, non? Pas sûr que les médias étrangers se soucient des petites bizarreries du CSA.

C’est drôle et pathétique, cette tentative des médias officiels français de tenter de décrédibiliser les réseaux sociaux et les médias étrangers qui auraient des infos avant eux. « Mais euh! C’est à nous de l’annoncer euh! Restez sur nos chaînes à écouter nos experts sortis de la naphtaline vous endormir pendant 3h de bouche-trou et de suppositions dignes du Café du Commerce ».

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Vetinari dessiné par Paul Kidby

Sinon aussi, sur les réseaux sociaux, donc, entre deux « a voté » avec photo de l’enveloppe, de la carte d’électeur, voire du bulletin, il y avait tous les appels morigénateurs à ne pas céder au premier tour à la sirène de l’abstentionnisme, qui est bien sûr faire le lit de la bête immonde machin bidule.

Je ne suis pas abstentionniste, mais je les comprends. Ce ne sont pas eux qui nous ont foutu dans la merde où on est. Ce sont les politiciens que vous voulez qu’on cautionne à nouveau en votant pour eux.

Alors le discours « Si vous ne votez pas, vous n’aurez pas le droit de vous plaindre »? Mais voter blanc, C’EST se plaindre. Le fait que le vote blanc ne soit compté que comme une abstention est uniquement une façon pour ces putains de couillons incompétents en col blanc qui tiennent les partis de nier le plus longtemps possible à quel point ils sont peu légitimes. Si vous votez pour eux, vous pouvez fermer vos mouilles, par contre, ça nous fera des vacances.

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J’ai voté presque à toutes les élections depuis que je suis en âge de le faire, mais il me semble qu’il y en a une où j’ai jeté l’éponge. Ca me faisait trop mal aux fesses de perdre une demi-heure de ma journée à faire la queue pour voter dans un scrutin joué d’avance, alors que même si « mon » candidat était élu, ça m’aurait fait suer presque autant que de voir gagner son concurrent, donné largement en tête.

Et à chaque fois, rétrospectivement, j’ai eu l’impression de l’avoir eu dans l’os. Ou autres chose.

Au deuxième tour ici, je vais forcément aller voter, mais croyez-moi : ça me fait mal aux fesses. Parce que le socialiste de droite, je le sens mal (ça me fait toujours bizarre quand ils parlent de lui en le présentant comme étant de gauche. Non mais sérieusement).

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Mais bon, déjà, si le parti qu’il ne faut pas nommer gagne, ce ne sera pas la faute des gens qui n’ont pas voulu choisir entre la peste brune et le choléra en costard. Ce sera dans l’ordre la faute :

  • des politiques traditionnels qui se sont totalement décrédibilisés à force d’être incapables d’empêcher la situation des classes moyennes et pauvres d’empirer année après année (non qu’ils essaient bien fort, remarquez), ET en piochant dans la caisse de façon tellement éhontée qu’ils sont tout étonnés quand des fois ils se font gauler la main dans la boîte à gâteaux.
  • des gens qui votent pour le dit parti, donc.
  • de ceux qui pourraient voter pour l’autre candidat.

Et méfiez-vous avec les discours moralisateurs : à force de gonfler les gens, vous pourriez motiver des abstentionnistes à aller voter pour le parti que vous conspuez… Ce serait ballot(age).

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Technologie : trop de progrès tue le progrès 

Je suis passée de OneNote (l’outil de saisie de notes synchronisé multi-plateforme de Windows) à Google Keep (son équivalent Google et j’espère qu’ils touchent des droits d’auteurs) parce que sur Android, le premier gérait mal le mode hors connexion (alors que sur mon Lumia, ça marchait nickel). Or j’écris surtout dans le métro.
Depuis la dernière mise à jour, Google Keep fait pareil. La plupart du temps, au lieu de me restituer mes textes, il m’affiche un écran blanc, incapable de récupérer les textes quand on est dans les tunnels, synchro aléatoire (cad qu’il perd des paragraphes parce qu’il recharge ce qu’il y a en ligne au lieu de conserver le plus récent saisi hors ligne).
GoogleKeepRien
Alors les développeurs à la con: mobilité, ça veut dire gérer aussi quand il n’y a pas de connexion, bordel de merde!
Oui je sais, ça n’arrange pas les Big Brother qui veulent que tout soit sur le Cloud de mes fesses à la merci du premier bidouilleur venu (coucou Apple), ni de ceux qui affichent des pubs pour rentabiliser leur appli. Mais une appli téléphone qui ne peut marcher QUE connectée ne me sert à rien! Vous vivez dans la pampa ou quoi?
fuck multiple
Idem pour les enregistreurs numériques. Sur les magnétoscopes (les jeunes, demandez à vos parents de vous expliquer le concept), on choisissait l’heure de début et de fin d’enregistrement. Les constructeurs ont ajouté de l’intelligence artificielle censée aider dans la programmation.
Donc déjà, il faut attendre que le bouzin se connecte à l’interweb cloudesque pour récupérer les infos des programmes. Ensuite vous sélectionnez celui que vous voulez. Et naïvement, vous vous dites que c’est bon, parce que bon, c’était déjà assez galère de trouver le menu d’enregistrement dans leur interface « intuitive ».
Je m’en sers rarement, mais je me suis souvenu pourquoi la dernière fois que j’ai essayé : avec son intelligence artificielle qui choisit à ta place les heures de début et de fin d’enregistrement, d’après les programmes communiqués par les chaînes, il s’arrête systématiquement avant la fin. Ben oui, l’ordinateur, ça ne prévoit pas de marge d’erreur. Alors que moi, connaissant l’âme humaine et la télé française, je le sais, qu’il ne faut pas se fier aux horaires…
Anna Wintour anim
A force de déléguer des tâches à l’intelligence artificielle, ils ont perdu la leur, on dirait.

Post-scriptum : GDP, Tokio Hotel et Metallica sont dans un bateau

Un petit post-scriptum à l’attention de ceux qui ont lu mes démêlés d’achat de billet (et ceux qui ont connu les mêmes pour A-ha et d’autres groupes), et à Jean-Stagiaire de Gérard Drouot Productions : la semaine dernière, j’ai commandé des billets à la prévente fans du Worlwired Tour, la prochaine tournée de Metallica. Tu connais Metallica? Un petit groupe de jeunes un peu connu, avec quelques fans.

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C’était la prévente pour une grosse trentaine de dates étalée sur toute l’Europe. Tu sais quoi? Certes, les places en fosse sont parties le temps de cliquer dessus, mais j’ai quand même réussi à avoir des places. En une seule fois. Pas de bug, pas de panier qui se vide tout seul le temps d’arriver au paiement, pas de page qui reste en rade à se charger pendant une heure, pas de places meilleures remises en vente dans la journée parce que toutes les buggées (cad presque toutes) étaient restées coincées dans les tuyaux.

METALLICA, 38 DATES EN MEME TEMPS.

Et toi, tu craches tes tuyaux et tu crashes au moindre concert de Jean Meyrand dans la salle polyvalente de Bidon (233 habitants). Sérieux, achète-toi un serveur ou décide-toi à payer un hébergeur digne de ce nom, ou mieux : change de métier : j’en ai marre de l’amateurisme français.

Carnet de comptoir : le sacrifice

Deux nanas, après avoir disserté sur leurs problèmes respectifs de relations, débranchent sur le dernier film d’Isabelle Carré (où elle joue une nonne qui s’occupe d’une gamine sourde, muette et aveugle – oui, l’anecdote date). Outre qu’elles trouvent ça très dur, elles s’extasient sur la beauté de ce sacrifice.

Au risque de faire de la psychologie de comptoir, je pense que la 2e partie de la conversation explique la première. Il n’y a pas de beauté dans le sacrifice, rogntudjuu! C’est juste ce qu’on essaie de nous faire croire pour nous faire accepter des situations inacceptables.

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Donc le type dont tu te demandes si tu dois rester avec, parce qu’il a des problèmes et que tu ne te vois pas élever des enfants avec, alors que ton horloge biologique te taraude, tu le largues et puis c’est tout. La seule bonne raison de rester dans une relation qu’on décrit comme ça, c’est si on risque de se retrouver à la rue parce qu’on n’a pas de boulot ou qu’on risque de le perdre. Et encore. Ca implique qu’on reste juste le temps de chercher activement à devenir financièrement autonome.

Rester parce qu’on a aussi du stress au boulot, ce n’est pas une bonne raison non plus: si tu t’enlèves le stress du mec qui te dit des horreurs quand il est énervé et avec qui la relation ne t’amène plus aucune joie même quand ça va « bien », tu supporteras mieux celui du boulot. Si tu t’enlèves l’auto-critique et l’auto-atermoiement sur le thème « c’est quand même dur de s’infliger ça », tu auras double bénéfice: un, moins de stress. Deux, tu seras contente d’avoir pris ta décision. Bonus : ce sera plus facile de trouver quelqu’un d’autre. Non parce que refuser de rompre parce que tu te dis déjà que tu vas mettre 6 mois à te remettre, c’est partir battu. Autant faire commencer les 6 mois tout de suite au contraire!

(et c’est valable aussi pour décider de changer de boulot)

Parisienne mais Presque : geekerie : la roue tourne (et revient au point de départ)

Ironie: le mec qui dit à ses collègues qui discutent de série télé « j’ai dû interpréter ce que vous disiez, parce que moi Games of Thrones je le regarde en anglais » se moque ensuite de la fille qui joue à Candy Crush. Après avoir entendu vos conversations entre collègues au déjeuner, mon gars, ce n’est pas étonnant qu’elle veuille jouer à Candy Crush. Elle a largement du temps de cerveau disponible pour suivre les deux en même temps…

Anna Wintour anim

C’est terrible, après avoir passé mon enfance dans la peau d’une geek et être maintenant assez acclimatée pour faire illusion (voire ne plus trop me sentir geek, parce que mes centres d’intérêt ont changé et que de ce fait, je ne suis plus trop au courant), j’ai l’impression que tous les Moldus se sont transformés en geeks. Et au lieu de me réjouir, ça m’énerve, parce qu’ils sont toujours aussi méprisants (envers tous ceux qui ne geekent pas comme eux). Encore une histoire de mode. De in et out, de cool et pas cool.

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Shorty et T-shirt de sport / nuit Batman et Star Wars chez H&M

 

Par exemple, on trouve des leggings aux motifs comics, on peut s’habiller aux couleurs de Batman ou Spider-man (t’as vu Lost in Chapter 13. Grâce à toi j’ai retenu la leçon!) dans la grande distribution, même pour adultes, y compris des sous-vêtements plus ou moins sexy Star Wars. Par contre, lire des comics, c’est toujours « trop nolife ». Ouate de phoque, je vous le demande… Remarquez, je fais peut-être fausse route. Peut-être que pour les gens en question, la chose incompréhensible et répréhensible n’est pas les comics, mais le fait de lire…

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Truc rigolo (… si on veut) sur le harcèlement de rue : les t-shirts de geekette (super-héros, dessin animé) sont apparemment de vrais repoussoirs (sauf pour les geeks, mais ils sont généralement trop timides pour être agressifs dans leur lourdeur dans la rue : ils gardent les commentaires égrillards pour en discuter entre eux après, comme n’importe quel mec). Et plus on avance en âge, plus c’est le cas, comme si même arborer la plastique sexy de Batgirl dessinée par John Byrne était un symptôme de non-sexytude absolue. Vous me direz que plus on avance en âge et moins on est emmerdé par les harceleurs de rue de toute façon. Mais d’une part, ces messieurs-là semblent être en manque et croire que toute femme est une marie-couche-toi-là qui ne demande qu’à être abordée pour leur ouvrir les cuisses, et d’autre part, une certaine catégorie de ces gars semble espérer tomber sur une bonne poire esseulée qui les entretienne. Notez bien que quand on voit certaines histoires, on se dit qu’ils ont raison de tenter leur chance, il y en a sur qui ça marche. Mais le t-shirt geek, par contre, ça les refroidit. Remarquez, c’est peut-être le même syndrome que le paragraphe au-dessus : la peur des femmes qui lisent. Ou la peur des femmes qui ont pour modèles des super-héroïnes qui te pètent la gueule si tu la ramènes, au lieu d’attendre qu’un prince charmant vienne les sauver.

kigurumi pikachu

Et le clivage est le même pour Pokémon Go. Cad que d’un côté la moitié du monde semble y jouer, y compris des gens pas forcément branchés Pokemon ou jeux vidéos. Et l’autre moitié du monde les traite d’un air condescendant parce que « non mais c’est quoi ce jeu de débiles ». Ben moi, tantôt, j’étais dans le jardin des Halles, en attendant que ma couette finisse de sécher à la laverie. A côté de moi, il y avait un petit groupe d’ados en train de chasser. J’ai failli répondre quand une des filles a demandé à ses potes où était le Bulbizarre (j’étais en train d’essayer de le choper moi-même), mais je me suis retenue. Et 2 mn après; voyant que j’étais toujours là mon téléphone à la main, un des garçons a demandé un peu timidement « Vous jouez aussi? », et a souri quand j’ai répondu oui. Apparemment content de voir que ce n’était pas qu’un truc de sa génération, et qu’il y avait des adultes au look à peu près normal qui y jouent aussi – et qui donc, ne le jugent pas.

Alors vous savez quoi? Moi et tous les autres, on fait ce qu’on aime et on vous em…

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Topito des attentats : les 22 phases en cas d’événement terroriste

Et ça continue, encore et encore, c’est que le début, même si je suis pas d’accord.
(l’ordre peut varier)

Phase 1 : apprendre qu’un attentat est en cours.

Phase 2 : actualiser Twitter et les sites d’infos (les chaînes d’info à la télé si on est à la maison) pour savoir ce qui se passe, et si le danger se rapproche.

Phase 3 : prévenir ses proches qu’on est en sécurité et s’enquérir qu’il en est de même pour eux.

Phase 4 : les sites d’infos font du bouche-trou pour assurer le direct, en interviewant passants, experts, toutes personnes qui n’ont rien de pertinent à dire puisqu’on ne sait pas encore bien ce qui se passe.

Phase 5 : quidams en quête de cyber-notoriété et chaînes d’infos avertissent des mouvements des forces de l’ordre et du nombre de personnes prises en otage, mettant en danger les uns et les autres car ils avertissent aussi les terroristes qui suivent les émissions dont ils sont les vedettes. Mais OSEF, bébé, faut informer.

Phase 6 : intervention des forces de l’ordre.

Phase 7 : éparpillage des terroristes.

Phase 8 : débrief sur les sites et chaînes d’infos, toujours dans le flou et le supputatif, vu que les infos précises ne sont pas encore connues.

Phase 9 : premiers tweets et messages FB « Surtout, évitez les amalgames, je crains pour les jours prochains pour mes amis musulmans ». Moi je crains la balle intentionnelle, vu que je passe régulièrement dans le quartier Oberkampf. Chacun ses priorités.

Phase 10 : premiers tweets de bougies / messages / dessins en hommage aux victimes.

Phase 11 : apparition de photos de profil hommage de type Je suis YYYY / drapeau.

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Phase 12 : premiers tweets et messages FB islamophobes. (le fait que ça apparaît bien après la phase 9 est peut-être dû à la nature de mon réseau… perso j’en vois même assez peu à dire vrai)

Phase 13 : premiers tweets et messages FB de moralisateurs « Vous êtes tous des hypocrites / des égoïstes, là vous faites vos pleureuses pour l’attentat à YYYY, mais aucun de vous n’a changé sa photo de profil pour les morts de ZZZZZZ ». Toi non plus ducon.

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Phase 14 : premiers tweets et messages FB d’hommages aux forces de l’ordre.

Phase 15 : réactions des politiques, chacun dans la ligne habituelle de son parti. Autant dire que ça brasse assez de vent pour alimenter la France en électricité éolienne pendant 1 an.

Phase 16 : les vraies infos commencent à sortir.

Phase 17 : comme elles ne suffisent pas à assurer 3h d’antenne quotidienne, le sujet est décliné sous toutes les coutures dans les médias : « Où les terroristes faisaient-ils leurs courses? » – « Jeux vidéos et terrorisme : la montée de la violence » – « Etonnant : la recette de cuisine préférée des terroristes ».

Phase 18 : interviews des rescapés, des familles des victimes, des familles des rescapés, des voisins des familles des rescapés. Si tu postes sur Twitter que ton gamin est traumatisé, attends-toi à être contacté par Canal + ou iTélé pour témoigner. Prépare un oignon pour que ton gamin puisse pleurer à la demande devant la caméra, ça rend mieux.

Phase 19 : interviews des proches et familles des terroristes « je vous jure j’en savais rien, je croyais qu’il était allé en Syrie pour les paysages ». « Wallah c’était un bon garçon, il était pas radicalisé, chien d’infidèle, et fais sortir ta chienne impure de collègue de ma maison! ». C’est comme les tueurs en série, les pédophiles, et les suicidaires : de bons voisins sans histoire.

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Phase 20 : interpellations, voire éparpillations.

Phase 21 : articles tire-larmes sur « la dérive d’une jeunesse en mal de repères à qui la société n’offre aucune perspective ».

Phase 22 : dilution dans le quotidien.

En fait, depuis 2001, entre les bidasses qui se baladent le FAMAS à l’épaule, les explosions récurrentes de valises de chaussettes sales, mars 2012, le plan Vigipirate en dents de scie, les alertes au colis suspect dans les transports, et évidemment janvier 2015, novembre 2015 (j’avais écrit ce texte à l’époque mais pas osé le poster), Bruxelles, etc, c’est devenu une routine. Une routine mortelle, hélas. Un stress de plus dans une ville où (j’en parlais précédemment) on se sent déjà agressé par les autres plus souvent qu’à son tour – mais rarement à la kalachnikov il est vrai, jusqu’à cette année.

Je me sens impuissante à y changer quoi que ce soit, aussi.

Nombreux sont ceux qui parlent (à chaque fois) d’un sentiment d’horreur, qu’un palier de plus a été franchi. Certes.

Mais il fallait que ça arrive à des gens qui étaient potentiellement vos potes pour qu’enfin vous vous sentiez menacés? Parce que Charlie, liquider des gribouilleurs satiristes dont la moitié connaissaient mieux le Coran que les djihadistes ou que vous, c’est normal? Les clients de l’Hypercacher, après tout c’est des juifs donc c’est normal qu’ils se fassent buter par des islamistes? Je sais pas, je demande. Je me demande pourquoi tant de gens ont toujours l’air de débarquer en pleine stupéfaction. On a beaucoup parlé de « sidération » après novembre 2015, mais on a déjà eu des morts à l’arme lourde à Paris. Les autres, vous les aviez déjà zappés?

Quand le même genre de tarés a pris pour cibles des gamines, au Nigeria ou au Pakistan (cf. Malala Yousafzai) parce qu’elles osent aller à l’école apprendre autre chose que le Coran, vous ne vous êtes pas sentis menacés dans votre mode de vie? Vous pensiez qu’ils allaient s’arrêter à la frontière, comme le nuage radio-actif de Tchernobyl?
Quand des petits cons même pas sortis de l’école primaire tuent pour un regard de travers ou parce qu’ils ont l’impression qu’on leur a manqué de respect, eux qui n’en montrent envers rien ni personne, vous ne vous sentiez pas en danger?

Eh ben vous aviez bien de la chance…

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Ah ben oui mais les pauvres c’est pas leur faute, c’est la faute à la misère et la dérive d’une jeunesse en manque de repères, et au colonialisme de la France.

Non. Ils n’ont pas de conscience politique autre que les 3 slogans dont on leur a bourré le crâne, ces pauvres cons. Ils n’ont pas de conscience tout court, aucun recul, aucune volonté de s’informer par eux-mêmes, ils ne font qu’avaler la propagande qui va flatter leur ego et excuser leur médiocrité.
C’est l’envie de faire chier le monde, l’égoïsme forcené de l’enfance dont ils ne sortent jamais complètement, parce que médias et associations les entretiennent dans leur victimisation et l’idée que s’ils ont des problèmes, c’est forcément à cause de leurs origines.

Tu veux donner un sens à ta vie? Engage-toi dans l’armée, ou la police, ou dans les multiples métiers de la santé, ou dans les ONG. C’est pas le boulot qui manque. Il y a des vies à sauver et à reconstruire.

A mon époque, les ados mal dans leur peau et mal intégrés se contentaient de se suicider, sans essayer de tuer le reste du monde (il y a bien eu la fraction Armée Rouge, mais c’était avant mon époque, je ne suis pas si vieille). Ceux en mal de rébellion se faisaient faire des tatouages sans l’autorisation des parents, ou portaient des vêtements décorés de têtes de mort. Les filles de bonne famille allaient épouser des ouvriers, les enfants de prolos lisaient de la poésie et essayaient de s’arracher à leur condition par l’éducation ou l’argent, ils partaient vivre en hippie faire le tour du monde tester la beuh de tous les pays.
Maintenant pour faire chier sa famille et la société, on se met à porter la burqa ou la barbe, et on fugue en Syrie. En mode tro rebelz de la laife tu ouas.

La débilité profonde des convertiEs m’échappe, en particulier. Il faut vraiment être cruche et n’avoir aucun conscience du monde réel pour ne pas comprendre qu’à partir sans compétence, sans plus-value, dans un pays en guerre, tu vas seulement servir de pute à soldat (et encore, les putes se font payer et ont une liberté relative. Il faut croire que certains, la liberté leur fait peur. Y compris la liberté des autres). Si c’est ton objectif de vie, ma foi, c’est un but comme un autre… Mais j’imagine que ce n’est pas dans cette idée qu’elles partent, dans l’ensemble.

Je préférais les tatouages et les suicides *non accompagnés de bombes*, personnellement. Ca faisait de la peine aux familles, mais à quand même un peu moins qu’avoir donné naissance à un assassin, et ça mettait moins de gens en deuil.

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L’attaché-case et le parapluie (de nos élites et leurs dérives)

Il y a une dizaine de jours, les images de Barack Obama et sa petite famille débarquant à Cuba sous la pluie, portant chacun son parapluie, font beaucoup gloser en France. On se souvient encore de notre président « normal » se faisant tenir le parapluie par un sous-fifre, et on compare.

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J’y ajoute ma pierre avec une anecdote vécue…

Il y a quelques années, je pris l’Eurostar afin de partir voir un concert de James Marsters au fin fond de la cambrousse anglaise (Coventry, pour être précise. Au passage, c’est plutôt joli, surtout la cathédrale à moitié démolie durant la guerre). Arrivée à Londres, je vis tout un aréopage de gens empressés faire grappe autour d’une personne, que ses aides firent passer par la voie express sans les contrôles. C’était Claudie Haigneré, première femme française dans l’espace, qui était à l’époque ministre pour Raffarin.

Lors du même voyage, alors que j’attendais mon train de retour sur le quai de la petite gare de Coventry, la tête dans le pâté après le dit concert et une courte nuit, je remarquai un homme roux en costume anthracite, attaché-case à la main et téléphone portable à l’oreille. Machinalement et l’esprit ralenti par la fatigue, je me dis « Tiens, c’est marrant, il ressemble à truc, là, le PDG de Virgin, mais je ne vois pas ce qu’il ferait dans ce patelin ». Il vit que je le regardais et me décocha un grand sourire.

« Oh merde, C’EST Richard Branson. » 

richard branson

(oui parce que j’ai horreur d’être prise en flagrant délit à regarder une célébrité comme une bête curieuse. Là j’étais tellement à cent lieues de penser que ça pouvait vraiment être lui que je le regardais sans penser à mal, comme une vache regarde un évêque). Sir Richard Branson, entrepreneur à grand succès, alors encore patron de Virgin Music et Virgin Trains, une des plus grandes fortunes du Royaume-Uni, s’apprêtait à monter tout comme moi dans un train – un train à lui, d’ailleurs, Virgin Trains, mais même pas le Pendolino tout moderne, juste le train normal. Tout seul, comme un grand. Tout juste le factotum de service à la gare est-il venu lui adresser quelques mots avant le départ, et Branson lui a répondu tout à fait cordialement. Bon, je soupçonne que le téléphone portable était une manière d’éviter qu’on le dérange, mais tout de même. Il avait raison : sans ça, vu le grand sourire qu’il m’a fait, j’aurais été tentée d’aller engager la conversation, vu qu’il avait l’air très abordable.

Je n’ai pas pu m’empêcher de noter le contraste flagrant entre l’entourage de 15 personnes avec lequel voyageait notre chère ministre, et l’absence de larbin dont s’entourait cet homme, millionnaire ou milliardaire, qui avait fondé plusieurs sociétés à succès (avant de les revendre avant qu’elles se cassent la figure, ce qui est intelligent aussi), et qui somme toute avait sans doute plus de réel pouvoir qu’elle.
Je me suis dit aussi que c’était sans doute pour ça (entre autres) que les entreprises Virgin faisaient du bénéfice, alors que l’état français augmente sans cesse sa dette…

Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un parapluie sans doute…

Tiens, en lisant sa fiche Wiki pour me rafraîchir la mémoire, je lis ceci qui vient à point nommé :
« Richard Branson affirme le 27 juin 2008 qu’il a refusé de payer un pot de vin d’un million d’euros demandé par un ministre français pour faciliter l’ouverture des magasins Virgin Megastores le dimanche. »

No comment…

Le gouvernement français vs le peuple

Le français à l’étranger:

*parle en français et s’offusque que l’indigène ne comprenne pas sa langue*

*ne fait pas l’effort d’apprendre une autre langue*

*répète plus fort et plus lentement comme s’il parlait à un débile* #loiTravail

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Le gouvernement français en France:

*pond une loi débile qui va créer plus de problèmes sans en résoudre aucun*

*se vexe quand le peuple proteste*

*répète plus fort et plus lentement comme s’il parlait à un débile* #loiTravail

Malbouffe : Knorr, Royco et leurs soupes à l’huile de palme et autres cochonneries

Je vous parlais il y a quelques mois d’une des soupes lyophilisées de Knorr « Secrets de Grand-mère », dont l’ingrédient majoritaire est l’huile de palme.

Figurez-vous que j’ai retrouvé un paquet pas si vieux d’une autre soupe de la gamme en question. Étonnamment, la composition affichée est tout à fait différente, et quand même un peu plus saine :

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De deux choses l’une :
1) soit Knorr, dans un mépris profond de la santé du consommateur et la course au profit, change ses recettes petit à petit en remplaçant tous les bons ingrédients par des cochonneries.
2) soit c’était déjà des cochonneries à la base, la recette mentait, et ils ont eu droit à un contrôle qui les a pris la main dans le sac (enfin, dans le bain d’huile).

Je penche plutôt pour la première hypothèse, qui me semble une constante de beaucoup de marques d’agro-alimentaires actuellement…

Nouvelle preuve en détaillant la composition de la nouveauté du concurrent, Royco : le velouté de potiron!

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