Portrait de fan (5) : le professionnel

« J’aurais voulu être un artiste

Pour avoir le monde à refaire

Pour pouvoir être un anarchiste

Et vivre comme un millionnaire »

J’aurais voulu être un artiste (Blues du businessman) – Luc Plamondon et Michel Berger

Description

C’est le rêve de beaucoup (et peut-être plus encore de leurs conjoints) : le fan qui réussit à vivre de sa passion, au lieu de dépenser tout son salaire en produits dérivés. Ils ne sont pas nombreux, mais ils existent.

Certains écrivent des livres ou deviennent journalistes, en élargissant le spectre de leur passion à des sujets voisins afin de pouvoir en vivre. La plupart des chroniqueurs de cinéma et de musique sont avant tout des fans. Cameron Crowe, journaliste à Rolling Stone, s’est inspiré de sa propre histoire de tout jeune fan de rock devenu pigiste au culot sur la tournée d’un groupe, pour écrire le scénario du film Presque Célèbre.

D’autres ouvrent un magasin ou tiennent un petit musée consacré à leur idole. On citera par exemple Elvis My Happiness, le fan-club ayant pignon sur rue avec une boutique (9 Rue Notre Dame des Victoires, dans le 2e arrondissement de Paris) entièrement dédiée au King. Cette communauté de fans organise également des voyages aux USA permettant notamment d’aller visiter Memphis, Graceland et autres lieux cultes de l’histoire d’Elvis Presley. On trouve également le gérant de Lucky Records, une boutique consacrée à Madonna, qui avec le temps a étendu son domaine à tout ce qui est albums collectors et artistes des années 70, 80 et actuelles. Il édite aussi le magazine du même nom, sur les mêmes sujets.

Dans les années 90, le marché du manga et de l’animation japonaise en France s’est développé essentiellement sous l’impulsion de passionnés, comme Dominique Véret, à l’origine de la boutique puis de la maison d’édition Tonkam (rachetée depuis par Delcourt). Anime Land, actuellement le magazine référence d’animation japonaise en France, a commencé comme simple fanzine photocopié en noir et blanc. Certains des contributeurs actuels font partie de l’équipe d’origine, à commencer par le rédacteur en chef.

Evidemment, il faut pour cela non seulement une énorme dose de passion, de bonnes qualités de gestion, mais aussi que cette passion soit partagée par assez de monde pour que le marché en soit rentable.

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Almost Famous

Archétype

Ceux cités en exemple.

Avantages

En tant que professionnel : il connaît bien son sujet (on aimerait pouvoir en dire autant de tous les vendeurs et journalistes). En tant que fan : il a de meilleurs accès que le fan lambda.

Dangerosité

Nulle.

Phrase fétiche

« J’ai là une pièce rare. »

Sociologie du drama sur les réseaux sociaux 

C’est curieux : quand quelqu’un fait ou dit un truc qui t’agace sur un forum ou un rézosocial, si tu exprimes un avis publiquement sur le forum, c’est vache (enfin, tu reçois aussi souvent des soutiens en MP de gens qui sont d’accord avec toi, mais qui n’osent rien dire).
Si tu ne l’exprimes que sur ton propre FB / blog, c’est considéré comme lâche.
Mais d’expérience, le dire à la personne directement, que ce soit par PM ou en personne, ça ne change rien, si ce n’est que la personne se braque encore plus et que ça pourrit généralement le forum.
En gros donc, tu as surtout le droit de fermer ta gueule. Droit que n’applique hélas pas la personne qui t’a gonflé.
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Au final, comme je suis pour l’égalité des droits, et que je n’ai pas l’intention de choper un ulcère à me retenir de râler (je somatise nettement moins depuis que je râle plus, au boulot), je commente là où ça causera le moins de drama. Surtout quand je n’ai pas l’intention d’épiloguer 3h avec la moitié de la planète sur le sujet. Ni avec le sujet. Se battre contre des moulins à vent, hein…
Et dans la mesure du possible, j’évite, je « mute » (sur Twitter) ou je bloque les gens dont les déblatérations me tapent systématiquement sur les nerfs. J’en supporte assez dans la vie de tous les jours, je n’ai aucune raison de m’infliger ça sur les réseaux sociaux. La liberté d’expression, ça n’a jamais signifié qu’on était obligé de t’écouter, eh, dugland. Ni qu’on n’a pas le droit de pointer du doigt que tu racontes des âneries, du reste.
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Je comprends donc que les autres fassent de même. Et je m’étonne qu’un tiers leur fasse un procès d’intention dans ce cas. En général des tiers mal placés pour cela. Si si j’assume, je n’ai juste pas du tout envie de perdre davantage de temps sauf pour en rire ou me détendre en taillant des costards.
Et dans le cas de spécimens comme celui-ci (ce n’est même pas moi qui l’ait bloqué, mais il écrivait tellement de conneries que je suis allée voir sur son profil si c’était un vrai débile ou un troll… j’y ai trouvé ce post, et la conviction que c’était la première solution. Ca fait peur quand même), on perd des neurones rien qu’à essayer de discuter avec. Donc…
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Portrait de fan (4) :le clone

« Donne-moi ton visage

Ton attitude

Tous tes désirs et ton âge »

I wanna be U – Superbus

Description

Celui-là cherche à se rapprocher de son idole de la manière la plus visuelle : en lui ressemblant, à travers les vêtements, la coiffure, apprenant les chorégraphies et les chansons, en fonction de ses propres aptitudes artistiques. Certains en font même des spectacles, que ce soit dans le cercle familial et local, voire même en se lançant dans le business du sosie, avec danseuses etc. Là encore les profils et motivations diffèrent : de celui qui fait juste ça pour s’amuser, à l’occasion des concerts, comme au carnaval, à celui qui perd un peu le sens de sa propre identité, à force de vouloir s’évader de sa réalité pour rejoindre celle de la célébrité.

Souvent, il se reconnaît en l’artiste, que ce soit sur un plan physique ou psychologique – ils ont traversé des épreuves similaires, ou bien l’artiste affiche ce que son fan aimerait pouvoir revendiquer. Il essaie alors de renforcer le lien en ressemblant à son tour à son idole. C’est à la fois un hommage et une volonté de s’identifier. Ou seulement l’un des deux.

Entre en jeu également le goût du déguisement : de la même façon qu’on « s’habille » pour sortir, on note en marge des concerts une tendance à copier le look que l’artiste. Les armées de fans arborent les couleurs du seigneur auquel ils se rallient… Ca commence en portant un T-shirt à leur effigie, mais ça peut aller plus loin dans l’imitation. C’est aussi parfois, plus simplement, pour marquer l’occasion et se mettre dans l’ambiance. On prolonge sa passion en participant, au lieu de rester spectateur. On connaît l’effet libérateur que peut avoir un masque ou un déguisement. Et les artistes eux-mêmes en usent et en abusent : les plus poignants sont ceux qui se racontent sous couvert d’interpréter un rôle. Les fans, eux aussi, expriment plus facilement leur enthousiasme une fois en tenue.

L’enthousiasme aidant, les gens aiment se faire prendre en photo à côté des sosies, presque autant que s’ils rencontraient les vrais. Faute de grives, on mange des merles.

Certains poussent très loin le mimétisme, comme Herbert Chavez, un Philippin de 35 ans qui a subi de multiples opérations de chirurgie esthétique afin de ressembler à son héros, Superman.

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Archétype

Bernard Frédéric, sosie de Claude François dans Podium.

Avantages

Il met des couleurs dans les concerts et les conventions.

Dangerosité

Nulle, sauf pour eux-mêmes. Parfois casse-pieds quand leur mimétisme se double d’une volonté démesurée d’attirer l’attention, et que les fans y contribuent en leur vouant quasiment la même admiration qu’à leur modèle.

Phrase fétiche

« Nous avons nos fans, mais ce sont d’abord les leurs »

Ecologie du fandom :

Dans la série « recyclons les vieilleries » (je tiens un blog écologique!), d’autant que les fandoms sont finalement toujours un peu les mêmes, seuls les sujets changent…

J’avais naguère et jadis imaginé cette galerie zoologique des différents types de fans, à l’époque du fandom de la série Buffy The Vampire Slayer et en particulier de Spike, incarné par James Marsters. A rapprocher de mon quizz Quel type de fan es-tu?

Les bisounours

Les bisounours

Les poissons rouges

Les poissons rouges

Les hyènes

Les hyènes

Les 3 singes

Les 3 singes

Les mères-poules

Les mères-poules

Les mouettes

Les mouettes

Les requins

Les requins

Toute ressemblance avec des fans existants ou ayant existé ayant inspiré ces panneaux serait difficile à trouver vu que j’ai changé 3 fois de fandom depuis… Mais si les noms changent, les archétypes restent. Hélas.

Et là vous me direz : « C’est pas beau de se moquer, tu aimerais qu’on fasse la même chose avec toi? »

Ce à quoi je vous répondrai :

Et moi dans tout ça

Et moi dans tout ça

Portrait de fan (3) : le militant

« Si j’existe, c’est d’être fan »

Fan – Pascal Obispo

Description

Le militant ne se contente pas d’aimer son sujet de prédilection, il veut également convaincre le reste du monde que cet amour devrait être universellement partagé. Pour cela, il utilise tous les moyens de communication à sa disposition. Dans les temps anciens, cela se limitait à la création de fan-club, de street team (littéralement « équipe de rue », des fans qui s’organisent en petits groupes pour faire la promotion de leurs idole), la distribution de flyers (prospectus publicitaires), et éventuellement à des campagnes d’appels auprès des médias officiels – radios, magazines, télévision. De nos jours, tout cela peut s’organiser à grande échelle sur Internet, par l’intermédiaire de forums, conduisant à des fan-actions internationales (envoi de cartes postales à des chaînes de télévision pour protester contre l’arrêt de séries comme Star Trek ou Firefly).

Parfois, cette activité s’explique par un espoir d’attirer l’attention voire la gratitude du sujet, et peut-être d’obtenir ainsi des passe-droits (accès à des concerts, des soirées, bref être plus qu’un fan). Cela répond aussi au besoin de s’engager pour une cause, même si celle-ci ne semble pas bien noble à un œil extérieur. Comme je l’ai souvent lu, « les vrais héros, ce ne sont pas les chanteurs / acteurs » ce sont les héros du quotidien, pompiers, médecins etc qui sauvent des vies ». Certes. Mais les artistes et sportifs jouent un rôle primordial sur le moral, et diminuent le stress. Donc d’une certaine façon, ils augmentent la qualité de la vie – à commencer par la leur, avec leurs royalties.

Même s’il peut se cacher des motifs égoïstes derrière cet engagement (comme tout autre), qu’on ne s’y trompe pas : rares sont les gens qui ont assez de temps et d’énergie à perdre pour se dédier à ce point à leur sujet sans en être réellement passionné. Depuis que les maisons de disques ont renoncé à investir dans la publicité sauf pour les produits déjà vendeurs, elles utilisent ces réseaux en les mobilisant par des concours pour leur faire répandre la bonne parole et des bannières de publicité sur le web.

rock star film

Archétype

Chris Cole dans le film Rock Star. (film qui, au passage, est sans prétention mais assez sympa. Plus de détails en fin de cet article)

Avantages

Il fait vivre le fandom même en période de faible actualité, en créant des événements et en canalisant les énergies vives de personnes d’horizons divers

Dangerosité

Il peut finir par se retourner contre le sujet, si les avantages en retour ne sont pas à la hauteur de ceux attendus. Ce qui est rarement le cas.

Phrase fétiche

« Il faut absolument que tu lises ça! »

Portrait de fan (2) : l’analyste

« I’ve analyzed anything, everything that you do

I’m physically, mentally over-obsessed with you »

Screamin’ – Tokio Hotel

Description

L’analyste est une sous-catégorie du collectionneur-archiviste. Non seulement il veut connaître tout ce qu’a fait son idole, et tout ce qui a été dit et écrit sur elle, mais il voudrait aussi connaître tous les rouages de sa personnalité et de son processus de création. Pour cela, il dissèque à outrance le moindre événement a priori insignifiant, pour en tirer toutes les hypothèses possibles. Il peut disserter pendant trois jours sur les interprétations à donner à un changement d’adjectif dans les paroles d’une chanson lors de son interprétation en concert (alors que l’explication la plus probable est un trou de mémoire ponctuel).

S’il a un minimum de recul, il conclura qu’on ne peut de toute façon pas statuer sans connaître la personne. Ca ne l’empêchera pas de continuer à cogiter à voix haute et de faire part de ses théories de spécialiste à qui veut l’entendre.

Chez les auteurs de fan-fictions, cela se traduit par des envolées psycho-philosophiques sur le pourquoi du comment de chaque détail d’une vidéo, et une tendance à transformer un commentaire fait en passant en trait de caractère marqué. Ainsi, le musicien qu’on voit se plaindre une fois de la saleté des coulisses se verra taxé d’être un maniaque de la propreté, phobique des germes. Un personnage de fiction qui saute négligemment une barrière dans un épisode devient un gymnaste accompli à qui on prête un passé de sportif de haut niveau, ou des prouesses hors du commun dans les fan-fictions et même les discussions.

C’est que la nature a horreur du vide, et quand les gens s’ennuient et qu’ils n’ont pas d’autre sujet de cogitation à portée de neurone, leur cerveau s’occupe comme il peut avec ce qu’on lui fournit. Pour certains ce sera les péripéties de la télé-réalité du moment, pour d’autres la politique, d’autres encore deviner les gagnants du quinté. Pour les fans, c’est leur sujet habituel.

Oui, c’est ce que je fais en rédigeant ce livre sur les fans, aussi. C’est vous dire si je sais de quoi je parle.

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Archétype

Tout auteur de biographie d’artiste, ou le personnage de Gros Bill dans le roman Big Fan de Fabrice Colin. (… cela dit cette série s’annonce mal côté illustration : c’est dingue comme les archétypes de fans dans la fiction sont, physiquement, réduits à beaucoup moins de morphotypes que de profils psychologiques…).

Avantages

Dans la somme de leurs hypothèses, il s’en trouvera forcément une qui tombe juste. Et puis ils arrivent à trouver de quoi alimenter les communautés de fans même quand il ne se passe rien. L’oisiveté… ‘fin bref.

Dangerosité

A part surcharger les serveurs des forums et les neurones de ceux qui veulent juste se distraire par leurs messages de dix paragraphes, pas énorme. La parade : la formule d’usage sur les forums anglophones : tl;dr (« too long, didn’t read » – trop long, je n’ai pas lu).

Phrase fétiche

« Je pense que ce qu’il a voulu dire… »

Babymetal : l’intimité à cinq (plus trois. Voire plus sept)

En début d’année, je consacrais mon premier coup de gueule fandomesque au groupe norvégien A-ha, dans un article intitulé l’intimité à 15 000. Cela suivait l’annonce d’une tournée annoncée comme « intimiste », dans les mêmes salles de concert type Bercy que l’an dernier.
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Après un décompte sur le site du fanclub officiel de Babymetal (géré par Amuse, la société qui s’occupe du groupe), mon nouveau fandom a annoncé un événement bien différent : The Five. Le fanclub (bien qu’il soit marqué dans l’inscription que ce n’en est pas un) porte un nom : The One, et c’est aussi le nom donné aux fans élus par le Dieu Renard*.
Et donc, après les concerts à la billetterie exclusivement réservée aux The One, le site a appelé le 23 janvier à se manifester (veuillez excusez l’étrangeté du langage : c’est traduit en anglais depuis le japonais par Google Chrome), pour ceux qui voudraient faire partie des « Cinq Elus » qui pourront assister à un événement spécial le 1er avril prochain, jour du Renard (ne cherchez pas, c’est une autre invention de Koba-Metal, la tête pensante derrière le groupe) :
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Appelés : des The One « prêts à recevoir une révélation particulière du Dieu Renard ». Rien que ça. Comme souvent pour les « special events » réservés aux fans, on ne sait pas trop ce qu’il y a derrière. Mais on peut subodorer que les 5 heureux élus seront les premiers spectateurs du Blu-Ray « Live at Tokyo Dome », leur dernier show événementiel dans la mythique salle de Tokyo, rempli comme un oeuf deux soirs de suite, pour une Black Night et une Red Night. Voire même, rêvons un peu, qu’ils auront à écouter un ou plusieurs titres du prochain album. Peut-être même en audience (showcase) privatif (d’où le 5 + 3, voire 7 si le Kami Band est présent).**
Conditions : outre l’affiliation à la secte au fanclub, pouvoir être à Tokyo le 1er avril. Triste. Ce n’est pas mon cas, donc je n’ai pas postulé. En même temps, j’ai peur que la Révélation du Dieu Renard ne perde un peu de son sens quand on ne comprend pas le japonais couramment. Le fait que la partie The One du site officiel ne soit pas disponible que dans cette langue, et les bribes d’anglais assez répétitives des petiotes sur scène laissent peu augurer de la capacité de l’équipe à assurer la traduction. Or de ma jeunesse mangaphile, j’ai conservé quelques bribes fort utiles pour retenir un peu les paroles de Megitsune, mais ça ne va pas plus loin.
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Je n’ai rien compris à ces dernières phrases non plus. C’est très mystérieux, parfois, de suivre un fandom dans une langue qu’on ne comprend pas…
*Cad ceux qui ont suivi la procédure d’inscription, consistant à acheter sur leur site, A!Smart, l’objet de merchandising indiqué pour l’année. L’an dernier, c’était une serviette. L’année d’avant, un genre de cape courte à capuche.
Pour 2017, c’est The Big Tee, un t-shirt XXXXL qui arrive aux cuisses d’un gars lambda, et qui sur mon format crevette, tient de la tunique rituelle. Si on pratique des sacrifices humains aux événements The One, ça ne fera pas de tache… bref.
Hm? Ah oui, j’oubliais de dire que cette année, comme ils ont simplifié la procédure et qu’on peut enfin commander sur A!Smart sans se créer un compte sur un site qui fait les intermédiaires, je me suis inscrite. Je suis donc officiellement un renard. Kitsune! \m/
**Le « code » des idols limite les interactions directes hors scène avec le public. Comme les jeunes membres de Babymetal y sont encore soumises, a priori, et en dépit du pouvoir donné par le Dieu Renard, il est peu probable qu’il y ait également une rencontre avec le groupe, avec photo et dédicace, comme c’est le cas pour d’autres artistes. Mais bon, c’est le jeu avec ce type de groupe. Et ça tombe bien, car à ce stade ça m’est relativement égal. D’autant que à part « Mouzikku de arigatou gozaimashita », je n’ai pas grand-chose à leur dire, aux pioupioutes.

Portrait de fan (1) : Le collectionneur

« Every breath you take, every move you make

Every bond you break, every step you take

I’ll be watching you »

Every breath you take – Police

Description

Plutôt masculin, mais pas exclusivement, sa caricature la plus connue est le geek fan de comics ou de science-fiction. Celui qui chaque semaine dépense une fortune pour acheter toutes les nouvelles sorties, fouiner sur les sites d’enchères, les salons et les boutiques spécialisées à la recherche des incunables, raretés oubliées, éditions limitées avec sérigraphie métallisée et signée de l’auteur. Et qui surtout, surtout, ne sort jamais une figurine de sa boîte ou une édition limitée de son film plastique! (elle y perd de sa valeur). Celui qui fait le désespoir de ses petits neveux parce qu’il a plus de jouets qu’eux, mais qu’il leur interdit de les sortir de la vitrine. Ou qui ne lit ses bandes dessinées qu’entrouvertes, pour ne pas plier la tranche.

C’est l’instinct du chasseur reconverti à la vie moderne, où il ne sert plus guère dans sa forme initiale. On guette, on est à l’affût sur Internet, dans les vide-greniers… qui ne sont pas fréquentés que par des fans de quelque chose de précis, loin de là.

On peut aussi cataloguer dans cette catégorie les archivistes, mémoires vivantes du fandom, qui ont tout lu, tout écouté sur le sujet, et qui surtout, se souviennent de tout. Ceux-là, parfois, mettent en ligne leurs informations, voire leurs fichiers (audio, vidéos, bootlegs…) sous forme de site web ou de base de données. Travail ardu et ingrat d’encyclopédiste, qui peut faire sourire pour un sujet considéré comme futile. Mais qui s’avère ô combien utile aux fans moins acharnés, quand ils cherchent une information précise.

Si vous souhaitez vous faire une place dans un fandom et que vous estimez ne pas être assez bon orateur pour être remarqué sur les forums, ne pas avoir le talent requis pour écrire des fan-fictions ou dessiner des fan-arts, mais que vous êtes passionné et que vous avez du temps et le sens de l’organisation, c’est le créneau qu’il vous faut.

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Archétype

le vendeur de comics dans les Simpsons, le collectionneur de jouets de Toy Story 2

Avantages

véritable encyclopédie vivante du fandom, il peut dire quel jour est sorti au Pérou le maxi-45 tours du 3e single du groupe, ou chez quel éditeur trouver le tirage de tête de votre BD préférée. Il fait aussi fonctionner presque à lui seul les réseaux de distribution spécialisés, permettant de conserver une diversité de titres et d’artistes en soutenant les œuvres encore inconnues du grand public.

Dangerosité

faible, sauf si vous manipulez sans précaution sa figurine collector de Boba Fett, ou éventuellement si vous possédez chez vous la pièce manquante de sa collection.

Phrase fétiche

« Tu ne te rends pas compte, c’est collector! »

Lundi mon tag : Liebster Awards 2017 (4e épisode)

 Céline et Natacha du blog Loufoxinlove m’ont taggée pour un 4e Liebster Awards, dit « Le Boomerang ». Les trois précédents sont ici :
Comme au 4e, je manque d’inspiration pour citer 11 faits sur mois, je passe directement aux réponses à leurs questions.

Mes réponses

Si ton blog était un livre lequel serait-il ?

Un recueil de nouvelles. Genre Anthologie de Présence du Futur. Ou l’Almanach Vermot. Parce que d’une part, j’ai du mal à faire preuve de constance dans mes centres d’intérêt, et d’autre part, je m’intéresse à beaucoup de sujets en même temps.

Si ton blog était un média lequel serait-il ?

Entrée Libre version Laurent Weil.

Si ton blog était un film lequel serait-il ?

Sacré Graal des Monty Python. Que je ne considère pas comme un chef d’oeuvre, sinon je n’oserais pas, mais qui a quand même plusieurs scènes cultes bien allumées. Et le côté patchwork d’influences.
anim holy grail monty python

Si ton blog était une musique laquelle serait-elle ?

Megitsune des Babymetal. Un mélange bizarre d’influences diverses, qui a priori n’ont rien en commun, et qui pourtant se nourrissent les unes les autres, pour un résultat original et réjouissant – et que j’aimerais aussi addictif que leur musique…

Si ton blog était un monument lequel serait-il ?

Le Petit Palais. Juste parce que je l’adore.
petit-palais-wilde-1

Si ton blog était un endroit lequel serait-il ?

Cologne, ville d’histoire, de musées, de mélange de cultures bien vivantes (avec le plus grand salon de jeux vidéos européens et un festival de film fantastique, entre autres), et de gâteaux.
Fontaine d'Eau de Cologne 4711 rue  Glockengasse

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Lundi Mon Tag : Autumn Book Tag

Tiens, encore un tag de June… (alors oui : je les case quand je peux. Du coup on n’est plus vraiment en automne. Encore un peu et je le postais à l’automne d’après. De toute façon, c’était ça ou rompre la trêve des confiseurs…)

TROUVEZ UNE COUVERTURE QUI VOUS FAIT PENSER À L’AUTOMNE.
dragonlance_automneDragons d’un crépuscule d’automne, de Weis et Hickman
Punaise, je n’avais pourtant pas repensé à Dragonlance depuis bien longtemps (enfin, depuis que j’avais posté cet article de blagues vieilles de 15 ans au bas mot…), mais autant pour certaines choses j’ai une imagination débridée, autant pour d’autres, je suis bassement littérale. Et c’est le seul qui m’est venu en tête.
Les 4 tomes principaux de cette série d’heroic fantasy inspirée d’un jeu de rôles, et qui en a inspiré un autre, avaient chacun le nom d’une saison. Pas forcément de rapport avec l’histoire, plutôt avec l’ambiance générale, si je me souviens.

UN LIVRE PARFAIT POUR LIRE AU COIN DU FEU.

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The Unadulterated Cat, Terry Pratchett.
Parmi les oeuvres les moins connues de Sir Terry, il y a ce petit volume où, en amoureux des chats, il décrypte leurs travers avec l’humour qu’on luit connaît. Ce n’est pas son meilleur travail, mais comme feel-good lecture, des chats par Pratchett… voilà quoi.

UN LIVRE QUE TU UTILISERAIS POUR ALLUMER LE FEU.

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The Vampire Armand, d’Anne Rice.

Là encore, je ne l’ai pas relu depuis longtemps (jamais relu du tout, en fait, depuis sa sortie). Mais je me souviens encore distinctement comment, en le finissant, alors que je suis contre la destruction des choses écrites, j’estimais qu’il faudrait n’en garder que 30 pages et arracher tout le reste pour le jeter au feu. C’est l’un des romans qu’a écrit Anne Rice pour expliquer le background  (la « origin story », si c’était des super-héros ) des personnages de sa saga Entretien avec un Vampire. Problème : cet opus ressemble plutôt à une mauvaise fan-fiction vaguement érotique, dont les relations sont  essentiellement de consentement douteux, de surcroît impliquant un mineur (Armand, alias Amadeo, alias Andrei, étant enlevé enfant à sa famille). Si c’était raconté comme un témoignage façon Syndrome de Stockholm, ça aurait pu être intéressant. Mais là, la relation entre Armand et son « initiateur », Marius, vampire de 1500 ans (soit 100 fois plus qu’Armand au moment où il l’achète dans un bordel après qu’il ait été enlevé de sa Russie natale) est présentée comme une grande histoire d’amour. Excusez-moi, j’ai un peu de vomi qui remonte rien que d’en reparler… Et la plupart de ses couillonnes de lectrices en parlaient de la même façon! Ah croyez-moi, E.L. James n’a décidément rien inventé avec ses 50 nuances de daube! (accessoirement, Armand, c’est mon personnage préféré des Chroniques des Vampires. Donc le premier qui y touche se prend un pieu dans la margoulette. Le dernier aussi. Capisce?)

UNE COUVERTURE AVEC DU BRUN COMME COULEUR PRINCIPALE OU DES FEUILLES SUR LA COUVERTURE.
Je n’en sais rien, j’écris ça dans le métro histoire de faire du stock parce que je n’ai plus le temps de bloguer comme je voudrais. Alors je n’ai pas ma bibliothèque sous le coude.

COMME QUAND VOUS GUÉRISSEZ APRÈS UNE LONGUE PÉRIODE PENDANT LAQUELLE VOUS AVEZ ÉTÉ ENRHUMÉ, UN LIVRE QUE VOUS ÉTIEZ CONTENT D’AVOIR FINI.
Je lutte encore avec, le roman Actors Anonymous de James Franco. Oui, l’acteur. C’est un roman, pas une autobiographie (quoique). Il faudra que je fasse un article dessus. Si je le finis. Et que je trouve le temps.

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UN FILM QUE VOUS AIMEZ REGARDER ENCORE ET ENCORE QUAND LE FROID REVIENT S’INSTALLER.
Un jour sans fin. Bill Murray, Andie McDowell, scénario et réalisation de Harold Ramis. En plus ça se passe en hiver sous la neige.

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QUELLE SÉRIE DE LIVRES AIMERIEZ-VOUS LIRE CET AUTOMNE ?
Ah ah ah…
J’aimerais déjà bien avoir le temps de finir UN livre, mais entre un boulot à plein temps et le mal de dos associé au fait de bosser sur un ordinateur ET d’essayer d’y tenir un blog sans être envahie de tags, quand je ne suis pas au taf, j’essaie de rester debout et de m’activer (et pour ça, PokemonGo est une bonne motivation).

UN LIVRE QUI VOUS FAIT VOYAGER.
Ben tous ceux que je choisis de lire, c’est un peu le principe des livres, non?
Je ne vais pas lire un livre sur le quotidien d’une consultante informatique qui fait des PowerPoint en mode Agile à longueur de journée, sinon il y aura  un incident voyageur de plus sur ma ligne… Elle est con cette question.

Voilà. J’en profite pour signaler, en suite à la réponse de l’avant-dernière question, qu’il est inutile de me tagger sur d’autres tags de lecteurs : primo je n’ai pas le temps de lire les quelques livres que j’achète encore, secundo ça m’agace de me rappeler que je n’ai pas le temps (même si une autre raison de ne plus lire autant est le manque de motivation parce que peu arrivent à me captiver), et je n’ai vraiment pas besoin de ça pour me mettre de mauvaise humeur, et tertio je n’ai pas non plus le temps d’écrire tous les articles que je veux écrire.

Du coup soyez soulagés, je ne taggerai personne ici non plus. Mais si le tag vous inspire, n’hésitez pas à le piquer.