Portrait de fan (8) : la starfucker

« Now I belong I’m one of the chosen ones

Now I belong I’m one of the beautiful ones »

Starfuckers Inc. Nine Inch Nails 

Certains couchent pour réussir, pour elle (ou lui) c’est l’inverse : son critère de réussite est de parvenir à coucher avec son idole. Ou plutôt avec ses idoles : la starfucker convoite en général tout ce qui brille et qui est célèbre. Cela peut être une stratégie pour acquérir soi-même une notoriété, mais souvent l’objectif n’est que de remplir son tableau de chasse de têtes connues. Plus ou moins connues, d’ailleurs. Même les acteurs seconds couteaux en convention, et les membres plus obscurs de groupes de rock, voire même leur entourage (roadies, gardes du corps, manager, etc), en profitent allègrement – normal : ils sont plus accessibles.

Lors d’une convention Buffy, je me suis retrouvée dans un ascenseur avec une dizaine d’autres fans et l’un des acteurs invités. C’était l’un de ceux assez accessibles et assez peu connus pour se permettre de circuler parmi nous sans précautions particulière. Quelqu’un a plaisanté « On a un acteur avec nous, bloquez l’ascenseur! ». Son regard noir en retour m’a surpris, car il était d’habitude très débonnaire et blagueur. Il a expliqué que c’était moins drôle quand cela arrivait réellement, et qu’un jour en rentrant fatigué dans sa chambre d’hôtel après une séance de dédicace, il y avait trouvé une fan sur le lit… Cette situation pourrait sembler agréable à certains, mais ne l’était apparemment pas pour lui, d’autant qu’il voyageait accompagné de sa femme. Sans parler de l’aspect anxiogène que cela représente, de voir l’intimité de sa chambre forcée par un parfait étranger.

Ce qui m’a le plus étonnée était qu’il ait droit à ce type de surprise, car  je pensais jusqu’alors que seuls les sex-symbols et les stars pouvaient susciter des élans aussi extrêmes. Or, sans être repoussant, ce n’était pas un apollon, et la plupart de ses rôles étant masqués, il n’avait rien non plus d’une tête d’affiche. Il faut croire que l’aspect aphrodisiaque de la célébrité fonctionne dès un stade très bas de celle-ci, sur certaines personnes?

sable starr groupie

Sable Starr, baby groupie, avec Iggy Pop

Archétype

Certaines de celles citées dans les livres sur les groupies, ou dans cet article, entre autres. Même si pour certaines comme Anita Pellenberg, le terme me paraît réducteur, pour avoir lu l’autobiographie de Keith Richards dont elle fut l’épouse plus de 10 ans et avec qui elle a eu 3 enfants. Pour Sable Starr en revanche, en photo ci-dessus, la reine des « baby groupies », c’est assez clair : Pamela Des Barres disait dans sa bio qu’elle n’avait pas apprécié du tout de se faire piquer la place par ces gamines qui, contrairement à la génération d’avant aimaient d’abord la musique et ensuite les musiciens. Ou alors c’était la jalousie qui parlait… La frontière est d’autant plus ténue entre groupie et starfucker que la définition de groupie est assez floue. Si vous en connaissez dans la fiction, n’hésitez pas à me les citer en commentaire!

Avantages

Fournit des anecdotes hautes en couleur – parfois à son insu. Vu sa grande facilité à sympathiser avec tous ceux qui ont un quelconque lien avec les célébrités, cela peut permettre de se faufiler dans son sillage… à condition de n’avoir aucune chance de lui faire de l’ombre, ou au contraire si on peut soi-même lui obtenir des entrées.

Dangerosité

Assez faible, sauf pour la solidité du couple de ses cibles.

Phrase fétiche

« Voulez-vous coucher avec moi ce soir? » (in French in the text. Vous seriez étonnés du nombre de gens de part le monde qui ne connaissent que cette phrase en français, et n’hésitent pas à vous la sortir à la première occasion)

Lecture : Life, de Keith Richards

Il y a de cela quelques années, j’ai lu avec un grand intérêt la pourtant longue autobiographie de Keith Richards. Je ne vous fais pas l’affront de vous dire qui est Keith Richards? Guitariste des Rolling Stones. Pour les plus jeunes, c’est lui qui joue le père de Jack Sparrow dans Pirates des Caraïbes. Normal, vu que Johnny Depp lui a tout piqué pour créer le look de Jack.

Contrairement à celle de Patti Smith qui m’avait fait l’effet d’un long auto-cirage de pompes très cliché en mode « la Bohème », ou à celle de Françoise Hardy qui était un peu dans le même genre name-dropping « j’ai côtoyé du beau monde, moi », joliment écrite mais un peu creuse, celle de Keith Richards fait moins dans les effets de style, mais raconte en détails sa jeunesse, ses influences musicales et de ses « trucs » de guitariste, et la vie d’une vraie rock star.

keith richards life

Je ne ferais pas un compte-rendu détaillé, mais j’avais pris des notes en lien avec mon étude sur les fans, puisque, pour une fois, j’avais accès à l’opinion depuis l’autre côté de la barrière… Eh bien croyez-le ou pas, j’ai trouvé plus d’humanité dans les récits pragmatiques et sans fard d’un Keith Richards que dans le livre de Pamela des Barres… (je ne garantis pas que ça se passait comme il le raconte, mais il a au moins le mérite de ne pas se la raconter. Il ne faut pas oublier non plus qu’il parle du temps de sa jeunesse, où les groupes n’étaient pas entourés d’autant d’argent et de parasites / d’entourage que maintenant, et où donc, l’intendance n’était pas assurée par des hôtels 5 étoiles. Et où les filles qui n’étaient pas groupies étaient de toute manière confinées à une vie de femme au foyer. Alors entre faire un sandwich à une rock star et se la taper ensuite, ou faire un sandwich à un mari ennuyeux sans avoir d’autre horizon que la machine à laver et le goûter des enfants… autant le faire pour la rock star!).

Ceci fera un bon interlude entre le « portrait de fan » de vendredi dernier et celui de vendredi prochain.

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Si je me souviens de ce concert, c’est surtout parce qu’après on a levé deux nanas. On a passé la nuit dans un parc, sous un de ces abris avec banc et un petit toit. On n’a pas fait grand-chose. Je lui ai caressé un sein, je crois. On s’est surtout serrés et embrassés, les langues comme des anguilles. On est resté là jusqu’au matin, et je me suis dit : « Mon premier plan, et je termine dans les bras d’une fille. Merde alors. Il y a peut-être un truc à creuser ».

 

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Six mois plus tôt, je n’arrivais pas à tirer un coup, j’aurais dû payer pour avoir tout ça, toutes les nanas détournaient la tête en faisant « Ta ta ta », et brusquement elles sont là à te renifler les basques, et tu dis : « La vache, j’ai bien fait de changer d’aftershave, Habit Rouge c’est mille fois mieux qu’Old Spice! » Mais bon, c’est quoi qu’elles veulent, exactement? La gloire? Le fric? Ou bien c’est pour de vrai? Quand tu n’as jamais eu trop de chance avec les belles nanas, tu te méfies, forcément.
Il n’empêche, j’ai été sauvé par des filles plus souvent que par des mecs. Parfois, c’était juste une étreinte, un petit baiser et rien d’autre : tiens-moi chaud pour la nuit, restons juste dans les bras l’un de l’autre, la vie est dure, c’est un sale moment à passer. Et alors je disais : « Mais merde, pourquoi tu t’occupes de moi alors que tu sais que je suis un enfoiré et que je serai parti demain?
– Je sais pas. Sans doute parce que tu en vaux la peine.
– Bon, je vais pas dire non… » J’en ai d’abord fait l’expérience avec les petites nanas du nord de l’Angleterre, pendant cette fameuse première tournée. Après le show, tu finis au pub ou au bar de l’hôtel et puis, sans savoir comment, tu te retrouves dans une chambre avec une fille vraiment adorable qui étudie la sociologie à l’université de Sheffield et qui a résolu d’être vraiment, vraiment gentille avec toi. « Attends, je croyais que tu étais une fille avec du plomb dans la tête. Je joue de la guitare, moi. Je suis dans cette ville que pour une nuit!
– Ouais, mais tu me plais. » Et parfois, se plaire est mieux que s’aimer.

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p186
La force de ces nanas de treize, quatorze, quinze ans lorsqu’elles sont en bande m’a toujours fait peur. Elles ont failli me tuer. Personne ne m’a fait plus craindre pour ma vie que ces adolescentes. Si tu te laissais prendre dans leur déferlement, elles t’étouffaient, te déchiraient en lambeaux… Pas facile de décrire la trouille qu’elles pouvaient te flanquer. Tu aurais été mieux dans une tranchée en première ligne que de te faire emporter par cette marée de désir surchauffé, cette pulsion incompréhensible – même pour elles.

 

p249 (au sujet de Brian Jones)
Il était fasciné par les vedettes, mais seulement parce que c’était des vedettes, pas à cause de ce qu’elles avaient fait. Il était vraiment pénible, une sorte d’appendice en décomposition qu’on trimballait avec nous. Quand vous passez trois cent cinquante jours par an sur la route avec un tel poids mord, ça finit par vous porter sur le système.

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p457
Les groupies, c’était autre chose que les adolescentes délurées ou les nanas qui faisaient la queue pour prendre le thé avec Bill. J’aimerais ici faire l’éloge des groupies : c’était de ravissantes jeunes femmes qui savaient ce qu’elles voulaient et ce qu’il fallait faire pour l’obtenir. Il y avait bien quelques horribles profiteuses, comme ces malades qui collectionnaient les moulages des queues de tous les rockers qu’elles s’étaient envoyés. J’ai toujours refusé, c’était hors de question. Il y avait aussi les rivales des sculpteuses au plâtre, les reines du beurre. Leur dévouement était admirable, mais je n’aimais pas ces pros qui ne s’intéressaient qu’à leurs trophées : « Me suis fait celui-ci, celui-là. » Bill Wyman en sens inverse. Ca ne m’a jamais trop intéressé. Je faisais exprès de *ne pas* les baiser. Je leur demandais de se mettre à poil et je leur disais ensuite : « Ok, merci beaucoup, tu peux partir. » Parce que je savais que je ne serais qu’un coup de plus dans leur tableau de chasse.
Beaucoup de groupies, pourtant, étaient juste de braves filles qui aimaient bien s’occuper de mecs. Très maternantes, en un sens. Et si ça se passait comme ça, pourquoi pas? Pourquoi ne pas se mettre au pieu pour baiser? Mais ce n’était pas l’essentiel. Les groupies étaient des amies et la plupart n’étaient pas vraiment des canons. Elles proposaient un service. Tu arrivais dans une ville, disons Cincinatti ou Cleveland, et il y avait une ou deux filles que tu connaissais, et elles te rendaient visite pour s’assurer que tu était OK, elles s’occupaient de toi, te faisaient à manger, etc. On frappe à la porte, tu regardes dans le judas, et oh, mais c’est Shirley!
Les groupies faisaient partie de la famille, d’un réseau informel. Et ce qui me plaisait beaucoup, c’est qu’il n’y avait ni jalousie ni instinct de possession. En ce temps-là, il y avait une sorte de circuit. Tu jouais à Cincinatti, ensuite il y avait Brownsville, puis Oklahoma City. C’était comme un circuit à étapes, et chaque groupie passait la main à une de ses amies sur la route. Tu arrivais et les secours t’attendaient. « Baby, j’en peu plus! Quatre shows, je suis mort! » C’était comme des infirmières, la Croix-Rouge du rock’n’roll! Elles lavaient ton linge, te faisaient couler un bain et d’autres trucs encore. Et tu leur demandais : « Mais pourquoi tu fais ça pour un guitariste? Il y a des millions de mecs dehors. »

Portrait de fan (7) : la groupie

« She waits at backstage doors for those who have prestige

who promise fortune and fame, a life that’s so carefree. »

Dirty DianaMichael Jackson

Description

La groupie se rêve compagne, muse et inspiratrice de son idole. Elle idolâtre ses illustres prédécesseurs, celles qui ont partagé la couche des grands (Jimi Hendrix, Jim Morrison…), qui se sont vues immortaliser dans des chansons. Elle aime la musique, c’est vrai, qui représente une bonne part de sa vie, et elle a généralement une bonne culture musicale. Elle aime les concerts, et s’amuser.

Elle aimerait surtout être entretenue dans une vie de bohème luxueuse, qu’elle idéalise complètement, avec une célébrité par procuration, sans avoir pour cela à effectuer le travail de fourmi qui mène à la gloire artistique (parce que le génie, c’est bien connu, c’est 5% d’inspiration et 95% de transpiration).

Malheureusement pour elle, de nos jours, tout artiste un peu connu se voit gratifié d’un entourage qui rend la présence d’une groupie superflue, et de gardes du corps qui font qu’une rencontre par hasard est quasi-impossible. Aussi, il n’y a plus guère de groupies qui « réussissent » en sortant de nulle part. La place est prise par les mannequins, actrices, attachées de presse, maquilleuses et autres jeunes femmes déjà dans le milieu, voire même musiciennes elles-mêmes. Elle sont parfois aussi des groupies, mais elles peuvent, elles, apporter à la fois l’inspiration et quelques connexions au musicien, ainsi qu’un supplément de célébrité grâce à la leur propre. Du fait qu’elles ont déjà une notoriété pré-existante à leur statut de « copine de », elles échappent à l’étiquette de groupie.

Et là vous me demanderez : pourquoi j’ai écrit « la » groupie, pourquoi je n’ai pas mis ce terme au masculin générique comme les autres portraits de fans? C’est parce que les groupies mâles, il y en a peu, ou en tout cas, pas pour les artistes femmes, ainsi que le rapportent la plupart des rockeuses dans cet article de Salon. Par contre, il y en a probablement pour les artistes masculins portés sur la chose. Encore que cet autre article laisse à entendre que la tendance est en train de changer.

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Archétype

Pamela Des Barres, qui a raconté ses exploits de groupie de Frank Zappa, Mick Jagger et autres dans divers livres. Ou Lori Mattix.

Avantages

Passionnée parmi les passionnés, elle fait partie de ceux qui connaissent le mieux la carrière de l’artiste.

Dangerosité

Faible pour les autres fans, si vous ne représentez pas un obstacle sur sa route vers l’Idole. En revanche, la groupie peut être dangereuse pour toutes les femmes qui ont l’occasion de réellement approcher sa cible. Elle est d’une jalousie féroce, et extrêmement possessive envers cette personne qui, la plupart du temps, ne la connaît pas.

Phrase fétiche

« I’m with the band. »

Lundi mon tag : Liebster Awards 2017 bis (5e épisode)

June, étant aussi mauvaise joueuse que moi, n’a pas hésité à me renvoyer mon Liebster dans la moule à coup de batte… Bon je ne vous la refais pas, les onze faits sur moi gnagna plus d’idée depuis longtemps. Ah, si, un, qui m’est revenu en croisant Joe Dante à la Cinémathèque :
Il m’arrive de fredonner le chant du Mogwai. Sans raison particulière, j’aime bien, c’est tout. Make of that what you will.
Pour les questions, June m’a piqué les miennes et en a rajouté pour arriver aux 11 règlementaires (parce que moi et les règles, hein… On n’est pas là pour se faire emmerder, on est là pour bloguer et se marrer – à peu près d’après (C) Boris Vian, chanté par Coluche)
Ta réaction face à cette merveilleuse nomination ? Non ne remercie pas  !
anim_johnny blaze passes spirit of vengeance to robbie
Décris le(s) thème(s) de ton blog en 5 mots maximum (pas techniquement une question, ok)
Fandom, humour, culture et confiture.
C’est facile, j’avais pensé la question par rapport à mon dilemme pour décrire le mien sur Facebook.
Ton blog a-t-il un objectif autre qu’être un hobby? Et si oui lequel?
Initialement, c’était pour faire la promotion de mon projet de livre sur les fandoms, partant du constat qu’à l’heure actuelle, comme les maisons de disques, les maisons d’édition publient plus facilement les gens qui ont déjà un public.
Ce projet-là n’a pas trouvé preneur, mais je ne désespère pas de transformer certains textes d’ici en objet publié, un jour.
Inversement, certaines séries d’articles sur le fandom, comme celle sur la figure du fan au cinéma ou la série de portraits du vendredi, sont des recyclages du livre. Quitte à avoir passé des mois à l’écrire, hein…

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Portrait de fan (6) : l’amoureux(se)

« Mais dieu que cette fille a l’air triste, amoureuse d’un égoïste »

La groupie du pianiste – par Michel Berger

Description

C’est le profil auquel on associe généralement le fan : celui qui regarde son idole avec des étoiles dans les yeux et des fourmillements dans le bas-ventre. On l’imagine de sexe féminin, jeune et court vêtue, avec un appareil dentaire et des petits nœuds dans les cheveux, attendant anxieuse à la sortie des concerts de boys bands ou d’un chanteur de charme. Il en existe en réalité dans tous les milieux et tous les secteurs, et des deux sexes. Du jeune homme démodé en costume de tweed qui griffonne fébrilement une lettre à la sortie des artistes d’une célèbre pianiste classique (la précision du portrait vient de ce que je l’ai croisé…), à la plus très jeune fan qui vénère Frank Michael depuis plus de 30 ans.

La libération des mœurs étant passée par là, on peut être à la fois amoureux et groupie, mais ce n’est pas systématique. L’amoureux idéalise particulièrement l’objet de son affection. Il considère qu’outre son talent, c’est la femme ou l’homme parfait, auquel il compare tous les autres. Ceux-ci ont d’autant plus de mal à soutenir la comparaison que, si l’amour est aveugle, il est encore plus facile de fermer les yeux sur les faiblesses humaines d’une idole toujours magnifiée par les projecteurs, le maquillage, les attachés de presse et l’environnement glamour. Même si la presse à scandale se fait un plaisir de dénicher et d’exposer les célébrités dans des poses et des situations du quotidien, qui ne les mettent pas à leur avantage, il est aisé de les éviter, ou de prétendre que cela rend ces personnalités « plus proches de nous ».

Les amoureux des vedettes ne sont pas forcément célibataires pour autant : il n’est nul besoin d’avoir faim pour saliver sur la carte d’un restaurant étoilé, même si on sait qu’on ne peut pas se le payer. On salive d’autant plus qu’on sait qu’on ne pourra pas se le payer, d’ailleurs, ou qu’on doit se contenter d’un cassoulet en boîte à la maison.

Sur Internet, on les reconnaît souvent à leur pseudo, qui accole à leur prénom le nom de famille de leur idole comme un nom de femme mariée (et, pour les jeunes filles, entouré de « guirlandes » de caractères, par exemple ~*~oOo~Marine~Bieber~oOo~*~).

Affiche Elle l'adore

Archétype

Bizarrement, je n’en trouve guère en dehors de ce portrait de Michel Berger. Peut-être le personnage incarné par Sandrine Kiberlain dans Elle L’adore, très bon film de Jeanne Herry, chroniqué ici. Même si son admiration pour le chanteur Vincent Lacroix ne semble pas complètement amoureuse.

Avantages

Toujours positif concernant le fandom, au moins il ne passe pas son temps à le critiquer.

Dangerosité

Très faible, juste une tendance à devenir agaçant à la longue.

Phrase fétiche

« Il est trop beau!!!!! » (l’amoureuse a du mal à se limiter à un seul point d’exclamation)

Portrait de fan (5) : le professionnel

« J’aurais voulu être un artiste

Pour avoir le monde à refaire

Pour pouvoir être un anarchiste

Et vivre comme un millionnaire »

J’aurais voulu être un artiste (Blues du businessman) – Luc Plamondon et Michel Berger

Description

C’est le rêve de beaucoup (et peut-être plus encore de leurs conjoints) : le fan qui réussit à vivre de sa passion, au lieu de dépenser tout son salaire en produits dérivés. Ils ne sont pas nombreux, mais ils existent.

Certains écrivent des livres ou deviennent journalistes, en élargissant le spectre de leur passion à des sujets voisins afin de pouvoir en vivre. La plupart des chroniqueurs de cinéma et de musique sont avant tout des fans. Cameron Crowe, journaliste à Rolling Stone, s’est inspiré de sa propre histoire de tout jeune fan de rock devenu pigiste au culot sur la tournée d’un groupe, pour écrire le scénario du film Presque Célèbre.

D’autres ouvrent un magasin ou tiennent un petit musée consacré à leur idole. On citera par exemple Elvis My Happiness, le fan-club ayant pignon sur rue avec une boutique (9 Rue Notre Dame des Victoires, dans le 2e arrondissement de Paris) entièrement dédiée au King. Cette communauté de fans organise également des voyages aux USA permettant notamment d’aller visiter Memphis, Graceland et autres lieux cultes de l’histoire d’Elvis Presley. On trouve également le gérant de Lucky Records, une boutique consacrée à Madonna, qui avec le temps a étendu son domaine à tout ce qui est albums collectors et artistes des années 70, 80 et actuelles. Il édite aussi le magazine du même nom, sur les mêmes sujets.

Dans les années 90, le marché du manga et de l’animation japonaise en France s’est développé essentiellement sous l’impulsion de passionnés, comme Dominique Véret, à l’origine de la boutique puis de la maison d’édition Tonkam (rachetée depuis par Delcourt). Anime Land, actuellement le magazine référence d’animation japonaise en France, a commencé comme simple fanzine photocopié en noir et blanc. Certains des contributeurs actuels font partie de l’équipe d’origine, à commencer par le rédacteur en chef.

Evidemment, il faut pour cela non seulement une énorme dose de passion, de bonnes qualités de gestion, mais aussi que cette passion soit partagée par assez de monde pour que le marché en soit rentable.

almost famous

Almost Famous

Archétype

Ceux cités en exemple.

Avantages

En tant que professionnel : il connaît bien son sujet (on aimerait pouvoir en dire autant de tous les vendeurs et journalistes). En tant que fan : il a de meilleurs accès que le fan lambda.

Dangerosité

Nulle.

Phrase fétiche

« J’ai là une pièce rare. »

Sociologie du drama sur les réseaux sociaux 

C’est curieux : quand quelqu’un fait ou dit un truc qui t’agace sur un forum ou un rézosocial, si tu exprimes un avis publiquement sur le forum, c’est vache (enfin, tu reçois aussi souvent des soutiens en MP de gens qui sont d’accord avec toi, mais qui n’osent rien dire).
Si tu ne l’exprimes que sur ton propre FB / blog, c’est considéré comme lâche.
Mais d’expérience, le dire à la personne directement, que ce soit par PM ou en personne, ça ne change rien, si ce n’est que la personne se braque encore plus et que ça pourrit généralement le forum.
En gros donc, tu as surtout le droit de fermer ta gueule. Droit que n’applique hélas pas la personne qui t’a gonflé.
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Au final, comme je suis pour l’égalité des droits, et que je n’ai pas l’intention de choper un ulcère à me retenir de râler (je somatise nettement moins depuis que je râle plus, au boulot), je commente là où ça causera le moins de drama. Surtout quand je n’ai pas l’intention d’épiloguer 3h avec la moitié de la planète sur le sujet. Ni avec le sujet. Se battre contre des moulins à vent, hein…
Et dans la mesure du possible, j’évite, je « mute » (sur Twitter) ou je bloque les gens dont les déblatérations me tapent systématiquement sur les nerfs. J’en supporte assez dans la vie de tous les jours, je n’ai aucune raison de m’infliger ça sur les réseaux sociaux. La liberté d’expression, ça n’a jamais signifié qu’on était obligé de t’écouter, eh, dugland. Ni qu’on n’a pas le droit de pointer du doigt que tu racontes des âneries, du reste.
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Je comprends donc que les autres fassent de même. Et je m’étonne qu’un tiers leur fasse un procès d’intention dans ce cas. En général des tiers mal placés pour cela. Si si j’assume, je n’ai juste pas du tout envie de perdre davantage de temps sauf pour en rire ou me détendre en taillant des costards.
Et dans le cas de spécimens comme celui-ci (ce n’est même pas moi qui l’ait bloqué, mais il écrivait tellement de conneries que je suis allée voir sur son profil si c’était un vrai débile ou un troll… j’y ai trouvé ce post, et la conviction que c’était la première solution. Ca fait peur quand même), on perd des neurones rien qu’à essayer de discuter avec. Donc…
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Portrait de fan (4) :le clone

« Donne-moi ton visage

Ton attitude

Tous tes désirs et ton âge »

I wanna be U – Superbus

Description

Celui-là cherche à se rapprocher de son idole de la manière la plus visuelle : en lui ressemblant, à travers les vêtements, la coiffure, apprenant les chorégraphies et les chansons, en fonction de ses propres aptitudes artistiques. Certains en font même des spectacles, que ce soit dans le cercle familial et local, voire même en se lançant dans le business du sosie, avec danseuses etc. Là encore les profils et motivations diffèrent : de celui qui fait juste ça pour s’amuser, à l’occasion des concerts, comme au carnaval, à celui qui perd un peu le sens de sa propre identité, à force de vouloir s’évader de sa réalité pour rejoindre celle de la célébrité.

Souvent, il se reconnaît en l’artiste, que ce soit sur un plan physique ou psychologique – ils ont traversé des épreuves similaires, ou bien l’artiste affiche ce que son fan aimerait pouvoir revendiquer. Il essaie alors de renforcer le lien en ressemblant à son tour à son idole. C’est à la fois un hommage et une volonté de s’identifier. Ou seulement l’un des deux.

Entre en jeu également le goût du déguisement : de la même façon qu’on « s’habille » pour sortir, on note en marge des concerts une tendance à copier le look que l’artiste. Les armées de fans arborent les couleurs du seigneur auquel ils se rallient… Ca commence en portant un T-shirt à leur effigie, mais ça peut aller plus loin dans l’imitation. C’est aussi parfois, plus simplement, pour marquer l’occasion et se mettre dans l’ambiance. On prolonge sa passion en participant, au lieu de rester spectateur. On connaît l’effet libérateur que peut avoir un masque ou un déguisement. Et les artistes eux-mêmes en usent et en abusent : les plus poignants sont ceux qui se racontent sous couvert d’interpréter un rôle. Les fans, eux aussi, expriment plus facilement leur enthousiasme une fois en tenue.

L’enthousiasme aidant, les gens aiment se faire prendre en photo à côté des sosies, presque autant que s’ils rencontraient les vrais. Faute de grives, on mange des merles.

Certains poussent très loin le mimétisme, comme Herbert Chavez, un Philippin de 35 ans qui a subi de multiples opérations de chirurgie esthétique afin de ressembler à son héros, Superman.

portrait-de-fan_podium

Archétype

Bernard Frédéric, sosie de Claude François dans Podium.

Avantages

Il met des couleurs dans les concerts et les conventions.

Dangerosité

Nulle, sauf pour eux-mêmes. Parfois casse-pieds quand leur mimétisme se double d’une volonté démesurée d’attirer l’attention, et que les fans y contribuent en leur vouant quasiment la même admiration qu’à leur modèle.

Phrase fétiche

« Nous avons nos fans, mais ce sont d’abord les leurs »

Ecologie du fandom :

Dans la série « recyclons les vieilleries » (je tiens un blog écologique!), d’autant que les fandoms sont finalement toujours un peu les mêmes, seuls les sujets changent…

J’avais naguère et jadis imaginé cette galerie zoologique des différents types de fans, à l’époque du fandom de la série Buffy The Vampire Slayer et en particulier de Spike, incarné par James Marsters. A rapprocher de mon quizz Quel type de fan es-tu?

Les bisounours

Les bisounours

Les poissons rouges

Les poissons rouges

Les hyènes

Les hyènes

Les 3 singes

Les 3 singes

Les mères-poules

Les mères-poules

Les mouettes

Les mouettes

Les requins

Les requins

Toute ressemblance avec des fans existants ou ayant existé ayant inspiré ces panneaux serait difficile à trouver vu que j’ai changé 3 fois de fandom depuis… Mais si les noms changent, les archétypes restent. Hélas.

Et là vous me direz : « C’est pas beau de se moquer, tu aimerais qu’on fasse la même chose avec toi? »

Ce à quoi je vous répondrai :

Et moi dans tout ça

Et moi dans tout ça

Portrait de fan (3) : le militant

« Si j’existe, c’est d’être fan »

Fan – Pascal Obispo

Description

Le militant ne se contente pas d’aimer son sujet de prédilection, il veut également convaincre le reste du monde que cet amour devrait être universellement partagé. Pour cela, il utilise tous les moyens de communication à sa disposition. Dans les temps anciens, cela se limitait à la création de fan-club, de street team (littéralement « équipe de rue », des fans qui s’organisent en petits groupes pour faire la promotion de leurs idole), la distribution de flyers (prospectus publicitaires), et éventuellement à des campagnes d’appels auprès des médias officiels – radios, magazines, télévision. De nos jours, tout cela peut s’organiser à grande échelle sur Internet, par l’intermédiaire de forums, conduisant à des fan-actions internationales (envoi de cartes postales à des chaînes de télévision pour protester contre l’arrêt de séries comme Star Trek ou Firefly).

Parfois, cette activité s’explique par un espoir d’attirer l’attention voire la gratitude du sujet, et peut-être d’obtenir ainsi des passe-droits (accès à des concerts, des soirées, bref être plus qu’un fan). Cela répond aussi au besoin de s’engager pour une cause, même si celle-ci ne semble pas bien noble à un œil extérieur. Comme je l’ai souvent lu, « les vrais héros, ce ne sont pas les chanteurs / acteurs » ce sont les héros du quotidien, pompiers, médecins etc qui sauvent des vies ». Certes. Mais les artistes et sportifs jouent un rôle primordial sur le moral, et diminuent le stress. Donc d’une certaine façon, ils augmentent la qualité de la vie – à commencer par la leur, avec leurs royalties.

Même s’il peut se cacher des motifs égoïstes derrière cet engagement (comme tout autre), qu’on ne s’y trompe pas : rares sont les gens qui ont assez de temps et d’énergie à perdre pour se dédier à ce point à leur sujet sans en être réellement passionné. Depuis que les maisons de disques ont renoncé à investir dans la publicité sauf pour les produits déjà vendeurs, elles utilisent ces réseaux en les mobilisant par des concours pour leur faire répandre la bonne parole et des bannières de publicité sur le web.

rock star film

Archétype

Chris Cole dans le film Rock Star. (film qui, au passage, est sans prétention mais assez sympa. Plus de détails en fin de cet article)

Avantages

Il fait vivre le fandom même en période de faible actualité, en créant des événements et en canalisant les énergies vives de personnes d’horizons divers

Dangerosité

Il peut finir par se retourner contre le sujet, si les avantages en retour ne sont pas à la hauteur de ceux attendus. Ce qui est rarement le cas.

Phrase fétiche

« Il faut absolument que tu lises ça! »