Portrait de fan (11) : Le BNF ou fan « famous » (célèbre)

« On the step outside you stand

With your flowers in your hand, my apple scruffs »

Apple ScruffsGeorge Harrison

Description

Le BNF est un fan narcissique qui a réussi – en tout cas à devenir quelqu’un parmi les fans. BNF est l’acronyme de Big Name Fan, un fan dont le nom (ou le pseudo) est connu, en général des autres fans, et parfois même des artistes. On les appelle plutôt des fans « famous » en français, si je puis dire vu que le terme est la traduction anglaise de célèbre. Suivant le type de fandom (musique, bande dessinée…), ils peuvent avoir d’autres noms, comme la mafia du 1er rang, les habitués…

Ce sont les gens qui ont accès à des informations que les autres n’ont pas (par relations dans les médias, avec les artistes ou leur entourage), ou les auteurs de fiction les plus prolifiques et les plus recommandés, ou les artistes les plus doués – ou les plus suivis…. Car tout comme les professionnels du spectacle, ce n’est pas le talent seul qui dicte la popularité. Le réseau et l’adéquation avec les attentes du public comptent tout autant.

Se faire reconnaître et immortaliser, au mieux par les artistes eux-mêmes, mais au moins par les fans, voilà le rêve de la plupart des BNF. En fait, ce sont souvent les fans qui ont employé avec succès certaines des recettes du chapitre « 10 façons de devenir populaire dans le fandom ». Mais les BNFs n’ont pas tous atteint leur statut par arrivisme et par un choix judicieux du sujet à la mode.

Dans l’ensemble, ils sont réellement passionnés par leur sujet. J’ai croisé plus d’une innocente auteur de fan-fic ou de fan-art dépassée devant la ferveur de ses lecteurs, et mal à l’aise en découvrant ce que ceux-ci sont prêts à faire pour se rapprocher d’elle. Parfois, c’est un simple concours de circonstance. Ainsi Lola, fan des 2B3, était reconnue des autres fans du groupe d’après son tatouage en l’honneur de Filip, après que celui-ci en ait parlé à la radio. Cela ne va pas sans risques : elle raconte [1] que des fans jaloux avaient même envoyé des lettres d’insultes au groupe en son nom, avec ses coordonnées, afin de lui nuire. C’est le revers de la médaille : toute montée vers la gloire, fut-elle futile et limitée, entraîne toujours à la fois l’admiration de certains et la rancœur d’autres.

Ecole des fans

D’autres au contraire, bien que tombés là par hasard, y découvrent un soutien inattendu qui leur permet de prendre confiance en leurs capacités. Ils peuvent vite se prendre au jeu de leur propre importance, flattés par des admirateurs d’autant plus fervents, semble-t-il, que le public est limité. Le succès monte facilement à la tête, et les amateurs n’échappent pas à la règle.

C’est que les artistes qui sont à l’origine du fandom sont en général inaccessibles : ceux qui sont sur scène et qui ont des millions de fans, ou ceux qu’on ne voit qu’à travers un écran de télévision ou de cinéma. En dehors d’envoyer un tweet ou une lettre au fan-club comme une bouteille à la mer, ou d’une séance de dédicaces, il est rare de pouvoir échanger avec eux. Les BNFs, par contre, fréquentent les mêmes forums et les mêmes lieux que les autres fans. On peut donc leur parler, et même devenir (plus ou moins) ami avec. C’est plus valorisant.

D’autres, par contre, cultivent ce statut à dessein, par des jeux de pouvoir et d’intrigues dignes des couloirs de la présidence. Ils peuvent devenir tout aussi manipulateurs et suffisants que s’ils étaient eux-mêmes le sujet principal du fandom – ce qu’ils en viennent parfois à croire. Le plus désolant, à mon sens, est le nombre effarant de personnes qui adhèrent à ces comportements, flattant leurs instincts pour se rapprocher de ces substituts de vedette. C’est ce qui permet aux BNFs de prospérer, soutenues par des lieutenants prêts à tout pour profiter des miettes de leur pouvoir.

La grande majorité des autres membres n’osera rien dire, de peur de se faire déchiqueter virtuellement sur les forums ou de se voir privé d’informations. En particulier, les fans moins acharnés éviteront généralement de s’y frotter en bien ou en mal, tout simplement parce que eh, il faut arrêter, ce n’est qu’un fandom après tout, on ne va pas se lancer dans des guéguerres de tranchées juste pour ça, on n’est plus à la maternelle…

Apple scruffs_wendy-jill-margo-carol-lucy-kathy2

Archétype

Les Apple Scruffs de la chanson en exergue sont peut-être le must de ce que peut espérer une BNF : il s’agit d’un groupe de jeunes femmes, fans des Beatles, qui passait des heures et des jours devant les maisons des membres du groupe. Ceux-ci ont écrit non pas une, mais deux chansons à leur sujet : celle-ci, de George Harrison en solo, et en tant que groupe, She Came In Through The Bathroom Window. Comble du chic : le magazine Rolling Stone leur a même consacré un article en 2014. Plus d’informations sur cet article du blog de Richard Oliff.

Avantages

La productivité à l’origine de son statut, pour les artistes et compilateurs d’information.

Dangerosité

La plupart des BNFs sont, en eux-mêmes, moins enclins à nuire que leur entourage. En revanche, ils font souvent l’objet d’un culte de la part d’autres fans, qui les défendent bec et ongles à la moindre once de tentative de désaccord avec leur gourou.

Phrase fétiche

Aucune, ce n’est pas la phrase qui fait le BNF, c’est le ton péremptoire et je-sais-tout.

[1] Eliane Girard et Brigitte Kernel, Fan attitude, Librio, 2002

10 façons de devenir populaire dans un fandom

Un interlude dans ma série de portraits de fans, pour un article mentionné dans le prochain et qu’il vaut donc mieux poster avant pour que ça ait du sens. (ça c’est de l’organisation!)

  1. Ne lésinez pas sur les démonstrations d’affection sur Internet.

Ca ne vous coûte pas grand-chose d’ajouter un tas de smileys, de petits mots gentils, de « xoxoxo » (xo représente un bisou)à vos messages et d’y citer d’autres fans (name-dropping, version entre fans), mais ça donne le sentiment que vous êtes une personne gentille et sociable qui a plein d’amis. Vous pouvez être le pire connard ou la peste la plus arrogante et la plus égoïste en vrai, ce sera difficile de le prouver à ceux qui ne vous connaissent que par pointillés comme étant si agréable. C’est aussi beaucoup plus facile à simuler en ligne que dans la vraie vie.

Les bisounours

  1. Soyez productif.

Montez des vidéos, des images, dessinez ou écrivez des fan-fictions, et postez-les sur les sites en vue. Vos créations n’ont même pas à être très bonnes (même si ça aide) : quand les fans s’ennuient, ils regardent tout ce qui leur tombe sous la main qui a un rapport avec le fandom. Si vous leur donnez une dose régulière, ça causera l’accoutumance et créera un public. Surtout, cela deviendra quelque chose qu’ils attendent de vous, et c’est là que le pouvoir repose. Evidemment, puisqu’on parle de fandom et d’Internet, le pouvoir en question n’ira pas bien loin, mais c’est une clé pour obtenir des faveurs.

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Lundi mon Tag : Quand j’étais ado…

Les fions tombent drus en ce moment, encore plus que le pollen. Et donc June, la petite blagueuse blogueuse, m’a nommée pour ce tag, qui ma foi change un peu. Mais qui m’a fait sentir mon âge. Parce que mon adolescence, elle commence à se faire distante… Et l’on pourra sentir à quelques indices subtils que en fait, elle ne m’a pas laissé tant de souvenirs impérissables…

1) Étant ado, quelle était ta gourmandise préférée ?

Toutes. Comment ça, il faut choisir ? Ah mais les bonbons, c’est le domaine où je suis le moins casse-c… sélective. Mars (les anciens, hein, pas la version dégueu de maintenant), Carambar, Carensac, Werthers, j’aime presque tout. On va dire Milky Way, tiens. C’est malin, j’ai envie d’en manger maintenant…
milky-way-barre-de-chocolat

2) Étant ado, quelle était la série que tu regardais ?

Toutes. Maintenant j’aurais du mal à en citer une dont je comprendrais pourquoi j’y ai passé autant de temps, vu que c’était l’époque de Parker Lewis ne perd jamais et toutes les autres séries pour ados pas forcément inoubliables. Et des grands classiques genre l’Amour du Risque. Ou Amicalement Vôtre.
Pour parler de 3 en particulier : McGyver (aaah, Richard Dean Anderson), V (culte mais kitsch mais culte), et Manimal parce que j’aurais adoré me transformer en faucon ou en panthère moi aussi.
V_diana

3) Quel était le plat que tu mangeais le plus à la cantine ?

Je ne mangeais pas à la cantine (sauf 1 an au primaire dont j’ai gardé pour unique souvenir la connasse de surveillante qui a insisté pour que je mange du fromage). J’ai passé le plus clair de ma jeunesse dans des villes assez grandes pour avoir des collèges/lycées et assez petites pour que je puisse y aller à pied en un quart d’heure. Je ne me souviens d’ailleurs pas du tout de ce que je mangeais le midi… restes? Sandwich maison?

4) Quel était ton style vestimentaire ?

Je copie June : Approximatif ? Ça compte comme réponse ?
Normcore « rien à foutre de la mode » : jean, baskets, pull ou t-shirt.
J’ai arrêté de porter des jupes à l’entrée au collège, on ne peut pas crapahuter avec comme on veut passé un certain âge, ni s’asseoir autrement que de façon compassée et féminine. C’est curieux, la conception socialement acceptée de la féminité, c’est quand même essentiellement des contraintes… Bref.
De toute façon, c’était un collège de province profonde avant qu’Internet n’ait transformé toutes les ados en fans de blogueuses mode, donc on était tous habillés comme des sacs (et chaudement et de façon pratique, surtout : c’était à la montagne). Et heureux de l’être. Bien plus tard, une copine parisienne de mon âge m’a dit « Tu te souviens de l’époque où on portait toutes des foulards dans les cheveux, des leggings et le pull sur l’épaule façon Flashdance? », et là j’ai réalisé que… non, je ne crois pas que ces modes aient pris dans mon collège. Ou alors je l’ai oublié.
beverly hills_mode.jpg

En même temps, même la jeunesse dorée des séries télé s’habillait comme ça.

Image trouvée dans cet intéressant article avec lequel je suis globalement d’accord.

On notera aussi qu’à l’époque, les ados qui passaient à la télé avaient le droit de faire du 38. Voire même du 40. (et la plupart avaient l’âge d’être à la Fac voire d’être agrégés, sur la photo, mais bon…)

5) As-tu été punie au collège où tu étais ?

Individuellement, non. Ma rébellion se manifestait autrement qu’en testant le système scolaire, je n’ai eu ni prof ni surveillant justifiant de mettre le dawa.
Au pire, il y a une prof de français parano qui m’a séparé de ma meilleure amie parce qu’on discutait en cours et qu’elle pensait qu’on se moquait d’elle. Ensemble, non, on avait des sujets de conversations plus passionnants. Une fois séparées et placées à côté de filles quasi inconnues à qui on n’avait rien d’autre à dire que de se plaindre de sa connerie et de sa parano… si.

6) Si tu avais des posters ou affiches dans ta chambre, lesquels étaient ils ?

Essentiellement des posters de A-ha, derrière lesquels on ne voyait plus le papier peint au bout d’un moment  (c’était le but, du reste).
gauss_aha
Avant d’en avoir assez pour ça, ils se sont partagé les murs avec Madonna, Mylène Farmer et Michael Jackson.

7) De quel groupe étais-tu fan ?

A-ha. Je vous en aurais bien fait une tartine, mais ça, c’était avant.
miki-chan buh

8) Quelle boisson buvais-tu le plus souvent aux fêtes organisées ?

Les quoi? Je ne devais pas être invitée. Ni tentée. Et vu ce que je vous ai raconté de mon peu de goût pour l’alcool, la boisson « de fête », c’était le coca les jours de grande chaleur.

9) Où te regroupais tu avec tes copines le samedi après midi ?

Chez l’une ou chez l’autre. Je ne suis pas très « bande », j’ai quasiment toujours eu une copine principale à la fois et guère fréquenté le reste de la classe. Pas de chance : généralement au bout d’un ou deux, ses parents changeaient de région et je devais m’en trouver une autre. Et en général, celles que je trouvais étaient aussi peu portées que moi sur les activités de grand air.

10) Quelle activité extrascolaire faisais-tu ?

Aucune. On ne m’y a pas poussé, je n’ai pas demandé. Je détestais le sport et les activités collectives, alors bon…

11) Comment faisaient les garçons pour aborder les filles ?

Pareil que toutes les autres blogueuses qui ont répondu :  « Y a mon copain, il veut sortir avec toi. « 

12) Quelle émission TV (jeu télévisés) regardais tu le soir à la maison avec tes parents ?

Les Jeux de 20h, 100 Francs dans le nourrain, tout ça.
Jacques-Capelovici-le-fameux-Maitre-Capello
Euh, attendez, en voyant les images et la date, je n’étais pas ado, j’étais enfant. Alors ado… En fait je crois que quand j’ai atteint cet âge, 1) les jeux télé du prime time devenaient un peu trop crétins et 2) Canal + était né. Du coup, pendant longtemps le prime on regardait Canal – à  l’époque où d’une part ce n’était pas devenu une auto-parodie prétentieuse, et ou d’autre part, on avait bien besoin d’un peu de parisianisme, vu qu’on était des citadins paumés dans un océan de province profonde, en manque de stimulation intellectuelle.

13) Quelle étaient les règles strictes de ton lycée ?

Euh… Sachant que s’il était interdit de fumer, les surveillants clopaient avec les élèves au fond du préau hors de vue des profs… ça vous donne une idée.
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14) Raconte nous une anecdote croustillante ou une honte que tu aies vécu pendant ton adolescence.

 Être choisie par le prof de dessin en 6e pour monter sur la table afin qu’il explique les proportions standard du corps humain pour les rudiments de l’anatomie : la tête fait un septième de la hauteur, le bras allongé arrive au milieu de la cuisse, le visage à peu près la longueur de la main, etc. Heureusement, c’était basique et habillé. Mais pour une ado méga-timide en plein début de puberté, voilà l’affiche.
Ah, et le prof d’histoire géo qui un jour en plein cours m’a comparé à une huître, parce que je me renfermais facilement. Et qu’on pouvait lire mes pensées dans mes yeux. Pour voir, j’ai pensé à l’écorcher vif, je ne crois pas qu’il ait lu le détail, il n’a pas fui en courant. C’est dommage, je l’aimais bien, avant ça. Ca doit être peu après, donc, que, alors qu’il nous parlait de la Révolution Russe, « … la religion, l’opium du peuple, comme disait Lénine », j’ai commenté distinctement « Mais il faisait des phrases, lui ». Oui, je suis une huître avec option lance-flammes.
anim_I am fire

Portrait de fan (10) : le narcissique

«  Need that picture of you

It’s so magical

We’d be so fantastical »

Paparazzi – Lady Gaga

Description

Le narcissique est aussi fan de lui-même qu’il l’est de sa prétendue idole, voire plus. Certes, il aime son oeuvre – du moins on l’espère -, mais il cherche surtout à exister à travers l’artiste. Cela prend plusieurs formes. Parfois, il est fan parce qu’il croit avoir certains traits en commun avec lui. On constate par exemple que les artistes « un peu enveloppés » fédèrent beaucoup de gens en surpoids, les geeks admirent les geeks qui réussissent, etc. Quoi de plus compréhensible, quand on se sent sous-représenté dans les médias. Cela réconforte de voir des modèles positifs à son image, et qui sont également appréciés par le public. Et puis, il aura forcément une chose en commun avec l’artiste, puisque rares sont ceux qui ne sont pas égocentriques…

Quelle que soit la raison, le narcissique va d’abord chercher une validation dans le regard de son idole. Bono dit que les fans qui se sentent les plus attirés par les stars sont ceux qui, au fond, sentent qu’ils pourraient eux-mêmes monter sur scène ou être à leur place. Il n’est donc pas surprenant qu’ils emploient les mêmes astuces pour sortir du lot : look extravagant, comportement outrancier, gimmicks. Comme ces fans qui se mettent toujours au même endroit dans la salle, ou ceux qui brandissent toujours le même drapeau. Celle qui arbore un faux tatouage sur son visage à chaque rencontre avec son idole. Se faire remarquer lors d’un concert (d’où la course au premier rang et l’escalade dans les pancartes « choc »), le croiser assez souvent en séances dédicaces ou tapis rouge pour se faire reconnaître.

Autant de moyens de sortir de la masse de visages anonymes, de ne plus être un fan comme tous les autres. Faute d’obtenir cette reconnaissance, ou comme elle atteint rarement un niveau suffisant pour satisfaire son ego, le fan va chercher à susciter l’admiration de ses pairs. Il va pour cela se poser en fan numéro un, celui qui a fait le plus de concerts, qui connaît le mieux la chronologie de sa carrière… Photos de lui et de la star à l’appui. Il y a le petit côté « J’y étais! » du témoin d’un événement historique.

On a tous ce petit travers, sans doute. Car il est difficile de distinguer le légitime plaisir de se remémorer de bons moments de la vantardise mesquine étalée pour susciter la jalousie des autres fans. Où est la limite entre l’envie de communiquer avec l’artiste, en retour de ce qu’il partage par son art, et le besoin parfois maladif d’obtenir son attention et celle des autres fans?

La limite, c’est de ne pas parler plus de soi que de l’artiste sur les forums qui lui sont consacrés. Ceci dit sans viser personne en particulier, bien sûr.

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Archétype

Le personnage de Robert de Niro dans La Valse des Pantins de Martin Scorsese.

Avantage

Il est prêt à investir beaucoup de temps et d’argent en matériel et en voyages pour ramener des histoires exclusives et de meilleures vidéos que les autres.

Dangerosité

Il a d’abord un côté pénible, surtout lorsqu’il oublie même de parler de l’artiste et ramène tout à lui-même avant tout. Il est aussi plus susceptible de mal tourner ou de dramatiser, car du fait de son identification excessive à son idole, tout écart de celle-ci, et toute attaque envers celle-ci, est perçue comme une blessure à son amour-propre.

Le top du top du pire que j’ai rencontré, outre cette peintre qui offrait aux acteurs de Buffy ses toiles les représentant, c’est quand même une fan qui avait commandé le DVD de la tournée d’adieu (… ah, ah) de A-ha (celle de 2010, je précise, vu qu’il y en aura sûrement une autre un jour) sur un site allemand. Apprenant par des amies allemandes qu’elle figurait sur le documentaire du making-of parmi les fans interrogées durant l’attente, elle a demandé partout si quelqu’un pouvait lui ripper la vidéo en question pour la lui envoyer par mail… alors que de toute façon, elle allait recevoir le DVD dès que la Poste aurait fait le chemin de l’Allemagne à son coin de France. 2 jours. Elle a fait suer le monde pour voir sa trombine sur une vidéo officielle 2 jours plus tôt.

Alors les autres, je ne sais pas, mais moi, quand je regarde un live d’un groupe que j’aime, c’est pour regarder le groupe, pas les fans.

Phrase fétiche

« J’y étais, c’était trop bien! »

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Portrait de fan (9) : le stalker / harceleur

« I loved you Slim, we could have been together.

Think about it, you ruined it now »

Stan – Eminem

Description

L’étape ultime de la fan-attitude, quand l’obsession tourne à l’aigre.

Le harceleur est souvent, à l’origine, un fan lambda, bien intentionné. Et puis, sans que l’on puisse forcément définir pourquoi, il glisse peu à peu vers un comportement de plus en plus obsessionnel et possessif. Il estime que la star lui doit quelque chose : plus d’attentions particulières, plus d’interaction avec les fans, ne pas se comporter trop sexuellement… Et comme il n’obtient pas ce qu’il veut, il va de plus en plus loin pour se faire remarquer, fut-ce en mal.

Quand on discute avec des fans qui sont déjà bien engagés sur cette pente glissante, ils ne considèrent pas que leur comportement soit inapproprié. Ils partent du principe que, puisque l’artiste a choisi un métier public, même sa vie privée appartient à ses fans, sans souci pour la santé mentale de leur idole. Eric Cordobesse et Laurent Muldworf soulignent bien dans leur livre « Succès Damné«  les dangers liés à la négation du droit à l’intimité. Ce comportement est d’autant plus fréquent de nos jours, alors que la télé réalité a propulsé sur le devant de la scène des gens qui n’ont rien d’autre à vendre que leur quotidien, et qui le font donc volontiers.

Cela entretient la confusion avec les vrais artistes, qui sont avant tout sur scène pour s’exprimer. La plupart se contenteraient volontiers de créer de loin. Comme le dit Brian Molko de Placebo: « Nous avons aussi besoin d’avoir une vie privée, particulièrement quand on a une vie aussi publique que la nôtre. Alors je demande aux gens de respecter cela, car moi je le ferais pour eux et je le ferais pour n’importe quel artiste que j’admire ». Et s’ils utilisent leur image, ils en font aussi un champ d’expression artistique.

Les harceleurs considèrent que, l’artiste devant sa notoriété à son public, il n’a pas le droit d’exister ou de faire quoi que ce soit qui « trahisse » son public : changer d’image, de style…

anim_eminem_stan

Archétype

L’assassin de John Lennon ne l’a même pas suivi ou harcelé longtemps. La meilleure description du phénomène est donc le personnage Stan de la chanson d’Eminem. « Stan » est d’ailleurs passé dans le langage courant comme un terme décrivant les fans les plus assidus, que ce soit en négatif ou en positif. Si vous n’avez jamais prêté attention aux paroles ou que l’anglais n’est pas votre point fort, je vous recommande fortement de les lire ou leur traduction ici. Je considérais Eminem comme un énième crétin avant, et ça a suffi à me faire changer d’avis sur son potentiel d’auteur et humain.

Avantages

Aucun.

Dangerosité

Maximale.

Phrase fétiche

« C’est grâce à nous si tu es célèbre! »

Package VIP : vers l’infini et au-delà (Tokio Hotel)

Vous souvenez-vous, ma mie, des packages VIP dont je vous ai déjà parlé, en 2014 pour vous présenter le concept, ou il y a peu pour vous parler des packs Gold « une sucette et une place aux premiers rangs » du groupe A-ha?

J’avais proposé de nouvelles idées aux entrepreneurs, inspirées de ce que j’avais vu dans le business coréen et japonais : les formules Roule me pelle et Bed & Breakfast. Cette dernière présentant un double avantage pour l’organisateur et le groupe : le fan, non content de payer son pack un montant confortable, serait aussi celui qui offre l’hébergement au groupe, évitant des frais supplémentaires au tourneur.

Et bien ils quasiment piqué l’idée (sans mes copyrights, les sagouins)! Non, pas le groupe A-ha, qui se désintéresse de ces packs et se contente de toucher l’argent sans y participer. Mais le groupe Tokio Hotel, qui fort de l’enthousiasme intact de ses fans, vient d’ajouter en fin de sa tournée Dream Machine une nouvelle formule : le pack High as Fuck. Contrairement à ce que son nom laisserait espérer, point de drogues ni de sexe inclus, juste un peu de rock’n’roll puisqu’au moins, celui-là inclut le billet pour le tout dernier concert de la tournée, à Krasnodar. Non, ce n’est pas dans le Mordor, mais pas loin : au sud-ouest de la Russie, pas loin de la Mer Noire.

tokio hotel high as fuck

Le capitaine Bill et son équipage Tom, Georg et Gustav aimeraient vous accueillir à bord de ce vol très spécial :
– joignez-vous au groupe dans un jet privé de Voronezh à Krasnodar
– photo avec le groupe devant l’avion
– selfie avec le groupe au-dessus des nuages
– boissons et collation comprise
– ticket pour le dernier concert à Krasnodar
– upgrade VIP Scream pour le concert
– upgrade VIP Room 483 pour le concert
– service de conciergerie Treehouse (… super)

Pour la modique somme de 650 Eur. Pour info, l’upgrade Scream est autour de 60 Eur et la Room 483 à 160 Eur (ça dépend des dates), le billet de concert à 60 eur. Ce qui nous fait donc le vol en jet privé à 400 Eur, à la louche.
Comme d’habitude avec Treehouse, aucune information sur combien de packs seront vendus, et donc avec combien d’autres fans les heureux élus partageront ces moments.

Je dois être cynique, mais quand j’ai vu le contenu, ma première réaction a été « Oh les petits futés, ils ont inventé le Blablajet en faisant payer une partie du trajet par les fans! ». Chapeau bas. Non franchement, ce serait presque une bonne idée.

Si ces gros boulets n’avaient pas attendu le 4 avril pour annoncer ce pack à date unique le 28 avril, alors que pour aller en Russie, la plupart des nationalités ont besoin de faire une demande de visa, qui prend un certain temps…

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Autrement dit, à part les Russes, les seules personnes pouvant acheter ce pack sont celles ayant déjà prévu d’assister au concert. Qui ont donc déjà, sans doute, le billet de concert, ainsi que ceux de transport, surtout pour aller dans des patelins improbables comme ça.

Encore une fois la preuve que les « organisateurs » à la petite semaine ne doivent pas vivre dans le même monde que le consommateur lambda… Eh les connards, ça vous tuerait d’annoncer vos attrape-couillons à l’avance, histoire que les gens puissent optimiser leurs itinéraires et leurs dépenses ?

Tout le monde n’est pas un artiste assisté qui n’a pas à gérer d’intendance, vous semblez l’oublier. Et même d’un point de vue purement business, pour pouvoir se payer vos prestations, ce serait mieux qu’il ne s’y ajoute pas des frais supplémentaires de billets de concert en surplus, de train ou d’avion non échangeables.

BOULETS.

Portrait de fan (8) : la starfucker

« Now I belong I’m one of the chosen ones

Now I belong I’m one of the beautiful ones »

Starfuckers Inc. Nine Inch Nails 

Certains couchent pour réussir, pour elle (ou lui) c’est l’inverse : son critère de réussite est de parvenir à coucher avec son idole. Ou plutôt avec ses idoles : la starfucker convoite en général tout ce qui brille et qui est célèbre. Cela peut être une stratégie pour acquérir soi-même une notoriété, mais souvent l’objectif n’est que de remplir son tableau de chasse de têtes connues. Plus ou moins connues, d’ailleurs. Même les acteurs seconds couteaux en convention, et les membres plus obscurs de groupes de rock, voire même leur entourage (roadies, gardes du corps, manager, etc), en profitent allègrement – normal : ils sont plus accessibles.

Lors d’une convention Buffy, je me suis retrouvée dans un ascenseur avec une dizaine d’autres fans et l’un des acteurs invités. C’était l’un de ceux assez accessibles et assez peu connus pour se permettre de circuler parmi nous sans précautions particulière. Quelqu’un a plaisanté « On a un acteur avec nous, bloquez l’ascenseur! ». Son regard noir en retour m’a surpris, car il était d’habitude très débonnaire et blagueur. Il a expliqué que c’était moins drôle quand cela arrivait réellement, et qu’un jour en rentrant fatigué dans sa chambre d’hôtel après une séance de dédicace, il y avait trouvé une fan sur le lit… Cette situation pourrait sembler agréable à certains, mais ne l’était apparemment pas pour lui, d’autant qu’il voyageait accompagné de sa femme. Sans parler de l’aspect anxiogène que cela représente, de voir l’intimité de sa chambre forcée par un parfait étranger.

Ce qui m’a le plus étonnée était qu’il ait droit à ce type de surprise, car  je pensais jusqu’alors que seuls les sex-symbols et les stars pouvaient susciter des élans aussi extrêmes. Or, sans être repoussant, ce n’était pas un apollon, et la plupart de ses rôles étant masqués, il n’avait rien non plus d’une tête d’affiche. Il faut croire que l’aspect aphrodisiaque de la célébrité fonctionne dès un stade très bas de celle-ci, sur certaines personnes?

sable starr groupie

Sable Starr, baby groupie, avec Iggy Pop

Archétype

Certaines de celles citées dans les livres sur les groupies, ou dans cet article, entre autres. Même si pour certaines comme Anita Pellenberg, le terme me paraît réducteur, pour avoir lu l’autobiographie de Keith Richards dont elle fut l’épouse plus de 10 ans et avec qui elle a eu 3 enfants. Pour Sable Starr en revanche, en photo ci-dessus, la reine des « baby groupies », c’est assez clair : Pamela Des Barres disait dans sa bio qu’elle n’avait pas apprécié du tout de se faire piquer la place par ces gamines qui, contrairement à la génération d’avant aimaient d’abord la musique et ensuite les musiciens. Ou alors c’était la jalousie qui parlait… La frontière est d’autant plus ténue entre groupie et starfucker que la définition de groupie est assez floue. Si vous en connaissez dans la fiction, n’hésitez pas à me les citer en commentaire!

Avantages

Fournit des anecdotes hautes en couleur – parfois à son insu. Vu sa grande facilité à sympathiser avec tous ceux qui ont un quelconque lien avec les célébrités, cela peut permettre de se faufiler dans son sillage… à condition de n’avoir aucune chance de lui faire de l’ombre, ou au contraire si on peut soi-même lui obtenir des entrées.

Dangerosité

Assez faible, sauf pour la solidité du couple de ses cibles.

Phrase fétiche

« Voulez-vous coucher avec moi ce soir? » (in French in the text. Vous seriez étonnés du nombre de gens de part le monde qui ne connaissent que cette phrase en français, et n’hésitent pas à vous la sortir à la première occasion)

Lecture : Life, de Keith Richards

Il y a de cela quelques années, j’ai lu avec un grand intérêt la pourtant longue autobiographie de Keith Richards. Je ne vous fais pas l’affront de vous dire qui est Keith Richards? Guitariste des Rolling Stones. Pour les plus jeunes, c’est lui qui joue le père de Jack Sparrow dans Pirates des Caraïbes. Normal, vu que Johnny Depp lui a tout piqué pour créer le look de Jack.

Contrairement à celle de Patti Smith qui m’avait fait l’effet d’un long auto-cirage de pompes très cliché en mode « la Bohème », ou à celle de Françoise Hardy qui était un peu dans le même genre name-dropping « j’ai côtoyé du beau monde, moi », joliment écrite mais un peu creuse, celle de Keith Richards fait moins dans les effets de style, mais raconte en détails sa jeunesse, ses influences musicales et de ses « trucs » de guitariste, et la vie d’une vraie rock star.

keith richards life

Je ne ferais pas un compte-rendu détaillé, mais j’avais pris des notes en lien avec mon étude sur les fans, puisque, pour une fois, j’avais accès à l’opinion depuis l’autre côté de la barrière… Eh bien croyez-le ou pas, j’ai trouvé plus d’humanité dans les récits pragmatiques et sans fard d’un Keith Richards que dans le livre de Pamela des Barres… (je ne garantis pas que ça se passait comme il le raconte, mais il a au moins le mérite de ne pas se la raconter. Il ne faut pas oublier non plus qu’il parle du temps de sa jeunesse, où les groupes n’étaient pas entourés d’autant d’argent et de parasites / d’entourage que maintenant, et où donc, l’intendance n’était pas assurée par des hôtels 5 étoiles. Et où les filles qui n’étaient pas groupies étaient de toute manière confinées à une vie de femme au foyer. Alors entre faire un sandwich à une rock star et se la taper ensuite, ou faire un sandwich à un mari ennuyeux sans avoir d’autre horizon que la machine à laver et le goûter des enfants… autant le faire pour la rock star!).

Ceci fera un bon interlude entre le « portrait de fan » de vendredi dernier et celui de vendredi prochain.

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Si je me souviens de ce concert, c’est surtout parce qu’après on a levé deux nanas. On a passé la nuit dans un parc, sous un de ces abris avec banc et un petit toit. On n’a pas fait grand-chose. Je lui ai caressé un sein, je crois. On s’est surtout serrés et embrassés, les langues comme des anguilles. On est resté là jusqu’au matin, et je me suis dit : « Mon premier plan, et je termine dans les bras d’une fille. Merde alors. Il y a peut-être un truc à creuser ».

 

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Six mois plus tôt, je n’arrivais pas à tirer un coup, j’aurais dû payer pour avoir tout ça, toutes les nanas détournaient la tête en faisant « Ta ta ta », et brusquement elles sont là à te renifler les basques, et tu dis : « La vache, j’ai bien fait de changer d’aftershave, Habit Rouge c’est mille fois mieux qu’Old Spice! » Mais bon, c’est quoi qu’elles veulent, exactement? La gloire? Le fric? Ou bien c’est pour de vrai? Quand tu n’as jamais eu trop de chance avec les belles nanas, tu te méfies, forcément.
Il n’empêche, j’ai été sauvé par des filles plus souvent que par des mecs. Parfois, c’était juste une étreinte, un petit baiser et rien d’autre : tiens-moi chaud pour la nuit, restons juste dans les bras l’un de l’autre, la vie est dure, c’est un sale moment à passer. Et alors je disais : « Mais merde, pourquoi tu t’occupes de moi alors que tu sais que je suis un enfoiré et que je serai parti demain?
– Je sais pas. Sans doute parce que tu en vaux la peine.
– Bon, je vais pas dire non… » J’en ai d’abord fait l’expérience avec les petites nanas du nord de l’Angleterre, pendant cette fameuse première tournée. Après le show, tu finis au pub ou au bar de l’hôtel et puis, sans savoir comment, tu te retrouves dans une chambre avec une fille vraiment adorable qui étudie la sociologie à l’université de Sheffield et qui a résolu d’être vraiment, vraiment gentille avec toi. « Attends, je croyais que tu étais une fille avec du plomb dans la tête. Je joue de la guitare, moi. Je suis dans cette ville que pour une nuit!
– Ouais, mais tu me plais. » Et parfois, se plaire est mieux que s’aimer.

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p186
La force de ces nanas de treize, quatorze, quinze ans lorsqu’elles sont en bande m’a toujours fait peur. Elles ont failli me tuer. Personne ne m’a fait plus craindre pour ma vie que ces adolescentes. Si tu te laissais prendre dans leur déferlement, elles t’étouffaient, te déchiraient en lambeaux… Pas facile de décrire la trouille qu’elles pouvaient te flanquer. Tu aurais été mieux dans une tranchée en première ligne que de te faire emporter par cette marée de désir surchauffé, cette pulsion incompréhensible – même pour elles.

 

p249 (au sujet de Brian Jones)
Il était fasciné par les vedettes, mais seulement parce que c’était des vedettes, pas à cause de ce qu’elles avaient fait. Il était vraiment pénible, une sorte d’appendice en décomposition qu’on trimballait avec nous. Quand vous passez trois cent cinquante jours par an sur la route avec un tel poids mord, ça finit par vous porter sur le système.

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p457
Les groupies, c’était autre chose que les adolescentes délurées ou les nanas qui faisaient la queue pour prendre le thé avec Bill. J’aimerais ici faire l’éloge des groupies : c’était de ravissantes jeunes femmes qui savaient ce qu’elles voulaient et ce qu’il fallait faire pour l’obtenir. Il y avait bien quelques horribles profiteuses, comme ces malades qui collectionnaient les moulages des queues de tous les rockers qu’elles s’étaient envoyés. J’ai toujours refusé, c’était hors de question. Il y avait aussi les rivales des sculpteuses au plâtre, les reines du beurre. Leur dévouement était admirable, mais je n’aimais pas ces pros qui ne s’intéressaient qu’à leurs trophées : « Me suis fait celui-ci, celui-là. » Bill Wyman en sens inverse. Ca ne m’a jamais trop intéressé. Je faisais exprès de *ne pas* les baiser. Je leur demandais de se mettre à poil et je leur disais ensuite : « Ok, merci beaucoup, tu peux partir. » Parce que je savais que je ne serais qu’un coup de plus dans leur tableau de chasse.
Beaucoup de groupies, pourtant, étaient juste de braves filles qui aimaient bien s’occuper de mecs. Très maternantes, en un sens. Et si ça se passait comme ça, pourquoi pas? Pourquoi ne pas se mettre au pieu pour baiser? Mais ce n’était pas l’essentiel. Les groupies étaient des amies et la plupart n’étaient pas vraiment des canons. Elles proposaient un service. Tu arrivais dans une ville, disons Cincinatti ou Cleveland, et il y avait une ou deux filles que tu connaissais, et elles te rendaient visite pour s’assurer que tu était OK, elles s’occupaient de toi, te faisaient à manger, etc. On frappe à la porte, tu regardes dans le judas, et oh, mais c’est Shirley!
Les groupies faisaient partie de la famille, d’un réseau informel. Et ce qui me plaisait beaucoup, c’est qu’il n’y avait ni jalousie ni instinct de possession. En ce temps-là, il y avait une sorte de circuit. Tu jouais à Cincinatti, ensuite il y avait Brownsville, puis Oklahoma City. C’était comme un circuit à étapes, et chaque groupie passait la main à une de ses amies sur la route. Tu arrivais et les secours t’attendaient. « Baby, j’en peu plus! Quatre shows, je suis mort! » C’était comme des infirmières, la Croix-Rouge du rock’n’roll! Elles lavaient ton linge, te faisaient couler un bain et d’autres trucs encore. Et tu leur demandais : « Mais pourquoi tu fais ça pour un guitariste? Il y a des millions de mecs dehors. »

Portrait de fan (7) : la groupie

« She waits at backstage doors for those who have prestige

who promise fortune and fame, a life that’s so carefree. »

Dirty DianaMichael Jackson

Description

La groupie se rêve compagne, muse et inspiratrice de son idole. Elle idolâtre ses illustres prédécesseurs, celles qui ont partagé la couche des grands (Jimi Hendrix, Jim Morrison…), qui se sont vues immortaliser dans des chansons. Elle aime la musique, c’est vrai, qui représente une bonne part de sa vie, et elle a généralement une bonne culture musicale. Elle aime les concerts, et s’amuser.

Elle aimerait surtout être entretenue dans une vie de bohème luxueuse, qu’elle idéalise complètement, avec une célébrité par procuration, sans avoir pour cela à effectuer le travail de fourmi qui mène à la gloire artistique (parce que le génie, c’est bien connu, c’est 5% d’inspiration et 95% de transpiration).

Malheureusement pour elle, de nos jours, tout artiste un peu connu se voit gratifié d’un entourage qui rend la présence d’une groupie superflue, et de gardes du corps qui font qu’une rencontre par hasard est quasi-impossible. Aussi, il n’y a plus guère de groupies qui « réussissent » en sortant de nulle part. La place est prise par les mannequins, actrices, attachées de presse, maquilleuses et autres jeunes femmes déjà dans le milieu, voire même musiciennes elles-mêmes. Elle sont parfois aussi des groupies, mais elles peuvent, elles, apporter à la fois l’inspiration et quelques connexions au musicien, ainsi qu’un supplément de célébrité grâce à la leur propre. Du fait qu’elles ont déjà une notoriété pré-existante à leur statut de « copine de », elles échappent à l’étiquette de groupie.

Et là vous me demanderez : pourquoi j’ai écrit « la » groupie, pourquoi je n’ai pas mis ce terme au masculin générique comme les autres portraits de fans? C’est parce que les groupies mâles, il y en a peu, ou en tout cas, pas pour les artistes femmes, ainsi que le rapportent la plupart des rockeuses dans cet article de Salon. Par contre, il y en a probablement pour les artistes masculins portés sur la chose. Encore que cet autre article laisse à entendre que la tendance est en train de changer.

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Archétype

Pamela Des Barres, qui a raconté ses exploits de groupie de Frank Zappa, Mick Jagger et autres dans divers livres. Ou Lori Mattix.

Avantages

Passionnée parmi les passionnés, elle fait partie de ceux qui connaissent le mieux la carrière de l’artiste.

Dangerosité

Faible pour les autres fans, si vous ne représentez pas un obstacle sur sa route vers l’Idole. En revanche, la groupie peut être dangereuse pour toutes les femmes qui ont l’occasion de réellement approcher sa cible. Elle est d’une jalousie féroce, et extrêmement possessive envers cette personne qui, la plupart du temps, ne la connaît pas.

Phrase fétiche

« I’m with the band. »

Lundi mon tag : Liebster Awards 2017 bis (5e épisode)

June, étant aussi mauvaise joueuse que moi, n’a pas hésité à me renvoyer mon Liebster dans la moule à coup de batte… Bon je ne vous la refais pas, les onze faits sur moi gnagna plus d’idée depuis longtemps. Ah, si, un, qui m’est revenu en croisant Joe Dante à la Cinémathèque :
Il m’arrive de fredonner le chant du Mogwai. Sans raison particulière, j’aime bien, c’est tout. Make of that what you will.
Pour les questions, June m’a piqué les miennes et en a rajouté pour arriver aux 11 règlementaires (parce que moi et les règles, hein… On n’est pas là pour se faire emmerder, on est là pour bloguer et se marrer – à peu près d’après (C) Boris Vian, chanté par Coluche)
Ta réaction face à cette merveilleuse nomination ? Non ne remercie pas  !
anim_johnny blaze passes spirit of vengeance to robbie
Décris le(s) thème(s) de ton blog en 5 mots maximum (pas techniquement une question, ok)
Fandom, humour, culture et confiture.
C’est facile, j’avais pensé la question par rapport à mon dilemme pour décrire le mien sur Facebook.
Ton blog a-t-il un objectif autre qu’être un hobby? Et si oui lequel?
Initialement, c’était pour faire la promotion de mon projet de livre sur les fandoms, partant du constat qu’à l’heure actuelle, comme les maisons de disques, les maisons d’édition publient plus facilement les gens qui ont déjà un public.
Ce projet-là n’a pas trouvé preneur, mais je ne désespère pas de transformer certains textes d’ici en objet publié, un jour.
Inversement, certaines séries d’articles sur le fandom, comme celle sur la figure du fan au cinéma ou la série de portraits du vendredi, sont des recyclages du livre. Quitte à avoir passé des mois à l’écrire, hein…

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