Un regard sur #saccageparis

Connaissez-vous le hashtag #saccageparis ? Depuis mars ou avril, il est un gros gravillon dans les escarpins qu’a chaussés Anne Hidalgo pour sillonner les routes de France et d’ailleurs afin de préparer sa candidature à la présidence de la République. Cette semaine, elle était à Kigali au Rwanda pour une conférence de l’Association Internationale des Maires Francophones, énième « machin » inutile que la mairie de Paris subventionne à hauteur d’1,6 Million par an (en sus des 40 000 euros de cotisation). Et après on se demande pourquoi Paris a 7 milliards de dettes. Enfin non, depuis que je suis le hashtag, je ne me le demande plus…

Bien que les médias aient tendance à réduire les revendications rassemblées derrière ce tag (et non le compte Twitter du même nom, qui s’est créé après pour l’exploiter) à la saleté des rues de Paris, elles sont plus nombreuses et variées :

  1. Défaut d’entretien des rues et du mobilier urbain, parfois dangereux- panneaux arrachés, trous dans la chaussée et sur les trottoirs,… Le Canard Enchaîné a aimablement révélé une des raisons :

2. Quand aux lampadaires et autres feux rouges réparés au chatterton, avec des câbles électriques apparents, c’est le travail de l’entreprise Evesa, titulaire du marché. Qui, comme tant d’autres entreprises en contrat pour la ville de Paris, ne semble faire l’objet d’aucun contrôle des travaux… A 90 millions par an, ça fait cher du rouleau de scotch.

3. Disparition et dégradation du mobilier urbain, remplacé au mieux par des modèles anti-SDF hors de prix commandés à des designers de renom (mais moches quand même), au pire par des modèles qui plaisent aux EELV de l’alliance majoritaire, tout en bois de palette et poutres en bois. Vous savez, EELV, ce sont ces écologistes qui ignorent que le bois non traité, ça pourrit vite en plein air…

4. Ces mêmes écolos qui promeuvent des pieds d’arbres végétalisés gérés par les riverains (ou associations) qui en font la demande. Et qui, dans leur grande majorité, sont d’aussi piètres jardiniers qu’eux. Eh oui, le jardinage, ce n’est pas un hobby pour bobo qui passe ses week-ends en villégiature et ses soirées à boire des cocktails à la goyave. Ça demande du temps, de la constance, et des compétences. Des compétences qu’ont les jardiniers de Paris, dont la mairie diminue les effectifs.

5. Remarquez, ça ne devrait pas être trop grave, puisque les espaces verts diminuent à vitesse grand V devant la bétonnisation de Paris faite à marche forcée par Hidalgo. Partout où il restait des friches ou des espaces verts, la maire fait installer des programmes immobiliers, de préférence des tours géantes dont, pourtant, la population avait clairement exprimé à son prédécesseur Delanoë qu’elle ne voulait pas.

6. Et cela alors que la mairie, par le biais de l’adjoint envoyé au front le plus souvent, Emmanuel Grégoire, clame haut et fort qu’il faut lutter contre la densification de Paris… Et prétend, pour lutter contre le réchauffement climatique et les canicules parisiennes, multiplier les arbres et les « forêts urbaines ». Du pipeau démonté par Le Monde, oui parce que dans les projets annoncés lors de la campagne, on ne sait pas, à la mairie, qu’un arbre, ça a besoin de terre. Et pas juste 20cm de profondeur. Donc la forêt devant l’hôtel de ville, c’est pas possib’ ma brave dame… Des mensonges aussi sur les arbres soit disant plantés en masse par la mairie, qui ne compensent pas du tout tout ceux qu’elle coupe, sous des motifs farfelus. Remember la glycine de Montmartre ? Abattue soit disant parce qu’elle dépérissait, il faudra 2 mois à la mairie pour publier un justificatif… Qui concerne un autre végétal. Est-ce qu’on ne se foutrait pas un peu de notre gueule ? Je crois que la question elle est vite répondue…

7. A la place, on nous installe des jardinières, souvent biodégradables elles aussi, et qui font d’excellents nids pour les rats. C’est ça, la biodiversité version EELV. Remarquez, dans mon quartier, c’est multi usage, ça sert aussi : de cendrier, de poubelle, de cache pour les dealers, et d’urinoir.

8. Ah oui, les urinoirs. Fameux exemple du gâchis d’argent de cette mairie axée sur la communication, mais qui n’a pas le début d’une notion de « budget », de retour sur investissement ou d’analyse d’impact… C’est pas grave après tout, c’est pas leur pognon… C’est le nôtre ! Le plus célèbre exemple, donc, ce sont ces « Naturinoirs » à 40 000 euros de la société Ecosec, censés recycler l’urine en engrais grâce à l’énergie solaire. Résultat :

Parce que dans les start-up de l’écologie, vous voyez, on ne sait pas que les arbres, ben, ça fait des feuilles. A la mairie non plus, du reste. Je ne sais pas à combien ils se sont mis pour valider le projet, mais je pense que tous autant qu’ils sont, ils ont autant de compétences en écologie qu’un gamin de 6 ans.

9. Remarquez, au rayon du gaspillage d’argent public, ils nous ont aussi conçu, pour recycler Audrey Pulvar après son échec retentissant aux régionales, une Académie du Climat, pour sensibiliser les jeunes au changement climatique et réfléchir à des solutions pour y remédier. Ça cogite dur, niveau atelier bricolage de mon petit cousin de CP :

On reproche au mouvement d’être récupéré par l’opposition. Ben…. Encore heureux non ? Ce n’est quand même pas notre faute si à chaque fois qu’on identifie un problème à Paris et qu’on creuse, on trouve à la source des décisions lamentables de la même majorité ? Croyez moi, j’en ai été surprise, ayant voté pour eux jusqu’à la première élection d’Hidalgo. Depuis, je regrette…

3, 2 millions pour enfiler les banalités comme des perles

10. Le patrimoine de Paris est démoli pour des réaménagements pas toujours nécessaires, surtout quand on a déjà 7 milliards de dette. Les fontaines de la porte de la Chapelle. Celles de la place de la République. Le jardin de la Pagode (c’est ballot : là où il y a des arbres en pleine terre, la mairie ferme les yeux sur leur excavation. Elle se vend si cher que ça, la terre parisienne ?)…

11. Autre grief : la gestion (ou absence de) de la toxicomanie dans le nord de Paris : les riverains des jardins d’Eole, dans le quartier de Stalingrad, ont dû en venir à dégager les dealers de crack à coup de mortier de feux d’artifice pour que les médias se décident à parler de leur calvaire, aggravé par le démantèlement de la Colline du Crack et le confinement : un quartier livré aux dealers et consommateurs de crack, une drogue particulièrement destructrice. Des riverains sous pression qui ne peuvent dormir à cause des bagarres, cris et viols sous leurs fenêtres, des enfant traumatisés par les scènes d’injection et de déchéance, et par les agressions de toxicos prêts à tout pour se payer une nouvelle dose. Scènes similaires autour de la gare du Nord et de la salle de shoot de l’hôpital Lariboisière. Il paraît qu’il ne faut pas dire salle de shoot mais SCMR, salle de consommation à modération des risques. Pourtant les riverains, eux, dénoncent une aggravation des risques pour eux. La SCMR de Paris ne poussant pas franchement à la désintoxication et ne fournissant pas de palliatifs, elle attire les dealers sûrs d’y trouver des clients. Chaude ambiance.

Je n’habite pas très loin. Le quartier n’a jamais été jojo, mais ça allait encore jusqu’à il y a quelques années. Je le décrivais comme « coloré pas craignos ». Depuis le début du confinement, j’ai failli me faire piquer mon téléphone dans la rue 2 fois, j’ai assisté à 2 vols à la tire, entendu dans la rue une bonne cinquantaine d’altércations / poursuites (au minimum. Je ne les compte plus. Durant le couvre-feu, tous les soirs il y avait un passage de cassos braillards dans la rue, rarement les mêmes. Ambiance American Nightmare). Et, grâce à l’extension des zones de deal, depuis 3 mois, j’ai assisté 3 fois à des scènes de shoot dans la rue, en plein jour.

Il était 18h…

Je pourrais continuer des heures. La liste des méfaits de la mairie est longue. En gros, ils trouvent toujours de l’argent pour des projets artistiques non durables, mais la sécurité, la propreté et la beauté de Paris, ils s’assoient dessus.

Et puis ce soir, je suis tombée sur l’article d’un anglais qui écrit depuis Paris, qui nous donne son avis sur le mouvement saccageparis. La traduction dans Courrier International, ci-dessous, n’est accessible en entier qu’aux abonnés, mais la version originale sur le site The Local est disponible en entier.

https://www.courrierinternational.com/article/vu-du-royaume-uni-le-vrai-saccage-de-paris-cest-lexode-de-ses-habitants

Je suis ravie d’apprendre que le fait que la criminalité à Paris ait augmenté de 46% en 6 ans en 2019 n’est pas grave, parce que « c’est limité aux quartiers nord et est de Paris, les plus pauvres ». C’est là que j’habite, mais sans doute que lui non, alors il s’en fout. Et encore, les chiffres s’arrêtent à 2019. Ils ont dû bondir avec le confinement, si tant est que les gens se fatiguent encore à porter plainte, étant donné qu’en général derrière, pour un « simple » vol, il n’y a pas d’action (testé pour vous. L’officier qui a pris ma plainte pour un vol de chèque, à la 3e tentative, a été sympathique, mais ne m’a laissé aucune illusion sur le fait d’avoir des nouvelles… Alors qu’on avait le nom et le numéro de compte de la personne qui avait encaissé le chèque volé à la Poste- ah oui, la Poste non plus n’a pas enquêté. Suite à ma réclamation, ils m’ont juste envoyé un courrier sans aucun moyen de réponse pour m’offrir le prix du timbre en compensation, et encore, même ce coupon n’était pas en pièce jointe… Nuls jusqu’au bout).

Et je suis aussi ravie de découvrir que pour lui, le problème, c’est la gentrification, qui diminue la charmante et folklorique diversité de population. Dans mon quartier, c’est pas les bobos qui représentent 90% de la population… Notez, les toxicos eux sont de toute nationalité. Le gros mec bourré tout nu qui menaçait de descendre par la fenêtre (du 5e étage) en découdre avec les autres glandus qui picolent devant l’hôtel dans ma rue (qui, vu la populace aux fenêtres, a dû être réquisitionné comme hébergement d’urgence pour cassos divers et avariés), vue sa gueule et son accent, il était plutôt des pays de l’Est.

Comme dans Friends !

Mais le reste du quartier, lui, est devenu une banlieue d’Islamabad, complète avec ses conflits ethniques ou religieux (je ne parle pas l’ourdu ni le pendjabi, je n’ai pas saisi les détails des bagarres régulières)… Remarquez, l’avantage, c’est que quand des bandes de jeunes d’autres minorités descendent des quartiers nord pour trafiquer, ou des « mineurs isolés marocains » viennent jouer les pickpockets, ils ne s’embêtent pas avec des médiateurs de la ville de Paris : ils prennent directement qui une chaise, qui un bâton sur un des chantiers perpétuels du coin, et ils se menacent façon parade d’intimidation, voire ils se foutent directement sur la gueule.

Ce n’est pas que j’ai une affection démesurée pour le bobo biobio donneur de leçons qui commande des baskets équitables en soja sur son iPhone changé tous les ans, mais croyez moi, je m’estimerais heureuse si le problème de mon quartier, c’était la gentrification… Déjà, il y aurait plus d’une femme sur 20 dans la rue…

Insécurité routière, vélo et lois débiles

J’ai appris au détour de Twitter que parfois les cyclistes avaient le droit de brûler certains feux rouges. Évidemment, personne n’a pensé à prévenir les piétons ni ne s’est inquiété de comment ceux-ci pouvaient savoir s’ils devaient s’attendre à se faire rouler dessus ou pas…

Quand j’ai passé mon permis, l’accent était mis sur le fait que la sécurité, c’était l’anticipation. (ex : un de mes moniteurs m’a dit que si j’avais devant moi une voiture toute beugnée immatriculée en banlieue, il valait mieux garder une distance parce qu’ils n’étaient pas assurés et se fichaient d’un gnon de plus sur leur carrosserie. Et au cas où vous voudriez savoir, le moniteur n’était pas gaulois).

L’anticipation se fait notamment sur la base du code de la route et de son respect. Le feu n’est visible que des voitures et des cyclistes, impossible pour le piéton de prévoir.

Bref, encore une réforme complètement débile et dangereuse, mise en place pour faire plaisir aux cyclistes parisiens, pensée par des GROS BLAIREAUX QUI NE VOIENT PAS PLUS LOIN QUE LE BOUT DE LEUR IDÉOLOGIE. J’en ai marre que les lois soient écrites par des débiles… et après on voudrait que je fasse confiance aux gens qui dirigent ce pays.

Promis, si un jour je vois passer un texte de loi ou une mesure, une seule, qui a l’air d’avoir été réfléchie en tenant compte des conséquences et de la vraie vie, j’y songerai. A mon avis ce n’est pas près d’arriver.

Question de taille : Elle Déco

Tu lis une accroche d’article sur Elle Deco pour aménager un coin de jardin même en ville même sur une petite surface genre micro balcon, et comme tu manques de verdure en ce début de 2e année de confinement, tu cliques. Et là tu découvres que pour Elle, « micro balcon » c’est en fait une terrasse de 4x2m.

De ma fenêtre, les quelques voisins qui en ont, c’est plutôt du 2×1 m en Haussmannien « populaire » (dans les beaux quartiers, les immeubles Haussmanniens sont un peu plus grands, décorés etc. C’est un peu comme la différence entre les 3 classes en avion: de loin ça ressemble, à l’usage les cm font la différence…). Le style où tu cases juste une micro table pour 2 tasses ou 2 bières et 2 chaises de jardin pliables. Sinon c’est pas un micro balcon, c’est un balcon tout court, du moins dans mon monde.

Et il y a un seul exemple de ce genre dans l’article, les autres c’est plutôt comme ma capture ci-dessous, « un jardin de 100m2 », un toit d’immeuble (de même superficie, à vue d’œil), oh les pauuuuuuvres, sur leur toit avec vue panoramique sur Paris, y a une moche cheminée et un local de fonctionnement d’ascenseur, vite, masquons ça!

A Paris 16e en plus, au prix du m2 🤪

Prochain article dans Elle : « vie pratique : où garer sa Porsche à Paris alors que la plupart des parkings souterrains ont des pentes trop raides pour les bas de caisse des voitures de sport ».

Suis-je bête : ça ne risque pas d’arriver, il y a des voituriers pour ça !

Au revoir les pauvres !

Bilan 2020

Apparemment tout le monde le fait et à la réflexion, ça me tente.

On va essayer de se concentrer sur le positif même si ce n’est sans doute pas ce qu’on est tenté de retenir rétrospectivement…

L’année avait mal commencé avec la suite de la grève RATP / SNCF.
Dès qu’elle s’est achevée, je me suis empressée de faire une petite visite familiale dont ces gougnafiers m’avaient privé pour les fêtes, célébrées via Zoom, ce qui n’est pas pareil du tout. Ce n’est pas qu’on fête ça en énorme comité, mais justement…

Et j’ai bien fait vu qu’ensuite, je n’ai pas pu le refaire pour diverses raisons suite aux « événements ».

En février, même si ça paraît plus lointain que l’an dernier tellement cette année a paru interminable, j’ai quand même pu assister à deux concerts, dont un à l’étranger (à Bruxelles) : les deux, de Babymetal, alias mes metalleuses japonaises en jupette, afin de célébrer ensemble le culte du Dieu Renard. Loué soit-il.

Babymetal à l’Elysée Montmartre. Vous aussi ça vous manque?

En mars, évidemment, ça s’est gâté, je ne vous dis pas pourquoi…

Point positif : ma société (dans le domaine de l’informatique) était 1) équipée pour nous envoyer tous en télétravail dès l’annonce de notre incapable président (celui de la République, j’entends) et 2) a appliqué un principe de précaution bien supérieur à celui de nos politiques en carton. Ce qui, j’ai été navrée de l’apprendre, n’a pas été le cas de toutes les boîtes, publiques ou privées, même quand elles étaient équipées pour. La culture du management version petit chef, en France, c’est quand même terrible… Si tu n’es pas capable de voir si ton équipe bosse en télétravail, c’est que tu es incompétent comme manager, le télétravail ne changera rien à l’affaire.

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Les boules de lavage, le greenwashing qui ne lave rien

Je suis actuellement spammée sur FB par les pubs pour les « boules de lessive » d’une marque française, les Gargouilles. Etant de formation scientifique, leur baratin marketing à base de « la lessive c’est chimique c’est pas bien, sauvez la planète avec nos boules de lavage en plastique pleine de billes de céramique machin qui au contact de l’eau la transforment magiquement en truc qui lave » me hérissait le poil.

En creusant un peu, effectivement, cette société n’est qu’une parmi d’autres qui revend très cher un produit chinois à 2 balles, qui quand on fait des tests comparatifs, lave « presque aussi bien que de la lessive », mais surtout lave aussi bien que si tu ne mets rien d’autre que ton linge dans la machine…

Oh ben quelle surprise les anti science : si l’homme a développé des agents lavants, c’est parce que pour dissoudre les graisses l’eau seule ne suffit pas. Ça transparaît d’ailleurs dans les commentaires pourtant positifs sur les publications sponsorisées (on suppose que les négatifs sont supprimés), qui ont tendance à dire « Je l’utilise depuis x temps et ça marche très bien. Pour le linge très sale ou les odeurs j’ajoute du vinaigre blanc / du bicarbonate / des huiles essentielles ». Oui donc tout seul ça lave seulement le linge pas vraiment sale. Moi mon geste écologique, c’est d’attendre que mes vêtements soient sales pour les laver. Chacun sa méthode. (c’est mon côté masculin : si ça ne pue pas et que ce n’est pas tâché, ce n’est pas sale, ça peut se remettre).

En résumé : si une marque fait de jolies pubs sur FB, il y a 99% de chances que ce soit une arnaque. (parce que bon, là, tu reçois tes boules, mais à 35 balles l’unité pour un machin avantageusement remplacé par la boule dosette vide de lessive pour l’effet mécanique… C’est quand même une arnaque).

Sauvez la planète : développez votre esprit critique.

Boules de lavage Les Gargouilles : arnaque ou pas ?

Journal du fail français, épisode 137

Vous m’excuserez de commencer la série au moment où on serait en droit d’espérer qu’on approchait du happy end. Mais la nullité du gouvernement français repousse chaque jour les limites du possible, et rétrospectivement, je regrette de ne pas avoir un historique complet (ça pourrait servir pour un procès. On peut rêver…)

Après :

« Il faut continuer à sortir et s’amuser »

« Maintenons le 2e tour des élections. Il n’y aura pas de confinement. »

« Oups. Ah ben si, effectif demain. »

« Non mais les masques sont inutiles. »

« Les masques sont obligatoires »

Et j’en saute un certain nombre, voici le nouveau flop de nos gouvernants : la plate-forme dédiée aux réservations de vaccination (réservée pour l’instant aux plus de 75 ans, aux soignants de plus de 50 et aux titulaires d’un formulaire B45 orange nés un 29 février pendant la pleine lune) est inaccessible et a été arrêtée le temps de mises à jour.

https://amp.lefigaro.fr/economie/vaccination-des-plus-de-75-ans-les-bugs-de-la-prise-de-rendez-vous-20210114?

Ils ont eu plus de 6 mois pour y penser. Ils auraient pu utiliser une plate-forme existante (comme Doctolib), ou leur demander l’utilisation de leur source contre quelque argent, ou grouper avec la plate-forme des tests OCR, mais non…

Ils ont sans doute mis 3 mois à se mettre d’accord pour le principe, 2 mois à rédiger un appel d’offres tout pourri, 2 mois à sélectionner une startup d’un pote d’un ministre, où des larbins ont eu 2 semaines, un post-it comme cahier des charges et une infrastructure dimensionnée pour les réservations de la salle polyvalente de Troupaumé-en-Josas (et sa soirée annuelle karaoke choucroute) pour faire le site…

Ca faisait longtemps qu’on n’avait pas eu les Charlots en marronnier de Noël

Ceci n’est pas un fake. Sachant qu’à mon avis la Poste est déjà à genoux. C’est plus des guignols au gouvernement, c’est des débiles mentaux. Et encore, c’est méchant pour les débiles.

Cad fermer des commerces concentre les clients sur les grandes surfaces. Et fermer les rayons « non essentiels » fait que, outre que si tes gamins ne rentrent plus dans leurs fringues ou ton frigo te lâche, tu ne peux pas acheter ce qu’il faut, pour les courses de Noël, les gens vont avoir le choix entre prévoir le coup et tout commander sur Internet (c’est pas plutôt un complot de Jeff Bezos que de Bill Gates, ce merdier?…), ou s’agglutiner en clusters dans les rayons magasins quand ils rouvriront… S’ils rouvrent. C’est intelligent.

Aussi intelligent que la fermeture obligatoire des restaurants en vente à emporter à 22h. Comme ça les gens sont obligés de commander entre 19h et 21h30. Ou à l’avance et de bouffer réchauffé ou froid. Mais en tout cas ça réduit la plage horaire et donc => ça augmente les rassemblements aux mêmes heures (et ça limite encore le chiffre d’affaires des restaurateurs).
On dirait qu’ils ne savent plus quoi inventer pour couler le pays plus vite.

Les Charlots ou les Guignols ?

Pour Pâques, un Grenelle de la Cloche devrait se réunir mi-décembre pour statuer sur la création d’un Observatoire du Lapin de Pâques, qui lui-même mettra en place un calendrier de réunions pour se mettre d’accord sur l’éventualité de tolérer ou pas la vente des œufs de Pâques, et si oui, les calibres et compositions autorisées. On s’autorise à penser dans les milieux autorisés que ça sent le roussi pour les mini oeufs à la liqueur…

D’aucuns rétorquent, quand on taxe le gouvernement de nullité, que c’est facile le yakafokon, et qu’on n’aurait pas mieux fait à leur place.

Alors personnellement, de ce côté, 2 semaines avant l’annonce du 1er confinement, voyant l’évolution de la situation en Chine et en Italie, j’avais demandé à la société qui m’emploie de nous autoriser à faire du télétravail plusieurs jours par semaine.

Je râlais contre le maintien des élections législatives, que j’ai boycottées (ce qui a peut-être sauvé un assesseur ou une petite vieille civique, vu que quelques jours après je perdais le sens du goût…).

Et mi-septembre je déplorais d’entendre autant de gens rapporter que leurs sociétés leur faisaient reprendre le travail en présentiel à temps plein, dans des secteurs où le télétravail fonctionne très bien. Ce qui avait entre autres pour effet de ré-engorger le métro. Et je déplorais surtout que le gouvernement ne tape pas du poing sur la table pour indiquer au MEDEF que ce serait bien d’être prudent là dessus. Je signale à ce sujet que mes patrons, eux, sont nettement moins débiles que le gouvernement, puisqu’on n’avait repris en présentiel qu’en septembre et à mi-temps, et qu’en suivant l’évolution de la situation sanitaire, ils ont vite augmenté la part de télétravail, bien avant que Macrus et Costex prennent des mesures.

Donc ce n’est pas un raisonnement a posteriori : on est plusieurs à savoir lire les données fournies par le site officiel et en tirer les conséquences, merci…

Profs de sport et pédagogie : une brève histoire du néant (3)

Épisode 3 : l’endurance

Suite de l’épisode précédent, l’année où on nous avait séparés en groupes de niveaux pour les cours d’EPS.

A notre niveau de « pas bon », l’objectif de la course d’endurance était de courir 20mn en continu, sans objectif de nombre de tours de piste. Les bons, eux, faisaient deux tours le temps qu’on en fasse un (pendant que je chronométrais les tours de mon binôme, je surveillais aussi les passages d’un camarade sportif qui ressemblait à McGyver adolescent. Fallait bien s’occuper :déjà que courir c’est chiant, alors regarder les autres le faire…)

Je n’étais pas rétive de base, j’ai essayé. Au prix de gros efforts, j’ai réussi à tenir les 20 mn à la première séance. Sauf que quand le prof nous a demandé ensuite notre pouls, calculé en comptant les battements sur 15 secondes et en multipliant par 4, j’ai répondu « 240 ». Il m’a signifié avec mauvaise humeur que ce n’était pas possible et que je disais des âneries.

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Il est vrai que j’avais un peu extrapolé pour le compte : les battements trop rapides étaient durs à suivre, et de temps en temps il y en avait un qui manquait. Et au lieu de les compter au poignet où ils étaient faiblards, je m’étais basée sur la grosse pulsation de la veine à l’arrière de mon crâne. N’empêche que ça faisait grosso modo 60 en 15 secondes. Et pendant que le prof ignorait avec mépris ma réponse, mes camarades de classe, eux, me demandèrent avec une inquiétude inhabituelle si ça allait bien, parce que j’étais blanche. Ce qui, même eux le savaient, n’était pas la couleur normale de quelqu’un qui vient de courir. Moi je ne m’en étais pas rendue compte.

Mais leur réaction me fit reconsidérer l’importance de « se donner à fond pour repousser ses limites / ne pas se faire engueuler par le prof », versus « tiens, je ne serais pas passée à 30 secondes d’un arrêt cardiaque sous le regard réprobateur du gars responsable de nous tenir en forme qui croit que je me fous de sa gueule ? ».

De ce fait, les fois d’après, je m’arrangeai pour marcher dès que les matelas du poste de saut en hauteur me cachaient à la vue du prof (qui ne courait pas, bien sûr).

Profs de sport et pédagogie : une brève histoire du néant (2)

Épisode 2 : entretenir la motivation

Une année au collège, l’équipe pédagogique avait innové en regroupant 3 classes avec 3 profs, pour nous répartir ensuite en 3 groupes de niveau. Chacun avait une notation distincte, sans doute pour motiver les bons à s’améliorer et les moins bons à quand même obtenir une note décente. Intention louable. Exécution « peut mieux faire ».

Pour la répartition, on nous fait participer à 8 épreuves d’athlétisme (100m, saut en hauteur, saut en longueur, lancer de javelot, lancer de disque…). Les résultats portés sur la grille d’évaluation devaient dégager une courbe et une moyenne servant à nous départager. Pour moi, ça commence bien : je n’avais que 2 points sur mon graphique d’évaluation. Mes 6 autres résultats sont tellement lamentables qu’ils sont hors grille (loin de me couvrir de honte, cela me fit et me fait encore rire).

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Sans surprise, je finis dans le groupe des « pas bons », en binôme avec le seul gars qui y avait échoué (de gabarit semblable au mien : format crevette). A l’inverse, dans le groupe des bons, une seule fille s’était qualifiée : une camarade qui faisait de la course à pied au niveau régional.

Alors certes, l’athlétisme, par définition, ce n’était pas pour moi, vu que je n’avais ni prédispositions ni entraînement. Par contre, quand on a entamé les cours de gym aux agrès, j’étais plus motivée. Je trouvais ça déjà plus ludique de me suspendre à des barres asymétriques, de sauter sur un tremplin ou de garder mon équilibre sur la poutre.

On nous avait confié la tâche de nous noter les uns les autres. J’avais concocté un petit enchaînement à la poutre, rien d’exceptionnel mais tous les basiques histoire de grapiller une note potable. Un avantage d’être petit, c’est qu’on a un centre de gravité bas et qu’on est compact : ça aide pour l’équilibre. Donc j’étais capable de faire tout ce qui ne requérait pas de grand saut ou de grande souplesse. Je réalise mon enchaînement sans tomber, mes camarades me notent en fonction du barème : tel mouvement, 2 points, tel autre, un point de plus, etc. En me donnant une note artistique moyenne, au final je me retrouve avec la moyenne et un peu plus, une fois n’est pas coutume en sport.

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(illustration non contractuelle) 

Sur ce, nos profs débarquent pour vérifier ce qu’on a fait. Ma note leur paraissant trop élevée vu mon passif, ils me demandent de refaire l’enchaînement. Je m’exécute fièrement, pour une fois que j’y ai mis du mien. Et là, ils révisent la notation. Y a pas de rythme, tel mouvement n’est pas assez souple donc il ne compte pas, note artistique pitoyable. Ma note retombe de plusieurs points et repasse sous la moyenne.

Alors fondamentalement, je n’avais pas besoin de ces points. J’étais une bonne élève jusqu’à me retrouver dans une grande ville en terminale. Mais question motivation, l’effet a été que je me suis dit que si j’avais une note aussi pourrie en faisant des efforts que quand je n’en faisais pas, je n’allais pas me fouler davantage. Ma participation en cours de gym cette année battit des records de « Rien à péter ».

J’ai même perfectionné ma technique en sports collectifs : non seulement je ne cherchais pas à récupérer le ballon pour mon équipe, je faisais exprès quand mes camarades avaient le ballon de me positionner derrière un joueur adverse pour être sûre qu’on ne me le passe pas (ben oui : faute de force et de technique, si j’avais le ballon je me le faisais piquer ou je ratais la passe. Aucun intérêt).

Quand une prof de sport s’en rendit compte et essaya de me motiver en me disant que ça pouvait rapporter des points au Bac, je lui ai répondu que si j’avais besoin de ça pour avoir le Bac, ce serait la honte. Méprisant pour la discipline ? J’allais me gêner tiens !

Profs de sport et pédagogie : une brève histoire du néant (1)

On me demande souvent pourquoi je n’aime pas le sport.

Enfin non, on ne me le demande pas, mais je vais quand même vous raconter quelques anecdotes ayant cimenté mon aversion pour les pratiques athlétiques.

Épisode 1 : la randonnée cycliste (dont un au lion)

En CM2, j’habitais dans une petite ville en région rurale. Mon instituteur de CM2 était du type sportif bourru au grand coeur. Enfin, la deuxième partie, j’ai un doute : cette histoire est le seul souvenir que j’ai gardé de lui. Mais le genre gaillard sportif. Il a organisé une grande sortie de classe à vélo vers une montagne voisine. Je préférais déjà la lecture aux exploits physiques, même si j’aimais bien les longues balades en forêt et la natation dans les lacs et rivières d’eau vive. Je n’avais donc pas de vélo. J’avais appris à en faire et j’en avais pratiqué assez pour être à l’aise dessus, mais pas assez pour réclamer que mes parents en rachètent un à ma taille tous les 3 ans. L’école m’a prêté un vélo de son petit stock de dépannage.

La montée

On était à peine sortis de la périphérie de la ville que ma meilleure amie, peut-être distraite par une voiture, est tombée dans le fossé bordant la route. Un fossé caillouteux d’une cinquantaine de centimètres de profondeur, suffisant pour se faire mal et lui rendre compliqué d’en sortir. Je m’arrêtai pour l’aider, la voiture-balai d’un parent d’élève fit de même. Mais je me souviens surtout que l’instituteur, lui, est revenu vers nous en l’admonestant parce qu’elle mettait trop de temps à sortir et qu’elle causait un problème.

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Colvert*.

La descente

On eut droit à pêcher le plat principal de notre pitance du midi dans un élevage de truites. Puis, après le pique-nique, il fut temps de s’en revenir à l’école. Jusqu’ici, en vélo, gabarit de crevette et absence de pratique oblige, j’étais toujours à la traîne. Mais ce jour-là, dans la descente, je dépassai graduellement mes camarades. Pas par esprit de revanche, mais parce que le vélo fourni par l’école n’avait pas été vérifié, et que ses freins usés venaient de finir de me lâcher dans la descente.

J’étais donc en haut d’une route de montagne toute en lacets, cernée de forêt de sapins, sur un vélo sans freins prenant de plus en plus de vitesse. Je doublai toute ma classe ainsi que l’instituteur, qui me cria « Mais freine! ». Je braillai en retour « J’essaie ! », et ayant encore à l’époque un langage châtié, je ne le ponctuai pas de l’épithète fleuri qui me vint pourtant à l’esprit.

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Cayuga*.

Un tracteur et un camion allaient se croiser un peu plus bas, je me voyais déjà prise en sandwich façon tartare entre les deux. La providence me permit de doubler le tracteur alors qu’il restait une dizaine de mètres entre eux. Je commençai à rouler plus vite que jamais avant dans ma vie. Franchement, j’aurais préféré rester lente.

Quand tu n’es pas sportif, il vaut mieux être cérébral : loin de paniquer, mon cerveau était passé en mode « résolution de problème, vitesse maximale ». Le prochain virage était particulièrement serré, en épingle à cheveux, et pour faciliter sa prise par les voitures, remontait un peu sur l’extrémité. Configuration idéale pour le plan d’urgence concocté instantanément par mes neurones.

Je le pris sur la trajectoire la plus large possible, longeant la glissière de sécurité, profitai de la pente inverse pour ralentir un peu, appuyai le pied gauche (sur l’intérieur) à terre pour freiner sur les gravillons, et m’accrochai de la main droite à la glissière de sécurité métallique, de façon à répartir le freinage des 2 côtés et limiter les risques de chute.
SCHHHHRFFFFRRRRHHHJPOF.
J’étais à présent à l’arrêt, aux 3/4 du virage, appuyée contre la glissière. Je fis le bilan : jambe gauche endolorie, main droite un peu raclée, rythme cardiaque à 180 bpm, mais rien de cassé ni foulé, et je n’avais pas fait de vol plané dans les sapins. YES. Triomphe de l’esprit sur la matière.

Quelques instants plus tard, je fus rejointe par l’instituteur, dont la réaction ne m’a pas laissé de souvenir impérissable. Il devait surtout être content de ne pas avoir à déclarer un accident au retour, je pense, mais ne m’en était pas reconnaissant pour autant. Il a sans doute même poussé l’insulte jusqu’à vérifier que ah oui, les freins étaient lisses, ce n’était pas une invention de ma part pour attirer l’attention.

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Orpington*.

Je terminai l’excursion serrée à l’arrière de l’espèce de pick-up qui servait de voiture-balai et transportait les piques-niques de la classe (La sécurité routière à l’époque…).

Si vous vous demandez ce qui a guidé mon choix d’illustration*, ce sont des *espèces de canard.
La semaine prochaine, je vous raconterai l’histoire de ce prof de natation qui voulait nous faire nager au milieu des requins (non je plaisante).