Insécurité routière, vélo et lois débiles

J’ai appris au détour de Twitter que parfois les cyclistes avaient le droit de brûler certains feux rouges. Évidemment, personne n’a pensé à prévenir les piétons ni ne s’est inquiété de comment ceux-ci pouvaient savoir s’ils devaient s’attendre à se faire rouler dessus ou pas…

Quand j’ai passé mon permis, l’accent était mis sur le fait que la sécurité, c’était l’anticipation. (ex : un de mes moniteurs m’a dit que si j’avais devant moi une voiture toute beugnée immatriculée en banlieue, il valait mieux garder une distance parce qu’ils n’étaient pas assurés et se fichaient d’un gnon de plus sur leur carrosserie. Et au cas où vous voudriez savoir, le moniteur n’était pas gaulois).

L’anticipation se fait notamment sur la base du code de la route et de son respect. Le feu n’est visible que des voitures et des cyclistes, impossible pour le piéton de prévoir.

Bref, encore une réforme complètement débile et dangereuse, mise en place pour faire plaisir aux cyclistes parisiens, pensée par des GROS BLAIREAUX QUI NE VOIENT PAS PLUS LOIN QUE LE BOUT DE LEUR IDÉOLOGIE. J’en ai marre que les lois soient écrites par des débiles… et après on voudrait que je fasse confiance aux gens qui dirigent ce pays.

Promis, si un jour je vois passer un texte de loi ou une mesure, une seule, qui a l’air d’avoir été réfléchie en tenant compte des conséquences et de la vraie vie, j’y songerai. A mon avis ce n’est pas près d’arriver.

Question de taille : Elle Déco

Tu lis une accroche d’article sur Elle Deco pour aménager un coin de jardin même en ville même sur une petite surface genre micro balcon, et comme tu manques de verdure en ce début de 2e année de confinement, tu cliques. Et là tu découvres que pour Elle, « micro balcon » c’est en fait une terrasse de 4x2m.

De ma fenêtre, les quelques voisins qui en ont, c’est plutôt du 2×1 m en Haussmannien « populaire » (dans les beaux quartiers, les immeubles Haussmanniens sont un peu plus grands, décorés etc. C’est un peu comme la différence entre les 3 classes en avion: de loin ça ressemble, à l’usage les cm font la différence…). Le style où tu cases juste une micro table pour 2 tasses ou 2 bières et 2 chaises de jardin pliables. Sinon c’est pas un micro balcon, c’est un balcon tout court, du moins dans mon monde.

Et il y a un seul exemple de ce genre dans l’article, les autres c’est plutôt comme ma capture ci-dessous, « un jardin de 100m2 », un toit d’immeuble (de même superficie, à vue d’œil), oh les pauuuuuuvres, sur leur toit avec vue panoramique sur Paris, y a une moche cheminée et un local de fonctionnement d’ascenseur, vite, masquons ça!

A Paris 16e en plus, au prix du m2 🤪

Prochain article dans Elle : « vie pratique : où garer sa Porsche à Paris alors que la plupart des parkings souterrains ont des pentes trop raides pour les bas de caisse des voitures de sport ».

Suis-je bête : ça ne risque pas d’arriver, il y a des voituriers pour ça !

Au revoir les pauvres !

Bilan 2020

Apparemment tout le monde le fait et à la réflexion, ça me tente.

On va essayer de se concentrer sur le positif même si ce n’est sans doute pas ce qu’on est tenté de retenir rétrospectivement…

L’année avait mal commencé avec la suite de la grève RATP / SNCF.
Dès qu’elle s’est achevée, je me suis empressée de faire une petite visite familiale dont ces gougnafiers m’avaient privé pour les fêtes, célébrées via Zoom, ce qui n’est pas pareil du tout. Ce n’est pas qu’on fête ça en énorme comité, mais justement…

Et j’ai bien fait vu qu’ensuite, je n’ai pas pu le refaire pour diverses raisons suite aux « événements ».

En février, même si ça paraît plus lointain que l’an dernier tellement cette année a paru interminable, j’ai quand même pu assister à deux concerts, dont un à l’étranger (à Bruxelles) : les deux, de Babymetal, alias mes metalleuses japonaises en jupette, afin de célébrer ensemble le culte du Dieu Renard. Loué soit-il.

Babymetal à l’Elysée Montmartre. Vous aussi ça vous manque?

En mars, évidemment, ça s’est gâté, je ne vous dis pas pourquoi…

Point positif : ma société (dans le domaine de l’informatique) était 1) équipée pour nous envoyer tous en télétravail dès l’annonce de notre incapable président (celui de la République, j’entends) et 2) a appliqué un principe de précaution bien supérieur à celui de nos politiques en carton. Ce qui, j’ai été navrée de l’apprendre, n’a pas été le cas de toutes les boîtes, publiques ou privées, même quand elles étaient équipées pour. La culture du management version petit chef, en France, c’est quand même terrible… Si tu n’es pas capable de voir si ton équipe bosse en télétravail, c’est que tu es incompétent comme manager, le télétravail ne changera rien à l’affaire.

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Les boules de lavage, le greenwashing qui ne lave rien

Je suis actuellement spammée sur FB par les pubs pour les « boules de lessive » d’une marque française, les Gargouilles. Etant de formation scientifique, leur baratin marketing à base de « la lessive c’est chimique c’est pas bien, sauvez la planète avec nos boules de lavage en plastique pleine de billes de céramique machin qui au contact de l’eau la transforment magiquement en truc qui lave » me hérissait le poil.

En creusant un peu, effectivement, cette société n’est qu’une parmi d’autres qui revend très cher un produit chinois à 2 balles, qui quand on fait des tests comparatifs, lave « presque aussi bien que de la lessive », mais surtout lave aussi bien que si tu ne mets rien d’autre que ton linge dans la machine…

Oh ben quelle surprise les anti science : si l’homme a développé des agents lavants, c’est parce que pour dissoudre les graisses l’eau seule ne suffit pas. Ça transparaît d’ailleurs dans les commentaires pourtant positifs sur les publications sponsorisées (on suppose que les négatifs sont supprimés), qui ont tendance à dire « Je l’utilise depuis x temps et ça marche très bien. Pour le linge très sale ou les odeurs j’ajoute du vinaigre blanc / du bicarbonate / des huiles essentielles ». Oui donc tout seul ça lave seulement le linge pas vraiment sale. Moi mon geste écologique, c’est d’attendre que mes vêtements soient sales pour les laver. Chacun sa méthode. (c’est mon côté masculin : si ça ne pue pas et que ce n’est pas tâché, ce n’est pas sale, ça peut se remettre).

En résumé : si une marque fait de jolies pubs sur FB, il y a 99% de chances que ce soit une arnaque. (parce que bon, là, tu reçois tes boules, mais à 35 balles l’unité pour un machin avantageusement remplacé par la boule dosette vide de lessive pour l’effet mécanique… C’est quand même une arnaque).

Sauvez la planète : développez votre esprit critique.

Boules de lavage Les Gargouilles : arnaque ou pas ?

Journal du fail français, épisode 137

Vous m’excuserez de commencer la série au moment où on serait en droit d’espérer qu’on approchait du happy end. Mais la nullité du gouvernement français repousse chaque jour les limites du possible, et rétrospectivement, je regrette de ne pas avoir un historique complet (ça pourrait servir pour un procès. On peut rêver…)

Après :

« Il faut continuer à sortir et s’amuser »

« Maintenons le 2e tour des élections. Il n’y aura pas de confinement. »

« Oups. Ah ben si, effectif demain. »

« Non mais les masques sont inutiles. »

« Les masques sont obligatoires »

Et j’en saute un certain nombre, voici le nouveau flop de nos gouvernants : la plate-forme dédiée aux réservations de vaccination (réservée pour l’instant aux plus de 75 ans, aux soignants de plus de 50 et aux titulaires d’un formulaire B45 orange nés un 29 février pendant la pleine lune) est inaccessible et a été arrêtée le temps de mises à jour.

https://amp.lefigaro.fr/economie/vaccination-des-plus-de-75-ans-les-bugs-de-la-prise-de-rendez-vous-20210114?

Ils ont eu plus de 6 mois pour y penser. Ils auraient pu utiliser une plate-forme existante (comme Doctolib), ou leur demander l’utilisation de leur source contre quelque argent, ou grouper avec la plate-forme des tests OCR, mais non…

Ils ont sans doute mis 3 mois à se mettre d’accord pour le principe, 2 mois à rédiger un appel d’offres tout pourri, 2 mois à sélectionner une startup d’un pote d’un ministre, où des larbins ont eu 2 semaines, un post-it comme cahier des charges et une infrastructure dimensionnée pour les réservations de la salle polyvalente de Troupaumé-en-Josas (et sa soirée annuelle karaoke choucroute) pour faire le site…

Ca faisait longtemps qu’on n’avait pas eu les Charlots en marronnier de Noël

Ceci n’est pas un fake. Sachant qu’à mon avis la Poste est déjà à genoux. C’est plus des guignols au gouvernement, c’est des débiles mentaux. Et encore, c’est méchant pour les débiles.

Cad fermer des commerces concentre les clients sur les grandes surfaces. Et fermer les rayons « non essentiels » fait que, outre que si tes gamins ne rentrent plus dans leurs fringues ou ton frigo te lâche, tu ne peux pas acheter ce qu’il faut, pour les courses de Noël, les gens vont avoir le choix entre prévoir le coup et tout commander sur Internet (c’est pas plutôt un complot de Jeff Bezos que de Bill Gates, ce merdier?…), ou s’agglutiner en clusters dans les rayons magasins quand ils rouvriront… S’ils rouvrent. C’est intelligent.

Aussi intelligent que la fermeture obligatoire des restaurants en vente à emporter à 22h. Comme ça les gens sont obligés de commander entre 19h et 21h30. Ou à l’avance et de bouffer réchauffé ou froid. Mais en tout cas ça réduit la plage horaire et donc => ça augmente les rassemblements aux mêmes heures (et ça limite encore le chiffre d’affaires des restaurateurs).
On dirait qu’ils ne savent plus quoi inventer pour couler le pays plus vite.

Les Charlots ou les Guignols ?

Pour Pâques, un Grenelle de la Cloche devrait se réunir mi-décembre pour statuer sur la création d’un Observatoire du Lapin de Pâques, qui lui-même mettra en place un calendrier de réunions pour se mettre d’accord sur l’éventualité de tolérer ou pas la vente des œufs de Pâques, et si oui, les calibres et compositions autorisées. On s’autorise à penser dans les milieux autorisés que ça sent le roussi pour les mini oeufs à la liqueur…

D’aucuns rétorquent, quand on taxe le gouvernement de nullité, que c’est facile le yakafokon, et qu’on n’aurait pas mieux fait à leur place.

Alors personnellement, de ce côté, 2 semaines avant l’annonce du 1er confinement, voyant l’évolution de la situation en Chine et en Italie, j’avais demandé à la société qui m’emploie de nous autoriser à faire du télétravail plusieurs jours par semaine.

Je râlais contre le maintien des élections législatives, que j’ai boycottées (ce qui a peut-être sauvé un assesseur ou une petite vieille civique, vu que quelques jours après je perdais le sens du goût…).

Et mi-septembre je déplorais d’entendre autant de gens rapporter que leurs sociétés leur faisaient reprendre le travail en présentiel à temps plein, dans des secteurs où le télétravail fonctionne très bien. Ce qui avait entre autres pour effet de ré-engorger le métro. Et je déplorais surtout que le gouvernement ne tape pas du poing sur la table pour indiquer au MEDEF que ce serait bien d’être prudent là dessus. Je signale à ce sujet que mes patrons, eux, sont nettement moins débiles que le gouvernement, puisqu’on n’avait repris en présentiel qu’en septembre et à mi-temps, et qu’en suivant l’évolution de la situation sanitaire, ils ont vite augmenté la part de télétravail, bien avant que Macrus et Costex prennent des mesures.

Donc ce n’est pas un raisonnement a posteriori : on est plusieurs à savoir lire les données fournies par le site officiel et en tirer les conséquences, merci…

Profs de sport et pédagogie : une brève histoire du néant (3)

Épisode 3 : l’endurance

Suite de l’épisode précédent, l’année où on nous avait séparés en groupes de niveaux pour les cours d’EPS.

A notre niveau de « pas bon », l’objectif de la course d’endurance était de courir 20mn en continu, sans objectif de nombre de tours de piste. Les bons, eux, faisaient deux tours le temps qu’on en fasse un (pendant que je chronométrais les tours de mon binôme, je surveillais aussi les passages d’un camarade sportif qui ressemblait à McGyver adolescent. Fallait bien s’occuper :déjà que courir c’est chiant, alors regarder les autres le faire…)

Je n’étais pas rétive de base, j’ai essayé. Au prix de gros efforts, j’ai réussi à tenir les 20 mn à la première séance. Sauf que quand le prof nous a demandé ensuite notre pouls, calculé en comptant les battements sur 15 secondes et en multipliant par 4, j’ai répondu « 240 ». Il m’a signifié avec mauvaise humeur que ce n’était pas possible et que je disais des âneries.

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Il est vrai que j’avais un peu extrapolé pour le compte : les battements trop rapides étaient durs à suivre, et de temps en temps il y en avait un qui manquait. Et au lieu de les compter au poignet où ils étaient faiblards, je m’étais basée sur la grosse pulsation de la veine à l’arrière de mon crâne. N’empêche que ça faisait grosso modo 60 en 15 secondes. Et pendant que le prof ignorait avec mépris ma réponse, mes camarades de classe, eux, me demandèrent avec une inquiétude inhabituelle si ça allait bien, parce que j’étais blanche. Ce qui, même eux le savaient, n’était pas la couleur normale de quelqu’un qui vient de courir. Moi je ne m’en étais pas rendue compte.

Mais leur réaction me fit reconsidérer l’importance de « se donner à fond pour repousser ses limites / ne pas se faire engueuler par le prof », versus « tiens, je ne serais pas passée à 30 secondes d’un arrêt cardiaque sous le regard réprobateur du gars responsable de nous tenir en forme qui croit que je me fous de sa gueule ? ».

De ce fait, les fois d’après, je m’arrangeai pour marcher dès que les matelas du poste de saut en hauteur me cachaient à la vue du prof (qui ne courait pas, bien sûr).

Profs de sport et pédagogie : une brève histoire du néant (2)

Épisode 2 : entretenir la motivation

Une année au collège, l’équipe pédagogique avait innové en regroupant 3 classes avec 3 profs, pour nous répartir ensuite en 3 groupes de niveau. Chacun avait une notation distincte, sans doute pour motiver les bons à s’améliorer et les moins bons à quand même obtenir une note décente. Intention louable. Exécution « peut mieux faire ».

Pour la répartition, on nous fait participer à 8 épreuves d’athlétisme (100m, saut en hauteur, saut en longueur, lancer de javelot, lancer de disque…). Les résultats portés sur la grille d’évaluation devaient dégager une courbe et une moyenne servant à nous départager. Pour moi, ça commence bien : je n’avais que 2 points sur mon graphique d’évaluation. Mes 6 autres résultats sont tellement lamentables qu’ils sont hors grille (loin de me couvrir de honte, cela me fit et me fait encore rire).

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Sans surprise, je finis dans le groupe des « pas bons », en binôme avec le seul gars qui y avait échoué (de gabarit semblable au mien : format crevette). A l’inverse, dans le groupe des bons, une seule fille s’était qualifiée : une camarade qui faisait de la course à pied au niveau régional.

Alors certes, l’athlétisme, par définition, ce n’était pas pour moi, vu que je n’avais ni prédispositions ni entraînement. Par contre, quand on a entamé les cours de gym aux agrès, j’étais plus motivée. Je trouvais ça déjà plus ludique de me suspendre à des barres asymétriques, de sauter sur un tremplin ou de garder mon équilibre sur la poutre.

On nous avait confié la tâche de nous noter les uns les autres. J’avais concocté un petit enchaînement à la poutre, rien d’exceptionnel mais tous les basiques histoire de grapiller une note potable. Un avantage d’être petit, c’est qu’on a un centre de gravité bas et qu’on est compact : ça aide pour l’équilibre. Donc j’étais capable de faire tout ce qui ne requérait pas de grand saut ou de grande souplesse. Je réalise mon enchaînement sans tomber, mes camarades me notent en fonction du barème : tel mouvement, 2 points, tel autre, un point de plus, etc. En me donnant une note artistique moyenne, au final je me retrouve avec la moyenne et un peu plus, une fois n’est pas coutume en sport.

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(illustration non contractuelle) 

Sur ce, nos profs débarquent pour vérifier ce qu’on a fait. Ma note leur paraissant trop élevée vu mon passif, ils me demandent de refaire l’enchaînement. Je m’exécute fièrement, pour une fois que j’y ai mis du mien. Et là, ils révisent la notation. Y a pas de rythme, tel mouvement n’est pas assez souple donc il ne compte pas, note artistique pitoyable. Ma note retombe de plusieurs points et repasse sous la moyenne.

Alors fondamentalement, je n’avais pas besoin de ces points. J’étais une bonne élève jusqu’à me retrouver dans une grande ville en terminale. Mais question motivation, l’effet a été que je me suis dit que si j’avais une note aussi pourrie en faisant des efforts que quand je n’en faisais pas, je n’allais pas me fouler davantage. Ma participation en cours de gym cette année battit des records de « Rien à péter ».

J’ai même perfectionné ma technique en sports collectifs : non seulement je ne cherchais pas à récupérer le ballon pour mon équipe, je faisais exprès quand mes camarades avaient le ballon de me positionner derrière un joueur adverse pour être sûre qu’on ne me le passe pas (ben oui : faute de force et de technique, si j’avais le ballon je me le faisais piquer ou je ratais la passe. Aucun intérêt).

Quand une prof de sport s’en rendit compte et essaya de me motiver en me disant que ça pouvait rapporter des points au Bac, je lui ai répondu que si j’avais besoin de ça pour avoir le Bac, ce serait la honte. Méprisant pour la discipline ? J’allais me gêner tiens !

Profs de sport et pédagogie : une brève histoire du néant (1)

On me demande souvent pourquoi je n’aime pas le sport.

Enfin non, on ne me le demande pas, mais je vais quand même vous raconter quelques anecdotes ayant cimenté mon aversion pour les pratiques athlétiques.

Épisode 1 : la randonnée cycliste (dont un au lion)

En CM2, j’habitais dans une petite ville en région rurale. Mon instituteur de CM2 était du type sportif bourru au grand coeur. Enfin, la deuxième partie, j’ai un doute : cette histoire est le seul souvenir que j’ai gardé de lui. Mais le genre gaillard sportif. Il a organisé une grande sortie de classe à vélo vers une montagne voisine. Je préférais déjà la lecture aux exploits physiques, même si j’aimais bien les longues balades en forêt et la natation dans les lacs et rivières d’eau vive. Je n’avais donc pas de vélo. J’avais appris à en faire et j’en avais pratiqué assez pour être à l’aise dessus, mais pas assez pour réclamer que mes parents en rachètent un à ma taille tous les 3 ans. L’école m’a prêté un vélo de son petit stock de dépannage.

La montée

On était à peine sortis de la périphérie de la ville que ma meilleure amie, peut-être distraite par une voiture, est tombée dans le fossé bordant la route. Un fossé caillouteux d’une cinquantaine de centimètres de profondeur, suffisant pour se faire mal et lui rendre compliqué d’en sortir. Je m’arrêtai pour l’aider, la voiture-balai d’un parent d’élève fit de même. Mais je me souviens surtout que l’instituteur, lui, est revenu vers nous en l’admonestant parce qu’elle mettait trop de temps à sortir et qu’elle causait un problème.

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Colvert*.

La descente

On eut droit à pêcher le plat principal de notre pitance du midi dans un élevage de truites. Puis, après le pique-nique, il fut temps de s’en revenir à l’école. Jusqu’ici, en vélo, gabarit de crevette et absence de pratique oblige, j’étais toujours à la traîne. Mais ce jour-là, dans la descente, je dépassai graduellement mes camarades. Pas par esprit de revanche, mais parce que le vélo fourni par l’école n’avait pas été vérifié, et que ses freins usés venaient de finir de me lâcher dans la descente.

J’étais donc en haut d’une route de montagne toute en lacets, cernée de forêt de sapins, sur un vélo sans freins prenant de plus en plus de vitesse. Je doublai toute ma classe ainsi que l’instituteur, qui me cria « Mais freine! ». Je braillai en retour « J’essaie ! », et ayant encore à l’époque un langage châtié, je ne le ponctuai pas de l’épithète fleuri qui me vint pourtant à l’esprit.

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Cayuga*.

Un tracteur et un camion allaient se croiser un peu plus bas, je me voyais déjà prise en sandwich façon tartare entre les deux. La providence me permit de doubler le tracteur alors qu’il restait une dizaine de mètres entre eux. Je commençai à rouler plus vite que jamais avant dans ma vie. Franchement, j’aurais préféré rester lente.

Quand tu n’es pas sportif, il vaut mieux être cérébral : loin de paniquer, mon cerveau était passé en mode « résolution de problème, vitesse maximale ». Le prochain virage était particulièrement serré, en épingle à cheveux, et pour faciliter sa prise par les voitures, remontait un peu sur l’extrémité. Configuration idéale pour le plan d’urgence concocté instantanément par mes neurones.

Je le pris sur la trajectoire la plus large possible, longeant la glissière de sécurité, profitai de la pente inverse pour ralentir un peu, appuyai le pied gauche (sur l’intérieur) à terre pour freiner sur les gravillons, et m’accrochai de la main droite à la glissière de sécurité métallique, de façon à répartir le freinage des 2 côtés et limiter les risques de chute.
SCHHHHRFFFFRRRRHHHJPOF.
J’étais à présent à l’arrêt, aux 3/4 du virage, appuyée contre la glissière. Je fis le bilan : jambe gauche endolorie, main droite un peu raclée, rythme cardiaque à 180 bpm, mais rien de cassé ni foulé, et je n’avais pas fait de vol plané dans les sapins. YES. Triomphe de l’esprit sur la matière.

Quelques instants plus tard, je fus rejointe par l’instituteur, dont la réaction ne m’a pas laissé de souvenir impérissable. Il devait surtout être content de ne pas avoir à déclarer un accident au retour, je pense, mais ne m’en était pas reconnaissant pour autant. Il a sans doute même poussé l’insulte jusqu’à vérifier que ah oui, les freins étaient lisses, ce n’était pas une invention de ma part pour attirer l’attention.

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Orpington*.

Je terminai l’excursion serrée à l’arrière de l’espèce de pick-up qui servait de voiture-balai et transportait les piques-niques de la classe (La sécurité routière à l’époque…).

Si vous vous demandez ce qui a guidé mon choix d’illustration*, ce sont des *espèces de canard.
La semaine prochaine, je vous raconterai l’histoire de ce prof de natation qui voulait nous faire nager au milieu des requins (non je plaisante).

 

DHL : livraison pas express, service non compris

Résumons le processus de commande à l’étrange typique passant par un transporteur en France :

– tu commandes un truc sur un site étranger qui malheureusement ne propose que DHL comme expéditeur pour livrer dans ton pays sous-développé (la France).

– tu paies 35 balles de frais de port pour un phoquing T-shirt de 150 g quite en coûte 30. Si tu demandais des comptes à l’entreprise de livraison, on te répondrait sans doute : « Tu comprends, DHL c’est de la livraison premium express, la qualité de service ça se paie. » J’imagine que le site marchand utilise leurs services pour avoir un seul interlocuteur de par le monde et que le colis soit à peu près sûr d’arriver, ou du moins d’être garanti s’ils l’abîment.

avis de passage

– tu reçois un SMS de DHL le 12 pour t’avertir de la livraison et te proposer d’éventuellement reprogrammer la livraison.

– comme c’est une boîte conçue pour les entreprises, et pas du tout pour les particuliers qui ont un boulot hors de chez eux et autre chose à faire de leurs jours de congé que les poser pour recevoir un colis, tu sélectionnes un point retrait DHL en ville.

– tu reçois ensuite un SMS pour te dire que DHL pourra te livrer « une fois la douane réglée ». Ceci est un abus de langage pour dire « payer les 2,50 Eur de TVA à la douane ainsi que les 25 Eur de frais divers prélevés par DHL pour t’avoir dénoncé à la douane (qui sinon ne s’embête pas pour 2,50 eur de TVA, ça leur coûte plus à recouvrer que de laisser filer) ». Personnellement, j’appelle ça de l’escroquerie organisée.

(nota bene : quelqu’un a récemment posé la question à l’Assemblée Nationale : 

http://questions.assemblee-nationale.fr/q15/15-7420QE.htm 

On n’aura sans doute pas de réponse, mais ce serait bien que pour une fois, l’assemblée se mêle de choses qui pénalisent le consommateur… M’enfin bon, certains ont sans doute des postes dans les entreprises en question).

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– tu vas sur le site pour payer, et pour une fois il fonctionne (traditionnellement, il bugge et tu dois payer sur place).

– tu obtiens confirmation de paiement.

– 3 phoquings jours plus tard, tu reçois un coup de fil essoufflé d’un livreur de DHL pour te demander si tu es chez toi pour la livraison.

– comme malheureusement tu n’es pas un seigneur Sith, tu ne peux pas étouffer à distance le pigiste, aussi tu lui dis « Mais non bon sang, j’ai demandé qu’il soit déposé au point retrait Bidule! ».

– il raccroche.

– le soir après 19h, tu reçois un SMS comme quoi ton colis est disponible au point relais en question.

– le lendemain en pleine journée, ils te re-envoient un SMS pour te rappeler que tu n’as toujours pas retiré ton colis. Genre les mecs ils te font perdre 4 jours en paperasserie à la con qu’ils ont inventé eux-mêmes alors que sinon jamais la douane n’aurait remarqué ton tisheurte, et parce qu’ils ne sont pas capables de suivre les directives saisies sur leur site, et en plus maintenant ils chouinent parce que tu ne viens pas le retirer assez vite de leur point retrait. Y EN A QUI BOSSENT, CONNARD!

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La prochaine fois, je me ferai livrer au Japon et j’irai chercher le colis moi-même là-bas. Ca prendra certainement moins longtemps, et ça coûtera à peine plus cher. SOIXANTE-CINQ EUROS DE FRAIS DE DHL POUR UN PHOQUING TSHIRT A TRENTE EUROS POUR UNE LIVRAISON EN 10 JOURS (dont 3 pour venir du Japon aux portes de Paris). Même les escrocs auraient honte là!

Chers (au sens premier du terme) gougnafiers de DHL : quand vous chercherez un nouveau nom pour redorer votre blason écorné par vos pratiques commerciales plus que douteuses (pratique habituelle de rebranding), votre nouveau nom est tout trouvé :

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