Post-scriptum : Oscar Wilde au Petit Palais, conférence et vidéos 

One should never make one’s debut with a scandal.

Dans le cadre de la belle exposition Oscar Wilde au Petit Palais, en début d’année 2017, une conférence était donnée par Merlin Holland, qui n’est autre que son petit-fils. Ainsi qu’il doit l’expliquer à chaque fois, il ne s’appelle pas Wilde parce que, lorsqu’Oscar Wilde a été emprisonné, l’affaire a tant fait scandale que sa grand-mère, née Constance Lloyd, a dû changer de nom pour être tranquille. En Suisse où elle s’était réfugiée avec ses deux jeunes fils, un hôtel où elle séjournait lui avait demandé de partir quand des clients avaient découvert qui elle était. (Belle mentalité : quoi qu’on puisse penser des actes d’un homme, sa femme et ses enfants n’en sont pas responsables). Elle a donc pris le nom de Holland, issu d’une branche de sa famille.

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Merlin Holland a longtemps eu du mal à s’accommoder de l’héritage pesant de son illustre ancêtre, qu’il n’a pourtant pas connu – Oscar Wilde n’ayant jamais pu revoir ses 2 garçons après son emprisonnement, et étant mort bien avant que Vyvyan Holland, le père de Merlin, n’épouse la mère de celui-ci. Mais il a fini par trouver sa propre légitimité en devenant un spécialiste de son oeuvre et en travaillant à sa réhabilitation tardive – dont l’exposition parisienne est un exemple.

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Sa conférence, qui a fait salle comble, s’est tenue en français, semée de bons mots et d’anecdotes rates sur Oscar Wilde. Hélas, il ne restait plus assez de temps pour la séance de questions réponses, mais il a pris son temps pour répondre aux visiteurs lors de la séance de dédicaces qui a suivi à la librairie-boutique du musée.

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A la base, j’avais préparé ce post-scriptum pour poster la vidéo de la conférence, dont on nous avait dit qu’elle serait mise en ligne sur le site du musée. Hélas, plus d’un an après, je n’y compte plus trop…

Vidéo de l’interview qui était projetée lors de l’exposition.

Interview de Merlin Holland au Figaro.

We have really everything in common with America nowadays, except, of course, the language

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Portrait de Constance Lloyd par lord William Desanges (collection Merlin Holland). L’épouse d’Oscar Wilde parlait plusieurs langues et était une grande lectrice de poésie.

« Oscar Wilde n’est pas suffisamment sérieux pour être pris au sérieux » [par les critiques] – Merlin Holland  (petit-fils de Wilde). C’est son accessibilité au public qui le rend suspect.

 

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Exposition : Daimyo, au musée Guimet (1)

Il vous reste exactement une semaine pour aller voir la magnifique exposition en 3 parties sur les armures des Daimyo, seigneurs locaux du Japon féodal. Elle est répartie entre le musée Guimet, son annexe l’hôtel Heidelbach avenue d’Iéna, et le Palais de Tokyo.

Aussi je n’ai pas le temps de rédiger un long article qui serait de toute façon plein d’approximations, je me contenterai de partager ici des photos des 2 premières parties (n’ayant pas pu voir celle du Palais de Tokyo). D’autant plus que pas mal de personnes ont raté la 2e partie faute d’informations. Or, le bâtiment principal du musée Guimet n’expose « que » les 12 plus belles armures, dans sa rotonde du 4e étage. C’est au musée Heidelbach qu’on voit également des masques, des armes, des casques et d’autres pièces (ainsi que d’autres armures complètes), avec également des informations complémentaires sur les différents styles et la fabrication des armures.

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Plus de photos dans mon album dédié sur Facebook (sous peine d’exploser mon quota  WordPress) 

Informations pratiques :
Daimyo – Seigneurs de la guerre au Japon
16 février 2018 – 14 mai 201
Musée national des arts asiatiques – Guimet
6, place d’Iéna, 75116 Paris
Hôtel d’Heidelbach
19, avenue d’Iéna, 75116 Paris
Tarif :
11,50 Eur
Horaires :
Tous les jours sauf le mardi, de 10h à 18h (? Le site indique que du fait des grèves des transports en commun, le musée ferme à 17h, j’ignore si c’est encore le cas). Attention, dans tous les cas la Rotonde ferme au plus tard à 17h30.

En parallèle, le palais de Tokyo non loin expose une installation de George Henri Longly (entrée possible avec le billet de l’exposition du musée Guimet).

Exposition (passée) : Naoki Urasawa à l’Hôtel de Ville de Paris

Tout le monde en avait parlé à Angoulême où Naoki Urasawa était invité pour une exposition exceptionnelle. Celle-ci a ensuite élu domicile pour quelques semaines à Paris, à l’Hôtel de Ville (la classe). Je connaissais en fait assez peu son oeuvre, donc c’était un bon rattrapage express.
L’exposition est notamment composée de plusieurs séries de planches originales groupées par chapitre. Une interview en vidéo de l’auteur explique que c’était sa volonté de les présenter ainsi pour d’une part, permettre aux lecteurs de voir enfin les dessins à leur taille réelle (le format de publication est réduit d’environ un tiers), avec les corrections apportées directement sur le papier. Et d’autre part, de présenter assez de pages à la fois pour donner envie de lire l’histoire, puisque le manga est conçu pour se lire vite.

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Objectif atteint. Je suppose que la boutique de l’Hôtel de Ville, qui vendait pour l’occasion une partie des oeuvres traduites en français, a dû faire carton plein (ils vendent aussi le artbook sur Osamu Tezuka, Manga no Kamisama).

L’exposition avait une double lecture, par oeuvre et par thème- ceux abordés de façon récurrente par Urasawa : l’enfance, l’art, le mal sans visage… Elle explicitait également les nombreuses références qui émaillent ses différents mangas. Ainsi, Pluto se passe dans le même monde que le Astro Boy d’Osamu Tezuka (Astro le petit robot). J’ai particulièrement apprécié les pages de chara design, dont celle où on voit comme Urasawa collait initialement beaucoup au style Tezuka pour le design d’Astro, avant de le rendre plus humain. Et ses carnets de dessin de collégien, avec une nette influence de Go Nagai.

Malheureusement, je l’ai vue un des derniers week-ends et il est donc trop tard pour en profiter, car elle se terminait le 31 mars. Mais je vous invite à vous pencher directement sur l’oeuvre d’Urasawa, dont plusieurs séries sont publiées en français. Car il a touché à différents genres : thriller avec Monster (où un médecin tente d’arrêter un tueur qu’il avait sauvé enfant), 20th Century Boys (des adultes sont confrontés à une secte apocalyptique), SF avec Pluto, sport même avec Happy (mâtiné des démêlés de l’héroïne avec des yakuza), etc…

Pour plus de détails, je vous renvoie à son intéressante interview dans Télérama, qui plaira notamment à Bee Bop puisqu’il y donne sa définition du rock’n’roll.

Exposition : l’Art du Pastel de Degas à Redon au Petit Palais

Rattrapage pour ceux qui n’ont pas pu y aller, car elle vient de s’achever.

Après 3 tentatives infructueuses en week-end où j’avais reculé devant la longueur de la file d’attente, j’ai profité de la dernière nocturne pour enfin aller voir au Petit Palais l’exposition l’Art du Pastel de Degas à Redon.

Je ne regrette pas d’avoir persévéré, même si du coup, on se marchait un peu sur les pieds (toujours éviter les premiers et derniers jours d’une exposition quand on peut…). Cette exposition permet de voir la grande variété des styles possibles avec ces petits bâtons de couleur : aussi précis et détaillé qu’une peinture académique, ou vaporeux comme un rêve… ou un cauchemar.

Doté d’un fort pouvoir réflecteur, le pastel conserve une luminosité impressionnante qui donne l’impression de touches d’or sur certains dessins. Et n’étant pas verni, ses couleurs ne sont pas jaunies et foncées par le temps qui passe – à condition de le protéger soigneusement des frottements et de la lumière. Ceci explique la rareté de ces expositions, et leur faible éclairage. Le pastel, matériau fragile, oblige à la délicatesse, bien qu’il puisse aussi exprimer toute la vivacité d’un mouvement ou d’une lumière.

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Les pastels ont aussi été une des techniques de prédilection des peintres du courant Symboliste, que j’affectionne. L’exposition leur consacre une bonne place.

Une salle met en avant l’adéquation du pastel pour retranscrire les nuances de peau et en particulier « la suavité des chairs féminines ». Pourtant au mur, ce qui retient l’attention, ce sont les yeux bleu anis de la Sauvagesse de Caroline Bailly.

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L’art du Pastel – la non moins fascinante Sauvagesse

Autre regard frappant, dans la salle d’en face : celui de la jeune Ernestine, saisi par Eugène Vidal, n’a rien à envier à Arya Stark.

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L’art du Pastel – la fascinante Ernestine

En arrivant dans l’une des dernières salles, j’ai la bonne surprise de redécouvrir l’un de mes premiers coups de coeur artistique « en vrai », quand nouvellement arrivée à Paris de ma province, j’ai commencé à visiter des expositions dans des musées : le triptyque de sanguines flamboyantes de Lucien Lévy-Dhurmer consacré à Beethoven et 2 de ses oeuvres- un fan-art du 19e siècle, en quelque sorte ! Et en particulier cette sublime Appassionata. Elles étaient alors, si ma mémoire ne me trompe pas, exposées au petit musée Hébert, fermé depuis plusieurs années.
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L’art du Pastel – Appassionata de Levy-Dhurmer

Bref : c’était très beau, et apaisant, et parfois intrigant, et exactement ce que j’attends d’une exposition d’art.

(Parce que par contre, pour les « messages » qu’on vit dans un monde moche, méchant etc, je ne suis pas complètement aveugle ni idiote, je n’ai pas besoin de témoignages d’artistes dessus).

Retrouvez les photos et quelques autres en bonus sur Facebook (je ne veux pas saturer trop vite mon compte WordPress…).

Exposition : Parfums de Chine, la culture de l’encens au temps des empereurs – Musée Cernuschi

En ce moment, au musée Guimet, il y a une exposition événement sur les Daimyo, seigneurs de guerre japonais (tip : si vous y allez, il y a deux parties : une dizaine d’armures dans la Rotonde du bâtiment principal, et toute une partie dans l’hôtel d’Heidelbach au 19 avenue d’Iéna. Chose que le personnel du musée ne précise pas…). Et à l’autre musée de Paris spécialisé dans les arts et cultures asiatiques, le musée Cernuschi, il y a également une belle exposition sur un thème peut-être moins vendeur : Parfums de Chine, la culture de l’encens au temps des empereurs.

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Il s’agit d’une collaboration entre le musée Cernuschi (qui fait partie des musées de la ville de Paris), le musée de Shanghai qui a prêté des oeuvres de toute beauté, et les parfums Dior. Des bornes olfactives permettent de sentir des re-créations de formules chinoises anciennes traduites par le conseiller scientifique de l’exposition Frédéric Obringer, réinterprétées par le parfumeur-créateur de la maison Dior Parfums, François Demachy.

Le gros de l’exposition est évidemment composé de brûles parfums et de divers ustensiles pour préparer et diffuser divers encens. Cela n’a rien de répétitif, puisqu’au travers des époques, des régions et des usages, ils ont emprunté des formes et des matières très différentes. Il y a également des peintures représentant des lettrés utilisant ces encens (terme ici utilisé au sens générique de substances odorantes utilisées par combustion).  Les textes de présentation expliquent l’importance de l’encens dans la culture chinoise, en particulier dans la bonne société, où il est signe de raffinement.

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Informations pratiques :
Parfums de Chine, la culture de l’encens au temps des empereurs
Musée Cernuschi
Du 9 mars au 26 août 2018
7 avenue Vélasquez
75008 Paris
(M) Villiers ou Monceau
Horaires :
Du mardi au dimanche
De 10h à 18h
Tarif de l’exposition temporaire : 9 Eur
(les collections permanentes sont gratuites)

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Avez-vous vu cette glacure magnifique?

Café Musée : Onigiri café et exposition Japonisme à la Maison de la Culture du Japon

Nouvelle année, nouvelle résolution :

do or do not, there is no try (Confucius Yoda).

 

Après une fin d’année assez poussive et occupée, certes, mais pas forcément à la nourriture de l’âme, j’ai repris des activités culturelles à vocation (entre autres) bloguesques : j’ai profité d’une exposition temporaire à la Maison de la Culture du Japon pour y retourner. Je voulais le faire avant Noël pour y chercher des idées cadeaux, mais je n’avais pas eu le temps, évidemment. Il faudra néanmoins que j’essaie d’y retourner pour une des nombreuses activités proposées par le lieu :

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L’Onigiri Café, par Kunitoraya

La chaîne japonaise Kunitoraya qui a déjà 3 restaurants dans Paris a ouvert un café au rez-de-chaussée de la MCJ (un salon de thé se trouve au 5e étage, mais est ouvert uniquement sur réservation pour les cérémonies du thé, si j’ai bien compris). Comme son nom l’indique, il sert des Onigiri (triangles de riz enrobés d’une algue, fourrés de façon variée : prune salée, saumon, thon mayonnaise, algues…), mais aussi diverses variétés de thé (dont mon genmaicha adoré), ainsi que des mochi (pâtisseries japonaises à base de pâte de haricot rouge. Les prix sont raisonnables, entre 3 et 5 Euros l’onigiri, 5 Eur les mochi, et les thés de 3 à 6 euros (pour le Matcha latte). Il y a également des sakes, des sodas et des liqueurs de yuzu et de prune (ume).

L’exposition

Japonisme : ce terme désigne le courant artistique qui a traversé la France fin XIXe début XXe siècle, quand le Japon a rouvert ses frontières et que les échanges culturels avec l’Europe ont recommencé. L’exposition (gratuite) se concentre sur les débuts, avec les premiers objets japonais importés en France, soit via la Chine, soit via des voyageurs, soit cadeaux des ambassades. L’exposition est courte (une grande salle) mais présente de très belles pièces, dont un panneau représentant le comptoir hollandais de Deshima (près de Nagasaki) J’y ai découvert que, loin d’être seulement le seul port ouvert aux Européens (et encore, exclusivement les Hollandais…) avant 1858, c’était une île artificielle entourée de murailles et apparemment fortement gardée, reliée à la terre par un étroit passage facile à surveiller.

Autre surprise, les portraits photographiés des membres de l’ambassade envoyée en Europe pour tenter de retarder l’ouverture d’autres ports aux gaijin : le membre le plus âgé présenté à 39 ans, et le plus jeune… 16 ans! – Masuda Susumu, interprète d’anglais (et ce n’est pas un cas unique : un autre avait seulement 17 ans, et c’est son portrait – en costume traditionnel et noeud papillon! – qui illustre l’affiche).

L’exposition se termine le 20 janvier, donc dépêchez-vous si cela vous intéresse. Les photos sont interdites, d’où la pauvreté iconographique de mon compte-rendu de visite.

Le Japan Store

il est ouvert depuis octobre 2016, mais je n’étais pas retournée à la MCJ depuis un bail car ce n’est pas dans mon secteur. C’est une boutique design située au rez-de-chaussée, gérée par Mitsukoshi, l’équivalent nippon des Galeries Lafayette. Aussi cossu que les GL, le Japan Store propose des articles de mode de divers créateurs japonais, de l’épicerie fine traditionnelle ou contemporaine (chocolat, thé, sake…), de la vaisselle, des produits de beauté, ainsi que des articles de papeterie (dont des mini-trousses Star Wars, c’est vous dire si c’est varié).

Si vous allez visiter la MCJ, n’oubliez pas de jeter un oeil par la fenêtre depuis l’étage de l’exposition : la vue sur la Seine est jolie (enfin là, le temps n’aidait pas…)

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Exposition : Anders Zorn au Petit Palais

Initialement, je devais aller voir l’exposition du Petit Palais sur les Pastels, mais un post sur le compte Facebook officiel et les conseils du personnel au guichet qui expliquait que l’exposition dédiée à Anders Zorn se terminait bientôt (vous avez jusqu’au 17 décembre seulement) et était magnifique m’ont fait changer mon fusil d’épaule.

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C’était une bonne chose : après Albert Besnard l’an dernier, ce peintre que je ne connaissais pas même de nom se voit remis à l’honneur par le Petit Palais par cette rétrospective. Elle rassemble, dans une belle scénographie de l’atelier Maciej Fiszer, des oeuvres essentiellement en provenance des musées suédois et en particulier du musée Zorn établi dans son ancienne maison dans le village de Mora, en Dalécarlie – une région qui de nos jours encore symbolise la Suède traditionnelle attachée à son folklore. Des estampes viennent, elle, de la Bibliothèque Nationale de France, qui en détient une belle collection grâce à des dons.

 

 

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Anders Zorn – étude de lumière

Cette paysanne en particulier m’a attiré l’oeil dans une aquarelle. La propre grand-mère du peintre, son visage ridé et la méticulosité des brins d’herbe et de blé fauchés m’ont bizarrement rappelé des souvenirs de jeunesse à la campagne – pas la campagne suédoise, certes, mais ce tableau respire l’authenticité, jusque dans les textures du manteau en peau.

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Anders Zorn – la grand-mère du peintre aux champs – détail

Né en 1860 en Suède où il a étudié aux Beaux-Arts, Anders Zorn a ensuite été reconnu en dehors de son pays, notamment pour ses aquarelles si réalistes qu’on s’attend à pouvoir plonger la main dans ses représentations de plans d’eau. Il s’est même installé plusieurs années à Paris avec son épouse Emma Zorn, fréquentant le milieu artistique de l’époque, peignant des portraits de la belle société aussi bien que les rues de Paris et sa faune. On peut voir dans l’exposition des gravures de sa main de Verlaine, Rodin, etc… Il voyage aux Etats-Unis où les notables s’arrachent ses portraits, en Espagne, en Allemagne dont il peint le port de Hambourg à l’invitation du directeur du musée des Beaux-Arts de l’époque.

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Impossible de comprendre comment il rend cet effet là…

Plus tard dans sa vie, il retourne vivre à plein temps à Mora, son village d’origine, où il finira ses jours. Il en dépeint la campagne et la vie simple, le travail dans les brasseries (son père était brasseur mais est mort quand il était jeune), les traditions, ce qui fait de lui de nos jours un représentant de cette Suède du début du vingtième siècle. Il multiplie également les nus champêtres. Certains cadres comme celui ci-dessous sont également son oeuvre.

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Anders Zorn – la fête du village

Informations pratiques
Anders Zorn, le maître de la peinture suédoise
Du 15 septembre au 17 décembre 2017
Petit Palais, Avenue Winston Churchill 75008 Paris
Horaires
Du mardi au dimanche de 10h à 18h
Le vendredi jusqu’à 21h
Tarif plein : 11 Eur

Exposition : Architecture Japonaise, Gare de l’Est

Depuis plusieurs années, le service Gares et Connexion de la SNCF tente d’égayer les espaces de transport avec des activités culturelles.

Après les concerts de midi de la Gare Montparnasse jusqu’à 2015, l’extension de l’expo Gus Van Sant à la Gare de Lyon l’an dernier, et les diverses expositions de la gare de l’Est sur l’Allemagne ou la Grande Guerre, c’est encore cette même Gare de l’Est qui orne ses grilles de belles photos d’architecture.

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Le prétexte en est la Saison Japonaise au centre Pompidou de Metz (desservi depuis cette gare). Et en particulier l’exposition sur l’architecture japonaise, qui, si vous m’excusez ce cliché, dégage le zen et le dépouillement souvent associé à cette culture.

Ça repose agréablement les yeux, dans ce quartier pas particulièrement photogénique.

L’exposition, gratuite, est visible du 9 septembre 2017 au  janvier 2018, à peu près aux mêmes dates donc que l’exposition de Metz sur l’architecture japonaise (qui sera suivie par une sur la création contemporaine au Japon).

Exposition : Kimono, au bonheur des dames, au Musée Guimet

Il ne vous reste plus que quelques jours, jusqu’au 22 mai, pour aller voir l’exposition Kimono, au bonheur des dames au Musée Guimet. Elle bénéficie d’un prêt exceptionnel de la collection Matsuzakaya, l’équivalent japonais du Bon Marché, fabrique de kimonos depuis 1611, qui a rassemblé et conservé depuis 1913 nombre de kimonos anciens, catalogues de motifs et designs.

L’exposition explique la fabrication d’un kimono (à base de 7 bandes de tissu de même largeur, non redécoupés ensuite), et les façons de réaliser les motifs : teinture à la cire, broderie. On évolue à travers les différents styles au fil des années et suivant les catégories sociales – femmes de guerrier, de marchand, de la noblesse.

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En fin d’exposition, une salle expose des réinterprétations modernes de kimonos par de grands couturiers occidentaux (Jean-Paul Gaultier, Franck Sorbier, John Galliano…) ou japonais (Junko KoshinoKenzo Takada, Yohji Yamamoto…). Et revient aussi sur le Japonisme, courant de la fin du 19e siècle qui a vu le kimono, comme d’autres pans de la culture japonaise, inspirer la communauté artistique française – au moment où le Japon, lui, se détournait de ce vêtement traditionnel ressenti comme un vestige du passé.

Plus de photos sur la page Facebook du blog. Sans descriptions parce que ce fichu bouzin les a perdues, et bugge quand j’essaie de les remettre.

Informations pratiques :
Musée Guimet : Kimono, au bonheur des dames
Du 22 février au 22 mai 2017
Horaires :
Du mercredi au lundi, de 10h à 18h.
Tarif plein : 9,50 Eur pour le billet jumelé collections permanentes + expositions temporaires

Exposition: Gaston Lagaffe à la BPI (Bibliothèque du centre Georges Pompidou)

Je ne connaissais la BPI que par ses files d’attente interminables quand je passais derrière le centre Georges Pompidou le samedi au gré de mes balades parisiennes. Aussi j’hésitais à planifier une visite de cette exposition. Mais le hasard y a guidé mes pas un soir, et comme la BPI est ouverte jusqu’à 22h, et qu’il n’y avait pas d’attente dehors, je suis entrée.

L’exposition

L’exposition se trouve au niveau 2 au milieu de la bibliothèque, et là une dizaine de personnes piétinait pour accéder à l’espace consacré au héros flegmatique de Franquin.

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 On y découvre sa genèse, avec son apparition muette en plusieurs fois dans les pages du magazine jeunesse Spirou : devant la porte de la rédaction, à l’entrée, puis envahissant les espaces laissés libres par la mise en page. Au fil des numéros, Franquin affine le personnage, qui perd de sa raideur pour adopter sa silhouette en S caractéristique.
L’exposition fourmille d’anecdotes et de documents sur la rédaction du journal Spirou à l’époque. Ainsi, Gaston a hérité de ce prénom parce que c’était celui d’un ami de Yvan Delporte, le rédacteur en chef, qui trouvait qu’il lui ressemblait. De Maesmaker, l’homme d’affaires obsédé par la signature de ses contrats toujours empêchée par une catastrophe signée Lagaffe, tire son nom du père du 2e dessinateur. Car, je l’ignorais tant leurs styles sont semblables, mais n’ayant pas le temps de dessiner à la fois Spirou, Lagaffe et ses autres oeuvres, Franquin avait fait appel à Jidéhem, de son vrai nom Jean de Maesmaker, pour dessiner une partie des Gaston, lui conservant la partie scénario. Jidéhem explique que pour distinguer les planches au moment de la répartition des royalties, ils se basaient sur les phylactères (les textes des bulles, quoi), Franquin traçant les siens à la plume et Jidéhem avec un outil (dont j’ai oublié le nom…) qui rend une largeur fixe.
La dernière zone permet de (re)découvrir d’autres oeuvres de Franquin, notamment une planche glaçante pour Amnesty International (ci-dessus). Et le courrier émouvant de Yvan Delporte à Dupuis lui annonçant qu’il renonce à poursuivre le Trombone Illustré…

Quelques citations

Un adulte, c’est peut-être un enfant qui a mal tourné.
Si j’avais commencé ma carrière à Paris, je pense que les choses auraient été très différentes. En évoluant dans un environnement plus engagé, j’aurais probablement dessiné un autre genre de séries. Là-bas, vous pouvez faire rire les gens, tout en faisant passer un message. Pour ma part, j’ai souvent pensé que j’étais prédestiné à faire de mignons petits dessins inoffensifs, légers, superficiels…
 (Idées Noires, éditions Rombaldi, 1988)
Souvent, l’humour est une fuite et les humoristes sont des gens sinistres qui se soignent sans le savoir par le rire. Comment voulez-vous échapper à l’actualité qui vous matraque les horreurs du monde? L’être humain est le seul être totalement nuisible de la planète, vraiment! Alors, comment vous abstraire de ça? Les gens totalement heureux sont des égoïstes profonds.

(L’illustré, 1988)

 

Informations pratiques

Gaston Lagaffe à la BPI (Bibliothèque Publique d’Informations du centre Georges Pompidou)
Du 7 décembre 2016 au 10 avril 2017
Centre Pompidou, 19 Rue Beaubourg, Niveau 2
75004 Paris
Entrée libre pendant les horaires d’ouverture de la Bibliothèque
Accès par la Bpi rue Beaubourg

Lundi, mercredi, jeudi et vendredi : 12h – 22h
Samedi, dimanche et jours fériés : 11h – 22h
Fermeture le mardi

Entrée par le Centre Pompidou (chenille, niveau 2) avec le billet du jour « Musée et expositions » (les laissez-passer du Centre Pompidou ne donnent pas accès à l’exposition les dimanches et jours fériés).

En raison de la forte affluence le week-end, le musée recommande d’éviter de visiter l’exposition le dimanche.