Exposition : Christoph von Weyhe : Au Silence – galerie Azzedine Alaïa

La galerie Azzedine Alaïa expose du 24 juin au 7 août les gouaches de Christoph von Weyhe. Durant des années, cet artiste a peint en particulier des scènes nocturnes du port de Hambourg, d’après des gouaches réalisées sur place. Ce sont ces gouaches qui sont exposées actuellement. Dans leur simplicité, elles m’ont plu car il se trouve que quand je suis allée à Hambourg il y a quelques années, c’était en automne, la nuit tombait tôt (on est très à l’est), et ma visite du port entamée au soleil couchant s’est achevée de nuit. Mon souvenir de l’endroit ressemble donc assez à ces gouaches.

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Le port de Hambourg, vu par moi

Christoph von Weyhe est représenté en France par la galerie Eric Dupont. Vous trouverez donc plus d’informations sur son oeuvre et sa biographie sur leur site web.

La galerie Azzedine Alaïa est un bel espace sous verrière, caché dans une arrière-cour de la rue de la Verrerie. Sur les murs, de vieilles cartes de géographie ont été conservées lors de la transformation du lieu. On peut y trouver le catalogue de Christoph von Weyhe, tout juste sorti chez Actes Sud.

Informations pratiques:
Galerie Azzedine Alaïa
18 rue de la Verrerie
(M) Saint-Paul
Ouvert tous les jours de 11h à 19h
Entrée libre

Un long week-end à Düsseldorf (4) : art moderne au K20 et croisière sur le Rhin

O joie, il y a navette gratuite qui conduit du K21 au K20 : une grosse berline Mercedes, car c’est la firme automobile qui sponsorise ce service. C’est ma foi bien confortable…

Au musée K20 (un des deux bâtiments du Kunstsammlung Nordrhein-Westfalen, musée d’art moderne consacré au 20e siècle), même motif, même déception pour le restaurant Lieshout, fermé pour travaux ou je ne sais quoi. Au moins l’autre café, le Klee’s, y était ouvert, mais j’y avais « dunché » (déjeuné si tard que c’était presque un dîner) la veille à 17h donc bof.

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Sauf qu’en plus, à part quelques salles des « highlights of the 20th Century », l’essentiel de la surface était phagocytée par les derniers jours d’une énorme exposition sur Joan Miró. On y voyait notamment moult de ses livres d’art en collaboration avec l’intelligentsia parisienne de l’époque (Prévert etc). Par exemple, ce « cadavre exquis » de René Char et Miró :

Extrême braise du ciel et première ardeur du jour, elle reste sertie dans l’aurore et chante la terre agitée, Carillon maître de son haleine et libre de sa route. 

Ou celui-ci, de Miro et Shuzo Takiguchi :

Les couilles d’un bossu tirées par les moustaches d’une fourmi chinoise qui attendait que le facteur lui apporte un plumeau pour le planter sur sa tête le jour du mariage de la soeur jumelle avec le dieu de la tempête.

Quand j’étais au lycée, le 1% culturel se composait d’une reproduction d’une frise de Miro sur un mur. J’ai ri pendant deux ans (j’ai déménagé ensuite), à chaque fois que je passais devant, que le peintre méritait bien son nom (je crois qu’en face il y avait Guernica. J’aurais dû comprendre dès cette époque que les Espagnols et moi, ça ne serait jamais le grand amour). Depuis, j’ai pris goût à l’art, j’ai appris, affiné mes goûts… Mais je reste sur ma première opinion de cuistre le concernant : les peintures de Miro me font penser aux Shadoks.

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Avec une nette préférence pour les Shadoks à cause de leurs textes, qui pour être légèrement loufoques, ont un sens sous-jacent. Alors que les textes surréalistes, euh… En fait ce qu’on produit sous l’effet de la drogue, c’est un peu comme les pets : on devrait le garder pour soi. Ca ressemble un peu à mes récits de rêves, c’est décousu et ce n’est drôle que pour moi. Je ne peux pas m’empêcher de penser que la seule chose qui donne sa valeur à ces textes, c’est le nom en bas de page. De ce fait, ce que j’ai trouvé de plus intéressant dans l’expo, c’était la reconstitution de sa bibliothèque avec les objets d’art qui la décoraient.

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Un long week-end à Düsseldorf (3) : art moderne au K21

(L’art ou la cuistre contre-attaque)

10h : Je prends le U-Bahn jusqu’à Heinrich Heine Allee, et je suis l’itinéraire suggéré dans le guide de la ville pioché à l’Office du Tourisme, dans l’Altstadt. Sans le savoir, j’en avais fait une partie la veille (je suis le Mr Verdoux du tourisme).

A 11h, j’arrive devant le Filmmuseum : on n’a pas le droit de prendre de photos. Ca sera plus rapide à trier. C’est un musée sur l’histoire du cinéma en tant que technique plutôt que sur le contenu, même s’il y a une salle qui évoque les grands réalisateurs et des photos d’acteurs de légende, une petite réflexion sur le statut de culte que certains obtiennent, quelques objets de souvenir genre autographes, petites photos à collectionner d’avant-guerre… Un étage est consacré à ce qui a doucement amené vers le cinéma, dont des silhouettes pour théâtre d’ombres (ça m’a rappelé l’exposition « Théâtre en Asie » car il y en avait de similaires), des vieux objets qui épataient nos ancêtres comme des stéréoscopes et autres trucs à illusions d’optique, de vieux appareils photos de la « camera obscura » à des modèles plus récents (mais aucun de Nicéphore Niepce), quelques daguerréotypes… Une reconstitution d’une ancienne salle de projection. Et de là des caméras de cinéma, plutôt anciennes. Pour les enfants, dans une salle imitant un plateau de cinéma, des animations organisées par le musée (à la demande, je pense) permettent de se déguiser pour jouer à l’acteur.

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Pièces de choix de l’exposition, à mon avis (et sans doute pas qu’au mien puisqu’ils sont derrière des vitrines de protection), une vingtaine de costumes originaux, en majorité allemands, mais 7 à l’inverse proviennent de films d’Akira Kurosawa, dont 6 de Dreams. Cela peut sembler étrange, mais j’imagine que les liens étroits entre Düsseldorf et le Japon expliquent partiellement cela. Comptez une heure pour visiter le musée, plus si vous prenez l’audio-guide mais j’avoue ne pas avoir demandé s’il y en avait et encore moins dans quelle langue. Ca m’a un peu rappelé le musée Lumière de Lyon, qui traite du même sujet. J’imagine que pour s’intéresser plus aux oeuvres et aux gens qui font des films, il faut voir dans les cinémathèques, et non les musées du film.

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Détail amusant : le musée du film partage son escalier avec le Hetjens-Museum voisin, musée de la Céramique, qui accueillait une exposition sur la céramique de Chine, « le dragon danse ». Qui aurait pu être intéressante, de même que le reste du musée semblait l’être, mais après 2 heures la veille à m’extasier sur les collections de vases et autres en verre du Kunstapalast, je saturais un peu des arts décoratifs… Costumes de Kurosawa, collection histoire du film. Réflexion sur l’idole. Activités pour enfants.

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Un long week-end à Düsseldorf (1) : le KunstPalast

A l’automne dernier, je suis allée passer 3 jours à Düsseldorf. J’ai eu grand soleil, un peu frais mais moins que Paris.

Néanmoins, ce fut un peu la fête du fail par certains aspects. Récit :

Deux policiers viennent de passer dans la rame. Je me demande pourquoi. .. Ah oui, non, je me souviens (NDLA : c’était peu après l’attaque du « déséquilibré » dans le Thalys). Bon, cherchons s’il y a des GI en goguette…

Bruxelles. La moitié du wagon est descendue, mais il s’est re-rempli aussi sec. D’Allemands, à l’oreille. Moins bruyants. Qu’il est plein ce train!

Mon forfait Orange est censé inclure 14 jours par an de communication et 3G à l’étranger, mais ça ne marche pas plus qu’à Anvers… Dites, Orange, c’est quoi ce bordel? Déjà que la wifi du Thalys ne marche pas non plus…

Liège, 3mn d’arrêt. Je ne sais pas si c’est la nappe de brouillard, mais je trouve les façades de briques rouges oppressantes.

Arrivée à Aix-la-Chapelle. Le soleil pointe de derrière la brume. C’est comme l’arrivée dans le Nord mais à l’envers ❤

Je soupçonne la jeune femme à côté de moi de transporter fleurets ou autre dans son étui cylindrique…

Mais qu’est ce qu’ils font dans ces toilettes? J’aurais eu le temps d’aller à celles du wagon suivant et de revenir! (un jeune -enfin… jeune adulte – dans l’une, une vieille dans l’autre. La vieille sort bien avant le jeune)

C’est dingue d’arriver à l’âge de la retraite et de ne toujours pas savoir lire des instructions. Dans des toilettes (de train ou d’ailleurs, mais surtout de train), on ne jette que du papier toilette. Le reste, ça va dans la poubelle voisine.

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Comment ça, mon Rhein Express est en retard?! Et la réputation mondiale de ponctualité des Allemands, vous en faites quoi?!

… Oh, Telekom offre 30 mn de wifi gratuite en gare de Cologne! Zut, le Rhein Express n’a que 10 mn de retard, j’ai pas eu le temps de tout regarder…

Traversée du Rhin en train. C’est beau ❤

Merci pour l’accueil, Deutschland.

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J’ai oublié de prendre mes gants. Je ne les avais pas encore sortis pour Paris, mais là je pense que ce serait pas du luxe.

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Exposition : Gus Van Sant à la Cinémathèque

Le réalisateur américain Gus Van Sant a en ce moment les honneurs d’une exposition et d’une rétrospective à la Cinémathèque de Paris.

La Master Class – jeudi 14 avril, 19h

Entre autres activités, c’était l’occasion d’une Master Class qui a fait le plein de spectateurs dans les deux salles – celle où avait lieu la projection et celle où elle était retransmise. Les places pour la première s’étant écoulées en moins de dix minutes, je n’ai pu assister qu’à la retransmission, filmée à trois caméras et visible bientôt sur le site, normalement. Gus Van Sant est néanmoins venu dire quelques mots dans la salle Franju avant le début.

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C’était très intéressant, le commissaire de l’exposition Mathieu Orléan amenant la discussion sur différents sujets : ses choix de filmer en longs plans séquence pour Elephant, le rôle du chef opérateur – occasion pour Gus Van Sant de parler longuement de Harris Savides, son chef op sur Finding Forrester et Elephant notamment. Gus a expliqué se fier beaucoup au regard du chef op pour savoir si la scène tournée était bonne ou pas.

Il a également fait parler Gus Van Sant de sa collaboration avec River Phoenix dans My Own Private Idaho, l’acteur s’étant révélé particulièrement impliqué et amenant de nombreuses suggestions sur le film. Ayant une idée bien arrêtée de ce qui motivait et constituait son personnage, il n’a lu qu’une page du livre de John Rechy sur les tapineurs, City of Night, que Gus lui avait procuré comme documentation. Alors que Keanu Reeves, à l’inverse, avait non seulement lu tout le livre, mais a aussi acheté et lu tout les autres livres de l’auteur. Idem pour les discussions avec les garçons des rues que Gus leur a présenté pour se renseigner sur le milieu. Gus a précisé toutefois que le personnage de River étant basé sur une personne réelle (Mike Parker), qui jouait dans le film, il pouvait s’adresser directement à lui, alors que le personnage de Keanu étant inspiré du Prince Hal de la pièce de Shakespeare Henry IV, il lui fallait sans doute plus de doc pour construire le doc.

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River Phoenix dans My Own Private Idaho, déco du café les 400 Coups

Gus pense aussi, sans lui avoir demandé confirmation, qu’il a réécrit la scène du feu de camp (pour en faire une déclaration d’amour malheureuse de Mike à Scott) afin d’en faire la scène pivot du film afin que son personnage puisse y pleurer. River était célèbre pour une scène dans Stand by me où son personnage pleurait, et dans d’autres de ses films c’était devenu une sorte de marque de fabrique. Ils avaient tourné une scène avec le frère de Mike où ça aurait pu se produire, mais ça n’a pas été le cas. Et c’est ensuite qu’il lui a demandé de décaler le tournage de la scène du feu de camp. Le jour même, il a demandé à Gus de faire une seule prise en plan d’ensemble, une en plan rapproché et une en gros plan. Gus a accepté, sachant qu’ils pourraient toujours tourner davantage, mais pensant que River avait besoin de s’approprier le dispositif. Ils en étaient venus à se faire confiance, sans que Gus sache comment.

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Gus Van Sant en dédicace à la Cinémathèque

La master class était suivie d’une séance de dédicace du catalogue de l’exposition à la librairie (il était possible d’y faire signer des articles personnels). A noter la bonne organisation de cet événement, puisque pour éviter les pertes de temps, une personne notait sur un post-it sur l’article le prénom à faire signer, et qu’on pouvait acheter le catalogue dans la file.

L’exposition

Outre le cinéma, l’exposition s’ouvre également sur les autres arts, à la fois pour évoquer les influences de Gus Van Sant (musicales, plastiques…), mais aussi ses incursions dans d’autres médias. Ainsi, Gus est aussi photographe. Il a publié un recueil des Polaroïds qu’il prenait des acteurs et candidats durant les castings, ou en interview – avec des portraits de Kurt Cobain, Drew Barrymore ou Jonathan Rhys Myers, entre autres, les deux actrices de Twin Peaks, Chris Isaak, Joey, Viggo Mortensen, Rain et River Phoenix, Keanu Reeves (à deux époques différentes)… La collection (complète?) est présentée dans la première salle, avec des agrandissements de ceux de David Bowie et William S. Burroughs.

Pst, au fait : la photo de Felix Howard (le petit garçon du clip de Madonna Open Your Heart) n’est pas sur la bonne planche. Les photos sont classées par ordre alphabétique du modèle, mais la sienne est à la fin de la dernière des 4 planches, donc vers les Y- Z.

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Taylor Hanson, série photo de GVS pour Interview

Y sont également exposées des photos, dont une série consacrée aux trois frères Hanson (qui formaient le groupe Hanson) réalisée pour le magazine Interview en 1998. On note beaucoup de travail avec des familles, finalement, chez Gus Van Sant : ainsi il a travaillé avec Ben et Casey Affleck, avec River, Rain et Joaquin Phoenix, etc… Suivent des montages étranges de polaroïds.

Des extraits de ses films défilent à côté. Dans la salle suivante, se côtoient des documents de tournages (photo shoot de Bruce Weber pour la sortie de My Own Private Idaho, où Gus figure parmi les jeunes acteurs, vedettes comme inconnus, plans de scène, photos de repérage pour Paranoid Park, schéma de scénario ou d’histoire reliant les différents éléments sous forme colorée…). Sur un mur, une projection en parallèle de son remake de Psychose avec celle de Hitchcock, dont il avait suivi le découpage.

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Aquarelle du réalisateur

Dans l’avant-dernière salle, une sélection de ses aquarelles, souvent des portraits ou des scènes énigmatiques. On y voit aussi deux courts métrages : l’un de 1984 où Gus se filme présentant « Five ways to killl yourself », cinq façons de mourir pour son personnage de petit employé qui ne trouve aucun sens à sa vie (thème d’auto-destruction qui finalement reviendra dans plusieurs de ses oeuvres). L’autre est une interview d’un jeune garçon désoeuvré mis à la porte par sa mère et qui rêve d’aller vivre en Suisse.

La salle comporte aussi des oeuvres d’artistes l’ayant influencé, comme Brion Gysin, ou William S. Burroughs.

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Michael Pitt dans Last Days

L’exposition se conclut sur la musique: Gus Van Sant choisit souvent lui-même la musique de ses films, allant de morceaux de classique à de la musique concrète plus expérimentale. Il a également réalisé plusieurs clips dans les années 90, dont celui de David Bowie pour la chanson « Fame », ou « Under The Bridge » des Red Hot Chili Peppers. Il a aussi réalisé un clip pour les Hanson. Dans cette salle sombre, on peut aussi écouter un morceau instrumental de sa composition, et sa reprise de Moon River pour un album de Pink Martini. Et bien sûr, il a consacré tout un film aux derniers jours de Kurt Cobain, Last Days, sans toutefois utiliser un seul morceau de Nirvana dans la bande-son.

En complément de l’exposition

L’exposition est prolongée hors les murs de la Cinémathèque: Gare de Lyon, d’abord, avec des copies de ses photos et aquarelles reproduites dans une des galeries de la Gare. C’est là que j’ai pris la plupart des photos illustrant cet article, celles-ci étant interdites dans l’exposition.

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A la Gare de Lyon

Arte propose aussi des diffusions de certains de ses films, et un numéro spécial de Blow Up consacré à Gus Van Sant sur cinéma.arte.tv.
Parmi cette programmation, une lettre ouverte en vidéo de la réalisatrice Laetitia Masson à River Phoenix.

Le cinéma MK2 Bibliothèque (quartier de la Bibliothèque François Mitterrand) propose également pendant tout le mois d’avril de voir ou revoir en salle 4 des films de Gus Van Sant : Mala Noche, Last Days, Paranoid Park et Gerry.

Comme vous l’aurez remarqué, je parle beaucoup de River Phoenix vu que c’est un de mes sujets d’étude préférés. Alors je vous signale aussi, parmi la très riche programmation de la Cinémathèque autour de Gus Van Sant, outre ses films, les films d’autres qu’il a choisis de présenter dans sa carte blanche, et diverses conférences, deux événements en particulier :

  • la projection de My Own Private River, un long métrage réalisé par James Franco d’après les rushes de My Own Private Idaho non utilisés dans le film, et centré sur River. Un film visible jusqu’ici uniquement dans des galeries d’art, et qui ne sera pas commercialisé (Gus Van Sant ne le souhaite pas et la famille de River non plus).
  • River Phoenix : un ange engourdi. Une conférence de Jean-Marc Lalanne, jeudi 5 mai à 19h00. Que je vais rater parce que je ne serai malheureusement pas sur Paris… Pas de chance, pour une fois qu’il y a un événement qui lui est consacré à Paris…

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Collage de GVS

 

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Informations pratiques :
Cinémathèque de Paris
51 Rue de Bercy, 75012 Paris
(M) ligne 6 et 14, station Bercy.
Du 13 avril au 31 juillet 2016
Tarif plein : 12 Eur.

Découvrez, aimez, souriez, : c’est la #MuseumWeek

C’est la semaine des musées cette semaine. Ce mot peut évoquer à certains des images poussiéreuses de visites scolaires, ou le poids de la Culture avec un grand C, qui peut être intimidante.

D’après la définition du Conseil international des musées : « Un musée est une institution permanente sans but lucratif au service de la société et de son développement ouverte au public, qui acquiert, conserve, étudie, expose et transmet le patrimoine matériel et immatériel de l’humanité et de son environnement à des fins d’études, d’éducation et de délectation. »

Mais, étymologiquement, le terme musée vient du grec museion, temple et lieu consacré aux Muses, divinités des arts.

Les musées, ce sont des lieux où on peut certes apprendre et étudier, mais aussi et surtout voir de belles choses, dans des domaines très variés. Mais les musées ont évolué, ils ont appris à s’ouvrir et à devenir plus accessibles. Jeux de découvertes pour les enfants, services au public…

Petit échantillon de la diversité des musées avec un retour sur mes articles muséaux de 2016 :

Joaillerie / luxe :

Musée Éphémère Chaumet (2) : Une Education sentimentale

Exposition : le Musée Ephémère de Chaumet (la première)

Exposition : Volez, voguez, voyagez : Vuitton au Grand Palais

Beaux-Arts :

L’art ou la cuistre : le musée Gustave Moreau

Exposition : Hey! Acte III – Halle Saint-Pierre

Dimanche photos : Anvers et ses musées

10 raisons d’aller à Anvers

Culture populaire : 

Insolite : le Musée de la Sorcellerie est à vendre (dans le Berry)

 

Et de plus en plus, les musées sont des endroits où passer un bon moment, et notamment manger… d’où ma série d’articles sur les cafés et restaurants de musées :

Café Musée : la Food Court du Louvre

Café Musée: les Galeries du Grand Palais

Café Musée : Halle Saint-Pierre

Et pour remonter plus loin, je vous renvoie à mon « best of 2015 ».

Musée Éphémère Chaumet (2) : Une Education sentimentale 

Une Education Sentimentale est la deuxième exposition temporaire dans le petit Musée Éphémère que le joaillier Chaumet a ouvert à côté de sa boutique de la place Vendôme, au numéro 12. Je vous avais déjà parlé avec ravissement de la première.

Cette fois, grâce au week-end de Pâques, il n’y avait quasiment personne. Nous avons donc pu profiter pleinement de la visite guidée, et discuter avec la charmante guide des trésors de  la maison Chaumet.

Le thème fait référence aux bijoux de sentiment, qui sont la spécialité de Chaumet depuis la création de la maison: bijoux visant à célébrer l’amour, bien sûr, mais aussi l’amitié, l’amour filial, ou bijoux de naissance. Un motif récurrent est le noeud qui marque le lien indéfectible. Mais il en est de plus originaux, comme le Pierrot en pierres taillées, l’amoureux par excellence, ou la clochette. Il y a même des chauves-souris, symbole de fertilité dans certains pays d’Asie.

Comme la première fois, la scénographie exploite joliment le petit espace, avec ce corridor en forme de serrure où l’on entend un battement de coeur, menant à la pièce du fond avec ses bijoux de coeur : diadèmes et broches au motif d’ailes, exprimant l’élévation de l’amour.

Informations pratiques :
Musée Ephémère Chaumet
12, place Vendôme
Entrée libre
Du 6 février au 24 septembre 2016, de 10h30 à 19 du lundi au samedi.

 

L’art ou la cuistre : le musée Gustave Moreau

Étonnamment, je n’y avais jamais mis les pieds. Entre autres parce que j’ai du mal avec le style très particulier de Gustave Moreau, du moins ce que j’en connaissais. Néanmoins, une fois encore il vaut parfois mieux – si l’occasion se présente – juger sur pièces de soi-même. Et de fait, j’ai été envoûtée par ce portrait inachevé de Leda.

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C’est joli mais bizarre. Ses dessins sont bien plus beaux que ses tableaux (*attention, avis de cuistre*). Et nets, alors qu’on dirait que quand il peint, il n’arrive à faire que des grosses touches floues semées de détails (bijoux, tissus).

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Ce qui est faux, car il y a des tableaux dont les détails sont bien rendus. Et parfois, aussi, un tableau au fond peint grossièrement est recouvert de fins détails dessinés en noir (à l’encre de Chine?). Certains tableaux du musée n’étant pas terminés, il est difficile de dire si c’est une étape du travail, ou le résultat final voulu.

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Insolite : le Musée de la Sorcellerie est à vendre (dans le Berry)

Le Musée de la Sorcellerie est un musée privé créé par un couple de particuliers dans la campagne berrichone a 23 ans d’histoire au compteur. Mais ils ont maintenant atteint l’âge de la retraite, et aimeraient passer le flambeau de cette affaire rentable, qui dispose de toutes les facilités : parking, boutique, terrasse pour un coin café/pique-nique aux beaux jours.

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Visité en mai dernier à l’occasion d’un long week-end au vert, on a eu un peu de mal à le trouver dans le paysage verdoyant et vallonné de la région. On commençait à croire que tel Poudlard, il était impossible à voir pour les Moldus, mais non. On avait du mal à lire les panneaux menant à Blancafort.

Une fois sur place, les enfants se sont bien amusés, les adultes ne se sont pas ennuyés. Comme son nom l’indique, c’est un musée, pas un parc d’attractions : il n’y a pas vraiment d’activités, sauf si vous visez les ateliers (cf le site web). Néanmoins, c’est une visite ludique autant qu’instructive, et un vrai travail de création : des mannequins faits sur place recréent des scènes illustrant l’histoire de la sorcellerie, des hommes des cavernes à nos jours, en passant par la Rome antique et bien sûr le Moyen Age.

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Il y a même un dragon! Le voyage dans l’imaginaire distraiera les petits fans de Harry Potter et autres histoires fantastiques, et ceux qui s’intéressent à l’histoire de notre monde aussi. Attention, les sorcières ayant été souvent pourchassées, certaines reconstitutions peuvent mettre mal à l’aise (mais plus les parent que les enfants, pour ce que j’ai constaté… Les gamins prennent ça à la blague dans l’ensemble. Les parents ont plus d’imagination, je crois, ou ils prennent ça plus au sérieux parce qu’ils savent que l’Inquisition et autres ont réellement eu lieu).

Si vous cherchez à vous reconvertir au vert, souhait répandu chez beaucoup de Franciliens (moi-même… si j’avais les moyens de fonder un parc animalier, je me casserai ASAP), c’est peut-être là l’affaire qu’il vous faut!

Lien de l’annonce sur CherBusiness.

(au passage, ils ne risquent pas de trouver un repreneur s’ils ne font l’annonce que sur ce siten dédié aux commerces dans le Cher… Faut élargir un peu votre périmètre de recherche, les gars!)

Plus de photos sur mon compte Facebook.

Informations pratiques :
Musée de la Sorcellerie
La jonchère Concressault – 18410 Blancafort
Vérifiez sur le site avant d’y aller, en 2015 c’était indiqué ouvert tous les jours du 4 Avril au 2 novembre 2015 inclus.

Si vous y allez, profitez-en pour visiter le charmant village d’Aubigny-sur-Nère.

Exposition : Volez, voguez, voyagez : Vuitton au Grand Palais

Si vous êtes dans les environs de Paris d’ici le 21 février (cad dimanche prochain), volez, voguez, voyagez vite au Grand Palais pour voir l’exposition organisée par la maison Louis Vuitton.

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Loin de seulement retracer l’historique de la marque, elle illustre l’évolution des voyages et des modes de transports, que la marque a accompagnée. La scénographie, grandiose, vous fera prendre un grand bol d’air. Au déroulement chronologique font écho des pièces modernes exposées ça et là, rappel que les différents créateurs ayant travaillé pour la marque veillent à conserver l’ADN de la maison. L’exposition s’ouvre d’ailleurs sur un grand portrait du fondateur par Yan Pei-Ling.

La première salle, lambrissée de bois brut, évoque les débuts de layetier (ouvrier du bois) de Louis Vuitton, monté à Paris pour travailler dans un atelier de bagagerie. Il monte son propre atelier, dont on voit diverses photos avec ouvriers et ouvrières. Il innove en concevant des serrures et des malles à compartiments.

vuitton02Dans l’exposition, les bagages sont mis en situation grâce à des accessoires et vêtements d’époque prêtés par le musée Galliera.

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