Rêve bizarremonitoire* : Bakken

Magie des rêves : il y a un an, j’ai rêvé que j’étais en vacances dans un pays étranger, et je tombais par hasard sur un quartier d’amusement (grand public, pas un quartier rouge, esprits dépravés) que j’avais par ailleurs mis au programme en lisant les guides de voyage. Un panneau indique COBYN (ou approchant), dans un alphabet bizarre.

Le manège dragon. Forcément.

Je me réveille sur ce souvenir flou et je cherche sur internet si ça existe (on ne sait jamais). Le nom et les lettres me font penser à Copenhague, mais je me dis que c’est là que doit être le Tivoli, donc ça ne doit pas être ça. Et puis je découvre qu’il y a en fait un autre parc d’attraction à Copenhague, moins connu que le Tivoli mais plus vieux, Bakken, le jardin aux daims (et pas d’Eden). Évidemment c’est fermé en ce moment, mais l’entrée est gratuite, le bracelet à la journée pour les attractions coûte dans les 30 EUR (239 couronnes danoises), au milieu de la forêt danoise. Ça a l’air chouette.

Quelqu’un y est déjà allé ?

*ce n’est pas un rêve prémonitoire, rien ne dit que j’y mettrai les pieds un jour, et au moment où j’en ai rêvé, le parc comme à peu près toute l’Europe était fermé pour cause de confinement. Donc ce n’est pas une transmission de pensée ou un rêve de quelqu’un qui y serait…

L. A. Little Tokyo Map

Au quartier Little Tokyo de Los Angeles en septembre dernier, je me suis offert une expérience typiquement nippone que je n’avais pas eu l’occasion de vivre lors de mes deux séjours au Japon : entrer dans un Koban (commissariat de quartier) pour demander un renseignement. Il se trouve que celui là sert aussi de mini office de tourisme du quartier. A ce titre, il distribue des cartes, certes succinctes, mais bien suffisantes, Little Tokyo étant plus little que Tokyo.

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Au Weller Court, genre de petit centre commercial en plein air (on est à « elleïh » après tout), on trouve un hommage au premier astronaute américain d’origine japonaise, Eli Onizuka (qui donne son nom à la rue), décédé dans l’explosion de la navette Challenger.

On trouve aussi une petite échoppe de boba tea/matcha, le Midori Matcha Café.

L’important dans les rencontres, c’est les voyages (2) : Yvonne

Samedi dernier, j’ai passé 1h30 à discuter en anglais avec une touriste australienne qui était venue au cours de Feldenkrais que je suis. Une retraitée qui connaît bien la France et a beaucoup roulé sa bosse. Elle semblait ravie d’avoir trouvé quelqu’un à peu près « fluent » in English, et comme son profil atypique était sympathique, quand elle a proposé de boire un verre j’ai dit oui (ça m’étonne moi aussi). Elle m’a raconté une partie de sa vie, et j’aurais dû lui suggérer d’écrire sa biographie. Mais elle a sans doute mieux à faire, comme continuer à la vivre. A défaut, je vais résumer ici quelques pans, aux approximations près de ce que j’ai mal compris.

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Jeune prof d’anglais dans un quartier « socialement difficile » dans son pays natal (l’Australie), elle s’est engagée en coopération pour enseigner à l’étranger. Elle a passé 3 ans au Vanuatu, alors territoire du condominium franco-britannique des Nouvelles Hébrides. Elle enseignait dans une école à 30 km de la capitale, à des enfants qui chez eux, parlaient un genre de mélange de créole et d’anglais. Elle a eu l’occasion de voir Charles de Gaulle, passé visiter le territoire, qu’elle a trouvé très imposant.

A la fin de ses 3 ans, comme elle ne voulait pas tout de suite rentrer en Australie, elle est allée visiter la Nouvelle Calédonie. De là, elle a attendu un bateau cargo, mais un où elle ne serait pas la seule femme, parce qu’elle avait beau être jeune et confiante en l’être humain, elle avait la tête sur les épaules. Quand l’un est arrivé où la femme du capitaine voyageait avec lui, elle a embarqué.

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Elle a fait tout le tour de l’Asie du Pacifique, en passant notamment au hasard des escales quelques semaines au Vietnam, au Japon etc. Pour le contexte, c’était en 1966, elle avait 22 ans, « j’en faisais 16 », et partout où elle allait elle tombait sur des gens adorables d’un certain âge qui la prenaient sous leur aile.

Elle est rentrée en Australie, mais elle avait du mal à s’installer : les gens ne comprenaient pas trop ce qu’elle avait vécu. Du coup avec 2 copines, elle est repartie, en Europe, pour aller à Pérouse (je crois, en Italie), avec une escale à Londres. Mais une fois à Londres, ses copines n’ont pas voulu repartir, et elle non plus. En même temps, c’était les Swinging Sixties, les Rolling Stone, les Beatles, tout ça… Les gens discutaient sans distinction de classe, c’était une époque passionnante.

Elle a même rencontré Moshe Feldenkrais, fondateur de la discipline qui nous avait réuni ce jour-là (mélange de gymnastique posturale et relaxation). « Je n’avais pas les moyens d’assister à un de ses cours, mais j’ai pratiqué avec un de ses assistants ».

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Elle a trouvé un mari avec qui elle a continué à voyager car son travail à lui l’y amenait. Elle a vécu notamment en Allemagne, et passé pas mal de vacances en France.

Ces dernières années, elle est venue plusieurs fois l’été à Paris (j’ai cru comprendre que des amis lui prêtaient leur appartement dans un quartier… Sympa. Calme. Cossu. Comme quoi, quand on n’a pas trop de moyens avec une retraite de prof, avoir des amis aisés ça aide). Elle y suivait des cours d’art. La bohèmeeuh, la bohèmeeuh…

Merci Yvonne pour cette conversation impromptue et rafraîchissante. J’espère que je resterai aussi enthousiaste, curieuse et active à votre âge que vous l’êtes.

 

(en cherchant un titre pour cet article, je me suis dit que cet article faisait une suite imprévue à celui-ci).

Balade francilienne : Parc de Sceaux et cerisiers en fleurs

En ce moment, mes pensées sont souvent tournées vers le Japon, et je voulais tenter de célébrer en Ile-de-France le Hanami, la contemplation de la floraison des cerisiers. Un phénomène tellement important là-bas qu’il fait la une des journaux et qu’il existe plusieurs sites estimant à l’avance les dates de floraison (afin de permettre aux touristes notamment de cibler leur destination).

J’ai trouvé sur ce site une petite liste de sites arborant des cerisiers en fleurs. Le Jardin Albert Kahn, je l’ai déjà visité il y a quelques années, dont une fois pour la floraison des cerisiers : un très beau jardin paysager à la japonaise avec pont rouge et jardin de pierre zen. J’opte donc cette année pour le parc de Sceaux pour découvrir un nouvel endroit.

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Le château et un bout des jardins de Lenôtre

Depuis Paris, il est facilement accessible (moins de 30mn depuis Châtelet-Les Halles) via le RER B, avec deux arrêts possibles : Parc de Sceaux (c’est mnémotechnique…) et Croix-de-Berny. L’arrêt Parc de Sceaux nécessite un peu plus de marche mais fait arriver du côté du château-musée, pratique si vous voulez le visiter également. C’est aussi le plus proche du bosquet des cerisiers. Inconvénient : il n’est pas systématiquement desservi par les RER de la ligne, vérifiez bien avant de monter donc. L’arrêt Croix-de-Berny est plus proche de l’entrée « à l’arrière », non loin du kiosque de la Grenouillère.

En arrivant au bosquet nord, reconnaissable alors à ses frondaisons roses, je me sens quasiment au Japon : cerisiers en fleurs, son du tambour japonais (taiko), beaucoup de personnes japonaises, et même quelques kimonos en vue… et surtout, la foule que les français expatriés au Japon racontent : tous les cerisiers sont déjà cernés de plusieurs groupes, heureusement que je n’avais pas prévu d’y pique-niquer. Mais aussi, et c’est plus étonnant, des gens en costumes traditionnels chinois, le Hanfu.

 

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En fait, ce dimanche, ce n’était pas Hanami au parc de Sceaux, mais Shangsi : en effet, l’association Boyan d’étude de la culture traditionnelle chinoise y organisait la 4e édition de cette fête chinoise, avec animation musicale, cérémonie du thé etc. Il faudra que je me renseigne sur cette dernière, je n’ai pas bien saisi ce que faisaient les gens sur la photo (je suis arrivée trop tard pour la présentation).

Heureusement, le parc est suffisamment grand pour y trouver un peu de calme et des endroits sans foule, mais ce sera loin des cerisiers. Il y a 3 kiosques répartis près des portes du parc, où l’on peut acheter de quoi se rafraîchir par cette chaleur estivale. Les places en terrasse sont disputées, mais ce ne sont pas les pelouses qui manquent, par temps sec. Pour ponctuer le paysage, un parcours sportif riche d’essences d’arbres et de plantes, les jardins de Lenôtre, quelques pavillons (qui ne se visitent pas, pour la plupart)… bref, de quoi se balader sereinement en faisant le plein de chlorophylle.

(et de Magmar, en ce moment, ainsi que quelques Tarinor du côté de l’Orangeraie – note aux dresseurs Pokemon Go)

 

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A noter qu’après l’événement Hanami d’il y a 10 jours organisé par le Tsunagari Taiko Center, le domaine organise un autre week-end de O-Hanami avec diverses activités les 28 et 29 avril 201, détails sur Facebook et sur le site du domaine. L’événement a été annulé pour raisons de sécurité.

Pour profiter du hanami, il y a aussi la carte (sélective) de My Little Paris sur le Japon à Paris. Et celle-ci (qui date d’il y a deux ans) qui référence d’autres cerisiers parisiens, sur le blog « Ca se passe au jardin » de Paris.fr.

Pour mes lecteurs d’outre-périph : d’autres villes en France où vous pouvez faire le hanami sont référencées en fin de cet article. N’hésitez pas à y ajouter vos propres adresses de cerisiers.

Informations pratiques :
Parc de Sceaux
Adresse : Château de Sceaux
92330 Sceaux
Accès gratuit pour le parc, 3 Eur pour le musée
RER B – gares de Bourg-la-Reine, Sceaux ou Parc de Sceaux
En bus avec les lignes 192 et 197, arrêt Parc de Sceaux
Horaires variables en fonction des saisons, consultez leur site web

J’ai pensé la jouer fine en arrivant par la gare de Croix-de-Berny et en partant par Parc de Sceaux après avoir traversé le parc, histoire de ne pas faire un aller-retour. Mauvaise idée : par ces beaux jours, il y a affluence au parc, et le RER qui dessert Parc de Sceaux vers Paris arrive déjà à moitié plein des badauds embarqués à Croix-de-Berny… Mais ça reste supportable. Evitez peut-être les jours de grève.

Capsules de Japon : (14) l’Allemagne au Japon

Mais quel est le phoque, Japon? Alors moi, je fais 10 000 bornes en avion pour m’offrir du dépaysement de mes habituelles escapades en Allemagne, et sur quoi je tombe?

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 « Konditorei Kobe » (Konditorei c’est pâtisserie / salon de thé en allemand) dans je ne sais plus quelle gare (à Osaka de mémoire), Steak & Hamburg (j’ignore s’ils ont confondu la ville de Hambourg et les hamburgers… pas vérifié) au Abeno Q Mall à Osaka, le stand de bretzels et autres gâteaux teutons de Bäckerei Perkeo au centre commercial jouxtant la gare de Kyoto… (Bäckerei Perkeo est une boulangerie située dans les hauteurs de Kyoto vers le Chemin des Philosophes. J’ai été trop occupée et trop fatiguée pour y aller. Cad que j’ai des goûts bizarres et une certaine attirance pour l’Allemagne, mais pas au point de faire 10 bornes à pattes pour aller manger des bretzels alors que je suis au Japon).

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J’ai aussi vu à plusieurs endroits, dans des cafés ou des boutiques de souvenirs, des « baumkuchen » comme celui-ci, étiqueté ainsi, alors que ce nom ne m’évoquait rien. C’est tout récemment que j’ai trouvé la réponse à ma question sur Twitter grâce à Jerome Ydarack :

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Effectivement, celui que j’ai goûté avait bien la texture moussue du gâteau à la broche que je mangeais plus jeune et plus au sud qu’ici… (ici à Paris, j’entends. Pas ici à Osaka, mon voyage date d’octobre).

Mais le pompon, ça a été ce dîner au Küppers Kölsch. Eh oui, vous ne rêvez pas : sans même chercher et totalement par hasard, j’ai trouvé le moyen de tomber sur un restaurant / pub à thème allemand, qui vend des saucisses sous toutes leurs formes, différentes sortes de bières, des gaufres… bref, c’est quasiment une escale à Munich au beau milieu d’Osaka, si ce n’est qu’on est servis par des Japonais et que le prix est en yen. Apparemment ils appartiennent à un petit groupement de restaurants, et il y a 3 Küppers Kölsch à Osaka. A priori, d’après les photos, celui où j’ai mangé est celui d’Imadegawa. Il est en sous-sol d’un énième centre commercial / immeuble d’affaires, et du diable si je me souviens comment je suis arrivée dans ce coin…

J’ai préféré me rabattre sur le fish and chips, qui n’est certes pas très allemand, mais je n’étais pas d’humeur à manger de la charcuterie. Mais bon. Je ne me plains pas, au contraire. Une gaufre! (toute petite) Une Apfelschorle! Wouhou!

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Capsules de Japon : (13) Japon, terre de pancakes

Alors oui, je sais, ça ne paraît pas évident au premier abord. Dans la cuisine japonaise traditionnelle, il y a très peu de sucre, à part les wagashi et autres pâtisseries à base de pâte de haricot rouge, qu’on ne sert d’ailleurs pas à chaque repas, loin de là.

Mais les Japonais comme l’Occident aiment bien piquer les spécialités culinaires du reste du monde. Et bien que leur cuisine traditionnelle soit peu sucrée, ils se sont mis aux pâtisseries et desserts occidentaux en tout genre. Avec plus ou moins de bonheur, et plus ou moins de déclinaisons au goût local.

Ainsi, j’ai goûté des petites tartelettes au citron façon cheese cake d’une boutique qui ne vend que ça, Bake Cheese Tart :

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(Ca se mange, mais j’ai trouvé la garniture pâteuse et pas très fine, comme à peu près tous les desserts à base de cream cheese que j’ai pu goûter – des étouffe chrétiens dénués de goût. Très franchement, à part le gras, c’est quoi l’intérêt de ce truc?… Non franchement, la conception US des desserts ne correspond pas à mon goût, et ici c’est ce qu’ils ont emprunté).

En revanche, posée par hasard et commodité pour une pause goûter au Gram à côté de la salle de concert, j’ai beaucoup aimé le côté cosy salon de thé et le grand choix de pancakes, dont certains avec des fruits (c’est assez peu courant, les fruits crus, au Japon, alors au bout d’une semaine j’étais en manque). Et la brioche façon pain perdu.

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Si si, il y a 3 pancakes sous la garniture, promis

Du coup, la chaîne, présente aussi près de mon hôtel et un peu partout dans Osaka, est devenue mon point de repère pour les pauses sucrées. Ils font même du café noir qui ressemble à peu près à du café, et je vous ai déjà dit à quel point c’était difficile à trouver au Japon. Ils font aussi des pancakes garnis salés genre saumon avocat ou chili bacon… mais cette manie de transformer en sandwich toute base pouvant remplacer le pain m’exaspère déjà en France.

C’est loin d’être la seule chaîne ou le seul établissement à proposer des pancakes. Je suppose que leur succès vient de ce que les Japonais consomment déjà depuis longtemps ce genre de mini-crèpe sous forme de Dorayaki : crêpes fourrées de pâte de haricot rouge – la pâte est différente, mais il faut le savoir.

Sinon j’ai aussi testé un dessert au Café Bouquet au centre commercial Yodobashi d’Osaka. Joli gâteau, assez fin, pas mauvais, mais que j’aurais plus apprécié si certains fruits n’avaient pas été encore congelés…

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Bref, moi qui croyais me retrouver au régime sans sucre durant mon séjour au Japon, c’était raté… Et encore, je vous épargne la vue des multiples boulangeries et assimilées qui vendent des variétés étranges de croissant (au chocolat, au fromage…) qui ont l’air appétissant mais ont été, pour les quelques testés, assez insipides.

Capsules de Japon : (12) Les petits bobs jaunes et les uniformes d’écolier/écolière

Pour un pays aux gros problèmes de natalité, le Japon semble grouiller de bambins de tous âges. Je ne sais pas si cette impression provient réellement de leur nombre, de la densité de population, ou d’un facteur plus typiquement nippon : la grande autonomie dont ils semblent bénéficier, qui fait qu’ils se baladent partout et à toute heure. Alors certes, je faisais la même chose au même âge, mais j’étais dans un petit patelin. Cela semble être différent pour les enfants d’aujourd’hui, et pas qu’en région parisienne.

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Les petits bobs jaunes (et leurs sacs à dos) à la gare centrale de Kyoto

En effet, quelle surprise, pour moi la parisienne, de me retrouver dans un bus touristique en compagnie de collégiens et collégiennes en uniforme, par groupes de 3 ou 4, qui en débarquent comme moi au temple Kiyomizu Dera, un jour de semaine… Pas d’adulte accompagnateur, ils se débrouillent très bien. Parfois ils en retrouvent un sur place, certes, sans que je puisse dire s’il s’agit d’un prof, ou si pour un devoir, des petits groupes ont droit à des visites guidées.

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Kiyomizu-dera, magnifique ajout à ma collection de photos d’échafaudages de monuments…

Certains abordent en gloussant les gaijin (étrangers) pour leur demander de poser avec eux en photo, ou de les prendre en photo devant un site touristique, fiers de leurs quelques mots d’anglais (autant que moi de mon Aligato gozaimasu lancé à profusion de peur de paraître impolie). Les plus jeunes sont certes accompagnés de quelques encadrants, mais surtout arborent les emblématiques casquette pour les garçons, bob pour les filles, d’une couleur bien voyante dépendant de leur établissement, jaune ou rouge en général.

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Au fond, le Todai-Ji, temple de Bouddha à Nara. A droite, écoliers typiques.

Est-ce que je vous ai dit que le créateur français des Minions devait se faire des coucougnettes de la couleur de ses mascottes au Japon? Parce qu’ils adorent, il y en a du merchandising partout, presque autant que de Pikachu. Du coup, quand on voit du dessus (même de pas bien haut comme moi) ces petits bobs jaunes galoper avec enthousiasme partout, on se dit que ça rappelle des trucs. Et pas seulement les dessins animés de ma jeunesse figurant des enfants de cet âge. Un inconvénient de voyager dans un pays qu’on a beaucoup vu dans la fiction, c’est qu’on a la tête pleine de clichés, pas tous faux…

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Globalement, aussi, les plus jeunes ont un peu peur des gaijin. Dans un bus quasi plein, assise sur la banquette du fond, deux places se sont libérées à côté de moi. Des bambins debout lorgnaient dessus sans oser s’y asseoir. J’ai dû multiplier les « Dozo » (« je vous en prie » quand par exemple tu laisses passer quelqu’un devant toi) et les gestes d’invite pour qu’ils se décident à se tasser à 3 sur les places (l’union fait la force). Est-ce qu’on leur raconte que les gaijin mangent les nourrissons ? Ou juste qu’ils sont grossiers et qu’il vaut donc mieux rester loin? (je ne leur jetterai pas la pierre si c’est le cas)

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La photo de classe à Nara, ça a quand même une autre gueule!

 

Et celle-là, je n’ai même pas eu à la flouter pour préserver l’anonymat des collégiens vu que je l’avais un peu ratée et pas doublée…

Capsules de Japon : (11) les vieux

Terry Pratchett plaisante plusieurs fois dans ses chroniques du Disque-Monde sur l’étonnante résistance des personnes âgées en milieu rural. « L’économie de pays entiers repose sur la puissance de levage de petites vieilles en fichus » (à peu près dixit).

Au Japon, pays connu pour son nombre élevé de centenaires, je me suis faite doubler par moult petits vieux et petites vieilles, sur les pentes du mont Inari (celui du sanctuaire du Renard, Fushimi Inari aux plus de mille portails (portaux?) rouges en bois, les torii). Parfois même des petites vieilles en costume traditionnel et geta, dans lesquelles j’aurais bien du mal à faire 3 pas sur ces chemins caillouteux, rogntudju!

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Dans le bus, un petit vieux bien sympathique et souriant s’est levé pour que je m’assoie, à mon grand embarras (j’ai l’air si mal en point que ça? Ou enceinte?). On a « dozoté »* à qui mieux mieux et fait assaut de courbettes, et j’ai cédé : il avait l’air tellement content de me laisser sa place. Je hasarde qu’il était fier que des gens traversent la moitié de la planète pour visiter son beau pays, tout comme certains anciens de ma famille sont fiers de leur région.

En fait j’ai eu du mal à illustrer cet article, parce que j’évite de prendre des gens en photo de manière reconnaissable (vous aurez peut-être remarqué que je floute les clients dans les photos de cafés et salons de thé que je chronique). Au point qu’on m’a déjà fait la remarque qu’il y avait peu de gens sur mes photos de vacances. Question de droit à l’image, de respect, et je n’aime pas qu’on me photographie sans mon accord. Donc j’ai trouvé des photos prises de loin avec des gens plus ou moins correspondant à l’article.

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Ici, en l’occurrence, si j’ai pris la photo (recadrée ici), c’était parce que ces gens avaient près d’eux ou à leurs poignets des rapaces : hibou, aigle, et un petit faucon tenu par la dame. Je n’ai trouvé nulle part d’explication à leur présence au pied des murailles du château d’Osaka, en bordure des douves. Ils n’avaient pas l’air de vouloir commerce de leur activité, c’était semble-t-il juste un rassemblement de passionnés. Autant dire des esprits frères.

De même, sur la photo ci-dessous, prise au parc Maruyama dans le quartier de Gion à Kyoto, je photographiais les corbeaux locaux (énormes, dodus, et dont les cris sont très différents de ceux des corneilles ici). Au grand étonnement semble-t-il de ce gentleman, qui nourrissait les pigeons (mais discrètement parce que ça ne doit pas être tout à fait autorisé). Je ne pouvais pas lui demander de se barrer de la photo, non plus.

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Bref. J’espère être aussi en forme au même âge que tous ces sémillants vieillards, mais en attendant, ils m’ont bien collé la honte (involontairement).

*Verbe inventé d’après le terme « dôzo«  qui en japonais s’utilise pour dire « Je vous en prie », par exemple donc, quand on veut laisser quelqu’un passer devant soi.

Capsules de Japon (10)/nostalgeek : l’école de foot Captain Tsubasa à Osaka

Ce qui est curieux, quand tu suis tes fandoms, c’est qu’ils se recoupent de façon parfois très étrange. Pour mon séjour à Osaka, j’avais choisi mes hôtels sur 3 critères : l’emplacement, l’emplacement, l’emplacement. Cad que pour les soirs de concert de Babymetal, j’avais pris un hôtel juste à côté de la salle Osaka Jô Hall, pour m’éviter le trajet le soir fourbue (dans la pratique, les concerts finissaient à 9h30, et étant en gradins, je n’étais pas aussi moulue que lors de concerts en fosse. Mais au moins j’ai pu profiter de la fan-party à laquelle je me suis inscrite impromptue sans m’inquiéter de comment rentrer).

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Parc Tennouji, Osaka

Pour le reste de la semaine, j’avais identifié non sans mal qu’il serait plus pratique de séjourner près de la gare de Tennouji. Celle-ci est en effet desservie à la fois par la ligne de train Hanwa qui joint l’aéroport du Kansai à Kyôto, la ligne Yamatoji qui permet d’aller à Nara (la ville aux cerfs), et la ligne circulaire d’Osaka (la Loop Line), ainsi que quelques autres. Idéal pour aller un peu partout autour d’Osaka, donc, et située de plus à côté du grand parc Tennouji, de son zoo, du temple bouddhiste Shi Tennou Ji (qui donne son nom au quartier et à la station), du musée des Beaux-Arts de la ville et dans un quartier commerçant, pas trop loin du centre mais pas non plus dans le brouhaha.

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Musée des Beaux-Arts d’Osaka

Accessoirement, le nom me rappelait mes vilains de Sailor Moon, le Shitennou, baptisés ainsi en référence aux 4 Rois Célestes, gardiens des 4 point cardinaux dans la tradition bouddhique. Et j’aime bien suivre les signes, surtout quand ils vont dans le même sens que le raisonnement. Et c’est comme ça qu’espérant voir des netsuke et autres objets d’art nippon, je suis tombée en fait sur l’exposition « Disney, l’art du mouvement » que j’avais raté lors de son passage à Paris. … Libérééééée, délivréeee! Ca c’est fait (peu de Frozen dans l’expo).

Or donc, alors que je traversais le parc du Tennouji pour aller voir le musée des Beaux-Arts, je suis par hasard tombée sur ça :

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Un complexe de 3 terrains de futsal (aux noms d’Oozora Tsubasa, Tarô Misaki et Genzô Wakabayashi, les 3 héros de la première époque) et une école de foot « Captain Tsubasa ».

Qui affiche en ses murs, outre des portraits dédicacés des personnages, les « authentiques » maillots des capitaines de la finale des collèges, entre l’équipe de Nankatsu (Newteam) et la Toho (idem en VF, c’était écrit en lettres un peu partout alors ils n’ont pas pu tricher). Complets jusqu’aux détails de la manche arrachée de Tsubasa et de celles de Hyûga toujours roulées. Que de feels à cette vision pour moi, qui fut tant fan de cette série.

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Les maillots de la finale des collègues !

Oui je sais, c’est un dessin animé, et ces maillots sont des faux customisés. Ca m’a quand même fait quelque chose. Un peu « Sacrés Japonais, ils sont dingues d’avoir poussé le truc aussi loin » et un peu « Maieuuuh, pourquoi ils existent pas en vrai?! ».

Malheureusement, c’était fermé quand je suis passée, et comme je l’ai découvert trop tard, je n’ai pas pu y retourner afin de me renseigner davantage – ou de prendre de meilleures photos ou voir s’ils avaient des goodies à vendre.

Pour info, on peut apparemment se procurer en France maillots, blousons et sacs de certaines équipes, sur le site Okawa Sport. Je n’ai pas testé.

 

Capsules de Japon : (9) / nostalgeek : Sailor Moon, Dragon Ball and co…

Si j’avais fait ce voyage au Japon il y a 20 ans, j’aurais dépensé 2 ou 10 fois plus en merchandising, mangas et autres (et moins en hôtel pour assurer un certain confort à mes vieux os). Aussi ce n’est pas plus mal que j’ai perdu de vue les actus manga/anime (Babymetal m’a coûté bien assez cher en goodies comme ça).

Néanmoins, entre Sailor Moon qui fête ses 25 ans (enfin, l’an dernier), Captain Tsubasa ses 35 ans, Dragon Ball sa nouvelle série dirigée par Toriyama himself, j’ai quand même vu des têtes connues au détour des boutiques, non seulement spécialisées, mais aussi ailleurs.

 

Comme par exemple la chaîne de vêtements mode et bon marché G.U. (une filiale d’Uniqlo), qui avait lors de mon séjour une collection capsule Sailor Moon toute mimi (et non je n’ai pas craqué, ce n’est pas vraiment le côté girly que j’apprécie le plus dans la série, mais ça m’a quand même fait sourire. Notamment le sac à main Artemis – en forme de tête de chat. Alors à défaut d’encombrer ma penderie avec, j’ai encombré la mémoire de mon appareil photo).

Et puis le pays célébrait en grande pompe le tome ultime de l’interminable One Piece, que, sans lire, je connais de nom.

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Ce qui a fait de cette expédition un voyage dans le temps, mais dans tous les sens, parce que je suis passée :

  • de l’hiver (il faisait 12°C à Paris quand je suis partie) à l’été (30°C et un soleil de plomb la première semaine à Kyôto),
  • du passé ancien avec des lieux historiques bien conservés comme les sanctuaires ou le château d’Himeji, au futur avec les centres commerciaux pleins de high-tech et les multiples petits gadgets,
  • Et j’ai aussi fait un bond de 20 ou 30 ans en arrière pour me retrouver nez-à-nez avec les héros de ma jeunesse…