Sociologie du drama sur les réseaux sociaux 

C’est curieux : quand quelqu’un fait ou dit un truc qui t’agace sur un forum ou un rézosocial, si tu exprimes un avis publiquement sur le forum, c’est vache (enfin, tu reçois aussi souvent des soutiens en MP de gens qui sont d’accord avec toi, mais qui n’osent rien dire).
Si tu ne l’exprimes que sur ton propre FB / blog, c’est considéré comme lâche.
Mais d’expérience, le dire à la personne directement, que ce soit par PM ou en personne, ça ne change rien, si ce n’est que la personne se braque encore plus et que ça pourrit généralement le forum.
En gros donc, tu as surtout le droit de fermer ta gueule. Droit que n’applique hélas pas la personne qui t’a gonflé.
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Au final, comme je suis pour l’égalité des droits, et que je n’ai pas l’intention de choper un ulcère à me retenir de râler (je somatise nettement moins depuis que je râle plus, au boulot), je commente là où ça causera le moins de drama. Surtout quand je n’ai pas l’intention d’épiloguer 3h avec la moitié de la planète sur le sujet. Ni avec le sujet. Se battre contre des moulins à vent, hein…
Et dans la mesure du possible, j’évite, je « mute » (sur Twitter) ou je bloque les gens dont les déblatérations me tapent systématiquement sur les nerfs. J’en supporte assez dans la vie de tous les jours, je n’ai aucune raison de m’infliger ça sur les réseaux sociaux. La liberté d’expression, ça n’a jamais signifié qu’on était obligé de t’écouter, eh, dugland. Ni qu’on n’a pas le droit de pointer du doigt que tu racontes des âneries, du reste.
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Je comprends donc que les autres fassent de même. Et je m’étonne qu’un tiers leur fasse un procès d’intention dans ce cas. En général des tiers mal placés pour cela. Si si j’assume, je n’ai juste pas du tout envie de perdre davantage de temps sauf pour en rire ou me détendre en taillant des costards.
Et dans le cas de spécimens comme celui-ci (ce n’est même pas moi qui l’ait bloqué, mais il écrivait tellement de conneries que je suis allée voir sur son profil si c’était un vrai débile ou un troll… j’y ai trouvé ce post, et la conviction que c’était la première solution. Ca fait peur quand même), on perd des neurones rien qu’à essayer de discuter avec. Donc…
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Parisienne mais presque : je me mets au sport

Enfin, sport, c’est un bien grand mot : aux activités physiques à but de renforcement musculaire et relaxation, parce que je suis devenue un paquet de nerfs ambulant. Et les randonnées Pokemon de 5h ne suffisent pas à dénouer tout ça. Donc ce ne sont ni la recherche de performance, ni l’amour de la transpiration qui m’ont motivée, mais l’âge et la douleur.
Kiné et ostéo m’ayant conseillé le Pilates (oui, avec un S, ça vient du nom du fondateur de la discipline) et / ou le Yoga et autres activités zen, je me suis mise en quête de cours.

Première étape : trouver des cours

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Non sans mal : dans le quartier d’affaires où je travaille, les salles de sport sont plutôt axées sur le cardio-body-combat-pump-danstagueule sur musique boumboum de merde pour jeune cadre kinenveu (enfin, pour femme cadre kinenveu, plutôt. Les cours collectifs n’attirent guère les hommes). Pas vraiment ce qu’il me faut… Surtout qu’à la base, j’ai horreur du sport, et horreur en particulier des sports collectifs. Avec l’âge, l’horreur du sport s’est atténué en « pas envie », mais les sports collectifs et les vestiaires me rebutent toujours.
Miracle, néanmoins, j’ai trouvé une petite salle sur mon trajet qui propose différentes activités pile dans ma cible, dont certains dans mes horaires. Après un cours d’essai à prix réduit pour jauger les locaux et les profs, je me suis inscrite. C’est propre, sans prétention mais fonctionnel, certes un peu bobo mais pas non plus un repaire de secte, et dans mes moyens (cad que la qualité se paye pour ne pas être à des cours collectifs à 50 donnés par des touristes, mais ça va). De toute façon, une heure de Pilates ou de Feldenkrais à 5 ou 10 personnes revient moins cher qu’une séance d’une demi-heure chez le kiné. Certes, non remboursé par la Sécu.

Deuxième étape : s’équiper

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Pour le Pilates comme pour le Feldenkrais, vous pouvez limite y aller en jogging ou legging / chaussettes et t-shirt, tant que ça vous laisse votre liberté de mouvement. Il existe des tas d’accessoires, mais ma salle fournit tout l’équipement, y compris les tapis (que chacun nettoie après usage, à la fin du cours).
Pour procrastiner et se décourager, parcourir les magasins de sport est un bon moyen. De toute évidence, les industriels n’ont pas raté l’occasion de vendre plus cher des leggings et T-shirts moches en synthétique, sous l’argument qu’ils sont faits pour la pratique sportive. C’est vrai que le plastique cramé à la transpiration, c’est top… et puis ce n’est pas parce qu’on se met au sport qu’on veut être moulé façon saucisson, hein. Signer le formulaire d’inscription ne suffit pas à avoir illico la plastique de Jennifer Lopez.
Après m’être arraché les cheveux entre les yoga pants « one size fits none » de Décathlon et les vêtements de sport de compétition au prix d’un jean branchouille chez Go Sport, j’ai opté pour un pantalon de danse/yoga de la marque Danskin. Qui me fait rire parce que si je disais à mon moi de 15 ans qu’un jour j’achèterais ça…
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Pour marcher voire courir un peu (après les Pokemon. Il me faut une motivation) le week-end, j’ai aussi, après avoir essayé diverses marques, adopté les Reebok Sublite à semelle à mémoire de forme. De vrais chaussons. Quand le temps a fraîchi, néanmoins, je me suis rendue compte que la résille « transpirante » de dessus qui, en mode running, doit permettre au pied de respirer et à l’humidité de s’évacuer, se traduit en hiver et en mode « je marche vite en trottinant à l’occasion » par « putain j’ai froid aux pieds », voire en « raaah j’ai les pieds trempés, bordel! » quand on se prend une flaque par mégarde.
C’est toujours mieux que les bottes de neige achetées il y a une dizaine d’années chez Décathlon, je crois, qui avaient des trous d’aération du même genre… sous le pied. Parfois, je me demande si les concepteurs de chaussures ne sont pas tous des cul-de-jattes sadiques.

Troisième étape : les premiers cours

Parfois, l’un des profs a des commentaires qui me font me sentir décalée (ça faisait longtemps). Notamment tous ceux où il explique le type de mouvements qui font le ventre plat. Non mais je m’en fous de ne pas avoir le ventre plat si je n’ai plus mal aux dos et aux « espaces intercostaux », hein…

« On a tous plus ou moins fait du fitness, et… » – ah non, pas moi. Du coup le jargon des mouvements, hein… déjà, même quand ils expliquent le mouvement en détail, j’ai du mal à situer certaines zones. « L’os iliaque », je ne suis pas sûre d’où il est précisément. J’ai fini par regarder des planches anatomiques en ligne. Alors pour info : ci-dessous, l’os iliaque, c’est l’énorme machin qui comprend les parties 2, 3 et 4.
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Les ischions, c’est le 3

La population

Ceci dit il a raison : la moitié des participants me semblent être des nanas un minimum sportives, qui viennent ici en recherche d’une activité sportive plus ou moins intensive. Il y a aussi quelques hommes, sans doute guidés, comme moi, par des problèmes de dos et assimilés. Et des femmes non sportives idem. Claque m’en cinq, sédentaire !
Au Feldenkrais, il y a plus de la deuxième catégorie. Je ne connaissais pas cette discipline avant de mettre le pied ici, c’est assez proche du Pilates : une méthode basée sur les interactions entre muscles et squelette, destinées à rééduquer le corps à faire les bons mouvements, quand il travaille depuis trop longtemps dans de mauvaises positions. Comme au Pilates, et encore plus, même, on recherche des mouvements lents et contrôlés de faible intensité, plutôt qu’en forçant en vitesse pour se faire mal. Cerise sur le gâteau pour moi : l’une des profs a l’accent allemand, ce que je trouve hyper relaxant (Oui je sais, je suis bizarre).
On m’avait parlé de l’ASMR, Autonomous Sensory Meridian Response, que l’on peut traduire par « réponse automatique des méridiens sensoriels ». Les quelques vidéos que j’ai essayé ne fonctionnent pas vraiment sur moi, mais les « symptômes » décrits de « picotements/frissons dans la tête / le cerveau / la colonne vertébrale » correspondent à l’effet que me fait la langue allemande

Le bilan

Après plusieurs mois de cours suivis avec une régularité variable (cad qu’au début j’y allais trois fois par semaine, mais entre les gastro, vacances, imprévus de boulot etc, ça s’est un peu espacé…), ça va mieux. Quand je rate trop de cours et que les douleurs reviennent, je peux faire quelques exercices chez moi pour compenser. Il me semble aussi que je dors mieux, même si ce n’est pas systématique. L’idée étant plus celle d’une rééducation progressive du corps et des postures, ça fonctionne pas mal. Mens sana in corpore sano, un corps sain dans un sauna.

 

Et pour rester fidèle à l’esprit de ce blog, une devinette débile :

quel est le muscle préféré de Jean Gabin?

Réponse dans le prochain article si vous n’avez pas trouvé d’ici là.

Portrait de fan (4) :le clone

« Donne-moi ton visage

Ton attitude

Tous tes désirs et ton âge »

I wanna be U – Superbus

Description

Celui-là cherche à se rapprocher de son idole de la manière la plus visuelle : en lui ressemblant, à travers les vêtements, la coiffure, apprenant les chorégraphies et les chansons, en fonction de ses propres aptitudes artistiques. Certains en font même des spectacles, que ce soit dans le cercle familial et local, voire même en se lançant dans le business du sosie, avec danseuses etc. Là encore les profils et motivations diffèrent : de celui qui fait juste ça pour s’amuser, à l’occasion des concerts, comme au carnaval, à celui qui perd un peu le sens de sa propre identité, à force de vouloir s’évader de sa réalité pour rejoindre celle de la célébrité.

Souvent, il se reconnaît en l’artiste, que ce soit sur un plan physique ou psychologique – ils ont traversé des épreuves similaires, ou bien l’artiste affiche ce que son fan aimerait pouvoir revendiquer. Il essaie alors de renforcer le lien en ressemblant à son tour à son idole. C’est à la fois un hommage et une volonté de s’identifier. Ou seulement l’un des deux.

Entre en jeu également le goût du déguisement : de la même façon qu’on « s’habille » pour sortir, on note en marge des concerts une tendance à copier le look que l’artiste. Les armées de fans arborent les couleurs du seigneur auquel ils se rallient… Ca commence en portant un T-shirt à leur effigie, mais ça peut aller plus loin dans l’imitation. C’est aussi parfois, plus simplement, pour marquer l’occasion et se mettre dans l’ambiance. On prolonge sa passion en participant, au lieu de rester spectateur. On connaît l’effet libérateur que peut avoir un masque ou un déguisement. Et les artistes eux-mêmes en usent et en abusent : les plus poignants sont ceux qui se racontent sous couvert d’interpréter un rôle. Les fans, eux aussi, expriment plus facilement leur enthousiasme une fois en tenue.

L’enthousiasme aidant, les gens aiment se faire prendre en photo à côté des sosies, presque autant que s’ils rencontraient les vrais. Faute de grives, on mange des merles.

Certains poussent très loin le mimétisme, comme Herbert Chavez, un Philippin de 35 ans qui a subi de multiples opérations de chirurgie esthétique afin de ressembler à son héros, Superman.

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Archétype

Bernard Frédéric, sosie de Claude François dans Podium.

Avantages

Il met des couleurs dans les concerts et les conventions.

Dangerosité

Nulle, sauf pour eux-mêmes. Parfois casse-pieds quand leur mimétisme se double d’une volonté démesurée d’attirer l’attention, et que les fans y contribuent en leur vouant quasiment la même admiration qu’à leur modèle.

Phrase fétiche

« Nous avons nos fans, mais ce sont d’abord les leurs »

Throwback Thursday Livresque : Musique

Je reprends aujourd’hui le Throwback Thursday Livresque de Betty Rose Books en raison du thème : Musique!

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Car j’ai sous le coude plusieurs vieux romans (c’est le concept du TBT Livresque) ayant rapport avec ce thème, dont c’est l’occasion de parler faute de temps pour m’étendre dessus.

Pour commencer : Masquarade, de Terry Pratchett

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Le maître a consacré un tome du Disque-Monde aux péripéties d’Agnès Crettine, jeune fille charpentée un peu enrobée dotée d’un physique de chanteuse d’opéra (« elle a de beaux cheveux »), qui, ça tombe bien, décide d’aller tenter sa chance à la capitale Ankh-Morpork dans cette carrière, vu qu’outre le physique, elle a de la voix. Pour deux ou plus, même. Il faut dire, ça aide peut-être, qu’Agnès a également quelques talents en friche de sorcellerie, et que c’est précisément parce qu’elle refuse de suivre l’enseignement des vieilles cinglées sorcières de Lancre (vu leur caractère, c’est compréhensible) qu’elle a fui à Ankh-Morpork.

Las, bien qu’elle ait des tonnes de talent, plus que bien d’autres avant elle, c’est à la nunuche Christine qu’est confié le premier rôle, car elle a « du sharisme ». Comprenez : elle est blonde, svelte, jolie, et c’est étonnant qu’elle ait si peu de voix vu la caisse de résonance que devrait fournir le vide de sa boîte crânienne… En plus, elle a un riche protecteur, qui a insisté pour qu’elle ait le rôle. Comble de l’insulte : même le Fantôme qui hante les coulisses de l’Opéra nuitamment se pique de lui donner des leçons de chant pour qu’elle puisse tenir le rôle… Même après avoir découvert que, dans un ressort de scénario digne d’un vaudeville, Christine et Agnès avaient échangé leurs chambres, et que c’est donc à Agnès que, dans le noir, il prodiguait ses leçons de chant.

Ce qui n’empêchera pas Agnès de se battre pour élucider un autre mystère : les meurtres en série qui endeuillent la préparation de l’Opéra. The Show Must Go On, ok, mais quand même!

Citations : 

Et puis elle était aussi suffisamment snob pour confondre grossièreté avec bonne éducation. De la même manière que les très riches ne peuvent jamais être fous (ils sont excentriques), ils ne peuvent pas non plus être grossiers (ils sont francs et directs).

 

Pour vous situer la mentalité d’Henri Judicier, sachez que si on lui avait donné un ouvrage intitulé Comment se cultiver en cinq minutes, il l’aurait lu chronomètre en main. Ce qui l’empêchait de progresser davantage dans la vie, c’était son sens aigu de sa propre ignorance, un handicap dont souffrent trop peu de gens.

En bonus : la trilogie des Harpistes, par Anne McCaffrey

Le chant du dragon 
La chanteuse-dragon de Pern
Les Tambours de Pern

Cette trilogie se voulait une déclinaison Young Adult des romans d’Anne McCaffrey sur l’univers de Pern, planète périodiquement ravagée par les Fils, des organismes dévoreurs de chair qui tombent du ciel. Seul façon de combattre les Fils : les Dragons cracheurs de feu chimique, menés par les Chevaliers-Dragons avec qui ils ont noué un lien télépathique (oui, Avatar n’a rien inventé…). Les deux premiers tomes racontent l’histoire de Menolly, l’une des filles d’un seigneur de Fort maritime (genre de chef de clan). Elle était l’apprentie du Harpiste du fort (à la fois musicien et garant des traditions orales, seul moyen de conserver les connaissances dans ce monde mis à mal par les Fils). Mais celui-ci est mort, son successeur n’arrive pas, et son père, très traditionnaliste, considère que la musique n’est pas affaire de femme. Elle s’enfuit et vit bien des aventures avant d’être accueillie chez les Harpistes par Maître Robinton.

Le dernier tome met en avant Piemur, garçon espiègle et débrouillard, qui se retrouve perdu quand à la mue, il perd sa voix d’or. Devenu apprenti chez les tambours, il fera bien plus. Ces 3 tomes sont étroitement liés à l’intrigue principale de Pern, et sont un hommage à la musique. Vous trouverez une chronique plus détaillée sur le blog de Sipho.

On peut y ajouter Le Maître Harpiste, autre volume consacré à la vie de Robinton, personnage important dans la série principale, inspiré d’un proche d’Anne McCaffrey.

D’autant plus un Throwback Thursday que ces 3 romans ne semblent plus édités en Français!

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Ecologie du fandom :

Dans la série « recyclons les vieilleries » (je tiens un blog écologique!), d’autant que les fandoms sont finalement toujours un peu les mêmes, seuls les sujets changent…

J’avais naguère et jadis imaginé cette galerie zoologique des différents types de fans, à l’époque du fandom de la série Buffy The Vampire Slayer et en particulier de Spike, incarné par James Marsters. A rapprocher de mon quizz Quel type de fan es-tu?

Les bisounours

Les bisounours

Les poissons rouges

Les poissons rouges

Les hyènes

Les hyènes

Les 3 singes

Les 3 singes

Les mères-poules

Les mères-poules

Les mouettes

Les mouettes

Les requins

Les requins

Toute ressemblance avec des fans existants ou ayant existé ayant inspiré ces panneaux serait difficile à trouver vu que j’ai changé 3 fois de fandom depuis… Mais si les noms changent, les archétypes restent. Hélas.

Et là vous me direz : « C’est pas beau de se moquer, tu aimerais qu’on fasse la même chose avec toi? »

Ce à quoi je vous répondrai :

Et moi dans tout ça

Et moi dans tout ça

Exposition: Gaston Lagaffe à la BPI (Bibliothèque du centre Georges Pompidou)

Je ne connaissais la BPI que par ses files d’attente interminables quand je passais derrière le centre Georges Pompidou le samedi au gré de mes balades parisiennes. Aussi j’hésitais à planifier une visite de cette exposition. Mais le hasard y a guidé mes pas un soir, et comme la BPI est ouverte jusqu’à 22h, et qu’il n’y avait pas d’attente dehors, je suis entrée.

L’exposition

L’exposition se trouve au niveau 2 au milieu de la bibliothèque, et là une dizaine de personnes piétinait pour accéder à l’espace consacré au héros flegmatique de Franquin.

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 On y découvre sa genèse, avec son apparition muette en plusieurs fois dans les pages du magazine jeunesse Spirou : devant la porte de la rédaction, à l’entrée, puis envahissant les espaces laissés libres par la mise en page. Au fil des numéros, Franquin affine le personnage, qui perd de sa raideur pour adopter sa silhouette en S caractéristique.
L’exposition fourmille d’anecdotes et de documents sur la rédaction du journal Spirou à l’époque. Ainsi, Gaston a hérité de ce prénom parce que c’était celui d’un ami de Yvan Delporte, le rédacteur en chef, qui trouvait qu’il lui ressemblait. De Maesmaker, l’homme d’affaires obsédé par la signature de ses contrats toujours empêchée par une catastrophe signée Lagaffe, tire son nom du père du 2e dessinateur. Car, je l’ignorais tant leurs styles sont semblables, mais n’ayant pas le temps de dessiner à la fois Spirou, Lagaffe et ses autres oeuvres, Franquin avait fait appel à Jidéhem, de son vrai nom Jean de Maesmaker, pour dessiner une partie des Gaston, lui conservant la partie scénario. Jidéhem explique que pour distinguer les planches au moment de la répartition des royalties, ils se basaient sur les phylactères (les textes des bulles, quoi), Franquin traçant les siens à la plume et Jidéhem avec un outil (dont j’ai oublié le nom…) qui rend une largeur fixe.
La dernière zone permet de (re)découvrir d’autres oeuvres de Franquin, notamment une planche glaçante pour Amnesty International (ci-dessus). Et le courrier émouvant de Yvan Delporte à Dupuis lui annonçant qu’il renonce à poursuivre le Trombone Illustré…

Quelques citations

Un adulte, c’est peut-être un enfant qui a mal tourné.
Si j’avais commencé ma carrière à Paris, je pense que les choses auraient été très différentes. En évoluant dans un environnement plus engagé, j’aurais probablement dessiné un autre genre de séries. Là-bas, vous pouvez faire rire les gens, tout en faisant passer un message. Pour ma part, j’ai souvent pensé que j’étais prédestiné à faire de mignons petits dessins inoffensifs, légers, superficiels…
 (Idées Noires, éditions Rombaldi, 1988)
Souvent, l’humour est une fuite et les humoristes sont des gens sinistres qui se soignent sans le savoir par le rire. Comment voulez-vous échapper à l’actualité qui vous matraque les horreurs du monde? L’être humain est le seul être totalement nuisible de la planète, vraiment! Alors, comment vous abstraire de ça? Les gens totalement heureux sont des égoïstes profonds.

(L’illustré, 1988)

 

Informations pratiques

Gaston Lagaffe à la BPI (Bibliothèque Publique d’Informations du centre Georges Pompidou)
Du 7 décembre 2016 au 10 avril 2017
Centre Pompidou, 19 Rue Beaubourg, Niveau 2
75004 Paris
Entrée libre pendant les horaires d’ouverture de la Bibliothèque
Accès par la Bpi rue Beaubourg

Lundi, mercredi, jeudi et vendredi : 12h – 22h
Samedi, dimanche et jours fériés : 11h – 22h
Fermeture le mardi

Entrée par le Centre Pompidou (chenille, niveau 2) avec le billet du jour « Musée et expositions » (les laissez-passer du Centre Pompidou ne donnent pas accès à l’exposition les dimanches et jours fériés).

En raison de la forte affluence le week-end, le musée recommande d’éviter de visiter l’exposition le dimanche.

 

Portrait de fan (3) : le militant

« Si j’existe, c’est d’être fan »

Fan – Pascal Obispo

Description

Le militant ne se contente pas d’aimer son sujet de prédilection, il veut également convaincre le reste du monde que cet amour devrait être universellement partagé. Pour cela, il utilise tous les moyens de communication à sa disposition. Dans les temps anciens, cela se limitait à la création de fan-club, de street team (littéralement « équipe de rue », des fans qui s’organisent en petits groupes pour faire la promotion de leurs idole), la distribution de flyers (prospectus publicitaires), et éventuellement à des campagnes d’appels auprès des médias officiels – radios, magazines, télévision. De nos jours, tout cela peut s’organiser à grande échelle sur Internet, par l’intermédiaire de forums, conduisant à des fan-actions internationales (envoi de cartes postales à des chaînes de télévision pour protester contre l’arrêt de séries comme Star Trek ou Firefly).

Parfois, cette activité s’explique par un espoir d’attirer l’attention voire la gratitude du sujet, et peut-être d’obtenir ainsi des passe-droits (accès à des concerts, des soirées, bref être plus qu’un fan). Cela répond aussi au besoin de s’engager pour une cause, même si celle-ci ne semble pas bien noble à un œil extérieur. Comme je l’ai souvent lu, « les vrais héros, ce ne sont pas les chanteurs / acteurs » ce sont les héros du quotidien, pompiers, médecins etc qui sauvent des vies ». Certes. Mais les artistes et sportifs jouent un rôle primordial sur le moral, et diminuent le stress. Donc d’une certaine façon, ils augmentent la qualité de la vie – à commencer par la leur, avec leurs royalties.

Même s’il peut se cacher des motifs égoïstes derrière cet engagement (comme tout autre), qu’on ne s’y trompe pas : rares sont les gens qui ont assez de temps et d’énergie à perdre pour se dédier à ce point à leur sujet sans en être réellement passionné. Depuis que les maisons de disques ont renoncé à investir dans la publicité sauf pour les produits déjà vendeurs, elles utilisent ces réseaux en les mobilisant par des concours pour leur faire répandre la bonne parole et des bannières de publicité sur le web.

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Archétype

Chris Cole dans le film Rock Star. (film qui, au passage, est sans prétention mais assez sympa. Plus de détails en fin de cet article)

Avantages

Il fait vivre le fandom même en période de faible actualité, en créant des événements et en canalisant les énergies vives de personnes d’horizons divers

Dangerosité

Il peut finir par se retourner contre le sujet, si les avantages en retour ne sont pas à la hauteur de ceux attendus. Ce qui est rarement le cas.

Phrase fétiche

« Il faut absolument que tu lises ça! »

Gourmandise : Pâtisserie Tomo – dorayaki et wagashi

Cette nouvelle pâtisserie japonaise récemment ouverte est victime de son succès : le samedi après-midi à l’heure du  goû-thé, il y a foule. Et le service est vite débordé.
Les thés sont peu nombreux à la carte, mais de qualité, de la maison Jugetsudo. Parmi eux, le Genmaicha qui a mes faveurs – et qui se trouve être le moins cher de ceux proposés, même s’il reste à un tarif élevé.
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Ils proposent également plusieurs variantes de chocolat chaud, dont j’avoue que l’odeur flottant dans l’air était appétissante.
 Ce jour-là, je n’ai pas testé les wagashi, mais ma voisine japonaise m’a dit qu’ils étaient très bons, et préparés par un chef japonais. La pâtisserie Tomo est la seule sur Paris en dehors de Toraya (chroniquée ici) à proposer des wagashi, mais elle préfère Tomo car elle trouve que Toraya a des tarifs trop élevés et une ambiance trop compassée.
Personnellement, j’avais opté pour une variation franco-japonaise de dorayaki, la basilique citronnée : une « crêpe » en dessous, une montagne de crème au citron dessus, surmontée d’une micro-crêpe signature. Très bonne, mélange équilibré de sucré et d’acide.
La décoration des deux salles est sobre, même si l’effet de peinture « jetée » au mur ne rend probablement pas l’effet qui était souhaité (personnellement j’ai mis 5 minutes à réaliser que ça devait être fait exprès et non une absence de rafraîchissement des murs avant ouverture de l’établissement).
Informations pratiques :
Pâtisserie Tomo
Horaires : de 12h à 19h du mardi au dimanche
11, rue Chabanais 75002 Paris
romain.gaia@patisserietomo.fr

Lecture : Actors Anonymous, de James Franco

Acteur, réalisateur, monteur, poète et écrivain, James Franco semble avoir décidé de pousser à l’extrême le cliché de l’acteur multi-casquettes. Tiens, je ne crois pas qu’il se soit essayé à la musique?

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L’auteur

Pour être tout à fait honnête, loin de faire partie de ses fans, je le trouve plutôt agaçant. Mais nous avons un point commun : il fait partie des quelques personnes encore plus obsédées que moi par River Phoenix. Quand il a tourné avec Gus Van Sant, il lui a demandé de visionner les rushs de My Own Private Idaho. En discutant avec lui, il a obtenu son accord pour tirer de ces heures de pellicule, non utilisées dans le film, deux longs métrages expérimentaux, dont l’un entièrement centré sur le personnage de River, Mike, et qu’il a baptisé My Own Private River (récemment projeté à la Cinémathèque de Paris dans le cadre de l’exposition Gus Van Sant, et avant ça, seulement montré dans diverses expositions. Des fans avaient lancé une pétition pour demander la sortie en DVD/Bluray, avant de découvrir que GVS y était opposé, et James Franco aussi). Il lui a aussi consacré un texte dans son recueil de poésies, « Directing Herbert White ». Et lorsque 2 auteurs demandent à des écrivains (dont lui, allez savoir ce qu’il fait là-dedans) de leur raconter leur premier « celebrity crush » (béguin pour une célébrité? Pas terrible comme traduction), c’est évidemment de River qu’il choisit de parler. Ce serait limite inquiétant s’il n’était pas mort.

Aussi, quand j’ai vu qu’il avait sorti un roman traitant des acteurs, je me doutais qu’il y mentionnerait River. Je ne me trompais pas : il y a carrément 4 poèmes parlant de lui dans un chapitre dédié. Cinq pages. Ça, c’est fait (je ne m’aventurerai pas à les commenter).

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Le roman

Le texte est bizarre : au lieu d’un roman classique, il s’agit d’un puzzle présenté sous la forme d’un guide de principes pour les apprentis acteurs, pour survivre à la machine à broyer les egos. Le narrateur évoque en seconde intention la volonté de partager avec le grand public ce qu’il a appris de la réalité des coulisses de Hollywood. Les chapitres portent chacun en titre un des principes édictés au début, qui dérivent apparemment de ceux des Alcooliques Anonymes. Ces chapitres racontent, souvent à la première personne, différents personnages et leurs histoires : une starlette, un acteur à succès, un loser en cure de désintoxication alcoolique…

La narration joue en permanence avec les a prioris du lecteur, qui peut y déceler, à tort ou à raison, des échos directs de la vie et la voix de Franco. A ce titre, les fragments sur l’acteur à succès qui profite de sa célébrité pour se trouver une (jeune) fan dans chaque -port- ville laissent songeur, quand on a eu vent de quelques rumeurs / débordements le concernant via la presse.

Il essaie de dégonfler les mythes autour de la machine à rêves d’Hollywood, et peut-être son propre melon. Le résultat est souvent glauque, parfois trash. Mais sans doute plus réaliste que les biographies aseptisées. Pour moi qui n’ait jamais trop fantasmé sur le quotidien des staaaars, rien de surprenant, sauf peut-être la mentalité de certains personnages. On pourra s’amuser à essayer de deviner si ses histoires sont celles de personnes réelles, et si oui qui. Mais sans être dans le milieu, je doute qu’on trouve ces clés de lecture là.

En conclusion

Un étrange objet littéraire, pas inintéressant, mais surtout pour qui s’intéresse à la psyché des gens de cinéma.

Informations pratiques :
Actors Anonymous
Auteur : James Franco
Editeur : Little A / New Harvest; Faber & Faber
(pas de version française pour l’instant)

Crowdfunding : Kirby & Me, un livre hommage à Jack Kirby

Vous n’avez plus que 10 jours pour acquérir, via participation à son financement participatif sur Ulule, le bel ouvrage concocté par deux fans de comics et de Jack Kirby en particulier : Kirby & Me.

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Il a créé ou co-créé nombre de personnages emblématiques de Marvel, comme les Avengers, les premiers X-Men, les 4 Fantastiques et bien d’autres. Précurseur, son style dynamique a marqué tous ses successeurs. Aujourd’hui, auteurs et dessinateurs lui rendent hommage dans un artbook qui rassemblera témoignages, analyses, illustrations originales de fans-artistes et bien d’autres choses (cf la description et la liste d’une partie des contributeurs sur la page Ulule ou la page Facebook). Pour que tous les fans puissent en profiter, le livre sera édité dans une version bilingue français-anglais.

Par ailleurs, les éventuels bénéfices du projet iront à l’association américaine Hero Initiative, bien connue des amateurs car elle vient en aide aux artistes dans le besoin. Ceux-ci sont généralement des indépendants sans protection sociale ou presque, ce qui aux USA revient à une faillite au moindre pépin de santé. Outre le soutien monétaire, par leur réseau ils aident aussi auteurs et dessinateurs dans le besoin à trouver des contrats afin de revenir dans le circuit. Si vous allez sur leur page, vous verrez que même de grands noms très connus du public ont failli finir à la rue sans leur aide.

Si vous ne pouvez ou voulez pas l’acheter, n’hésitez pas à soutenir quand même le projet, en partageant les liens sur les réseaux sociaux ou en en parlant autour de vous. Surtout à vos amis fans de comics et de beaux livres!

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