Concert : Miyavi à l’Elysée Montmartre (+ A-vox)

J’avais beaucoup entendu parler de Miyavi vu qu’il fête quand même les 15 ans de son premier album avec cette tournée. Mais je connaissais peu sa musique. Néanmoins, j’avais besoin de décompresser et on est rarement déçu par les artistes japonais, et ce n’était pas trop cher pour un artiste de cette envergure (30 eur), donc hop!

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L’Elysée Montmartre vient d’être rénovée, et je découvre une salle qui ressemble beaucoup au Trianon voisin, dans un style baroque, mais plus sobre. Déjà, il n’y pas de balcons sur les côtés, et pas de dorures. Niveau acoustique, je ne suis pas monstrueusement emballée, le son est un peu compact. Et surtout : c’est censé servir à quoi le brouillard artificiel, bordel? C’est un concert, pas une soirée mousse! Depuis l’estrade coincée entre le bar et la console lumières, on distinguait à peine ce qui se passait sur scène – et les appareils photos encore moins, d’autant plus perdus par les lumières bleues et rouges devenues omniprésentes sur les concerts.

A-vox

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En première partie, je découvre A-vox, un jeune duo français (frère et soeur) qui délivre une électro rock très péchue. Ils compensent leur faible nombre (ils jouent seuls sur scène) par une débauche d’énergie (surtout Antha la chanteuse, vu que son frère Virgile est un peu coincé par son rôle de batteur, qu’il tient néanmoins parfois debout), et en changeant d’instrumentation, Antha passant d’un espèce de tambour de cuisse aux claviers, puis à la guitare électrique. Vous pouvez lire une intéressante interview ici.
Et une vidéo de la soirée, leur chanson la plus calme dont je n’ai pas capté le titre hélas :

Miyavi

Miyavi est un guitariste virtuose et chanteur japonais, qui sous son air juvénile fête cette année ses 15 ans de carrière solo, après avoir débuté dans un groupe de visual rock nippon (à l’époque où le magazine Tsunami de la librairie Tonkam couvrait ce style de musique). C’est vous dire si ce n’est pas exactement un débutant. Il partage depuis quelques années son temps entre les USA et le Japon, et parle donc couramment anglais, ce qui lui permet entre autres de communiquer avec son public plus spontanément que ses collègues que j’ai vus récemment. Il nous gratifiera à ce titre d’un assez long et chouette discours sur ses rapports avec la France, la salle de l’Elysée Montmartre et la communication entre les peuples via la musique :

En show man expérimenté, il occupe facilement toute la scène, d’autant que 3 micros y sont installés (au milieu, à gauche et à droite de la scène) pour lui permettre de montrer ses talents à tout le public. Il interagit beaucoup avec ses fans, brandissant notamment le drapeau réalisé par eux, ou donnant de l’eau à ceux du premier rang vers la fin avant de faire appel à son équipe pour s’en occuper.

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Etant plus guitariste que chanteur, une partie de ses morceaux est instrumentale, comme cette reprise du thème de la série Mission : Impossible :

Ils sont aussi relativement courts, autour de 2mn30 comme dans le bon vieux temps des 45 tours. C’est qu’il s’agite pas mal en même temps. Sur cet autre morceau, a priori pas encore sorti en disque, il laisse chanter sa femme, Melody, avec qui il l’a composé : Where home is :

Son style actuel est essentiellement rock, mâtiné d’influences US tellement bien digérées que ses récentes compositions passeraient en radio sans que le grand public puisse déceler que ce n’est pas un artiste américain à moins de voir les clips. Témoin ce titre fédérateur, tiré de son avant-dernier album du même nom, sorti en 2015 :

The Others :

Ce qui m’a amusée, c’est qu’il a fini par deux titres en japonais, et que le temps de me dire « Ah tiens, il passe au japonais », j’ai entendu la foule hurler avec autant d’enthousiasme que quand Bill de Tokio Hotel avait chanté Durch den Monsun en allemand, un peu plus tôt dans l’année… Vu que leur évolution (visuelle et auditive) est également parallèle, les fandoms changent mais il y a des choses qui sont les mêmes.

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Je me demande ce qu’il a pu voir pour faire cette tête

Portrait de fan (12) : le coq de basse-cour

« Ils travaillent tout comme les castors ni avec leur mains ni avec leurs… pieds »

Les Playboys – Jacques Dutronc

Description

Ce spécimen se rencontre dans les fandoms composés à 90% ou plus de fans féminins. Il part du principe qu’être l’un des rares mâles présents dans le milieu suffit à le rendre important. Et ce d’autant plus s’il s’agit d’un fandom de musique, car tout le monde sait que les femmes écoutent et jugent la musique avec les ovaires, alors que les hommes, eux, s’y connaissent (le gène de la science infuse en théorie musicale se trouvant sur le chromosome Y, coincé entre celui des compétences en mécanique et celui d’expert en football).

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Vous croyez que j’exagère? Sur un forum dont j’étais l’administratrice, l’un d’eux, arrivé récemment, qui postait très peu, pas très bien, et admettait n’avoir que peu de temps à passer sur le forum, m’a demandé de le nommer modérateur du forum, « en tant que seul membre masculin ». Texto.

Je ne sais pas sur quels critères les autres forums choisissent leurs modérateurs, mais la possession ou pas d’un pénis n’entre pas en ligne de compte, ce n’est pas avec ça qu’on tape sur le clavier. Je privilégie 1) une disponibilité qui leur permette d’être utile, 2) la confiance que je leur fais sur la base de leurs interventions passée, et 3) un bon jugement des gens et des situations.

Or le spécimen ne possédait aucune des qualités pré-citées, et n’en faisait pas mystère. Il a présenté la chose comme si ses attributs étaient une raison suffisante pour obtenir son galon de modérateur, alors qu’il n’aurait pas eu le temps de tenir le rôle. Ce qui, en soi, est un excellent indice qu’il n’est pas fait pour ça : d’expérience, les pires modérateurs sont ceux qui ont demandé à l’être.

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Dans le même genre, il y avait ce fan de James Marsters et habitué des conventions Buffy, qui estimait avoir droit à des privilèges dus à son statut de mâle. Par exemple, il exigeait de pouvoir poser plusieurs questions au Q&A, là où tous les autres n’avaient le droit qu’à une seule. Dans une file d’attente, convié à se déplacer par une jeune femme chargée de l’organisation pour ne pas bloquer les sorties de se secours, il lui a répondu que « ce n’était pas une nana qui allait lui donner des ordres ». Sic.

Certes, ce sont là des cas particuliers. Tous les fans masculins ne sont pas des cuistres, loin de là. Mais il semble que certains, plongés dans un environnement plutôt féminin, se sentent obligés d’en rajouter dans le machisme primaire. Peut-être pour prouver que ce n’est pas parce qu’ils aiment un groupe / une série plutôt suivi par des filles qu’ils sont moins masculins pour autant. Ou bien peut-être choisissent-ils d’être actifs dans ce réseau parce qu’ils peuvent y sortir du lot par le simple fait d’avoir un chromosome Y, faute de pouvoir se distinguer ailleurs par leurs qualités humaines.

Comme pour les BNFs, si ces comportements perdurent, c’est entre autres parce qu’il se trouve assez de gens qui les encouragent pour que cela donne des résultats. Dans ce cas précis, beaucoup de fans du genre féminin entourent d’attentions particulières tout spécimen mâle, qu’il soit ou pas pourvu de qualités propres. Quand il l’est, ça se comprend : les fans ne sont pas asexués, et un concert ou une convention est un lieu de rencontre comme un autre. Mais dans le cas du macho malpoli de mon 2e exemple, il y a de quoi se poser des questions.

Et quand j’ai parlé à des membres assidues de mon forum de la demande du 1er exemple, elles ont pris sa défense et conclu que j’avais un problème avec les mecs (enfin, celles qui, je l’ai su plus tard, communiquaient avec lui via MP hors forum. Ah ben oui mais moi tout ce que je connaissais de lui, c’était ses 3 posts sur le forum… Je ne lis pas dans les pensées). Non, j’ai un problème avec les gens qui demandent à être nommés à des responsabilités comme si c’était juste une médaille du mérite, alors qu’ils n’ont même pas l’intention de faire le travail qui va avec. J’ai aussi un problème avec les gens qui ne se définissent que par leur genre. Si tu ne te considères pas d’abord comme un être humain doté de tout un tas de caractéristiques, dont le genre, il y a des chances que tu traites les autres aussi uniquement sur la base de ce qu’ils ont dans le slip.

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Il semble aussi que certaines femmes aient intégré le sous-entendu négatif qu’une fan compte moins qu’un fan pour la crédibilité d’un groupe, au point qu’elles se sentent valorisées par le fait que leur fandom compte aussi des hommes. En tout cas, un fan (de sexe masculin donc) aura plus de chances de pouvoir discuter d’égal à égal avec un musicien qu’une fan. La fan est toujours soupçonnée de pouvoir virer à l’érotomane hystérique, et de n’être là que pour le glamour. Elle ne sera généralement autorisée à s’approcher que si elle est jolie et que le musicien a besoin qu’on flatte son ego (ou une certaine partie de son anatomie). A moins qu’elle ait quelque crédibilité artistique de son côté – si elle fait elle-même partie d’un groupe ou joue d’un instrument. Busty, elle-même critique musicale, souligne bien le phénomène dans son livre « Groupies! ». Rien de plus qualifiant pour avoir droit au chapitre en coulisses que de maîtriser soi-même un symbole phallique par excellence : la guitare, le micro, à défaut le stylo.

Le pendant féminin du coq de basse-cour se rencontre dans les fandoms plutôt masculins comme les comics, ou les passe-temps comme les jeux de rôle ou les jeux vidéos – encore que le public de ceux-ci soit devenu largement plus mixte depuis une dizaine d’années. Pour citer une geekette interrogée dans le documentaire « Suck my geek »[1], « on peut être féminine et poutrer du zombie ». Cela leur vaut une certaine attention de la part des joueurs et fans mâles, et certaines en jouent – et voient d’un mauvais oeil l’arrivée d’une concurrente. Etant peu présente dans ce type de fandoms, j’ai du mal à estimer l’ampleur du phénomène.

Les poules de basse-cour se rencontrent aussi (voire plus) dans les fandoms féminins, d’après mon expérience, où il y a émulation des tendances girly. Mais dans ce cas, il n’y a plus cet aspect « je suis le seul représentant du sexe opposé dans le groupe et j’ai donc droit à un traitement spécial de ce fait ».

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Archétype

Pas encore traité dans la fiction à ma connaissance.

Avantages

Met en valeur les fans civilisés.

Dangerosité

Tendance à se croire irrésistible, et peut-être même tout permis.

Phrase fétiche

« En tant que mec, … »

[1] Documentaire de Tristan Schulmann et Xavier Sayanoff sur la culture geek

Café Musée : le Bar Museo du Suermondt-Ludwig, Aix-la-Chapelle

Le musée Suermondt-Ludwig

Le musée Suermondt-Ludwig d’Aix-la-Chapelle est conçu autour, d’une part, de la collection de Barthold Suermondt, léguée à la ville en son temps, et d’autre part, à une donation des époux Peter et Irene Ludwig, propriétaires de la firme chocolatière Trumpf. Il est installé dans une ancienne villa bourgeoise de style néo-Renaissance, la villa Cassalette, étendue en plusieurs fois en construisant sur l’ancien jardin d’hiver et en ajoutant des extensions. Le résultat est une architecture biscornue où, sans plan, on n’est pas sûr d’avoir tout vu.
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Les collections comportent beaucoup (trop) d’art religieux, de peintures diverses.  Ce n’est pas ce que je préfère, même s’ils ont de belles pièces (à mes yeux), comme des statues en bois de Tilman Heysacker décorant jadis des églises, ou un curieux diptyque d’Adam et Eve où le serpent tentateur est une femme… Lilith?
L’étage du 19 et 20e siècle est accessible, d’après le panneau en bas de l’escalier, « si le nombre de visiteurs le permet ». Oui, et alors, il le permet?… Ca veut dire qu’il faut être au moins 10 à demander ou qu’il n’y ait personne dans les autres salles? On ne saura jamais.

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J’ai préféré le « cabinet de curiosités », où est entassé « le reste », à la façon de ce qui se faisait dans les demeures des fortunés il y a quelques siècles. Hélas pas très bien mis en valeur, donc, ce qui est bien dommage car il y a plus de variété dans cette seule salle que dans tout le reste du musée. Dont une petite vitrine d’inro, stuba et autres trucs japonais (mais pas de netsuke).
La plupart des descriptifs sont écrits en allemand et anglais, ce qui est déjà bien. Si vous voyagez, il va falloir apprendre une langue en plus du français, hein. Un petit effort.
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Stuba, etc

Ce week-end là, le musée présentait en outre « Blut und Tränen » une exposition temporaire sur Albert Bouts, artiste du 15e siècle dont l’atelier était spécialisé dans la production d’art religieux pour les particuliers. D’où une salle entière de portraits de Jésus et Marie (dont un, au format rond, prêté par le Metropolitan Museum de New York). Ainsi qu’une étrange vidéo de Bill Viola montrant une allégorie du Christ sortant du tombeau : a study in emergence.

Le Bar Museo

Après la culture, la confiture, avec le Bar Museo. Il est installé dans un espace jouxtant le musée et communiquant via un meuble qui sert à la fois de bar au café et d’accueil du musée. Très joli travail d’architecture intérieure aussi avec la petite mezzanine « flottante » desservie par un bel escalier sur mesure. Les murs étaient décorés d’une exposition temporaire des peintures de Béatrice von Hanstein. L’espace sert aussi de boutique du musée, mais les articles en sont à payer à l’accueil.
Au menu, pas grand choix en ce week-end de Pâques où les Allemands restent chez eux. Mais on a fait honneur au cream cake aux cerises et au cappuccino. Une formule Kaffee Kuchen (café gâteau) à 4 eur, la Parisienne pleure.

Informations pratiques

Musée Suermondt-Ludwig
Wilhelmstraße 18, Aix-la-Chapelle
Horaires :
Du mardi au dimanche, de 10h à 17h
Tarif : 6 Eur, gratuite jusqu’à 21 ans

L’Art ou la cuistre : démocratisons la culture.

J’aime bien les musées. Parce que j’aime les belles choses, le calme, et faute d’avoir les moyens de Bernard Arnault, c’est le meilleur moyen pour moi de m’en entourer.

Parfois, j’ai l’impression de devoir m’excuser d’aller voir des expositions, pour ne pas faire snob, ou, depuis que c’est devenu le loisir branché du Parisien, bobo. Les snobobos, comme les bonobos, se lèchent le cul pour entretenir le lien social, mais surtout au figuré.

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Musée Gustave Moreau

Et souvent les gens semblent se sentir obligés de s’excuser de ne pas le faire, « J’aimerais bien aller dans les musées mais je n’y connais rien ». On ne demande pas un diplôme en histoire de l’art à l’entrée, hein. L’art c’est comme le vélo, les maths, les langues ou le bricolage : personne ne naît avec la science infuse. On peut avoir une inclination (on dirait plutôt une appétence maintenant… Jargon quand tu nous tiens) naturelle pour ça, une meilleure mémoire que d’autres, ou un environnement qui facilite l’accès à la connaissance. Mais après, c’est comme le loto : 100% des connaisseurs en art ont commencé sans rien y connaître. Et comme le loto, ce ne pas parce que tu -joues- visites des expos que tu gagnes deviens un expert.

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Musée Guimet

Mais je ne peux pas entièrement les blâmer de cette timidité: c’est sociétal (pour encore utiliser du jargon) en France. On a fait de la culture un concept élitiste. Évidemment, c’est plus facile de s’éveiller à l’amour de l’art quand on naît dans une résidence cossue aux murs décorés de portraits de famille signés de grands peintre, décorés à grands frais avec des meubles design qui ne sont même pas des copies, dans un quartier où on trouve galeries d’art, musées et librairies, plutôt que dans une banlieue grise où le dernier représentant de la culture a disparu avec la fermeture du dernier vidéo-club.

Ça ne s’arrange pas avec le fait que sous couvert de répandre la culture, on essaie surtout de pousser en avant des initiatives d’art contemporain inepte.

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Gaston Lagaffe au centre Georges Pompidou

Logique : avec ce snobisme français, dès qu’un artiste reconnu devient un peu trop connu de la plèbe, c’est suspect. Si le grand public arrive à y trouver un intérêt, c’est que l’artiste a raté son but et n’est pas assez pointu. Témoin ce directeur de musée disant devant la caméra d’Arte : « Il faut se méfier du beau en art ».

Les bras m’en sont tombés. C’est curieux comme les artistes et les gens qui travaillent dans cette branche éprouvent le besoin de donner à leur travail un sens qui va au-delà d’embellir le monde et d’apporter joie et sérénité à ceux qui les regardent. Ce n’est pas assez noble, apparemment, alors il faut faire politique, philosophique, et « expliquer le monde ». De niveau « la guerre c’est moche, la pauvreté c’est triste et ça existe, la pub et le capitalisme c’est vilain » (ce dernier message vendu sur des magnets à 10 eur à coller sur votre frigo, fabriqués en Chine par des enfants).

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Palais Rohan – Barye

Je répondrai volontiers au distingué interviewé qu’il faut aussi se méfier du laid. C’est dingue comme il suffit de faire moche pour paraître transgressif et créatif. J’en ai vu, des tas de déchets sortis d’une poubelle étalés par terre (littéralement) dans des musées d’art contemporain. Ça se fait en 10 minutes, aucune technique requise, et c’est porté aux nues pendant que les gens qui ont le malheur d’avoir appris leur boulot sont méprisés parce qu’ils sont « académiques ». Si si, je vous jure. J’ai entendu qu’il n’y avait plus de cours d’anatomie aux Beaux-arts.

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Ceci est une oeuvre d’art. Il paraît.

Voyez Picasso. Dans une exposition sur la Méditerranée, j’ai vu un de ses tableaux de jeunesse, à l’époque où il peignait encore dans un style figuratif classique. De petit format, il se détachait nettement des autres dans la salle, qui pourtant représentaient également des paysages méditerranéens. Ça doit être ça, le talent, ou l’inspiration. Savoir magnifier une technique et se l’approprier pour en faire quelque chose de plus que le voisin.

Mais ce tableau ne figure pas parmi ses oeuvres les plus discutées. Je ne l’ai même pas retrouvé dans Google Images (il faut dire que je n’avais pas noté son titre, s’il en a un). Pas assez original sans doute. Je soupçonne fortement, depuis, que c’est parce que son art « académique » ne lui valait pas assez de commandes ni de reconnaissance que Picasso s’est tourné vers des styles iconoclastes comme le cubisme.

Plus facile, plus rapide, plus rentable est le côté obscur de l’art contemporain. Pourquoi se fatiguer à apprendre les gestes de l’artiste, quand vous pouvez balancer trois taches sur une toile et écrire un galimatias d’intentions pour expliquer en quoi votre oeuvre est une critique de la société, une représentation holistique de l’individualisme aliénant face au sacerdoce exacerbé du capitalisme? (en gros)

Le saviez-tu? Une étude statistique a révélé qu’en terme de peinture, ce qui obtenait la faveur du plus grand nombre, c’était les paysages verdoyants avec soleil couchant et famille heureuse. Le comble du niais, donc, qui n’aura plus les faveurs des critiques. Oui, mais ça met du baume au coeur.

Portrait de fan (11) : Le BNF ou fan « famous » (célèbre)

« On the step outside you stand

With your flowers in your hand, my apple scruffs »

Apple ScruffsGeorge Harrison

Description

Le BNF est un fan narcissique qui a réussi – en tout cas à devenir quelqu’un parmi les fans. BNF est l’acronyme de Big Name Fan, un fan dont le nom (ou le pseudo) est connu, en général des autres fans, et parfois même des artistes. On les appelle plutôt des fans « famous » en français, si je puis dire vu que le terme est la traduction anglaise de célèbre. Suivant le type de fandom (musique, bande dessinée…), ils peuvent avoir d’autres noms, comme la mafia du 1er rang, les habitués…

Ce sont les gens qui ont accès à des informations que les autres n’ont pas (par relations dans les médias, avec les artistes ou leur entourage), ou les auteurs de fiction les plus prolifiques et les plus recommandés, ou les artistes les plus doués – ou les plus suivis…. Car tout comme les professionnels du spectacle, ce n’est pas le talent seul qui dicte la popularité. Le réseau et l’adéquation avec les attentes du public comptent tout autant.

Se faire reconnaître et immortaliser, au mieux par les artistes eux-mêmes, mais au moins par les fans, voilà le rêve de la plupart des BNF. En fait, ce sont souvent les fans qui ont employé avec succès certaines des recettes du chapitre « 10 façons de devenir populaire dans le fandom ». Mais les BNFs n’ont pas tous atteint leur statut par arrivisme et par un choix judicieux du sujet à la mode.

Dans l’ensemble, ils sont réellement passionnés par leur sujet. J’ai croisé plus d’une innocente auteur de fan-fic ou de fan-art dépassée devant la ferveur de ses lecteurs, et mal à l’aise en découvrant ce que ceux-ci sont prêts à faire pour se rapprocher d’elle. Parfois, c’est un simple concours de circonstance. Ainsi Lola, fan des 2B3, était reconnue des autres fans du groupe d’après son tatouage en l’honneur de Filip, après que celui-ci en ait parlé à la radio. Cela ne va pas sans risques : elle raconte [1] que des fans jaloux avaient même envoyé des lettres d’insultes au groupe en son nom, avec ses coordonnées, afin de lui nuire. C’est le revers de la médaille : toute montée vers la gloire, fut-elle futile et limitée, entraîne toujours à la fois l’admiration de certains et la rancœur d’autres.

Ecole des fans

D’autres au contraire, bien que tombés là par hasard, y découvrent un soutien inattendu qui leur permet de prendre confiance en leurs capacités. Ils peuvent vite se prendre au jeu de leur propre importance, flattés par des admirateurs d’autant plus fervents, semble-t-il, que le public est limité. Le succès monte facilement à la tête, et les amateurs n’échappent pas à la règle.

C’est que les artistes qui sont à l’origine du fandom sont en général inaccessibles : ceux qui sont sur scène et qui ont des millions de fans, ou ceux qu’on ne voit qu’à travers un écran de télévision ou de cinéma. En dehors d’envoyer un tweet ou une lettre au fan-club comme une bouteille à la mer, ou d’une séance de dédicaces, il est rare de pouvoir échanger avec eux. Les BNFs, par contre, fréquentent les mêmes forums et les mêmes lieux que les autres fans. On peut donc leur parler, et même devenir (plus ou moins) ami avec. C’est plus valorisant.

D’autres, par contre, cultivent ce statut à dessein, par des jeux de pouvoir et d’intrigues dignes des couloirs de la présidence. Ils peuvent devenir tout aussi manipulateurs et suffisants que s’ils étaient eux-mêmes le sujet principal du fandom – ce qu’ils en viennent parfois à croire. Le plus désolant, à mon sens, est le nombre effarant de personnes qui adhèrent à ces comportements, flattant leurs instincts pour se rapprocher de ces substituts de vedette. C’est ce qui permet aux BNFs de prospérer, soutenues par des lieutenants prêts à tout pour profiter des miettes de leur pouvoir.

La grande majorité des autres membres n’osera rien dire, de peur de se faire déchiqueter virtuellement sur les forums ou de se voir privé d’informations. En particulier, les fans moins acharnés éviteront généralement de s’y frotter en bien ou en mal, tout simplement parce que eh, il faut arrêter, ce n’est qu’un fandom après tout, on ne va pas se lancer dans des guéguerres de tranchées juste pour ça, on n’est plus à la maternelle…

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Archétype

Les Apple Scruffs de la chanson en exergue sont peut-être le must de ce que peut espérer une BNF : il s’agit d’un groupe de jeunes femmes, fans des Beatles, qui passait des heures et des jours devant les maisons des membres du groupe. Ceux-ci ont écrit non pas une, mais deux chansons à leur sujet : celle-ci, de George Harrison en solo, et en tant que groupe, She Came In Through The Bathroom Window. Comble du chic : le magazine Rolling Stone leur a même consacré un article en 2014. Plus d’informations sur cet article du blog de Richard Oliff.

Avantages

La productivité à l’origine de son statut, pour les artistes et compilateurs d’information.

Dangerosité

La plupart des BNFs sont, en eux-mêmes, moins enclins à nuire que leur entourage. En revanche, ils font souvent l’objet d’un culte de la part d’autres fans, qui les défendent bec et ongles à la moindre once de tentative de désaccord avec leur gourou.

Phrase fétiche

Aucune, ce n’est pas la phrase qui fait le BNF, c’est le ton péremptoire et je-sais-tout.

[1] Eliane Girard et Brigitte Kernel, Fan attitude, Librio, 2002

Carnet de comptoir : amitié toxique

Conversation de café entre deux amies, une jeune l’autre moins.

Alors que jusqu’ici le ton était feutré, la jeune « On dirait que tu me juges parce que je n’aurais pas pris de tes nouvelles, alors qu’on est là, je t’ai appelée. »

La vieille : « Oui ben tu ne t’intéresses pas vraiment aux gens ».

« Attend, et le nombre de fois où je t’ai proposé de sortir? Ne dis pas que je n’ai jamais pris de nouvelles, c’est pas ma faute si tu refusais à chaque fois. »

« Eh ben peut-être que j’aurais préféré sortir! Mais je ne pouvais pas. » Suit une explication indistincte à base de dépression, dont apparemment elle vient seulement de parler à la Jeune ce jour.

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La Jeune : « Alors ne me reproche pas de ne jamais avoir appelé! Si à chaque fois que je te propose de sortir tu m’envoie balader, au bout d’un moment je me dis que tu n’as pas envie. Et tu ne m’as jamais appelé non plus, alors ne me dis pas que c’est moi qui m’en fiche. »

Vieille : « Tu aurais aimé que je t’appelle? » (d’un ton agressif comme si la réponse négative allait de soi)

Jeune (visiblement bouleversée, en rassemblant ses affaires) : « Oui, c’est ce qui se fait, entre amies! ».

Elle se lève et s’en va, les larmes aux yeux. Syndrome du « Si je reste, je vais balancer des trucs encore plus vaches et je veux ménager la personne ».

Vieille se lève à son tour, en prenant son temps. Aux quelques clients qui ont assisté à la scène, elle adresse un sourire narquois style « Oh la la y a des gens qui réagissent bizarrement » et dit à personne en particulier, d’un air satisfait : « Il y a des choses qui doivent être dites ».

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Oui. Il y a des choses que je t’aurais bien dit, en l’occurrence, bien qu’on ne se connaisse pas. Quand on n’a qu’un aperçu de 5 minutes d’une histoire, c’est dur de prendre parti.

Ceci étant dit, je vais le faire quand même, parce que ça me rappelle des choses.

Primo, et info : si quand on t’appelle, tu ne dis rien et tu ne veux voir personne, on ne va pas se pointer chez toi avec du sérum de vérité pour te faire parler. Il y a des gens qui ont besoin d’espace. Et les êtres humains ne sont pas télépathes.

Secundo, c’est vrai qu’avec la vie de tous les jours, le temps passe vite et il est compliqué de rester en contact. Mais si c’est toujours l’autre qui fait la démarche d’appeler, et qu’en plus quand elle le fait tu refuses de la voir, tu es très mal placée pour lui reprocher de ne pas se soucier de toi.

Tertio, des deux, il y en a une qui a l’air de prendre ça plus à coeur que l’autre, et ce n’est pas toi.

Quatro, j’espère pour la jeune qu’elle va arrêter de se fatiguer à essayer d’être ton amie, vu que tu sembles faire partie de cette catégorie de gens qui estiment que tout leur est dû et qu’il faut les entourer de mille attentions, alors qu’eux ne font jamais d’efforts. Casse-toi pauvre conne.

Je regrette un peu de ne pas avoir pu signifier ma compassion à la jeune.

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Elections, abstentionnisme et psychologie élémentaire

Hier, j’ai voté, fait mes courses, fait diverses corvées ménagères et joué à Pokemon Go et Sailor Moon. Je vous laisse deviner quelle activité m’a paru la plus dénuée de sens.

J’ai voté et je ne vois pas de quoi me vanter. Vu que j’ai aussi peu de foi en les électeurs que les candidats. Donc sauf si Klaatu débarque et réclame le gouvernement de la planète (quoique personnellement, je préfèrerais le Patricien)… le résultat devait forcément me décevoir.

J’ai voté, en traînant les pieds, pour quelqu’un en qui je ne crois pas vraiment mais ce n’est pas bien grave parce que je savais qu’il ne serait pas au second tour. C’est ce qu’on appelle un vote de protestation.

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Jeremy Irons incarnait le Patricien dans The Colour of Magic

Je n’ai quasiment pas suivi les médias hier, parce que je savais qu’ils allaient passer la journée à nous soûler de remplissage, n’ayant ni infos ni le droit de donner celles qu’ils ont. Palme du foutage de gueule à cette émission télé du matin où on nous a doctement expliqué que ça ne servait à rien d’essayer d’avoir des infos par les réseaux sociaux (le fameux hashtag #radioLondres de Twitter), parce que « non mais c’est impossible d’avoir des résultats avant la fermeture des bureaux de vote puisqu’aucun bulletin ne sera ouvert avant », et « les sociétés de sondage se sont engagés à ne réaliser aucun sondage de sortie des urnes ». Les sociétés de sondage opérant pour les médias français, non? Pas sûr que les médias étrangers se soucient des petites bizarreries du CSA.

C’est drôle et pathétique, cette tentative des médias officiels français de tenter de décrédibiliser les réseaux sociaux et les médias étrangers qui auraient des infos avant eux. « Mais euh! C’est à nous de l’annoncer euh! Restez sur nos chaînes à écouter nos experts sortis de la naphtaline vous endormir pendant 3h de bouche-trou et de suppositions dignes du Café du Commerce ».

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Vetinari dessiné par Paul Kidby

Sinon aussi, sur les réseaux sociaux, donc, entre deux « a voté » avec photo de l’enveloppe, de la carte d’électeur, voire du bulletin, il y avait tous les appels morigénateurs à ne pas céder au premier tour à la sirène de l’abstentionnisme, qui est bien sûr faire le lit de la bête immonde machin bidule.

Je ne suis pas abstentionniste, mais je les comprends. Ce ne sont pas eux qui nous ont foutu dans la merde où on est. Ce sont les politiciens que vous voulez qu’on cautionne à nouveau en votant pour eux.

Alors le discours « Si vous ne votez pas, vous n’aurez pas le droit de vous plaindre »? Mais voter blanc, C’EST se plaindre. Le fait que le vote blanc ne soit compté que comme une abstention est uniquement une façon pour ces putains de couillons incompétents en col blanc qui tiennent les partis de nier le plus longtemps possible à quel point ils sont peu légitimes. Si vous votez pour eux, vous pouvez fermer vos mouilles, par contre, ça nous fera des vacances.

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J’ai voté presque à toutes les élections depuis que je suis en âge de le faire, mais il me semble qu’il y en a une où j’ai jeté l’éponge. Ca me faisait trop mal aux fesses de perdre une demi-heure de ma journée à faire la queue pour voter dans un scrutin joué d’avance, alors que même si « mon » candidat était élu, ça m’aurait fait suer presque autant que de voir gagner son concurrent, donné largement en tête.

Et à chaque fois, rétrospectivement, j’ai eu l’impression de l’avoir eu dans l’os. Ou autres chose.

Au deuxième tour ici, je vais forcément aller voter, mais croyez-moi : ça me fait mal aux fesses. Parce que le socialiste de droite, je le sens mal (ça me fait toujours bizarre quand ils parlent de lui en le présentant comme étant de gauche. Non mais sérieusement).

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Mais bon, déjà, si le parti qu’il ne faut pas nommer gagne, ce ne sera pas la faute des gens qui n’ont pas voulu choisir entre la peste brune et le choléra en costard. Ce sera dans l’ordre la faute :

  • des politiques traditionnels qui se sont totalement décrédibilisés à force d’être incapables d’empêcher la situation des classes moyennes et pauvres d’empirer année après année (non qu’ils essaient bien fort, remarquez), ET en piochant dans la caisse de façon tellement éhontée qu’ils sont tout étonnés quand des fois ils se font gauler la main dans la boîte à gâteaux.
  • des gens qui votent pour le dit parti, donc.
  • de ceux qui pourraient voter pour l’autre candidat.

Et méfiez-vous avec les discours moralisateurs : à force de gonfler les gens, vous pourriez motiver des abstentionnistes à aller voter pour le parti que vous conspuez… Ce serait ballot(age).

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10 façons de devenir populaire dans un fandom

Un interlude dans ma série de portraits de fans, pour un article mentionné dans le prochain et qu’il vaut donc mieux poster avant pour que ça ait du sens. (ça c’est de l’organisation!)

  1. Ne lésinez pas sur les démonstrations d’affection sur Internet.

Ca ne vous coûte pas grand-chose d’ajouter un tas de smileys, de petits mots gentils, de « xoxoxo » (xo représente un bisou)à vos messages et d’y citer d’autres fans (name-dropping, version entre fans), mais ça donne le sentiment que vous êtes une personne gentille et sociable qui a plein d’amis. Vous pouvez être le pire connard ou la peste la plus arrogante et la plus égoïste en vrai, ce sera difficile de le prouver à ceux qui ne vous connaissent que par pointillés comme étant si agréable. C’est aussi beaucoup plus facile à simuler en ligne que dans la vraie vie.

Les bisounours

  1. Soyez productif.

Montez des vidéos, des images, dessinez ou écrivez des fan-fictions, et postez-les sur les sites en vue. Vos créations n’ont même pas à être très bonnes (même si ça aide) : quand les fans s’ennuient, ils regardent tout ce qui leur tombe sous la main qui a un rapport avec le fandom. Si vous leur donnez une dose régulière, ça causera l’accoutumance et créera un public. Surtout, cela deviendra quelque chose qu’ils attendent de vous, et c’est là que le pouvoir repose. Evidemment, puisqu’on parle de fandom et d’Internet, le pouvoir en question n’ira pas bien loin, mais c’est une clé pour obtenir des faveurs.

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L’oeil, la paille, la poutre et le mascara 

Je suite retombée sur ce vieil article totalement dénué de données chiffrées utiles du Huffington Post, sur le fait que les gens (hommes et femmes confondus) préfèrent les femmes avec 40% de moins de maquillage qu’ils ne pensent que le reste du monde ne les préfère (si ce n’est pas clair, vous pouvez survoler l’article).
C’est marrant, parce que si je peux ajouter mes propres statistiques au doigt mouillé sur la différence entre les attitudes des gens (et en particulier des hommes) quand je suis maquillée ou quand je ne le suis pas : MOUAHAAHAAHAAAA.
Charlize Theron jadore dior_s

Et pourtant ils l’ont recouverte d’or et photoshoppée

Donc de deux choses l’une :
– quand tu as la plastique de Charlize Théron (ci-dessus), le genre à la silhouette élancée et au visage féminin, de préférence grande, effectivement le maquillage est optionnel parce que de toute façon on va te manger dans la main.
– dans tout autre cas, « moins de maquillage » ne veut pas dire « pas de maquillage ». Ca veut seulement dire de ne pas se maquiller comme une dame de la rue Saint-Denis (avec tout le respect dû à leur profession, car dans leur cas il s’agit d’indiquer qu’elles ne sont pas là pour attendre le bus, puisque le racolage est interdit). Entre les deux, il y a une grosse marge. Une très très grosse marge.
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Cette image décrit parfaitement ce que je voulais raconter. Merci Alexandra Dal.

 

Cad que si tu es de sexe féminin et que tu as un physique banal voire moins, tu as plutôt intérêt à être maquillée un minimum pour être bien considérée, du moins au travail ou dans les magasins. J’ai testé pour vous :
– en milieu professionnel burolier, surtout si on ne fait pas son âge, un maquillage (discret) augmente votre crédibilité de 50%, à la louche, au même titre que des vêtements « classe mais sobres » ou l’inverse.
Ce conseil ne s’applique pas forcément si vous êtes visseuse-fraiseuse dans le BTP, ou, à l’inverse, esthéticienne ou hôtesse d’accueil, où il faudra plutôt faire un peu moins discret et naturel, et plus Barbie.
panda mascara
Et le sondage ne doit pas tenir compte du fait que les gens mentent pour éviter de passer pour superficiels. D’où le « moins de maquillage qu’ils ne pensent que les autres gens ,’aiment ça ». Special snowflake syndrome généralisé.
En fait, le maquillage voyant fait partie des « marqueurs » que les hommes (et certaines femmes) traduisent par « sexuellement disponible ». Dans leur cerveau sub-pelvien*, cela correspond à « attirante », puisque le dit cerveau a tendance à filtrer pour exclure les femmes avec qui ils n’ont aucune chance aussi bien que celles avec lesquelles ils craignent de ne pas s’éclater au lit.
Comme le disait un auteur beau gosse à une collègue qui s’étonnait de le voir flirter avec ses fans enamourées de format kawaineko98 ((C) Boulet) : « Si c’est pour baiser avec une frustrée jolie, j’ai ma copine. Les boudins, elles sont tellement contentes que tu peux tout leur faire ». (Grand Prix de l’Elégance au salon Du Sang et des Tripes, festival de littérature horrifique et de la charcuterie de Trifouilly-en-Limousin).
C’est marrant, je me demande d’un seul coup si ma fascination pour les palaces ne date pas d’avant ma traque de Tokio Hotel, finalement…
C’est plutôt, à l’inverse, un marqueur négatif en milieu professionnel (sauf donc pour les péripatéticiennes et actrices de porno). Connoté « pas sérieuse », possiblement fouteuse de merde. Si un patron vous recrute alors que vous êtes en mode cagole, c’est soit que c’est une personne ouverte d’esprit qui a su déceler votre sérieux, soit et plus probablement qu’il compte en profiter.
Alors oui, c’est navrant, ça ne devrait pas être le cas, et dieux merci ça évolue petit à petit et tout le monde ne juge pas là-dessus. Je me borne à vous raconter ce que j’ai observé et que j’ai appris sur le tas. A vous de voir si vous préférez galérer plus au nom de vos principes. Moi j’ai laissé tomber pour un compromis.
*façon polie de dire « quand ils pensent avec leur bite »

J’ai 25 ans, je ne veux pas d’enfants et tout va bien, merci.

Puisque c’est le jour des oeufs… c’est comme si je l’avais écrit ! (Avec moins de grossièretés et un âge différent)

La sociophobe

J’ai 25 ans et je ne veux pas d’enfants. « Toujours pas ? », les gens me demandent avec un air interloqué. Puis, ils ajoutent : « ça viendra », pour me rassurer, mais aussi et surtout pour se rassurer. Rejeter la maternité, c’est violer la norme. Rejeter la maternité, c’est mépriser le bonheur supposé de ceux avec qui nous partageons notre vie quotidienne. Rejeter la maternité, ce n’est pas normal. Ne pas être mère, ne pas le vouloir, est considéré comme une transgression. Et toi, ça va sinon ? Moi ça va très bien, je vous assure. Et même si l’on suppose à celle qui ne veut pas enfanter un passif douloureux ou une défaillance physique, croyez-moi, ça va on ne peut mieux. Ne pas vouloir être mère ne relève pas nécessairement d’un traumatisme ou d’une soif de révolte.  Tout le monde peut s’octroyer le droit de ne pas rendre la vie…

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