Exposition : Architecture Japonaise, Gare de l’Est

Depuis plusieurs années, le service Gares et Connexion de la SNCF tente d’égayer les espaces de transport avec des activités culturelles.

Après les concerts de midi de la Gare Montparnasse jusqu’à 2015, l’extension de l’expo Gus Van Sant à la Gare de Lyon l’an dernier, et les diverses expositions de la gare de l’Est sur l’Allemagne ou la Grande Guerre, c’est encore cette même Gare de l’Est qui orne ses grilles de belles photos d’architecture.

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Le prétexte en est la Saison Japonaise au centre Pompidou de Metz (desservi depuis cette gare). Et en particulier l’exposition sur l’architecture japonaise, qui, si vous m’excusez ce cliché, dégage le zen et le dépouillement souvent associé à cette culture.

Ça repose agréablement les yeux, dans ce quartier pas particulièrement photogénique.

L’exposition, gratuite, est visible du 9 septembre 2017 au  janvier 2018, à peu près aux mêmes dates donc que l’exposition de Metz sur l’architecture japonaise (qui sera suivie par une sur la création contemporaine au Japon).

Journées du Patrimoine (2) : Hôtels d’Estrées, de Villeroy, de Castries, de Clermont… ministères et ambassades

Retour tardif sur les Journées du Patrimoine : le samedi de ce week-end d’exception, j’avais visité la fort luxueuse Agence Centrale de la Société Générale. Le jour d’après, je dirige mes pas vers les quartiers chics de la rive gauche.

Je commence par l’Hôtel d’Estrées, rue de Grenelle, résidence de l’Ambassadeur de Russie. Il n’y avait pas la queue à l’entrée, juste 1 ou 2 personnes le temps de passer le portique de sécurité. Dans la cour, une très jolie véranda de dentelle de métal blanche. Une fois dedans, il fallait patienter un peu pour circuler de pièce en pièce, mais ça restait à peu près fluide en laissant le temps d’admirer les pièces. Le bâtiment fait riche au début, mais en regardant de plus près, on réalise que les lustres n’ont plus beaucoup de cristal, beaucoup de pampilles ont été remplacées par du plastique, j’ai l’impression. Comparé aux bâtiments des ministères vus ensuite, ça fait un peu vide et « ancienne gloire ». A l’étage du haut, des explications étaient données par un guide assez drôle, et agréablement surpris de l’affluence.

Hôtel d’Estrées :

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Bonne idée: en plus de la simple visite des salles d’apparat, les organisateurs avaient d’une part ajouté quelques feuilles expliquant qui étaient les illustres personnages sur les peintures et sculptures (Alexandre II et III, Nicolas II), ainsi que leurs liens avec la France. D’autre part, une exposition temporaire rendait honneur aux Russes installés en France qui avait lutté contre les nazis durant la Seconde Guerre Mondiale, dans la résistance ou avec le Général de Gaulle. Une manière de rappeler qu’il fut un temps où les rapports diplomatiques entre France et Russie étaient moins tendus qu’à présent. C’est de bonne guerre. Et de meilleur augure que s’ils faisaient de la propagande anti-française.

De leur côté, les ministères français rue de Varenne, visités ensuite, faisaient un peu pareil, en plus discret : à l’Hôtel de Castries, la directrice du cabinet du ministère du Logement avait un canard en peluche sur son bureau. Celui du ministère des Relations avec le Parlement (? ça consiste en quoi?) a un livre « A gauche les valeurs décident de tout » sur la cheminée, et un poster « La longue marche de la jeunesse » de 1968. Et le parc du Ministère de l’Agriculture s’orne depuis quelques années d’un potager, qui alimente la table du ministre en place de légumes frais.
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Journées Européennes du Patrimoine : Agence Centrale de la Société Générale, au 29 Boulevard Haussmann (Paris)

Après une bonne heure de queue, j’ai pu entrer samedi dernier, à l’occasion des Journées Européennes du Patrimoine dans l’Agence Centrale de la Société Générale, au 29 Boulevard Haussmann à Paris. Les photos sont hélas interdites, sécurité oblige. En effet, l’immeuble abrite encore une agence commerciale.

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C’est dommage qu’on ne puisse pas prendre de photos, car cette agence, conservée à l’identique de sa création pour une bonne partie, est splendide. Autour d’un gigantesque guichet circulaire en bois et marbre, des bureaux et une mezzanine (rajoutée en 1919) modernisés seulement dans leur matériel donnent l’impression d’être chez Gringotts (la banque de Harry Potter). Les gobelins en moins: la visite est assurée par des employés de la Société Générale, nettement plus sympathiques.

Avec ses décorations de feuillages de chêne en bronze, ses horloges d’époque et quatre plaques indiquant la date du jour (changées à la main tous les jours d’ouverture), la salle évoque aussi le luxe florissant des salles de prestige du Titanic (c’est la même époque). Pourtant, le rez-de-chaussée est une agence ordinaire destinée à la clientèle « classique », cad vous et moi.

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L’étage, que l’on ne verra pas durant cette visite, accueille la Banque Privée, jargon bancaire pour parler de la branche dédiée aux clients fortunés. Celle qui commercialise des produits où l’investissement minimum est de 50 000 euros, avec des versements mensuels de 1000 Eur. Pas la Banque Postale, quoi. (la banque, c’est un métier formidable pour se rendre compte du grand écart entre les très pauvres et les très riches. Je n’étonnerai personne en confirmant que plus tu es riche et moins tu paies – en proportion).

En levant les yeux, on voit sur les quatre côtés de grands vitraux représentant Paris, Bordeaux, Marseille et Lyon. Des médaillons de bronze (environ 1 mètre de haut quand même) reprennent les blasons de différentes villes de province: Rouen, Roubaix…

La coupole des Galeries Lafayette

La coupole des Galeries Lafayette

Encore plus haut, une coupole rivalise avec celle des Galeries Lafayette voisine. La guide du jour explique que celle-ci est soutenue par une structure en parapluie, comme d’ailleurs celle des Galeries Lafayette et du Crédit Lyonnais voisins.

Le "parapluie" de la coupole des Galeries Lafayette

Le « parapluie » de la coupole des Galeries Lafayette

Au sol, une immense mosaïque reprend les couleurs bleu et or de la coupole. Réalisée en grès cérame, matériau nouveau à l’époque, elle a fort bien résisté à l’usure, mieux que les mosaïques de marbre de la même époque. C’est dans les quatre étages inférieurs des chambres fortes qu’elle souffre le plus, les mouvements de poids entraînant parfois des décollements importants. Une mosaïste de la société qui vient entretenir et réparer les mosaïques de l’agence explique le procédé employé.

Le toit de la SG, où l'on devine le "parapluie"

Le toit de la SG, où l’on devine le « parapluie »

On passe ensuite à la visite de la salle des coffres, après une première grille à la poignée centrale ornée de deux serpents la gueule ouverte (qui donnent assez envie d’essayer de parler Fourchelangue. … Quoi, je suis la seule?). On descend un double escalier protégé par un tapis rouge, et on atteint le centre névralgique de l’agence.

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Du moins, ses portes : pas moins de trois distinctes. La première est la plus imposante (cf photo du prospectus) : un monstre d’acier de 11 tonnes, construit par la maison Fichet à la demande de l’architecte, Jacques Hermant. Celui-ci en avait vu de semblables à New York, et impressionné, a adopté le concept.

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Fabriquée dans les forges du Creusot, la porte a été convoyée sur Paris en chemin de fer, et de là tractée dans les rues de Paris sur un attelage de neuf chevaux de trait. A la question « Mais comment on l’a descendue ici, les escaliers sont trop petits? », la réponse est « On a installé la porte d’abord et construit le reste par dessus ».

Pour les curieux qui s’en souviennent, une porte blindée du même style était visible au sous-sol du Virgin Mégastore des Champs-Élysées, avant sa fermeture. En effet, le magasin s’était installé dans l’ancien siège parisien de la Citibank. Et la porte, lourde de 40 tonnes, aurait été bien trop coûteuse à démonter et déplacer… Et je ne suis d’ailleurs pas sûre que cela aurait été possible sans démolir l’immeuble. Si les Galeries Lafayette rouvrent une succursale à cet emplacement, comme ils l’ont annoncé, on pourra peut-être revoir cette porte… En 2018.

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Comme si cela ne suffisait pas, le dispositif est complété d’une deuxième porte blindée, et aussi, pour la journée, d’une grille conséquente. Derrière, le mobilier, classé aux Monuments Historiques de même que la porte, ayant survécu à deux guerres, est conservé à l’identique de ce qu’il était au début du 20e siècle. Un vrai retour dans le passé… Si cela vous intéresse, outre les nombreux coffres de tailles variées que contiennent ces salles, sachez qu’il reste deux chambres fortes disponibles pour les objets de plus grande taille (tableaux, etc)… (non, je n’ai pas d’actions à la Société Générale, je ne fais que répéter la présentation de la guide, car tout le groupe dont je faisais partie a ri en entendant cette précision).

Une bien jolie visite, à poursuivre sur le site de la Société Générale.