Fandom : Bill is not ok, et sa boîte de billets VIP Treehouse Ticketing non plus

Bill Kaulitz de Tokio Hotel se lance dans une carrière solo, sous le nom de Billy (levez la main les vieux qui ont un flash-back de chanteurs à prénom des années 80-90). Son premier EP, « I’m not OK », doit sortir le 20 mai. Il contiendra entre autres un premier single, « Love don’t break me ». (Ah, les Américains ont définitivement abandonné la forme « doesn’t » à la 3e personne du singulier?)

Pour ce lancement, Bill Kaulitz s’est affranchi de la maison de disques de Tokio Hotel. Fin mars, son tout nouveau site web officiel a mis en vente… un livre? C’est pas un chanteur normalement? Ah oui, « BILLY – Love don’t break me » (abrégé en LBDM, c’est rigolo, à une lettre près et dans le désordre ça faisait BDSM – je vous laisse googler le terme. Attention, pas au boulot…), un livre de photos à 50 $US, qui contient également un vinyl du single. D’après les photos visibles, ce sont essentiellement des photos du dit Bill torse poil exhibant ses tatouages et un air douloureux. Y’a une fille aussi, qui figure dans le clip du single à venir. Il était annoncé que les 300 premiers exemplaires seraient dédicacés, ils sont partis comme des petits pains. Le communiqué de presse annonce mille exemplaires vendus en moins de 24 heures.

Apparemment, il s’est aussi affranchi d’un service de communication digne de ce nom. C’est via Instagram, sur le compte de Treehouse Ticketing, et la veille, que les fans ont découvert la prochaine mise en vente de billets VIP pour des « exclusive events ». Pas de détails sur quoi, qu’est-ce, pour quel prix…

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Comme d’habitude, même si le fandom a fortement diminué en quantité depuis le long silence de Tokio Hotel, le site a été pris d’assaut. Au point que pour la plupart des gens, il fallait déjà longtemps avant de voir s’afficher les 4 images de la page d’accueil. Et ensuite, les divers packs vendus pour les 4 villes, vu que le contenu et le prix n’avaient pas été communiqués. Heureusement, certains des plus chanceux ont communiqué sur les réseaux sociaux les informations importantes (vu que les gens chargés de la communication en étaient incapables) :  des »private listening session », à Los Angeles, Berlin, Milan et Paris.

Private Listening Session, kezako? Pour la modique somme de 245 eur (oui c’est ironique), les fans ont droit à :
– une session d’écoute privée de l’EP avant sa sortie (… Ca se vend, ça?),
– une rencontre avec les autres fans (quelqu’un leur a dit qu’on pouvait s’organiser ça entre nous sans payer? Et aussi qu’on n’avait pas forcément envie de rencontrer n’importe quels fans…),
– un pot d’accueil (chips/Champomy pour tout le monde!),
– un DJ (… quoi, pour lancer l’EP? C’est une blague? Laissez-le où il est, hein, n’importe qui peut le faire),
– une copie du livre BILLY (sachant que la plupart des fans qui ont acheté le pack avaient sans doute déjà commandé le livre…),
– une signature du dit livre (ah quand même, Billy participe à l’événement! Je commençais à me poser la question…),
– un ensemble de 12 cartes postales de luxe,
– un question/réponse,
– un selfie avec Bill,
– un concierge Treehouse (alors ça c’est comme le DJ hein, si c’est organisé correctement le concierge soit il va de soit, soit il ne sert à rien),
– et un lanyard Treehouse. Qui, vue la tournure qu’ont pris les événements, va sans doute servir de cible à balltrap.

Quand je vois ça, c’est comme quand je regarde les offres de services que propose les banques : j’ai envie de décocher tous les trucs dont je n’ai pas l’usage. Puis-je négocier de n’avoir que le Q/R pour un tiers du prix? Ce serait déjà plus raisonnable. Vous remarquerez l’absence de prestation live dans l’affaire. Je sais que ça devient dur de gagner sa vie en faisant de la musique, mais je trouve qu’on s’éloigne beaucoup du concept. Pour se rapprocher de celui des événements types « convention » qui m’ont fait fuir en courant un précédent fandom. Inutile de vous dire que je suis donc modérément intéressée.

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Dans l’ensemble, les heureux élus qui ont réussi à décrocher leur pack ont passé 13h (TREIZE. HEURES). devant leur écran avant de parvenir à finaliser leur commande… et n’ont eu confirmation par mail que le lendemain.

Pour ceux qui ont eu confirmation.

Parce que dans le lot, il y en a eu aussi qui ont reçu une annulation de commande, alors que l’argent a été débité de leur compte (mais Treehouse Ticketing prétend ne pas l’avoir reçu).
Il y en a qui ont demandé s’ils pouvaient transférer ou se faire rembourser un pack, parce qu’avec le site qui buggait, ils se retrouvaient à en avoir commandé et payé deux alors qu’ils n’en voulaient qu’un.

Tout ça pendant que Treehouse était incapable de répondre à cette simple question : combien de tickets vendus / disponibles pour chaque « private listening session »? Sans doute parce qu’ils n’arrivaient pas à savoir combien de billets leur site mal fichu avait lâché avant de cramer…

Au dernier décompte effectué par les fans via Twitter, il y aurait environ 80 personnes déclarées pour la session de Paris. Ca ne fait plus très intime, quand même… Pour un concert privé, ça passerait encore, mais pour une session de questions-réponses, tout le monde n’aura pas le temps de poser une question.
Cela dit, faut arrêter de prendre les gens pour des pigeons : même à 5×100 tickets vendus, ça reste encore gérable de les transférer ou d’annuler les commandes en double…

anim_hercule been there done that

Been there, done that

C’est quand même dingue, mais dans le spectacle, les gens n’apprennent pas.
A chaque fois, ils balancent l’info au dernier moment, ils lancent les ventes de billet dans la foulée et sur toutes les dates en même temps. A chaque fois, les sites sont saturés et déconnent.
A chaque fois, les gens râlent parce que personne ou presque n’arrive à avoir ce qu’il voulait.
A chaque fois, parce qu’ils sont complètement crétins et ne se sont pas mis deux secondes dans la peau de leurs futurs clients, les entreprises sont obligées de rétropédaler pour trouver une solution de compensation qui change les règles après coup et fait d’autres mécontents.
Mais OSEF, l’argent est prélevé…

Alors là sur le coup, histoire de se faire pardonner, Treehouse a… offert des packs par tirage au sort. C’est vrai que la formule intime à 100 personnes, c’était pas encore assez la foule. Et puis ça doit faire super plaisir aux fans qui vont bouffer des pâtes pendant 3 mois pour payer leur pack de partager leur « private listening session » avec des gens qui l’auront eu gratos. Non vraiment, des génies du marketing.

Sur ce coup, vu que de toute façon je n’étais pas intéressée, je n’ai fait que regarder la débâcle en prenant des notes. Mais c’est lassant.

Ce n’est quand même pas compliqué d’annoncer à l’avance ce qui va être mis en vente, histoire que les gens puissent se décider et se concerter pour ceux qui veulent acheter à plusieurs. Et si on est trop radin pour dimensionner la puissance de son site web, de mettre les packs en vente une ville après l’autre, une par jour, histoire d’étaler la charge, non?
Pas la peine d’être Einstein.

J’en ai vraiment ma claque des artistes et de leurs entourages incompétents. Il y a des gens qui bossent pour de vrai, dans ce domaine, ou pas? Et qui se soucient un minimum du public, qui, je vous le rappelle, paie vos émoluments? Ou alors le cerveau est en option dans les milieux artistiques?