Gourmandise : salon de café McQueen, des parfaits japonais à Paris

Quand on va pour la première fois dans un pays comme le Japon, très éloigné mais dont on a en tête plein de clichés et de bribes de connaissances indirectes via la culture populaire, on a tendance à se faire une petite liste des choses à voir et faire. Le mont Fuji, le Shinkansen, les temples, les filles en kimono, le pachinko… Bon, pour cette fois, les deux premiers n’étaient pas sur mon chemin.

Sur la mienne, il y avait aussi : « manger un parfait – quoi que ça puisse bien être ».

Parce que c’était revenu plusieurs fois dans des dessins animés, notamment dans la scène de Sailor Moon où avant de se faire tuer par les sbirettes de Zoisite, Nephrite écoute la jeune Naru lui confier qu’elle aimerait aller manger un parfait un chocolat avec lui. La scène repassait en flashback à chaque fois que Naru repensait ensuite à Nephrite, et ça faisait donc 20 ans qu’un coin de mon cerveau se demandait « c’est quoi un parfait? ».

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On la revoit même en parler dans le jeu Sailor Moon Drops sorti en 2017

J’ai enfin pu répondre à cette question en octobre dernier, après en avoir vu en vitrine de plusieurs salons de thé à Osaka et Kyoto. Mais difficile de partager ça avec vous sans vous donner une chance d’y goûter aussi sans pour autant faire 12 heures d’avion.

En suivant la graphiste Joranne sur Twitter (elle aussi fan de Japon qui adore partager ses découvertes et étonnements sur ses voyages), j’ai découvert en décembre dernier qu’il y avait sur Paris un endroit typiquement japonais qui en faisait : le Café McQueen, situé dans le quartier Opéra vers le bas de la rue Molière. Un Kisso-ten, plus exactement : un salon de café où discuter entre amis de façon décontractée en écoutant de la musique japonaise et en mangeant des desserts. Ils font aussi quelques plats pour le midi.

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On peut facilement rater la vitrine

Un petit dessin valant mieux qu’un long discours, voici la composition type d’un parfait à la japonaise : dans une coupe à glace, on superpose (sans les mélanger) glace, céréales de type corn flakes, crème chantilly, morceaux de gâteau, fruits, glace et sirop.

 

Un empilement hétéroclite de bonnes choses, donc. Et tout à fait semblable à ceux que j’ai vus exposés en vitrine dans la région d’Osaka. Les céréales et la glace sont incontournables, pour le reste j’ai l’impression que comme une bonne partie de la cuisine japonaise, cela varie en fonction des saisons et des arrivages. Ils ont d’ailleurs, au Café McQueen, le Parfait de la semaine.

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Gourmandise : Un grain décalé

Parfois, les erreurs ont du bon. Ou pour paraphraser le sage, « Avant de nager contre le courant, assure-toi qu’il ne t’amène pas où tu veux, eh, patate! »*. En revenant de Montparnasse il y a quelques semaines, je prends un bus pour rentrer vers Saint-Michel, sauf qu’il s’avère qu’il ne part pas dans la bonne direction, mais à angle droit (fail). Je descends à Vavin quand je réalise ma méprise. Comme il faisait beau, j’ai coupé à pied vers Luxembourg. Au bout de la rue animée, je vois un mur ouvert sur une bulle de cosytude, je me recule d’un pas pour regarder la devanture : « Un grain décalé ».

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Oh, le joli jeu de mot plein de sens, je m’arrête là! Je m’offre donc une pause cappuccino (oui je sais, une hérésie dans un établissement consacré au café) + gâteau maison (congolais à la framboise) pour 7 Eur, servi dans de la jolie vaisselle et un petit plateau en bambou.

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La salle en longueur est étroite mais bien agencée, banquettes et coussins tendues de lin, livres sur le café, petites tables suffisantes pour quelques clients pour travailler sur leur ordinateur portable, lire un livre ou déguster leur espresso. Tous respectent le calme de l’endroit. Le salon offre la wifi, ce qui en fait un bon spot pour les voyageurs. Une fenêtre tout au fond ouvre sur une courette qui serait charmante une fois débarrassée de la cabane de chantier et des poubelles qui cachent la petite fontaine. Mais déjà, quand on ne regarde pas de près, elle a le mérite d’apporter luminosité et verdure.

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Outre les gâteaux maison, Un Grain Décalé propose des tartines chaudes. Mais le coeur de l’offre est évidemment le café, avec plusieurs variétés que la patronne, Laura, se fera un plaisir de vous décrire, avec un vrai sens de l’accueil et du conseil. On peut soit le consommer sur place, soit acheter à emporter, moulu ou en grains.

A quelques pas du Jardin du Luxembourg et de ses offres de restauration au prix fort, enfin une adresse qui fait plaisir.

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Informations pratiques :
Un Grain Décalé
3 rue de Vavin
Paris, France 75006
(M) Vavin ou Notre-Dame des Champs
Horaires :
Dimanche – Lundi : 14h – 19h
Mardi – Samedi : 10h – 19h

Dégustation sur place et à emporter (café,thé,chocolat et pâtisserie)
Vente de cafés torréfiés
Vente des cafés de spécialité aux professionnels
Ateliers café
Formation café (Certifiée SCAE)

*(plus ou moins une citation de Greg dans un Achille Talon, en fait)

Capsules de Japon : (5) le café

Abordons 2 sujets qui fâchent (nous autres français caféphiles) :

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Primo, les Japonais tiennent apparemment leur conception du café des Américains ou des anglais Cad qu’ils servent le plus souvent du jus de chaussettes, coupé de lait même si vous avez demandé un espresso. Pour avoir du noir, il faut que le lieu propose du « blended coffee », mais même comme ça, ce n’est pas terrible.

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Café chaud, café au lait… et chat

Ils respectent si peu le café qu’ils le vendent même en canette, chaud ou froid. Ah oui, aussi : il faut toujours préciser si on le veut chaud ou glacé. Même s’il fait 10°C et qu’il pleut, ils ont plus tendance à vous servir du café glacé qu’un bon petit noir corsé.

A tout faire, leurs latte glacés sont d’ailleurs meilleurs que leur café noir chaud.

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Comme dans les pays anglo-saxons, vous pouvez agrémenter votre café d’une capsule de lait ou équivalent, que vous reconnaîtrez souvent au japanglais « Coffee Fresh ». Et comme dans les chaînes de boissons caféinées qui se sont répandues par chez nous, on peut parfois sucrer son café avec du sucre blanc ou roux. Par contre, une variété de sucrant plus rare chez nous est cette autre capsule de « Gum Syrup ». Un sirop de sucre mélangé avec de la gomme arabique, la résine d’acacia. C’est sucré et rajoute un très léger goût.

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Gum Syrup à gauche et lait à droite

Deuxièmement, quand ils parlent de café pour un lieu, ça peut être soit un endroit spécialisé en boissons chaudes et desserts (mais pour ça ils utilisent aussi l’expression « salon de thé » in French in the text), soit (et la plupart du temps), c’est un restaurant à ambiance européenne.

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Sauf les pet cafés (qui feront l’objet de la prochaine capsule si j’ai le temps de dépiler toutes les photos. Parce que ce sera une grosse capsule).