Fandom : ma fan-attitude suit une courbe de Gauss (5) : la rechute

J’avais terminé, il y a quelques mois, le récit de mon itinéraire de fan, sur un déclin et un désengagement, dus d’une part à un désintéressement de A-ha, le premier groupe dont j’ai été fan, suite à diverses déconvenues, et une impression d’avoir obtenu le meilleur que je pouvais tirer du fandom, avec Tokio Hotel.

J’avais même conclu sur ces paroles prophétiques:

P.S. : si je m’en tiens à mes expériences fanesques passées et à mon esprit de contradiction, d’ici 6 mois j’aurai vendu un rein pour aller boire un verre backstage avec Bill Kaulitz et ses potes, ou mon nouveau fandom du moment.

On a vu ce qu’il advint ensuite: pour voir Babymetal, improbable combinaison de pop japonaise et de metal (deux styles dont, séparément, je ne suis pas franchement fan), je suis allée à New York, et, moins onéreusement, j’ai bravé mon aversion du bruit, de la foule et de la gadoue pour les voir au Download Festival.

Un *faceplant* s’impose.

anim_loki faceplant

Une explication aussi.

Je laisse Goethe parler :

goethe_fandom

Pas mieux.

En fait, c’est presque comique, ça a commencé comme les deux fandoms précédents : par une rigolade et un « Non mais c’est n’importe quoi ce truc, QUI peut aimer ce machin? ». En plus, avec tous les clichés associés au business des idols, fantasme de miochettes, ça ne fait pas très sain.

Et puis, à l’insu de mon plein gré, j’ai subi le DVD du live au Budokan (la Red Night). Comme je suis curieuse, je me suis dit que j’allais regarder au moins un morceau ou deux, pour me faire une idée. Le live en question ouvre sur le single Megitsune, sur les filles-renard, avec la mélodie d’Obao* (cf mon premier article) qui enchaîne sur le BROLOMBROLOM de la batterie hyperactive du groupe.

Et là, il s’est passé un truc très bizarre. En voyant le Budokan (la salle de concert) pleine comme un oeuf d’un public chauffé à blanc, les trois gamines dansant en robe-armure, et que Su-Metal a commencé à chanter, les larmes me sont monté aux yeux. Comme les quelques fois où j’ai assisté à un concert de classique (ça passe au bout d’une minute).

anim_don't cry

Alors OK, je suis hyper émotive des oreilles. Si si. J’ai le syndrome du nerf lacrymauditif. Allez direct des oreilles aux glandes lacrymales, ne passez pas par la case cerveau. La musique atteint directement le cortex reptilien. Surtout en live, surtout celle des orchestres symphoniques (mais là après 2 minutes mon cerveau décroche, sauf si je connais déjà, cf Boulet. C’est pour ça que je préfère le pop-rock).

Cad que je peux regarder n’importe quelle daube téléphonée, prévisible, genre téléfilm de la W9 ou film popcorn US de l’été sans surprise, s’ils mettent la musique qu’il faut sur la scène triste ou la scène où tout finit bien, je vais chialer comme une madeleine. Même si je viens juste de zapper dessus sans connaître l’histoire. Ou si ça fait une heure que je me fous de la gueule des personnages et des scénaristes qui ont pondu des dialogues aussi nuls.

Là, ce n’est pourtant pas de la musique à violons, plutôt de la musique à violents, et je ne comprends pas ce que chante Su-metal, mais allez savoir pourquoi, l’accroche mélodique connue du début, ou la sonorité pop qui me rappelle des génériques de dessins animés, ou juste parce que c’est hyper bien fichu, ça me touche.

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