Lecture : les stars – Edgar Morin

Mes fandoms m’auront fait faire des tas de choses improbables. Et mon livre sur le phénomène des fandoms aussi. Notamment, lire un essai d’Edgar Morin. Le sociologue et philosophe. Tellement connu que même moi j’en avais entendu parler, alors que très franchement, moi et les sciences humaines…

fandom_edgar morin_les stars

C’est en fait un essai sur les stars, et non sur les fans. Le livre date un peu, il traite surtout des stars de cinéma « construites » par les studios de la grande époque d’Hollywood, alors que maintenant on qualifie de star tout neuneu ayant démontré sa bêtise à l’écran. Celles-là, on les « consomme » à un tel rythme qu’à peine fabriqués ils sont prêts à jeter.

Seuls durent ceux qui ont un minimum de talent artistique, et surtout les pieds sur terre, et qui ne se laissent pas trop modeler par les studios.

Néanmoins, on y trouve une intéressante réflexion sur ce qui fait les stars, leur aura, comment c’est utilisé ou fabriqué, ce qu’on projette sur eux, et notre rapport à eux.

Citations

Le fan veut tout savoir, cad posséder, manipuler et digérer mentalement l’image totale de l’idole. La connaissance est ici moyen d’appropriation magique. Elle ne tend pas à constituer un savoir analytique ou synthétique de là star, mais à happer potins, échos, indiscrétions dans une délectable inglutition.

Oui enfin ça sonne un peu condescendant quand même. On entend le « contrairement à nous qui sommes des lettrés… » non dit…

Niaiserie sans doute! Niaiserie dont se détourne le grave regard du sociologue, et voilà pourquoi l’on n’ose étudier les stars. Mais nos savants manquent de sérieux en refusant de traiter sérieusement la niaiserie… La niaiserie est aussi ce qu’il y a de profond en l’homme. Derrière le star system, il n’y a pas seulement la « stupidité » des fans, l’absence d’invention des cinéastes, les combinaisons commerciales des producteurs. Il y a le coeur du monde. Il y a l’amour, autre niaiserie, autre humanité profonde…

Ah tiens? Il remonte dans mon estime.

Ici le rôle de la star est « psychosique » : elle polarise et fixe des obsessions.

Noooon, on ne peut pas vraiment dire ça…

… Oui, bon, one point pour le philosophe…