Daniel Balavoine, 31 ans déjà

Alors que depuis quelques années, nos stars des années 80 (adieu France Gall) et avant, voire après (pensées pour Mikio Fujioka), tombent dru, nous rappelant amèrement le temps qui passe et notre propre mortalité, je me souviens du premier artiste que j’ai « perdu ».
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C’était au matin du 15 janvier 1986, au milieu des informations oubliées depuis, qu’on apprend qu’un accident d’hélicoptère a endeuillé le rallye Paris-Dakar – qui, à l’époque, reliait encore ces deux villes. 5 victimes sont à déplorer : Thierry Sabine, l’organisateur du rallye, Nathalie Odent, journaliste, François-Xavier Bagnoud, le pilote, et Jean-Paul le Fur, technicien radio. Et enfin le chanteur Daniel Balavoine.
Je ne suis pas un héros (écrite pour Johnny Hallyday)
« Pour mourir célèbre il ne faut rien emporter
que ce que les autres n’ont pas voulu garder »
C’était sa 3e participation au rallye Paris-Dakar. La première, en simple concurrent, lui ayant fait découvrir la misère de certaines régions traversées par le rallye, il y était revenu pour conjuguer la course à un engagement humanitaire, en tant qu’ambassadeur de l’association des Paris du Cœur, co-fondée avec Thierry Sabine. L’idée était de fonder une organisation qui utiliserait la logistique du Paris-Dakar pour acheminer le matériel destiné aux populations, histoire que ce rallye ne soit pas qu’un rêve d’aventure pour occidentaux. Ca s’est perdu depuis. L’accident, resté inexpliqué, aura brisé ses projets musicaux en plein élan, à l’âge de 33 ans.
Vivre ou survivre
A l’époque, Balavoine fait partie des artistes français qui sont régulièrement dans le Top 50 (alors sur Canal + en clair), avec Jean-Jacques Goldman, Johnny Hallyday et quelques autres. Il s’est fait connaître par le succès simultané de la comédie musicale française Starmania où il interprète Johnny Rockfort, et de son 3e album Le Chanteur. La chanson éponyme – ci-dessous – est encore, de nos jours, un modèle d’ironie sur le parcours type du chanteur à succès. Je vous invite à bien écouter les paroles, c’est un monument, tout y passe : travers des artistes, du public et des médias, résumés en 3mn59.
Les nouvelles de l’école, diront que j’suis pédé
Que mes yeux puent l’alcool, que j’fais bien d’arrêter
Il est aussi connu pour avoir osé reprocher son manque de propositions pour la jeunesse à François Mitterrand qui n’était pas encore président mais déjà premier secrétaire du Parti Socialiste, lors d’un débat télévisé dont on diffuse encore régulièrement cet extrait. On sent le léger ébahissement des présents en mode « Mais il se prend pour qui, celui-là ? ». (et la gêne qu’il aborde un tas de sujets effectivement glissés sous le tapis par la presse). Pour les plus jeunes, ça paraîtra banal, mais à l’époque, sans réseaux sociaux, il était peu courant que les gens des hautes sphères doivent faire face à de la contradiction, en dehors des débats entre adversaires politiques. Le pire étant qu’en dehors de ça, la situation qu’il déplore ne s’est pas beaucoup améliorée depuis…
Starmania : S.O.S. d’un Terrien en détresse
Il a été parmi les premiers à mobiliser les artistes français de l’époque pour des oeuvres humanitaires, co-organisant le premier concert solidaire « Chanteurs Sans Frontières » avec Michel Berger, France Gall, Jean-Jacques Goldman et Renaud. Coluche a concrétisé son idée de banque alimentaire sous la forme des Restos du coeur.
Ce sont ses chansons traitant de sujets de société qui ont vraiment emporté l’adhésion populaire, comme Mon fils, ma bataille sur les querelles de garde d’enfant lors des divorces. Suivront des textes sur la tolérance, la condition des femmes, la torture…
J’étais moins cynique à l’époque, mais déjà trop pour que ce soit le coeur de mon intérêt pour lui. Encore que son investissement semblait sincère et personnel. Il ne se contentait pas de faire la morale aux gens depuis son exil fiscal, il donnait de sa personne.
L’Aziza, un des rares titres à avoir bénéficié d’un vrai clip 
Personnellement, j’accrochais surtout à ses chansons, mâtinées de pop rock aux arrangements sophistiqués, et dont les paroles avaient le bon mélange de musicalité et de sens pour plaire à mes oreilles pourtant difficiles (je trouve 90% des paroliers français insupportables). Il y a aussi l’urgence et l’amplitude dans sa voix haut perchée, qui les rend aussi cathartiques à chanter que la pop rock scandinave que j’écoute à l’époque.
En prime, ses nombreuses références au désert, aux héros qui n’en sont pas et autres me faisaient penser à Dune, l’un de mes fandoms/idées fixes du moment.
Tous les cris les S.O.S. 
Contre le passé y’a rien à faire
Il faudrait changer les héros
Dans un monde où le plus beau reste à faire
Après l’inévitable pic des ventes suivant sa mort, son répertoire a plus ou moins disparu des radars pendant les années 90 et 2000, il me semble (en même temps, je n’écoute plus guère la radio depuis que j’ai fini mes études, cad il y a un moment…). Années plus cyniques peut-être, et puis trop dur à chanter considérant sa tessiture particulière.
Jusqu’à ce que la vague de nostalgie des années 80 et des reprises tous azimuts pousse une maison de disques à faire enregistrer un album hommage à une nouvelle génération d’artistes. Argh. Il y a néanmoins des exceptions, comme Marina Kaye, toujours bluffante de maturité et de talent, qui reprend la version anglaise de Tous les cris les S.O.S. :

Vous je ne sais pas, mais à moi ça m’a fait du bien de me replonger dans sa discographie pour cet article. Et ça m’a collé le bourdon aussi. Au moins il nous reste les albums, qui n’ont pas trop vieilli parce qu’il innovait à l’époque.

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Cette photo n’est pourtant pas si vieille 😦

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R.I.P. Mikio Fujioka, guitariste de Babymetal, aka le « petit dieu » du Kami Band

Je change la programmation du blog pour laisser la place à un hommage que j’aurais préféré ne pas avoir l’occasion de faire. Hier est arrivée la nouvelle du décès accidentel de Mikio Fujioka, plus connu des fans de Babymetal sous le nom du « Petit Dieu » (Small God / Kogami) de la guitare du Kami Band, le groupe qui accompagne Babymetal sur scène pour leur fournir l’orchestration depuis 2013. On le connaissait également sous son pseudo Twitter, Mikio158cm, car il plaisantait couramment sur sa petite taille, qui le rendait facilement reconnaissable, notamment dans les vidéos.

Ici en bas de la vidéo, qui est celle de la traditionnelle intro qui permet à chaque Kami de faire un petit solo et une démonstration de ses talents devant le public conquis.

Plus de détails sur son parcours avec et sans Babymetal sur le site de référence Babymetal Newswire. Car outre ses prestations en toge blanche et sous le maquillage blanc et noir des Kamis, Mikio a participé à plusieurs groupes, dont le Kari Band formé en 2016 avec 2 de ses compères du Kami Band, Takayoshi Ohmura et Boh, et donnait des séminaires de guitare. Sa marque fétiche et partenaire était ESP, il a d’ailleurs collaboré à la création de la ESP « Spéciale Babymetal ».

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Mikio Fujioka sans maquillage de Kami

Il laisse derrière lui deux petites filles, dont il parlait souvent sur Twitter, et une épouse, qui a mis un petit mot sur Twitter pour confirmer la triste nouvelle et remercier les fans de leur soutien.

Sa bonne humeur et son talent nous manqueront. Petite galerie de photos de Mikio prises aux concerts auxquels j’ai assisté.

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Des raisons d’être fan de River Phoenix 

Parfois, on me demande pourquoi je suis fan de River Phoenix.
(Par commodité de conversation, je ne re-discuterai pas ici l’inadéquation du terme « fan ». Disons qu’il occupe plus souvent mes pensées que l’humain lambda)
Parfois, étant, par nature, cynique et allergique au concept d’idolâtrie, je me le demande aussi.

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C’est qu’on n’a pas grand-chose en commun :
– il était humaniste; j’aimerais l’être mais je n’ai aucune confiance en l’être humain donc dans les faits… je suis plutôt misanthrope.
– il était végan; j’aime trop la viande et pas assez les alternatives pour m’en passer.
– on le vendait comme un boy scout new age; cette philosophie me fait plutôt rire quand ses tenants actuels ne m’horripilent pas.
– les collègues de ses frère et soeurs en activité dans le monde du spectacle ont plutôt tendance à me faire lever les yeux au ciel, quand je les croise sur les réseaux sociaux. (Ses frère et soeurs eux-mêmes, ça va. Certes ce sont d’incurables « artistes bohèmes multi-projets », mais ils agissent plus qu’ils ne prêchent. Rain chante dans les hôpitaux. Liberty a fondé une société pour commercialiser des matériaux de construction sains, après avoir perdu un bébé intoxiqué par sa maison. Faute de retrouver des rôles après ses 3 grossesses, Summer alterne les projets, pas toujours dans les médias : boutique de fripes revisitées, décoration d’intérieur… et quand elle parle, elle est terre à terre).

Je n’ai donc pas l’impression qu’on s’entendrait si bien que ça s’il était en vie et qu’on se rencontrait. Quoique, c’est là que je découvre ce commentaire de Gus Van Sant, réalisateur de My Own Private Idaho…

He’d get into shouting matches with people, where they were both screaming `You fucking moron!’ but he’d end up liking them. He liked people who didn’t let him get away with things. »
– Gus Van Sant on River Phoenix

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Fous-toi de ma gueule…

Je ne suis même pas hyper fan de la plupart de ses films. Notez bien que Kirk Douglas s’estimait très chanceux de pouvoir dire qu’environ un quart de ses films était bon. Ca relativise la réussite d’une carrière d’acteur.

Sur les 14 qu’a tourné River, je dirais que 2 sont populaires à juste titre (Stand By Me et Indiana Jones 3), et ont une chance de passer l’épreuve du temps. 3-4 sont connus dans certains cercles où ils conservent une certaine aura (Mosquito Coast, My Own Private Idaho, Running on Empty, I love you to death…). Les autres sont rarement diffusés et deviennent de plus en plus durs à trouver. Quoique certains connaissent une renaissance tardive à l’occasion d’une sortie de Director’s Cut (Jimmy Reardon). Certains sont méconnus alors qu’ils sont pas mal du tout, mais traitent de sujets pas très porteurs en France (The Thing Called Love, Dogfight). Ou ne refont parler d’eux que quand leur réalisateur décède, comme ce fut le cas récemment pour Silent Tongue, écrit et réalisé par le talentueux Sam Shepard

Mais je ne passe pas mon temps à les regarder en boucle. En même temps, j’avais adoré Titanic à sa sortie et je ne l’ai jamais revu en entier. Le film que j’ai vu le plus de fois, c’est Terminator 2, et plus parce que je reste scotchée devant l’écran à chaque rediff que pour l’avoir cherché exprès.

river phoenix polaroid by gus van sant

River Phoenix polaroid by Gus Van Sant

Heureusement, il y a des fans plus dévoués que moi. En l’occurrence, la personne qui tient l’Instagram river.phoenix7. Ou celles derrière les Tumblr Riverphoenixislove et A boy named River Phoenix.

Les trois postent régulièrement, et inlassablement, photos et documents sur River, accompagnés d’extraits d’interviews, de lui ou de ceux qui l’ont côtoyé. Petite sélection ci-dessous, tirées du premier compte.

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Et là, force est de constater que je me souviens. Ce n’est pas seulement le joli minois, c’est le fait que les yeux ne mentent pas : ça cogitait dur derrière. Surtout en mettant en perspective le fait qu’il tenait ces propos dans les années 80-90, à 20 ans. A une époque pas très aware encore, ayant pour l’essentiel oublié les aspirations hippie et pas encore découvert celles des hipsters.

Et puis l’empathie démontrée par les témoignages, soulignée par tous (y compris dans les paroles de quelques chansons des Red Hot Chili Peppers). C’est, bizarrement, un feel good fandom de lire ça… Malgré l’aspect nostalgique. Et je découvre encore des choses, en plus de tout ce que j’ai déjà appris à travers lui.

« Les ombres auxquelles on pense encore dans le monde des vivants, celles dont on honore la mémoire et sur lesquelles on pleure, sont lumineuses. Elles avancent vers le néant imperceptiblement. Les autres, les morts oubliés, se ternissent et glissent à toute allure vers le centre de la spirale. » La porte des Enfers – Laurent Gaudé

River by lance staedler dark

just as long as you stand, stand by me…

Aparté

Il paraît qu’une récente émission télé sur le surnaturel prétend avoir trouvé au Viper Room (le club appartenant à l’époque à Johnny Depp, dans lequel il a consommé le cocktail mortel) le fantôme de River. Qui aurait été coincé là depuis 24 ans, inconscient qu’il était mort, et qu’ils ont pu le libérer en lui expliquant et en déposant une guitare. Chouette fanfic, mecs! Mélo et tout, j’ignorais qu’on pouvait les commercialiser. Vous auriez dû en faire un épisode de The Ghost Whisperer, si la série existait encore.

Je ne m’inquiète pas trop pour le fantôme de River. J’ai l’impression qu’il sait très bien où il est (et dans quel état), qu’il voyage pas mal (l’avantage d’être un fantôme, c’est qu’on peut traverser l’Atlantique avec un bilan carbone nul. Il faut juste trouver des ancres par-ci par-là pour se repérer et ne pas dériver. *), et qu’il n’est pas pressé de partir (même si je ne suis pas bien sûre de pourquoi. Peut-être qu’il attend que ceux auxquels il tient soient eux aussi de l’autre côté. Ca m’arrange, personnellement. *poke*).

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Bon anniversaire.

*NDLR : Je vous ai déjà raconté mon rêve de quand j’étais morte? Il date de 20 ans au bas mot, mais je m’en souviens très bien : je me faisais exploser, et après je réalisais que j’étais devenue un fantôme. Si je ne me concentrais pas, j’avais tendance à me « diluer », et la lumière du jour accélérait le phénomène. Par contre, je pouvais flotter au-dessus du sol, moins bien au-dessus de l’eau, et je décidais d’aller en Floride voir comment allait la famille de River… Bon, après ça devient moins « cohérent » : je me perdais en y allant (pas facile de s’orienter en plein océan) et j’arrivais à Londres dans un hôtel pour fantômes, où je tombais sur Josiane Balasko. Ce qui n’avait pas grand sens dans le contexte (je n’avais jamais mis les pieds à Londres et je n’avais pas de raison particulière de penser à Balasko). Jusqu’au jour où j’ai, de fait, rencontré Josiane Balasko au festival du cinéma d’Utrecht, à la projection de Dark Blood, parce que son mari, George Aguilar, avait joué un indien Navajo dans le film – détail que j’ai appris ce jour-là. D’après Wiki d’ailleurs, ils ne se connaissaient pas à l’époque.

*musique de X-Files*

Cinéma : Adieu ma Concubine

Adieu ma Concubine, film chinois de Chen Kaige, a obtenu la Palme d’Or du festival de Cannes en 1993, ex-aequo avec la Leçon de Piano de Jane Campion.

Ce long métrage aux images somptueuses est une fresque dramatique qui retrace l’itinéraire de deux acteurs de l’Opéra de Pékin, pris dans l’histoire compliquée de la Chine entre 1924 et 1977.

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En 1924, une prostituée abandonne son fils à une école formant des enfants à l’opéra de Pékin, allant jusqu’à lui couper un doigt surnuméraire pour qu’il soit accepté. L’enfant, Douzi, est frêle et renfermé, et Shitou, un garçon un peu plus âgé et plus costaud, le prend sous son aile. L’entraînement est intensif – l’Opéra de Pékin est très précis et physique – et le professeur violent. De par son physique, Douzi est rapidement choisi pour incarner des rôles féminins. Mais il répugne à prononcer une phrase de son personnage, « Je suis, par nature, une fille », disant à la place « Je suis, par nature, un garçon ». Il faudra que Shitou le corrige violemment, poussé par la présence d’un potentiel mécène, pour qu’il se résigne à dire la phrase correcte.

Les deux garçons sont doués, particulièrement quand ils jouent ensemble. Un eunuque impérial, appréciant le spectacle, demande à les rencontrer, et à voir Douzi seul. On nous laisse deviner pourquoi… A leur retour, les deux adolescents trouvent un bébé abandonné, qu’ils font adopter à l’école, et dont ils feront ensuite l’éducation sous le nom de Xiao Si.

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Adultes, les deux garçons deviennent célèbres sous les noms de scènes de Cheng Dieyi (Douzi, joué par Leslie Cheung) et Duan Xiaolou (Shitou, joué par Zhang Fengyi). Diyei est manifestement amoureux de Xiaolou, mais celui-ci ne s’en rend pas compte – ou feint de ne pas le comprendre. Il entretient une relation avec la belle Juxian (jouée par Gong Li), une courtisane. Quand celle-ci rachète sa liberté à la Maison des Fleurs et fait croire à Xiaolou qu’elle en a été chassée à cause de leur relation, Xiaolou accepte de l’épouser. Jaloux, Dieyi se tourne alors vers Maître Yuan, un mécène lettré et fortuné qui lui faisait la cour depuis un moment.

L’invasion de la Chine par le Japon vient troubler davantage ce carré amoureux. Le tempérament provocateur de Xiaolou lui attire des ennuis, dont Dieyi le sort en jouant pour les Japonais, ce que Xiaolou lui reproche ensuite. Lorsque la Révolution Culturelle arrive, Xiao Si les trahit, d’abord en prenant la place de Dieyi en tant que rôle principal féminin. Suite à des dénonciations de Xiao Si, toute la troupe de l’Opéra de Pékin est soumise à une séance d’humiliation publique. Ils sont déjà mal vus parce que leur art est considéré comme une émanation de l’ordre ancien que les Gardes Rouges veulent renverser.

J’en ai déjà beaucoup raconté, alors si vous voulez voir le film, je préfère m’arrêter là.

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Comme je l’ai dit, visuellement, le film est une merveille. Du point de vue de l’histoire, on en apprend beaucoup sur l’Histoire de la Chine avec un grand H. D’ailleurs, la narration étant assez elliptique, comme souvent pour les films chinois, quelques explications supplémentaires auraient été bien utiles pour les nuls en histoire comme moi. J’ai dû me renseigner par ailleurs afin de mieux comprendre – mais pour vous avec Internet sous le coude, ce sera encore plus facile. Le scénario est tiré d’un roman de Lilian Lee, qui est paru en français chez Flammarion. Il apporte quelques détails supplémentaires sur le contexte des événements. Un détail qui a son importance : en Chine, la mariée s’habille en rouge pour la cérémonie (du moins à l’époque du film).

On en apprend aussi un peu sur l’Opéra de Pékin, dont j’ignorais tout à l’époque (fort fort lointaine) où j’ai vu ce film pour la première fois. Depuis, je me suis un peu rattrapé, mais guère. Cet art complet mêlant acrobaties, danse et déclamation très codifiée se rapproche un peu du kabuki japonais. Il partage avec le kabuki (et pour les mêmes raisons) l’interdiction qui avait été faite aux femmes de monter sur scène, obligeant de fait des hommes à tenir les rôles féminins – au kabuki, on les appelle « onnagata », ce qui signifie « forme de femme ». A la base pour des raisons morales, parce que les actrices faisaient parfois commerce de leurs charmes. Mais, dans un cas comme dans l’autre, il n’était pas exclus que les riches mécènes fassent pression sur leurs artistes fétiches pour obtenir d’eux plus que leur spectacle, et ce que l’artiste soit mâle ou femelle (les législateurs sont parfois bien naïfs…).

Quand on me demande de citer mon préféré, dans quelque domaine que ce soit, j’ai toujours du mal. Mais en terme de film, Adieu Ma Concubine est sans doute l’un de ceux qui m’ont le plus marqué. Au point que j’en avais trouvé le press kit de la sortie française, dont vous trouverez ci-dessus les scans, mais aussi le luxueux livret de présentation du film pour Cannes… (on est fan ou on ne l’est pas).

 

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Les personnages sont ce qui m’a captivé, en particulier celui de Cheng Diyei, magnifiquement interprété par Leslie Cheung. Acteur et chanteur populaire de Hong Kong, il avait été choisi entre autres afin d’attirer un public plus large à ce film ambitieux. Mais il a su incarner toute l’ambiguïté de cet homme à qui on a volé son enfance, qui ne connaît finalement du monde que le théâtre. Forcé à jouer les rôles de femme, il en vient à se confondre avec les rôles qu’il joue, et notamment celui de la concubine fidèle à son roi, tiraillé par des sentiments mal vus en Chine.

Leslie Cheung s’étant suicidé le 1er avril 2003, cet article est aussi ma façon de lui rendre hommage. Il était également l’un des acteurs fétiches de Wong Kar-Wai, pour qui il a tourné Nos années sauvages, Les Cendres du temps, ainsi que Happy Together, aux côtés de Tony Leung Chiu-wai (il y a deux acteurs dont le nom de scène est Tony Leung, l’autre étant Tony Leung Ka-fai, qui jouait le rôle-tire dans l’Amant, l’adaptation par Jean-Jacques Annaud du roman de Marguerite Duras).

 

Hommage à H.R. Giger

Hans Rudolf Giger, plus connu sous l’appellation H.R. Giger, nous a quittés aujourd’hui. Son nom et ses oeuvres resteront sans doute à jamais dans les mémoires, en particulier celles des fans de science-fiction.

En effet, c’est à lui que l’on doit le design si particulier du monstre et des objets extra-terrestres du film Alien de Ridley Scott, en 1979, qui aura durablement influencé nombre de créateurs d’univers par la suite. La scène du pilote qui semble fossilisé, fusionné avec son fauteuil, figure telle quelle dans le film d’origine, et a été plus ou moins reprise dans la prequel ratée Prometheus (pourtant également réalisée par Ridley Scott, comme quoi, un scénario pourri reste un scénario pourri…).

Giger - le pilote dans le cockpit

Giger – le pilote dans le cockpit

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RIP Harold Ramis

Un fan-art d’Harold Ramis par Imagier

Imagier

Harold Ramis (Egon Spengler) - Dessin de Gilderic

Dans « SOS Fantômes » (« Ghostbusters« ) il était le professeur Egon Spengler, le scientifique coincé entre Bill Murray et Dan Ackroyd.

Mais Harold Ramis était aussi le réalisateur doué de « Un jour sans fin » et de « Mafia Blues« .

Il est décédé ce 24 février 2014, à l’âge de 69 ans.

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Darren Hayes rend hommage à une fan décédée

Aujourd’hui sur son Facebook officiel, Darren Hayes a rendu hommage à Stephanie Earle, une fan de longue date, décédée récemment.

I wanted to pass on my sincere condolences to the family of friends of Stephanie Earle – a wonderful lady and huge part of my fan community for my entire career. Thank you for bringing your beautiful smile and generous heart to our musical family Stephanie. Big Southern smile and massive hugs right back at you. Forever. x

D’après les commentaires des fans, elle était effectivement un pilier apprécié de leur communauté.

Anciennement chanteur compositeur du groupe australien Savage Garden, Darren Hayes poursuit une carrière solo depuis 2001, sans rencontrer en France le succès qu’il avait eu avec son groupe, qui avait enchaîné en 1997 des tubes comme Truly, Madly, Deeply ou To The Moon And Back.

Beaux gestes : Michael Jackson, Andy Whitfield, Elvis Presley, Pixie Lott

Pour commémorer le 3e anniversaire de la mort de Michael Jackson le 25 juin 2009, ses fans ont fait une collecte qui leur a permis d’envoyer 10 000 roses au Forest Lawn Memorial Park de Glendale, en Californie, où il repose.

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Devant les hautes chaleurs qui accablent les USA cet été, un collectionneur de ventilateurs vintage a fait don d’une partie de sa collection à sa paroisse afin que les ventilateurs (en état de marche) soient distribuées aux familles qui en ont besoin.

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La veuve de l’acteur de la série Spartacus Andy Whitfield, décédé d’un lymphome en septembre dernier à l’âge de 39 ans, demande l’aide des fans pour financer le documentaire sur la lutte de son mari contre la maladie. Le crowdfunding sur Kickstarter a d’ores et déjà atteint et dépassé l’objectif de 200 000$ requis, mais vous avez encore jusqu’au 23 juillet pour participer si vous souhaitez des récompenses exclusives.

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La crypte d’Elvis Presley au cimetière de Forest Hill a été retirée de la vente aux enchères dans laquelle elle était présentée. La crypte est vide depuis que les cercueils d’Elvis et de sa mère ont été déplacés à Graceland en 1977, mais les fans ont protesté contre cette vente, jugée irrespectueuse.

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Un fan s’est fait faire un tatouage de la signature de Pixie Lottpar la jeune chanteuse elle-même.